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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 21:34
The devil put dinosaurs here (Alice in chains)

Fin de mois de Novembre oblige, Alice in chains est pour moi le parfait groupe pour quitter un automne finissant et trouver devant soi un hiver forcément déprimant.

Sorti en 2012, « The devil put dinosaurs here » confirme le retour des américains sur le devant de la scène et la stabilisation de William Duvall au poste de chanteur.

Entre « Black gives way to blue » sorti trois ans auparavant, Mike Starr le bassiste d’origine du groupe a trouvé la mort, plongeant Jerry Cantrell et sa bande dans un nouveau drame hélas plus que prévisible.

Avec sa pochette étrange évoquant la trouble passion du groupe pour les squelettes d’animaux en l’occurrence ici un bon vieux dinosaure, « The devil put dinosaurs here » débute par un « Hollow » combinant à merveille son massif de guitare, rythmiques lentes et mélodies vocales enivrantes pour s’enrouler tel un serpent sur de son fait, patiemment autour de l’auditeur pour ne lui laisser au final aucune chance.

Le ton est donc donné et avec un lancement aussi parfait on embraye sur « Pretty done » et « Stone » certes puissants mais un peu trop denses, lancinants et parfois répétitifs pour donner leur pleine mesure.

Il faut attendre « Voices » pour retrouver le Alice in chains acoustique jouant à merveille sur les émotions véhiculées par des mélodies élégantes et dépouillées.

Les prodiges de Seattle place ensuite un tube digne de leurs plus belles années avec « The devil put dinosaurs here » merveille d’harmonies vocales surnaturelles culminant en des refrains transcendants.

Après ce titre grandiose figeant le temps sur plus de six minutes hypnotiques, l’intensité chute sur « Lab monkey » et « Low ceiling » en comparaison beaucoup plus quelconques voir un tantinet linéaire et ennuyeux pour ce dernier.

On s’engouffre dans les sinuités de « Breath on window » et « Scalpel » aux refrains chauds, enveloppants et de belle qualité.

Difficile malgré la qualité des musiciens de ne pas trouver le temps long sur les sept minutes de « Phantom limb ».

Tout en prenant son temps, Alice in chains finit par nous emmener vers la fin du disque, composée du superbe « Hung on a hook » à la beauté ténébreuse et d’un « Choke » agréable mais un peu décevant pour une conclusion.

En conclusion, « The devil put dinosaurs here » est clairement un cran en dessous de son prédécesseur qui contenait des morceaux de classe supérieure.

Alice in chains parait en effet quelque peu en pilotage automatique, créant certes une musique toujours de bonne qualité avec le talent unique de compositeur de Cantrell et la voix si divine de Duvall, mais peine à se renouveler et à surprendre.

Uniquement composé de morceaux lents de plus de quatre minutes, « The devil put dinosaurs here » manque également parfois d’un zeste de punch et de vivacité à l’instar des meilleurs disques des cinq de Seattle.

On passera donc un moment agréable à son écoute sans crier cette fois au génie ni même à l’album majeur.

Dommage …

The devil put dinosaurs here (Alice in chains)
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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 19:01
Feels like the first time (Nirvana)

Comment chacun le sait, l’astre Nirvana a cessé d’émettre et même d’exister par une froide journée d’hiver 1994, lorsque Kurt Cobain se tira une balle dans la tête.

Ce qui bien entendu n’empêche pas le business music de continuer de générer de l’activité et donc du profit autour de la légende de Seattle comme le montre « Feels like the first time » compilation de titres live enregistrés durant les dernières tournées 1992-1993.

Sorti en 2012, « Feels like the first time » début par « Radio Friedel unit shifter » titre puissant suintant la rage sourde enregistré dans le fief du groupe à Seattle.

L’ambiance parait tout de suite explosive et le coté brut de décoffrage, sauvage et incontrôlable de Nirvana saute aux oreilles sur « Drain you » pourtant desservi par un son plus que médiocre.

Cobain lutte s’arrache les cordes vocales, lutte comme un diable sur un « Breed » violent et torturé.

