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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 14:12

Cinéaste réputé fou mais génial, Werner Herzog sort en 1982 « Fitzcarraldo ».
Le film se déroule en Amazonie pendant l’âge d’or de l’exploitation de caoutchouc.
A Manaus, Brian Fitzgerald (Klaus Kinski) dit Fitzcarraldo est un industriel ayant fait faillite en tenant d’ouvrir une ligne de chemin de fer en Amazonie.
Personnage excentrique, Fitz parcourt la ville en essayant de convaincre les puissants fazendeiros locaux de l’aider à construire un opéra dans la ville d’Iquitos au Pérou, peuplée d’Indiens vivants sur des cabanes flottantes.
Malgré l’appui de sa compagne Molly (Claudia Cardinale) assez influente localement, Fitz est ignoré voir tourné en dérision par les fazendeiros.
Irrité par ces refus, le bouillant entrepreneur reçoit néanmoins le soutien de Don Aquilino (José Legwoy) qui lui indique ou trouver un bateau à vapeur puis une terre encore vierge d’exploitation.
En réalité, outre ses impossibles prétentions artistiques, Fitz a également des projets industriels et cherche également sous les conseils de Molly a s’établir comme fazendeiro en délaissant son actuel commerce de vendeur de glace.
Le navire à vapeur est finalement trouvé, retapé à l’aide de la main d’œuvre locale puis un équipage embauché avec un capitaine hollandais Paul Orinico (Paul Hittscher).
Outre le mécanicien, un géant taciturne nommé Cholo (Miguel Angel Fuentes) et le cuisinier alcoolique Huerqueque (Huerqueque Enrique Bohorquez), tous les autres membres de l’équipage sont des indiens sédentarisés sans expérience de navigation à vapeur.
Laissant Molly sur place à Manaus, Fitz et son équipe remontent l’Amazone puis le Pachitea à la recherche de la mystérieuse terre perdue au milieu de le foret.
Au passage,Fitz récupère une partie des rails de son précédent chantier.
Outre les bagarres, Fitz doit faire face aux Indiens jivaros dont la réputation de terrible guerrier effraie l’équipage qui déserte.
Le navire investi par les Indiens continue finalement sa route avec seuls à son bord, Fitz, Orinico, Cholo et Huerqueque…
Contre toute attente, les Indiens qui croie le navire est un "char" désigné pour apaiser leur dieu collaborent et aident même Fitz dans sa folle expédition qui lui impose de tracter le navire au dessus d’une montagne pour accéder à la terre promise par Aquilino.
L’entreprise est d’une difficulté hallucinante et demande des travaux titanesques réalisés à mains nues par les Indiens dont certains perdent la vie.
Après plusieurs morts, moment de découragements et de peur d’une révolte, le navire est finalement hissé de l’autre coté…Mais les Indiens brisent le lendemain les amarres du navire qui glisse vers les rapides du fleuve Ucayali.
Etant revenu à son point de départ, Fitz revient à Iquitos en héros, acclamé par une foule en délire au milieu de laquelle figure Molly.
Même Aquilino, beau joueur reconnait le succès de cette expédition folle. Si lune nouvelle concession ne sera pas ouverte, un opera sera bel et bien donné à Iquitos.
En conclusion, « Fitzcarraldo » est un nouveau film de la démesure du duo cinglé Kinski/Herzog et évoque fortement « Aguirre la colère de dieu » le mysticisme en moins.
Paysage hallucinants, personnages « larger than life » animés par une passion dévorante les poussant à atteindre leur but coute que coute quitte à renverser des montagnes, « Fitzcarraldo » reste une aventure hors norme atténuée par une certaine longueur et lenteur dans sa réalisation.

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 11:00

Mélange entre roman d’aventures et de méditation, « Le goût du large » de Nicolas Delesalle sort en 2016.
L’auteur décide d’embarquer sur un cargo le MSC Cordoba pour un voyage de neuf jours qui l’emmènera de Anvers jusqu’à Istanbul.
Cette expérience solitaire est pour lui l’occasion de couper avec l’agitation frénétique du monde moderne, de goûter à la contemplation de la nature au travers de l’océan et aussi d’écrire sur ses expériences passées de grand reporter.
Tout au long du roman, Delesalle alterne entre courts entretiens avec l’équipage majoritairement philippin et faisant ce travail pour l’argent et récits de ses reportages dans les régions les plus « chaudes » du globe.
Entre parties d’échecs, séances de musculation et longue contemplation de la mer qui défile à l’infini devant lui, surgissent les souvenirs : à Jérusalem premier contact avec des corps démembrés par les attentats, tensions avec des femmes soldats israéliennes le tout entremêlé d’expérience de surfeur amateur, bref passage sur les victimes indonésiennes du tsunami asiatique de 2004, tendresse pour la folie douce des Russes qu’ils soient joueurs d’échecs, taximen ou politiciens et peur au ventre dans l’enfer sécuritaire de l’Afghanistan avec un hommage vibrant à la minorité ethnique Hazara persécuté par l’ethnie dominante Pachtoune.
Impossible également de ne pas parler de l’Afrique entre angoisse de se perdre dans le désert du Niger, souffrance pathétique des enfants sous alimentés, violence de la révolution égyptienne de 2011, exploitation du peuple Pygmée par les Bantous, soirée escort dans un night club d’Abidjan et tentative d’extirper de la rue un petit Sénégalais de Dakar.
Un souvenir tout de même concerne la France, une nuit passé dans une grotte au fond d’un gouffre de Millau, avec un récit au final assez minable et décevant centré sur des sensations purement psycho-physiques.
Le récit se termine sur les évènements les plus contemporains notamment la guerre en Syrie contre l’Etat Islamique, avec le parcours d’un combattant kurde du YPG et d’un déserteur de l’armée syrienne.
En conclusion, si sur la forme « Le goût du large » se lit plutôt de manière agréable avec une forte propension à la contemplation détachée, sur la forme ce roman se borne à une juxtaposition de souvenirs de baroudeur sans réelle trame narrative.
Au final, « Le goût du large » ressemble donc à un gros cargo vide à l’intérieur et n’apporte pas grand-chose au lecteur qui suit le zapping égocentrique de l’auteur satisfaisant son goût pour les sensations fortes dans une quête sans cohérence globale.
Pour la beauté du geste diront sans doute les défenseurs du roman, mais ceci demeure pour ma part insuffisant.

