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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 19:04

Adapté d’un roman de Roger Vercel, « Capitaine Conan » est l’œuvre de Bertrand Tavernier qui couronna Philippe Torreton, auréolé d’un césar après la sortie du film en 1996, soit il y a plus de vingt ans déjà.
« Capitaine Conan » a pour cadre la fin de la Première guerre mondiale avec un théâtre des opérations oubliés, les Balkans en 1918 ou l’armée française lutte farouchement avec ses alliés pour faire plier les Bulgares alliés des Allemands.
Dans cette guerre de tranchées, un homme, le capitaine Conan (Philippe Torreton) s’illustre avec son commando par des actions éclairs dans les lignes ennemies ou il massacre souvent à l’arme blanche afin de créer une sensation de peur dans la camps adverse.
Insubordonné et bravache, Conan se lie d’amitié avec le lieutenant Norbert (Samuel Le Bihan) un homme posé et réfléchi qui le prend en sympathie.
Mais lorsque l’armistice est signée, la troupe est alors déplacée vers la Roumanie là ou la situation se détériore rapidement.
Démobilisés au sein d’une attente qu’ils ne comprennent plus, les hommes de Conan commettent des exactions : bagarres, vols avec violence qui leur attirent peu à peu les foudres de la hiérarchie militaire.
Dès lors des hommes comme le Général Pitard de Lauzier (Claude Rich) réclament alors des procès exemplaires pour ceux qui se comportent mal et Norbert est alors nommé contre son gré défenseur alors qu‘il n‘a aucune compétence juridique…
Fort de ses succès en tant que défenseur, Norbert passe ensuite accusateur au grand damne de Conan qui sait ses hommes compromis dans une vilaine affaire de braquage ayant causé la mort de deux femmes, civiles et étrangères de surcroit.
Ulcéré par l’attitude des coupables, Norbert s’acquitte de sa tache du mieux qu’il peut pour les coincer mais s’arrange pour leur aménager une peine moindre, 3 ans réduits à 1.
Une autre affaire délicate l’occupe ensuite, la prétendue désertion du soldat Jean Erlane (Pierre Val) méprisé par son supérieur le lieutenant de Scève (Bernard Le Coq) lui aussi d’ascendance noble et qui veut pour cette raison le faire passer par les armes.
Aidé par Conan qui croit en l‘innocence de Erlane, Norbert sollicite l’aide du Père Dubreuil (Pierre Bosset) en l’emmenant sur la ligne de front avant de l’aider à forger des arguments solides pour défendre le prévenu.
Après une féroce empoignade lors du procès d’Erlane ou de Scève obtient une condamnation, la compagnie est de nouveau mutée en Hongrie pour surveiller depuis le Danube l’avancée des troupes bolchéviques.
Sonné par cet échec et par l’annonce douloureuse de la condamnation à la mère d’Erlane (Catherine Rich), Norbert demande a être démis de ses fonctions et réintègre lui aussi à présent les troupes de combat.
Sur le terrain, une nouvelle fois Conan se distingue par son sens pratique et tactique en faisant disposer les mitrailleuses là dans une zone marécageuse ou les Russes attaquent.
Il s’arrange pour emmener ses hommes, pour la plupart mutins à l’assaut en y incluant Erlane qui y trouve une mort héroïque réparatrice.
Le film se termine sur un ultime face à face entre Norbert Conan, revenu vieilli et dépressif à la vie civile en Bretagne.
En conclusion, « Capitaine Conan » est un film puissant narrant une histoire d’amitié entre deux hommes, l’un archétype de la virilité guerrière même et l’autre de la raison et du droit.
Derrière ce face à face ou finalement Le Bihan se montre à mon sens supérieur car plus subtil au rugueux Torreton, on trouve une formidable reconstitution des batailles de l’époque dans les montagnes de l’Est de l’Europe.
Français et classique donc jusqu’au bout des ongles, ce « Capitaine Conan » mérite son succès certes limité au niveau hexagonal.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 18:42

Spécialiste des films d’actions, Peter Berg sort en 2013 « Du sang et des larmes » d’après l’histoire vraie d’une opération Red wings en 2005 des Navy seals américains contre les talibans afghans.

Le spectateur est immédiatement mis dans le bain du processus de recrutement des Seals américains, les commandos de la Marine, soumis à un entrainement physique et mental à la limite de l’inhumain.

A Bagram en Afghanistan, quatre seals sont envoyés en mission dans un village des montagnes pour localiser Ahmad Shah (Yousouf Azami) et son bras droit Tarak (Sammy Sheik) des chefs talibans responsables de la mort de d’une vingtaines de soldats américains.

La mission est difficile puisque les quatre hommes doivent se faire déposer par hélicoptère dans une zone montagneuse et localiser Shah qui vit entouré d’une petite armée.

Le capitaine Kristensen (Eric Bana) supervise l’opération depuis Bagram tandis que Marcus Litell (Mark Wahlberg), Mickael Murphy (Taylor Kistch), Danny Dietz (Emile Hirsch) et Matthew Axelson (Ben Foster) se rapprochent du village.

Ils parviennent à localiser Shah rendu distinctif par une oreille coupée mais sont surpris par des bergers, un vieil homme et ses deux enfants.

Les bergers sont ligotés mais le petit groupe se déchire sur la conduite à tenir, Matthew voulant les liquider tandis que Marcus s’y oppose.

Après de longues tergiversations, les seals acceptent de les laisser partir et se replient pour se faire rapatrier.

Mais la montagne qu’ils avaient identifiée n’est pas assez haute et Murphy chargé des télécommunications ne parvient pas à appeler les hélicoptères.

