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Sorti en 1983, « L’été meurtrier » de Jean Becker est pour moi l’un des films les plus marquants du cinéma français.
Adapté d’un roman de Sébastien Japrisot, « L’été meurtrier » se déroule dans un petit village de Provence dans les années 70 ou une superbe jeune femme du nom d’Eliane (Isabelle Adjani)
fait son apparition avec son père paralytique Gabriel Devigne (Michel Galabru) et sa mère Paula Wieck (Maria Machado) allemande rencontrée pendant la guerre au STO.
Doté d’un corps magnifique mis en valeur par des tenues ultra sexy, Eliane ne tarde pas à attirer vers elles la plupart des convoitises masculines et tourne la tête de Florimond Montecciari
(Alain Souchon) un mécanicien automobile pompier volontaire à ses heures qui devient rapidement obsédé.
Timide et courageux, Florimond finit par aborder Eliane à un bal et faisant fi de ses attitudes provocantes, parvient à la séduire à force de patience après un diner dans un restaurant chic.
En apparence apprivoisée, la belle s’installe chez les Montecciari qui depuis la mort du père immigré italien, vivent en clan dominé par la mère (Jenny Clève), la sourde Nine (Suzanne Flon) et le
frère Mickey (François Cluzet) ouvrier et coureur cycliste raté.
Le cohabitation fait rapidement des étincelles tant Eliane cherche le rapport de force avec les Montecciari et va même jusqu’à inventer une histoire imaginaire de grossesse pour forcer Florimond
à l’épouser.
Solidement à présent installée, Eliane prend ses aises, dédaignant le travail de la ferme et préférant soigner son apparence physique en menant une vie oisive complètement assumée.
En réalité, Eliane est tourmentée par son lourd passé, car enfant non désirée d’un horrible viol subi par sa mère par trois hommes du village à bord d’un camion.
Eliane suspecte en réalité le père Montecciari, Leballech (Jean Gaven) et Touret (Max Morel) d’être les auteurs du viol.
Elle va mener son enquête seule afin de retrouver les coupables, en se rendant à Aubagne pour rencontrer Touret et n’hésitant pas à faire du gringue à Leballech, propriétaire d’une scierie, dans
le but de venger sa mère.
Les absences d’Eliane, son attitude énigmatique et désinvolte irritent profondément Florimond, qui la frappe brutalement quand il découvre qu’elle a menti sur sa grossesse.
Le situation se trouble davantage lorsqu’on découvre que Eliane a battu à l’aide d’une pelle son père adoptif alors qu’il tentait quelques avances maladroites et que ce passage à tabac a
déclenché sa paralysie.
Alors que la violence semble s’apaiser entre le couple, la situation bascule lorsque Leballech avoue sous la pression qu’aucun des trois suspects n’a fait le coup mais que les trois coupables
étaient des hommes de passage dans la région.
Cette révélation confirmée par Devigne, pousse le paralytique a avouer qu’il a lui-même supprimé les trois hommes.
Profondément ébranlée par cette révélation, Eliane bascule dans la folie et se fait interner.
Se basant sur un malentendu auprès de l’ancienne professeur amoureuse d’Eliane, Florimond perd lui aussi la tête et prend son fusil pour éliminer Leballech et Touret.
En conclusion, « L’été meurtrier » est un drame puissant fleurant bon la France profonde des années 70.
Couronné par une pluie de césars mérités, dont celui accordé Isabelle Adjani, époustouflante de charisme et de magnétisme sexuel, « L’été meurtrier » vous rappellera avec une nostalgie
l’ambiance de vos vacances estivales, la tension en plus.
Et meme Souchon et son physique disgracieux tiennent plus que correctement leur role de brave type torturé.
Intense, dur, provocant et terriblement psychologique, le film de Jean Becker peut être considéré comme un classique du cinéma français dominant dans un registre analogue les « Jean de
Florette » et autres « Manon des sources » de Claude Berri.
A voir ne serait ce que pour le charme irrésistible d’Adjani, ultime prêtresse à la nudité solaire.