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 15:07

Edité en 2016 chez Taurnada, « Haig, le secret de Monts Rouges » est un roman de Thierry Poncet inspiré d’un personnage crée avec l’écrivain-aventurier Cizia Zykë.
« Haig, le secret de Monts Rouges » met en scène Haig, un baroudeur européen faisant du commerce dans les années 90 au Cambodge avec les compagnies forestières établies le long de la rivière Lon-Stung, l’un des affluents du Mékong.
Pour accéder à ce monde difficile où la main d’œuvre locale par nature misérable est massivement exploitée pour travailler dans des zones où seule règne la loi du plus fort, Haig achète une vielle péniche de l’armée américaine qu’il nomme la Marie-Barjo et embarque un stock considérable de pièces de rechanges mécaniques, outils, nourriture et alcools pour le ravitaillement des camps de travailleurs qui pullulent dans la région.
Avant de prendre le départ sur le fleuve avec son équipage composé de Bozo, un fantasque banlieusard parisien séropositif, Kim un ex militant écologiste cambodgien reconverti en commerçant et Bang un colosse débonnaire ne se séparant jamais de son petit chien, Haig reçoit la visite d’un vieil homme d’origine espagnole qui supplie pour l’embarquer.
Méfiant de nature, il refuse et a la désagréable surprise de retrouver l’homme égorgé le lendemain...
Il part alors sans trop s’attarder par peur des difficultés avec les autorités locales, mais la situation se complique plus tard lorsque Marisol, une belle jeune femme, elle aussi marquée par un fort accent espagnol survient avec la même demande cette fois appuyée par d’autres atouts notamment physiques et financiers.
Soumis à autant de détermination, Haig finit par céder et embarque la belle.
Commence alors un long et périlleux voyage marqué par l’empreinte de massacres commis par un homme ou un être (?) gigantesque aimant à torturer cruellement ses victimes.
Entre légende tenace, passé hanté par la guerre, forestiers, mercenaires et trafiquants, Haig va devoir jouer serré pour sortir vivant de ce qui sera peut être son dernier voyage à la poursuite d’un trésor oublié au cœur des Monts Rouges, dernier repère des redoutés Khmers rouges…
En conclusion, « Haig, le secret de Monts Rouges » est un roman typique d’aventures au fort goût de « Au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad, le nihilisme introspectif en moins…
Poncet plante des personnages assez caricaturaux de baroudeurs ultra virils, de « locaux » peu fiables et de jeunes femmes aussi sexy que mystérieuses à la recherche d’un trésor enfoui dans une zone mortelle.
Rien de bien nouveau donc sous la moiteur étouffante de la jungle tropicale mais une narration vivante, musclée qui vous accroche et vous fait passer un moment exotique plaisant, ce qui après tout est bien déjà assez !

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 12:41

Poursuivant la découverte des aventures de Mike Horn, j’ai voulu lire « Vouloir toucher les étoiles ».
Sorti récemment en 2015, « Vouloir toucher les étoiles » est un récit alternant autobiographie de l’aventurier et nouveaux exploits autour de l’ascension en 2007 sans oxygène et sans cordée, de quatre des plus hauts sommets du monde dans Karakoram : les deux Gasherbrum dit G1 et G2, le Broad Peak et le fameux K2.
Expérimenté en montagne andines, Horn n’avait malgré tout jamais gravi de sommets à plus de 6000 mètres, ce qui demeure l’ascension la plus sélective et aussi la plus dangereuse.
Avec ses compagnons alpinistes Jean Troillet, Fred Roux et Olivier Roduit, il y raconte la mort qui guette sous la forme d’avalanches meurtrières et imprévisibles, de fissures traitresses prêtent à se dérober mais plus surement encore du mal de l’altitude qui à plus de 7000 mètres, paralyse l’activité cérébrale, annihile tout force et pire fait perdre toute notion de cohérence.
A chacune des ascensions ou presque tombent des alpinistes chevronnés victimes de leur orgueil ou tout simplement de leur manque de chance, à croire que la montagne prélève à chaque fois son du.
Entre deux exploits, Horn se raconte : son enfance en Afrique du Sud avec une notion toute relative de l‘Apartheid, déjà habitée par une farouche envie de liberté et de découverte, la mort traumatique de son père, fauché prématurément à 43 ans d’un cancer foudroyant, son engagement précoce dans les Forces Spéciales d‘Afrique du Sud, son expérience de la guerre et donc de la mort, contre la Namibie voisine avant de rentrer dans le rang un court instant avec un diplôme universitaire et un confortable job dans l’import-export agroalimentaire avant de tout plaquer pour vivre une vie plus excitante avec un exil sans un sous en poche en Suisse ou il connaitra une vie précaire pour finalement trouver l’amour avec sa femme Cathy et un emploi de moniteur spécialisé dans la descente de rivière en hydro speed.
S’illustrant dans cette discipline par des exploits toujours plus audacieux, Horn finira par attirer l’attention de la société Sector qui le sponsorisera et lui permettra de changer de vie en vivant réellement de sa passion.
Exploit après exploit, Horn connaitra une notoriété toujours grandissante avec toujours à ses cotés, la fidèle Cathy, son point d’ancrage dans le monde, qui lui donnera deux filles Annika et Jessica.
Aventurier infatigable, il explorera le monde avec une appétence particulière pour l’Amérique du sud, l’Océan et le Grand Nord.
Les pires moments, Horn les raconte lorsque lui-même en grande difficulté sur les hauts sommets, il devra porter secours à des alpinistes en situation encore plus critique ou survivre d’extrême justesse à un attentat sanglant des Talibans au Pakistan.
Il connaitra aussi l’échec à des multiples reprises face au redoutable K2, second sommet plus haut du monde.
Mais le moment le plus émouvant du livre reste le récit du combat qu’a livré Cathy contre un tenace cancer du sein, qui finira malgré tous ses efforts à l’emporter en 2015.
Très marqué par la perte de sa vie, Horn continuera tout de même en champion, transférant son amour à ses filles et estimant que l’esprit de sa femme continuera de l’accompagner à travers ses périples.
L’éducation des jeunes pour préserver la Nature, constitue également une de ses grandes préoccupations.
En conclusion, « Vouloir toucher les étoiles » est sans nul doute le récit d’aventures le plus passionnant qui soit car le plus personnel.
Au-delà des exploits sportifs à haute altitude, Horn s’y dévoile à cœur ouvert avec beaucoup de courage et de sincérité.
Il montre également que tout surhomme qu’il soit, il n’en demeure pas moins modeste car vulnérable au destin et à la maladie, qui peut lui rappeler à tout instant sa petitesse.
Mais conscient de sa fragilité, Horn continue d’avancer et de se réaliser en faisant à présent office de passer entre la beauté de la Nature qu’il a pu si souvent observer et les jeunes générations qui il l’estime devront prendre le relai pour la préserver.
Un modèle donc d’esprit d’entreprise et de sagesse que cet homme de 50 ans à présent !

