Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Sorti en 1999, « Coup de foudre à Notting hill » est un film de Roger Michell.
Etabli dans le quartier de Notting hill, William Thacker (Hugh Grant) est un trentenaire fraichement divorcé, qui vivote de son métier de libraire dans le quartier de Notting hill connu pour son
grand marché et sa fréquentation de célébrités.
Fragile et peu sur de lui, William vit en colocation avec un artiste complètement déjanté répondant au nom de Spike (Rhys Ifans).
Un jour le hasard lui sourit et une belle jeune femme pousse la porte de sa librairie pour chercher un livre sur la Turquie.
Visiblement un charme s’installe entre eux et la jeune femme est touchée par le charme malhabile du libraire qui l’invite à se changer chez lui après avoir malencontreusement renversé du jus
d’orange sur sa veste.
Après avoir échangé un baiser fugace, William ne reconnait qu’après coup la star de cinéma Anna Scott (Julia Roberts).
Le fait que William la traite comme une femme normale et ne soit pas bêlant d’admiration devant le personnage public touche assurément Anna qui finit par le recontacter discrètement pour
organiser une rendez vous dans un prestigieux hôtel londonien.
William se rend au rendez vous et tombe dans une grande campagne de promotion pour la sortie du film de la belle.
Il est alors contraint de se faire passer pour un journaliste de « chasse et tradition » pour approcher Anna et discuter avec elle.
Malgré quelques interruptions, le courant passe si bien que le couple décide de sortir ensemble.
Anna est alors présentée aux amis de William au cours d’un diner Bella (Gina Mc Kee) et Max (Tim Mc Innerny) Bernie (Hugh Bonneville) sa sœur Honey (Emma Chambers) , et sa simplicité finit par
triompher des inévitables préjugés entourant son métier d’actrice à renom.
Pourtant fréquenter une star comporte des inconvénients et William tombe sur Jeff King (Alec Baldwin) le petit ami américain acteur de Anna qui le confond avec un garçon d’étage.
Par contraste avec William, Jeff apparait comme rustre, viril et grossier.
Pour ne pas embarrasser Anna, William joue le jeu du garçon d’étage et encaisse sans broncher les humiliations.
Après la révélation de quelques clichés compromettant, Anna décide de s’éloigner de King et vient se réfugier chez William auprès duquel elle espère trouver un anonymat protecteur vis-à-vis des
paparazzi encombrants.
La cohabitation avec le terrible Spike ne manque pas de piquant mais Anna finit par succomber au charme de William et couche avec lui.
Mais le compte de fée tourne court lorsque Anna est vendue par Spike aux paparazzi qui viennent assiéger la demeure de William.
Prise au piège et stressée, la jeune femme se révolte et abandonne son amant.
William accepte de manière fataliste la séparation et retourne en souffrant à sa vie de tous les jours.
Plusieurs années passent, Anna continue sa brillante carrière et reprend finalement contact avec William, qui trop fier, la repousse.
Après mure réflexion, il se ravise et court désespérément la ville de Londres aidé par tous ses amis pour déclarer ses sentiments à Anna avant son départ à l’étranger.
La déclaration a finalement lieu dans une nouvelle conférence de presse et le couple peut alors enfin se réunir.
En conclusion, « Coup de foudre à Notting hill » a tous les ingrédients du conte de fée inversé ou le rôle de la femme est ici astucieusement joué par un homme.
Inutile donc de chercher plus loin les raisons de son colossal succès, tant la trame choisie colle ici profondément à l’imagerie populaire féminine.
Une fois le cadre clairement posé, on saluera le jeu des acteurs et en particulier celui de Hugh Grant, dont la dégaine de beau gosse timide, délicat, drôle et charmant a tout pour déchainer des
torrents de passion romantique féminine.
Pour le reste, une galerie de seconds rôles typiquement british (et donc un tantinet barrés) viennent composer une représentation de la société londonienne avec le courtier, l’artiste, la
célibataire branchée ou le couple vivant un drame du handicap.
Tout ce décorum à l’eau de rose ne nous emmène donc pas très loin et sera sans doute plus amène de séduire un public essentiellement féminin auquel je n’appartiens malheureusement pas.