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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 23:00
State of euphoria (Anthrax)

Petit parfum de nostalgie avec « State of euphoria » vieil album (1988) des vétérans du thrash d’Anthrax.

A la fin des années 80 le style a encore le vent en poupe et Anthrax entend bien capitaliser avec ce quatrième album son statut de référence du genre même si il est à vrai dire déjà largement distancé en terme d’innovation, dextérité et…chiffres de vente par Metallica et Megadeth.

Avec sa pochette débile digne d‘un dessin de gosse de dix ans, « State of euphoria » débute par « Be all, end all » titre rapide et teigneux aux refrains fédérateurs.

Même si « Be all, end all » incarne un son aujourd’hui daté, mention spéciale doit être accordée à la dynamique imposée par le batteur Charlie Benante pendant plus de six minutes ainsi qu’à la performance vocale de Joey Belladonna, parfait dans son style clair et aérien.

Sans être aussi bien ficelé que son prédécesseur, « Out of sight, out of mind » délivre un son encore plus lourd et des refrains toujours plus agressifs.

Puis « Make me laugh » bien que bénéficiant de toute l’énergie et l’engagement du groupe, marque le pas en proposant une certaine linéarité et des refrains un peu moins tranchants.

Heureusement, Anthrax se rattrape en reprenant fort bien le « Antisocial » de Trust, en un des rares cas d’hommage d’un groupe de fort calibre américain au hard rock hexagonal.

Comme pour la bande à Bernie, « Antisocial » deviendra un des plus grands succès d’Anthrax et un des classiques des explosifs concerts des américains.

Mais ce coup d’éclat ne serait masquer le fort coté rengaine de « Who cares wins » qui lasse inexorablement malgré sa grosse puissance de feu et la débauche de décibels des guitares de Scott Ian/Dan Spitz.

Alors certes le niveau se redresse fortement sur « Now it’s dark » qui combine riffs puissants et refrains implacables mais l’embellie provoquée par cette fusée éclairante est de courte durée tant l‘ennui que provoque le linéaire « Schism » et l’effroyable « Misery loves compagny » semble nous entrainer irrésistiblement vers le fond.

Aussi on aborde avec un certain soulagement après le sympathique interlude de « 13 » un « Finale » débridé et qui vient boucler ce disque sur une note plus flamboyante.

En conclusion, malgré quelques titres majeurs faisant figure encore aujourd’hui de classiques dans les répertoire des vieux thrashers, « State of euphoria » reste un album d’un autre temps, plombé par un son maigrelet ne parvenant pas à compenser les limites artistiques du bon groupe de seconde division qu’est Anthrax.

Dans les années 80, « State of euphoria » constituait sans doute la pointe de son époque et peut encore séduire certains fans nostalgiques en raison de la vitesse de frappe de Benante, de la qualité du chant mélodieux de Belladonna ou de quelques riffs bien trapus de la paire Scott-Spitz mais ne peut en aucun cas être rangé pour moi dans la catégorie des albums de premier plan.

State of euphoria (Anthrax)
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:33
Refresh the demon (Annihilator)

Une petite pincée de thrash metal pour réchauffer nos âmes engourdies par la pluie glaciale secouant l’Hexagone actuellement.

Enfourchant notre machine à remonter le temps nous voici à présent en 1996 année durant laquelle les Canadiens d’Annihilator sortent « Refresh the demon » dans une période difficile pour leur style de prédilection reculant sous les assauts de la concurrence, le power metal de Pantera, les grunge même déclinant et les premières poussées du néo metal considéré alors comme incarnant la nouvelle donne genre.

Ici le groupe est quasiment réduit à Jeff Waters à lui tout seul, seul Randy Black assurant la batterie face au maitre/tyran incontesté de la formation.

Avec sa pochette peu inspirée, « Refresh the demon » débute par le morceau éponyme posant un chant sec et nerveux sur des riffs thrash acérés sans oublier la traditionnelle touche mélodique incarnée par un break central.