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 21:38

Très médiatique aujourd’hui en France en raison notamment de ses émissions sur M6, l’explorateur-aventurier d’origine sud africaine Mike Horn a attiré mon attention, c’est pourquoi j’ai lu avec curiosité « Latitude zéro, 40 000 km pour partir à la rencontre du monde » qui relate son incroyable aventure qui durant 17 mois l’amena à faire un tour du monde sans aucune motorisation le long de la ligne de l’Equateur avec une marge autorisée de 40 km.
Déjà aguerri par des aventures précédentes en Amérique du sud, Horn qui a 33 ans à l’époque débute son périple par un prélude complètement fou pour aller récupérer son trimaran  Latitude 0 à San Diego (Californie).
Après avoir bénéficié de généreux sponsors, dont Sector, Opel, Kuhne & Nagel, ainsi que des fonds accordés par un ami Suisse Marco Landolt, Horn et son frère Martin, courent contre la montre pour pouvoir acheminer en camion le voilier jusqu’au port de Miami.
Ils roulent jour et nuit, manquent de finir en prison et finissent avec un culot et une détermination monstres à forcer le destin pour faire embarquer le navire démonté dans un conteneur en direction du Gabon d’où ils comptent débuter leur voyage.
Se reconnaissant lui-même comme marin débutant, Horn affronte seul l’Océan atlantique et apprend sur le tas à manipuler ses voiles (foc, gennaker, grande voile) et écouter les signes annonciateurs d’un brusque changement climatique.
Se reposant seulement sur un GPS, un pilote automatique, une radio et un ordinateur se rechargeant à l’énergie solaire, Horn encaisse ses premières terribles enquêtes, fait des erreurs qui auraient pu lui couter cher (longer de trop prêt des iles, perdre sa voile) mais parvient à chaque fois à s’en sortir.
Il communique régulièrement avec sa femme Cathy, qui organise la partie administrative de son voyage avec comme relais outre Martin le logisticien, Claude-Alain Gailland un alpiniste chevronné, Sebastian Devenish et Sean Wisedale respectivement photographe et cameraman de l’expédition.
Horn finit par arriver dans le nord du Brésil dans la ville de Macapa.
Une fois les pénibles formalités administratives remplies avec les autorités brésiliennes promptes à toucher leur pot de vin, Horn dit au revoir à sa femme et ses filles venues l’accueillir, confie son navire à Martin et se jette alors dans un hallucinant périple à pied de 3600 km à travers la foret amazonienne.
Taillant son chemin à coup de machette dans une végétation dense, il marche plusieurs heures par jour dans une atmosphère étouffante, essuyant des averses de plomb qui ne refroidissent en rien.
Horn se désaltère avec l’eau de pluie contenue dans les lianes et chasse au collet pour se nourrir, généralement des petits mammifères puis des piranhas et des petits caïmans lorsqu’il approche de cours d’eau.
Dormant en hauteur pour éviter les prédateurs, il ne peut en revanche échapper éternellement aux moustiques et fourmis.
Les deux moments les plus fous de cette aventure surhumaine sont la morsure d’un serpent venimeux qui le laisse souffrant trois longs jours croyant sa dernière heure arrivée et la traversée d’un marécage de 80 km aux plantes coupantes comme des rasoirs qui le laisse à bout de force et ensanglanté.
Même si il essaye d’éviter les réserves indiennes, Horn finit inévitablement par tomber sur les derniers représentants de tribus d’Amazonie et décide de terminer son périple en pirogue en utilisant les innombrables cours d’eau de la jungle.
La pluie tombe drue lorsqu’il navigue sur le rio Urubaxi l’un des affluents du grand rio Negro à tel point que sa pirogue menace de couler…
Lorsqu’il perd sa pirogue dans le fleuve c’est la panique puis l’abattement en constatant que la jungle recouvre la surface de l’eau rendant la navigation impossible.
Pris dans ce bourbier inextricable, Horn est finalement rejoint par les siens au bout de onze longs jours à patauger dans une eau stagnante et finit par arriver enfin à la frontière avec la Colombie.
Immédiatement, il se heurte aux militaires en pleine guérilla avec les rebelles guerreros qui financent leur action en s’alliant à des narcotrafiquants au moins aussi dangereux.
Commencent alors d’autres dangers issus du monde des hommes : la suspicion des deux camps chacun voyant Horn comme un espion et surtout le risque bien réel de se faire abattre par les narcos si il pénètre sur leur territoire.
Fort heureusement, l’habile explorateur établit un contact avec un horticulteur médiateur influent de la région qui organise une rencontre avec les chefs guerreros d’Araracuara qui convaincus par la véracité de son projet, finissent par lui accorder un droit de passage si il se cantonne à rester sur le fleuve.
Pour autant dans la réalité la traversée de la Colombie sera en un enfer de stress : capture par les Indiens Miriti Parana qui le prenant pour un esprit maléfique sortant des eaux veulent le tuer, secours fortuit par des militaires avides de bakchich, multiples arraisonnements fluviaux et moustiques féroces qui finissent par lui inoculer la malaria.
Horn finit cependant par s’extirper de cette zone à hauts risques, se fait un petit plaisir d’alpiniste avec ses amis en réussissant la difficile ascension du mont Cayambe (5790 mètres) au Pérou et termine en VTT le dernier tronçon entre le Pérou et l’Equateur.