Les quatre hommes décident alors de se replier dans les sous bois mais sont pris en chasse par les hommes de Shah, de redoutables combattants talibans rompus à la lutte de montagne.

Le combat est terrible et même si les seals combattent vaillamment en tuant bon nombres de leurs ennemis à l’aide de leurs fusils d’assaut, ils finissent invariablement par être submergés.

Blessés par balle, les seals se trouvent acculés en haut d’une montagne et se jettent dans le vide pour leur propre survie.

Malheureusement Dietz trop blessé pour sauter à temps est rattrapé par les talibans et personnellement tué par le cruel Tarak.

Courageusement, Murphy se met à découvert pour tenter de contacter les renforts afin d’être localisé.

Il meurt criblé de balles après avoir réussi à appeler un opérateur qui alerte Kristensen.

Deux hélicoptères Chinhook de transport de troupes sont envoyés sur site mais sans les Appaches escorteurs retenus par une mission plus urgente.

L’un d’entre eux est détruit par une roquette et l’autre doit se replier en catastrophe.

Marcus et Matthew sévèrement blessés et affaiblis doivent donc se débrouiller seul.

Le courageux Matthew lutte jusqu’à la mort tuant un maximum d’adversaires avant d’être abattu.

Désespéré et acculé, Marcus est alors miraculeusement recueilli par un père de famille afghan nommé Mohamed Gulab (Ali Suliman).

Malgré la méfiance, Marcus le suit et se trouve hébergé dans un village pashtoun.

Il est soigné, nourri et vêtu.

Mais Tarak  et ses hommes retrouvent sa trace, fouillent le village et l’arrachent à ses protecteurs.

Marcus est encore une fois sauvé par les hommes de villages qui n’hésitent pas à prendre les armes pour empêcher sa décapitation.

Tarak se replie tout en proférant des menaces de représailles.

Marcus parvient à faire envoyer une carte à un camp américain pour donner sa localisation et sympathise avec le fils de Gulab, un gentil petit garçon.

Le retour de Tarak est néanmoins sanglants et ses hommes en surnombre et puissamment armés de lance roquettes, mitrailleuses et grenades prennent inexorablement le dessus sur les courageux villageois.

Mais les Appaches arrivent enfin et éliminent les talibans à l’aide de leurs bombes et mitrailleuses.

Tarak est tué dans un corps à corps avec Gulab…

Marcus est évacué dans un état critique mais survit, plein de reconnaissance pour son sauveur..

En conclusion, « Du sang et des larmes » est un film fort 100% adrénaline montrant la lutte à mort pour la survie d’une poignée d’hommes repoussant sans cesse leurs limites face à une nature et des adversaires hostiles.

Nul psychologie ou finesse à atteindre donc de ce film d’action tout en testostérone qui nuance malgré tout quelque peu le coté brutal et sanguinaire des afghans.

Rehaussé par l’inspiration de faits réels et par l’insertion de photos et vidéos des réels protagonistes de l’aventure, pour la plupart décédés avant leurs trente ans, « Du sang et des larmes » s’impose comme un film intense et rythmé destiné à un public essentiellement masculin.

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 09:39
Black book (Paul Verhoeven)

Sorti en 2006 « Black book » est un film du surdoué touche à tout du cinéma Néerlandais Paul Verhoeven.

L’histoire se base aux Pays-Bas en 1939, lorsque Rachel Stein (Carice Van Houten) une juive hollandaise décide de quitter le pays après le bombardement par les Allemands de sa ferme familiale et la mort de ses parents.

Rachel et son ami le marin Rob (Michiel Huisman) fuient aidé par Van Gein (Peter Blok) un membre de la police hollandaise se disant en réalité résistant.

Mais lorsqu’ils embarquent sur un petit navire pour passer par les marais avec tous leurs biens, les Allemands surgissent et les massacrent.

Seule survivante, Rachel assiste au dépouillement des Juifs et mémorise le visage de l’officier allemand.

Recueillie par des paysans bienveillants, elle rejoint la résistance à La Hague dirigée par Gerben Kuipers (Derek de Lint).

Rachel qui se teint les cheveux en blond et se fait appeler Ellis de Vries, se rapproche de Hans Akkermans (Thom Hoffman), médecin et principal chef opérationnel du réseau et accepte de se rendre au quartier general de la Gestapo pour séduire le capitaine Muntze (Sebastian Koche) qu’elle a rencontré par hasard dans un train.

Usant de son penchant pour la philatélie, Ellis devient vite l’amante de Muntze et obtient un poste de secrétaire aux cotés de Ronnie (Halina Reijn) une autre hollandaise de mœurs légères.

Bonne chanteuse, elle manque de s’évanouir en reconnaissant l’officier responsable du massacre dans les marais, le lieutenant Franken (Waldemar Kobus), lui aussi mélomane et amant de Ronnie.

Ellis met le bureau de Montze sur écoute, ce qui permet au réseau de Kuipers d’obtenir de précieuses informations.

Le vieux chef est obsédé par l’idée de porter secours à son fils Tim (Ronald Armbrust), fait prisonnier par la Gestapo avec deux de ses camarades mais Ellis parvient à le convaincre de se concentrer sur Van Gein, qui a établit un trafic avec Franken en dépouillant des juifs fortunés après les avoir convaincu de fuir avec lui dans les marais.

L’interpellation de Van Gein tourne mal, un résistant est bléssé, Hans mit à terre et seul le chrétien Theo (Johnny de Mol) surmonte sa phobie de la violence pour tuer l’indic corrompu.

Malgré son agacement, Kuipers lance l’assaut contre le QG de la Gestapo pour sauver son fils mais tombe dans un piège.

Le réseau est massacré à l’exception de Hans qui parvient à s’enfuir sous les balles.

