Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Détour périlleux vers le cinéma français avec la bien connue « L’auberge espagnole » de Cédric Klapisch.
Sorti en 2002, fortement récompensé par le succès populaire et de la profession, « L’auberge espagnole » raconte l’aventure de Xavier (Romain Duris) qui part pour un an peaufiner ses
études à Barcelone avant de se destiner à une carrière de fonctionnaire au Ministère des Finances.
En réalité, Xavier se cherche profondément, hésitant entre une carrière d’écrivain et une plus stable de fonctionnaire.
Après quelques tracasseries administratives et l’incompréhension de son amie Martine (Audrey Tautou), Xavier part avec le programme Erasmus, laissant au passage sa mère envahissante à Paris.
A Barcelone, il prend la décision d’être plus indépendant et opte pour la vie en collocation avec d’autres étudiants de presque toutes les nationalités d’Europe : Wendy (Kelly Reilly) l’anglaise
sensible et portée sur l’hygiène, Soledad (Cristina Brondo) la seule espagnole du lot, Tobias (Barnaby Metshcurat) l’allemand sérieux et travailleur, Lars (Christian Pagh) le danois sympathique
et relax et enfin Alessandro (Frederico d’Anna) italien volubile.
Entre ces cours et la vie agitée en collocation entre jeunes, Xavier fréquente malgré lui un couple rencontré à l’aéroport, Jean-Michel (Xavier de Guillebon) neurochirurgien imbu de lui-même et
sa femme Anne-Sophie (Judith Godrèche) esseulée à Barcelone tandis que son mari travaille énormément.
Jean-Michel demande à Xavier de sortir de sa femme durant son temps libre et le jeune homme tombe progressivement amoureux de cette jeune trentenaire.
Une relation adultère ne tarde pas à s’établir dans le dos du mari qui obnubilé par son travail ne se doute de rien.
Avec les femmes, Xavier bénéficie des conseils de Isabelle (Cécile de France), colocataire belge lesbienne qui devient sa confidente.
Bien entendu selon l’adage loin des yeux loin du cœur, la relation entre Xavier et la trop coincée Martine se délite.
L’arrivée de William (Kevin Bishop) le frère de Wendy met encore plus d’animation dans la colocation, mais ce frangin peu fin et perclus de clichés, embarrasse plus qu’il ne réjouit avec ses
blagues caricaturales sur les différentes nationalités.
William se rendra pourtant utile lorsqu’il sauvera la mise à sa sœur, au lit avec un amant américain alors que son petit ami anglais Alistair (Iddo Goldberg) débarquait sans prévenir.
Devant l’urgence de la situation il n’hésitera pas à se mettre au lit avec l’américain en se faisant passer pour homosexuel.
Au final, Jean-Michel apprend pour la relation entre Thérèse et Xavier et y met fin brutalement.
L’heure des adieux approche inexorablement et Xavier dit au revoir à ses amis d’une année, le cœur gonflé d’émotion.
Le retour à Paris est difficile, le jeune homme étant forcément changé par son expérience espagnole.
Il comprend que sa vie n’est pas celle à laquelle il aspire.
Exit donc Martine et le poste au Ministère des Finances duquel il part en courant.
Place à une vie plus bohème d’écrivain mais sans doute conforme à ses aspirations profondes.
En conclusion, « L’auberge espagnole » est sans doute un film culte pour bon nombre d’étudiants ou d‘anciens étudiants, qui se seront reconnus dans le parcours du jeune Duris.
En effet, le voyage à l’étranger est jugé pour beaucoup comme un passage initiatique important pour se former avant une retour sans doute trop prévisible à la « normalité » d’une vie
plus rangée et monotone.
Mis à part ce petit coté nostalgique donc d’une jeunesse envolée, d’émotions et d’amis fugitifs qu’on ne reverra sans doute jamais, « L’auberge espagnole » souffre d’une durée
excessive, d’un rythme lent et d’une certaine platitude des situations.
Tout parait convenu, y compris les échanges entre les différents étudiants aux personnalités assez superficielles, mis à part peut être l’anglaise Wendy.
Même la relation adultère est assez peu excitante.
Pour contre balancer ce coté gentillet et fade, on pourra se laisser entrainer par le chaleur ensoleillée de Barcelone et par quelques vrais moments d’émotions, surtout à la fin du film, ou le
héros trouve finalement sa voie en s’extirpant de ses doutes personnels ce qui confère au film une force finale assez inattendue.