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Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

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Mellon collie and the infinite sadness (The Smashing pumpkins)

mellon_collie.jpg1

 

1995 est assurément une date charnière dans la carrière de Smashing pumpkins.

Le groupe faisant ses armes depuis cinq ans est dorénavant assez sur de lui pour sortir un double album « Mellon collie and the infinite sadness » qui sera couronné de succès et lui assurera un statut de poids lourd international du rock.

Avec sa pochette étrange peut être un brin naïve, le disque premier (Dawn to dusk) débute par une douce mise en bouche instrumentale au piano pour lancer le premier vrai titre, « Tonight, tonight » qui se distingue par sa subtilité et de belles envolées mélodiques.

Le rock au son lourd et gras fait ensuite son introduction avec « Jellybelly » un peu désordonné brillamment enchainé de « Zero » aux riffs d’acier implacables.

On lève ensuite le pied avec « Here is no why » trop trainant avant de se trouver face au plus grand tube du groupe « Bullet with butterfly wings » rendu intéressant par sa savante alternance entre passage faussement apaisés et gros déchainements électriques.

« To forgive » et sa fragile douceur fait figure d’interlude avant « An ode to no one » plus soutenu et l’excellent mid tempo aux riffs déjantés « Love ».

Le contraste avec les élégants et délicats  « Cupid de locke » et « Galápagos » est à vrai dire assez ahurissant.

La reprise se fait en pente douce avec « Muzzle » un brin mollasson et geignard.

Le groupe nous plonge ensuite en pleine sieste avec « Porcelina of the vast océans » aux neufs minutes insupportables avant le passage final du marchand de sable représenté par « Take me down ».

L’heure est ensuite venue de passer au disque second (Twilight to starlight) qui débute par un morceau curieusement pesant  qui ne décolle jamais vraiment «  Where boys fear to tread ».

Cette tendance se poursuit avec « Bodies » un poil plus dynamique sans être réellement transcendant.

Les citrouilles écrasante rebasculent en mode ballade mou du genou avec l’informe « Thirty three » puis le trop bien nommé « In the arms of sleep » avant le plus réussi « 1979 » ballade nostalgique qui sera un vrai tube fort mérité.

On revient à des choses plus menaçantes sur le déglingué « Tales of scorched earth » qui jure dans cet ensemble comme un punk défoncé déboulant à la messe de la nativité.

Viennent ensuite « Thru the eyes of ruby » et « X.Y.U » lourds et décousus, entrecoupés d’une autre horrible ballade « Stumbleine » .

On se prend à rêver que le cauchemar prenne fin mais ce ne sont pas les lents, mornes et pénibles «  We only come out at night » ou « Beautiful » qui viendront nous exaucer.

L’agonie se prolonge avec les  mielleux « Lily (My one and only) » et « By starlight » avant le coup de grâce final « Farewell and good night ».

En conclusion, « Mellon collie and the infinite sadness » est pour moi une double galette passablement indigeste et largement surestimée.

Seul le premier disque, alternant avec un certain brio, puissance électrique et douceur mesurée présente l’équilibre suffisant pour justifier d’un intérêt, le second disque gavé jusqu’à la gueule de ballades sirupeuses en revanche est complètement inécoutable pour votre serviteur et vient allégrement plomber l’ensemble.

« Mellon collie and the infinite sadness » est la preuve que quelques morceaux accrocheurs (ils sont trois ici, « Tonight, tonight », « Bullet with butterfly wings » et « 1979 » ) et un bon marketing peuvent permettre à un disque globalement médiocre d’atteindre les 9 millions de ventes sur le territoire américain.

Cette déception achève donc de me conforter que sauf cas particulier, The Smashing Pumpkins n'est pas un groupe pour moi.

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