Après pareil scandale, Montze tente aidé par des informations de Ellis de faire tomber le trafic de Franken mais perd la face devant le général Kautner (Christian Berkel) qui sur la foi d’accusation de Franken, arrête Montze et le condamne à mort pour avoir voulu négocier avec des résistants hollandais.

Découverte et accusée de trahison par Franken, Ellis est elle aussi enfermée mais sauvée ainsi que Montze par une action d’un membre du réseau de Ronnie elle aussi résistante.

La libération éclate, les Canadiens sont à La Hague.

Ellis et Montze retrouvent Mr Smaal (Dolf de Vries) le notaire qui avait accepté de prêter de l’argent au moment de sa fuite et l’accusent d’être l’indicateur de Van Gein.

Le vieux notaire qui nie les faits est abattu ainsi que sa femme par un inconnu.

Montze se lance à sa poursuite dans la foule mais est reconnu puis arrêté.

Cette fois il n’échappe pas au peloton d’exécution notamment en raison de la persévérance de Kautner.

Arrêtée elle aussi, Ellis est détenue dans des conditions effroyables, battue et souillée d’excréments, avant d’être libérée par Hans devenu colonel.

Lorsque Hans lui apprend la mort de Montze, Ellis fait une crise de tétanie mais découvre que le bon médecin lui a en réalité injecté de l’insuline pour la faire mourir.

Se gavant de chocolat elle saute par la fenêtre et parvient à s’enfuir dans la foule.

La découverte du corps de Tim et le témoignage d’enquêteurs canadiens autour d'un livre noir listant les vicitmes potentiels du réseau parviennent à convaincre Kuipers de l’innocence de Ellis dans la mort de son fils et incriminent le bon Hans comme informateur de la Gestapo et traitre.

Recherché, il cherche à fuir en se cachant dans un cercueil mais est repris par Kuipers et Ellis lancé à sa poursuite.

Après avoir refusé l’argent des morts, Ellis laisse mourir Hans dans son cercueil avec tous ses bijoux et argent volés.

Un épilogue la montre après la visite de Ronnie dans un kibboutz israélien fondé par l’argent volé de Hans.

En conclusion, « Black book » est une film de guerre et d’aventure, dense, vif et riche en rebondissements.

Sur un sujet pourtant mille fois rabâché, l’oppression des Juifs en 1939-1945, Verhoeven parvient à tenir en haleine avec une intrigue mélangeant film d’espionnage et histoire d’amour sur fond de fresque historique…
Le style à la fois violent et sexuel du Hollandais fait mouche, la beauté de ses acteurs massivement néerlandais et donc peu connus, aidant pour moi à l’impact du résultat.

Classique sans doute sur le fond mais très réussi sur la forme.

Reste la durée…2h24 bien excessive selon moi !

Black book (Paul Verhoeven)
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 19:24
Démineurs (Kathryn Bigelow)

Film choc multi récompensés, « Démineurs » de Kathryn Bigelow sort en 2009.

Nous sommes ici en plein milieu de la seconde guerre d’Irak en 2004 ou on suit une équipe de démineurs ouvrant la route pour l’US army afin de la débarrasser des multiples Engins Explosifs Improvisés qui jonchent les rues de Baghdad, prenant pour cible les soldats mais également les populations civiles.

Après la mort du sergent Thomson (Guy Pierce) tué lors d’une opération de déminage à hauts risques effectuée lui-même pour pallier à la défaillance d‘un robot, le sergent William James (Jeremy Renner) prend le relais et démontre une incroyable dextérité couplée à une bravoure confinant à l’inconscience.

Personnage fantasque et fort en gueule, James sympathise avec le sergent Sanborn (Anthony Mackie), Owen Eldrige (Brian Geraghty) complétant l’équipe.

Ensemble, le trois hommes se tirent de situations ultra délicates, comme lorsque James désamorce un EEI relié à des multiples charges enterrées ou un autre relié au système électrique d’une voiture.

Ils sortent également victorieux d’un angoissant face à face dans le désert avec des insurgés qui les ont pris en embuscades et réussi à éliminer des chasseurs de primes en free lance.

A cette occasion, Sandborn se révèle un excellent tireur d’élite capable d’abattre un redoutable sniper adverse embusqué à 800 mètres.

Les épreuves soudent les hommes qui se défoulent en buvant et se battant entre eux le soir.

Mais la mort d’un adolescent irakien nommé Beckham (Christopher Sayegh) que James avait pris en affection va altérer son humeur surtout lorsqu’il doit déminer lui-même le cadavre piégé.

Mu par un désir de vengeance, James ne va pas hésiter à se ruer seul dans les ruelles de Baghdad pour tenter de se faire justice et son opération périlleuse va causer une grave blessure à Eldrige, qui doit se faire évacuer.

Sans avoir le temps de souffler, James qui réalise que Beckham est encore en vie, est appelé pour mission encore plus risquée consistant à sauver la vie d’un père de famille irakien transformé de force en bombe ambulante par les insurgés.

Dans une scène ultra intense, James comprend qu’il ne peut pas sauver l’homme trop fortement harnaché et parvient à sauver sa vie in extremis, protégé par son gros scaphandre.

Très affecté, Sandborn pense à raccrocher et à fonder une famille.

James rentre finalement aux Etats-Unis et lui aussi père de famille, finit par confier à sa femme Connie (Evangeline Lilly) son désir de repartir, finalement exaucé.

En conclusion, si « Démineurs » est un bon film, ses six oscars ont de quoi laisser perplexe.

Le scénario est extrêmement simple et tout repose sur l’intensité des scènes d’action, avec des séquences extrêmement forte de déminage ou guérillas contre des insurgés/terroristes irakiens infiltrés dans les ruelles.

