Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Intéressons nous maintenant aux premiers pas du cinéma avec « Monte là-dessus » célèbre film muet de Fred C Newmeyer et Sam Taylor.
Sorti en 1923, « Monte là-dessus » raconte l’histoire de Harold (Harold Lloyd), un jeune homme de condition modeste qui se rend à Los Angeles pour faire fortune et ainsi inviter sa
fiancée Mildred (Mildred Davis) à le rejoindre.
Sur place, les choses s’avèrent moins faciles que prévu, et Harold engagé comme modeste vendeur d’habits, doit partager un petit appartement avec son ami Bill (Bill Strother) également sans le
sou.
Maladroit et régulièrement en retard en raison d‘aventures rocambolesques, il est soumis aux foudres de son chef tyrannique et odieux joué par Wescott B Clarke.
Et ses efforts ou ruses de sioux ne lui permettent pas franchement de gagner des points.
Pour ne pas perdre la face devant Mildred, Harold ment dans ses lettres en lui racontant son improbable ascension professionnelle et se ruine pour lui offrir de jolis petits cadeaux.
Tandis que Bill, humilie un robuste policier (Noah Young) lancé à sa poursuite en escaladant une petite façade d’immeuble, Harold a la délicate surprise d’apprendre que Mildred éblouie par
l’amour, a décidé de venir le rejoindre à Los Angeles.
Le jeune homme va alors déployer des trésors d’inventivité pour se faire passer pour le directeur du magasin, en jouant de culot, de dissimulation et aussi franchement de chance.
Il parvient à embrouiller ses collègues, son chef et même le directeur en personne en jouant sur ses purs talents de comédien.
Aveuglée par son amour, Mildred n’y voit que du feu et soutient son cher et tendre.
Mais Harold comprend que ses ruses ne marcheront pas indéfiniment et décide de jouer de manière plus directe avec sa hiérarchie en leur proposant un énorme coup publicitaire, dans lequel Bill
l’acrobate escaladerait la façade du gratte ciel de la compagnie de vêtements.
Des annonces paraissent donc dans la presse, faisant état d’un homme mystère décidé à tenter la vertigineuse ascension.
Tout semble se dérouler comme prévu, mis à part que Bill est reconnu par le policier revanchard qui se met à le prendre en chasse.
Pour échapper à son poursuivant, Bill propose alors à Harold de prendre sa place dans l’ascension.
Malgré sa peur et son inexpérience, Harold accepte.
Commence alors une des scènes les plus folles de l’histoire du cinéma avec Harold grimpant à mains nues et en chaussures de ville un gratte ciel californien.
Le vendeur manque de tomber mille fois, car il est assailli par des pigeons, se heurte à des rebord en pierre, ou est victime du stress de son ami Bill, qui tente maladroitement de l’aider avec
le policier à ses trousses dans l’immeuble.
Poussé par une foule qui croit à un numéro d’acrobate génial, Harold effectue des figures compliquées et dangereuses sur le rebord de l’immeuble et s’accroche aux aiguilles d’une horloge
mécanique géante dans une des plus célèbres scènes du cinéma.
Au final, malgré quelques grosses frayeurs, plaies et bosses, il parvient à se hisser sans mal au sommet et reçoit les félicitations de ses patrons.
Honoré et acclamé comme un héros, il peut ainsi montrer sa réussite à Mildred.
En conclusion, malgré sa simplicité « Monte là-dessus » est un classique du cinéma muet, rendu culte par les vingt minutes ébouriffantes de cascades au dessus du vide.
Harold Lloyd, qu’on appelle communément le 3ième génie comique (après Charlie Chaplin et Buster Keaton) y révèle toute l’étendue de son talent en composant le personnage d’un jeune homme simple,
pauvre, maladroit mais malin, décalé, prodigieusement sympathique et attachant.
Les petites lunettes rondes, chapeau de canotier, costume trois pièces, ne sauraient masquer les incroyables qualités de clown et d’acrobate de l’acteur, capable d’une étonnante souplesse et
maitrise de son corps.
Même si pour les plus jeunes, « Monte là-dessus » appartient à la préhistoire du cinéma, il demeure toutefois un monument à redécouvrir avec un plaisir toujours intense.