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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 09:00

undisputted_attitude.jpg

4

 

En 1996, deux après le recrutement de son nouveau batteur Paul Bostaph, Slayer sort un album de reprises punk intitulé « Undisputed attitude ».

La plupart de groupes repris sur ici sont issus de la scène américaine des années 70/80 et demeurent relativement peu connus du grand public.

« Undisputted attitude » démarre sur les chapeaux de roues à une vitesse hallucinante par un medley de reprises du groupe Verbal abuse « Desintegration/free money »  puis « Verbal abuse/Leeches ».

Slayer aligne quatre titres en moins de trois minutes, étouffant littéralement l’auditeur sous un torrent de bastonnade tout azimut.

Les coups assénés pleuvent pieds, poings, tête coupant le souffle et provoquant un sentiment d’incompréhension ahurie.

Impossible en effet de se caler sur le rythme d’un morceau que déjà le suivant vous saute à la gorge tel un punk en état de manque d'alcool ou de drogue.

L’énergie et la rage sont bien au rendez vous et la folle mêlée continue avec « Abolish government/superficial love » du groupe TSOL (True Sound of Liberty) terriblement cinglant.

Le groupe ressort deux compositions de Jeff Hanneman «  Can’t stand you »  et « Ddam » sortes de missiles chargés de punk hardcore minimaliste survitaminé assez médiocre.

C’est ensuite au tour de Minor Threat d’être passé à la moulinette thrash avec « Guilty of being white » et en à peine plus d’une minute le traitement s’avère plus proche de l’électrochoc de bloc de réanimation que de la caresse veloutée.

Slayer revient ensuite sur Verbal abuse et réalise une reprise intéressante de « I hate you » car un peu plus posée.

C’est d’ailleurs ce morceau qui servira de base au vidéo clip de l’époque, avec tout ce qui insupporte le groupe que ce soient les mères au foyer, les flics ou les puritains.

Réaccéleration haineuse sur « Filler/I don’t want to hear it » de Minor Threat  gavé jusqu’à la gueule de speed.

La reprise de « Spiritual law » de D.I s’avère en revanche beaucoup plus hachée et poussive.

Jusqu’ici le sentiment dominant est celui d’une trop grande énergie mal canalisée produisant un résultat suragressif et brouillon, une sorte de tornade sonore version  punk harcdore dans l’esprit sans concession d’un « Reign in blood » .

Mais la deuxième partie du disque surprend, comme si Slayer avait gardé ses meilleurs cartouches pour la fin.

Les morceaux sont légèrement plus longs, passant le cap des 2 minutes 30,  ce qui permet de poser un semblant de structure tout en gardant le punch phénoménal des premiers éclats.

Plus massif « Mr Freeze » de Dr Know atteint sa cible tout comme « Violent pacification » de D.R.I (Dirty Rotten Imbeciles ), qui après un début supersonique parvient à calmer le jeu pour développer de véritables refrains entraînants.

Etalée sur plus de 3 minutes, la deuxième reprise de D.I, « Richard hung himself » est elle fabuleuse avec encore une fois un superbe break central offrant une variation des plus intéressantes.

Slayer s’attaque ensuite au monument historique du punk-rock, le cultissime « I wanna be your dog » des Stooges repris en « I wanna be your god ».

Le groupe réussit à imposer son style, créant une version originale encore plus malsaine que l’originale.

Pour couronner le tout, l’album se termine par une composition originale, « Gemini » en complet décalage avec l’atmosphère punk-hardcore de l’ensemble.

« Gemini » est un lent morceau sombre et envoûtant doté de passages faussement doucereux introduisant une montée en puissance progressive aboutissant à un déchaînement de violence.

En conclusion, cet album complètement atypique divisa bien entendu les fans du groupe.