Mais avoir vaincu l’Amazone ne suffit pas à Horn qui veut à présent s’attaquer au Pacifique avec Latitude 0 amené par ses amis après avoir subi quelques réparation pour continuer le périple par voie maritime.
Après de nouveaux adieux déchirant à Cathy, Horn se lance à l’assaut de l’effrayant Pacifique avec du matériel révisé mais défaillant dont téléphone, radio, ordinateur et pilote automatique ce qui l’oblige à d’épuisante manœuvre manuelles.
Horn fait halte aux Galápagos pour remédier à ses problèmes technique et voit le passage à l’an 2000 en pleine mer, perdu loin des festivités planétaire et finalement sans regret.
Evitant les iles perdues et les énormes cargos lancés à pleine vitesse qui l’écraseraient comme une mouche, il continue sa route malgré quelques bobos et un navire commençant à sentir l’effet de l’usure pour arriver en Indonésie.
Mais la guérilla entre gouvernement et djihadistes islamistes bouleverse ses plans et l’oblige à éviter l’ile d’Halmahera pour accoster à Bangka beaucoup plus stable d’un point de vue politique.
Horn connait en revanche l’une de ses pires épreuve lorsque son navire amarré à la jetée est pris dans une énorme tornade.
Bravant la mort, il réussit à l’entrainer au large pour échapper à la furie de la mer non sans un enfoncement de son flotteur gauche et de sévères blessures.
A Bornéo, il fait faire une réparation de fortune par ses amis et leur laisse son navire puis fait route en VTT vers la jungle qui s’avère malgré la pluie tropicale moins sauvage et dangereuse que l’Amazonie en raison de la déforestation massive qui touche même les locaux appartenant à l’ethnie très accueillante des Dayak.
Arrivé à Pontianak ville portuaire déprimante de laideur et de pauvreté, son frère négocie avec les chefs des voleurs locaux pour surveiller Latitude 0 et le laisser repartir vers Sumatra.
Le départ de l’Indonésie est un océan de tracasserie administratives et de bakchich à verser pour aborder ensuite la traversée de l’Océan indien.
Moins réputé que l’Atlantique ou le Pacifique, l’Océan indien s’avère en réalité le plus dangereux des trois avec la rencontre près du Sri Lanka avec un authentique cyclone et pour moi les pages les plus fascinantes du livre : combat désespéré de l’homme contre ce que Horn appelle le « poing de Dieu » et pour la première fois une capitulation après des jours de lutte sans dormir avant d’être miraculeusement épargné par ce même Dieu.
Ayant survécu à l’épreuve ultime et enfin attiré l‘attention de la presse mondiale le sentant proche de réussir son impossible pari, Horn surmonte les tracasseries de gardes cotes de Maldives et bénéficiant une nouvelle fois de l’indispensable soutien logistique de ses amis, parvient à réparer son navire endommagé par le cyclone pour continuer jusqu’au Kenya à défaut de la Somalie en proie à la guerre civile.
Après avoir traversé tant d’épreuves sur l’eau, Horn quitte à regret Latitude 0 et termine son périple à VTT à travers l’Afrique équatoriale pour sombrer dans les affres de la guerre civile de la République Démocratique du Congo qui déborde sur le voisin Ougandais.
Une nouvelle fois le coriace Sud-africain qui se fait passer pour un scientifique de Médecins sans frontière, va frôler la mort sur le lac Victoria qu’il sous estime et manque de couler sa frêle pirogue en une tempête terrible, puis face aux militaires/rebelles/pirates congolais, soldats incontrôlables devenus au travers de la violence du conflit d’insensibles machines à tuer.
Heureusement la splendeur des paysages naturels africains, des animaux évoluant en liberté et l’ascension dans des conditions extrêmes (sans matériel adéquat ) du terrible Mont Kenya (4985m) vont parfois contrebalancer les horreurs crées par l’humanité.
Malgré l’horreur de la guerre, la culture des bakchich et l’agaçante habitude mendicité des Africains, Horn qui a bénéficié de la protection du président ougandais et des rebelles du FLC, connaitra quelques expériences humains très fortes comme faire accoucher une femme, soigner un enfant blessé ou accompagner un fermier blessé à mort par des militaires dans ses dernières heures.
L’arrivée au Gabon en vélo pour boucler la boucle à Libreville est une source d’émotion intense partagée sur la plage avec famille, amis et sponsors fidèles.
En conclusion, « Latitude zéro, 40 000 km pour partir à la rencontre du monde » est une histoire à la mesure du personnage Mike Horn : hors norme.
Expérience exceptionnelle à travers trois océans terrifiants, sur des rivières, des lacs, dans la jungle amazonienne la plus dense, sur des montagnes (Cayambe, Kenya), dans la savane africaine… dans laquelle Horn se révèle être l’aventurier parfait à la fois marin, alpiniste et VTTiste mais surtout doté d’une force mentale quasi surhumaine qui le pousse à ne jamais abdiquer face aux situations les plus désespérées.
Mais même avec un aventurier de cette trempe, cet exploit n’aurait pas été possible sans un soutien logistique sans faille notamment pour faire face aux multiples avaries du navire et complexes formalités administratives pour traverser des pays ou la culture du bakchich reste dominante.
Certains des dangers, tout particulièrement au Congo et en Colombie, restent les hommes, leur bêtise, leur cupidité et leur violence.
Je ne peux donc que recommander à tout le monde la lecture de cette aventure haletante ayant fait beaucoup à mes yeux pour construire la légende de M Horn !

