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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 20:14

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Deuxième pierre angulaire du mythique triangle musical édifié à l’orée des années 70, « Funhouse » des Stooges voit le jour en 1970.

Avec sa pochette minimaliste et sa durée poids plume de 37 minutes, « Funhouse » commence par « Down on the street », savant mélange de mid tempo rock aux riffs poisseux et de subites poussées de fièvre.

Le chant posé d’Iggy Pop accentue le coté glauque et menaçant de ce titre suintant la rue, la déchéance et la mort.

On accélère un tantinet sur « Loose » dont la vitesse et l’energie viennent compenser une certaine linéarité.

Le coté sauvage du groupe se réveille avec le monumental « T.V eye » gonflé à bloc par les riffs aiguisés de la guitare d’Asheton et par l’agressivité punk d’un Iggy Pop dont on aurait enlevé la muselière pour révéler la dentition de prédateur.

Changement de rythme sur « Dirt », longue et lente ballade foncièrement malsaine comme si The Stooges conservaient quelle que soit la situation la faculté de salire tout ce qu’il touchaient.

Dans ce registre plus calme, la performance vocale d’Iggy Pop sur prêt de sept minutes est impeccable.

Se voulant une suite au « 1969 » originel « 1970 » déboule, vif, teigneux et spasmodique comme un junky à qui on aurait piqué la dope.

Telle le bourdement désagréable d’une grosse mouche pendant un concert de musique classique, la présence du saxophone de Steve Mc Kay, instrument que j’abhorre, vient toutefois sérieusement ternir l’aura de l'interminable « Fun house ».

Ce mini album termine avec « L.A blues » , délire expérimental déstructuré ou les incantations maléfiques d’un chanteur possédé copulent avec les hennissements d’un saxophone sur fond de tempête de riffs électriques.

En conclusion, malgré sa réputation culte, « Funhouse » ne parvient pas pour moi à égaler les deux formidables gifles que sont « The Stooges » et « Raw Power ».

Bien sur, cette maison (close ?) du plaisir recèle quelques bombes punk/rock toujours formidablement dévastatrices mais la production datée et les délires experimentaux-saxo de la fin, gâchent quelque peu la fête des sens tant attendue.

Meme si dans l’absolu « Funhouse » est un album de haut niveau avec des riffs d'enfer et un chanteur parfait, il demeurera donc pour moi en raison de ces défauts relatifs à quelques encablures de ces deux glorieux compagnons historiques.

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 17:42

Acid_eaters.jpg

1

 

Sorti en 1993, « Acid eaters » des Ramones est un album de reprises des principaux artistes ayant influencé le style des légendes du punk rock.

L’exercice pourrait de prime abord sembler assez vain, comme un plaisir égoïste de musiciens en panne d’inspiration mais on peut aussi le voir comme l’occasion de découvrir l’essence des origines musicales des parrains du punk qui se situent disons le tout de suite massivement dans le classic rock et le rock psychédélique des années 60.

Comme le laisse supposer le trés belle pochette en forme de mauvais trip sous acide, la référence au psychédélisme est ici clairement affichée voir revendiquée.

Le disque démarre fort avec la version échevelée de « Journey to the center of the mind » de Ted Nugent, l’extravaguant guitar héros américain qui jouait à ses débuts dans un groupe nommé Amboy Dukes.

Energie, vivacité et bonne humeur font de ce titre un agréable moment.

Arrive ensuite « Substitute » des Who, elle aussi énergique mais clairement moins emballante, même si il est vrai que le style des Who m’a toujours laissé assez froid.

On bascule ensuite dans l’univers des Rolling Stones avec « Out of time », ballade doucereuse assez insipide.

Reprise (de vitesse) punk rock avec « The shape of things to come » de Max Frost and the Troopers pour un résultat somme toute tout à fait recevable.

« Somebody to love » de Jefferson Airplane passe surtout par son refrain assez emblématique même si le morceau s’avère globalement assez plat.

La bonne surprise provient du « When I was young » des Animals, mu en ballade nostalgique pleine de sensibilité.

Malgré son énergie et sa puissance « 7 and 7 » de Love paraît plutôt brouillonne.

La reprise de Bob Dylan « My back pages » sonne en revanche très agressive et punk.

Nouvelle ballade plutôt moyenne avec « Can’t seem to make you mine » de The Seeds vite enchaînée de « Have you ever seen the rain » punk rock sans fioriture mais sans surprise non plus.

Le « I can’t control myself » des Troggs s’enlise dans un rock soporifique avant que « Surf city » de Jan & Dean et « Surfin Safari » des Beach Boys ne vienne insuffler un peu de fun pour conclure le disque.

