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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 21:48

Enchainé comme une doublette, « Dragontown » d’Alice Copper succède dans la foulée (2001) à « Brutal planet », le producteur Bob Marlette et le guitariste Ryan Roxie étant les seuls éléments stables dans la composition du groupe qui incorpore Tim Pierce, Wayne Swinny aux guitares, Grey Smith à la basse et Kenny Aronov à la batterie.
Nanti d’une imagerie toujours aussi dark et futuriste, « Dragontown » débute par le « Triggerman » qui combine refrains accrocheurs un tantinet agaçants et son industriel.
Vient ensuite « Deeper » plus intéressant car lent, sinueux, sombre et menaçant, « Dragontown » se montrant dans cette veine absolument fabuleux avec ces teintes orientales mystérieuses et ses refrains puissants.
La ballade morbide se poursuit sur « Sex, death and violence » au venin mortel avant que « Fantasy man » ne vienne insuffler un rythme un peu plus soutenu.
On replonge dans les anneaux du serpent technoïde sur « Somewhere in the jungle » à la froideur un peu trop linéaire puis retrouve avec « Disgraceland » un mix incongru mais rafraichissant entre le métal indus et le rock ‘n’ roll elvisien.
Si « Sister Sara » s’étouffe un peu sous ses énormes riffs indus et l'horrible phrasé quasi rappé d’Alice, le chanteur n’oublie de fourguer sa sempiternelle ballade cul-cul « Every woman has a name » dotée d’un titre à la Fréderic François.
Le retour de riffs plus lourds ne parvient pas à lancer « I just wanna be God » bien poussif et l’album se termine de manière très décevante par le médiocre « It’s much too late » et l’informe « The sentinel ».
En conclusion, dans la lignée de « Brutal planet » , « Dragontown » est un album en réalité étrange et bien inégal, avec une première large partie metal industriel assumée donnant parfois de beaux résultat avec ce climat futuriste menaçant puis perd finalement sa ligne directrice pour tenter un pale raccrochement au hard rock originel pollué tel une rivière d’eau claire de quelques relents d’usines de produits toxiques.
Avec le passage à l’an 2000, Alice Cooper connait donc une mue technologique de courte durée qui demeurera une curiosité (une de plus !) dans sa carrière si bizarre et pleine de surprises !

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 20:08
Emigrate (Emigrate)

En 2007, Richard Zven Kruspe, célèbre guitariste du groupe allemand Rammstein, décide de voler de ses propres ailes de fer et fonde son propre groupe Emigrate avec dans la foulée l’album du même nom.

Composé d’Olsen Involtini (guitare), Arnaud Giroux (basse) qui derrière Kruspe, forment l’ossature de base, « Emigrate » et sa pochette futuriste débutent par son morceau éponyme, très influencé par le métal industriel de Rammstein avec son chant désincarné ses guitares lourdes et ses samples permanents.

Un vent de rage néo-punk à la Ministry souffle sur « Wake up » qui vient bousculer l’auditeur enchainé de « My world » doté lui aussi d’une dynamique soutenue.

On ralentit un peu la cadence pour poser un « Let me break » aux variations plus travaillées tout en conservant la même puissance soigneusement canalisée.

Tout le monde sait que derrière tout dur tatoué se cache toujours une certaine sensibilité, aussi « In my tears » et « Babe » ballades au pessimisme dark confirment elles allégrement cette règle générale.

Emigrate parvient difficilement à s’extirper de ce spleen sur « New York city » à l’aide de refrains enfin plus vivants mais ne peut empêcher le doute de s’installer sur « Resolution » renouant certes avec la puissance des premiers morceaux mais avec une certaine lourdeur malhabile en sus.

On saluera le bel effort au micro de Kruspe qui offre une variation intéressante de ses capacités vocales presque pop sur « Temptation » pour ensuite revenir à un copier/coller de Rammstein sur le lancinant « This is what » et terminer en douceur sur la ballade éthérée « You can’t get enough ».

En conclusion, « Emigrate » est un bon album de metal industriel mélangeant froideur, rigidité et tentatives mélodiques.

