Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Nous restons dans le registre souvent plaisant des comics vintage avec « Vengeurs : la guerre krees/skrulls » paru en 1971.
A l’origine de ce nouveau cross over galactique, le scénariste star des 70, Roy Thomas avec pour illustrer son propos les dessinateurs Neal Adams, Sal et John Buscema.
« Vengeurs : la guerre krees/skrulls » utilise le vieil antagonisme entre les deux races extra terrestres ennemies de toujours, avec comme enjeu principal de cette guerre, notre bonne
vieille planète terre ou évoluent les Vengeurs.
Le héros maudit Captain Marvel, issu de la race kree, semble être l’élément clé du conflit.
On découvre le lien qui l’unit avec Rick Jones (ex ami de Hulk), jeune homme sans histoire, doté de néga-bracelets, lui permettant de faire prendre la place de Marvel, exilé en pleine dérive dans
la zone négative.
Après un court interlude sans réelle importance ou le terrible Annihilus profite d’une brèche pour venir sur terre avant d’être sèchement renvoyé d’où il vient, Captain Marvel irradié et mal en
point est finalement traité contre son gré par ses collègues Vengeurs (Vision, Sorcière rouge, Vif argent).
Coté kree, Ronan l’accusateur prend le pouvoir face à l’Intelligence suprême et lâche une puissante sentinelle sur les Vengeurs.
Le robot ne fait qu’une bouchée des Vengeurs en effectif réduit avec une Vision affaiblie par ses efforts pour soigner Marvel et n’a aucune difficulté à enlever Captain Marvel.
Puis le récit bascule brutalement vers l’Antarctique ou les Vengeurs se rendent à l’appel de Goliath (Œil de Faucon métamorphosé en Giant man plus viril) pour secourir Pourpoint jaune le mari de
la Guêpe disparu dans une curieuse jungle artificielle perdue au milieu de la banquise.
En réalité, c’est encore une fois Ronan et sa sentinelle qui sont derrière tout cela avec la mise au point d’une machine infernale destinée à faire régresser l’humanité au stade amibien.
Ronan et la sentinelle se montrent une nouvelle fois trop forts pour les Vengeurs et les capturent tous à l’exception de Vif argent et Rick Jones.
Pire, Goliath est contrôlé mentalement et Pourpoint jaune soumis au rayon de l’évolution, a régressé jusqu’au stade de l’homme des cavernes.
Mais la courageuse attaque de Vif argent et Rick offrent une diversion suffisante pour permettre aux Vengeurs de se libérer et détruire la machine infernale.
La nouvelle d’une attaque d’envergure des skrulls contre le royaume des krees oblige Ronan à mettre un terme à ses plans et laisser sa sentinelle s’auto détruire.
Le processus d’évolution s’inverse et Pourpoint jaune redevient normal.
De retour à New York, les Vengeurs doivent faire face à une montée imprévue du racisme anti alien, soigneusement entretenu par le politicien Craddock.
Ce climat de suspicion et de chasse aux sorcières fait immanquablement penser au Mc Carthysme et même si les Vengeurs attaqués de toute part, y compris de manière surprenante par leurs collègues
Fantastiques, continuent de protéger Captain Marvel.
Malgré cela, l’étau se resserre lorsque Thor, Iron-man et Captain america dissolvent l’équipe pour la punir d’avoir aider Marvel, qui de toute façon a été une nouvelle fois capturé mais cette
fois par les Skrulls.
Sous la plume de Neal Adams se déroule alors un interlude original ou l’Homme fourmi réduit sa taille pour explorer de l’intérieur le corps malade de la Vision et le réparer.
Guéri par l’intervention de son créateur, la Vision peut expliquer à Thor, Iron-man et Captain america l’agression surprise dont ont été victimes les Vengeurs par trois skrulls dotés de
l’apparence et des pouvoirs des Fantastiques.
La contre attaque des Vengeurs a donc lieu et le quatuor de choc parvient aisément à vaincre les Fantastiques de série B, sans pouvoir empêcher leur chef le Super skrull de s’enfuir avec les
Vengeurs prisonniers.
En plein combat, Goliath semble perdre ses pouvoirs et même la Vision infiltrée dans le cockpit du vaisseau comprend qu’il ne peut vaincre à lui seul le Super skrulls doté des pouvoirs des 4
Fantastiques et préfère abandonner ses amis.
Tandis que le Super skrull a le déplaisir de se voir détenu prisonnier sur son propre monde, l’empereur skrull fait pression pour que Marvel lui livre les secrets défensifs des krees en jouant à
mettre en difficulté Vif argent et la Sorcière rouge face à des monstruosités de l’espace.
Sur terre, les Vengeurs utilisent les compétences scientifiques d’Iron-man pour démanteler en douceur un bataillon de soldats mandroides mandatés par le virulent Craddock et volent ensuite au
secours de Flèche noire, le monarque des Inhumains à retrouver son trône une nouvelle fois usurpé par son frère Maximus.
Les Vengeurs sont ensuite aidés par Nick Fury qui leur fourni une navette spatiale du S.H.I.E.L.D pour se rendre dans le royaume des skrulls afin de libérer leurs amis détenus.
Même l’armada des croiseurs skrulls ne peut arrêter Thor, Iron-man et la Vision mais tandis que Captain Marvel parvient à gagner du temps en neutralisant l’arme anti kree que les skrulls l’ont
forcé à créer, Rick Jones détenu dans le monde des krees révèle alors avec l’aide de l’Intelligence suprême d’étonnants pouvoirs qui lui permet à lui seul de paralyser krees et skrulls et de
mettre ainsi fin au conflit.
Son action a également pour effet de dévoiler la véritable nature de Craddock, en réalité un skrull infiltré pour attiser sur terre la haine anti kree.
L’histoire se clôt ensuite lorsque Marvel fusionne avec Rick pour l’aider à se remettre de sa terrible épreuve.
En conclusion, « Vengeurs : la guerre krees/skrulls » est une aventure de grande envergure galactique mais qui manque pour moi de fond sur le scénario et surtout d’intensité pour
atteindre les sommets escomptés.
La guerre entre krees et skrulls est en réalité peu passionnante, les derniers nommés étant malgré tout les plus intéressants en raison de leurs capacités d’infiltrations liées à leur nature
métamorphe.
Dans ce conflit stérile, Ronan et son symétrique le Super skrull sont les personnages les plus intéressants car considérés comme rebelles dans leurs propres camps.
Reste ensuite l’intervention de l’Intelligence suprême comme juge de paix, utilisant le brave Jones comme vecteur de la neutralisation du conflit.
Décevantes également sont les confrontations avec les Vengeurs, réduits à une équipe de petit calibre, qui à l’exception de la Vision ne pèse souvent pas bien lourd dans les combats.
Enfin au niveau du graphisme, Adams impose son style fin et élégant face à celui plus standard de Buscema.
« Vengeurs : la guerre krees/skrulls », un classique pour moi surestimé.