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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:13
Green zone (Paul Greengrass)

Comme beaucoup de films américains engagés politiquement, « Green zone » de Paul Greengrass prétend apporter sa pierre à l’édifice constituant la critique de la troisième guerre en Irak.

Sorti en 2010, « Green zone » raconte la quête du commandant Miller (Matt Damon) chargé par l’US army de chercher en Irak les armes de destructions massives ayant conduites à l’engagement militaire américain en 2003.

Homme de terrain, Miller constate assez rapidement que les sites qu’on lui demande de contrôler sont vides et n’accepte pas de risquer la vie de ses hommes sur la base de renseignements erronés.

Lors d’un briefing face à un général, il n’hésite pas à remettre en cause la qualité des renseignements, ce qui provoque la colère de Clark Proudstone (Greg Kinnear), chargé par Washington de piloter les activités de recherche.

Bien que remis à sa place par la hiérarchie, Miller continue de se poser des questions et est approché par Martin Brown (Brendan Gleeson) de la CIA qui partage ses doutes quand à la fiabilité du mystérieux informateur au nom de code Magellan.

Lancé sur une nouvelle opération, Miller dépité par la piètre qualité des informations trouvées, est accosté par un Irakien du noms de Freddy (Khalid Abdalla) qui lui indique que des hauts dignitaire de l’ancien régime de Saddam Hussein, se réunissent actuellement dans le plus grand secret.

Contre l’avis de ses hommes, Miller suit Freddy et lance une opération contre la villa concernée.

Après une courte fusillade, les soldats américains ne peuvent empêcher la fuite du chef de la réunion, le général Al Rawi (Yigal Naor) mais récupèrent un carnet.

Face au major Briggs (Jason Isaacs) dépêché sur place avec des hélicoptères, Miller tient bon et malgré un affrontement physique, transmet son carnet à Freddy qui s’enfuit dans les ruelles.

Une fois Briggs parti avec un des hommes d‘Al Rawi, Miller retrouve Freddy, le carnet et le transmet à Brown pour une analyse qui révèle un réseau de planques probables pour Al Rawi.

Mais Proudstone veille au grain et utilise son influence au Pentagone pour mettre un terme aux recherches de Miller.

Le faucon obéit en réalité aux directives de Washington pour placer un ancien opposant irakien exilé au pouvoir et en faire leur homme de main à Bagdad.

Miller décide cependant de continuer seul l’enquête et est très surpris de constater que la journaliste Lawrie Dayne (Amy Ryan), qui a relayé la plupart des informations de Magellan ne l’a jamais rencontré et n’a jamais même cherché à vérifier la fiabilité des sources.
Avec force de culot, Miller retrouve le sbire d’Al Rawi qui a été torturé dans une prison ressemblant étrangement à Abou Grahib et lui soutire des informations sur son chef.

En analysant les informations, Miller comprend que Magellan est Al Rawi et parvient à le localiser.

Il est malheureusement capturé et rencontre finalement le mystérieux général qui reconnaissant qu’il est Magellan, dément l’existence des armes de destruction massives.

Al Rawi qui briguait un poste d’influence au sein de la nouvelle Irak, comprend qu’il a été dupé par Proudstone et décide de se venger sur Miller.

Une intervention des forces spéciales américains vient changer la donne et provoque une fusillade.

Miller profite de la confusion mais ne peut empêcher Freddy, désireux d’en finir avec les fantômes du passé, d’abattre Al Rawi.

Pour terminer, Miller dit son fait à Proudstone qui minimise l’importance de ses mensonges vis-à-vis du résultat obtenu, la chute de Saddam Hussein, le renversement du parti Baasiste et l’usage d’un homme de paille.

Allant jusqu’au bout de sa logique, Miller envoie à Dayne et aux principaux journaux américains les preuves du mensonge du gouvernement.

En conclusion, « Green zone » est un film forcément partisan mais intéressant et très prenant à un propos d’un militaire osant remettre en question le fondement de sa mission et cherchant des réponses par lui-même.

Cette situation, hautement improbable dans la réalité, prend ici une saveur particulière dans le contexte si délicat de la guerre en Irak.

On apprécie donc à travers un film d'action efficace et musclé, de suivre l’entêtement de Damon à trouver la vérité, au mépris d’un système œuvrant à tout prix pour falsifier des preuves et ainsi servir des intérêts supérieurs.

Aujourd’hui en 2014 alors que l’Irak est très sérieusement déstabilisée par la poussée de l’Etat Islamique, ce film prend un écho particulier et démontre les limites de la stratégie américaine dans ce pays.

Green zone (Paul Greengrass)
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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 10:20

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Il manquait dans ces colonnes la grande fresque américaine de Clint Eastwood consacrée à la Seconde guerre mondiale, dont la seconde partie, « Lettres d’Iwo Jima » est pour moi la plus intéressante.

Sorti en 2007 dans la foulée de « La mémoire de nos pères », « Lettres d’Iwo Jima » recèle l’incroyable originalité de raconter le conflit américano-japonais du point de vue japonais.

Basé sur les carnets de guerre du général Tadamichi Kuribayashi, le film relate l’arrivée de ce général japonais (Ken Watanabe) sur l’ile d’Iwo Jima afin de prendre la direction de la défense contre une invasion américaine de grande ampleur.

A cette époque, le Japon qui a perdu la bataille de Midway en 1942, est en sérieuse difficulté : il ne contrôle plus son espace aérien et la plus grande partie de sa flotte de guerre a été anéantie.

Kuribayashi apprend donc aux officiers qu’il commande cette dure réalité et leur fait comprendre qu’il s’agit d’établir une ligne de défense en profondeur afin d’infliger le plus de pertes possibles aux américains tout en acceptant l’idée du sacrifice suprême des soldats japonais.

Sous sa direction, on décide donc d’alléger les défenses côtières, de renoncer à fortifier massivement les plages par des travaux éreintants pour les soldats pour se concentrer sur une défense basée sur le placement de pièces d’artillerie sur les deux principales montagnes de l’ile reliées entre elles par un réseau de galeries offrant de surcroit l’avantage de protéger les soldats de bombardements massifs.

Kuribayashi s’impose par son charisme naturel, une certaine forme d’humanité avec les hommes qui est ressentie par les soldats du rang comme Saigo (Kazunari Ninomiya) et Nozaki (Yuki Matsuzaki) deux jeunes hommes ayant laissé une vie civile et familiale agréable pour obéir au devoir de défense de la mère patrie.