L’accoutumance à l’adrénaline et au danger est certes habilement évoquée mais sans dénoter d’un traitement particulièrement original.

Je lui préfère pour ma part « Zero dark thirty » de la même réalisatrice, nettement plus complexe et encore plus haletant !

Démineurs (Kathryn Bigelow)
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 20:00
La grande évasion (John Sturges)

Retour à des choses plus traditionnelles avec « La grande évasion » de John Sturges.

Sorti en 1963 d’après un récit d’un prisonnier de guerre, « La grande évasion » relate de manière simple la quête de prisonniers anglo saxons de la Seconde guerre mondiale pour s’échapper d’un camp de concentration situé en Allemagne.

Détenu par la Luftwaffe en raison de leur statut d’aviateurs, les prisonniers bénéficient de conditions de détention humaines, le commandant Von Luger (Hannes Messemer) traitant pratiquement d’égal à égal avec son homologue anglais le colonel Ramsey (James Donald).

Au sein du camp, de fortes personnalités ne tardent pas à émerger comme le capitaine Virgil Hilts (Steve Mc Queen), américain hâbleur connu pour ses multiples tentatives d’évasion qui lui valent d’être rapidement mis en quarantaine ou il fait la connaissance de Archibald Ives (Angus Lennie) un petit homme ex jockey dans le civil.

Malgré l’absence du franc tireur Hilts, les autres prisonniers décident de s’organiser pour s’évader en creusant un tunnel sous le camps pour arriver jusqu’aux bois.

Sous l’autorité du commandant Roger Bartlett (Richard Attenborough) arrivé sur place après avoir subi un interrogatoire de la Gestapo et du capitaine Bob Hendley (James Garner) expert en vol de matériel , chacun se voit allouer plusieurs taches, le rugueux Danny Wellinski (Charles Bronson) se dévouant pour creuser, l’australien Sedgwick (James Coburn) fabricant une ingénieuse pompe à air comprimé et même le placide Colin Blythe (Donald Pleasance) se trouve chargé de fabriquer de faux papiers permettant aux évadés de fuir à travers l’Allemagne.

Patiemment les prisonniers échafaudent leur plan, échappant aux incursions surprises de leurs geôliers allemands comme Werner (Robert Graf) ou Strachwitz (Harry Riebauer), se mettant à jardiner la terre devant leur baraquement pour disperser les gravats de leurs excavations ou à chanter lorsqu’ils fabriquent des pitons métalliques destinés à empêcher les tunnels de s’effondrer.

Malheureusement Ives n’a pas la patience d’attendre l’aboutissement du projet et est tué dans une tentative d’évasion solitaire et suicide mais Hilts fraichement libéré se joint aux autres prisonniers.

Le soir venu, chacun surmonte sa propre appréhension personnelle, Colin sa cécité partielle, Danny sa claustrophobie pour se glisser l’un après l’autre dans l’étroit tunnel vers la sortie.

Hilts passe le premier et donne le tempo pour les autres mais une alerte au bombardement perturbe les plans d’évasion et fait détecter une partie des prisonniers.

Ceux qui sont parvenus à passer tentent individuellement leur chance, certains comme Bartlett et Sandy Mc Donald (Gordon Jackson) profitant de leur bonne maitrise de l’allemand pour fuir par train, d’autres comme Sedgwick à vélo, comme Willinsky/Dickes (John Leyton) en barque, comme Hendley dérobant un avion pour prendre en charge Blythe, tandis que Hilts tente lui sa chance à travers champs juché sur une moto Triumph.

Mais les Allemands donnent la chasse efficacement tuant Blythe après le crash de l’avion, reprenant Bartlett et Mc Donald finalement trahi par l’accent anglais de ce dernier puis Hilts non sans une hallucinante course poursuite à moto se soldant par une chute dans les barbelés de la frontière.

Les SS entrent alors en action et font exécuter 50 des prisonniers dont Barlett et Mc Donald.

Hilts est ramené au camp mais conserve sa fierté bravache, seul Sedgwick récupéré par la résistance et le duo Willinsky/Dickes sur un navire parvenant à concrétiser durablement leur cavale.

En conclusion, malgré son statut de classique du cinéma son Oscar et son Golden globe, « La grande évasion » est vieux et long film aujourd’hui dépassé en rythme et en réalisme notamment par l’attitude étonnamment courtoise et presque sympathique des soldats de la Luftwaffe comparés aux plus durs SS.

Seule la distribution éblouissante de Mc Queen, Bronson et Coburn plus virils et charismatiques que jamais et la fameuse scène de poursuite en moto, méritent selon moi qu’on visionne encore ce film.

Ceci reste à mon sens trop peu pour s’atteler sans douleur aux presque 3h de durée de ce film d’hommes des années 60.

La grande évasion (John Sturges)
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 18:40
Lorelei, la sorcière du Pacifique (Shingi Higuchi)

Film assez méconnu, « Lorelei, la sorcière du Pacifique » du Japonais Shingi Higuchi sort en 2005.

L’histoire se déroule en plein milieu de la Seconde guerre mondiale, avec la défaite imminente du Japon après le largage des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki.

Le capitaine Masami (Koji Yakusho) est chargé par sa hiérarchie le capitaine Asakura (Shin’ichi Tsutumi) de prendre le commandement d’un sous marin furtif révolutionnaire allemand, le I-507 surnommé le Lorelei par les Américains, pour détruire des navires transportant une troisième bombe atomique à destination de Tokyo.

Conscient de la haute importance de sa mission, Masami qui a une réputation de lâche à effacer en raison de son opposition aux missions kamikaze, prend la mer avec le lieutenant Takasu (Ken Ishiguro), conseiller technique maitrisant la technique subtile de sa machine.

