Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires

Oliver Stone de nouveau dans ces chroniques avec « Alexandre ».
Sorti en 2004, « Alexandre » est une grande fresque péplum retraçant de manière ambitieuse l’histoire d’un des plus grand conquérants de l’histoire de l’humanité, le Macédonien
Alexandre dit le Grand, qui en seulement 33 ans de vie prit possession d’une des plus larges partie du monde antique et bâtit un empire qui s’éroda rapidement à sa mort en -323 avant Jésus
Christ.
Dans ce récit épique raconté par Ptolémée (Anthony Hopkins), l‘un de ses généraux survivants, Alexandre (Colin Farrell à la décoloration blonde suspecte) est le fils de Philippe II de
Macédoine (Val Kilmer), roi de Grèce, en conflit ouvert avec sa mère Olympias (Angelina Jolie).
Lorsque celle-ci apprend que Philippe entreprend de sa remarier afin de se doter d’une nouvelle progéniture, Olympias sent l’avenir royal de son fils menacé et va comploter pour faire assassiner
Philippe afin d’ouvrir la voie à Alexandre.
Cet assassinat traumatise le jeune homme, qui malgré ses excès et sa brutalité, respectait son père.
Alexandre apparait néanmoins comme un homme bien éduqué, ayant bénéficié des leçons du philosophe grec Aristote (Christophe Plummer) et de cours de lutte ou il s’éprit de Hephaestion (Jared Leto)
principal amour de sa vie.
Il semble de plus avoir établi une relation fusionnelle avec son cheval noir, l'immense et légendaire Bucéphale, qui deviendra son fidèle compagnon lors de ses campagnes.
Il endosse par la force des circonstances le titre de roi, mate les révoltes des cités grecques et constitue une armée gréco-macédonienne afin d’en découdre avec les Perses, ennemi de toujours
des Grecs, qui avaient pris possession des cités grecques d’Ionie.
Alexandre rassemble autour de lui une petite cours de proches et fin stratèges comme Ptolémée et parvient à défaire les armées de Darius III, après plusieurs batailles grandioses ou il démontre
toute ses capacités de chef et sa bravoure au combat.
Dominé par les phalanges grecques malgré ses redoutables chars et archers, Darius III préfère battre en retraite et laisser la capitale Babylonienne à son rival.
Les soldats helléniques découvrent alors émerveillés les splendeurs des palais et jardins suspendus babyloniens ainsi que le luxe et la sophistication de la vie de satrape.
Alexandre est impressionné par les ouvrages techniques et artistiques perses et change son opinion sur le fait que ces peuples soient des barbares inférieurs.
Il fait preuve d’une surprenante magnanimité à l’égard des populations et laisse un gouverneur en place pour administrer de manière pacifique et tolérante la vie de Babylone.
Dans sa tentative folle d’unifier les mondes occidentaux et orientaux, Alexandre désire doter les populations barbares d’une éducation grecque et d’en faire des citoyens de son empire.
Inutile de dire que ces initiatives choquent ses proches qui entendent bien conserver la prédominance de la race grecque.
Insatiable, Alexandre poursuit sa soif de conquête et traque Darius jusqu’à ce qu’il le retrouve mort dans les montagnes du nord de l’Iran.
Cette victoire ne met pas un terme à la marche d’Alexandre aux confins du monde fini, avec des victoires en Bactriane région montagneuse divisée entre l’Afghanistan, l’Ouzbékistan, le
Pakistan, la Chine et le Tadjikistan, et l’exécution de deux de ses généraux Philotas (Rory Mc Cann) et Parménion (John Kavanagh), soupçonnés de vouloir attenter à ses jours.
Lors d’un banquet, Cleithos (Gary Stretch), l’un des ses plus éminents généraux insulte et provoque sous l’effet du vin, Alexandre qui en proie à l’un de ses accès de rage, le tue sur place,
quitte plus tard à le regretter.
Mais l’homme n’est pas de la trempe à reculer et prend la décision d’épouser Roxane (Rosario Dawson) fille d’un roi montagnard de Bactriane, dans le but de créer une descendance.
Le choix d’une barbare plutôt que d’une macédonienne est vécu comme une provocation par les hellènes à la vue courte, mais correspond tout à fait au désir de fusion des peuples d’Alexandre.
Le film montre malgré tout un mariage d’intérêt car Alexandre place au dessus de tout son amour pour Hephaestion à qui il se confie régulièrement dans ses rares moments de doutes.
Le temps que met Roxane à lui donner un héritier tend les relation avec Alexandre qui la délaisse progressivement pour se consacrer à sa difficile conquête indienne.
Ses troupes de vétérans sont en effet harassées et démoralisées par la durée de la campagne et ne souhaitent que revenir chez eux.
Alexandre fait alors preuve d’une formidable autorité et parvient à leur arracher une nouvelle motivation pour s’enfoncer avec lui dans la jungle bordant le fleuve Indus.
Face à des ennemis redoutables embusqués dans une jungle tropicale et dotés d’éléphants de combat semant la panique chez les cavaliers et fantassins grecs, Alexandre peine et est sérieusement
blessé au torse et son cheval tué.
Sa blessure et la fatigue des troupes, le pousse à rebrousser chemin vers Babylone.
Le retour à travers le désert du Makran est exténuant et provoque la mort de centaines d’hommes.
La mort d’Hephaestion en -324 est un déchirement pour Alexandre qui connait alors un accès de fureur, juste calmé par l’annonce de se maternité de sa femme Roxanne qui lui donnera un fils.
Fatigué par sa campagne et mal en point en raison de sa blessure, Alexandre meurt à Babylone avec dans ses dernières heures une nuée de généraux avides de se partager son immense empire …
L’histoire se termine sur une conclusion de Ptolémée devenu sage vieillard résidant à Alexandrie Egypte.
En conclusion, « Alexandre » contient tous les ingrédients du grand film d’aventures épique avec aventures palpitantes, paysages grandioses, dépaysements exotiques et batailles de
grande envergure d’une intensité et d’une violence bestiales.
Malgré quelques libertés historiques bien compréhensibles, on ne peut etre que touché par l'ambition folle du conquérant mais également son ouverture d'esprit et sa volonté d'édification d'une
société cosmopolite mais unifiée autour de valeurs hélléniques communes.
Le choix des acteurs est certes discutable avec un Colin Farrell dont le type gallois, la petite taille, sa blondeur artificielle et son homosexualité inventée, peinent à rendre pleinement
crédible, ou Angelina Jolie, bien trop jeune pour être la mère de Farrell.
Malgré ces légères critiques, il serait malavisé de bouder son plaisir devant pareille fresque qui vient confirmer le maitrise de Stone pour aborder des films difficiles et complexes.