L’homme a de surcroit une particularité notable de ne pas sous estimer les Américains qu’il connait pour avoir vécu quelques années en Californie et même noué des relations amicales avec certains officiers des US.

Le film s’attarde sur les préparatifs laborieux de la défense, ce qui donne l’occasion de quelques flash back introspectifs permettant de comprendre le passé des soldats, comme Shimizu (Ryo Kase) ex élève de la police militaire, envoyé au front pour n’avoir pas eu le courage d’obéir à un supérieur qui lui ordonnait de tuer un chien aboyant trop fort.

Mais les premières attaques aériennes américaines font déjà mal, fauchant quelques hommes et tuant le cheval du capitaine Nishi (Tsuyohi Ihara) ex participant aux jeux olympiques de 1932.

Les soldats comprennent donc que l’offensive américaine approche et le film change alors radicalement de rythme, faisant la part belle aux scènes de guerre intenses avec la prise d’assaut des fantassins américains soutenus par un puissant pilonnage des canons de la Marine.

Supérieurs en nombre et en matériel, les Américains progressent inexorablement sur l’ile, incendiant les nids de mitrailleuses par grenade ou lance flammes.

Les Japonais sont rapidement contraints de se replier dans les montagnes ou s’organise le gros de la résistance.

Terré à l’intérieur, le régiment du lieutenant Fujita (Hiroshi Watanabe) dans lequel servent Saigo, Nozaki et Shimizu se prépare au sacrifice ultime sous les injonctions de leur chef et la pression sociale du suicide plus honorable que la capitulation.

Mais Saigo et Shimizu se montrent incapable de se faire exploser à coups de grenades et choisissent de rejoindre le second mont ou se situe le quartier général de Kuribayashi.

Le général couvre les fuyards accusés de trahison par le féroce lieutenant Ito (Shido Nakurama) en avançant le fait que les soldats sont plus utiles vivants que morts dans la lutte contre l’ennemi.

Cette décision se montre insupportable pour Ito qui se rend seul sur le champs de bataille afin de se faire exploser sur un tank.

Nishi de son coté fait recueillir et soigner un GI blessé à la grande stupéfaction de ses hommes et va même jusqu’à s’entretenir avec lui en anglais avant qu’il ne meure.

Mais la pression américaine se fait toujours plus féroce et grièvement blessé aux yeux Nishi accomplit le suicide rituel japonais, Shimizu est tué en tentant de fuir tandis que Ito devient fou resté seul au milieu des cadavres dans l’attente du passage d’un tank.

Au moment de la dernière charge, Kuribayashi charge Saigo de bruler ses lettres et effets personnels et se lance à l’assaut des américains avec ses derniers hommes.

Il est tué et Saigo blessé est fait prisonnier.

Le film se termine sur la découverte plus de 60 ans après des écrits de Kuribayashi enterrés par Saigo dans les montagnes d’Iwo Jima.

En conclusion, « Lettres d’Iwo Jima » est un film de guerre audacieux et atypique qui mérite fort bien ses nombreuses récompenses.

Entièrement joué par des comédiens asiatiques, il brise les codes étroits du cinéma hollywoodien basés sur des archétypes de personnages auxquels l’américain moyen peut aisément s’identifier.

L’histoire de ces hommes acculés à la mort par les circonstances et leur sens du devoir est très forte et permet au travers de destins individuels d’humaniser quelque peu le combattant japonais en montrant certaines hésitations face à l’obéissance aveugle et également une certaine compassion.
On appréciera donc cette relecture fine et subtile de la Seconde guerre mondiale et considéra « Lettres d’Iwo Jima » comme sans nul doute l’un des meilleurs films de Clint Eastwood-réalisateur.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 11:55

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Le cinéma des années 60 avec un bon vieux film de guerre dans la lignée des « Douze salopards », « Quand les aigles attaquent » de Brian G Hutton.

Sorti en 1968, « Quand les aigles attaquent » raconte l’envoi pendant la Seconde guerre mondial d’un commando anglais dans un nid d’aigle allemand situé dans les alpes autrichiennes afin libérer un général américain Carnaby (Robert Beatty) fait prisonnier après le crash de son avion.

Le colonel Turner (Patrick Wuymark) et l’amiral Rolland (Michael Horden) chargent sept membres d’un commando de cette opération délicate de récupération.

Le major Smith (Richard Burton) est le leader de l’expédition qui incorpore un américain le lieutenant Schaffer (Clint Eastwood).

Mais Turner avoue à l’équipe que Carnaby n’est pas un général, mais simplement un caporal, acteur à ses heures perdues, diffusant de fausses informations aux Allemands.

Le commando est largué par parachute dans une vallée alpestre et mais Harrod (Brook Williams) l’un d’entre eux meurt dans la descente, le cou brisé.

Cette mort parait suspecte à Smith qui rejoint dans une ferme isolée dans la montagne son contact féminin, Mary (Mary Ure) chargée de se faire embaucher au nid d’aigle à l’aide des faux papiers comme femme de chambre.

Les six hommes doté d’uniformes de la Wehrmacht et parlant un allemand impeccable, passent au culot les checkpoints et s’infiltrent sans difficulté dans le petit village situé en contrebas du nid d’aigle.

Ils fraient avec les garnisons allemandes dans les tavernes ou on boit beaucoup et parle fort.

Habile, Smith approche un deuxième contact, une plantureuse serveuse du nom d’Heidi (Ingrid Pitt) chargée d’aider Mary à s’infiltrer au château.

Il tient tête à un autre commandant allemand en se faisant passer pour le frère d’Himmler.

Mais la mort d’un second homme, Mc Pherson (Neil Mc Carthy) retrouvé le cou brisé dans la neige alerte une patrouille qui déboule dans le bar à la recherche de déserteurs.

Pris au piège, Smith et Schaffer préfèrent se constituer prisonniers pour tenter une évasion audacieuse aboutissant à un accident de voiture et à la mort de leurs gardiens allemands.

Experts en explosifs, ils mettent en place un complexe réseau visant à dynamiter les routes pour protéger leur retraite et faire diversion auprès des troupes allemandes.

Mary, aidée d’Heidi monte en téléphérique jusqu’au nid d’aigle et reçois l’intérêt de Von Hapen (Deren Nesbitt) un commandant de la Gestapo qui sous mine de lui faire la cour, cherche des informations sur elle.

