Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
De 1989 nous voila en 1994 avec « Strange n°297 » qui traduit fort bien mon désintérêt croissant de l’époque pour l’univers Marvel que je pensais à tort réservé au monde de
l’enfance.
Cette fois Lug, qui a été racheté à la fin des années 80 n’est plus et le logo Semic orne donc le mensuel, à la couverture à présent en papier glacé.
David Micheline (scénario) et Mark Bagley (dessins) tentent de redonner un coup de jeune à Spider-man, qui tout heureux d’avoir retrouvé ses parents enlevés soi disant à tort par Crane rouge qui
les prenait pour des espions, affronter son vieil ennemi le scientifique Alystair Smythe, transformé lui-même en monstre bio organique vaguement arachnéen pour rivaliser physiquement avec le
Tisseur.
Il faut donc un Spider-man particulièrement courroucé par l’exécution sans scrupules d’associés de Smythe pour venir à bout de cet ennemi complètement déshumanisé.
L’épisode laisse donc un Parker parfaitement soulagé filer le parfait amour avec la plantureuse Mary Jane.
Le bio-organique semble être particulièrement en vogue à cette époque puisque Iron-man scénarisé par Len Kaminski et dessiné par Kevin Hopgood, affronte dans une station spatial de Stark
Industries des nano organismes capable de copier et d’absorber les matériaux et technologies les environnants.
Dupé par Cawfield un des scientifiques à qui il avait loué la station pour des expériences chimiques, Stark endosse son armure pour résoudre le problème et malgré quelques adaptations
particulièrement ingénieuses de son armure pour en renforcer les capacités offensives, comprend que l’organisme technovore monstrueux auquel il a affaire semble impossible à éradiquer car se
reconstituant en permanence.
Grand ennemi de Iron-man, Namor également pris en main par Kaminski sur des dessins de Shawn Mc Manus, qui perçoit l’échouage d’un sous marin américain contre son royaume comme une nouvelle
provocation du monde de la surface et décide de se faire justice à l’aide de quelques soldats.
Alors que Namor aveuglé par sa rage, s’apprête à tuer des plongeurs de l’US Navy venus aider l’équipage à s’extraire du sous marin en difficulté, James Rhodes qui revêtu l’armure de War-machine,
vient en aide aux plongeurs et se retrouve alors dans un face à face sous marin avec le Prince des mers.
Le combat est d’une grande violence et War-machine peinant à contrôler la toute puissance de Namor sous l’eau l’amène dans les airs ou le combat s’équilibre avant qu’une capitaine de l’US Navy ne
parvienne à les raisonner pour secourir en priorité le sous marin.
Les deux héros comprennent alors qu’ils se sont laissés aveugler par leur orgueil de combattants et décident de faire cause commune pour secourir l’équipage du sous marin.
On termine par une histoire confuse des Vengeurs, Bob Harras (scénario) et Steve Epting (dessins), narrent comment quelques Vengeurs (Captain america, la Veuve noire, Hercule, Crystal, le
Chevalier noir) gravissent une citadelle enneigée ou est retenue la Vision par les Collecteurs, l’aveugle Cassandre, le colossal Sloth, l’énigmatique Tabula Magdalène travaillant tous pour un
mystérieux Proctor.
On comprend que la Vision est torturée alors qu’un usurpateur a pris sa place, plongé Swordsman dans le coma avant d’être capturé.
Dotés d’armures de protection, les Vengeurs semblent prendre le dessus sur leurs ennemis jusqu’à l’arrivée de Proctor qui se prétend guidé par un des Gardiens de l’univers pour trouver
l’éternelle Circé, responsable selon lui de la destruction des plusieurs mondes.
Au final, après un combat confus, le Chevalier noir doté d’une nouvelle épée d’énergie pure, tue Proctor mettant fin à ses volontés destructrices.
En conclusion, sous l‘égide Semic, « Strange n°297 » laisse plus que sceptique.
Face à un ennemi complètement déshumanisé jusqu’au grotesque, Spider-man sombre dans l’inutilité la plus totale, quand à l’épisode des Vengeurs, il est confus, mal dessiné et véritablement
irritant par son final en queue de poisson.
Reste le noyau dur de Strange, avec Iron-man, assez convainquant dans un remake d’Alien même si le graphisme de Hopgood demeure assez laid et Namor modernisé/virilisé, dans un face à face à haute
intensité face à War-machine.
Tout ceci demeure malgré tout un peu trop juste pour donner envie de lire Strange à nouveau de manière régulière.
Les années 90 ou la recherche d’un second souffle ?