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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:45

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2

 

 

Ayant réussi un coup de maitre en 1995, Fear factory subit une érosion progressive à la fin des années 2000 et sapé par la concurrence de nouveaux mouvements émergents comme l’éphémère Néo-métal voit son succès décroitre.

Cette baisse aboutit à d’inévitables dissensions internes puis au départ du guitariste Dino Cazares.

Le groupe parvient à se reconstituer en faisant passer le bassiste Christian Olde Wolbers à la guitare, puis embauche Byron Stroud (basse) et Steve Tushar comme deuxième clavier.

En 2004, voit donc le jour « Archetype » à la pochette cette fois assez quelconque.

« Slave labor » fait une entame des plus dignes grandement aidé par une structure très travaillée s’appuyant sur des refrains aussi fluides que percutants.

Saccadé et violent, « Cyberwaste » remplit également son office sans faire d’esbroufe avant que « Act of god » ne déçoive pas ses transitions malhabiles entre death lourdingue et accalmies mélodiques au rabais.

Difficile aussi de pleinement accrocher à « Drones »  et « Archetype » dont les quelques tentatives mélodiques sont plombées par un manque global de dynamique et de fluidité.

Le fond du panier est atteint sur le très médiocre « Corporate cloning » mélangeant mélodies faiblardes, riffs enfichés au sol et groove pseudo hip hop non assumé.

Dans le registre des pures ballade « Bite the hand that bleeds », « Human Shields »  voir de la power ballade « Undercurrent » , Fear factory se montre plus convainquant, grandement aidé en cela par les qualités vocale de Bell mais cette amélioration est de courte durée tant le groupe se montre peu cinglant dés qu’il muscle un tant soit peu les débats sur les pesants mais largement prévisibles « Default jugement » ou « Bonescraper ».

L’album se clot par la traditionnelle digression atmosphérique « Ascension » ici purement instrumentale avec en bonus un hommage rendu à Nirvana avec la reprise sympathique mais franchement risible et inférieure à l’originale de « School ».

En conclusion, « Archetype » ne marque pas pour moi le retour du grand Fear factory mais la poursuite d’un lent mais ineluctable déclin.

Dino Cazares semblait apporter plus de dynamique avec ses riffs beaucoup plus puissants et inspiré que ceux de Wolbers guitariste seulement par défaut.

Mis à part sur son entrée en matiére vigoureuse et sur les morceaux les plus calmes/atmosphériques, Fear factory ne parvient pas à retrouver l’équilibre entre puissance mécanique et mélodies transcendentales.

Le résultat est donc souvent ennuyeux, plat voir irritant par son coté statique et répétitif.

Un album manquant trop de punch et d’inspiration pour sortir du lot.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 21:40

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3

 

 

Après le succès de « Demanufacture », Fear factory savoure sa nouvelle notoriété et prend son temps pour sortir son troisième album en 1998, « Obsolete ».

Comme l’indique sa superbe pochette, « Obsolete » prend toujours place dans une atmosphère futuriste sombre, à base de technologies mal maitrisées, d’expérimentations scientifiques douteuses entrainant d’horribles fusions contre nature entre espèce humaine et machine.

L’entrée est matière a lieu avec un maximum de punch avec « Shock » puissant et brutal comme un uppercut décoché au menton.

On est ensuite surpris par la première innovation du disque, « Edgecrusher » à l‘ambiance hip-hop assez déroutante avant que « Smasher/devourer » ne remette les choses en place par son climat de violence suffocante nimbé de quelques belles envolées aériennes au charme apaisant.

Fear factory réutilise les bruitages façon forces de police sur « Securitron (police state 2000) »  titre très aride lui aussi heureusement rehaussé d’inespérées émanations mélodiques.

Cet aspect mélodique est poussé à son maximum sur « Descent » superbe power ballade nihiliste rendue particulièrement émouvante par le chant habité de Burton C Bell.

Le mélange entre violence abrupte et refrains aérien se retrouve sur « High tech hate » pourtant moins original et inspiré.

Puis la menace se fait plus explicite, (les cyborgs seraient ils à nos portes ?) avec « Freedom or fire » incandescent brulot révolutionnaire à la sauce cyber metal.