Les méthodes de Van Hapen déplaisent au commandant Kramer (Anton Diffring) partisan de techniques d’interrogatoires plus classiques que celle de la Gestapo.

Aidés par Mary, Smith et Schaffer usent de leurs talents d’alpinistes pour embarquer sur une cabine de téléphérique et pénétrer clandestinement dans le nid d’aigle.

Après avoir tué des gardes et placé des explosifs aux endroits stratégiques du camps, ils arrivent à point nommé pour tirer Carnaby et les trois autres membres du commando d’un interrogatoire de plus en plus menaçant mené par le général Rosemeyer (Ferdy Maine).

Très sur de lui, Smith dévoile la couverture de Carnaby et se proclame agent double travaillant pour les services d’espionnages allemands.

Ce volte face est accrédité par le témoignage d’un haut gradé de l’espionnage, contacté en pleine nuit.

Sinueux, Smith cherche en réalité à démasquer un réseau de contre espionnage allemand ayant infiltré l’état major britannique et le commando lui-même.

En jouant d’adresse et de culot, il parvient à démasquer les trois autres membres du commando comme des agents allemands : Carpenter (Vincent Ball), Thomas (William Squire) et Christiansen (Donald Houston) et obtient même de Rosemeyer le nom du chef du réseau inscrit sur un carnet.

Malgré l’attaque de Von Hapen qui a démasqué Mary, Smith et Schaffer parviennent à retourner la situation et abattre le commandant SS et les gradés de la pièce.

Commence alors la fuite au milieu d’un château forteresse remplies de troupes allemande.

Smith et Schaffer déploient tout leur courage, leur culot et leur adresse pour tenir en respect les défenseurs du château désorientés par une succession d’explosion.

L’un des trois espions est abattu dans la fuite mais Smith contacte l’aviation britannique pour tenter une récupération audacieuse sur l’aéroport local.

Après d’intenses fusillades et explosions, Smith doit lutter avec la rébellion des deux espions allemands restant, et combat en équilibre sur une cabine téléphérique à coups de piolet.

Les deux espions meurent, l’un par une chute mortelle, l’autre dans l’explosion de la cabine et Smith s’en sort miraculeusement.

Le petit groupe de survivant emprunte donc une nouvelle fois le téléphérique pour échapper au château et doit sauter au dessus d’un cours d’eau pour échapper aux mitrailleuses allemandes.

Aidé de Heidi, il emprunte un camion chasse neige, fonçant à vive allure pour échapper aux jeeps et moto allemandes.

Le réseau d’explosifs couplé à d’intenses fusillades permet aux fuyards de se débarrasser de leurs poursuivants et de gagner l’aéroport  ou un faux avion allemand parvient à se poser pour les récupérer.

Dans l’avion, Smith surprend tout le monde, accusant ouvertement Turner d’être le chef du réseau d’espionnage allemand.

Démasqué, le gradé pointe une mitrailleuse contre lui mais comprend lorsqu’elle s’avère déchargée qu’il n’a d’autres solutions que de se jeter dans le vide pour échapper à un embarrassant procès.

En conclusion, « Quand les aigles attaquent » est un film de ces films de guerre d’un autre temps, remplissant sans fioriture son but : divertir en donnant le beau rôle aux héros anglais/américains de la Seconde guerre mondiale.

Tout repose ici sur une trame de départ excitante : l’assaut d’une château enneigé fortifié réputé imprenable pour extrader en douceur un faux général et peu importe au juste la somme d’invraisemblances parcourant la réalisation du projet, le spectateur se laisse prendre sans trop de résistance par l’ambiance d’espionnage et d’action du film.

Eastwood, déjà connu mais pas encore une star de premier plan doit ici s’effacer face à Burton qui occupe avec autorité le rang de tête d’affiche.

Un film classique, bien mené, qui plaira aux amateurs du genre.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 17:19

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Après l’énorme succès de « Gladiator », Ridley Scott retrouve le vent en poupe au début des années 2000 et aligne les films à grand spectacle comme « Hannibal » ou ici « La chute du faucon noir » en 2002.

Adapté d’un livre de Mark Bowden comptant l’échec d’une opération ultra risquée des commandos d’élite de l’armée américaine pour capturer le chef de guerre somalien général Aïdid, qui détournait l’aide humanitaire de son pays durant l’année 1992-1993, « La chute du faucon noir » est un film de guerre traitant d’un sujet très délicat.

Le spectateur est immédiatement plongé dans l’ambiance d’un conflit étouffant et désespérant d’un des pays les plus pauvres  et les plus dangereux d’Afrique et s’immerge dans le quotidien des Delta force et Rangers américains envoyés par Bill Clinton pour suppléer aux forces de l’ONU, jugées inefficaces.

On retrouve donc des soldats retranchés dans leur camps, bien entendu gonflés de confiance en eux et de testostérone dans l’attente d’une prochaine opération à venir.

Celle-ci est dirigée par le Général Garrison (Sam Sheppard) qui après avoir fait arrêté Osman Otto (George Harris) un homme d’affaires jugé proche de Aïdid,  décide sur la foi d’informations des Delta force d’interpeller en plein centre de Mogadiscio les principaux dirigeants du gouvernement d’Aïdid responsables selon l‘ONU de la mort de 300 000 personnes.

Garrison utilise alors un taxi indicateur pour agent de renseignement pour coordonner une attaque purement américaine mobilisant des commandos Delta, des Rangers circulant des Humvees, appuyés par hélicoptères de combat.

Chaque homme se prépare alors du mieux qu’il peut pour une opération qu’il estime certes risquée mais tout à fait à la portée d’hommes aussi entrainés qu’eux.

Si les Delta force, emmenées par le charismatique et efficace Sergent Gibson (Eric Bana) parviennent en jouant sur l’effet de surprise à pénétrer sans difficultés dans l’enceinte du bâtiment de commandement et à capturer les chefs de guerre somaliens, la sécurisation du périmètre aux alentours s’avère beaucoup plus périlleuse qu’escomptée et les Rangers au sol et à terre se trouvent pris à partie par des combattants déterminés capables de faire des ravages dans un espace aussi étriqué que les ruelles défoncées de la capitale.

Blackburn (Orlando Bloom) est le premier soldat américain blessé en tombant d’un hélicoptère, et le Sergent Eversmann (Josh Hartnett) n’hésite pas à descendre lui-même au sol pour porter secours à son camarde, grièvement blessé au dos.