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 15:54

En 2016, Safy Nebbou adapte au cinéma le roman de Sylvain Tesson, « Dans les forets de Sibérie ».

Teddy (Raphael Personnaz) un jeune français en remise en question personnelle profonde, délaisse sa vie parisienne pour s’exiler dans une cabane perdue avoisinant le Lac Baïkal dans l’immensité de la taïga russe.

Après un premier contact avec les locaux, Teddy achète la cabane dans laquelle il est censé habiter et hérite d’un fusil pour se défendre contre les ours ou chasser.

Peu à l’aise, il fait alors ses premiers pas de Robinson volontaire, se calfeutrant prêt du poêle à bois pour se protéger du vent et du froid parfois mortels dans cette région.

Ses uniques compagnons sont les livres et la vodka…mais aussi un ours qui lui fait une belle frayeur et l’oblige à se calfeutrer nu dans sa banya en le laissant dévorer ses provisions.

Maladroit à la chasse au cerf, Teddy est contraint de faire 5 heures de patin sur le lac glacé pour racheter des provisions auprès des gardes forestiers du coin qui lui apprennent qu’un homme s’est également caché dans la région pendant des années pour fuir un crime qu’il avait commis à Irkoutsk.

A son retour chez lui, une violente tempête l’oblige à rester cloitré chez lui mais une sortie obligatoire dehors pour aller chercher du bois se transforme en calvaire.

Piégé par le blizzard, Teddy chute lourdement sur la glace et perd connaissance.

Il est sauvé de la mort par un russe, un braconnier qui se masque le visage pour ne pas être reconnu.

L’homme lui apprend à tirer au fusil et lui prodigue des conseils de survie.

Peu à peu la confiance le gagne et il lui révèle son nom Aleksei (Evgueni Sidikhine).

Les deux hommes chassent le cerf ensemble et se trouve également piégés dans une tempête de neige en traquant un ours blessé au cours d’une chasse à l’hélicoptère.

Sentant la mort arriver dans la grotte ou ils ont trouvé refuge, ils prient… mais surtout Aleksei livre ses secrets : il est bien le criminel ayant tué un ancien supérieur de l’armée à Irkoutsk et étant en cavale depuis douze ans.

Les deux hommes survivent et scellent leur amitié à la vodka.

L’incursion de chasseurs faisant une halte chez Teddy provoque un instant de stress, mais les hommes ne trouvent pas Aleksei qui avait été contraint de se cacher dehors.

Malade, le vieux russe tente de se soigner seul mais finit par se résigner à laisser Teddy aller à Irkoutsk pour lui trouver des médicaments.

Teddy lui promet de revenir et qu’il finira sa vie auprès de sa famille après que son crime soit prescrit.

Après des adieux émouvants, Teddy trouve les médicaments à Irkoutsk  en soudoyant un médecin et se rend à la gare pour se faire traduire une lettre que lui a remis Aleksei, mais à sa grande surprise il découvre que la lettre lui était destiné avec une injonction à rentrer chez lui auprès des siens en délaissant cet endroit inhospitalier.

A son retour, Teddy découvre Aleksei mort et obéissant à ses dernières volontés jette son corps dans le lac.

Lorsque la fonte des glace a lieu, provoquant d’énorme craquements et une autre vision du lac se transformant en mer intérieure baignée de soleil, Teddy fait ses valises et laisse sa cabane…

En conclusion, « Dans les forets de Sibérie » est un film extraordinaire qui surclasse de la tête et les épaules le livre de Tesson.

Prenant ses distances avec l’ouvrage de base très contemplatif et centrée sur la vie intérieure de l’auteur, Nebbou réalise une œuvre personnelle plus dynamique mettant en lumière une belle rencontre entre deux âmes brisées et solitaires, l’ermite français et l’ancien criminel russe.

Epuré, visuellement superbe comme la nature russe et ses rudes montagnards au grand coeur, « Dans les forets de Sibérie » est également servi par des acteurs hors du commun.

Ne cherchez plus le film français de l’année, « Dans les forets de Sibérie » est une œuvre culte infiniment supérieure au très surestimé « Into the wild » de Sean Penn !

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 06:59

Fils du célèbre journaliste Philippe Tesson, l’aventurier-écrivain Sylvain Tesson publie en 2011 « Dans les forêts de Sibérie ».

Ce récit singulier d’un globe trotter excentrique grièvement accidenté après une chute d’un toit en 2015, s’inscrit dans une démarche volontaire d’exil sur les abord du Lac Baïkal, l’un des plus grands du monde et véritable mer intérieure de Sibérie.

Pendant six mois à partir de février 2010, Tesson tient donc son journal de bord, couchant sur le papier ses impressions intimes issues de la contemplation de la magnifique nature l’environnant et des quelques rencontres avec ses rares voisins pour la plupart gardiens de la réserve naturelle comme Serguei et Natascha.

Il passe l’essentiel de ses journées à observer la nature dans de longues marches sur le lac dans la taiga ou les montagnes avoisinantes, lire des ouvrages auxquels il n’avait jamais eu le courage de s’attaquer à Paris mais aussi à fumer le cigare et se saouler abondamment à la vodka.

Confiné dans son étroite cabane autour du poêle représentant le seul moyen de survie face aux -30°C du dehors, il veille à conserver une autonomie en se nourrissant du produit de sa pèche, principalement des ombles du lac et en utilisant des panneaux solaires pour recharger les quelques équipements électroniques qu’il a gardé auprès de lui comme son précieux GPS.

