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Plongée dans les profondeurs du cinéma fantastique avec « La féline » de Jacques Tourneur.
Sorti sur les écrans en 1942, « La féline » est un film en noir et blanc racontant la rencontre dans un zoo des Etats Unis entre Kent Smith (Oliver Reed) un américain au physique
avantageux et une jeune artiste originaire de Serbie, Irina Dubrovna (Simone Simon) qui s’acharne à faire des croquis d’une somptueuse panthère noire.
Entre les deux, le courant passe plutôt bien et Irina invite Kent à prendre le thé dans son appartement.
Dans le salon, une étrange conversation s’engage autour d’une statue représentant un roi serbe pourfendant le diable symbolisé par un gros chat.
Irina parle d’une malédiction frappant ses ancêtres, qui avaient sous l’influence de l’occupation mamelouk, pactisé avec les forces occultes.
Bien qu’un peu étonné, Kent accepte ses explications sans trop se poser de questions et continue son entreprise de séduction en offrant un chat à Irina.
C’est à ce moment que les incidents commencent, non seulement avec le chat qui refuse catégoriquement d’entrer en contact avec Irina, mais également avec toute la ménagerie de la marchande
d’animaux chez qui le couple entre afin de troquer l’animal.
Finalement Kent résout la difficulté embarrassante en offrant un canari à Irina, qui meurt rapidement de peur à son contact.
Ceci n’empêche pas le couple de se marier rapidement, malgré l’irruption d’une femme inconnue et menaçante vis-à-vis d’Irina pendant le repas de noces.
Pourtant malgré les efforts de Kent, la vie commune va se montrer plus difficile que prévu, avec des sombres crises d’angoisses d’Irina, qui vont conduire Kent à lui organiser un rendez vous avec
le psychiatre Dr Louis Judd (Tom Conway).
Irina prend mal le fait que Kent ait prévenu sa meilleure amie Alice Moore (Jane Randolph) de ses problèmes d’angoisse mais se rend tout de même au rendez vous.
L’entretien avec le psychiatre est tendu, Irina déclarant son esprit sain mais âme envoutée par une malédiction ancestrale poussant les femmes de sa famille à faire du mal aux hommes qui les ont
contrariées.
Conscient de cette difficulté, Kent fait de son mieux pour éviter tout conflit, mais ne peut empêcher les ballades de Irina au zoo et sa fascination pour la belle panthère noire qu’elle épie
pendant des heures.
Mais Kent qui parle beaucoup avec Alice, se rapproche de plus en plus d’elle, ce qui provoque progressivement un violent sentiment de jalousie chez Irina.
Il est vrai que Alice est une jeune femme séduisante doté d’un caractère agréable auquel il est difficile de ne pas succomber.
Incapable de maitriser sa colère, Irina cède à la malédiction, se transforme la nuit tombée en panthère pour menacer Alice qui s’apprêtait à se baigner dans la piscine d’un hôtel chic.
Paniquée dans la pénombre, Alice trouve refuge dans l’eau de la piscine, dans une scène restée célèbre pour ses jeux de lumières et son climat angoissant.
Elle échappe pourtant à la mort en hurlant pour avertir le personnel de l‘hôtel, mais trouve son peignoir écharpé et Irina plutôt narquoise sur place.
Lorsque Kent lui annonce qu’il compte divorcer et se mettre avec Alice, Irina devient de plus en plus menaçante, et l’intervention de Judd pour la maitriser se solde par un féroce mano à mano
avec un fauve dans un appartement cossu.
Judd attiré lui-même sexuellement par sa patiente, est tué mais a le temps de blesser mortellement l’animal qui l’a agressé.
Se sentant mourante, Irina se rend finalement au zoo pour libérer la panthère de sa cage, qui malheureusement se fait écraser sur la route, tandis qu’elle expire au pied de la cage, mettant ainsi
fin à la malédiction.
En conclusion, « La féline » est un film fantastique de son temps, c’est-à-dire se déroulant sur un rythme lent et avec une absence quasi-totale d’effets spéciaux.
Pourtant, Tourneur réussit à instaurer une atmosphère quasi gothique qui enveloppe le spectateur sous son aura vénéneuse dont le point culminant est la scène hitchcockienne de l’attaque dans la
piscine.
Les acteurs sont excellents, d’abord tous parfaits plastiquement, les plus fascinantes demeurant pour moi Simone Simon, formidable en femme torturée par un secret trop lourd à porter pour elle
mais aussi Jane Randolph, absolument irrésistible de beauté et de charme.
Classique du cinéma noir et blanc, « La féline » est sans doute un film réservé aux cinéphiles, mais conserve plus de soixante ans après toute son aura hypnotique.
Respect donc pour ce petit bijou noir, formidablement audacieux pour l’époque.