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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 18:10


Etant un joggeur du dimanche depuis l'age de mes quatorze ans, j’ai été attiré par le sujet du dernier livre de Haruki Murakami « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond ».

L’idée de base de cet écrivain à la renommée internationale est de se raconter à travers le prisme de sa passion pour la course à pied.

Murakami établit en effet un parallèle étroit en son métier d’écrivain et le fait de courir.

Assez étrangement il avoue avoir commencé à courir peu après avoir choisi d’arrêter son métier de gérant de club de jazz pour se consacrer à temps plein à l’écriture.

Devenu plus sédentaire, fumant beaucoup et ayant tendance à l’embonpoint, Murakami a commencé à courir assez tardivement (trente trois ans) pour être tout d’abord en meilleur forme.

Puis il s’est aperçu que ce sport convenait de manière profonde et intime à sa personnalité solitaire, méticuleuse et opiniâtre alors le passe temps est devenu une passion voir un mode de vie.

Ainsi Murakami court quasiment tous les jours au minimum dix kilomètres avec toujours une musique rock dans ses écouteurs que ce soit les Lovin'Spoonful, Byan Adams, ou les Red Hot Chili Peppers.

Seule la pluie, la neige ou certaines impossibilités professionnelles assez rares, semblent en mesure de l’empêcher d’assouvir sa passion.

Voyageant beaucoup entre le Japon, les Etats Unis et l’Europe, l’auteur décrit ses habitudes, ses parcours et tente d’analyser les sensations qu’il éprouve lorsqu’il foule le bitume.

Murakami parle donc de ses expériences de joggeur à Tokyo, Cambridge, Hawaï, New York ou même Athènes ou il accomplit seul le mythique parcours Athènes-Marathon.

Puis conscient de certaines aptitudes, il se met à courir des marathons, un par an dans une recherche de performance.

Repoussant sans cesse les limites de son corps, Murakami participe à des triathlons ou même à un ultra marathon de 100 kilomètres sur une île située au Nord du Japon.

Dans ce livre, Murakami ne tente pas de convaincre le lecteur des bienfaits de la course à pied, il explique simplement comment ce sport d’endurance l’a aidé à équilibrer sa vie, à mieux se connaître et à développer des qualités utiles pour son métier d’écrivain.

« Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » ne m’a pas passionné outre mesure..

Sur la forme le style de Murakami m’est apparu assez froid et fade.

Sur le fond, l’auteur ne se montre pas pour moi comme quelqu’un de très attachant mais plutôt comme un être solitaire, obsessionnel, maniaque, très centré sur lui même et ses performances, ayant du mal à accepter le vieillissement inéluctable de son corps.

Pour avoir connu des marathoniens et des triathloniens, je pense que ces caractéristiques se retrouvent souvent chez les pratiquants des sports d’endurance.

Ayant passé un été à Cambridge et couru le long de la Charles River de Boston, j’ai particulièrement apprécié les passages du livre ou Murakami y décrit ses joggings.

Pour autant je crois aux vertus de la course d’endurance, à la pureté de la pratique de cet acte inné chez l’être humain, au lent processus qui forge l’esprit lorsque le joggeur parvient à surmonter toutes les conditions hostiles (fatigue croissante, climat pénible ) qui le poussent à renoncer.

Se retrouver en tête à tête avec soi même et courir 10, 15, 20 kms ou plus qu’il pleuve, vente, neige ou fasse un soleil de plombs a toujours été pour moi une expérience intime très formatrice et enrichissante.

Dommage que Murakami ait racontée cette expérience de manière trop rationnelle et sportive à mon goût sans en décrire l’aspect quasi mystique proche pour moi du chemin de croix menant à l’absolution de ses propres péchés.

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 19:30


Sorti en 2006, « Rocky Balboa » se veut l’ultime et tardif hommage de Sylvester Stallone à son personnage fétiche qui lui rapporta 3 oscars et lança sa carrière cinématographique en 1976.
 

Qui en effet ne connaît pas ce film, cette musique et ce personnage mythiques ?

 

Il est curieux de constater que jamais Stallone ne fut vraiment capable de faire mieux que son premier film, car si le premier « Rambo » présente des qualités, sa carrière ne fut ensuite qu’une longue série de films d’actions plutôt caricaturaux et basiques avec même dans les années 80 un assez détestable fond de propagande anti communiste.