Lors de l’opération d’extraction, les Humvees américains sont pris sous le feux de l’ennemi et leurs protections trop faibles pour résister aux tirs d’armes de gros calibre, exposent les Rangers à des pertes sanglantes.

On assiste alors à une interminable course poursuite dans les ruelles ou surgissent d’innombrables assaillants prêts à se sacrifier mitraillettes, grenades ou lance rockets à la main.

Plus grave, les hélicoptères UH-60 sont également pris pour cible et deux d’entre eux dont le fameux Faucon noir sont abattus consécutivement par des tirs de rockets.

Les pilotes survivent aux crash mais se trouvent immobilisés, blessés et en grand danger face à une foule ivre de haine et de vengeance.

Fidèle à la devise des Marines de ne pas abandonner les hommes aux front, Garrison change donc son plan et demande à ses hommes de se rendre sur les zones des crashs afin de leur porter secours.

Commence alors une lutte acharnée de plus d’une heure et demi, ou les Rangers tentent de rejoindre leurs collègues pris au piège face à des milices somaliennes certes moins bien armés mais beaucoup plus nombreuses et capables de les encercler dans des espaces confinés.

Tandis que les Humvees peinent toujours à se dégager des ruelles, les autres Rangers luttent au pied des décombres et des carcasses des aéronefs abattus.

Deux tireurs d’élites de la Delta Force, les sergents Gary Gordon (Nikolaj Coster Waldau) et Randall Shughart (Johnny Strong) se battent courageusement pour secourir les pilotes mais à cours de munitions sont finalement lynchés et leurs corps exhibés nus par une foule en colère.

Seul le pilote Michael Durant (Ron Eldard) survit, car capturé par les Somaliens en vue d’obtenir une monnaie d’échange avec le commandement US.

Comprenant que les pertes en hommes et matériels sont trop lourdes, Garrison est contraint de demander l’aide des casques bleus pakistanais de l’ONU qui avec plusieurs milliers d’hommes et des blindés peuvent seuls venir les secourir.

Mais, l’ONU qui n’a pas été prévenue de l’opération par les Etats-Unis, tardent à mettre en branle ses ressources et les hommes retranchés dans les décombres de la ville, meurent sous les assauts de leurs adversaires, le décès du jeune caporal Smith (Charlie Hofheimer) agonisant de longues heures après une blessure à l’artère fémorale, étant le plus émouvant d’entre eux.

Finalement les commandos parviennent à sortir du guêpier somalien avec l’aide des casques bleus, Garrison assumant seul l’échec de l’opération.

Au final, le film rend sobrement hommage au courage et à l’esprit de sacrifice de ses hommes, mus par leur sens du devoir et de la camaraderie.

En conclusion, « La chute du faucon noir » est un film de guerre très violent et réaliste montrant tout l’horreur, le chaos et la violence d’un mini conflit relativement méconnu.

Une fois n’est pas coutume, on insiste ici sur l’échec de l’armée américaine, qui n’avait sans doute pas pris la mesure du conflit et dont les forces d’élites n’ont pu venir à bout de combattants certes dépaillés mais aguerris par des années de guerre civile et surtout déterminés à mourir sans sourciller.

Toute cette violence étalée sur les deux tiers du film conduit inéluctablement le spectateur à un sentiment d’écœurement et de choc nerveux.

Si l’ambiance de guérilla urbaine saisit rapidement, difficile donc d’apprécier sur plus de deux heures le film avec un égal niveau d’intensité et avec des personnages nombreux impossibles de tous les citer (!) apparaissant et disparaissant au gré des multiples accrochages chaotiques.

Malgré sa maestria technique, « La chute du faucon noir » est donc à réserver aux amateurs des films d’action purs et durs.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 19:34

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De l’espace nous passons à un autre milieu extrême, le monde sous marin avec « A la poursuite d’Octobre rouge » adapté du pavé de Tom Clancy, déjà chroniqué en ces colonnes.

En 1990, John Mc Tiernan, déjà réalisateur expérimentée prend en charge l’adaptation cinématographique ce qui donne « A la poursuite d’Octobre rouge ».

L’histoire est conforme au roman, mais considérablement plus ramassée ce qui la rend à mon sens plus digeste.

Le commandant Marko Ramius (Sean Connery) prend en charge un nouveau sous marin lanceur d’engins  nucléaire soviétique doté d’une propulsion révolutionnaire appelée la chenille, ce qui le rend quasi indétectable.

Homme expérimenté sur la fin de carrière mais tourmenté de l’intérieur par la mort de son épouse, Ramius assassine l’officier politique chargé de l’assister dans sa mission et se détourne délibérément de sa mission avec pour but de passer à l’Ouest avec son sous marin.

Appuyé par son second Borodine (Sam Neill) qui partage lui aussi ses velléités de trahison, Ramius parvient à donner le change à l’équipage et à garder le contrôle de la situation.

Du coté américain, l’alerte est également donnée par Jack Ryan (Alec Baldwin) ex marine devenu auteur de romans navals, qui contacte la CIA via l’amiral James Greer (James Earl Jones ) pour pousser à des investigations à partir de clichés pris par des espions britanniques.

Aidé par l’ingénieur Skip Tyler (Jeffrey Jones), Ryan obtient des informations importantes sur le systèmes de chenille.

Dans le même temps, l’URSS, avertie par une lettre de la trahison de Ramius, déploie une impressionnante flotte et surface et lance un sous marin d’attaque commandé par Tupolev (Stellan Skarsgard) afin d’intercepter Octobre Rouge.

Face à ce déploiement de force et à l’attitude évasive de l’ambassadeur russes aux Etats Unis, les USA sont obligés de réagir en déployant également une force navale conséquente.

L’USS Dallas, sous marin nucléaire américain, bénéficie du talent de l’opérateur sonar Ronald Jones (Courtney B Vance) , parvient à détecter Octobre Rouge et à le prendre en chasse après une tentative de sabotage interne qui rend inutilisable la chenille.

Ramius manœuvre dans une zone sous marine délicate pour éviter les torpilles de son pays, mais est pris en chasse par l’USS Dallas commandé par Bart Mancuso (Scott Glenn).

Ryan a beaucoup de difficultés à convaincre l’état major américain de ne pas détruire Octobre rouge, et mise sur sa connaissance de Ramius, son instinct et les informations apportées par ses réseaux pour lui faire admettre que Ramius désire sans doute passer à l’Ouest.