La violence de Slayer est encore une fois présente à un niveau quasi inégalé jusqu’alors mais le style pratiqué un punk hardcore minimaliste et frénétique a certainement beaucoup dérouté, laissant les rumeurs quand au  manque d’inspiration musicale du groupe s’installer.

Difficile à digérer dans sa première moitié en raison de ses fulgurances ininterrompues, « Undisputted attitude » finit par se laisser apprivoiser dans sa seconde moitié plus structurée et recèle un coté jouissif qui m’a toujours séduit.

Régressif, abrasif, insensé, outrancier, voilà les adjectifs qui me viennent à l’esprit à l’écoute de ce disque.

Mais en réalité, tellement rebelle et rock’n’ roll dans l’esprit qu’il me paraît difficile de ne pas adhérer.

Album idéal pour provoquer une crise cardiaque chez une belle mère indélicate.


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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 18:21

Divine_intervention.jpg

4

 

Retour à la musique bruyante avec « Divine intervention » de Slayer.

J’ai toujours eu un petit faible pour cet album, le premier de Slayer que j’ai acheté et dont la vieille cassette audio à la bande magnétique usée a longuement figurée dans la boite à gant de ma voiture pour les moments de ras le bol général necessitant une révolte immédiate.

Inouï d'ailleurs comme la musique peut parfois vivre avec nous et nous accompagner comme une amie sure dans les épreuves les plus difficiles à traverser.

En 1994, après la tournée « Seasons in the abyss » et l’album live associé, le groupe de thrashers américains connaît son premier gros souci puisque son batteur, le très renommé Dave Lombardo quitte la formation.

Avec son style unique, à la fois technique, rapide et surpuissant, Lombardo était pour beaucoup dans l’élaboration du son de Slayer et par conséquent de son succès.

Déstabilisé par cette perte majeure et enfermé dans un contexte devenu hostile au thrash metal des années 80, le groupe réagit et embauche un nouveau batteur le costaud Paul Bostaph pour se mettre au gout du jour et moderniser un peu son son.

L’imagerie a ici évoluée, délaissant le satanisme de bazard pour une esthétique à la morbidité sobre non sans rappeler les œuvres du sculpteur H.R Giger.

Cette intervention divine inaugure avec « Killing fields » le nouveau son de Slayer, toujours thrash mais plus aseptisé et moins mordant qu’à l’accoutumé.

Passé cet effet de surprise assez déroutant, l’auditeur se cale sans problème sur ce mid tempo efficace mais manquant grandement d’originalité.

On accélère subitement avec « Sex.Murder.Art » qui déboule telle une tornade dotée d’une précision chirurgicale et dévaste tout sur son passage en moins de deux minutes avec un final monumental de puissance.

Domination, déviance, perversion, transgression, torture et meurtre seront les thèmes majeurs associés à ce disque sombre et sans concession.

Abordant un aspect plus politique, « Fictionnal reality » déroule une atmosphère plus rampante et contrastée qui bien que parfaitement maîtrisée fait grandement chuter l’intensité.

Nouvelle poussée de violence avec « Dittohead » et ses influence punk survitaminées.

Rapidité et brutalité forment ici un cocktail difficile à digérer.

Arrive alors le morceau central du disque, « Divine intervention » et son tempo obsédant, trahissant la souffrance ininterrompue d’un homme torturé.

Dans ce cauchemar sans issue, l’auditeur englué dans une gigantesque toile d’araignée et anesthésié par un venin mortel regarde fasciné la mort ramper hideusement jusqu’à lui sans pouvoir esquisser le moindre geste de défense ou de fuite.

Le très musclé et intense « Circle of belief » vient l’arracher vigoureusement à ses fantasmes morbides.

On retrouve ici le Slayer cinglant, dominant son art en tyran implacable.

L’aspect controversé du groupe est de nouveau remis au goût du jour avec « SS-3 », morceau lent et poussif traitant de la vie de Reinhard Heydrich, l’un des principaux dirigeants du III ieme reich.