Masami découvre que la particularité du I-507 est de posséder un petit sous marin indétectable ne pouvant être piloté que par une jeune femme mutante Paula (Yu Kashii) dont l’organisme entre en symbiose avec le système de contrôle de l’appareil.

Deux jeunes kamikazes sont également à bord, dans le but de se faire exploser avec la Lorelei pour accomplir leur mission.

Un duel à mort s’engage avec les destroyers de l’US Navy qui traquent sans merci l’I-507 et malgré quelques pertes, parviennent à l’endommager.

Blessée après une mission de test du min sous marin, Paula se montre inopérante, ce qui laisse planer un doute sur l’atteinte finale de l’objectif.

Mais après avoir pris le contrôle de l’Etat Major Japonais qu’il tient en respect avec une arme, Asakura active Takasu pour prendre le contrôle du sous marin et lui révèle tardivement le véritable sens de sa mission à Masami : livrer le sous marin aux américains et laisser Tokyo se faire bombarder d'une frappe nucléaire pour éradiquer la corruption des élites.

Masami refuse, s’appuyant sur la fidélité de son second qui ouvre le feu sur Takasu, provoquant leurs morts respectives et la reprise du contrôle du sous marin par son capitaine.

Furieux et déshonoré, Asakura se suicide de manière spectaculaire.

Aidée par Yukito (Satoshi Tsumabuki), l’un des pilotes destinés au sacrifice, Paula parvient à se reprendre et se déclare apte à piloter le mini sous marin.

Le I-507 replonge alors sous les yeux médusés des Américains et fonce vers l’ile Tinian ou se situe la bombe.

Sur place, il est pris en tenaille par un puissant dispositif naval américain et doit lutter pour échapper aux grenades et autres charges explosives qui le mettent à mal.

Le summum du combat est atteint lorsque le mini sous marin est utilisé pour détruire deux sous marins adverses à l’aide des deux dernières torpilles du bord.

Profitant du fait que les Américains pensent l’I-507 coulé, Masami laisse le mini sous marin partir avec à son bord le couple Paula-Yukito refait subitement surface et profitant de l’effet de surprise actionne ses canons pour détruire en plein vol l’avion s’apprêtant à larguer la bombe sur Tokyo (!).

Une fois sa mission remplie, l’I-507 et le mini sous marin disparaissent, accréditant la réputation de sorcière insaisissable des mers de le la Lorelei…

En conclusion, « Lorelei, la sorcière du Pacifique » est un film maritime assez atypique car japonais et flirtant adroitement avec la science fiction.

Très prenant par son ambiance de huis clos paranoïaque si habituelle avec les sous-marins et par les spectaculaires combats contre les navires américains, « Lorelei » se montre toutefois moins convaincant dans son patriotisme exalté aboutissant au sauvetage miraculeux de Tokyo pour redorer le blason d’un Japon humilié.

Néanmoins, il demeure une curiosité tout à fait intéressante et peut sans rougir tenir la comparaison avec certaines références (américaines) du genre.

Lorelei, la sorcière du Pacifique (Shingi Higuchi)
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 09:32
Zero dark thirty (Kate Bigelow)

Très attendu après l’intense « Démineurs » voici à présent « Zero dark thirty ».

Sorti en 2012, « Zero dark thirty » traite d’un sujet passionnant, la traque d'une dizaine d'années d’Oussama Ben Laden, l’ennemi public numéro un depuis les attentats du 11 Septembre 2001.

Jeune enquêtrice de la CIA, Maya (Jessica Chastain) se porte volontaire pour une affectation au Pakistan afin de participer à l’interrogatoire d'Ammar (Reda Kateb), un des intermédiaires ayant servi de relai pour le financement des attentats du 11 Septembre.

Dans une prison secrète et hautement sécurisée, elle assiste à des séances de tortures orchestrées par Dan (Jason Clarke) afin de briser la résistance d’Ammar.

Après avoir été attaché, privé de nourriture de sommeil, asphyxié par le supplice de la serviette humide, Ammar finit comme tout le monde par craquer et livre le nom d’Abu Ahmed al Koweïti réputé être le messager privé de Ben Laden.

En bonne enquêtrice, Maya croise ses sources et collecte divers témoignages de terroristes ou soutiens logistiques, financiers essentiels aux rouages de la machinerie jihadiste et acquiert la certitude qu’Abu Ahmed est la clé de l’énigme.

Epuisé nerveusement par son sale boulot, Dan passe la main et prend quelques vacances.

Bénéficiant du soutien de sa collègue Jessica (Jennifer Ehle), Maya poursuit la difficile traque d’Abu Ahmed, échappant de justesse à un attentat dans un restaurant pourtant chic de l’Hotel Marriott d’Islamabad.

Il en faut plus pour démoraliser les deux femmes.

Passionnée par son enquête, Jessica établit un contact avec un chef terroriste nommé Hassan Ghoul (Homayoun Ershadi) et se rend en Afghanistan pour l’interroger dans l’environnement sécurisé de Camp Chapman.

Mais malheureusement, ceci s’avère un piège et Ghoul se fait exploser à l’aide d’une ceinture d’explosifs dans l’enceinte même du camp, provoquant la mort de Jessica.

Ceci ne fait que renforcer la détermination de Maya qui pense elle que Ben Laden ne se cache pas dans une zone tribale sauvage entre le Pakistan et l’Afghanistan, mais dans une grande ville ou il peut bénéficier des soins pour soigner son diabète et accéder aux communications lui permettant de diriger son réseau mondial.