Il embarque après une manœuvre aérienne osée, sur l’USS Dallas et se heurte à la rigidité de Mancuso, partisan lui de donner la chasse à Octobre rouge.

Au final, un incident (simulé) sur le réacteur nucléaire d’Octobre rouge le force à faire surface non loin des cotes canadiennes.

L’équipage est livré à la marine américaine mais Ramius replonge pourtant, avant d’être rejoint par un petit sous marin de sauvetage américain dans lequel embarquent Ryan et Mancuso.

A bord, ils obtiennent la reddition absolue de Ramius et Borodine même si ce dernier est abattu par un espion politique.

Ryan se rue alors à l’intérieur des circuits vapeur du sous marin pour débusquer l’espion qui cherche à saborder le navire plutôt que le rendre à l’Ouest.

L’homme est tué mais il reste à faire face à l’attaque de Tupolev qui lâche une torpille pour accomplir sa mission.

Les talents de commandants de Ramius couplés à ceux de Mancuso permettent à l’USS Dallas de capter la torpille et de la neutraliser à l’aide de contre mesures.

Dès lors, l’URSS est persuadée que Octobre rouge a été coulé alors que celui remonte calmement un fleuve de Pennsylvanie avec à son bord Ryan et Ramius ….

En conclusion, malgré son format plus condensé et digeste que le roman de Clancy, « A la poursuite d’Octobre rouge » est un film lent, mou dans lequel il ne se passe pas grand-chose et le spectateur trouve le temps bien long.

Les combats navals sont peu spectaculaires et les manœuvres d’évitement des sous marins assez risibles aujourd’hui, plus de vingt ans après.

Plus que la forme, reste le fond du propos, assez détestable car sous des dehors de remise en question personnelle, complètement favorable aux Etats Unis, inévitablement gagnants de cette course sous les océans.

Comme beaucoup de productions de l’époque, le film est donc fortement orienté pro US, et ce n’est pas le jeu rigide de Connery ou celui toujours fade de Baldwin qui vient rehausser cette impression d’assister à un grand spectacle bubble gum.

Désolé donc de ne pas adhérer définitivement à l’œuvre de Clancy.

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 09:29

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Retour vers le genre particulier du film de sous-marin avec de Kathryn Bigelow.

Sorti en 2002, « K-19 : le piège des profondeurs » raconte à partir d’une histoire vraie de la guerre froide, la déroute d’une mission soviétique qui devait à bord d’un nouveau sous marin nucléaire lanceur d’engins, le K-19, passer sous les glaces arctiques et effectuer un tir d’essai pour impressionner les ennemis américains.

Dès la fin de la construction du sous-marin, on comprend que le navire, terminé à la va vite pour un question de prestige de l’Etat Major de la Marine, souffre de nombreux dysfonctionnements.

Superstitieux, les marins voient d’un mauvais œil les multiples incidents qui se multiplient et coutent la vie à quelques hommes dont le médecin du bord, renversé par un camion.

Sous la pression de l’Etat Major, le commandant Alexeï Vostrikov (Harrison Ford) est nommé en remplacement Mikhaïl Polenin (Liaam Neeson) qui devient son second à bord.

L’expérimenté Vostrikov apparait comme un homme à poigne mettant l’accomplissement de sa mission plus haut que tout autre type de considération, tandis que Polenin est plus sensible à la notion de risque aussi bien pour ses hommes que pour le matériel.

Le K-19 prend la mer et Vostrikov enchaine les exercices les plus sévères afin d’éprouver la condition de ses hommes qu’il juge pas assez entrainés.

Quelques blessures superficielles surviennent notamment lors de manipulation de torpilles mais l’incident le plus important a lieu lorsque Vostrikov décide d’aller aux limites maximum d’immersion du sous-marin, au risque de déformer la coque et de provoquer sa destruction.

Pourtant le danger le plus insidieux se situe sans doute prêt de la salle des machines, avec le remplacement d’un ingénieur nucléaire expérimenté mais retrouvé ivre mort par un jeune lieutenant sortant de l’école Ratchenko (Peter Sarsgaard).

En effet les instruments de contrôle de la chaufferie donnent d’inquiétant signes de faiblesse.

Pourtant, après une audacieuse manœuvre de remontée abrupte sous l’épaisse couche de glace de la banquise, Vostrikov accomplit sa mission et lance le missile d’essai.

Après une courte période d’euphorie, l’Etat Major Soviétique prolonge la mission du K-19 en lui ordonnant de sillonner l’Atlantique à portée de New York et Washington pour impressionner davantage les américains.

L’équipage obtempère mais survient alors le premier incident sérieux avec l’éclatement d’un circuit de refroidissement d’une des chaufferie qui se met en incident.

Le circuit de secours ne fonctionnant pas, la température croit de manière alarmante dans le local chaufferie avec de fortes menaces d’explosion.

Polenin déjà en désaccord par rapport aux méthodes musclées de Vostrikov entre alors en conflit avec lui car il est d’avis d’annuler la mission pour préserver le sous marin et ses hommes ce que Vostrikov refuse catégoriquement.

Le commandant en chef prend alors des mesures radicales et oblige des équipes de matelots désignés volontaires à intervenir dans le local chaufferie pour dériver le circuit d’eau douce afin de refroidir le cœur nucléaire.

Trois équipes d’hommes courageux acceptent la mission et notamment Ratchenko, désireux de se racheter.

Mais Polenin découvre que les combinaisons protectrices ne sont pas adaptées et que les hommes se rendant à l’intérieur du réacteur mourront.

Après dix minutes, les premiers matelots ressortent, irradiés, titubant et malades.

Ils sont évacués et soignés par le médecin du bord qui avoue être dépassé par le problème et ment sur leur état de santé pour ne pas affoler les autres.

Tétanisé, un matelot de la seconde vague est incapable de se lancer et est remplacé par un courageux chef machine qui parvient à souder le tuyau de l’eau douce sur celui de la chaufferie afin de faire enfin redescendre la température.

Cette fois devant la gravité de la situation, Vostrikov comprend qu’il doit renoncer à sa mission et fait surface devant la flotte américaine en alerte.

Un nouveau conflit éclate alors que Polenin estime que l’équipage étant irradié, le K-19 doit accepter l’aide des américains et que Vostrikov refusant de livrer le sous-marin aux américains, souhaite rentrer au mépris des risques à faible allure en URSS.

Après une petite période de flottement ou un hélicoptère de l’US Navy s’approche du K-19, Vostrikov ordonne l’ordre de replonger.