Slayer renoue avec des ambiances (légèrement) moins pestilentielles avec « Serenity in murder » qui alterne couplets doux et lancinants avec folles envolées guitaristiques pour un résultat légèrement bancal.

Une longue introduction envoûtante sur « 213 » prélude une redoutable montée en puissance ou le groupe renoue avec sa totale maîtrise des tempo médians.

L’album se termine sur la traditionnelle bastonnade de « Mind control » qui remplit honnêtement son office sans bouleverser personne.

En conclusion, « Divine intervention » peut être considéré comme étrange au regard de la discographie antérieure du groupe.

Bien entendu le style pratiqué diffère grandement des premiers albums et le groupe perd en inspiration, en tranchant et en intensité par rapport à ses plus belles années.

Une fois digéré ce changement d’orientation musicale, « Divine intervention » n’est pas dans l’absolu un mauvais disque et recèle son lot de guitares offensives, de rythmiques puissantes, et une belle variété d’atmosphères qui lui confère une certaine richesse musicale.

Outre la légère faiblesse nostalgique dont je suis coupable à son égard, « Divine intervention » est un album sombre, violent, homogène et varié, toujours plaisant l’écoute même si l’absence de Lombardo fait assurément descendre le groupe de son piédestal doré.


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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 20:22

Seasons_abyss.jpg

5

 

Sorti en 1990, « Seasons in the abyss » marque le point culminant de l’age d’or de Slayer avant le départ de leur légendaire batteur Dave Lombardo.

On remarquera tout de suite la pochette, particulièrement glauque puisque issue de dessins du tueur en série nécrophile Edward Theodore Gein, dont le sanglant parcours dans les années 50 inspira sur ce disque le chanteur Tom Arraya.

« Seasons in the abyss » possède donc le parfum de scandale souvent associé à Slayer mais le  réduire à cela serait oublier l’essentiel : la musique.

Le morceau introductif, « War ensemble » devenu un classique du thrash, est une longue et intense cavalcade ultra soutenue par le jeu implacable de ce diable de Lombardo.

Les refrains accrocheurs et le remarquable équilibre de l’ensemble montrent tout le savoir faire et la maîtrise acquis par le groupe en sept années d’existence.

Lui succédant « Blood red »  est un agréable morceau de transition annonçant un « Spirit black » terrible de fluidité et de puissance.

Qualité des riffs, puissance du groove et précision du phrasé au scalpel d’Arraya caractérisent ce titre majeur.

Décidément très en verve, Slayer montre avec « Expendable youth » qu’il est aussi redoutablement efficace sur les tempos plus lents.

Mais l’un des chef d’œuvres du disque arrive avec « Dead skin mask », directement inspiré cette fois de Gein qui avait pour habitude de découper la peau de ses victimes pour se confectionner des masques ou des objets.

Malgré ce sujet franchement horrible, « Dead skin mask » s’avère d’une douceur étrange, malsaine, et comme hanté par des riffs et des refrains au charme hypnotique.

Après cette courte parenthèse mélodique, Slayer remet les gaz avec « Hallowed point » joué avec rage et intensité.

On s’attend alors à une logique baisse de régime mais il n’en est rien tant « Skeletons of society » se révèle fantastiquement fluide et incroyablement fédérateur.

Retour de la hargne sur « Temptation »  et « Born of fire » courts et incisifs, le dernier nommé étant tout de même un ton en dessous.

Alors qu’on pensait que Slayer avait épuisé ses plus belles cartouches et s’apprêtait à partir la tête haute avec un album des plus honorables, on est complètement assommé par « Seasons in the abyss » le dernier titre de ce disque d’exception.

Une longue et grandiose introduction à la magie envoûtante introduit les riffs de guitares musclés de la paire Henneman/King avant que Tom Arraya ne déroule des lignes vocales d’une incroyable pureté mélodique.