A force de ténacité, elle fouine dans de vielles archives non exploitées et oriente ses soupçons sur un certain Ibrahim Sayeed dont les mouvements semblent correspondre avec une activité centrale au sein d’Al Quaida.

Maya parvient à rallier son chef George (Mark Strong) à ses thèses ce qui lui accorde d’importants moyens lui permettant de pister le portable de Sayeed.
L’homme est longuement traqué en voiture par une petite équipe locale qui parvient à le photographier après un difficile jeu de cache cache dans les marchés et les ruelles de la ville d’Abbottabad.

La suite est plus facile car Sayeed mène logiquement les enquêteurs jusqu’à une villa isolée et puissamment fortifiée qui oriente vers de fortes probabilités de la présence d’un gros bonnet d’Al Quaida dans les parages.

Convaincue de la présence de Ben Laden dans la villa, Maya pousse sa hiérarchie à une intervention armée, mais celle-ci hésite demandant un surplus de preuves afin que le président Obama puisse prendre la bonne décision en minimisant les risques d’erreurs.

Malgré les réserves compréhensibles du conseiller à la sécurité nationale (Stephen Dilane), Léon Panetta (James Gandolfini) le directeur de la CIA finit par se ranger aux arguments de Maya et déclenche une opération faisant appels aux SEALS, les commandos de la Marine.

Ils utilisent alors trois prototypes d’hélicoptères furtifs pour voler de nuit à basse altitude jusqu’à Abbottabad, débarquer des hommes pour investir la villa.

Même si un des appareils se crashe en raison d’un problème technique, les deux autres prennent place dans la cour intérieure et mènent l’assaut contre plusieurs maisons ou se trouvent trois familles.

Quelques hommes et femmes membre de la famille sont tués dans une courte fusillade avant d’enfin arriver à l’étage pour tuer Ben Laden en personne.

Le gourou d’Al Quaida est identifié, un maximum de documents amassés (fichiers électroniques, papiers, vidéos) avant de déguerpir face à l’intervention imminente de l’armée pakistanaise.

Exténuée mais libérée une fois la nouvelle rendue officielle, Maya est ramenée aux Etats-Unis dans un avion militaire.

En conclusion, « Zero dark thirty » est un film fort et souvent difficile à regarder en raison de son sujet pénible mais néanmoins nécessaire : la lutte contre le terrorisme mondial.

Très critiquées mais néanmoins réelles, les scènes de torture des prisonniers d’Al Quaida, restent difficiles à supporter puis condamnées officiellement par le président Obama, même si leur efficacité semble avoir été importante.

Derrière l’action et la violence, le film permet de comprendre le travail de fourmi des analystes de la CIA, qui dans l’ombre accumulent et recoupent des informations pour traquer et identifier les cibles à abattre.

C’est dans ce registre, plus que dans l’intervention commando finale certes musclée mais avec un fort gout de déjà vu que « Zero dark thirty » se fait passionnant et permet de comprendre que Ben Laden ne s’est en réalité jamais caché au fin fond de grottes dans les zones tribales à cheval entre Pakistan et Afghanistan mais a vécu comme un gros bonnet de la Mafia, dans une zone discrète et étanche près d’une ville, utilisant un système complexe de messagers pour les nécessaires communications avec l’extérieur.

Après le très réussi « Démineurs » Bigelow se surpasse encore pour livrer un film majeur particulièrement prenant à toutefois déconseiller aux âmes sensibles !

Zero dark thirty (Kate Bigelow)
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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 13:54
American sniper (Clint Eastwood)

Grand succès du moment sur les écrans, « American sniper » de Clint Eastwood est encore un film de plus dans la carrière du vieil acteur-réalisateur de 84 ans.

Sorti en 2015, « American sniper » raconte l’histoire de Chris Kyle (Bradley Cooper), ex cow boy de rodéo au Texas qui après les attentats contre l’ambassade américaine au Kenya en 1998 s’engage avec son frère Jeff (Keir O’Donnell) dans l’armée américaine pour intégrer les prestigieux Navy seals.

Comme on peut s’en douter la formation est rude, tant physiquement que mentalement, mais Kyle déjà âgé de 30 ans, supporte les épreuves, révélant même des aptitudes innées pour le tir qui font de lui un des tireurs d’élite de son unité.

Après avoir rencontré dans un bar Taya (Sienna Miller), Kyle l’épouse mais sa vie bascule lorsque son unité est envoyée en Irak en 2003 pour nettoyer le pays infesté d’islamistes après la mort de Saddam Hussein.

Le travail de Kyle consiste à prendre position sur les toits de villes et à surveiller parfois pendant des heures les alentours pour repérer et éventuellement éliminer une menace pour les troupes au sol.

A Ramadi, ville du centre de l’Irak, l devient vite une légende au sein des GI en raison de son habileté diabolique.

Mais toute médaille à son revers et Kyle doit abattre souvent des femmes, des enfants et de vieillards pour remplir ses missions.

Chargé par le capitaine Martens (Sam Jaeger) de trouver des informations permettant de trouver le Boucher (Mido Hamada), un redoutable chef terroriste proche d’Al quaida, Kyle se heurte à un autre sniper, le redoutable Mustafa (Sammy Cheick), ex champion olympique de tir syrien capable d’abattre des GI à plus de 1000 mètres.

L’opération consistant à payer un père de famille prêt à livrer par vengeance le Boucher tourne au fiasco, les GI se faisant abattre, tandis que le Boucher s’enfuit, non sans avoir préalablement éliminé le contact et un de ses enfants torturé à la perceuse.

Choqué et outrageusement dominé par Mustafa, Kyle revient au pays mais demeure un mari et père absent aux cotés de Taya.

Il n’aspire en réalité qu’à une chose, repartir au front terminer sa mission: traquer et tuer le Boucher.