Après cette introduction estampillée 100% thrash des années 80 surgit « Ultraparanoïa » qui tombe sur le paletot de l’auditeur aussi subitement qu’une embuscade nocturne, ne lui laissant à vrai dire aucune chance de survie.

Waters continue dans son style direct, puissant, sans concession mais se montre moins inspiré dans le trop linéaire « Syn kill 1 ».

Une courte, étrange et très réussie respiration atmosphérique de « Awaken » plus tard et « The pastor of disaster » ne fait pas forte impression malgré une louable mais insuffisante tentative de chant originale à la manière d’un prédicateur.

Le hard rock traditionnel, l’autre amour de Waters vient colorer « City of ice » d’une touche un peu plus groovy avant de lancer « A man called nothing » remarquable surtout par sa superbe introduction mélodique tranchant avec une suite thrash bien plus conventionnelle.

« Innocent eyes » occupe la place de la ballade réglementaire acoustique de grande qualité puis laisse la place à « Voices and victims » au feeling plutôt hard rock velu et plaisant.

On termine avec « Anything for money » titre rapide bien loin d’atteindre les sommets d’intensité/d’efficacité auxquels le groupe nous avait habitués et « Hunger » mid tempo presque gentillet inoffensif.

En conclusion, malgré quelques belles cartouches principalement placées dans sa première partie, « Refresh the demon » est un album manquant pour moi d’allant et d’inspiration.

Jeff Waters conserve toujours un certain savoir faire principalement guitaristique et un chant des plus corrects dans son registre certes limité mais ne fait pas beaucoup d’efforts pour surprendre ou se renouveler.

Le résultat est un album en pilotage automatique, certes encore vigoureux mais à ne réserver qu’aux fans les plus indéfectibles du genre, qui pourraient ne surcroit n’être qu’à moitié satisfait du résultat trop peu suffisamment engagé à leur gout.

Les années 90, pas la meilleure période pour le trop individualiste gratteux Canadien qui semble surtout vouloir verser dans l'auto satisfaction !

Refresh the demon (Annihilator)
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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 10:42
So far, so good, so what (Megadeth)

Des quatre groupes fondateurs du thrash californien du début des années 80, Megadeth est assurément celui que j’aime le moins.

Nous sommes déjà en 1988 et le rival de Metallica sort « So far, so good, so what » à la pochette aussi fauchée que militairement provocatrice.

Jeff Young prend la place de second guitariste derrière sa majesté Dave Mustaine et Chuck Behler celle du batteur sortant respectivement les deux membres fondateurs Chris Poland et Gar Samuelson.

Ce troisième album début par un instrumental « Into the lungs of hell » ni assez intense, ni assez original ou ni assez mélodique pour frapper les esprits.

Il faut également attendre une entrée en matière plutôt longue sur « Set the world afire » pour voir le disque démarrer par de folles cavalcades de guitares sur lesquelles Mustaine a les plus grandes peines à (im)poser sa petite voix nasillarde.

Difficile de se caler surtout qu’après les six minutes particulièrement décousues du morceau précédent, surgit un reprise des Sex pistols, « Anarchy in the UK » rappelant l’influence du punk anglais sur les thrashers US.

Megadeth continue de balbutier son trash rapide et informe sans réellement proposer de point d’accroche à l’auditeur qui encaisse de rang « Mary Jane » et « 502 », sur lesquels se superposent grincements de dents du chanteur, riffs débités au kilomètres agrémentés de quelques solo explosifs sortant de nulle part.

Si « In my darkest hour » reste plus notable en raison de son tempo plus posé, « Liar » se montre difficile à supporter en raison de son chant atroce.

On conclue sur « Hook in mouth » plus réussi en raison de sa puissante dynamique de ses riffs indestructibles et de ses effets sonores caverneux.

En conclusion, sans remettre en question la propension de Megadeth à cracher des riffs thrash, je n’ai pas du tout apprécié « So far, so good, so what » qui ressemble pour moi à un album de démo sur lequel on remarque un ou deux morceaux en sus de la reprise (réussie) des Pistols.

Desservi par un son pourri et par la voix de Mustaine éternel point faible à mon sens du groupe, Megadeth balance une mixture assez indigeste de sept titres certes violents mais trop peu linéaires et peu structurés pour atteindre son objectif.