Tout est mythique dans ce titre hors norme, les refrains, les solos et jusqu’à l’ambiance inspirée par l’Egypte antique comme le montrait le clip tourné prêt des pyramides à l’époque.

En conclusion, « Seasons in the abyss » est pour moi le meilleur album de Slayer avec une combinaison quasi parfaite de mélodies envoûtantes et de puissance savamment dosée.

Moins extrême que « Reign in blood », plus puissant que « South of heaven », ce disque recèle des compositions parfaitement équilibrées d’un niveau souvent ahurissant.

Les titres s’enchaînent, fluides, inspirés, formidablement bien pensés et architecturés pour former un classique incontournable du Métal.

En progrès constants depuis ses débuts, Slayer atteint donc son apogée artistique sur ce disque phare des années 90, avant de devoir ensuite se remettre en question après le départ son batteur en cherchant de nouvelles et délicates orientations musicales.


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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 20:41

South_heaven.jpg

4

 

Après un « Reign in blood », aussi extrême que culte qui fit l’effet d’une bombe dans le milieu du thrash metal, Slayer change d’orientation et sort en 1988, « South of heaven » son disque sans nul doute le plus nuancé.

Pourtant malgré des tempo fortement ralentis et des ambiances plus calmes, la qualité est toujours au rendez vous chez les Californiens un peu à l’image de cette pochette somptueuse, à la fois macabre et incroyablement sophistiquée digne pour moi des plus grands peintres.

Doté d’un riff magnétique aussi élégant qu’entêtant, « South of heaven » ouvre de manière royale le disque.

Le ton posé et le tempo plutôt calme parsemés de quelques accélérations savamment  contrôlées  produisent une envoûtante impression d’enveloppement.

Morceau de transition, court rapide et tranchant, « Silent scream » injecte un léger surplus de punch apte à bousculer un peu l’auditeur avant qu’un « Live undead » ne déroule son ambiance étonnamment léthargique pour du Slayer.

Le groupe se reprend avec « Behind the crooked cross »  qui combine de manière parfaite puissance et mélodie mais surtout avec « Mandatory suicide » sans nul doute l’un des ses plus grands morceaux avec son rythme saccadé et son refrain ultra fédérateur.

Sans doute un peu mésestimé à mes yeux, « Ghosts of war » lui est pourtant assurément supérieur avec son tempo furieux si typiquement thrash et son monumental break central annonçant une fin des plus enthousiasmantes.

Les sommets de ce paysage aride et ténébreux sont à présent derrière l’auditeur qui se laisse emmener docilement dans une descente en pente douce par les « Read between the lies » et « Cleanse the soul » certes solides mais finalement relativement peu inspirés.

Slayer retrouve alors un allant inespéré en rendant un hommage aux Metal Gods avec la reprise de « Dissident agressor » de Judas Priest, jouée ici de façon très éthérée.

« Spill the blood », dernière offrande de ce sombre voyage, déploie une atmosphère faussement calme finalement des plus tortueuses et inquiétantes.

En conclusion, « South of heaven » est assurément le disque le plus calme de la discographie des maîtres du thrash metal américains mais il n’en demeure pas moins souvent intéressant par son approche mélodique, sa très grande homogénéité et la diversité de ambiances qu’il aborde.

On devine la violence de Slayer toujours présente prête à nous sauter à la gorge mais celle ci demeure tapie, souterraine et juste affleurante sans jamais réellement éclater, ce qui est la preuve d’une grande maîtrise.

Outre les deux classiques qu’il contient « South of heaven » et « Mandatory suicide », « South of heaven » montre que Slayer est un groupe mature, réfléchi, beaucoup moins limité et bourrin qu’on pourrait naïvement le penser, et capable de proposer une musique techniquement plus élaborée et variée que le commun des groupes de hard.

Certes les fans de musiques extrêmes trouveront sans doute ce disque trop doux et mou et lui préféreront d’autres œuvres plus brutales mais j’ai été pour ma part franchement séduit par cette démarche de construction.