On déraille un peu sur « Serve the servant » particulièrement déstructuré sur lequel le chanteur marmonne entre ses dents plus qu’il ne chante.

Viennent à la rescousse les classiques, « Rape me » parfaite illustration du malaise d’un être transmuté en énergie brute, puis « Heart shaped box » aux velléités mélodiques plus que bienvenues.

Retour au piochage raz mottes avec « Penny royal tea » puissant mais assez pénible à l’écoute, « Scentless apprentice » qui marque la régression absolue jusqu’au niveau le plus primitif avant un « Lithium » enfin plus construit tout en restant incroyablement dévastateur dans ses refrains.

Après la bouillie sonore de « Endless nameless » vient une fournée de titres enregistrées à Melbourne, notamment le pseudo pop déchirant « About a girl » plombé par un son de fin du monde.

Il est particulièrement difficile en pareilles conditions d’enregistrement, d’apprécier le tube « Come as you are » et ce sentiment se prolonge sur le nerveux « Breed ».

Enfin une des ballades les plus douces et populaires de Nirvana, « Polly » que le public peut chanter à tue tête dans un semblant de communion.

La mayonnaise prend bien sur « Lounge act » puissant tout en restant délié et « Love buzz » à la vibration très rock ‘n’ roll.

On ressort le « Lithium » chanté comme il se doit par une foule en délire avant l’extatique duo « Smells like teen spirit » / « Territorial passings » capturés en live au Saturday night live auxquels succèdent deux redites, « Rape me » et « Heart shaped box » au son beaucoup plus propre.

En conclusion, même si « Feels like the first time » surfe peut être un tantinet sur la nostalgie, il n’en délivre pas moins un programme complet de 21 titres, empreints certes de quelques redites.

Le principal mérite de ce live tardif est de rappeler quelle puissance sonore pouvait dégager Nirvana au fait de sa gloire, au cours de prestations scéniques exceptionnelles, ou en véritable punks des années 90, le trio dépassait parfois ses propres limites physiques et mentales.

Violent, rageur, parfois brouillon, souvent déchirant et impressionnant, « Feels like the first time » est à ranger auprès des beaux témoignages live d’un groupe culte des années 90.

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 22:41
Live on I-5 (Soundgarden)

Soundgarden toujours avec « Live on I-5 » album live sorti en 2011 après une tournée nord américaine le long de la cote Pacifique.

Enregistré en 1996 lors de la dernière tournée de Soundgarden avant leur séparation et l’essoufflement prévisible du mouvement grunge, « Live on I-5 » débute par un modèle d’efficacité, « Spoonman » dont le rythme riche et vivant ne peut que séduire.

Plus difficile d’accès se trouve le plus sinueux « Searching with my good eye closed » même si l’alliance Cornell-Thayil assure toujours une certaine flamboyance.

L’intensité chute cependant franchement sur les très ternes « Let me drown » poussif et « Head down » transparent.

C’est donc à l’image des cris (mesurés) de la foule, qu’on se dirige vers « Outshined » également étrangement moins percutant que sur disque.

Il faut donc attendre l’exceptionnel « Rusty cage » pour voir Soundgarden déployer de nouveau ses ailes de feu.

Une correcte ballade « Burden in my hand » plus loin surgit « Helter skelter » énième reprise du seul titre hard rock des Beatles dans une version curieusement assourdie et au final sans grand intérêt.

On reste dans le calme et douceureux avec « Boot camp » enchainé du sombre et massif « Nothing to say » aux fortes tonalités Black sabbath.

Cornell ressort la machine à hurler sur « Slaves & bulldozers » étiré sur plus de neuf minutes prenantes auprès duquel le délicat « Dusty » fait pale figure.

Pourtant, Soundgarden reste capable d’émouvoir comme le montre « Fell on back days » sombre ballade à l’élégante mélancolique, qui contraste avec la reprise su vitaminée punk-metal des Stooges « Search and destroy ».

Pour terminer le live, les américains sortent la grosse artillerie, « Ty cobb » grosse décharge de chevrotine hardcore en pleine face, la mielleuse ballade pop « Black hole sun » et l’infernale metal machine « Jesus christ pose » et ses brusques bouffées de violence brute.