En conclusion, « Acid eaters » n’est vraiment pas un album indispensable à mes yeux et ne se destine qu’aux fans les plus acharnés des Ramones.

Il est vrai qu’étant plus jeune que Joey, Marky, Dee Dee et Tommy je n’ai pas les même références et mes goûts musicaux s’arrêtent généralement au seuil des années 70.

Etant peu connaisseur et réceptif au rock des années 60, il m’a été difficile d’adhérer à des morceaux qui même revisités ne me plaisaient pas spécialement à l’origine.

Je pense de surcroît que le son de ce disque pourrait être plus puissant.

Meme la voix de Joey qui habituellement me charme, me paraît ici également manquer d’allant et ce particulièrement sur les ballades.

En résumé, je trouve que les Ramones n'étaient jamais meilleurs que quand ils officiaient dans leur propre style et qu'ils n'ont rien à envier à leurs ainés aussi illustres soient ils.


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 20:34

Ramones_Chrysalis_.jpg

2

 

Les Ramones toujours avec « The Chrysalis years » sorti en 2002 et regroupant sur trois disques l’intégralité des derniers albums du groupe chez la maison de disque Chrysalis avec qui ils travaillèrent de 1989 à 1997.

La premier disque contient l’album « Brain drain » (1989) déjà chroniqué en ces colonnes et « Acid eaters » album de reprises sorti en 1993.

Je renverrai donc à la chronique déjà écrite pour le détail concernant « Brain drain » et dirais simplement que cet album plus sombre et beaucoup moins accrocheur que les meilleurs crus concoctés par les New Yorkais ne contient véritablement que deux morceaux forts « I believe in miracles » et « Pete semetary » , le très mélodique et agréable « Can’t get you outta my mind » pouvant être également cité comme tout à fait honorable.

Concernant « Acid eaters » , une approche superficielle montre un disque assez fun rendant hommage aux influences des Ramones en revitalisant à la sauce punk des classiques des monstres du rock que sont les Who, des Rolling Stones, des Beach Boys, de Bob Dylan, de Jefferson Airplane ou des Animals.

Pour les puristes, ce disque n’aura donc aucun intérêt, mais pour les gens plus curieux il permettra de percevoir  mieux ainsi les influences des Ramones, majoritairement constituées du rock’n’ roll des années 60.

A noter en bonus track, la présence d’une reprise du générique du dessin animé « Spiderman » preuve encore une fois du goût pour les comics de nos héros rockers.

Le second disque contient l’album « Mondo bizarro » (1992) et « Adios amigos » (1995) également chroniqués en ces colonnes et considérés comme de fort bonne qualité avec une préférence pour le dernier nommé, car renouant avec le coté léger, fun et redoutablement plaisant des premiers efforts du groupe dans les années 70.

Le troisième (et dernier disque) album est composé d’extraits live majoritairement tiré du « We’re outta there ! » sorti en 1997.

On notera la plaisante introduction de « Le bon, la brute et le truand »,  piquée comme Metallica au compositeur Enio Morricone et au réalisateur Sergio Léone.

Meme déclinants, les Ramones semblent avoir encore beaucoup d’énergie sur scène et délivrer une performance péchue pour interpréter avec fougue les classiques issus de leur immense répertoire.

On notera quelques différences par rapport au live d’origine, comme la disparition de « Spider man », « Commando », « I just wanna something to do » , « The crusher »,  « Do you wanna dance ? », « I don’t want you », et tous les titres interprétés en duo.

En échange la garniture sera composée de « I wanna live », « Bonzo goes to blitzkrieg ? », « Too tough to die », « Don’t bust my chops», « Palissade park », « Chinese rock », « Ignorance is a bliss », « Somebody put something in my drink », « Mama boy », « Judy is a punk », « Beat on the brat » sans que l’auditeur ne gagne particulièrement au change à l’exception des trois derniers nommés.

En conclusion, difficile d’émettre un avis très emballé sur le principe de sortir une anthologie constituée de cinq albums dont un live et un album de reprise, le tout centré sur la période la plus finissante de la carrière d’un groupe mythique.

Dire que les albums contenus dans cette anthologie seraient les plus excitants de la carrière des Ramones serait un mensonge car bien qu’intrinsèquement tout à fait honnêtes ils demeurent à distance des plus respectables des tubes les plus groovy et punchy de nos blousons noirs favoris.

Si j’avais été donc tout à fait enthousiaste avec « Hey hot let’s go, The Ramones anthology » , je serais en revanche beaucoup plus froid sur ce « The Chrysalis years » au fort goût de réchauffé opportuniste après la mort de Joey Ramone en 2002.