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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 16:20

Reigninblood.jpg

3

 

1986.

Après avoir déjà produit deux belles déflagrations dans le monde alors balbutiant du thrash metal américain, Slayer franchit un nouveau cap avec le producteur Rick Rubin et « Reign in blood », considéré par beaucoup comme leur meilleur album, un monument du thrash, à la fois révolutionnaire et culte.

La pochette telle un somptueux tableau macabre de Jerome Bosch, met tout de suite dans l’ambiance avec ce règne de Satan dans la violence et le sang depuis les profondeurs de sombres enfers sous terrains.

Nul trace d’espoir ou de salut à attendre ici donc.

« Angel of death » prend immédiatement à la gorge, guitares Hanneman-King  mitrailleuses de riffs tournoyant à des vitesses surhumaines, tempo frénétiques comme si le batteur Dave Lombardo était doté de centaines de paires de bras martelant sans cesse ses tambours de l’enfer, le tout surplombé par Tom Arraya, chanteur bassiste exalté dont la voix claque comme autant de coups de fouet sur le visage d’un auditeur abasourdi.

L’extrême violence contrôlée combinée à une précision millimétrique quasi parfaite donne un sentiment de puissance incroyable confinant même jusqu’à l’effroi.

Le thème (tant décrié) des camps de concentration et de Joseph Mengélé, médecin de la mort à Auschwitz, colle bien avec cette musique de l’urgence et de fin du monde.

Après ce premier titre paroxysmique, le groupe conserve son rythme infernal avec « Piece by piece » et « Necrophobic »  tous aussi violents mais plus brouillons et approximatifs.

Aucun temps mort, aucune pose, tout est enchaîné comme un sprint interrompu sous amphétamines, le résultat étant un ouragan de metal et de feu s’abattant sur l’auditeur choqué.

Légèrement plus lent (tout est relatif !) ,  « Altair of sacrifice » ne permet pas tout à fait de souffler tant les solos continuent de jaillir dans tous les sens et la batterie de bombarder intensivement.

Parvenant à mieux canaliser temporairement cette phénoménale puissance de feu, « Jesus Saves » produit l’effet d’une gifle d’une violence inouïe.

Tom Array renoue avec ses sombres fantasmes de tueur en série sur « Criminally insane » , typique du thrash des années 80 avec ses rythmes puissants et saccadés.

Engagé dans l'engrenage d'une guerre sans retour, Slayer ne souffle pas, Slayer ne met jamais un genou à terre, faisant feu jusqu’à l’épuisement de toutes ces munitions ou jusqu’à l’explosion de ses propres armes à feu.

Une certaine lassitude devant tant d’uniformité et de linéarité finit par s’installer.

« Reborn » est une boucherie sonore d’à peine plus de deux minutes, « Epidemic » et « Postmortem » passent à peine mieux.

Arrive ensuite fort à propos le deuxième morceau culte de ce disque, « Raining blood » .

Introduction inquiétante avec des bruits de pluie et d’orage à laquelle succède un riff de défi immédiatement suivi d’un intense martèlement de batterie, avant que ne s’installe une rythmique hypnotique réalisant la symbiose parfaite entre guitares et basse-batterie.

Sentiment de puissance irrésistible, de folie contagieuse,  d’énergie primitive quasi tribale prennent donc instinctivement le relais dans le psychisme déjà passablement éprouvé de l’auditeur.

Faisant office de digestif, « Agressive perfector » devient alors une plaisante mais bien anecdotique conclusion.

En conclusion, « Reign in blood » doit sont statut d’album culte à son extrême violence, a son imagerie dérangeante et à son absence totale de concessions.

A l’époque cette approche ultime constituait une première et ouvra toute une brèche pour tous les groupes adeptes d’une musique extrême, soit plus axée sur l’horreur pure (Death metal)  soit plus sur un satanisme confinant au fanatisme (Black metal).