A réserver donc aux fans les plus intégristes du groupe ou amateurs de thrash brut de fonderie mais pour ma part album à oublier rapidement.

So far, so good, so what (Megadeth)
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 13:13
Feast (Annihilator)

Depuis une dizaine d’années je me suis complètement désintéressé de la carrière des Canadiens d’Annihilator qu’on peut considérer en 2015 comme des vétérans à présent du thrash metal produisant contre vents et marées un album tous les trois ans.

Sorti en 2013, « Feast » et sa pochette abominable digne d’un film gore fauché de zombies voit Mike Marshaw remplacer Ryan Ahoff à la batterie, le teigneux David Padden restant au chant aux cotés de l’indéboulonnable guitariste leader Jeff Waters.

Le vrombissement thrash si caractéristique de la guitare de Water annonce le premier morceau « Deadlock » marqué par sa puissance brute et par la voix emplie de rage sourde de Padden.

L’infernale machine à cogner canadienne entre alors en branle alignant « No way out » et « Smear campaign » aussi radicaux que brouillons.

Après pareil bombardement en règle, la surprise est de taille sur « No surrender » qui alternent couplets d’une légèreté pop années 80 avec refrains d’une grande férocité, mettant ainsi en évidence l’aspect dual de la personnalité humaine.

On revient à du plus conventionnel sur « Wraped » qui fait feu de tout bois sans grand discernement et tout juste vacillant sur ses jambes sous le choc, découvre la première ballade du disque, la superbe « Perfect angel eyes » sur laquelle Padden surprend en montrant qu’il sait faire autre chose que hurler mais également insuffler un superbe feeling mélancolique.

Mais chassez le naturel, il revient au galop, aussi Annihilator lache t il de plus belle les chevaux (sataniques) en un terrible « Demon code » aux refrains impressionnants d’intensité.

On connait déjà l’immense talent de guitariste de Waters, aussi ne sommes nous pas surpris d’être renversés de bonheur sur les introductions toutes en toucher de « Fight the world » et « One Falls, two rise » qui tournent ensuite en tabassage au sens le plus thrash du terme.

En conclusion, « Feast » est indiscutablement un album de thrash metal sans concession, violent, très dense et difficile d’accès.

La quasi-totalité des titres délivre un son surpuissant, des rythmiques à haute vélocité sur lequel se greffe le chant dur et trop monodimensionnel de Padden.

Le talent de Waters, s’exprimant surtout dans la variété, n’est pas suffisamment mis en relief, malgré quelques sorties surtout visibles sur quelques introductions soignées.

Malgré ces quelques défauts qui l’empêche de prétendre au rang des meilleurs albums du groupe, « Feast » plaira je le pense par sa virulence maitrisée aux fans d’un thrash puissant et technique

Feast (Annihilator)
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 17:05
Français pour une nuit (Metallica)

Déjà six ans pour le fabuleux concert de Metallica aux Arènes de Nimes aussi est-ce avec un grand plaisir que je vais chroniquer ce « Français pour une nuit » enregistré en 2009 lors de la tournée de « Death magnetic » l’album du retour aux sources des Californiens au thrash metal des origines.

Dans le cadre grandiose des plus grandes arènes romaines de France, un site antique vieux de plus de deux milles ans ou tant d’hommes et d’animaux ont perdu la vie, Metallica pose son infrastructure de manière à optimiser la vue d’une foule répartie en cercle non parfait autour des musiciens.

L’entame est tonique avec « Blackened » dont le tempo et les riffs acérés découpent comme des lames de rasoir.

Le groupe parait étincelant de forme, James Hetfield en impose toujours autant avec sa forte carrure, ses tenues noires, ses multiples tatouages et ses cheveux à présent courts et plaqués, Kirk Hammett parait insensible au temps qui passe, Lars Ulrich certes déplumé mais toujours aussi dynamique à la batterie et enfin Robert Trujillo, le bassiste râblé aux larges frusques dont l’implication physique reste de tous les instants.