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 17:55

Ramones_anthology.jpg

5

 

La carrière de Ramones est tellement étendue et de qualité inégale suivant les époques que pour le profane désorienté il est parfois intéressant de commencer par un best of ou mieux encore une anthologie.

C’est cette méthode que j’ai employée à mes débuts pour découvrir les Ramones et son efficacité m’a ensuite conduit à connaître une grande partie de leur répertoire.

Ainsi les doubles cd « Hey ho let’s go (The Ramones anthology) » sortis en 1999 constituent une excellente occasion pour découvrir un groupe qu’on ne connaît jusqu’alors que de réputation aussi flatteuse soit elle.

La pochette l’annonce, le coté old school au pied du mur des premiers (et mythiques !) albums des années 70 sera ici particulièrement mis en avant.

Une première galette de 33 morceaux (la plupart sous les 2 minutes 30 !) installe tout de suite l’ambiance avec les titres les plus emblématiques des New-Yorkais.

Voici donc la déferlante des plus grands hymnes punk-rock jamais écrits, les prime sautiers « Blitzkrieg pop » « Judy is a punk » , l’impeccable « Beat on brat » et son riff tendu comme un arc ainsi que le plus pop mais glissant comme un bonbon sucré dans la gorge « I wanna be your boyfriend ».

En comparaison « 53RD & 3RD » paraît bien plus plat et répétitif mais l’infernale machine à hits reprend aussitôt ses droits avec les tubesques « Now I wanna sniff some glue » , « Glad to see you », le salutaire « Gimme gimme shock treatment » qui ferait pogotter un paralytique.

Légers et pops comme des chewing gums « I remember you » et « California sun » ce dernier remarquable par ses tonalités musicales empruntées à la surf-music, introduisent le très punk et ultra accrocheur « Commando » repris ultérieurement par Metallica.

Bercé par autant de facilité, de fluidité et de classe, l’auditeur évolue dans un océan de félicité absolue.

Le plaisir continue avec le divin « Swallow my pride » aux chœurs soignés avant de s’atténuer sur les plus quelconques « Carbona glue » et « Pinhead » puis de repartir de plus belle sur sans doute le plus grand tube des Ramones « Sheena is a punk rocker » (la cousine de Judy en mieux !) .

Efficaces et fluide, « Cretin hop » annonce « Rockaway beach » idéal pour faire la fête en vacance au soleil et la ballade plus intimiste « Here today, gone tomorrow ».

On poursuit avec l’hymne 200% punk et destroy « Teenage lobotomy » et le plus surf de tout le répertoire du groupe l’excellente reprise déglinguée du « Surfin’ bird » des Trashmen (1963).

Simple et touchant « I don’t care » met sur orbite l’étincelant « I just wanna something to do », l’incroyable tube « I wanna be sedated » (sans doute ma chanson préféré des Ramones) , la superbe ballade « Don’t come close » puis l’irresistible déclaration d’amour « She is the one ».

Après ce quatuor magique, le niveau des compositions baisse fortement.

Un assortiment de ballades mièvres « Needles & pins »  « I want you around »   est contrebalancé par des rock rétro et festifs « Rock ’n’ roll high school »  « Do you remember rock’n’roll radio ? ».

Le disque premier termine sur des titres punk rock plus ternes qu’ils soient mélodiques sur « I can’t make it on time », ou plus soutenus « Chinese rock », « I’m affected ».

On fera preuve d’indulgence avec « Danny says », gentille ballade naïve sauvée in extremis de la noyade par le timbre magique de Joey Ramone.

Globalement le disque numero un tutoie l’excellence et serait amplement suffisant pour un best of de grand luxe mais comme il s’agit d’une anthologie nous découvrons le disque numero deux composé de 25 titres.

Débuts impeccables avec le classique « The KKK took my baby away », le tube mélodique « She is a sensation », le sympathique rock « It’s not my place (in the 9 to 5 world) ».

On atteint les sommet sur « We want the airwaves » l’un des plus beaux joyaux de la collection enchaîné par le punk agressif «  Psycho therapy » , le tube « Howling t the moon (sha-la-la) » aux refrains irrésistibles et le bien déjanté « Mama’s boy ».

Passage plus pop avec « Daytime dilemna (Danger of love) » et rock profond avec « I’m not afraid of life ».

Efficacité incontestable avec  « Too tough to die », déglingue punk avec « Endless vacation » .

Le groupe se montre toujours convaincant dans un registre pop (« My brain is hanging upside down »  le très léger « Something to believe in » ) ou plus féroce (« Somebody put something in my drink » ).

