Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Rien de tel qu’un peu de musique pour terminer en pente douce une intense semaine de labeur.
Voici donc « Surfer rosa » premier album d’un groupe américain culte de Boston relativement peu connu, Pixies.
Sorti en 1988, « Surfer rosa » et sa superbe pochette sexy représentant une sculpturale danseuse de flamenco dénudée, est le résultat d’efforts du grassouillet Frank Black
(guitare/chant) âme créative du groupe, Joey Santiago (guitare), Kim Deal (basse) et David Lovering (batterie).
On débute par « Bone machine » mid tempo trainant doté d’un riff remarquable répété à l’envie.
Le second morceau, « Bone machine » raffinant sa structure en lui ajoutant des aspects mélodiques tout en conservant des riffs toujours prenant est plus réussi.
Pixies révèle ensuite ses influences punk en accélérant la cadence sur le court instrumental « Something against you » beaucoup plus violent.
Le sentiment d’urgence punk est dupliqué sur « Broken face » court et direct puis Black laisse le micro à Deal, le temps d’un « Gigantic » plus cadré.
Avec ses riffs distordus, ses voix masculines et féminines enchevêtrées, son équilibre fragile oscillant entre mélodie et violence, « River euphrates » caractérise parfaitement le style
du groupe avant que ne déboule son premier grand tube commercial « Where is my mind ? » titre posé dopé par de grands chœurs emphatiques.
Lui succédant « Cactus » porté par une dynamique sourde se montre plus aride puis laisse la place à un nouvel éclat rock « Tony’s theme » beaucoup plus vivant et offensif dans
ses attaques de guitares et dans le chant du duo Black/Deal.
Assez déroutant, Pixies aligne un « Oh my golly ! » bancal et médiocre, puis « Studio interlude » complètement bordélique et difficile à supporter.
L’auditeur se fait donc aspirer par le maelstrom punk-rock expérimental très intense de « Vamos » puis retombe abruptement sur « I’m amazed » et « Brick is red »
particulièrement lents et transparents.
Toujours surprenant, lorsqu’on s’y attend le moins, le groupe place quelques coups de griffe bien sentis sur « Caribou » hymne rock ultra intense et les supersoniques punk
« Vamos » et « Isla de Encanta » chantés en espagnol.
On calme le jeu avec « Ed is dead » au jeu de guitare planant néanmoins bigrement efficace puis s’envole sur « The Holiday song » irrésistible tube rock soutenu et mélodique.
Pixies tiennent fermement la cadence jusqu’à la fin du disque en poussant un « Nimrod’s son » enlevé, réintroduisent le chant féminin flirtant avec le hip hop sur « I’ve been
tired » pour finir d’achever l’auditeur par un « Levitate me » nouveau tube doté de mélodies terriblement accrocheuses.
En conclusion, encensé par la critique rock « Surfer rosa » est une petite bombe de créativité qui fit sensation en son temps.
Bien entendu, impossible de ne pas avoir de déchet sur 21 morceaux comprenant autant de prise de risque mais il parait impossible de ne pas succomber au talent de songwriting de Frank Black et à
sa redoutable habileté guitare en main.
En conservant des structures simples, Pixies parvient à engendrer un style musical au carrefour de la pop, du rock et du punk.
L’influence de Pixies sur Nirvana est connue de longue date et l’audacieux « Surfer rosa » confirme la filiation directe entre les deux groupes.
Parfois déroutant, irritant ou peu facile d’accès, « Surfer rosa » continent forcément des chansons qui finiront par toucher n’importe quel amateur de rock.
Plus de vingt cinq ans après, le respect demeure …