 

Alors avec une carrière au point mort, à 60 ans Stallone décide de renouer avec son personnage culte.

 

Le ton plutôt intimiste du film surprend, l’atmosphère est  en effet très mélancolique et nostalgique.

 

Boxeur retraité, Rocky a perdu sa femme (Adrienne) il y a 3 ans et a du mal à s’en remettre.

 

Pour survivre il a ouvert un restaurant italien et raconte ses anciens exploits à ses clients.

 

Ses relations avec son fils sont très distantes.

 

Vieille gloire des années 80, Rocky paraît un peu dépassé par un monde nouveau, plus rapide, aseptisé et moins humain alors il se réfugie dans ses souvenirs et vit dans le passé de son quartier de Philadelphie avec son éternel beau-frère râleur  Paulie (Burt Young) ou Marie, jeune mère célibataire que Rocky tente de prendre sous son aile.

 

Pourtant l’envie de reboxer pour oublier son chagrin le titille et il fait une demande de licence.

 

En parallèle le monde de la boxe poids lourd outrageusement dominé par un jeune champion noir du nom de Mason Dixon, doué mais peu charismatique, étouffe.

 

Un jour au moyen d’un logiciel, les experts de la boxe simulent un combat entre Balboa et Dixon et ce combat donne le jeune champion perdant.

 

Ses promoteurs ont alors l’idée d’organiser à Las Vegas un match exhibition contre Balboa pour faire remonter la cote de leur poulain.

 

Rocky voit dans cette opportunité une occasion de guérir de son mal et enclenche la traditionnelle séquence de préparation physique avant le match.

 

Encensé par les critiques pour son coté émotionnel, « Rocky Balboa » ne m’a cependant pas autant bouleversé qu’un film comme « The Wrestler » qui me semble aller encore plus loin dans le désespoir et l'émotion.

 

Le ressort de la simulation logicielle me paraît peu crédible, quand au corps de Stallone, il est effrayant, flasque, quasi difforme et néanmoins bouffi d’anabolisants.

 

J’aurais plus apprécié un film complètement intimiste centré sur la douleur d’un homme en deuil, sur les difficultés des relations pére-fils mais sans le match de boxe et les vains efforts physiques pour tenter de retrouver une jeunesse perdue à jamais, la j’aurais trouvé  que Stallone serait allé au bout de son œuvre.

 

Néanmoins contrairement aux autres films de Stallone ou il incarne des brutes impitoyables mono expressives « Rocky Balboa » contient toujours un capital sympathie incommensurable.

 

Rocky avec son air de chien battu, c’est le looser sympathique au cœur d’or, si proche de nous et tellement humain ,qui finalement à force de courage et d’espérance parvient au sommet en une vibrante incarnation du rêve américain.

 

Contre un tel mythe il sera toujours impossible de lutter.

 

Le film vaut cependant le coup d’œil, tout en espérant que Stallone soit assez raisonnable pour s’arrêter la et ne pas gâcher ce  joli baroud d’honneur.

 

Je conseillerai également « Copland »  excellent film méconnu ou un Stallone en sheriff malentendant et gras du bide se montre fantastique face à  De Niro, chef d’une police corrompue.

 

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 14:06


Il est assez rare que je lise des autobiographies des sportifs ou de personnages célèbres de notre temps … pourtant le parcours du boxeur Christophe Tiozzo m’a tellement touché que j’ai fait une entorse à cette règle en lisant « Ma descente aux enfers ».

Autant le dire tout de suite avec ce livre autant ne pas s’attendre à de la grande littérature mais plutôt à un témoignage sur un milieu sulfureux qui a toujours déchaîné les plus grands fantasmes : celui de la boxe.

Difficile de trouver en effet un autre sport ayant inspiré plus d’œuvres que le noble art.

Rares sont en effet les livres traitant des déboires des lanceurs de fléchettes ou des champions de trampoline.

Dans ce livre Christophe Tiozzo se raconte, vide son sac de manière cathartique et un peu désordonnée.

Ce boxeur charismatique a connu son heure de gloire en 1988 lorsqu’il a décroché le titre de champion du monde des super welters après une médaille de bronze aux jeux olympiques de Los Angeles en 1984.