Le coté plus sombre des Ramones ressurgit épisodiquement sur la belle power ballade intimiste « I don’t wanna live this life anymore »avant que « I wanna live » ne vienne ré enflammer de nouveau les pistes par son punch et son groove estampillés hors catégorie.

La hargne de « Garden of serinity » contraste étrangement avec la douceur du Noel-punk « Merry Christmas » .

Deux tubes pour poursuivre le pessimiste  « Pet sematary » et l’optimiste « I believe in miracles », avant d’enchaîner sur le moins connu mais superbement élancé « Tomorrow she goes away ».

Retour de la pop de qualité avec « Poison heart », du tube irresistible « I don’t want to grow up »  pour préparer la fin du disque composée de la ballade « She talks to rainbow » belle à en pleurer et de l’hymne survolté « R.A.M.O.N.E.S » repris par Motorhead.

En conclusion, inutile de chercher plus loin, voici l’indispensable anthologie à posséder en ce qui concerne les Ramones.

Révolte, malaise adolescent, naïveté et légèreté aussi parfois sont les thèmes les plus récurrent de leurs chansons.

Tout figure ou presque dans « Hey ho let’s go (The Ramones anthology) », les hymnes punk survitaminés, les ballades, les morceaux légers plus pop, rock ‘n’ roll ou surf music.

Les Ramones véritables artisans surdoués du format court, maîtrisaient toute la gamme du rock et étaient capables de mélanger divers ingrédients pour concocter des merveilles de simplicité, d’énergie et d’efficacité mélodique.

Mais le groupe n’aurait sans doute pas eu le même éclat sans Joey Ramone et sa voix magique si chaude et touchante.

Aujourd’hui l’héritage laissé par les New Yorkais continue de survivre et la plupart des groupes de rock, de punk ou de métal s’en inspirent et s’en inspireront toujours tant il transcendra à jamais les  les époques et leurs modes passagères.


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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 15:25

Mondo_bizarro.jpg

4

 

Après un « Brain drain » plus sombre et violent qu’à l’accoutumé, les Ramones franchissent le cap des années 90 avec « Mondo bizarro » sorti en 1992.

Le groupe s’adjoint pour l’occasion un nouveau bassiste CJ Ramone remplaçant de l’impétueux Dee Dee Ramone parti suite à d’interminables luttes intestines et à des graves problèmes de santé.

La pochette de l’album repose sur un concept tout simple basé sur un jeu d’optique donnant l’impression de délire narcotiques ou fortement alcoolisés.

« Mondo bizarro » débute en pente douce par un « Censorshit »  et « The job that ate my brain » peu marquants et inspirés malgré leurs riffs offensifs et leur vitesse d'exécution.

Le son très clair et rock du producteur Ed Stasium, bien que d’excellente qualité ne suffit pas pour autant à combler une certaine uniformité.

C’est dans un registre plus pop que les Ramones surprennent agréablement avec « Poison heart » ou l’on retrouve leur légendaire efficacité mélodique ainsi que la voix si chaleureuse de Joey Ramone.

L’album semble donc avoir trouvé son rythme de croisière, ce que confirment « Anxiety » vif et effilé comme une lame de cran d’arrêt et « Strenght to endure » mid tempo rock chaloupé au refrain impérial.

Le quelconque et faiblard « It’s gonna be alright » fait chuter la tension avant que l’excellente reprise à la sauce punk des Doors « Take it has it comes » ne vienne de nouveau secouer l’auditeur.

Ce morceau produit un fascinant croisement entre la plus grande voix du rock (Jim Morrison) et la plus grande voix du punk (Joey Ramone).

 « Main man » rock puissant et chaud introduit « Tomorrow she goes away » sans nul doute l’une des plus belles preuves du monstrueux talent du groupe pour même à l’orée des années 90 composer encore des petits bijoux d’hymnes punk rock.

Transition plus calme assez mièvre avec « I won’t let it happen » qui vient lancer le très saccadé « Cabbies on crack » alourdi par ses riffs heavy metal.

L’album se termine sur le trop classique « Heidi is a headcase » et le sympathique « Touring » aux accents rock’n’roll délicieusement rétro.

En conclusion, même si on taxa souvent les Ramones de déclin dans les années 90, on reconnaîtra que objectivement avec le recul ce « Mondo bizarro » tient encore bien fermement sur ces jambes.

Le seul reproche qu’on pourrait lui adresser est de ne pas receler de tube du calibre des premiers efforts des années 70, mais enterrer pour autant ce disque serait dénigrer des titres forts comme « Poison heart » ou « Tomorrow she goes away » ou  même la succulente reprise des Doors.

« Mondo bizarro » n’est sans doute pas le meilleur ou le plus violent des albums des Ramones, mais c’est un très bon album de punk rock homogène, solide et plaisant ce qui à mes yeux est déjà beaucoup.