Ayant été élevé à bonne école, le groupe marche dans les traces de ses glorieux ainées, notamment Nine inch nails et Rammstein, rappelant également la courte tentative de Rob Halford sur le projet Two.

Peinant parfois à se détacher de ses encombrantes influences germaniques, « Emigrate » montre aussi ses limites sur les ballades, assez nombreuses du disque, parvient malgré tout à tirer honorablement son épingle du jeu pour constituer un premier essai encourageant, qui ne trouvera de suite que sept années après…

Emigrate (Emigrate)
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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:54
American made music to strip buy (Rob zombie)

L’affreux Rob Zombie est un artiste difficilement classable, car réalisateur de films d’horreurs, dessinateur de comics mais c’est surtout le musicien qui nous intéressera ici avec « American made music to strip buy » et son aguichante pochette confirmant le gout du Monsieur pour les belles filles dénudées.

Nous sommes en 1999 et « American made music to strip buy » est un disque à part remixant la plupart des titres de Rob Zombie peu après la sortie de son premier album solo en 1998.

On commence sans surprise par « Dragula » le titre le plus puissant de Rob Zombie dont la version remixée diffère à peine de l’originale.

Pas de doute, on a affaire à du métal industriel complètement déjanté voir jeté sur lequel l’homme-monstre pose sa voix rauque et menaçante.

L’intensité croit encore d’un cran (oui c’est possible !) avec « Superbeast » dont le remix met en avant la fluidité et le muscle des refrains.

Tout se calme et l’auditeur navigue dans le metal industriel lourd et bizarre de « How to make a monster » puis le plus lancinant « Living dead girl ».

L’influence des riffs de Rammstein se fait alors clairement sentir sur « Spookshow baby » d’une puissance phénoménale proprement irrésistible.

En comparaison « Demonoid phenomenon » dans une version ultra électro fait bien pale figure et on s’enfonce bien profondément dans les tréfonds de l’obscur marécage « The ballad of resurrection Joe and Rosa Whore » et de l’ultra lisse branchouille « What lurks on channel X ? ».

A ce stade l’ennui voir l’endormissement guette l’auditeur qui voit passer devant lui le très médiocre « Meet the creeper » et ses longues presque cinq minutes.

Le disque se traine comme un vieux Zombie en fin de non vie avec « Return of the phantom stranger » et son beat agonisant et comme un signe du suprême foutage de gueule de l’entreprise le lascar nous ressort deux titres déjà passé à la moulinette du remix « Superbeast » et « Meet the creeper ».

En conclusion, « American made music to strip buy » est une entreprise artistique des plus discutable et n’enrichit en rien la carrière déjà plus que discutable de Rob Zombie.

L’idée de créer un album de remix un an seulement après la publication de son premier disque conduit immanquablement à une impasse artistique devant la peu de choix proposés et surtout la pauvreté de l’enrichissement du traitement réalisé.

Ce n’est pas le sticker Rammstein ou la pin-up attrape couillon qui suffiront à inverser le sentiment général que « American made music to strip buy » est une entreprise vaine et une belle plantade artistique.

Au-delà de l’intérêt personnel on l’espère honnête du chanteur pour les remix, on ne peut que déconseiller formellement l’achat de ce disque d’un artiste par ailleurs habile mais selon moi largement surestimé.

American made music to strip buy (Rob zombie)
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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 12:45
Sehnsucht (Rammstein)

En 1997, deux années seulement après le très prometteur « Herzeleid », les berlinois de Rammstein récidivent avec « Sehnsucht » qu’on pourrait considérer comme leur meilleur album, dans le plus pur style metal-industriel.

En seulement deux années, Rammstein s’est déjà fait un nom sur la scène rock, bousculant les barons du domaine pour l’essentiel américains et anglais, par son style puissant et novateur.

Le soutien d’un réalisateur aussi renommé que David Lynch n’est bien sur pas étranger, mais plus surement encore en sont à l'origine les incroyables prestations scéniques du groupe avec de fortes débauches de pyrotechnie et d’embrasement des musiciens.

C’est fort de cette réputation que « Sehnsucht » s’ouvre en réaffirmant la marque de fabrique du groupe, riffs rouleau compresseur, bruitages électro rythmés presque dansants ici quasi orientaux et surtout chant allemand viril et ultra dominateur.