Metallica joue sur du velours avec « Creeping Death » dont le break terminal met toujours la foule à contribution avec une efficacité jamais démentie en concert puis fait cracher les flammes sur « Fuel » seul morceau de l’époque « Load/Reload » qui sera joué ce soir là.

La vitesse et la pyrotechnie de « Fuel » achève de porter à l’ébullition la foule et on déguste avec plaisir « Harvester of sorrow » morceau chaloupé et ténébreux divinement interprété par un Hetfield habité.

Un peu de douceur avec « Fade to black » éternelle ballade mélancolique des 80’s, puis place à la partie la plus vendeuse du concert avec les titres du dernier album, « Broken, beat & scared » dur, rugueux mais dépourvu du refrain magique faisant la différence et « Cyanide » qui ne décolle jamais et provoque un ennui poli.

On reste dans le viril avec « Sade but true » qui malgré son intensité parait avec le recul particulièrement lourdingue aujourd’hui avec son coté martelé/répétitif.

Rien à dire en revanche sur le magnifique « One » si ce n’est qu’il referme la quintessence du génie de Metallica et un monument de concert avec sa montée progressive en intensité pour aboutir à une guerre totale… de guitares.

Retour à « Death magnetic » avec la gifle « All nightmare long » enchainé du magnifique « The day that never comes » peut être le meilleur titre de l’album en raison de la beauté de ses mélodies.

Impossible de ne pas avoir droit à l’incontournable « Master of puppets » toujours très intense mais assez peu digeste à mes yeux car trop long et violent.

Je n’ai jamais compris en revanche l’intérêt d‘exhumer du grenier « Dyers eve » titre certes très musclé mais mineur au sein du répertoire du groupe.

Place aux classiques du « Black album » pour terminer, la ballade mythique « Nothing else matters » qui ouvrit à Metallica les portes de radio dans les années 90 puis « Enter sandman » plus grand tube de leur carrière interprété par un Hetfield écrasant de maitrise qui embrase la foule.

Après avoir exprimé des remerciements sincères et l’honneur pour Metallica de jouer dans un pareil endroit, viennent les rappels : la reprise ultra musclée de Queen « Stone cold crazy » et le cap sur le premier album culte « Kill’em all » avec l’ultra plaisant « Motorbreath » enchainé du jouissif « Seek and destroy » reprit comme un seul homme par les 25000 spectateurs pour imprégner dixit le groupe ces lieux de la marque de Metallica.

En conclusion, « Français pour une nuit » est un superbe cadeau aux fan français de Metallica et un concert exceptionnel car réalisé par un groupe exceptionnel dans un lieu exceptionnel.

A plus de cinquante ans, les musiciens de Metallica impressionnent par leur passion et l’énergie incroyables qu’ils parviennent encore à dégager sur scène.

En mélangeant habilement vieilleries incontournables et classiques très heavy/thrash bien que sans doute moins intemporels, Metallica trouve un bon équilibre et offre plus de 2 h de fête avec un spectacle de très haut niveau mélangeant qualité du son, effets lumineux et pyrotechniques…

Un véritable must donc pour tous les fans du groupe… et les autres !

Français pour une nuit (Metallica)
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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 13:09
Speed of sound (Anvil)

Déjà le troisième article consacré à Anvil, le groupe de vétérans canadiens de speed metal, qui depuis le début des années 80 continue dans un relatif anonymat à sortir un album par an et à tourner dans la foulée.

Exhumé du grenier de mes plus jeunes années, voici « Speed of sound » à la pochette qui ne laisse aucun doute sur son contenu : un bombardement métallique en prévision !

Nous sommes en 1999 et le groupe de Steve Kudlow débute par la tempête attendue, « Speed of sound » incroyablement efficace par son tempo rapide, ses riffs bourdonnants et cette voix rauque, agressive évoquant le Lemmy Kilmister des mauvais jours.

D’entré, l’auditeur est frappé par la densité du son qui s’exprime sur « Blood in the playground » mid tempo ultra massif à défaut d’être pleinement original.