Près du Cap des Cèdres du Nord, à 120 km d’Irkoutsk la plus grande ville de la région, Tesson réapprend à trente huit ans l’usage des grands espaces, l’écoulement lent du temps et surtout le silence.

Il marche plusieurs dizaine de kilomètres par jour parfois dans des conditions extrêmes, s’émerveille des traces d’animaux (renards, lynx, loups, ours) rencontrées.

Son corps et son esprit s’habituent peu à peu à son environnement : sa peau blanchit, son rythme cardiaque se ralentit, les muscles de ses bras et ses jambes se renforcent.

Il apprend l’économie et la patience, médite sur lui-même, sur le monde moderne et livre des aphorismes parfois agaçants se voulant définitifs.

Les commentaires des lectures des philosophes (Jünger, Kierkegaard, Schopenhauer, Camus, Rousseau, Stoïciens, Lucrèce, Nietzsche, Lao Tse) côtoient ceux sur les classiques de la littérature (D.H Lawrence, Sade, Casanova, Mishima), des récits de survie (Tournier, Defoe, Conrad, ) ou de poésie (Baudelaire, Whitman, les Milles et une nuit) avec quelques polars pour aider à faire passer la pilule.

Ses rencontres avec des gardes forestiers, météorologues et des pécheurs sont autant d'occasions de réflexion sur l’âme russe, mélange de sauvagerie indomptable et de fatalisme mélancolique, mais aussi d’innombrables beuveries.

On sent que Tesson préfère ces rudes, généreux et surprenants compagnons aux rares touristes occidentaux Allemands ou Australiens trop civilisés qu’il croise épisodiquement.

Quant aux parvenus russes venant occasionnellement chasser, étaler leur argent et faire la fête, il considère plus leur présence comme un outrage à l’équilibre naturel du lac.

La récupération de deux jeunes chiens, Aika et Bek offre un véritable réconfort affectif en même temps qu’une protection toute théorique face aux loups et aux ours.

Au mois de mai, l’ermite assiste stupéfait à l’éclosion du printemps avec la fonte de a glace du lac, le fourmillement de la flore et de la faune, notamment les arrivées des oies, canards et des moustiques qui le harcèle pendant ses longues marches.

Mais la rupture prononcée à distance avec sa compagne, lassée de ses sempiternelles escapades le dévaste.

Après la visite de deux amis français peintre, le meilleur moyen de combattre le chagrin reste la lecture des philosophes, la marche, l’exercice physique, le contact avec les chiens et la splendeur de la nature.

Pourtant l’heure de partir finit par arriver en juillet, après une dernière nuit sur les galets avec les deux chiens qui l’ont soutenu dans les moments difficiles.

En conclusion, « Dans les forêts de Sibérie » est un ouvrage qui m’a divisé.

Du coté négatif, le récit façon journal de bord, forcément linéaire et répétitif (marche, pêche et rencontres de russes aussi picoleurs que taciturnes), les murges solitaires à la vodka pour tenir le coup et les conclusions/aphorismes chocs sur la vie ou les auteurs lus…

Mais de l’autre, une expérience d’ermitage aussi exceptionnelle que le splendide cadre naturel l’habitant, un style d’écriture élégant, racé et des réflexions personnelles parfois profondes sur la civilisation, les motivations profondes de la démarche, le sens de l’existence, l’âme slave dont la mélancolie et la folie font sans doute écho à celle de Sylvain Tesson.

A mes yeux, l’intelligence, la sensibilité et la tristesse de l’auteur ont donc fini par l’emporter sur les quelques défauts énoncés.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 08:46
Le convoi de la peur (William Friedkin)

Immense réalisateur, William Friedkin sortit en 1977 « Le convoi de la peur » remake d’un film de son mentor le Français Henri Clouzot en 1953 adapté d’un roman de Georges Arnaud.

« Le convoi de la peur » montre la réunion de quatre hommes dans un pays tropical perdu d’Amérique du sud, tous réunis pour fuir leurs vies respectives.

Kassem (Amidou) est un terroriste palestinien qui a quitté Israël pour échapper à la police, Manzon (Bruno Cremer) un hommes d’affaires français véreux qui a fui la France après avoir coulé la société de son beau père, un riche baron du XVI ième arrondissement, Scanlon (Roy Scheider) un minable gangster américain tentant d’échapper à la mafia après un braquage raté et enfin Nilo (Francisco Rabal) un sud américain en cavale arrivé par avion.

Après l’explosion d’une raffinerie de pétrole ayant causé la mort de nombreux ouvriers locaux, Charles Corlett (Ramon Bieri) représentant de la compagnie pétrolière se met en quête de conducteurs de camion chevronnés acceptant de risquer leur vie pour ramener de la jungle des caisses entières de nitroglycérine afin d’étouffer le feu.

Cherchant désespérément un moyen de quitter ce trou à rats insalubre, les quatre hommes tentent leur chance et sont recrutés après un processus de sélection sévère.

Deux antiques camions sont rénovés et améliorés (moteur, transmission, éclairage) pour affronter une jungle hostile pour les hommes et les machines.

Le convoi se met ensuite en marche, charge les caisses sur du sable pour gommer les chocs et affronte ensuite d’innombrables difficultés comme des ponts hors d’usage menaçant de s’écrouler, des tempêtes colossales, des ponts suspendus au dessus d’une rivière démontée enfin un énorme tronc d’arbre bouchant la route.

Manzon et Scanlon s’affronte sur des questions de leadership mais Kassem se montre le plus ingénieux afin d’utiliser une caisse d’explosif capable de détruire l’arbre incriminé.

Lorsque les hommes se relâchent un peu dans une route de montagne ils sont attaqués par des guérilleros qui font exploser la roue d’un des camions et provoquent la mort de Manzon et Kassem.

Mal embarqués à leur tour, Scanlon et Nilo s’en sortent par une sanglante fusillade qui laisse Nilo grièvement blessé.

Scanlon panique seul dans une zone désertique en pleine nuit alors que Nilo rend son dernier souffle.

