Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Changement assez radical de domaine avec le film d’action/arts martiaux « Ong-bak » du thailandais Prachya Pinkaew.
Sorti en 2003 soit il y a déjà dix ans, « Ong-bak » raconte l’histoire d’un jeune homme bouddhique appelé Ting (Tony Jaa) qui décide de quitter son village pour aller chercher la statue
volée d’un bouddha appelé Ong-bak.
Pauvrement et simplement vêtu, Ting nanti de sa seule qualité d’expert en boxe muay thaï se rend dans la mégalopole de Bangkok pour retrouver la tête du bouddha.
Sur place il prend contact avec George issu du même village que lui mais qui s’est reconverti sans grand succès en petit voyou.
En perpétuelle quête d’argent pour rembourser ses innombrables créanciers, George et son amie Muay Lek (Pumwaree Yodkamo) sont peu concernés par la quête de Ting et lui dérobent l’argent collecté
dans son village pour l’aider.
Furieux, Ting suit George et débouche dans une enceinte de combats libres clandestins.
Quand il apprend que George a joué son argent en pariant sur un combat, Ting est malgré ses préceptes de non violence, contraint de se battre pour le récupérer.
Il terrasse alors à la stupéfaction générale son adversaire d’un seul coup de genou sous les yeux des parrains organisant les matchs dont le terrible Komtuan (Suchao Pongwilai) à la voix déformée
après une opération de la gorge.
Dégouté par ce milieu, Ting quitte l’arène mais se retrouve embarqué malgré lui dans les affaires de George poursuivi par un chef de gang qu’il a arnaqué.
Surclassés en nombres, Ting et George fuient dans une course poursuite haletante, spectaculaire, parfois comique dans les ruelles surpeuplées de Bangkok.
Finalement malgré sa répugnance Ting sauve la mise à George qui accepte de l’aider à retrouver la tête de Ong-bak.
Il accepte également pour aider son ami à rembourser ses dettes, de combattre en free fight des adversaires de plus en plus féroces que ce soient des européens taillés en hercule utilisant le
mobilier ou des asiatiques aux techniques virevoltantes.
Utilisant des techniques acrobatiques et une variété de coups stupéfiante, Ting impressionne les gangsters en détruisant de manière spectaculaire ses adversaires.
Salué comme un grand champion, il récolte alors une forte somme d’argent qui bénéficie à George.
Mais lorsqu’il découvre par hasard que le villageois qui a dérobé la tête du Bouddha travaille en réalité pour Komtuan, Ting entraine son ami dans une folle course poursuite en
pousse-pousse à la poursuite du voleur.
La poursuite s’achève dans le port de Bangkok ou on découvre des dizaines de reliques et autres objets sacrés volés et entreposés par Komtuan.
La police intervient et fait alors une spectaculaire rafle.
Furieux, Komtuan décide de faire payer ce manque à gagner à Ting.
Il organise un combat officiel contre un champion de muay thaï appelé le Tigre, qui doit en réalité sa force quasi surhumaine à l’injection massive de drogue.
Sous une foule en délire, le Tigre bat Ting et permet à Komtuan de se refaire en empochant l’argent des paris.
On comprend ensuite que Komtuan a demandé à Ting de perdre le combat en lui promettant de lui rendre la tête de Ong-bak mais qu’il n’en a en réalité aucunement l’intention et compte faire
exécuter les deux gêneurs par ses hommes.
Acculé à sa propre fin, Ting fait une nouvelle fois étalage de ses incroyables dons athlétiques et parvient à vaincre les tueurs.
Aidé de George, il attaque ensuite Komtuan et ses hommes afin de récupérer Ong-bak.
Un nouveau combat à lieu contre le Tigre, cette fois dopé à en mourir et cette foi Ting triomphe allant jusqu’à tuer son adversaire.
George se sacrifie en protégeant de son corps la tête d’Ong-bak des coups de Komtuan qui est finalement tué par la chute de la tête d’un bouddha.
Tout se termine donc le plus parfaitement du monde avec le retour de la tête d’Ong-bak au village.
En conclusion, en oubliant la simplicité/naïveté de son scénario, « Ong-bak » signe par sa fraicheur et sa fougue le renouveau du film d’arts martiaux.
La star de la production est bien entendu Tony Jaa, qui va beaucoup plus loin que la simple pratique de la muay thaï, pour développer un art tout à fait personnel fondé sur de renversantes
acrobaties alliant souplesse, détente et explosivité.
On pense quelques fois à la Capoeira brésilienne ou aux Yamakassi ces voltigeurs de banlieue qui seront surexploités par Luc Besson mais dans une version plus orienté combat.
Coté scénario, on reste dans du classique, le jeune pratiquant d’arts martiaux au cœur pur contraint de se souiller pour une cause plus noble avec en prime un acolyte décalé et amusant, qui
apporte une petite touche comique bienvenue.
Vous l’aurez compris, l’intérêt principal du film n’est pas le jeu des acteurs mais plutôt de se régaler des mouvements inédits de Tony Jaa, qui utilise son corps comme si il était un
personnage de jeux vidéos.
Et à ce stade, il faut reconnaitre que « Ong-bak » remplit parfaitement son office.
Une curiosité donc qui ravira les amateurs du genre et dont l'important succès commercial occasionnera deux suites.