La rythmique de Glenn Five (basse) / Robb Reiner (batterie) ne ménage pas ses efforts et « Deadbeat dad » continue courageusement de monter au front dans un torrent d’artillerie.

Difficile de ne pas commencer à éprouver un brin de lassitude sur « Man over board » malgré la vigueur des riffs de la paire Kudlow/Ivan Hurd et la solidité de la structure d’ensemble.

On pousse encore d’un cran dans la férocité avec « No evil » qui bastonne à tout va pour un résultat flirtant avec la musique extrême.

Toujours aussi rugueux, Anvil continue à cogner fort sur « Bullshit » et « Matress mambo » sur lequel Kudlow soigne un peu les mélodies des refrains.

A la peine sur « Secret agent », les Canadiens jettent leurs dernières forces dans la bataille pour envoyer un « Life to lead » évoquant du Motorhead sans concession enchainé d’un « Park that truck » cataclysmique.

En conclusion, « Speed of sound » est un album de speed/thrash metal d’une grande violence porté par un son de mammouth.

Anvil ne fait pas ici dans la dentelle et aligne dix titres quasiment interchangeables, évoquant une version monstrueusement stéroïdée d’un Motorhead canadien.

Bien entendu, l’exercice n’est pas sans limitations et tourne assez rapidement en boucle : absence de mélodie ou de variation et manette des gaz bloquée au maximum en permanence.

Malgré sa grosse puissance de feu, « Speed of sound » est un donc réservé au petit public d’amateurs du genre et ne permettra en aucun aux valeureux Canadiens, de conquérir de nouveaux horizons.

Speed of sound (Anvil)
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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 20:15
The godless endeavor (Nevermore)

En 2005 soit trois années après « Ennemies of reality », les gaillards de Nevermore récidivent avec « This godless endeavor » à la pochette ne nous cachons pas toujours aussi macabre et sombre.

Le guitariste Steve Smyth ayant fait ses preuve sur le disque précédent, il conserve ici son poste et on attaque bille en tete avec « Born » parfaitement fidèle au style du groupe, mélange de brutalité thrash au niveau des riffs et des rythmiques véloces, mais capable également de plus de variations mélodiques le tout dans une ambiance torturée.

Après une entrée en matière aussi épique vient « Final product » construit dans le même moule et parfois avouons le difficile à suivre dans sa juxtaposition d’ambiances en apparence contradictoires mais toujours construites sur un fond de violence.

Un peu moins d’intensité sur « My acid words » et « Bittersweat feast » qui s’installent déjà dans une certaine routine un peu répétitive malgré la vigueur de la rythmique de la paire Van Williams (batterie)/Sam Sheppard (basse) et des riffs toujours aussi costauds.

Il faut donc attendre « Sentient 6 » pour briser cette relative monotonie avec une power ballade de haut niveau porté par la voix si particulière et plaisante de Warel Dane.

On revient à plus de punch mais aussi plus de classicisme sur le mid tempo sans éclat « Medicated nation » et après le bel interlude instrumental « The holocaust thought » survient une nouvelle power ballade racée, « Sell my heart for stone » à la remarquable finesse.

Difficile de faire la fine bouche sur la qualité hors du commun du riff de « The psalm of Lydia » et du terrible bombardement qui l’accompagne.

Grand seigneur, Nevermore termine le disque sur deux pièces maitresses « A future certain » et « This godless endeavor » qui font figure de totale démonstration de maitrise mélodique laissant l’émotion s’exprimer à bon escient tout en conservant de grosses capacités d’accélération.

En conclusion, « This godless endeavor » réussit sans doute là on son prédécesseur peinait in extremis à atteindre le bon dosage entre riffs de mastodontes, rythmiques punchy et solo/vocaux plus aérés.

Très puissant, remarquablement structuré, homogène et inspiré, il ne contient aucune faiblesse et permet à Nevermore de prouver sa valeur en creusant son sillon dans la voie d’un thrash technique et mélodique plus varié et subtil qu’il peut laisser paraitre au premier abord.