Mais le Boucher remarquablement protégé et couvert par Mustafa demeure insaisissable et les pertes américains augmentent.

La grave blessure au visage de son ami Biggles (Jack Mc Dorman) qui s’en sort défiguré est une source de motivation supplémentaire pour Kyle et même Tanya effondrée par le comportement psychotique et obsessionnel de son mari ne peut l’empêcher de retourner une troisième fois en Irak pour en terminer.

Réaffecté à Bagdad, Kyle saisit une information de la probable présence de Mustafa prêt d’un mur que tentent d’ériger les GI pour le localiser et réussit l’exploit de l’abattre d’une seule balle à une distance de plus de 1000 mètres.

En retour, les Seals sont pris sous le feux de terribles combattants terroristes galvanisés par l’idée d’une mort au combat.

Kyle s’en sort de justesse après avoir survécu à d’intense batailles.

Le Boucher est tué pendant la bataille ce qui décapite une des factions terroristes irakiennes.

De retour au pays, il parvient à reprendre une vie presque normale en retournant vivre avec sa famille dans son cher Texas.

Il conserve cependant des traces de son séjour à la guerre, refusant de suivre un traitement et gardant contact avec d’autres vétérans moins chanceux amputés physiquement qu’il forme au tir dans les forets.

Le film se termine sur l’annonce de sa mort après un entrainement et les funérailles de grande ampleur que lui accordent la population et les autorités du Texas.

En conclusion, « American sniper » renoue avec le gout très marqué pour l’armée et des institutions pour l’ex maire républicain Clint Eastwood.

Compensant un propos assez mince centré sur un homme faisant passer son devoir et son engagement avant sa famille et sa propre existence, Eastwood impressionne par la maestria de sa réalisation et par l’ambiance ultra réaliste de combats dans les faubourgs irakiens.

A l’arrivée donc un film dur, violent, intense montrant un Bradley Cooper loin de son image de beau gosse, barbu au corps surgonflé métamorphosé par quantité de régimes et produits contre nature.

Dommage que derrière la technicité se cache un fond assez peu étoffé sur un soldat parmi tant d’autres dont on ne parlerait pas sans ce tableau de chasse des plus discutables …

Malgré cela, « American sniper » demeure un film bien maitrisé … mais à mon sens forcément surestimé !

American sniper (Clint Eastwood)
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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 12:14
Jarhead (Sam Mendes)

Nous changeons à présent d’univers avec « Jarehead » film américain de Sam Mendes.

Sorti en 2005, « Jarhead » est une adaptation des mémoires de l’ancien Marine Anthony Swofford incarné ici par Jack Gyllenhaal, qui a participé à la première Guerre du Golfe, durant l’année 1990-1991.

Après avoir renoncé à aller à l’Université pour suivre des études supérieures, Swofford suit par tradition familiale le difficile apprentissage de la vie de Marines, avec un processus de conditionnement physique et mental particulièrement éprouvant.

Pris en main par le Sergent Siek (Jamie Foxx), il apprend à surmonter sa peur, ramper et tirer au fusil d’assaut.

Lorsque Saddam Hussein envahit le Koweït en 1990, les Etats-Unis réagissent et déclarent la guerre à l’Irak.

L’opération « Tempête du désert » est alors déclenchée avec l’envoi de troupes au sol, notamment les fameux Marines de Swofford, qui comprennent qu’ils vont réellement devoir faire la Guerre.

Dans une ambiance virile et brutale, Swofford et ses camarades se rendent sur place pour s’acclimater au désert Saoudien en vue de leur intervention en Irak.

Rapidement chauffés à blanc par la fournaise, le stress,l’inactivité et de curieux médicaments expérimentaux qu‘ils ingèrent pour se protéger des armes chimiques, les Marines qui ne rencontrent que des bédouins, perdent peu à peu les pédales à l’instar de Fowler (Evan Jones) agressif et stupide ou le fragile Fergus (Brian Geraghty) qui met le feu par inadvertance au campement pendant une fête de mauvais gout ou les hommes boivent, dansent et se déguisent.

Chargé de monter la garde, Swofford écope de punitions humiliantes comme nettoyer les latrines ou purger son alcool en plein soleil sous les yeux consternés de la troupe.

Le manque de femmes pousse également les Marines a fantasmer sur les photos de leurs petites amies respectives aussi lorsque Swofford apprend que la sienne, Kristina (Brianne Davis) le trompe, se montre t il très affecté.

Heureusement Siek veille à le soutenir et décide de mettre la troupe en marche après avoir subi un premier bombardement irakien.

En réalité, les Marines découvrent qu’ils n’ont qu’un rôle de figuration, car c’est l’aviation qui fait l’essentiel du travail avec quelques fois des ratés comme des bombardements erronés sur leurs propres troupes.

L’avancée dans le désert les fait découvrir le résultat des bombardements avec des corps calcinés engoncés dans des carcasses de bus ou de voitures.

Toujours sans avoir tiré le moindre coup de feu, les Marines reçoivent l’ordre de nettoyer les puits de pétroles mis en flammes par l’armée irakienne.

Swofford souffre dans cette atmosphère de pétrole saturant l’air et est révulsé par la vision de cadavres, au contraire de Fowler qui en éprouve un plaisir malsain.

Arrivés à proximité d’un poste de commandement irakien, les Marines reçoivent l’ordre par un colonel Kazinski (Chris Cooper) d’abattre un gradé du camp adverse.

Swofford,son ami Chris Kruger (Lucas Black) et Fowler prennent alors place comme tireurs d’élite pour abattre leur cible mais sont une nouvelle fois stoppés par un sous officier qui leur ordonne de ne pas tirer pour laisser l'aviation bombarder la zone.