En conclusion, « Live on I-5 » est même avec quinze ans de retard et un public étrangement mis en veilleuse, un live de bonne qualité globale reprenant l’essentiel des titres majeurs de Soundgarden.

Tout y est ou presque, des grosses bombes métalliques aux ballades popisantes, avec une interprétation de qualité menée par un Chris Cornell toujours dominateur au chant.

Alors bien sur, le disque contient quelques baisses de régime t certaines reprises font quelque peu figure de gadgets et n’apportent pas grand-chose si ce n’est un divertissement passager pour les musiciens et les quelques heureux élus témoins de shows de l’époque, mais « Live on I-5 » demeure malgré ceci un live de bonne voir très bonne facture.

Live on I-5 (Soundgarden)
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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 20:21
Badmotorfinger (Soundgarden)

Il manquait aux cotés de Nirvana et Alice in chains, l’un des grands du mouvement grunge, Soundgarden, qui explosa comme les premiers cités à l’orée des années 90 avec « Badmotorfinger ».

Sorti en 1991, en pleine année culte pour le métal et donc le grunge, « Badmotorfinger » est le troisième album du groupe de Seattle emmené par Chris Cornell (guitare/chant), Kim Thayil (guitare), Ben Shepherd (basse) et Matt Cameron (batterie).

Cet disque au titre provocateur et à la pochette ésotérique débute en trombe par « Rusty cage » qui avec son riff central fantastique en mouvement permanent et ses refrains détonants, avale tout sur son passage.

Le tempo frénétique se pose davantage sur « Outshined » pour proposer un excellent mid tempo porté par un son de guitare ultra charnel et par la voix puissante et sensuelle de Cornell.

Derrière ce titre sous acide, « Slaves & bulldozer » se cache un morceau lent, sinueux porté à bout de cordes vocales par un Cornell au style plus heurté que d’habitude.

Mais les petits gars de Seattle frappent encore un grand coup avec « Jesus Christ pose » rapide, violent et torturé dont la vidéo volontairement choquante causa beaucoup de désagréments à l’époque aux Etats-Unis et dans les principaux pays chrétiens.

Indépendamment de la polémique, « Jesus Christ pose » demeure un titre d’un impact hors normes.

On ne peut pas dire que les choses mollissent avec « Face pollution » qui continue de frapper fort et à la face et il faut attendre « Somewhere » pour rencontrer un titre plus posé bien que solide.

Soundgarden délivre une face plus planante et délicieusement psychédélique avec « Searching with my good eye closed » et c’est avec un son metal incandescent que se retrouve illuminé l’excellente power ballade « Room for a thousand years wide ».

S’ensuivent « Mind riot » habité et hypnotique, « Drawing flies » rageur mais un brin conventionnel, « Holy water » mid tempo racé et flamboyant avant un « New damage » conclusif.

En conclusion, « Badmotorfinger » est grand album, puissant et flamboyant, méritant largement ses lettres de noblesse.

Très influencé par le gros son metal, Soundgarden se montre avec son chanteur au timbre conquérant réellement impressionnant et produit un grand effet.

Peu de réelles faiblesses, quelques purs standards metal, un parfum de scandale, un chant de première catégorie : tous les ingrédients sont réunis pour produire une véritable bombe qui ouvrira aux jeunes américains la voie du succès !

Badmotorfinger (Soundgarden)
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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 21:04

degradation_trip.jpg2

 

 

En 2002, Jerry Cantrell poursuit sa carrière solo avec « Degradation trip » double Cd à l’ambiance morbide car hommage à son ami Layne Staley, chanteur d’Alice in chains disparu cette année là d’une overdose.

Solidement armé de Mike Bordin (batterie) et Robert Trujillo (basse), le blondinet hirsute débute en douceur le premier volume avec « Psychotic break » introduction lente, ténébreuse au final incroyablement statique et assommante.

On poursuit sur la même lignée avec « Bargain basement Howard Hughes » guère plus accrocheur et plombé par un chant neurasthénique.