Après cette introduction majeure, on monte encore de plusieurs crans avec « Engel » qui mélange chant guttural et voix féminines plus douces avec un gimmick sifflé particulièrement génial.

Encore une fois, le groupe frappe fort dans ses vidéo avec de fortes influences à « Une nuit en enfer » de Quentin Tarentino et une métisse sexy jouant avec alcool et serpent devant un auditoire masculin médusé.

La puissance brute de la machine à broyer frappe fort avec « Tier » qui assomme sous la lourdeur écrasante de ses riffs et ses refrains en titane.

Le groupe se fait plus vicieux et sensuel « Bestrafe mich » sur fond de plaisir sadomasochiste trouble et atteint le sommet de son art avec « Du hast » parfaite synthèse de l’intensité et de la puissance dégagée par la musique des allemands avec un toujours une vidéo d’une force dramatique inouïe évoquant un règlement de compte entre gangsters.

A ce stade l’auditeur déjà comblé se prend en pleine face le crade « Buck dich » qui passe à la vitesse d’un train express sur le corps de l’auditeur, puis défaille complètement à l’écoute de « Spiel mit mir » à l’irrésistible charme lent et vénéneux.

Malgré la qualité de ses mélodies, « Klavier » passe plus mal en raison de la lourdeur trop statique de ses refrains et alors que l’auditeur glisse en douceur avec « Alter mann » agréable mais sans génie, le terrible « Eifersucht » et ses rythmiques d’enfer viennent le tirer brutalement de sa torpeur.

On termine sur un nouveau titre moins cinglant, « Kuss mich » surtout notable en raison de ses bruitages étranges.

En conclusion, malgré une fin plus faible, « Sehnsucht » est bel et bien le chef d’œuvre annoncé et peut fièrement trôner aux cotés de son successeur « Mutter » au panthéon des meilleurs disques de metal industriel de tous les temps.

Le cuirassé Rammstein progresse encore dans tous les aspects de sa musique, atteignant son absolu en terme de lourdeur des riffs, des mélodies enivrantes de claviers et dans le chant quasi surnaturel de Lindemann véritable fer de lance de la formation germanique.

Violent, trouble, dérangeant mais aussi parfaitement hypnotisant, « Sehnsucht » ne peut pas laisser indifférent un fan de metal et aura une influence notable sur tous les groupes de l’époque y compris Judas priest et son « Demolition » au son de guitare similaire.

La qualité intrinsèque de cet album coup de poing et le fort pouvoir visuel de Rammstein s’exprimant aussi bien par les vidéo qu'au cours de concerts exceptionnellement spectaculaires, feront des allemands des stars commerciales dans lignée de Marylin Manson, avec en prime un statut de pionniers du métal indus barré comme Nine inch nails ou Ministry.

A l’écoute de « Sehnsucht », on ne peut trouver ce succès que mérité.

Sehnsucht (Rammstein)
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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 10:31
Herzeleid (Rammstein)

Il manquait en ces colonnes les premiers (et certains diront les meilleurs) albums des allemands de Rammstein.

Sorti en 1995 soit il y a presque vingt ans ce qui ne nous rajeunit pas, « Herzeleid » et sa jolie pochette boys-band assez peu ragoutante est le premier album d’un groupe de six lascars composé de Till Lindemann (chant), le duo Paul Landers/Richard Kruspe Bernstein aux guitares, Oliver Riedel (basse), Christoph Schneider (batterie) et Christian Lorentz aux claviers.

Dès le premier titre, l’auditeur a l’impression de se faire renverser par un tank venu tout droit de l’Est de l’Allemagne.

En effet « Wollt ihr das bett in flammen sehen » impose tout de suite un rythme lourd, des riffs plaqués d’une puissance inouïe, des samples répétés à l’infini pour rendre fou sur lequel se greffe le chant guttural, dominateur et allemand de Lindemann.

Lent, lourd, hypnotique et cyclique, « Wollt ihr das bett in flammen sehen » allume le premier brasier d’une longue série d’explosions.

Si « Der meister » apparait au premier abord moins cuirassé, il n’en recèle pas moins des riffs particulièrement pesants, un chant offensif et toujours ses bruitages additionnels.