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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:59

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En 1973, après deux premiers albums faisant l’effet de bombes à fragmentation, des performances scéniques mémorables et s’être fait virés de leur première maison de disque en raison de leur caractère incontrôlable, The Stooges trouvent un allié de choix en la personne de David Bowie qui accepte de produire leur nouvel album le bien nommé « Raw power » .

Cette fois ci Ron Asheton troque sa guitare contre la basse et c’est James Williamson qui le remplace et qui sera crédité de toutes les compositions aux cotés d’Iggy Pop.

« Raw power » débute par « Search and destroy » qui tel un train fou lancé à pleine vapeur, déchaîne un ouragan de à base de fer et de feu.

Le tempo est ultra rapide, les guitares puissantes et acérées, le chant d’Iggy Pop vibrant d’intensité en permanence au bord de l’explosion.

Le résultat est purement monstrueux.

Superbe power ballade alternant passage doux et furieux, « Gimme danger » prend tout le monde à revers et bluffe par sa maîtrise.

Le groupe repasse la surmultipliée avec « Your pretty face is going to hell », ultra rapide, agressif, méchant et vicieux.

On pense à une impasse mal éclairée ou un junky hagard et décharné nous menacerait avec un tesson de bouteille ou une seringue tant ce titre suinte la violence et la haine.

L’alternance se poursuit avec le faussement doucereux « Pénétration », terriblement sombre, glauque et obsédant.

Renouant avec les tempo rapides et puissant « Raw power » est une nouvelle salve atomique avec un impact toutefois moindre que ses prédécesseurs.

Véritable fausse ballade, « I need somebody » est un monument de blues malsain et poisseux vampirisé par un Iggy Pop plus grinçant que jamais.

Lui succedant « Shake appeal » est un boogie balançant tout en conservant un punch et une agressivité prodigieuses.

Le très sinistre « Death trip » termine en force ce disque impressionnant.

En conclusion, avec ses 34 petites minutes, « Raw power » est l’un des disques les plus violents et les plus intenses de l’histoire du rock.

Tout n’est ici que déferlement de violence, de puissance brute, d’énergie animale ne demandant qu’a exploser à la face d’un auditeur ne s’attendant certainement pas à subir pareil choc.

Le son particulièrement dur, crade et métallique trouve ici un formidable écho dans le chant hyper agressif et souvent à la limite du déraillement d’un Iggy Pop galvanisé par le souffle de la jeunesse et par les effets des multiples drogues qu’il prenait à l’époque.

Disque de voyous camés, agressifs et menaçants, « Raw power » se révèle particulièrement éprouvant par sa puissance frontale et son nihilisme exacerbé qui viennent heurter par vagues les fragiles oreilles d’un auditeur frappé de stupeur.

Inutile de chercher davantage, jamais le rock et le punk, ne parvinrent à égaler ce disque unique et définitif.

« Raw power » clora donc l’une des trilogies les plus fameuses du rock et sera le chant du cygne d’un groupe qui incapable de garder plus longtemps sa cohésion, explosera peu après sa sortie.

Reste après le mythe, et l’impact sur les générations futures.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 14:56

the_stooges.jpg5.gif

En 1969, en pleine vague hippie, The stooges quatre jeunes américains déjantés issus de la scène musicale underground de Détroit sortent un album éponyme complétement à contre courant des modes de l'époque qui va changer à tout jamais la face de la musique rock.

Le groupe est composé de deux fréres, Ron Asheton à la guitare, Scott à la batterie, de Dave Alexander à la basse et d’un chanteur au jeu de scène d’une excentricité encore jamais vue à l’époque, Iggy Pop.

« The stooges » commence par « 1969 » qui marque les esprits par ses riffs durs, acérés, métalliques, le « clap-clap » de batterie qui rythme son tempo et la voix charismatique de son chanteur clamant son désœuvrement, son mal être existentiel sur une rage contenue explosant au final tandis que la guitare bouillonne de sons distordus.

Si on ne devait retenir qu’une seul titre de la carrière des Stooges et de celle de leur maître chien Iggy Pop ce serait sans nul doute « I wanna be your dog » , titre mythique, doté d’un riff historique, à la fois puissant et répétitif à l’envie et de paroles complètement décalées et « destroy ».

Encore une fois le tintement de clochettes qui vient soutenir la structure de ce titre de légende, produit un effet  dynamique continu absolument prodigieux.

Après ces deux premiers titres courts, mordant, rageurs et parfaitement équilibrés, l’atmosphère bascule brutalement sur « We will fall » , longue et lente descente dans les abysses du désespoir le plus total.