Il rentre finalement seul empochant les 40000 dollars à lui seul, gagnant une certaine notoriété locale et son billet de sortie du territoire.

Mais malheureusement, deux tueurs américains viennent lui rendre visite au moment ou il désire partir définitivement…
En conclusion, « Le convoi de la peur » est un film d’aventures assez injustement méconnu remarquable sur le plan de la réalisation se déroulant dans de multiples endroits du globe (Israël, France, Etats-Unis, République dominicaine) et culminant dans un face à face viril et vivifiant avec une Nature souveraine.

Porté par des acteurs époustouflants dont les regrettés Roy « Sortez de l’eau » Scheider ou Bruno « Maigret » Cremer et par une musique très 80‘s avant l‘heure, « Le convoi de la peur » ne pourra que séduire les amateurs de spectacle bien balancé.

A ranger à coté des classiques du maitre !

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 22:04
Le fils du loup (Jack London)

Littérature toujours avec « Le fils du loup » recueil de courtes nouvelles « nordiques » de Jack London parues entre 1899 et 1900 dans The Overland monthly.

La première d’entre elles « Le silence blanc » met en scène Malemute kid, alter égo de l’auteur lorsqu’il s’était brièvement et sans succès lancé à la conquête de l’or du Yukon, qui se trouve obligé pour abréger ses souffrances d’abattre Mason, un compagnon d’aventure, grièvement blessé après la chute d’un arbre et sans possibilité d’aucun secours car perdu dans le Grand Nord canadien.

Dans « Le fils du Loup », Scruff Mackenzie un téméraire chasseur d’or joue d’habileté et de courage pour arracher Zarinska, une jeune épouse indienne à son peuple, les Sticks.

Face à l’opposition de Thling-Tinneh, père de Zarinska et chef de tribu, Mackenzie doit âprement négocier puis affronter et tuer un robuste guerrier appelé Ours et le shaman, autorité spirituelle du clan.

« Les hommes de Forty-mile » décrit un affrontement entre deux chercheurs d’or désœuvrés, Jim Belden et Lon Mc Fane, sur le point de s’entretuer dans un duel à l’ancienne au pistolet, avant de renoncer à leur projet par un habile stratagème de Malemute kid.

Moins comique, « En pays lointain » montre la lente dégradation de deux hommes, le fonctionnaire Carter Weatherbee et l’artiste Percy Cuthfert, tous deux attirés par le gout du profit ou de l’aventure mais parfaitement inadaptés aux rudes conditions de la vie au Grand Nord.

Restés seuls dans une cabane en attendant leurs compagnons, les deux hommes vont soigneusement gâcher leurs provisions, s’enfonçant progressivement dans une lente décrépitude physique et mentale les menant à des délires paranoïaques.

Malades et fous, ils finiront par s’entretuer et trouver ensemble le repos éternel.

« A l’homme sur la piste » raconte de la bouche de Malemute kid une anecdote sur Jack Westondale un aventurier fuyant la police canadienne qui le pourchasse pour un vol de 40 000 dollars afin de compenser le don de tous ses biens à un ami s’étant empressé de tout perdre au jeu.

En raison de son but de retrouver sa femme et son fils avec cette somme en s‘élançant seul dans le Grand Nord, Westondale bénéficie finalement de circonstances atténuantes et de la protection des chercheurs d’or.

Dans « La prérogative du prêtre » traite d’un sujet d’adultère autour d’un couple de chercheurs d’or, les Bentham Edwin et Grace, qui succombe au charme d’un autre chercheur d’or Clyde Wharton.

Séduite par les belles promesses de Wharton, la courageuse Edwin est prête à tout plaquer pour le suivre mais est raisonnée in extremis par le père Paul Roubeau qui met parvient à la maintenir au sein de son foyer conjugal avec un homme colérique et incapable.

Variante autour du même sujet, « La sagesse de la piste » montre le changement de mentalité de l’Indien Sitka Charley en raison du comportement exemplaire sur les pistes du Grand Nord d’une femme blanche du nom Mrs Eppingwell.

Lorsque deux Indiens de l’expédition maquent à leur devoir en volant les vivres avant de tenter de s’enfuir, Charley n’hésite pas un instant et abat les deux hommes menaçant par leur comportement la survie de sa patronne.

Dans « La femme d’un roi » honneur est fait au Indiens avec Madeline une métisse indienne épousant un chercheur d’or Cal Galbraith de Circle city et profitant de son absence pour apprendre à maitriser à la perfection les danses de salon avec Malemute kid et le surprendre par son habileté dans un bal masqué.

On garde le meilleur pour la fin avec « Une Odyssée dans le Grand Nord » ou un Indien des iles Akatan nommé Naas raconte une véritable Odyssée digne d’Homère pour poursuivre un colossal chercheur d’or lui ayant dérobé Unga la femme dont il était tombé amoureux étant jeune.

Naas poursuit le couple partis à la chasse aux phoques dans le détroit du Béring, traverse la Russie, le Japon, se rend en Angleterre dans des conditions de pauvreté et de danger incroyables, le ratant à chaque fois de peu.

Revenu dans le Yukon en même temps que le couple qui avait perdu toute leur fortune, Naas profite de l’attrait de l’or pour se faire embaucher comme guide et s’arrange pour faire mourir le mari de faim et de froid dans la neige.

Mais à sa grande surprise, Unga méprise son acte et préfère rester mourir dans la neige avec son époux.

Ayant raconté son périple et son crime à Malemute kid et les siens, Naas bénéficie également de leur clémence au regard de son histoire hors du commun.

En conclusion, « Le fils du loup » ravira les admirateurs du grand Jack London tant il contient tout l’univers de ce baroudeur du Grand Nord Canadien qui a si bien su sublimer ses aventures d’apprenti chercheur d’or.

Bien sur, l’ensemble est assez inégal, certaines nouvelles relevant plus de l’anecdote que d’histoires bien construites et émouvantes, à l’exception notable de « Une Odyssée dans le Grand Nord », pour moi au dessus du lot.