D’une durée de 29 minutes environ, « Reign in blood » peut aussi être vu comme un défouloir paroxysmique quasi irrespirable ou ne transpire aucune pause ni aucune approche mélodique.

Pour ma part j’ai toujours du mal à encaisser ce disque trop linéaire à mon goût et préfère les œuvres qui bien que parfois violentes restent capables de plus de variété dans leurs ambiances.

Pourtant, « Angel of death » et « Raining blood » peuvent être de par leur qualité et leur intensité incroyables assurément considérés comme des monuments de la musique thrash et justifier à eux seul une écoute de ce disque extrême qui vous l’aurez compris ne sera pas retenu dans la liste des cadeaux offerts à votre futur belle mère.


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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 19:30


Plongée dans le passé et l’histoire du trash metal américain avec « Armed and dangerous » , court EP du groupe Anthrax sorti peu après leurs débuts en 1985.

Anthrax, groupe new yorkais fait partie des pionniers du trash metal au même titre que Metallica, Slayer ou Megadeth même si Anthrax est sans nul doute celui parmi ce carré d’as qui s’en est le plus mal sorti au niveau commercial en raison d’une grande instabilité de ses chanteurs.

Le personnel des débuts comportait les deux guitaristes, Dan Spitz et Scott Ian, bondissant et nerveux,  un bassiste Frank Bello, un redoutable batteur Charlie Benante et un chanteur capable de monter très haut dans les aigus Neil Turbin même si ce dernier sera rapidement remplacé par Joey Belladonna qui fit connaître les plus belles heures de gloire aux New Yorkais.

A la production on retrouve Jon Zazula, l’incontournable gourou du trash de l’époque.

Débutant le disque, « Armed and dangerous » commence par une introduction en forme de  ballade grandiose à l’américaine avant que le tempo ne s’accélère brutalement pour tourner vers un trash metal bastonnant typique des années 80.

Le voix puissante et haut perchée de Belladonna caractéristique d’un style de chant qui a toujours existé dans le hard rock insuffle beaucoup de vigueur à ce titre long et rapide aux refrains faisant figure d’hymne.

Plus lent et compact, « Raise hell » dispose d’un refrain dévastateur couplant la voix suraiguë de Belladonna à des chœurs puissants.

La reprise des Sex Pistols « God saves the queen » trop conforme à l’originale se montre complètement anecdotique.

En revanche « Metal trashing mad » furie trash metal parfaitement maîtrisée est sans nul doute l’un des meilleurs titres jamais écrits par Anthrax et demeure plus de 25 ans après un classique indémodable de leur concerts.

Un live pour continuer, « Panic » très speed et intense avec une rythmique suralimentée faisant penser à une mitrailleuse tournant à plein régime.

Posé sur un tempo plus médian presque rock, « Soldiers of metal » se montre moins incisif malgré les hurlements échevelés de ce diable de Belladonna.

On termine sur « Howling furies » lui aussi plutôt mid tempo et de qualité moyenne.

En conclusion, « Armed and dangerous » est un petit album sympathique, regorgeant d’énergie, de fougue et de fraîcheur.

Bien sur le son de ce type de musique paraît aujourd’hui très daté, mais il subsiste toujours une nostalgie et un attrait inhérents à la naïveté, la fougue et l’énergie qui habitaient les jeunes groupes de gamins comme Anthrax à l’époque.

Anthrax ne semble pas ici encore avoir trouvé son style définitif et se montre  moins à l’aise sur les tempo rock que sur les folles cavalcades du trash.

Une œuvre de jeunesse agréable certes mineur mais de bonne qualité réalisé par un groupe en pleine ascension et surmotivé.

Moins ambitieuse et variée que Metallica ou Megadeth, moins violente et sulfureuse que Slayer, la musique d’Anthrax, simple, énergique et efficace est néanmoins hautement respectable.