Mais c’est dans la vitesse et la provocation que Rammstein se montre quasi irrésistible avec le cinglant « Weisses fleisch » dur, sale et inquiétant enchainé de « Asche zu asche » véritable bombe incendiaire aux refrains incandescents.

L’étonnement domine sur « Seeman » ersatz de ballade plus lourdaude que émouvante.

Nouvelle gifle cloutée sur « Du riechst so gut » dont la puissance vicieuse fut à l’époque fort bien servie par une vidéo montrant une attaque nocturne des musiciens en hommes loups.

Peu d’engouement en revanche sur la succession de longs et lents morceaux atmosphériques « Das alte leid », l‘inquiétant « Heirate mich » et surtout le pénible « Herzeleid » qui ne décollent réellement jamais et provoquent un ennui profond.

Enfin plus de dynamisme sur « Laichzeit » qui reprend les structures martiales, les gros riffs et les samples électro assénés avec force et l’hymne final « Rammstein » aussi étouffant qu’obsédant.

En conclusion, « Herzeleid » si on fait fi des controverses qu’il provoqua à sa sortie en raison des allégations infondées d’affiliation néo-nazi de la part d’un inconscient collectif encore traumatisé par ces vieilles histoires de Seconde guerre mondiale, fait plus figure de coup d’essai que de réel coup de maitre.

Le potentiel des allemands semble certain avec quelques titres coups de massue comme le spectaculaire « Wollt ihr das bett in flammen sehen » introductif et on a réellement l’impression qu’une nouvelle page du rock/metal industriel serait en passe de s’écrire avec si ce style surpuissant, cyclique dopé par un chant en allemand si original parvenait à continuer sur sa lancée.

Très imparfait et sans doute surestimé avec le temps, « Herzeleid » n’en demeure pas moins une curiosité par son originalité et son audace de brute technoïde germanique.

Il fut en tout cas suffisant pour taper dans l’œil du réalisateur David Lynch, qui habilla une bonne partie de la musique de son fascinant « Lost highway » en piochant dans son répertoire ce qui apporta une belle et inattendue notoriété à ce jeune groupe alors en devenir.

Plus pour longtemps.

Herzeleid (Rammstein)
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 21:44

liebe.jpg4

 

 

En 2009 après quatre longues années et de grandes rumeurs de séparation, Rammstein finit par accoucher dans la douleur de son sixième album studio et sort « Liebe ist fur alle da ».

Avec sa belle pochette inspirée d‘une toile de maitre hollandais, mais o combien macabre et choquante puisqu’évoquant sans ambages le cannibalisme, « Liebe ist fur alle da » débute par un titre old school, « Rammlied » qui contient en lui l’essence même des plus grand hymnes des allemands : riffs d’aciers, rythme lancinant, voix puissante, claviers venus d’ailleurs pour développer un hypnotisme fascinant l’auditeur.

Impossible également de résister à « Ich tut ihr weh », marquée par les surprenantes et superbes vocalises aériennes de Lindermann.

Provoquant en raison de son apologie du sadomasochisme contrastant avec son emballage mélodique soigné, « Ich tut ihr weh » sera longtemps censuré par les média allemands.

Rammstein ressort ensuite ses haltères et son sac de frappe, pour envoyer un puissant « Waidsmann heil » qui arrive dans le buffet de l’auditeur tel un uppercut au foie.

La tension retombe avec « Haifisch » à la puissance industrielle soigneusement domptée comme sous le capot d’une grosse berline allemande.

L’auditeur est ensuite entrainé malgré lui avec « Buckstabu » dans une ambiance crade, malsaine et brutale comme un viol dans les sous sols d’un parking désaffecté.

Pour se remettre, une fade ballade est gracieusement offerte, « Fruhling in Paris » ou des bribes d’un français hésitant viennent ça et la se greffer mais ce court moment de répit n’est qu’un prélude à « Wiener blut » inquiétant et violent.

Malgré son thème sulfureux (l’inceste) et la censure qui l‘a logiquement accompagné, « Pussy » long et plat comme une poitrine d‘adolescente pré-pubère, déçoit musicalement parlant.