Un léger effort semble être fait sur « Owned » dont les mélodies semblent plus soignées et les riffs plus appuyés mais le résultat est si mince qu’on éprouve les plus grandes peines à s’extraire de la monotonie cafardeuse de « Angel eyes ».

Cantrell glisse dans la ballade éthérée « Solitude » certes classieuse mais très calme puis tente un léger réveil avec « Mother’s spinning in her grave » un tantinet plus puissant.

On revient à la même monotonie lancinante sur « Hellbound » manquant singulièrement de tranchant, « Spiderbite » sonnant malgré de louables efforts désespérément comme du sous Alice in chains, et « Pro false idol » au léger groove inoffensif.

Le temps se dilate ensuite à l’extrême avec « Feel the void » dépressif et nihiliste à souhait, avant que l’auditeur passablement éreinté ne débouche sur la fin du disque composé de « Locked on » beaucoup plus rock et « Gone » nouvelle ballade languissant son ennui sur plus de cinq minutes.

Difficile d’aborder dans ces conditions le second disque pleinement serein.

Faisant provision de courage, le courageux auditeur que je suis s’y engage et comprend avec « Castaway » piètre tentative de retrouvailles de la magie perdue d’Alice in chains que le temps de la révolte n’est pas encore venu.

Un frémissement se fait pourtant sentir sur « Chemical tribe » avec des riffs plus pêchus et un travail intéressant effectué sur la voix.

Bien que lent « What it takes » recèle également une atmosphère hypnotique assez marquante.

Les choses n’évoluent pas franchement avec « Dying inside » ou Cantrell évolue complaisamment dans des marais stagnants.

Ambiance orientale mollassonne sur « Siddhârta », puis magnifique instrumental avec « Hurts dont’it » révélant toute la finesse du toucher du guitariste.

On se plait à penser avec « She was my girl » puissant et accrocheur que Cantrell a finalement trouvé la recette pour ressusciter le mythe.


Cette idée se délite lentement sur les huit minutes hypnotiques et lourdes de « Pig charmer » puis sur le pétard mouillé de « Anger rising » qui malgré des riffs prometteurs se consume dans sa propre fumée.

On s’enfonce alors dans l’ennui profond du gluant « SOS » et se plait à attendre à présent la fin du disque qui se matérialise avec les splendides mélodies de « Give it a name » , la majesté glacée de « Thanks away » et la classe aérienne de « 31/32 ».

En conclusion « Degradation trip » est une œuvre massive dont l’intérêt demeure des plus relatifs.

En toute honnêteté, le premier volume est franchement médiocre et dénote d’un manque flagrant d’inspiration, Cantrell s’auto engluant dans son spleen destructeur au point d’annihiler sa créativité.

Après avoir ingurgité douze titres éprouvant, on est brièvement surpris par la première moitié du second volume beaucoup plus dynamique et inspirée, avec une belle palette allant du noir dense au gris clair avant de par la suite déchanter quelque peu quand aux attendus sans doute trop élevés par rapport au passé de l’auteur.

Difficile donc malgré quelques beaux reflets éparses, de sauter au plafond ou bien de s’enthousiasmer franchement pour ce side projet certes empli de bonne volonté et sans nulle doute de propriétés cathartiques pour son auteur.

Une œuvre certainement respectable mais qui aurait à mon sens gagner à être plus épurée.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 21:21

boggy.jpg4

 

 

Les aficionados de ce blog savent o combien Alice in chains est un groupe que je porte dans mon cœur, aussi est-ce avec une grande joie que je vais chroniquer « Boggy depot » le premier album solo du guitariste du groupe, le très talentueux Jerry Cantrell.

En 1998, Cantrell se rend à l’évidence que dut fait des gros problèmes de santé de Layne Staley, jamais Alice in chains ne parviendra à sortir à brève échéance un nouvel album et décide de de se lancer en solo.

Le guitariste, également très bon chanteur on s’apercevra lorsqu’il chantera les parties vocales d’un Staley défaillant s’entoure ici du batteur d’Alice Sean Kinney et du bassiste de Pantera Rex Brown, assurant seul le reste des instruments.