Le groupe ne fait pas dans la dentelle sur le très laborieux « Obsolete » qui proclame ni plus ni moins la fin de l’espèce humaine, forcément dépassée.

Après ces déflagrations sèches viennent enfin des morceau plus apaisés « Resurrection » remarquablement équilibré entre passages aériens d’une grande fluidité et subites coups de béliers et le final « Timelessness » grand moment de grâce en pesanteur absolue.

En conclusion, « Obsolete » est dans la plus pure lignée de « Demanufacture ».

Il en emprunte les même mécanismes à base de rude violence cybernétique frappant durement l’auditeur avant de l’emmailloter in extremis dans un cocon réparateur.

Pourtant malgré quelques belles réussites, on ne retrouve à vrai dire pas tout à fait l’amplitude sans limite, l’inspiration sans faille et l’impeccable exécution tout en fluidité de « Demanufacture ».

« Obsolete » est en effet un bon album puissant et robuste mais ne peut pas prétendre au génie de son prédécesseur.


Inutile de se mentir, malgré de multiples tentatives, Fear factory ne renouvèlera jamais l’exploit initial.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 20:46

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Nouveau basculement dans la violence musicale avec un groupe doté d’une fort belle cote à la fin des années 90, Fear factory.

Californiens, les membres du groupe ont la bonne idée à l'orée des années 90 de croiser leurs influences (death-thrash metal) de sonorités industrielles plus que poussées le tout en créant un univers futuriste cauchemardesque nourri d’œuvres de science fiction narrant l’opposition entre hommes et machines douées de volonté autonome.

En 1995 voit donc le jour « Demanufacture »  première vraie tentative musicale illustrant cette curieuse tentative.

Fear factory est alors composé de Burton C Bell au chant, Dino Cazares à la guitare, Christian Olde Wolbers à la basse, Raymonde Herrera à la batterie et de Rhys Fulber aux claviers.

Avec sa belle pochette énigmatique montrant une mutation génétique (logique ?) d’un squelette organique en métal, « Demanufacture » met immédiatement dans l’ambiance en déployant un cyber-thrash violent aux rythmiques explosives teintées de froides sonorités technologiques.

Le chant de Bell est ici dur et hargneux pour un résultat très agressif.

Sur « Self bias resistor » il introduit quelques variations plus mélodiques notamment sur les refrains particulièrement réussis.

Cette versatilité entre death rugueux et mélodies plus aériennes constituera l’une des clés de la formule magique du groupe.

La paire Herrera-Wolbers apporte son infernale puissance de feu, Cazares ses riffs de mammouth, Fulber des univers plus doux et mystérieux, Bell faisant la jonction permanente entre ses mondes entrant en collision.

Le niveau monte encore avec « Zero signal » qui pousse encore plus loin l’apport des machines et la fluidité des refrains cette fois emplis d’une authentique grâce.

Puis vient le tube du groupe, « Replica » qui pousse l’efficacité de la formule à son paroxysme entre terribles assauts de marteaux piqueurs industriels et beauté aérienne transcendantale.

On revient à des choses plus basiques sur « New breed » très bourrin et frontal avant de passer à un registre étonnamment mélodique sur « Dog day sunrise » ou Bell révèle toute l’étendue de son étonnant talent vocal.

Mais Fear factory n’a pas tiré son dernier rayon laser puisqu’arrive le terrifiant « Body hammer » qui alterne passages d’une lourdeur pachydermique avec belles envolées en forme de chant du cygne.

L’usine à créer de la peur se fait en apparence encore plus rude sur « Flashpoint » avant de basculer dans une ambiance quasi religieuse purement envoutante.
L’auditeur est pris à la gorge par l’introduction de « Hunter-Killer » qui reproduit une communication entre forces de police pour lancer un titre porté par une rythmique folle furieuse et des refrains d’une force inouïe.

Fear factory fait encore une fois forte impression en mélangeant enfer industriel et grâce divine apaisante sur « Pissechrist » et se surpasse définitivement sur « A therapy for pain » incroyable complainte à l’atmosphère religieuse grandiose.

En conclusion, « Demanufacture » est un chef d’œuvre incontestable et une véritable synthèse vivante de ce que l’on peut faire de mieux en terme de metal industriel.