On aborde ensuite les dernières longueurs du disque avec « Liebe ist fur alle da », puissant, raide tout en étant enlevé comme on l’aime, « Mehr » assez mal équilibré entre mélodie popisante et violence industrielle et enfin « Roter sand » magnifique ballade relaxante habité par des chœurs et sifflements transcendants.

En conclusion, après la franche déception de « Rosenrot » sans nul doute le plus faible album de Rammstein, « Liebe ist fur alle da » est une agréable surprise revenant quelque peu aux racines metal industriel des allemands.

Doté d’une production énorme, « Liebe ist fur alle da » développe une puissance et une fluidité hors normes qui ne peuvent que rehausser l’impact de ses compositions souvent constituées en acier trempée.

Provocateur, outrancier jusqu’à en être dégueulasse dans son propos, le groupe est en revanche pour moi impeccable au niveau de la musique.

Un album puissant, rassurant et enveloppant comme le vrombissement d’une BMW ou d’une Audi de grande classe.

 

A l'heure actuelle, Rammstein est en stand by depuis quatre ans au niveau des albums studio ce qui donne à « Liebe ist fur alle da » un fort gout de conclusion en beauté.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 14:00

rosenrot.jpg2

 

 

Devenu une des plus grosses cylindrées du metal moderne, Rammstein poursuit sur sa lancée et sort en 2005 « Rosenrot »  et sa pochette brise glace parfaitement en adéquation avec l’imagerie de monstre métallique inarretable du groupe.

L’entrée en matière est assez peu surprenante pour du Rammstein et déroule avec « Benzin » un morceau rapide et puissant dans le plus pur style du groupe mais toutefois dépourvu d’un zeste d’originalité.

La berline allemande semble trouver son rythme avec  « Mann gegen mann » aux refrains implacables puis « Rosenrot » magnifique ballade stéroïdée  qui parvient à placer sous des tonnes de fonte une mélodie très prenante.

Toujours dans le registre mélodique mais intense et rampant, Rammstein excelle sur « Spring » qui combine astucieusement coups d’enclumes et mélodie apaisante.

Cette orientation se poursuit avec « Wo bist du » assez lent et plat jusqu’à passer le cran supérieur sur une authentique ballade « Stirbt nicht for mir » en duo avec Sharleen Spitera célèbre chanteuse du groupe de pop Texas qui vient encore davantage adoucir la voix rugueuse de Till Lindermann.

Mais Rammstein revient à ses racines métal industriel sur le rapide et brutal « Zerstoren » puis sur « Hilf mir » beaucoup plus lent, sombre et torturé.

Après le russe et l’anglais, les allemands rendent hommage à l’espagnol avec le succulent « Te quiero puta ! » morceau sexuel, obscène mais aussi très drôle et récréatif.

On finit l’ouvrage avec « Feuer und Wasser » s’embourbant malgré sa puissance comme un tank allemand en pleine campagne de Russie et « Ein lied » une énième ballade triste et ennuyeuse.

En conclusion, « Rosenrot » est sans doute le premier net reflux de Rammstein, dont la source de créativité semble ici se raréfier.

On délaisse donc de plus en plus le metal industriel puissant et martial des débuts pour glisser sur une pente de plus en plus calme et mélodique.

Comme on pouvait s’y attendre, Rammstein perd donc en intensité et force de frappe, ne parvient pas à glisser de la pop dans son imposante carcasse d’acier, et ne se montre pas au final réellement  capable à l'exception de "Rosenrot" voir "Spring" de produire sa ration de hits incontournables venant prendre toute l’industrie de la musique à revers.

Par manque de puissance dans ses moteurs, le brise glace a donc échoué à tailler sa route dans la banquise enneigée et reste prisonnier dans sa prison verglacée.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 16:38

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Après un fantastique « Mutter », Rammstein savoure l’établissement de sa position dominante sur le métal moderne et prend son temps pour sortir « Reise, reise » en 2004.

Trois ans se sont écoulés en effet et ce « Reise, reise » à la pochette si sobre débute de la plus belle manière, toute en puissance assourdie, langueur et en mélancolie sur le titre éponyme au gimmick d’accordéon si prenant.