Avec sa pochette intéressante montrant une sorte de retour vers la primitivité naturelle, « Boogy depot » débute par « Dickeye » solide mid tempo enveloppant et réconfortant aux harmonies vocales déjà remarquables.

Le constat est identique sur « Cut you in » morceau majoritairement acoustique aux refrains électriques terriblement accrocheurs.

L’ambiance se fait plus douce et mélancolique sur le magnifique« My song » puis renversante d’émotion sur « Settling down » qui parvient à restituer un peu de la grâce fragile d’Alice in chains.

Jerry pousse encore plus loin le rêve planant avec « Breaks my back » long titre au chant étonnamment éthéré puis revient encore une fois à ses premiers amours sur « Jesus hands » doté de riffs lourds surnageant dans une gange sonore d’une noirceur totale.

Tentative de reprise plus dynamique sur « Devil by his side » sympathique à défaut d’être transcendant et « Keep the light on » à la fois mélodique et puissamment électrique.

Après ce durcissement, l’auditeur est de nouveau pris en main pour un voyage vers le monde ouaté de « Satifsfy » et « Hurt a long time » agréables sans posséder de réelle dimension supérieure.

L’album se termine donc en pente douce avec « Between » ballade soignée lorgnant gentiment vers la country rock puis l’interminable « Cold piece » s’autorisant de légères incursions jazz-funk jetées sur des braises mourantes.

En conclusion, meme après une dernière partie un peu moins marquante, « Boggy depot » est un très bon album ou Jerry Cantrell parvient presque à lui tout seul faire à renaitre la magie d’Alice in chains,  .

La musique proposée est toujours de bonne, voir très bonne qualité, et il semble bien difficile de prendre en défaut celui qui fut sans nul doute la véritable âme créatrice d’Alice in chains et responsable à lui seul de 85% du son des maitres de Seattle.


Compte tenu des circonstances, « Boggy depot » est un superbe algum grunge, montrant toutes les fantastiques capacités de composition et de chant de Cantrell.

Ses riffs plombés, ses ambiances tristes et envahissantes à mourir, traversées de quelques rais de lumière magnifiés raviront de plaisir les amateurs de grunge hérité des heures de gloire de Seattle.

 

Métahdone mais très bonne méthadone donc !

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 15:50

alice_chains_video.jpg5

 

 

Difficile pour moi de me lasser d’Alice in chains tant ce groupe emblématique de la scène Grunge des années 90 s’est avéré le compagnon de ma vie.

Aussi est-ce avec un grand plaisir que j’ai revisionné « Alice in chains : the videos » véritable best of des meilleurs videos clips de l’autre grand groupe de Seattle.

Sorti en 2001 alors que la carrière du groupe était au point mort en raison des problèmes de santé du chanteur Layne Staley, « Alice in chains : the videos » débute par un sympathique documentaire ou on voit dans une ambiance très années 90 de jeunes musiciens de rock complètement barrés faire à peu près n’importe quoi devant les caméra.

On rentre dans le vif du sujet avec les premiers jours du groupe, « We die Young » très heavy metal et enregistré avec peu de moyens dans une maison ou les musiciens faisaient mine de se noyer dans une piscine recouverte d’une bâche en plastique transparente.

Avec toujours aussi peu de moyens, « Man in the box » évolue dans une atmosphère plus champêtre avec vaches, chèvres et bottes de foin.

On est frappé par la jeunesse des musiciens, la beauté d’ange foudroyé de Layne Staley et celle quasi féminine de Jerry Cantrell.

On ne peut pas dire que la clip de « Sea of sorrow » brille par son inventivité, ce qui n’enlève rien à son exceptionnelle qualité musicale traduisant bien ce mélange de rage sourde, de classe et d’émotion pure composant le style unique des américains.

Les jeunes années sont ensuite oubliées et l’époque de l’explosion commerciale débute avec « Would ? » tube incroyable assez peu mis en valeur par une vidéo assez incompréhensible.

Rien à dire non plus sur « Them bones » sans doute le titre le plus métal d’Alice in Chains, avec une atmosphère de lutte animale pour la survie particulièrement violente.