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 20:34


Slayer ou l’archétype même du groupe qu’on écoute à l’adolescence pour énerver ses parents ?

Certes avec les pionniers du trash metal américain on a souvent affaire à du mauvais goût, du politiquement incorrect et à des volumes sonores largement trop répulsifs pour les fans d’artistes aussi cucul la praline que Grand Corps Malade ou Vincent Delerm.

Mais peu importe ce que pensent les « biens pensants » j’aime ce groupe depuis fort longtemps et c’est donc avec un grand plaisir que je m’en vais chroniquer leur premier album « Show no mercy » sorti en l’an de grâce 1984.

Slayer  s’inscrit dans cette vague de groupes californiens comme Metallica, Megadeth, Exodus et Anthrax, qui au début des années 80 donnèrent naissance à un nouveau courant musical dérivé du heavy metal : le thrash metal, plus rapide et violent que son prédécesseur.

« Show no mercy » possède donc toutes les caractéristiques de ce courant musical.

Peu de moyens donc , un son vintage ultra roots, une pochette « sataniste » assez ridicule comme dessinée par un gamin de cinq ans, mais en contre partie toute l’ énergie, toute la fougue et l’audace d’un jeune groupe de blancs becs forcenés décidés à dévorer la terre entière.

Dés l’entame de ce disque, « Evil has no bondaries » assene les premières déflagrations.

Le tempo frénétique, les riffs surpuissants, les solos supersoniques de la paire infernale Kerry King/Jeff Hanneman assaillent l’auditeur de toute part en vagues successives irrésistibles.

La voix de Tom Arraya est déjà si caractéristique, grondante, claquant comme un fouet , basculant même de manière aussi subite qu’exaltée dans les aigus sur des textes malsains parlant de violence, de meurtres et de satanisme.

Mais l’atout maître  de Slayer est  sans nul doute son batteur Dave Lombardo, l’homme capable d’insuffler du punch et une certaine fluidité à une musique aussi violente.

Les charges explosives se succèdent en une tornade sonore de puissance et de brutalité totalement maîtrisée et canalisée.

Le sulfureux « The Antichrist », le très cinglant « Die by the sword » ou le sans concession « Fight till death » s’enchaînent dans un déferlement continu laissant l’auditeur sonné, malmené, emporté comme un fétu de paille par ce torrent de puissance sauvage.

L’enchaînement avec l’instrumental « Metal storm » puis « Face the slayer » vient apporter une courte accalmie à laquelle l’auditeur s’accroche tel un naufragé à un radeau de fortune mais c’est pour mieux ensuite succomber à la tempête finale tant le pilonnage intensif des artilleurs de première classe reprend.

Altérée, enivrée, la raison renonce laissant la place à l’instinct guidé par un plaisir intense et bestial.

Le très obscur « Black magic » , l’irrésistible « Tormentor » avec ses vocaux déraillant dans les aigus, la pure leçon de trash à 1000km/h « The final command » , puis le légèrement plus calme « Crionics » et le final « Show no mercy » viennent porter le coup de grâce à un auditeur agonisant.

En conclusion « Show no mercy » n’est certainement pas l’album que vous utiliserez pour faire la cour à une femme ou pour jouer le jour de votre mariage ou alors pour provoquer quelques crises cardiaques dans la famille des beaux parents découvrant un peu tard que leur fille chérie épouse un sociopathe au lieu d’un gendre idéal.

Cet album paraîtra aux puristes sans doute également un peu linéaire mais il contient une telle spontanéité, une telle énergie, une telle fougue qu’il paraît difficile de résister un temps soit peu à ces attraits si on apprécie la musique intense.

Le son  « old school » excellent, les intro vicieuses, les riffs assassins, les solos subsoniques vrombissant et surtout ces tempo ultra rapides si caractéristiques font de « Show no mercy » un monument du trash metal et du hard rock tout court.