Mais la situation empire à nouveau et la réparation de fortune du circuit de refroidissement de la chaufferie cède à nouveau, provoquant une nouvelle alerte nucléaire et un début d’incendie, difficilement maitrisé par le bord.

Fidèle à lui-même, Vostrikov s’apprête à faire plonger le sous-marin pour provoquer son explosion dans les profondeurs aquatiques.

Cette fois l’équipage se rebiffe et  Suslov (Ravil Issyanov), officier politique du Parti Soviétique décide de relever Vostrikov de ses fonctions en redonnant le commandement à Polenin qui contre toute attente libère son ennemi en lui demandant de donner le choix de son destin à l’équipage

C’est alors Ratchenko intervient et prend alors sur lui le fait d’aller refaire la soudure, en acceptant de se sacrifier à nouveau.

Le K-19 fait ensuite surface et est secouru par un sous marin soviétique.

La fin du film, un peu longuette, voit Vostrikov soutenu par Polenin et ses hommes, épargné par le jugement de ses pairs et les deux hommes se retrouver trente ans après, au moment de la chute du mur de Berlin pour se recueillir sur la tombe de leurs camardes morts en héros.

En conclusion, « K-19 : le piège des profondeurs » a sans doute quelques points communs avec « USS Alabama » mais le surpasse sous divers aspects.

Le premier d’entre eux est le fait de placer le huis clos psychologique dans le camp de l’armée rouge, ce qui confère une belle originalité à l’histoire.

Le second est la variété et le rythme trépidant de l’action avec une succession ininterrompue d’avaries techniques aboutissant au sacrifice librement consenti des hommes.

Enfin le jeu des acteurs encore meilleur que celui du duo Washington-Hackeman, avec un Harrison Ford époustouflant en meneur d’hommes dur à cuir et implacable.

Au registre des critiques, on notera une certaine rigidité et lourdeur des personnages engoncé dans leur idéal patriotique et ne laissant apparaitre à aucun moment des moments de doute, de faiblesse ou de relâchement.

Malgré cela, « K-19 : le piège des profondeurs » est un grand film réalisé par une des meilleurs réalisatrices américaine.

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:07

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Le film de sous marin a ses aficionados, et dans ce registre « USS Alabama » de Tony Scott constitue une référence.

Sorti en 1995, « USS Alabama » prend place dans un contexte post guerre froide particulièrement tendu ou des dissidents de l’armée rouge lancent une offensive contre le pouvoir en place et prennent le contrôle d’une base navale située dans l’Est de l’URSS.

Les Etats-Unis sont alors logiquement placés en état d’alerte maximale et envoient l’un de leur sous marin lanceur d’engins nucléaires sur zone, le USS Alabama.

A la tête de cette mission dangereuse se trouve le commandant Ramsey (Gene Hackman) expérimenté, paternaliste et un brin autoritaire et son second le lieutenant Hunter (Denzel Washington) plus jeune mais sortant des meilleurs écoles du domaine.

Entre les deux hommes, une tension va rapidement s’installer, et Hunter bien qu’acceptant d’obéir à son supérieur va être troublé par l’insensibilité apparente de Ramsey après la mort d’un matelot lors d’un exercice d’entrainement lancé en parallèle d’une réelle alerte incendie en cuisine.

Mais la tension de la situation internationale va prendre le dessus sur les divergences personnelles lorsque le USS Alabama va devoir combattre un sous marin d’attaque Akula dérobé par les rebelles russes.

On alors droit à une typique joute sous marine et après quelques sueurs froides et esquives in extremis de torpilles ennemies, le USS Alabama finit par détruire son poursuivant plus rapide et maniable.

Malheureusement, le sous marin ressort endommagé par le combat, et oblige Hunter à prendre la décision pénible de sacrifier quelques matelots pour contenir une brèche dans la coque.

Grave également, la perte de moyens de communication avec la base, ce qui laisse en suspens un dernier message non déchiffré, qui aurait pu contredire un ordre d’attaque nucléaire contre la base navale russe, suspectée de vouloir également lancer des missiles nucléaires.

C’est alors qu’une violente dispute va éclater entre Ramsey et Hunter, ce dernier étant partisan d’attendre de décrypter le dernier message alors que le vieux commandant veut lui déclencher sans plus attendre la frappe nucléaire.

Le ton monte tellement que Hunter se mutine et soutenu par une partie de l’équipage, met aux arrêts le capitaine Ramsey, fou de rage.

Tandis que les techniciens s’activent nerveusement à réparer les communications, Ramsey rassemble une poignée de fidèles et lance alors une contre offensive qui replace Hunter sous sa domination.

Mais Hunter joue alors de son amitié avec le lieutenant Ince (Viggo Mortensen) responsable du tir de missiles pour le faire suspendre le tir ce qui fait écumer de rage Ramsey.

Acharnés jusqu’au bout, Hunter et ses fidèles parviennent à s’échapper et à tenir à nouveau en respect Ramsey.

La réparation de la console de communication vient au final résoudre le conflit, confirmant l’annulation de l’ordre suite à la reprise du pays par l’armée rouge régulière.

Jugé au final par une commission, Ramsey reconnait son erreur, prend une retraite anticipé et promeut élégamment son second qui a pourtant clairement désobéi au lancement d’une procédure de niveau maximal de sécurité.

En conclusion, « USS Alabama » est un très bon film qui comblera d’aise tous les amateurs d’ambiances confinées et de chasses sous marines sous tension.

On sera séduit également par la réalisation de Scott, qui rend palpitante l’action à force de rebondissements mais l’intérêt principal du film réside à mon sens dans l’affrontement entre Hackman et Washington, deux acteurs particulièrement charismatiques, avec d’un coté le vieux briscard entêté et de l’autre le jeune à l’esprit plus lucide capable de prendre du recul sur le stresse des évènements.

Pour toutes ces raisons, « USS Alabama » est à recommander à tous les amateurs de film de bataille navale.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 16:06

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Sujet difficile avec « Johnny s’en va t’en guerre » unique film de Donald Trumbo récompensé par un Grand prix spécial du jury au festival de Cannes.

Sorti en 1971 d’après son propre roman paru en 1939, « Johnny s’en va t’en guerre » raconte l’histoire incroyable et terrifiante de Joe Bonham (Timothy Bottoms) jeune soldat américain grièvement blessé en Europe pendant la Première guerre mondiale.