Après un début des plus rugueux, l’album dévoile peu à peu ses contours d’une richesse infinie, montrant des subtilités inattendues avant d’atteindre une sorte d’état de grâce absolue.

La violence symbolisée par les machines est en effet très présente tout au long du disque.

Elle se caractérise par des rythmiques pilonnant sans relâche comme d’infernaux marteaux piqueurs pilotés par une unité centrale devenue folle.

Au milieu de cet océan de rage mécanique surnage quelques bribes d’une humanité, fragile, touchante, aspirant vers une élévation spirituelle pour accéder au salut divin et fuir le cauchemar industriel qu’elle a elle-même crée.

Bell incarne formidablement ces deux versants du monde partagé entre violence et désir d’élévation.

 Le tout fait une œuvre unique, magistrale du métal moderne.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 22:52

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3

 

 

Attention les yeux et les oreilles !

Sortie en 2005 « Crypt 1996-2002 » est une compilation des deux premiers albums du groupe français Punish yourself, composés de frappa dingues au look de zombies à demi nus peinturlurés de bandes fluorescentes.

Porteur d’un message provocateur et nihiliste dopé par un visuel très fort, Punish yourself fait donc dans le choc et le hors limite.

La musique pratiquée par ces joyeux drilles est grosso modo du métal industriel avec une forte composante technoïde et punk.

Composé d’un effectif très mouvant et augmenté lors des prestations scéniques, Punish yourself a pour chanteur VX69, à la batterie X.av, aux guitares P.RLOX, Miss Z

Sorti en 1998, « Feuer tanz system »  est le premier méfait de cyber commando.

Ouvrant ce bal des mutants, « Dispossesed » envoie un metal indus peu original à la production cheap et brute de décoffrage.

De gros riffs métalliques féroces couplés aux bruitages électroniques dopent le son de « Flower » .

Cette formule est reconduite sur « Air tribe » dont le chant rageur et les refrains puissants rajoutent à la violence.

Le coté robotique est mis en avant sur « I like it » qui développe un infernal beat techno relayé par d’offensives guitares artilleuses.

L’orage se calme légèrement avec « Eye sex dance » plus lancinant.

La machine connait quelques ratés sur le bizarroïde, distordu et brouillon « Nothingness station » avant de replonger dans son ambiance de speed industriel déjanté avec « Death by water ».

L’album se termine sur le très Mansonien « Slow motion demonstrate » qui tient plus d’un rêve au gout de lendemain de défonce que d’une douce ballade intimiste.

Peu de choses à dire sur les bonus, qui sont surtout des titres live instrumentaux ou des démos relativement peu intéressantes.

Le second album « Disco flesh warp 69 » sorti en 2001 débute par une introduction tout aussi sympathique qu‘inutile « radio jazz 99 » suivi du très punchy « (Let’s build ) a station in space » aux bruitages de station orbitale intercalés à la furia techno-métal du groupe.

On sent les compostions plus travaillées avec un impact purement destructeur, comme ce « Sexy » aussi efficace que le meilleur de Nine Inch Nails.

Le monde aseptisé de la télévision se fait tabasser en règle à coups de masse sur le férocement punk « Suck my tv ».

C’est l’apocalypse, un déluge de bombes crachées par d‘impitoyables bombardiers, la terre éventrée, mise à feu et à sang par d’innombrables armées de machines ivres de destruction et de mort …

Voix rauque et sombres incantations mystico sataniques peuplent ensuite « Blast off Siddhârta junkie » terrifiant à souhait.

Toujours aussi sauvage, « No one to talk with » « Night of the hunter » vous explosent dans les jambes comme un cocktail Molotov balancé dans les chenilles d’un tank.

Fort logiquement le thème de l’holocauste nucléaire est abordé avec « Atomic alarm broadcast » qui pousse à un paroxysme à peine supportable bruitages techno et chant punk hurlé.

Difficile de se ressaisir sous cette avalanche non stop de coup aux plexus, on chancelle, ébranlé par les impacts successifs de ces marteaux pilons pneumatiques commandés par une unité centrale déglinguée.

Un bref moment de repos vient avec le poisseux « Enter me now » pourtant glauque à souhait avant que la puissance brute absolue ne viennent nous clouer au sol sur l’hallucinant « Criminal » alternant refrains au napalm et relatives accalmies toutes en ambiances électroniques.

