Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Nous retournons à présent dans le passé déjà lointain des années 90 avec « Garbage » le premier album du groupe américain du même nom.
Nous sommes en 1995, le mouvement Grunge va s’éteindre prochainement avec la mort de Nirvana et dans cette phase de déclin amorcé émerge un quatuor composé de Shirley Manson (chant), Duke Erikson
(guitare), Steve Marker (guitare) et Butch Vig (batterie).
On débute cet album à la pochette trop clinquante avec « Supervixen » morceau difficile, trainant rehaussé par des refrains plus appuyés flirtant avec la rengaine.
Lui succédant « Queer » passe mieux avec un refrain pop également trainant mais plus efficace qui ouvrit les portes des radio commerciales au groupe.
On change néanmoins de catégorie avec « Only happy when it rains » petite merveille mélangeant habilement mélodie attractive, guitare présentes et bruitages électroniques discrets.
Je goute pour ma part beaucoup ce morceau grunge par excellence sur lequel la voix de Manson donne son plein rendement.
Le rythme s’accélère avec bonheur sur « As heaven is wide » toujours sombre mais doté d’un beat techno dynamisant puis « Not my idea » nettement plus saccadé et puissant.
Garbage bifurque vers plus de calme avec « A stroke of luck » lent et mélancolique puis ressort son artillerie rock sur un « Vow » magnifique de puissance canalisée.
Comme ci cela ne suffisait déjà pas, l’auditeur se trouve ensuite en présence d’un nouveau tube, « Stupid girl » sans doute le plus extraordinaire de Garbage, en raison de son travail
d’orfèvre sur les sonorités et les changements de puissance, avec pour couronner le tout, une chanteuse en état d’apesanteur.
Le groupe ne semble pas pourtant en rester là et continue à pilonner avec « Dog new tricks » très imposant et si « My lover’s box » et « Fixe me now » constituent
une baisse d’intensité fort pardonnable, la déchirante dernière ballade du disque « Milk », achève d’illuminer l’auditeur de son chaud éclat.
En conclusion, pour un premier jet, « Garbage » peut être considéré comme un chef d’œuvre de rock à consonances grunge et pop.
Incroyablement original dans sa recherche sonore avec ce mélange de guitares lourdes mais canalisées et d’habillage électronique subtil, Garbage impressionne par son déjà très haut degré de
maturité.
Les tubes pleuvent, la qualité artistique est au rendez vous, grandement aidée par la voix chaude, triste et émouvante de Shirley Manson, qui constitue un des points forts de l’ossature du
groupe.
Je considère ce disque comme un modèle d’efficacité rock, et cautionne complètement le fort engouement commercial qu’il engendra à l’époque !