Touché par un obus alors que sa hiérarchie lui demandait de décrocher le cadavre pourrissant d’un soldat allemand accroché à un fil barbelé, Joe a contre toute attente survécu à d’horribles blessures qui lui ont couté les bras, les jambes et emporté la moitié du visage.

Privé de la quasi-totalité de ses sens (vision, ouïe), de toute motricité musculaire ou de possibilité de communication, Joe est maintenu en vie dans un hôpital militaire ou des médecins soldats l’examinent à titre de curiosité scientifique.

Mais malgré son lourd handicap, Joe est resté conscient et tente d’analyser la situation dans laquelle il se trouve.

Lorsqu’il réalise son état, le choc est rude et le jeune homme se raccroche alors au flot des pensées qui le submerge inlassablement.

Entre purs souvenirs et rêves entretenus par les drogues qu’on lui administre pour contenir la douleur, Joe revit sa première expérience sexuelle avec sa petite amie (Kathy Fields) la veille de son départ mais aussi sa relation aves son père (Jason Robards) homme simple, bon et droit.

Joe se revoit repousser sa petite amie qui lui demande de rester à ses cotés, l’idéalisme naïf du jeune homme étant plus fort que l’amour.

Plus étrangement, Jésus Christ (Donald Sutherland) apparait par intermittences, prédisant la mort des camarades de Joe sur les champs de bataille et pour lui un destin plus cruel encore.

Jésus Christ est également interrogé par Joe, qui compte tenu de son état désespéré, ne peut que se raccrocher à la religion.

Mais même Jésus apparait maladroit et démuni pour aider Joe.

Comprenant que la religion ne peut l’aider, Joe fait alors appel à son père, qui entre deux leçons philosophiques sur le sens de la vie, lui souffle l’idée de communiquer avec les vivants en effectuant du morse à l’aide de sa tête encore mobile.

Ceci semble fonctionner et Joe peut alors entrer en contact l’infirmière (Diane Varsi) qui s’occupe de lui.

La bonté, la sensibilité et la bienveillance de la jeune femme sont impressionnantes, aussi ne tarde t elle pas à comprendre ce que ressent Joe.

Bien que réduit à l’état végétatif, Joe peut néanmoins ressentir le toucher sur sa peau et le réchauffement du soleil inondant sa chambre lui apparait alors comme une délivrance.

L’infirmière parvient à convaincre les médecins que Joe est conscient, et un curieux dialogue s’engage alors avec un général (Eduard Franz) pour comprendre ses pensées.

Se sachant perdu, Joe réclame d’être exhibé dans les fêtes foraines comme le monstre le plus incroyable jamais trouvé sur Terre, le tout pour montrer les horreurs de la guerre sur les soldats engagés.

Devant le refus bien compréhensible des militaires, Joe demande donc à mourir.

Mais le brigadier général (Bryan Morrow) refuse et après la violente rébellion du prêtre militaire (Ed Gilbert), décide de la gaver de médicaments.

Seule l’infirmière pris de compassion prend alors sur elle d’exaucer le vœux de Joe et de le tuer.

Elle est malheureusement arrêtée dans son geste par le général.

Joe se retrouve donc seul dans une détresse absolue à se morfondre dans sa chambre d’hôpital.

En conclusion, « Johnny s’en va t’en guerre » est un film douloureux, bouleversant, d’une force émotionnelle inouïe.

Violent plaidoyer antimilitariste, il dénonce la cruauté et l’imbécilité des dirigeants menant au sacrifice des jeunes innocents aveuglés par leur patriotisme naïf.

Mais plus que la charge politique, l’auditeur est estomaqué par la situation de mort vivant vécu par un jeune homme et par tout l’horreur de celle-ci.

Vivant mais atrocement et définitivement mutilé, le soldat déchu n’est plus qu’une coquille vide, un morceau de viande soumis au bon vouloir de médecins aux vues étroites.

Trumbo montre l’inutilité de la religion et offre comme seuls réconforts la compassion maternelle de l’infirmière et la figure philosophique paternelle, emplie de valeurs simples mais bonnes comme le rejet du profit par le travail, l’attachement aux joies de la nature (comme la pèche), la tolérance, la générosité et l’importance de la transmission familiale.

Mais plus que le fond, la forme du film en huis clos à la fois sobre et onirique, vous marquera à jamais.

Brillamment illustré par la chanson « One » de Metallica, « Johnny s’en va t’en guerre » est un film d’une profondeur inouïe questionnant l’homme autour des sujets essentiels comme la guerre, la maladie, la mort, l’amour, la famille, la religion et la philosophie.

Une œuvre majeure donc, auquel chacun d’entre nous pourra penser une fois qu’il sera cloué dans un lit d’hôpital avec en ligne de mire l’issue forcément fatale derrière les tissus de mensonges qu’on se raconte soi même en pareille occasion.

Joyeux Noel donc et Bonne année.

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 20:19

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L’expérience de la guerre a toujours su créer des œuvres cinématographiques fortes et c’est dans cette optique que j’ai visionné « Lebanon » film israélien de Samuel Maoz.

Sorti en 2009 et récompensé au festival de Venise, « Lebanon » raconte l’expérience toute personnelle de quatre soldats israéliens embarqués dans un tank pour une opération de pénétration du territoire libanais pendant l'invasion du Liban par Israel en 1982.

Les jeunes hommes dont c’est la première expérience au front sont estomaqués par la violence du monde qu’ils découvrent et le plus choqué d’entre eux est le tireur de l’équipe Shmulik (Yoav Donat) qui se montre la plupart du temps incapable de presser les commandes de son système d’armes.

Le quatuor est dirigé à distance par le commandant Jamil (Zohar Strauss) avec comme relais interne l’autoritaire lieutenant colonel Assi (Itay Tiran) qui leur désigne des consignes auxquelles ils doivent obéir aveuglément.

L’essentiel du film consiste donc à suivre le conflit depuis l’intérieur du tank dans une atmosphère métallique, confinée, sale et poisseuse ou les nerfs des quatre hommes sont mis à rude épreuve.

Dans une ambiance sinistre de grincements métalliques inéhrente aux chenilles et aux servo mécanismes de la tourelle du char, le spectateur suit la progression laborieuse des apprentis soldats au plus près de la ligne de front avec des situations de plus en plus difficiles ou ils doivent faire feu sur des voitures suspectes et investir des zones ou des civils servent de boucliers humains aux soldats ennemis palestiniens ou syriens.