Attention, « This godless endeavor » reste un album difficile d’accès réservé à un marché de niche composé de spécialistes, mais remplira sans doute haut la main les désidérata des adeptes de metal sombre, violent et parfois émouvant …

The godless endeavor (Nevermore)
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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 19:09
Ennemies of reality (Nevermore)

Il y a bien longtemps que je n’avais consacré une chronique au thrash metal, cette forme pure et dure du hard rock née aux Etats-Unis au début des années 80 avant d’essaimer jusqu’à nos jours.

Crée en 1992 à Seattle, Nevermore sort en 2003 son cinquième album non sans une belle constance et opiniâtreté.

L’objet s’intitule « Ennemies of reality » et arbore une parure des plus mystico-macabre.

Le premier titre éponyme marque d’entrée le marque de fabrique du groupe, avec une alternance de couplets foncièrement thrash c’est-à-dire très puissant, rythmé et saccadé avec de surprenantes cassures rythmiques sur des refrains et des solos plutôt mélodiques.

Sans doute moins accrocheur, « Ambivalent » se distingue plus par les brillants solo de guitares de Jeff Loomis/Steve Smyth et se montre pour le reste tortueux et confus.

Cette impression de sourde confusion se maintient sur « Never purify » avec un certain manque de lien entre les parties, que ce soit les rythmiques bastonnantes, les solos sortis de nulle part ou le chant tout compte fait assez doux et aérien de Warel Dane.

L’orientation power ballade est franchement recherché sur « Tomorrow turned into yesterday » du reste superbe tout en grâce et subtilité mélancolique.

Les choses sont beaucoup plus poussives sur le lourd et lent « I voyager » et ses quasi six minutes d’ennui profond auquel succède « Create the infinite » plus rapide mais tout aussi touffu et étouffant.

Nevermore semble curieusement plus à son aise dans les tempo lent comme « Who decides » ou l’étonnamment spiralé « Nouemon » permettant aux américains d’exprimer davantage leur fibre mélodique.

Pour faire bonne mesure le disque se conclut par le meilleur titre du disque, « Seed awakening » parfaite synthèse du meilleur de Nevermore avec ce mélange de riffs destructeurs et refrains surnaturels de grace.

En conclusion, « Ennemies of reality » est un album assurément frustrant, laissant entrevoir le potentiel de Nevermore, qui pratique un thrash puissant teinté d’influences plus progressives et mélodiques mais peine parfois à mettre son talent pleinement en valeur.

Tous les ingrédients d’un grand groupe semblent en effet présent, mais leur jonction a la plupart du temps à prendre, aussi passé quelques belles impressions fugaces, « Ennemies of reality » ne permet pas malgré son originalité et son mariage puissance/mélodie à pleinement rassasier, ce que l’on ne peut que regretter.

Ennemies of reality (Nevermore)
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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 09:47
Th1rt3en (Megadeth)

Rien de tel dirons sans doute certains en ce dimanche matin qu’un petit Megadeth pour se remettre d’aplomb.

Sorti en 2011, « Th1rt3en » ne recèle au premier abord ni originalité dans son titre ni dans sa pochette basique à souhait.

Autour de Dave Mustaine, les années ont passé … et les musiciens aussi.

Seul reste à présent le basiste Dave Ellefson autour du mentor, Chris Broderick et Shawn Broder constituant le ciment encore frais du groupe.

On débute par « Sudden death » très caractéristique du style du groupe avec grosse puissance de feu des guitares qui efface quelque peu le chant en retrait de Mustaine.

C’est néanmoins avec force et courage que les Américains attaquent « Public ennemy n°1 » particulièrement bien doté en guitares véloces et du reste tout à fait correct au niveau du chant.

Difficile de ne pas prendre du plaisir sur le rapide et incisif « Whose life (is it anyways ?) » qui montre un Megadeth en pleine forme.

L’auditeur continue de s’enfoncer dans cette cathédrale du son, passant son chemin sur le laborieux « We the people » et surtout « Guns, drugs and money » particulièrement faible.

Mustaine grogne entre ses dents, les guitares thrash bourdonnent pour insuffler la vie à « Never dead ».