On pense à un mauvais trip de junkie ou au prélude hypnotique d’une fin annoncée.

Le résultat poignant et glaçant à la fois, fait l’effet d’une veillée funèbre ou l’on côtoierait la part la plus intime d’autres êtres humains en souffrance.

Heureusement, la vie reprend ses droits sur « No fun », impeccable classique du groupe avec sa guitare obsédante, son irrésistible groove de batterie sautillant contrastant avec des paroles toujours très nihilistes et rageuses.

Arrive ensuite le court  « Real cool time » et ses riffs d’acier, qui fait souvent figure de morceau de lancement sur scène afin de faire monter l’ambiance de plusieurs crans.

Plus calme « Ann » ressemble à une ballade éthérée d’une tristesse infinie à en pleurer toutes les larmes de son corps.

Après avoir côtoyé toutes ces cimes himalayennes, on peut considérer que « Not right » heurté et brouillon, est le morceau le plus faible de ce disque monstrueux.

Vicieux, lancinant et distordu,« Little doll » parachève le tableau.

En conclusion, « The stooges » peut être considéré comme un disque culte, véritable charnière dans le monde de la musique rock.

Les quatre mauvais garçons de Détroit inventent un son  de guitare distordu, puissant, dur et par l’intermédiaire de leur chanteur emblématique une attitude provocante, agressive, asociale, nihiliste qui influenceront pendant de nombreuses décennies le rock, le punk et le heavy metal.

D’une durée de seulement 34 minutes étalées sur huit morceaux, « The Stooges » contient trois classiques qui ont traversés les époques et son devenus quasiment immortels, le reste de l’album étant d’un niveau proprement exceptionnel.

« The stooges » nous met donc en présence d’une pièce historique marquant un tournant dans l’évolution de la musique.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 21:12


En 1994, Therapy ? Petit trio irlandais de Belfast quasi inconnu du grand public crée la surprise en sortant une véritable bombe : « Troublegum ».

Dans cette petite structure on trouve Andy Cairns au chant/guitare, Martin Mc Keegan à la basse et Fyfe Ewing à la batterie.

Ce « Troublegum » à la pochette étrange, débute par un punch dans l’estomac avec le terrible « The knives » , court, intense et gavé d’agressivité.

Le format, l’attitude nihiliste, je m’en foutiste, le sentiment d’urgence sont punk mais le son lourd et terriblement puissant fait irrémédiablement penser au métal moderne.

 « Screamager » qui arrive après l’électrochoc de « The knives » présente un coté plus accessible avec d’excellents refrains immédiatement mémorisables.

C’est la pour moi que réside la force de Therapy ? Produire une musique très puissante tout en gardant un coté mélodique suffisamment accrocheur pour séduire.

Bourré d’énergie, de riffs et de refrains fantastiques « Hellbelly » produit l’effet d’un irrésistible rouleau compresseur aux effets dévastateurs mais est pourtant surclassé par « Stop it you ‘re killing me » , en raison de son riff infernal et massif, tournoyant inlassablement telle une gigantesque boule de démolition perpétuellement en mouvement.

« Going nowhere » est le morceau le plus connu de Therapy ?, celui qui les fit exploser au plus haut niveau et passer sur les média grand public.

A l’époque j’assistais médusé à la diffusion du clip en boucle à 7h du matin sur M6.

« Going nowhere » court, intense et maîtrisé, condense en lui seul en un peu plus de deux minutes tout le talent et le savoir faire du groupe.

Plus rock, mélodique mais néanmoins bien rythmé, « Die laughing » fut également un des plus grands tubes de Therapy ?  en raison des ses refrains accrocheurs.

Après ce début en fanfare, les Irlandais éprouvent enfin le besoin de souffler avec « Unbeliever » , lent, hypnotique et étrange, assez révélateur du style moins linéaire que le groupe adoptera par la suite.

On revient aux gifles assénées avec une force surhumaine avec « Trigger inside », irrésistible bombe construite à base de riffs et de refrains thermo nucléaires.

Moins évident « Lunacy booth » est pourtant extrêmement intéressant avec son alternance de passages lancinants et de refrains sifflant comme des serpents diaboliques.

« Isolation » est un titre une nouvelle fois parfaitement incroyable à la fois rapide, puissant et terriblement magnétique.

Sur « Turn »  , Andy Cairns pose sa voix rauque sur un magnifique tempo torturé et sombre rappelant fortement le meilleur d’Alice in Chains.

On assiste ensuite à une légère baisse de régime.

Si « Femtex »  a un coté peut être plus facile et  « Unrequited » étrange et plaintif, s’avère plus déroutant,« Brainsaw » brutal et hargneux vient terminer en force cet album explosif.

