Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

De manière assez remarquable, le monde du comic book réagit aux attentats du 11 septembre 2001 pour sortir une année après un numéro spécial de Captain america intitulé « Captain america,
tome 1 , la sentinelle de la liberté » sur lequel participèrent une grande variété d’auteurs et de dessinateurs.
Dans la première partie de ce recueil, Paul Dini (auteur) et Alex Ross (dessins) s’aventurent courageusement sur le terrain piégé du choc post 11 Septembre, pour présenter un Captain america
dévoré de remords et de colère de n’avoir pu empêcher la mort de civils innocents.
Captain réagit pourtant comme le héros qu’il est, c’est-à-dire avec une grande hauteur d’esprit.
Il essaie de comprendre les motivations des terroristes et s’interpose dans les lynchages de musulmans provoqués par un sentiment de représailles.
Dans la seconde partie conçue par John Ney Rieber sur des dessins de John Cassaday, le chef présumé des terroristes, un dénommé Al-Tariq continue son offensive sur le sol américain et
réalise une prise d’otage dans une église d’une petite ville.
Le terrain entièrement miné par un enchevêtrement complexe de bombes anti personnelles rend une intervention militaire particulièrement délicate et c’est pourquoi Nick Fury du S.H.I.E.L.D fait
appel à Captain america.
Fidèle à lui-même, Captain intervient avec brio et se heurte à des enfants soldats aux membres artificiels prêts à mourir pour la cause de Al-Tariq qui ne manque pas de culpabiliser les civils
américains détenus dans l’église car travaillant pour une fabrique d’armes.
Captain essaie d’épargner le plus de ses enfants kamikazes et parvient à neutraliser les bombes.
Au cours de l’affrontement, Al-Tariq meurt après qu’un curieux collier électronique analogue à ceux portés par le S.H.I.E.L.D se soit éteint.
Pris par une pulsion le dépassant, Captain révèle au grand jour son identité afin de dissocier les actes individuels de ceux de la nation américaine.
Cet acte jugé irréfléchi et les remises en question de Cap sur la sécurité intérieure, provoquent un froid avec le gouvernement américain et par conséquent le S.H.I.E.L.D.
Après avoir empêché un nouvel attentat le 4 juillet, Captain a la désagréable impression de retrouver les mêmes colliers électroniques sur les terroristes qui meurent avant de révéler leurs
secrets.
Cette fois, Fury explique que ces collier représentent le nec plus ultra de l’armement mais reste malgré tout plus qu’évasif sur le sujet.
De passage sur les traces de son passé de combattant de la Seconde guerre mondiale à Dresde (Allemagne), Captain est victime lui-même victime d’un attentat à l’explosif qui l’ensevelit sous
des tonnes de béton.
Il découvre alors le vrai visage de son ennemi, un terroriste russe désireux de se venger de la mort de son père sous les balles américaines.
Mais malgré sa rage aveugle et ses gardes armés, le terroriste qui fomentait d’équiper l’armée US de collier mortels en lui faisant croire à leur efficacité sur un champs de bataille, est vaincu
par Captain.
Sous la plume de Trevor Hairsine et de Jay Lee, Captain se range alors des voitures en prenant un modeste appartement à Brooklyn ou il met au pas les gangs.
Mais ce relatif anonymat ne dure pas et Captain est appelé pour enquêter sur la mort suspecte à Miami de son ami et collègue d’opération en Bosnie, Inali Redpath agent du S.H.I.E.L.D d’origine
indienne.
En réalité, tandis que Redpath est à Washington, Captain tombe dans un guet apens de soldats surentrainés, menés par un mercenaire sans scrupule appelé Barricade.
Après une lutte farouche et une prise d‘otages malsaine mettant Cap en position d‘infériorité, Barricade est finalement tué par Redpath doté à présent de pouvoirs de contrôler les éléments.
Animé d’une farouche volonté de vengeance contre les américains blancs ayant exploité ses frères indiens, Redpath devient incontrôlable et menace de tuer des centaines de personnes en déchainant
tornades et éclairs.
Vaincu et drogué par Redpath, Captain entre alors dans une longue phase d’hallucinations ou il mélange passé et présent avant d’être sauvé par une jeune femme blonde et athlétique appelé
Hanna.
Tandis que Fury explique laborieusement que Redpath a détourné une usine de fabrication de clones à son avantage, Cap fait appel à Thor pour contrôler les immenses pouvoirs de l’indien mais
contre toute attente le dieu du tonnerre peine face à celui investi des pouvoirs de son homologue le dieu indien Haokah.
Cap profite néanmoins de l’intensité du combat pour neutraliser son ex ami qui privée par Fury du pouvoir de se transférer dans des clones de lui-même finit par périr.
En conclusion, « Captain america, tome 1, la sentinelle de la liberté » brille surtout par sa première partie incroyablement courageuse pour l’époque troublée au cours de laquelle
elle a vu le jour.
Dini et Rieber traitent en effet ce sujet de manière profonde et adulte en amenant le héros à la bannière étoilée à prendre en compte les divers points de vue y compris ceux des adversaires des
Etats-Unis certes eux même déchirés par la guerre, ce qui ne leur donne pour autant pas le droit de faire payer le prix aux populations civiles innocentes.
La portée du discours est cependant quelque peu affadi lorsqu’on découvre que le cerveau des attentats étaient en réalité un terroriste du bloc de l’Est-ce qui brouille selon moi inutilement les
cartes.
Par la suite, les aventures de Cap sonnent de manière plus classiques avec une histoire à dormir debout de clones et d’indien traitre du S.H.I.E.L.D investi de pouvoirs surnaturels …
Coté graphisme, on est impressionné par le puissant classicisme de Ross qui seul parvient à se hisser à la hauteur de cet évènement historico-dramatique et les autres dessinateurs apparaissent
malgré leurs qualités en comparaison plusieurs crans en dessous.
On remarquera enfin le style particulièrement crade du duo Hairsine/Lee qui n’a pour moi pas sa place dans une aventure de Captain america.
Un album dont le coté mature et adulte est à saluer, même si il ne va pas pour moi totalement de son propos et dévie fort commodément en cours de route.