London relate la rigueur de la vie dans des conditions aussi extrêmes et inhospitalières, ne pardonnant pas aux intrépides mal préparés, la folie des hommes aveuglés par la quête de l’or, la violence des relations avec les chiens parfois exploités jusqu’à la mort et les Indiens, dominés, arnaqués en prenant leurs femmes.

Une pointe de racisme affleure parfois à propos de la supériorité de la race/civilisation de l’homme blanc mais London sait aussi donner les premiers rôles aux Indiens et Indiennes ce qui pour moi se montre susceptible d’atténuer voir gommer ses critiques.

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 09:12
Lost saison 6, épisodes 17 et 18 (Jeffrey Jacobs Abrams)

Voici à présent le dernier épisode de Lost avec « Lost saison 6, épisodes 17 et 18 ».

Pour clore la série, le trio Jack Bender (réalisation), Damon Lindelof et Carlton Cuse (réalisation) place Desmond (Henry Ian Cusick) comme objet de toutes les attentions et le contraint à suivre Locke (Terry O ‘Quinn) et Jack (Matthew Fox) devenu le successeur de Jacob (Mark Pelligrino) pour défendre la source de lumière magique de l’ile.

Seul capable d’approcher la lumière en raison de son incroyable tolérance au rayonnement magnétique, Desmond descend dans la grotte et touche la lumière ce qui engendre un phénomène étrange aboutissant à des tremblements de terre.

Lorsque les trois hommes ressortent, Locke semble avoir perdu son invulnérabilité et est blessé par Jack.

Alors que l’ile s’apprête à être détruite, une lutte à mort s’engage entre les deux leaders, Jack étant blessé au couteau après avoir hésité à le tuer, avant que Kate (Evangeline Lilly) ne lui tire dessus et n’aide son ami à le jeter du haut de la falaise.

Sévèrement blessé au ventre, Jack est secouru par ses amis, Hurley (Jorge Garcia) Sawyer (Josh Holloway) et Benjamin (Michael Emerson).

Malgré sa blessure, il ordonne aux autres de rejoindre l’équipe composée de Richard (David Carbonell), Fred Lapidus (Jeff Fahey) et Miles (Ken Leung) qui sur l’ile de l’Hydre vont essayer de faire décoller l’avion pour quitter l’ile avant sa destruction.

Kate et Sawyer lui obéissent après des adieux émouvants, mais Hurley et Benjamin l’accompagnent dans la grotte pour raviver la lumière et tenter de sauver l’ile.

Avant de descendre seul dans la grotte, Jack transfère la responsabilité de la protection de la source à Hurley et trouve ensuit Desmond inconscient.

Il le fait hisser à la sortie et réactive la source ce qui n’arrete pas le processus de destruction enclenché.

Après avoir sauté du haut d’une falaise et récupéré Claire (Emilie de Ravin) prostrée sur la plage, Kate et Sawyer embarquent in extremis dans l’avion que Lapidus parvient à faire décoller.

Resté seul, Jack sorte de la grotte, titube et s’allonge, mourant à coté du chien de Walt.

Dans la réalité alternative, Hurley joue toujours son rôle de rassembleur, enlevant Charly (Dominic Monaghan) à sa dépression pour le conduire à son concert de bienfaisance ou il fait la connaissance de Claire qui accouche subitement assistée par Kate.

Hurley continue son œuvre réconciliatrice en conduisant Sayid (Naveen Andrews) jusqu’à Shannon (Maggie Grace) et Boone (Ian Somerhalder) pour partager leurs souvenirs communs.

Sun (Yunjin Kim) retrouve également Juliet (Elisabeth Mitchell), qui l’ausculte après la blessure par balle lors de la fusillade entre Jin (Daniel Dae Kim) et les hommes de Keamy (Kevin Durand) et se souvient de sa maternité sur l’ile.

Les autres personnes à se retrouver sont Jack qui après avoir opéré Locke, réussit à lui rendre l’usage de ses jambes et allant chercher son fils au concert de Drive shaft, tombe sur Kate et se rappelle, très troublé leur histoire d’amour commune.

Puis Jack retrouve son père Christian (John Terry) qui n’est pas en réalité mort et qui lui révèle le pourquoi de toute cette histoire, le besoin pour eux de sortir de l’impasse que constituait leur vie passée et d’en passer par les incroyables aventures de l’ile.

Le père et le fils, enfin réconciliés rejoignent les autres survivants dont Desmond et Penny (Sonya Walger), Bernard (Sam Anderson) et Rose (L Scott Caldwell), Sun et Jin rassemblés à l’église et tout le monde mort sur l’ile, retrouve ainsi la vie et la sérénité dans ce nouveau futur…

En conclusion, « Lost saison 6, épisodes 17 et 18 » conclue de fort belle manière cette longue saga riche en rebondissements.

On comprend l’intérêt de planter dans la dernière saison une réalité alternative qui peu à peu laisserait la possibilité aux survivants de se rappeler de leurs aventures communes sur l’ile pour prendre un nouveau départ.

Les héros qu’on a ainsi vu souffrir pendant toutes ses années face à une ile aux propriétés surnaturelles, sujet d’étude par des scientifiques des années 70 puis zone de massacres entre clans rivaux, trouvent ainsi enfin la paix dans leurs conflits intimes : Jack se réconciliant avec un père détestable, Kate trouvant la stabilité entre le fils de Claire et Jack, Sawyer également avec Juliet, Charlie avec Claire, Sun et Jin avec la naissance de leur fille, Desmond avec Pennny, Sayid et Shannon, Locke avec ses jambes retrouvés et ce bon vieux Hurley avec sa chère Libby.

Riche, torturé, complexe jusqu’à en être parfois irritant, « Lost » boucle la boucle dans le cheminement nécessaire vers la voie de la sérénité après avoir affronté toutes ces épreuves.

Lost saison 6, épisodes 17 et 18 (Jeffrey Jacobs Abrams)
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