Avec « Troublegum », Therapy ? signe un coup de maître et sans doute l’un des meilleurs albums de punk rock de l’histoire.

Le niveau des composition est tout bonnement hallucinant, alliant  esprit punk, énorme puissance de feu métallique et o divine surprise quelques légères variations rock plus intimistes pour achever de prendre tout le monde à revers.

Il n’y a pratiquement rien à jeter sur ce disque majeur des années 90.

L’amateur de musique complexe, raffinée, d’ambiances tamisées à la texture subtile ne pourra pas aimer cet album qui s’écoute généralement d’une traite sans même prendre le temps de reprendre sa respiration, saoulé que l’on est par les multiples coups de boutoirs de cet orage de feu et de fer que l’on subit en quasi permanence.

« Troublegum » eut un immense impact et le groupe qui semblait avoir trouvé la formule magique du succès éternel, ne fut jamais en mesure de rééditer un exploit de cette trempe, sombrant au fil des années dans un anonymat progressif ce que l’on ne peut au final qu’ardemment regretter.

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 20:03


En ce bas monde tout à un commencement et une fin j’imagine et même les groupes de rock légendaires comme les Ramones n’échappent pas à cette loi terrestre immuable.

En 1995, après « Acid eaters » un album de reprises-hommages à leurs influences, les quatre héros du punk rock usés par les querelles internes, la lassitude et les problèmes de santé de Joey, sortent le bien nommé « Adios amigos! » qui sera leur dernier album.

A la production de ce bijou on retrouve le fidèle Daniel Rey.

CJ Ramone à la basse, Marky Ramone à la batterie, viennent compléter l’épine dorsale formée des deux « dinosaures » Joey et Johnny.

De dinosaures il est également question sur la pochette très loufoque figurant deux tyrannosaures rex portant de superbes sombrero mexicains ( !).

Le dos de la pochette représentant une parodie de western mexicain ou les membres de groupes se trouvent alignés contre en mur en attendant leur exécution est un joli clin d’œil explicite à leurs débuts mais aussi à leur fin.

Mais avec les Ramones il est impossible que l’enterrement soit triste, il sera donc de haute volée et fidèle à leur fantastique carrière.

On démarre très fort avec une géniale reprise de Tom Waits, « I don’t wanna grow up ».

Rythme enlevé et refrain fédérateur font de ce morceau un formidable hymne à la jeunesse éternelle et au refus de grandir qui habitent ces éternels teen agers montés en graine.

Le son est clair, puissant sans être trop lourd et agressif.

« Makin monsters for my friends » irrésistible tube punk-rock est dans le même esprit potache et décalé.

Joey glisse sa voix de velours sur le plus subtile et nuancé « It’s not for me to know » avant de remettre les gaz sur « The crusher » titre survitaminé, génial dédié au monde assez cartoonesque également du catch.

Emotion sur « Life’s gas » , superbement mélodique et mélancolique, digne des plus grands morceaux des Ramones.

Sur ce titre à la philosophie simple mais juste, Joey déjà meurtri dans sa chair par sa maladie naissante compare la volatilité de la vie à celle d’un gaz.

« Take the pain away » poursuit la sarabande de manière très efficace mais le poussif « I love you » marque le seul et unique faux pas de ce disque jusqu’alors parfait.

Le léger faiblissement est vite balayé d’un revers de perfecto par un fantastique « Cretin family » et « Have a nice day » , hilarants, très punk et formidablement attachants par leurs coté adolescents rebelles.

Le groupe aborde le dernier virage avec un « Scatter gun » assez rock et « Got a lot to say » rappelant par son dépouillement, sa rage et sa férocité punk les débuts glorieux de la formation dans les années 70.

« She talks to rainbows » est une très magnifique ballade, sur laquelle la voix d’un Joey solitaire et mal aimé donne envie de pleurer.

On croit trouver en « Born to die in Berlin » solidement rock une digne conclusion à ce disque historique mais le groupe envoie une ultime fusée éclairante à la face du monde sous la forme de l’incroyable bonus « R.A.M.O.N.E.S »  qui en 1’24 résume à lui tout seul le génie de ce groupe.

« Adios amigos ! » est un superbe album, un formidable cadeau d’adieu de l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps à son public restreint mais fidèle jusqu’aux derniers instants.

Les Ramones retrouvent ici la carburation idéale et un son de guitare parfait à mi chemin entre l’offensive contrôlée du punk et le coté mélodique dévastateur de leurs influences rock.

Album d’adieu, « Adios amigos !» est paradoxalement souvent drôle  et gavé d’une énergie communicative idéale pour se mettre de bonne humeur et en train le matin.