Les titres s’enchainent, noyés sous des torrents de décibels avec un sentiment de violent chaos sur « New world order » ou de lourdeur harassante sur « Fast lane ».

On trouve enfin une tentative d’un peu de fluidité ou simplement d’aération sur « Black swan » enchainé d’un « The wrecker » puissant, basique et très efficace.

La dernière partie de l’album se révèle enfin, composée de « Millenium of the blind » power ballade mélodique et menaçante, « Deadly nightshade » mid tempo au riff central accrocheur et « 13 » nouvelle power ballade épaisse mais de qualité.

En conclusion, je n’ai pas critiques majeures à faire à ce « Th1re3en » ni de compliments majeurs non plus.

Comme souvent avec les américains, « Th1rt3en » montre l’étroitesse du spectre vocal de Mustaine, fait souvent la part belle aux guitares qui crachent leurs décibels à tout va au détriment de qualité de cohésion et de concision de compositions qui auraient gagné selon moi à être plus équilibrées et digestes.

Mais près de 30 ans après ses débuts, Megadeth est encore debout et délivre encore un thrash certes moins débridé et inspiré mais toujours puissant et vivace, ce qui force malgré tout le respect.

La qualité technique des musiciens ne semble pas ici à remettre en cause ni leur force de frappe, qui reste en 2011 terrible, mais « Th1re3en » qui se montre plus intéressant dans ses parties plus calmes et travaillées, ne parvient pas à passer le niveau supérieur, restera probablement comme un album de thrash moderne de plus à ranger dans la grande discographie de Megadeth.

Th1rt3en (Megadeth)
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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 19:48

rust_peace.jpg4.gif

 

 

Comme la plupart des groupes de thrash californiens, Megadeth connait le pic de sa créativité et de son activité dans les années 80 en sortant des albums à une cadence et d’une qualité impressionnantes.

C’est ainsi qu’en 1990 sort « Rust in peace » à la pochette toujours aussi infantile et grotesque.

Ce quatrième album de Megadeth voit un changement de taille, l’arrivée du guitariste virtuose Marty Friedman et de Nick Menza à la batterie.

Disons le tout de go, le premier morceau « Holy wars… the punishement due » est un véritable coup de tonnerre, déployant des riffs en acier trempé et un souffle épique assez inattendu emportant tout sur son passage sur plus de six minutes de folle intensité.

Sans lever le pied, les fondus enchainent avec « Hangar 18 » prodigieuse démonstration de maestria guitaristique avec un riff irrésistible et des relances incessantes tenant à bout de bras l’auditeur comme tracté par un puissant champs de force.

On comprend alors qu’on a affaire à de la grosse artillerie avec « Take no prisonniers » moins impressionnant que ses prédécesseurs mais toujours écrasant au niveau de la puissance de feu.

Tout en conservant un haut niveau de technicité, « Five magics » introduit plus de subtilité et de feeling dans des parties instrumentales moins violentes.

Impossible en revanche de ne pas trouver « Poison was the cure » plus prévisible , moins riche et « Lucretia » sympathique, solide mais sans génie étincelant.

Cette relative baisse de régime va pourtant être rapidement gommée par « Tornado of souls » qui renoue avec les tempo de fou furieux et les riffs tranchants comme des lames.

Un court interlude « Dawn patrol » pour reprendre son souffle et l’auditeur débouche sur la clôture de l’album avec « Rust in peace … polaris » rageur mais moins créatif et fluide que prévu.

En conclusion, « Peace sells » surclasse pour moi tous les précédents albums de Megadeth par sa virtuosité technique qui demeure cette fois tout bonnement hallucinante.

Bien entendu, la charnière Friedman-Mendoza apparait ici comme essentielle, tout particulièrement le guitariste qui signe sans nul doute ici, parmi les meilleurs morceaux de thrash metal jamais composés.

La qualité des compositions et de leur exécution est telle que les faiblesses du chant « entre les dents » de Mustaine se trouvent quasiment gommées.

Avec ce disque majeur, Megadeth entame donc les années 90 en position de force en se plaçant comme le concurrent le plus sérieux à son ennemi de toujours, Metallica.

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