Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

De l’autre coté temporel de la courte carrière discographique des Pixies, figure « Trompe le monde » , quatrième et dernier album du groupe sorti en 1991, juste avant l’explosion de
leur fils illégitime, Nirvana.
Avec son titre français et sa pochette bizarroïde vous regardant d’un mauvais œil, « Trompe le monde » débute en souplesse avec « Trompe le monde » qui combine adroitement
vocaux mélodiques, riffs appuyés et batterie soutenue.
La suite est ensuite d’un tout autre acabit et bascule progressivement dans le métal le plus explosif avec le bien nommé « Planet of sound » sur lequel Frank Black pousse sa voix au
maximum.
On retrouve plus de fluidité mais toujours beaucoup de vitesse sur le plaisant « Alec Eiffel » qui contient pour moi tous les attributs d’un tube rock écrasant avec notamment la petite
touche de clavier supplémentaire de Eric Drew Feldman.
Comme son nom l’indique, « Sad punk » commence par un formidable défouloir punk ultra agressif avant de se calmer fortement dans sa seconde partie.
« Head on » reprise de The Jesus and Mary Chain contient également quelques velléités punk habilement canalisées pour produire un rock riche et puissant très agréable à l’écoute.
Le ton (et le niveau) baisse d’un cran sur « U-mass » lourd et emprunté, reprend du lustre sur « Palace of the Brine » enchainé d’un « Letter to Memphis » qui
fait la part belle aux guitares.
Quoi de mieux alors que de déguster un savoureux tube, « Bird dream of the Olympus Mons », sorte de synthèse parfaite de ce qu’un groupe de rock parfaitement inspiré peut produire au
sommet de son art ?
« Space (I believe in) » est un morceau assez étrange aux multiples ambiances et aux refrains scandés, tandis que « Subbacultcha » glisse sans trop se faire remarquer.
Les Pixies continuent d’aligner les titres nerveux comme le court et rageur « Distance equals rate time time » ou le véloce « Lovely day » puis optent finalement pour une
conclusion plus douce avec « Motorway to Roswell » et « The Navajo know » plus intimes et atmosphériques.
En conclusion, pour un épilogue, « Trompe le monde » n’a rien d’un album moribond et fait preuve d’une vigueur exceptionnelle.
Armés d’un son incroyablement puissant et fluide, les Pixies donnent tout ce qu’ils ont et accouchent d’une bombe power rock lorgnant fortement vers le punk et le métal.
La finesse mélodique et l’approche radio en prennent sans doute un coup, mais l’amateur de gros son lui en prend plein les oreilles et se régale de pareille débauche de décibels produites par des
guitares aussi aiguisées et aussi bien maniées.
Avec ce « Trompe la mort » puissant et conquérant, les Pixies laissent donc une place encore chaude pour leur successeurs du Grunge, mais également des monceaux de regrets pour leur
fan-base, qui leur attribueront par la suite un statut de groupe culte.