Malgré leur frustration, les Marines obéissent et reviennent vers leur camp pour fêter la fin de la guerre, toujours sans avoir tiré un seul coup de fusil.

Le retour à la vie civile est dur pour les Marines, Swofford perdant sa petite amie et la plupart d’entre eux trouvant des boulots alimentaires.

Pourtant malgré le changement de contexte et le retour à une vie normale, Swofford reste hanté par son séjour en Irak ..

En conclusion, « Jarhead » est un film atypique, éprouvant, démythifiant le rôle des Marines employés durant la Guerre du golfe à des taches annexes tandis que les avions liquident l’armée de Saddam Hussein.

On y découvre des hommes sous pression qui sous des dehors de brutes viriles sont en réalité rongés par des sentiments de frustration et d’inutilité.

Volontairement rebutant sur la dureté de la vie militaire vue au travers d‘un homme trop fragile psychologiquement pour la supporter sans dommage, « Jarhead » reste une œuvre pénible et douloureuse à regarder, qui ne m’a guère enchanté !

Jarhead (Sam Mendes)
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:13
Green zone (Paul Greengrass)

Comme beaucoup de films américains engagés politiquement, « Green zone » de Paul Greengrass prétend apporter sa pierre à l’édifice constituant la critique de la troisième guerre en Irak.

Sorti en 2010, « Green zone » raconte la quête du commandant Miller (Matt Damon) chargé par l’US army de chercher en Irak les armes de destructions massives ayant conduites à l’engagement militaire américain en 2003.

Homme de terrain, Miller constate assez rapidement que les sites qu’on lui demande de contrôler sont vides et n’accepte pas de risquer la vie de ses hommes sur la base de renseignements erronés.

Lors d’un briefing face à un général, il n’hésite pas à remettre en cause la qualité des renseignements, ce qui provoque la colère de Clark Proudstone (Greg Kinnear), chargé par Washington de piloter les activités de recherche.

Bien que remis à sa place par la hiérarchie, Miller continue de se poser des questions et est approché par Martin Brown (Brendan Gleeson) de la CIA qui partage ses doutes quand à la fiabilité du mystérieux informateur au nom de code Magellan.

Lancé sur une nouvelle opération, Miller dépité par la piètre qualité des informations trouvées, est accosté par un Irakien du noms de Freddy (Khalid Abdalla) qui lui indique que des hauts dignitaire de l’ancien régime de Saddam Hussein, se réunissent actuellement dans le plus grand secret.

Contre l’avis de ses hommes, Miller suit Freddy et lance une opération contre la villa concernée.

Après une courte fusillade, les soldats américains ne peuvent empêcher la fuite du chef de la réunion, le général Al Rawi (Yigal Naor) mais récupèrent un carnet.

Face au major Briggs (Jason Isaacs) dépêché sur place avec des hélicoptères, Miller tient bon et malgré un affrontement physique, transmet son carnet à Freddy qui s’enfuit dans les ruelles.

Une fois Briggs parti avec un des hommes d‘Al Rawi, Miller retrouve Freddy, le carnet et le transmet à Brown pour une analyse qui révèle un réseau de planques probables pour Al Rawi.

Mais Proudstone veille au grain et utilise son influence au Pentagone pour mettre un terme aux recherches de Miller.

Le faucon obéit en réalité aux directives de Washington pour placer un ancien opposant irakien exilé au pouvoir et en faire leur homme de main à Bagdad.

Miller décide cependant de continuer seul l’enquête et est très surpris de constater que la journaliste Lawrie Dayne (Amy Ryan), qui a relayé la plupart des informations de Magellan ne l’a jamais rencontré et n’a jamais même cherché à vérifier la fiabilité des sources.
Avec force de culot, Miller retrouve le sbire d’Al Rawi qui a été torturé dans une prison ressemblant étrangement à Abou Grahib et lui soutire des informations sur son chef.

En analysant les informations, Miller comprend que Magellan est Al Rawi et parvient à le localiser.

Il est malheureusement capturé et rencontre finalement le mystérieux général qui reconnaissant qu’il est Magellan, dément l’existence des armes de destruction massives.

Al Rawi qui briguait un poste d’influence au sein de la nouvelle Irak, comprend qu’il a été dupé par Proudstone et décide de se venger sur Miller.

Une intervention des forces spéciales américains vient changer la donne et provoque une fusillade.

Miller profite de la confusion mais ne peut empêcher Freddy, désireux d’en finir avec les fantômes du passé, d’abattre Al Rawi.

Pour terminer, Miller dit son fait à Proudstone qui minimise l’importance de ses mensonges vis-à-vis du résultat obtenu, la chute de Saddam Hussein, le renversement du parti Baasiste et l’usage d’un homme de paille.

Allant jusqu’au bout de sa logique, Miller envoie à Dayne et aux principaux journaux américains les preuves du mensonge du gouvernement.

En conclusion, « Green zone » est un film forcément partisan mais intéressant et très prenant à un propos d’un militaire osant remettre en question le fondement de sa mission et cherchant des réponses par lui-même.

Cette situation, hautement improbable dans la réalité, prend ici une saveur particulière dans le contexte si délicat de la guerre en Irak.

On apprécie donc à travers un film d'action efficace et musclé, de suivre l’entêtement de Damon à trouver la vérité, au mépris d’un système œuvrant à tout prix pour falsifier des preuves et ainsi servir des intérêts supérieurs.

Aujourd’hui en 2014 alors que l’Irak est très sérieusement déstabilisée par la poussée de l’Etat Islamique, ce film prend un écho particulier et démontre les limites de la stratégie américaine dans ce pays.

Green zone (Paul Greengrass)
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