Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
Dans la catégorie monstre de l’histoire du rock, il manquait à mon palmarès « Nevermind » de Nirvana.
Sorti en 1991, « Nevermind » marque l’explosion du phénomène Grunge qui brulera de mille feux avant de se consumer trois ans après avec la mort de son leader Kurt Cobain laissant ses
deux acolytes le bassiste géant Krist Novoselic et le batteur surdoué Dave Grohl orphelins à tout jamais.
En 1991, Nirvana est un groupe de l’underground assimilé au rock alternatif tendance punk et les ventes aussi colossales qu’inespérées de ce disque vont changer son statut en propulsant ses
membres superstars de la musique et leaders de toute une génération en proie à un vaste mal être adolescent tendance nihiliste voir suicidaire.
Trop lourd à supporter donc pour les frêles épaules de musiciens d’une vingtaine d’années qui n’avaient rien demandé à personnes …
Mais délaissons l’aspect sociologique certes passionnant, pour nous focaliser sur l’œuvre en elle-même.
Avec sa pochette presque politiquement correcte représentant un bébé aquatique déjà attiré par l’appât du gain, « Nevermind » débute par ni plus ni moins qu’un des plus grands tubes de
l’histoire du rock, « Smells like teen spirit » .
Porté par un riff imparable et par l’équilibre parfait entre accalmies à fleurs de peaux et brutaux déchainements de violence, « Smells like teen spirit » est indiscutablement le hit de
Nirvana, relayé par un incommensurable matraquage vidéo sur la chaine MTV.
Secoué par la puissance du choc initial, l’auditeur avance en titubant vers la suite, encaissant un « In bloom » plus calme et passe partout avant d’être pris à revers par la mélodie
d’un « Come as you are » ou la voix déchirante de Cobain véhicule une charge émotionnelle purement irrésistible.
Nirvana ressort les armes à feu avec « Breed » sauvage, destroy à la limite du punk enchainé d’un « Lithium » dont les lourdes vagues progressive d’énergie pure viennent
frapper de plein fouet l’auditeur ravi de pareil traitement.
Un court break est donné avec « Polly » charmante ballade acoustique avant le féroce concentré de violence pure « Territorial pissings » .
Une baisse de niveau se fait sentir sur le plus fade et tortueux « Drain you » puis sur le déstructuré « Lounge act » avant que l’infernale machine à asséner une pluie de
riffs tranchants au milieu d’une tornade d’énergie brute ne reprenne brutalement vie sur « Stay away ».
Saoulé de coups, on attaque l’esprit détaché la fin de l’album qui arrive avec « On a plain » rock mélodique agréable et une ultime et magnifique ballade « Something in the
way » ou toute la sensibilité mise à nue du chanteur s’exprime.
En conclusion, qu’on aime ou qu’on aime pas Nirvana, « Nevermind » est un très grand album qui n’a pas loin de la usurpé sa réputation culte.
Au sommet de son art, Nirvana produit de véritables bombes Grunge, comprimant le coté mélodique de la pop et la férocité du punk pour créer une nouvelle musique aussi puissante
qu’émotionnelle.
On sent que les musiciens ne font pas semblant, se vident les tripes sans calculer ou chercher à plaire.
Le résultat est aussi authentique, douloureux, brutal, déchirant et émouvant qu’un accouchement au forceps.
Impossible donc de ne pas être emporté par l’ambiance de révolte, de rage mais aussi de désespoir de ce disque d'écorchés vifs doublés de défoncés nihilistes.
Cette qualité musicale et cette intensité quasi surnaturelle furent sans nul doute ce qui toucha les masses et provoqua l’adhésion de tous les rockers punk, hard ou pop en mal de héros qui se
retrouvèrent derrière cet album puissamment fédérateur.
« Nevermind » ou le meilleur album de Nirvana et un classique incontournable pour tout fan de rock qui se respecte.