Bien entendu compte tenu de ce niveau de stress, les conflits arrivent inévitablement dans la petite équipe du tank qui doit faire face aux ennuis mécaniques et aux situations très dures ou les pertes humaines sont monnaies courantes.

La situation se tend encore davantage lorsque le tank prend en charge un prisonnier syrien menacé de torture et de mort et doit en plus se fier à des phalangistes libanais chrétiens pour se frayer un chemin en zone libanaise hostile.

Le dénouement voit le char se faire toucher par une rocket anti char ce qui donne un coup d’arrêt à cette insupportable course vers le néant.

La mort du jeune Ygal (Michael Moshonov) est néanmoins le prix à payer pour l’équipage.

La dernière scène voit donc le tank sortir de la zone de combat et l’équipage respirer enfin dans un champs de tournesols.

En conclusion, « Lebanon » est un film dont le point fort qui est l’originalité de l’immersion dans une ambiance de huis clos finit par se retourner contre lui et devenir une limitation.

Les scènes d’attente pénibles succèdent aux scènes chocs plus chaotiques pour déboussoler un spectateur au final aussi perdu que les soldats du tank.

Paradoxalement malgré la violence des scènes de guerre, l’action se déroule au rythme du tank donc à l’allure d’un gros engin mécanique se mouvant pesamment.

Compte tenu de ses limitations, « Lebanon » demeure donc pour moi un film de guerre exotique ne dépassant pas le stade de la curiosité.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 14:07

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Premier roman de Tom Clancy, « Octobre rouge » paru en 1984 eut un immense succès et fut à l’origine de la célèbre adaptation cinématographique de John Mc Tiernan en 1990.

« Octobre rouge » est un roman complexe racontant l’épopée d’un sous marin nucléaire russe appelé Octobre rouge que le commandant Marko Ramius décide par dégout envers le régime soviétique qu’il tient pour responsable de la mort de sa femme, de faire passer aux Etats-Unis.

Sous marin lanceur d’engins nucléaires (SNLE) de classe Typhoon, Octobre rouge est un monstre doté d’une coque très résistante et d’un système de propulsion révolutionnaire (turbines utilisant la force hydrodynamique) qui le rend pratiquement indétectable.

Si on ajoute à cela, les compétences du commandant réputé comme un maitre dans le pilotage des sous marins, on comprend alors que la tache de ses poursuivant américains ou russes devient très ardue.

Habile mais aussi provocateur, Ramius défie le KGB qui va lancer presque toute la flotte russe (sous marins, porte avions, croiseurs, avions de chasse) afin de le détruire avant que les américains ne puisse le récupérer.

De son coté, la CIA pour laquelle travaille le professeur d’histoire Jack Ryan, met un certain temps avant de comprendre la situation.

Ryan aidé de ses relations dans la Marine et la science, parvient néanmoins à alerter ses supérieurs des intentions du sous marinier félon et c’est alors toute la flotte américaine aidé d’un porte avion anglais qui se déploie pour elle aussi récupérer Octobre rouge.

Bien entendu dans cette atmosphère de guerre froide, la tension va alors monter à son comble au fur et à mesure que la traque bat son plein dans l’Océan atlantique en bordure de la cote est américaine.

Le roman alterne continuellement les points de vue d’un navire à l’autre mais aussi dans les centres de décision politique en liaison avec les ambassades et les services secrets.

Les américains légèrement en avance sur le plan technologique et humain (leurs opérateurs semblent les mieux entrainés comme Jones véritable génie du sonar embarqué qui le premier détecte Octobre rouge) exploitent les quelques défaillances des russes, notamment lorsque le sous marin Politovsky fait naufrage, ce qui laisse l’occasion au américains de sauver le seul rescapé et d’exercer des pressions politiques sur la Russie.

Finalement Octobre rouge est localisé et doit à la suite de multiples sabotages d’un agent du KGB infiltré, remonter à l’immersion périscopique.

Les américains profitent de l’aubaine et organisent avec Ryan l’évacuation du sous marin tout en profitant pour conditionner les marins afin de recueillir un maximum d’informations avant de les restituer à leur pays d’origine.

Ryan aidé de Ramius parvient à tuer l’espion du KGB qui blesse le commandant à la jambe.

Les américains mettent le SNLE à l’abri tout en simulant son naufrage afin de persuader les Russes de cesser leurs recherches.

La ruse fonctionne et Octobre rouge prend la direction de la base militaire de Norfolk.

Mais Tupolev l’ex élève de Ramius continue de patrouiller dans les parages sur son SNA (Sous marin d’attaque) de classe Alpha et intercepte par hasard le trajet des américains.

Commence alors une lutte à mort dans le monde du silence ou le Konovalov, lutte avec Octobre rouge et deux sous marins américains le Dallas et le Pogy, venus en escorte.

L’issue est incertaine entre le maitre et l’élève mais Ramius aidé de Ryan, tente une manœuvre osée qui l’amène à percuter le Konovalov, à la coque moins résistante.

Tupolev et ses rêves de gloire sombrent donc dans les profondeurs de l’océan tout en laissant le champs libre à un triomphe américain.

En conclusion, pour mon premier Tom Clancy, « Octobre rouge » m’a déçu.

Ces histoires de guerre froide sonnent aujourd’hui un peu datées et laissent toujours le beau rôle aux américains, dont l’évolution de la société démocratique et l’aisance matérielle qui en découle, séduisent invariablement leurs ennemis dès qu’ils se trouvent à leur contact.

Plus humains et malins, les américains parviennent donc à prendre le dessus sur des russes engoncés dans un étroit fanatisme politique qui limite leurs capacités d’évolutions.

Bien entendu, on peut contester cette vision très américano centrée.

Sur le plan de la forme, le livre est pour moi inutilement long, d’une qualité littéraire faible et donne l’impression d’avoir été rédigé par un ingénieur.

En quête de crédibilité technique, Clancy accumule les descriptions techniques sur les circuits de chaufferie nucléaire et les système de détections sous marins avec tout un fourmillement d’abréviations techniques impossibles à comprendre si on a pas fait des études à l’école des sous mariniers.

Le résultat est donc un roman au style pesant et peu agréable, véritable outil de propagande pur la Navy américaine et dont le dénouement est attendu comme le sauvetage d’un équipage coincé dans une caisse de métal sous les océans.

A réserver donc pour les amateurs d’un genre qui ne me séduit guère.

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