En chroniquant récemment une bonne partie de leurs disques, je me suis aperçu que j’avais souvent la tête remplie des formidables chansons des Ramones, que celles ci habillaient ma vie et continueraient à le faire vraisemblablement jusqu’à ma mort.

Alors que représentent les Ramones pour moi ? Des chansons immortelles, une des plus grande voix du rock, un feeling et une attitude insurpassables.

L’héritage des Ramones aujourd’hui ? Leurs tee shirts se vendent comme des petits pains et sont souvent portés par des jeunes qui n’étaient même pas nés lorsqu’ils faisaient leurs débuts dans les petits clubs new yorkais dans les années 70.

J’ai même vu récemment une publicité Bouygues Télécoms avec un tee shirt des Ramones (!)

Hyper influents mais assez underground puisqu’ils vendirent très peu de disques, les Ramones avaient tous les attributs d’un groupe culte.

Ils étaient le vrai rock dans sa plus pure expression, jeune, instinctif, sauvage, rebelle, indomptable mais aussi parfois terriblement fragile et émouvant.
Adieux les amis donc ...et merci.

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Published by Seth - dans Punk Rock
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 21:20


Pour les Ramones, la seconde partie des années 80 marque un peu à la manière d'une fuite en avant, une orientation vers une musique plus métallique et sombre.

« Brain drain » , sorti en 1989, présente une pochette à l’ esthétique qui bien que réussie, peut sembler étonnement horrifique pour un groupe de rock comme les Ramones sans que l’on sache si leur rapprochement avec le monde cauchemardesque de l’écrivain fantastique Stephen King pour le film « Simetierre »  en soit précisément la cause.

Au niveau du personnel impliqué dans la composition de ce disque, on notera le retour de Marky Ramone à la batterie en remplacement de Richie Ramone, la production étant assurée par pas moins de trois producteurs de « confiance » gravitant depuis longtemps dans l’univers des Ramones : Daniel Rey, Jean Beauvoir et Bill Lasewell.

Comme quasiment tous les albums des Ramones (même les plus faibles) , « Brain drain » commence par un titre diablement efficace, le mid tempo et finalement très optimiste « I believe in miracles ».

Agressif, rapide, incisif, « Zero zero ufo » s’oriente ensuite vers un son très massif et métallique.

Puissance toujours mais agrémentée d’un refrain mélodique particulièrement réussi avec « Don’ t bust my chops » qui montre que les Ramones ont encore de beaux restes en matière de compositions accrocheuses.

Le disque connaît ensuite un gros passage à vide avec « Punishment fits the crime » et « All screw up » plus lents et effacés, qui manquent cruellement d’inspiration.

Meme « Palisades park » reprise d’un générique chanté par un animateur de télévision Freddy Canon, pourtant jouée sur un tempo rapide et ornée d’un léger feeling rétro ne parvient pas à relever franchement le niveau.

« Pet semetary » composé pour le film Simetierre adapté du roman de Stephen King, est un tube génial, que l’auditeur pourrait écouter en boucle, avec ce refrain irrésistiblement touchant porté par la voix magiquement veloutée de Joey Ramone.

« Pet semetary » deviendra de manière tout à fait logique un classique immortel des Ramones mais à l'écoute du disque ce pur moment de grâce est vite effacé par « Learn to listen » particulièrement poussif et pénible.

Deuxième moment de grâce avec « Can’t get you of my mind » , qui bien que moins tubesque de « Pet semetary » n ‘en demeure pas moins un superbe morceau mélodieux au charme mélancolique.

Retour au bastonnage intensif avec « Ignorance is a bliss », dont le style agressif et brut de décoffrage atteint cette fois sa cible.

« Come back baby » ballade (pop)-rock s’écoute mais sonne tout de même trop passe partout pour marquer les esprits.

Le disque se termine sur une curiosité « Merry christmas, ( I don’t wanna fight tonight) » , une sorte de chant de Noël punk, amusant, léger et sympathique.

En conclusion «  Brain drain »  est un album solide, parfois agressif, doté d’un son puissant et clair pour l ‘époque, ce qui lui assure un niveau de qualité minimal.

Pour autant cette bonne production ne saurait masquer la faiblesse de certains morceaux qui sans être abominables n’en demeurent pas moins très quelconques.

« Brain drain » est pour moi l’album de deux titres inoubliables en réalité, « Pet semetary » et « I can’t get out of my mind » auxquels on pourrait adjoindre à un degré moindre« I believe in miracles », le reste des compositions étant plutôt dans une moyenne sans grand éclat, folie ou génie pour un groupe de cette envergure.

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