Avec cet album, les quatre mouflets de Huntington Park, accouchent d’un Monstre, d’une Légende et donnent le coup d’envoi à une carrière des plus mythiques.

« Evil has no bondaries » dit l’album en introduction ?

Cela tombe bien, Slayer non plus.

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 14:30


En 1994, Machine Head un jeune groupe californien sort un premier album répondant au nom de « Burn my eyes » qui fait l’effet d’une bombe dans le petit milieu du metal.

Certains parleront de power metal, pour ma part je parlerais de trash metal des années 90 dans la filière d’un Pantera, l’autre légende du genre.

Le groupe se compose à l’époque de Robb Flynn au chant/guitare, de Logan Mader à la guitare, de Chris Kontos à la batterie et de Adam Duce à la basse.

« Davidian » morceau d’ouverture marque tout de suite le style de groupe, introduction soignée, préludant un déluge de puissance parsemé de riffs titanesques et de rythmiques pachydermiques sur lequel vient exploser une grosse voix rageuse.

La dernière partie du morceau est la plus intéressante, avec un surcroît d’agressivité subitement canalisée par une rythmique guerrière inexorable.

Je crois que c’est ce qui me séduit et m’impressionne le plus dans cet album, cette puissance phénoménale absolument maîtrisée, contenue puis relâchée à volonté pour produire des effets dévastateurs détruisant toute volonté de résistance.

Les tempo ne sont pas très rapides, mais le son est écrasant de lourdeur, vous broyant tel un monstrueux bulldozer dans ses mâchoires d’aciers.

L’album brille également par ses variations sous formes d’introductions, mélodiques, faussement calmes et ses courtes accalmies doucereuses entre deux déluges de fer et de feu.

Dans pareilles conditions la violence se retrouve magnifiée.

A partir du 4ieme titre le groupe réalise un sans faute.

« None but my own » et « Death church » avec leurs intro monstrueuses de feeling de punch, leur chant tour à tour calme, menaçant puis rageur, sont irrésistibles.

Le groupe maintient une tension quasi constante tout le long du disque, grondant sa rage meurtrière, allumant des brasiers incandescents tel ce « The rage to overcome » ou ce « A nation on fire » incendiaires.

Le résultat est la production d’ une musique incroyablement puissante, sans concession, prenant naissance dans la rue, la pauvreté, le désespoir, la contestation sociale voir l’émeute pure et simple.

Puis vient le KO au premier round, « Blood for blood » machine de guerre de trash metal mutant écrasant tout de ses marteaux pilons d’acier.

« I’m your god now » meilleur morceau du disque, commence par un superbe passage mélodique ou Robb Flynn montre qu’il peut chanter de manière magnifique avant de terminer par un déluge de violence paroxysmique.

Complément sonné, sous le choc, désorienté, l’auditeur est une proie facile pour les dernières bombes à fragmentations que sont « Real eyes realize real lies »  avec ses multiples voix entremêlées et un très frontal « Block » en guise de coup de grâce.

Avec « Burn my eyes », on a donc l’impression d’être devant une terrible force de la nature, un godzilla primordial né du chaos, de la folie des hommes.

Machine Head ne parviendra jamais à renouveler l’exploit initial, comme si le groupe avait tout donné dans son premier album, toute sa créativité, sa rage, sa volonté de percer, de tuer.

Les plus belles œuvres sont souvent les plus spontanées, les plus dépouillées, le premier jet pris sur le vif, capture la quintessence de l’art.

Celui de Machine Head, savant mélange de puissance et de calme nourri de colère et de désespoir est assurément un art guerrier maîtrisé à la perfection.

Un album violent, intense, prenant, à ranger auprès des classiques du trash de Slayer, Pantera, voir Sepultura et à écouter en prévision d’une journée particulièrement pénible afin d’ y puiser l’énergie nécessaire pour faire face.

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Published by Seth - dans Thrash Metal
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