A l’étrangeté de « Old brother left hand » succède le martelement incessant de « Night club » qui atteint une nouvelle fois le seuil maximum de tolérance à la violence sonore qu’on peut infliger à un etre humain.

De la meme maniére on passera sur les inédits live et remix figurant en bonus destiné à promouvoir les qualités de trafiqueurs de son et de performeurs scéniques du groupe.

En conclusion, comme on aurait pu se douter « Crypt 1996-2002 »  est une compilation dense difficile à digérer au premier abord tant la musique de Punish yourself est violente.

« Fueur tanz system » est relativement peu interessant pour moi, sa production est moyenne et les morceaux ne sortent pas d’un métal industriel trop balisé par des leaders comme Ministry.

En revanche « Disco flesh : warp 69 » voit une très nette progression du groupe dans le développement de morceaux redoutables mêlant intimement metal super lourd et techno agressive.

Alors certes la formule s’avère sans doute bien répétitive et éreintante sur toute une écoute mais il est objectivement difficile de rester insensible à une musique aussi typée utilisée à la maniére d’une arme.
Inutile de chercher donc quelconque approche mélodique ou organique, tout n’est ici que rage, révolte et énergie poussées parfois au maximum du supportable.

Punish yourself ne séduira jamais le grand public et sera destiné à rester un groupe de marginaux undergroud mais sa musique hors normes et passionnée mérite à elle seule le respect.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 10:44

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3

 

Plongée dans une musique qu’on qualifiera de très underground, l’électro industriel à la lisière de la rigidité de la techno, de la brutalité du métal et du doux désespoir du rock gothique.

Formé dans les années 80, Suicide commando est le projet fou d’un seul homme le belge Johan Von Roy.

Devenu aujourd’hui avec le temps culte, Suicide commando sort en 2003 son neuvième album intitulé « Axis of evil » à la pochette on ne peut plus sobre designant la terre comme cible à d'un viseur longue portée.

Un rapide détour par le livret montre un artiste nihiliste obsédé par la mort, le suicide, la violence et l’horreur sous de nombreuses formes.

L’album commence avec « Cause of death : suicide » par une introduction glacée ou une voix de cosmonaute annonce un beat techno montant crescendo jusqu’a déboucher au bout trois minutes sur une agression scientifique portée par une batterie programmée couplée à une voix rauque.

Ce longs morceau instaure sur plus de huit minutes un rythme intense et hypnotique des plus enivrants.

La suite est dans la même fibre avec rythmes technologiques et voix déshumanisée rageuse, le plus mou « Consume your vengeance »  s’avère pénible à l’écoute tandis que « Face of death » pousse le concept encore plus loin dans le nihilisme robotique.

La batterie claque sèchement sur « The Reformation » tandis que la même voix monstrueuse s’insinue par reptation dans une foret de 'étranges bruitages.

On comprend alors que nulle chaleur ou humanité n’est à attendre de ce type de musique voué à incarner la face la plus sombre et froide de l’humanité.

Le plus aseptisé « One nation Under god »  marque les limites de l’exercice par nature répétitif tandis que l‘indigeste « Mordfabrik » fait penser à une horrible mutation d’un DJ à succés en misanthrope dépressif.

Suicide commando trouve une certaine fluidité avec « Evildoer » presque dansant avec son rythme lent, puissant et hypnotique.

Le chant en allemand de « Sterbehilfe » s’avère trop lourd à digérer, quand à « Plastik christ », il se surpasse dans la bizarrerie jusqu’à évoquer la bande son d'un film d’horreur.

Le dernier morceau « Neurosuspension » égrène lentement et plutôt mollement sa longue litanie de sonorités futuristes et glacées.

En conclusion, « Axis of evil » a été ma première prise de contact avec Suicide commando.

Le résultat me laisse plutôt dubitatif tant le style techno me laisse d’habitude complètement froid.

Pionnier de l’électro industriel, Suicide commando a certes inventé un concept original mais n’a pas beaucoup de marge de manœuvre dans sa musique technologique, froide et trop répétitive pour moi.

Cet artiste me fait penser à un Ministry sans la terrible puissance de frappe des guitares métalliques.

Sa musique est parfois irritante, parfois plaisante et demeure à mon avis un must pour danser dans les caves des soirées gothiques.