On change pourtant brutalement de registre avec « Mein teil » violent et asphyxiant qui plonge l’auditeur dans une ambiance malsaine d’homosexualité sur fond de canibalisme.

L’auditeur s’arrache difficilement de cette ambiance oppressante et reprend ses esprits sur « Dalai lama » plus doux, calme et légèrement en dessous des productions habituelles du groupe.

Cette impression se précise avec « Keine lust » qui avec ses gros riffs patinant sur place peine à retenir l’attention.

Rammstein surprend avec « Los » ballade acoustique tout en souplesse puis réenclenche enfin la grosse machine à tubes avec « Amerika » succulente critique acide contre l’omnipotence nord américaine et son jumeau venu du froid « Moskau » superbe ode à la capitale russe, ses excès et ses dangers.

L’intensité retombe fortement avec « Morgenstern » puissant mais considérablement plus poussif et bien que lent et introspectif « Stein um stein » parvient néanmoins à relever la barre sur ses passages mélodiques.

Assez étrangement, la fin de l’album poursuit dans cette même veine avec deux nouvelles ballades, « Ohne dich » assez touchante sans être bouleversante et l‘universel « Amour » plus subtil malgré une longueur excessive.

En conclusion, après un « Mutter » d’un niveau aussi exceptionnel, « Reise, reise » ne peut forcément être qu’une déception.

Rammstein lève ici clairement le pied et met en sourdine sa puissance de char d’assaut.

Mis à part sur quelques tubes bien sentis, le résultat n’est malheureusement pas franchement au rendez vous et le groupe allemand peine à réussir sa mue.

Malgré ses efforts, Rammstein peine en effet sur les titres mélodiques sur lequel son style rugueux parvient difficilement à séduire pleinement.

Pour autant, « Reise, reise » parvient à sauver l’essentiel et demeure tout à fait écoutable pour sa poignée de hits musclés germaniques et ses une ou deux ballades dignes d’intérêt.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 15:57

mutter.jpg5

 

 

Changement radical d’ambiance avec le métal industriel de Rammstein.

Formé au milieu des années 90, le groupe allemand Rammstein crée une immense surprise en parvenant à exporter son métal lourd, provocateur, chanté de surcroit dans la langue de Goethe.

Une imagerie forte, des prestations scéniques exceptionnelles (avec pyrotechnie et jets de flammes) font le reste et placent Rammstein au début des années 2000 comme l’une des plus grosses cylindrées de la musique violente aux cotés de Marylin Manson.

En 2001 sort l’album « Mutter » à la pochette d’enfant mort né toujours d’un gout douteux.

Connu pour ces compositions simples, lourdes, martiales et efficaces, Rammstein va ainsi surprendre en apportant une certaine variété à son style jusqu’alors foncièrement stéréotypé.

L’ouverture s’effectue avec « Mein herz brennt » qui sur un tempo assez lent alterne couplets assez doux et refrains puissants rehaussés par des cordes assez imprévues.

Bien entendu malgré, l’ambiance générale reste glauque à la manière d’un conte de Grimm.

Tout se redynamise subitement sur « Links 2 3 4 » titre estampillé 100% Rammstein, rapide, dur, truffé de riffs martiaux et de samples étranges le tout avec un message très fort contre les accusations d’appartenance à l’extrême droite qui ont germées contre eux.

Nouveau ralentissement sur « Sonne » mais pour mieux caler des riffs d’une puissance inouïe couplés au chant si intense et lyrique de Till Lindermann.

Le clip accompagnant ce titre majeur voit les membres du groupe transformés en nains au chevet d’une Blanche neige géante.

Tel un gigantesque rouleau compresseur, Rammstein aligne ensuite « Ich will » autre titre emblématique d’une force inouïe, illustrant son propos par un nouveau vidéo clip ou les membres de groupes se positionnent en terroristes armés investissant une banque pour diffuser leur message aux médias.

Comme si cela ne suffisait pas, déboule un des titres les plus explosifs des allemands, le terrible « Feuer frei » qui enflamme l’auditeur de plaisir.

Rammstein ose ensuite sa première pseudo ballade sur « Mutter » certes plus lente et mélodique mais toujours très puissante sur les refrains.