Alice in chains révèle ensuite son autre facette, moins dure mais encore plus sombre et ténébreuse avec « Angry chair » , ode aux démons tapis en nous revêtant la forme de reptiles rampant ou d’animaux étranges évoluant dans la pénombre de nos âmes.

La scène ou Layne git allongé sur le dos tandis qu’un python rampe jusqu’à lui est particulièrement marquante.

Autre grand moment, « Rooster » dédié au père de Cantrell, vétéran du Viet Nam hanté par l’horreur de ses actes avec une alternance de scènes de guerre asiatiques et de ballades plutôt calme dans les forets américaines.

« What the hell have I » apparait en comparaison bien anodin,  surtout quand déboule « Down in a hole » superbe vidéo ou les musiciens évoluent dans un décor de bidonville de laissés pour compte américains dévoré par une chaleur anesthésiante.

Puis viennent les vidéos plus sophistiquées et artistiques comme « No excuses » et « I stay away » qui utilisent l’univers d’un cirque étrange aux décors baroques ou un superbe montage de figurines représentant les membres du groupe.

Les morceaux sont plus calmes mais toujours plus sombres, malsains comme le prouve la vidéos bizarre de « Grind » avec vieillards et chien handicapé.

« Heaven beside you » est certes plus normal mais tout aussi difficilement compréhensible.

Le Dvd se termine par « Again » montrant un Staley squelettique se débattant avec ses amis dans une cage vitrée autour d’étranges enfants encapuchonnés, la version unplugged de « Over now » chantée en grande partie par Cantrell en raison de l’état cadavérique du chanteur et enfin le fantastique « Get born again » sur fond d’effrayantes expériences de manipulations biologiques.

En conclusion, « Alice in chains : the videos » est un véritable bijou pour les fans qui regarderont avec un brin de nostalgie toute la carrière d’un groupe fantastique qui a su autant soigner son image par des video clips particulièrement élaborés que sa musique proprement phénoménale évoluant d’un heavy grunge musclé vers un rock atmosphérique plus dépouillé et intimiste gardant cet incroyable noirceur.

En créant cette musique de camés en détresse, d’ame perdues se débattant fiévreusement dans leurs existences douloureuses tout en conservant assez de lucidité pour entrevoir la fin forcément tragique, Alice in chains a su toucher le fin fond de cette humanité fragile qui m’émeut tant.

En guise de micro bonus, le Dvd montre par de courts passages intercalés entre les vidéos quelques extraits de la vie des musiciens avec de grands délires dans les loges en attendant de jouer devant des foules immenses conquises par avance.

Un mot enfin sur le destin de Staley, martyr comme Kurt Cobain du rock, dont les multiples transformations physiques sont ici bien visibles depuis une certaine jeunesse fougueuse avant la descente finale vers une dégradation physique sans retour …

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 21:58

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4

 

 

Dans la catégorie monstre de l’histoire du rock, il manquait à mon palmarès « Nevermind » de Nirvana.

Sorti en 1991, « Nevermind » marque l’explosion du phénomène Grunge qui brulera de mille feux avant de se consumer trois ans après avec la mort de son leader Kurt Cobain laissant ses deux acolytes le bassiste géant Krist Novoselic et le batteur surdoué Dave Grohl orphelins à tout jamais.

En 1991, Nirvana est un groupe de l’underground assimilé au rock alternatif tendance punk et les ventes aussi colossales qu’inespérées de ce disque vont changer son statut en propulsant ses membres superstars de la musique et leaders de toute une génération en proie à un vaste mal être adolescent tendance nihiliste voir suicidaire.

Trop lourd à supporter donc pour les frêles épaules de musiciens d’une vingtaine d’années qui n’avaient rien demandé à personnes …

Mais délaissons l’aspect sociologique certes passionnant, pour nous focaliser sur l’œuvre en elle-même.

Avec sa pochette presque politiquement correcte représentant un bébé aquatique déjà attiré par l’appât du gain, « Nevermind » débute par ni plus ni moins qu’un des plus grands tubes de l’histoire du rock, « Smells like teen spirit » .