Pour ma part, « Axis of evil »  a par son coté personnel, barré, underground et sans concession, gagné mon respect, à défaut de mon admiration.

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 22:51

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1998 est vraiment une année unique, et pas seulement à cause des exploits de onze bourrins en short et maillots tricolores courant après un ballon  mais  également parce cette année a vu la naissance de « Voyeurs »  l’unique disque de Two, projet solo de métal industriel de Rob Halford.

On l’avait pressenti, Halford avait envie d’essayer de nouvelles choses, de se frotter à d’autres univers côtoyant ceux d’un Marylin Manson en pleine ascension à l’époque.

Sur ce disque, Rob a fait marcher son carnet d’adresse pour collaborer avec John Lowery ex guitariste de Manson et surtout Trent Raznor, leader du groupe d’indus le plus connu au monde Nine Inch Nails, qui a produit avec Bob Marlette l’album.

Meme si je ne suis pas un fan de metal industriel je souhaitais par curiosité suivre Halford dans cette aventure.

D’entrée, l’album surprend.

Le son de guitare est typiquement industriel, très froid, lourd, métallique, accentué par l’usage de machines.

La place accordée à la mélodie est minime.

La voix d’Halford est reconnaissable même si ostensiblement plus froide, mécanique, presque désincarnée.

Il évitera soigneusement pendant tout le disque de monter dans les aigus comme il le faisait chez Judas Priest ou même encore de temps à autre chez Fight.

Il apparaît clairement que Rob Halford veut faire table rase de son passé et gommer toute référence à son ancien style.

Les premiers titres lancinants et puissants s’enchaînent plutôt bien dans un style industriel.

J’apprécie ces atmosphère étranges, sombres, inquiétantes, ou des êtres dévorés par leur obsessions intérieures rodent dans un infernal labyrinthe mental peuplé de spectres.

Les belles lignes vocales des couplets alternées avec des refrains surpuissants s’enchaînent à merveille sur le trio « Water’s leaking », «  My ceiling’s low » et surtout « Leave me alone » irrésistiblement lancinant et le meilleur titre pour moi de l’album.

Après cette triplette magistrale, le ton se fait plus doux.

L’atmosphère est toujours à l’étrange mais la puissance se réduit.

J’avoue avoir plus de mal à accrocher à « If » ou les guitares sont quasiment absentes et remplacées par un beat électronique qui porte un chant un peu monocorde.

« Deep in the ground » plus dynamique avec un refrain plus mélodique passe un peu mieux mais ne constitue cependant pas une merveille pour moi.

« Hey, Sha La La » est en revanche très bon, avec le retour des guitares, des couplets superbes et un refrain d’une efficacité imparable.

La fin de l’album est plus difficile, l’électronique prenant de nouveau une part dominante sur les guitares uniquement en soutien sur les refrains (« Wake Up », « Gimp »).

Le dernier morceau « Bed of rust » sorte de demi ballade industrielle est en revanche rendu touchant par le chant émouvant d’Halford.

En conclusion, « Voyeurs » est dans l’absolu un album intéressant pour les fans de metal industriel.

Halford semble être allé au bout de son projet, très cohérent et abouti artistiquement parlant.

Pour ma part, après une première partie en force plutôt convaincante, il me paraît assez difficile d’apprécier ce disque sur sa durée lorsque comme moi on est fan du style originel de Judas Priest avec ses belles mélodies racées et ses flamboyants duels de guitares électriques.

Je dois avouer également être assez frustré du chant froid et mécanique d’Halford par rapport à son potentiel et ses envolées habituelles, même si je comprends sa démarche au vue de la musique proposée et de ses envies de l’époque.

Devant l’échec commercial de ce disque, Halford fera brusquement machine arrière, et reviendra à un style plus proche du pur heavy metal.

« Voyeurs » un peu à la manière du diptyque « Brutal Planet/Dragon Town » d’Alice Cooper demeure donc une parenthèse, une curiosité dans la carrière du Metal God.

Pour les curieux ou les petits coquins je recommande le clip de « I am a pig » , véritable partouze géante ou tous les fantasmes homo, hétéro et bisexuel d’Halford sont présents dans une atmosphère de club sado masochiste aussi déroutante, choquante que puissante.

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