On frise ensuite le sans faute avec « Spieluhr » ou une voix féminine informatisée vient adoucir la rudesse de celle de Lindermann sur les refrains.

Le procédé est réutilisée à moindre échelle sur « Zwitter » qui surclasse néanmoins son modèle par un emballage encore plus entrainant.

L’ambiance se fait alors ouvertement sexuelle et pesante sur « Rein raus » sauvé par son coté obsédant et intense.

Le feu d’artifice final arrive avec « Adios » ultra rapide et entrainant et la longue ballade atmosphérique « Nebel » qui pousse encore plus loin le coté mélodique du groupe.

En conclusion, que vous soyez fan ou non de métal industriel ou réfractaire (comme moi !) à la culture germanique, « Mutter » est un monument et assurément l’un des albums phares des années 2000.

Dense, puissant, intense, garni de hits jusqu’à la gueule, « Mutter » fait assurément passer Rammstein dans une dimension supérieure, en introduisant un aspect légèrement plus nuancé à sa musique habituellement si frontale et cuirassée.

Parfaitement équilibré, « Mutter » allie la puissance de feu habituelle des allemands avec ces riffs plaqués sans équivalent avec un sens certain de la mélodie, qui rend l’ensemble absolument irrésistible.

Chef d’œuvre de maitrise et de maturité, « Mutter » est pour moi le chef d’œuvre de Rammstein et l’album qui me fit reconnaitre son talent.

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 19:06

weird_machine.jpg4

 

 

Retour prévisible vers le métal industriel avec en 2008 le retour inattendu d’un pionnier français du genre, Treponem pal.

Ayant en effet émergé à la fin des années 80 à l’instar d’un Ministry, Treponem pal disparait de la circulation à la fin des années 90 et notamment quelques performances scéniques mémorables comme une exhibition sexuelle sur Canal + à une heure de grande écoute, pour refaire surface avec « Weird machine » à l’artwork sombre et agressif.

Les anglo saxons Paul Raven (basse) décédé en cours d’enregistrement et Ted Parsons (batterie), viennent épauler le chanteur Marc Neves le guitariste Polak et le clavier Didier B.

On débute plutôt calmement avec « Dirty dance » mid tempo lourd habité par le chant agressif et menaçant de Neves.

La suite est de meilleure qualité avec le rapide « Planet crash » aux riffs et refrains particulièrement entrainants.

En effet après « Unclean » un nouveau mid tempo pesant, violent et douloureux arrive « Hardcore » qui fait lui aussi figure d’hymne simple, puissant et extrêmement efficace.

Treponem pal délaisse les titres rentre dedans pour développer des atmosphères sombres et sinueuses comme sur « Mad box » voir carrément mélodiques et planantes comme « Sonic life » et « Freak machine » sur lesquelles le chant de Neves se fait étonnamment chaud et sensuel.

Le résultat est à vrai dire très réussi dans un registre ou on attendait pas réellement les français.

Neves reprend une voix plus froide et désincarnée à la Killing joke pour incarner le sourde menace de « Human attack » qui s’appuie sur une ossature de riffs en béton armé.

La dynamique est pourtant altérée, et « Evil angel »  peine à trouver le bon rythme et se montre au final plutôt ennuyeux.

La fin du disque se profile pourtant enfin et termine dans le même registre, clame mélancolique et atmosphérique avec « One more time » extrêmement agréable et « Never give up » fluide et un tantinet plus soutenu.

Pour les plus mordus, on signalera la présence de deux bonus « Revolutionist » excellent hypnotique ainsi que « Religion » plus arraché et disloqué.

En conclusion, pour un retour, « Weird machine » fait figure d’une œuvre particulièrement soignée et maitrisée.

Le niveau moyen des compositions est très élevé avec un parfait compromis entre puissance brute et froide du metal industriel et émotion organique s’exprimant surtout dans la seconde partie du disque, ou Treponem pal s’aventure dans un registre plus mélodique et apaisé du plus bel effet.

Mais que les fans de metal se rassurent, si Treponem pal sait encore faire parler la poudre et placer quelques titres en acier trempé faisant figure d’hymnes, « Weird machine » montre ici le travail d’un groupe en pleine possession de ses moyens évoluant au fait de son art.

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