Porté par un riff imparable et par l’équilibre parfait entre accalmies à fleurs de peaux et brutaux déchainements de violence, « Smells like teen spirit » est indiscutablement le hit de Nirvana, relayé par un incommensurable matraquage vidéo sur la chaine MTV.

Secoué par la puissance du choc initial, l’auditeur avance en titubant vers la suite, encaissant un « In bloom » plus calme et passe partout avant d’être pris à revers par la mélodie d’un « Come as you are » ou la voix déchirante de Cobain véhicule une charge émotionnelle purement irrésistible.

Nirvana ressort les armes à feu avec « Breed » sauvage, destroy à la limite du punk enchainé d’un « Lithium » dont les lourdes vagues progressive d’énergie pure viennent frapper de plein fouet l’auditeur ravi de pareil traitement.

Un court break est donné avec « Polly » charmante ballade acoustique avant le féroce concentré de violence pure « Territorial pissings » .

Une baisse de niveau se fait sentir sur le plus fade et tortueux « Drain you » puis sur le déstructuré « Lounge act » avant que l’infernale machine à asséner une pluie de riffs tranchants au milieu d’une tornade d’énergie brute ne reprenne brutalement vie sur « Stay away ».

Saoulé de coups, on attaque l’esprit détaché la fin de l’album qui arrive avec « On a plain » rock mélodique agréable et une ultime et magnifique ballade « Something in the way » ou toute la sensibilité mise à nue du chanteur s’exprime.

En conclusion, qu’on aime ou qu’on aime pas Nirvana, « Nevermind » est un très grand album qui n’a pas loin de la usurpé sa réputation culte.

Au sommet de son art, Nirvana produit de véritables bombes Grunge, comprimant le coté mélodique de la pop et la férocité du punk pour créer une nouvelle musique aussi puissante qu’émotionnelle.

On sent que les musiciens ne font pas semblant, se vident les tripes sans calculer ou chercher à plaire.

Le résultat est aussi authentique, douloureux, brutal, déchirant et émouvant qu’un accouchement au forceps.

Impossible donc de ne pas être emporté par l’ambiance de révolte, de rage mais aussi de désespoir de ce disque d'écorchés vifs doublés de défoncés nihilistes.

Cette qualité musicale et cette intensité quasi surnaturelle furent sans nul doute ce qui toucha les masses et provoqua l’adhésion de tous les rockers punk, hard ou pop en mal de héros qui se retrouvèrent derrière cet album puissamment fédérateur.

« Nevermind » ou le meilleur album de Nirvana et un classique incontournable pour tout fan de rock qui se respecte.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 10:51

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3

 

 

Considéré comme le premier album de Nirvana, « Bleach » voit le jour en 1989 sur le petit label underground de Seattle Sub Pop.

A l’époque le groupe est quasi inconnu et n’a pas de batteur stable.

Ainsi Chad Channing et Dale Crocker seront les deux batteurs crédités sur le disque avant que Dave Grohl ne s'impose comme le batteur clé du son de Nirvana.

Avec sa pochette sentant bon le rock et la sueur mais mettant assez curieusement en scène deux guitaristes alors que Jason Everman ne joua aucun titre, « Bleach » débute avec « Blew » excellent mid tempo lancinant et distordu aux refrains déjà plus lourds.

On enchaîne avec « Floyd the barber » qui patine beaucoup plus puis avec une lumineuse ballade « About a girl » ou la voix si émouvante d’écorché vif de Cobain fait déjà mouche.

Difficile de ne pas être accroché par « School » morceau rugueux aux refrains intenses.

Le riff oriental de « Love buzz » vient astucieusement varier le son monolithique du groupe avant que le sombre, dense et étouffant, « Paper cuts » ne vienne titiller une fibre chère à un autre géant de Seattle, Alice in Chains.

Mais Nirvana n’a pas été influencé que par le rock lourd, ses racines punk ressurgissent sur le rapide et violent « Negative creep ».

Rythmiques heavy rock massives et voix douloureuse sur « Scoff » et « Swap meet » du reste assez peu inspirés avant de subir la montée en vitesse du très ironique « Mr Moustache » sonnant aussi assez punk.

Meme si le mal être du groupe suinte par tous les pores du lancinant « Sifting », ceci est contre balancé par l’énergie et les riff accrocheurs de « Big cheese ».

L’album se termine en mode punk avec « Downer ».

En conclusion, bien qu’ayant toutes les caractéristiques d’un premier album produit sans beaucoup de moyens avec un son assez cheap, « Bleach » recèle déjà toutes les bases qui feront germer deux ans plus tard le monstre du rock assenant des tubes fracassant faisant chavirer la planète.

Ici majoritairement influencé par un rock poisseux et par un punk énervé, Cobain accentuera astucieusement la facette pop de sa musique (qu’on ne sent ici qu’avec « About a girl ») pour par la suite proposer des compositions alternant avec talent le chaud et le froid entre violence et douceur.

Bien qu’imparfait et parfois poussif, « Bleach » frappe surtout par la souffrance qu’il dégage et par un coté par instant plus accessible qui met moins mal à l’aise.

L’album bénéficiera après coup de la tornade « Nevermind » et aura un colossal succès a posteriori contrastant avec son coté brut, rêche et anti commercial.

« Bleach » représente bien pour moi l’essence du Grunge, aussi bien sur le fond que sur la forme avec une musique torturée et nihiliste se traduisant parfois par une rebellion contre l’ordre établi.


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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 21:37

 

nirvana_class.jpg

5

 

Bien évidemment après avoir lu le livre Stan Cuesta sur Nirvana, je me devais de poursuivre plus loin l’exhumation de la carrière du groupe.

Sorti en 2002, « Nirvana » est un best of en forme d'épitaphe aussi sobre et dépouillée que sa (trop) classique pochette noire qui regroupe quinze des titres sensés être incontournables dans la carrière du trio magique de Seattle.

Comme tout best of qui se respecte, « Nirvana » débute par un inédit, « You know you’re right » qui s’inscrit fort bien dans le style qui fit la renommé du groupe avec une alternance de couplets mélodiques et de refrains violents ou Kurt Cobain hurlait son profond mal être.

Titre correct mais non exceptionnel, « You know you’re right » paraît bien ridicule au regard des terribles luttes qu’il engendra entre la veuve de Cobain et les anciens membres de Nirvana.

On revient ensuite au répertoire classique du groupe avec « About a girl » présentant son versant pop mélodique sacrément plaisant, « Been a son » pénible par sa répétitivité puis « Sliver » merveille oscillant en permanence à la frontière entre pop et rock lourd.

Les vrais tubes arrivent ensuite, tout d’abord l’incontournable « Smells like teen spirit » et son riff de guitare surpuissant devenu mythique sans qu’il ne parvienne pour autant à masquer la monstrueuse intensité vocale de Cobain, puis le plus subtil mais magnifique d’émotion « Come as you are ».

Difficile de faire également l’impasse sur « Lithium » synthèse parfaite de maîtrise mélodique et de refrains déchaînés puis « In bloom » qui répète pour moi la formule avec moins de bonheur.

Issus du sous estimé « In utero », « Heart shapped box » tient solidement la route, « Pennyroyal tea » peine plus comme une petite cylindrée dans une cote de montagne avant que « Rape me » ne s’impose par sa classe et violence viscérale comme un des titres phares de la carrière du groupe.

L’album se termine dans l’apaisement avec la mélodie superbe de « Dumb » qui vient aérer ce déferlement de bestialité, puis les doucereux« All apologies » , la reprise de Bowie « The man who sold the world »  avant le final « Where do you sleep last night » émouvante reprise du bluesman Leadbelly.

En conclusion, tout est parfait ou presque dans ce impeccable best of de Nirvana qui permet à lui seul de mesurer toute l’étendue et la puissance du talent du magic trio de Seattle.

Tous les hits figurent et sans nul doute les meilleurs morceaux des albums moins renommés que l’écrasant « Nevermind ».

C’est solide, plaisant, professionnel.

Je recommande l’achat de cet album aux personnes non fans absolus du groupe mais aimant aller picorer de ci de la dans sa discographie pour en ramener les essentielles pépites.


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Published by Seth - dans Grunge
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