Ce qui frappe dans le récit de la vie de Tiozzo dans ces années folles c’est un désir flagrant d’auto destruction, un comportement suicidaire voilé se traduisant par des sorties nocturnes incessantes, des fréquentations douteuses proches du milieu des voyous et des prostituées.

Paris pour Tiozzo se limite à Pigalle, Oberkampf ou les Champs Elysées de nuit dans une quête sans aucun sens de défonce cocainée, alcoolisée et sexuelle.

Bien entendu le bonhomme avait le coup de poing facile et eu les pires ennuis, il fut ainsi témoin du meurtre d’un des ses « amis », arrêté en possession d’une arme à feu et balafré à coup de couteau après une bagarre avec des gitans devant une boite de nuit.

Cette vie semblant peu compatible avec les exigences d’un sportif de haut niveau, Tiozzo semble l’avoir menée, avec presque constamment d’énormes problèmes de prises de poids à régler.

J’ai été étonné et également déçu que Tiozzo dise qu’il ne boxait que pour l’argent qu’il déteste se lever tôt, s’entraîner, faire des régimes, que le milieu de la boxe ne lui plaisait pas …

Finalement il ne semblait même pas avoir de plaisir à son sport et est quand même devenu champion du monde et médaillé olympique, j’ai donc du mal à totalement le croire même si il devait avoir incontestablement des dons innés pour ce sport.

Cette manière de tout rabaisser et salir sans doute du à l’aigreur d’un homme blessé est je trouve un peu blessante pour les boxeurs peut être moins talentueux que lui mais qui triment tous les jours dans des gymnases obscurs pour arriver au plus haut niveau.

Donc les histoires de défonces tournent rapidement en boucle, les embrouilles en découlant aussi ..

L’autre fait marquant du livre est la manière dont Tiozzo s’est fait arnaquer par son manger de l’époque Jean-Christophe Courrèges, un jeune et beau parleur qui l’a subjugué, emmené boxer aux Etats Unis et a apparemment dérobé la majeure partie de ses gains.

Tiozzo homme de la rue issu d’un milieu modeste n’avait pas comme beaucoup de boxeurs les armes intellectuelles pour voir venir le danger et a été la proie de vautours, de conseilles financiers escrocs et d’homme d’affaire brésiliens véreux qui sous couvert de « bons » placements en Suisse ou au Panama  l’ont purement et simplement dépouillés de tout son argent.

Pour ma part, être sportif n’excuse pas tout, Tiozzo aurait du être moins insouciant mois stupide, sortir un peu la tête de sa vie de fou et mettre plus souvent le nez dans ses comptes …

Terrible manque de lucidité donc qui se paye argent comptant.

Bien obligé de se reconstruire, le boxeur termine le livre sur une note volontairement positive, les procès en cours pour récupérer son argent (bon courage !) , sa paternité, l’ouverture de son restaurant en Ardèche mais compte tenu de l’extrême instabilité du bonhomme ceci ne peut que laisser sceptique.

Alors le cas Tiozzo, une tristement banale histoire d’un pauvre type qui l’a bien cherché ?

Je ne sais pas en tout cas ce livre ne m’a pas fait éprouver de compassion ou d’empathie pour le bonhomme que pour rien au monde je n’aurais aimé croiser un soir dans un bar.

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 10:29


Je suis allé voir « The Wrestler »  film de Darrren Aronofsky pour lequel Mickey Rourke a été nominé aux Oscars.

 

Bonne idée de faire un film sur le catch, ce sport spectaculaire à l’origine très ancré dans la culture américaine fait actuellement une ahurissante percée en France puisque RTL 9, NT1  et Eurosport le diffusent à présent en prime time sur leurs ondes.

 

Je n’ai jamais aimé les gens qui disaient que ce sport était du « chiqué », c’est un peu le même genre de remarque que de dire que les body builder ne font que de la « gonflette ».

 

Les catcheurs s’entraînent comme des athlètes professionnels et ce sport violent entraîne souvent de graves blessures qui elles n’ont rien de « chiqué » et raccourcissent l’espérance de vie de ses athlètes.

 

Dans la première partie du film on voit le quotidien de Randy dit le « Bélier » , ex star des années 80 qui vit dans une roulotte, travaille la semaine dans un supermarché et catche le week end dans des gala de seconde zone.

 

On voit l’envers du décor du monde du catch, des matchs certes arrangés mais brutaux, sanglants, des corps maltraités, détruits, l’emploi d’anabolisants, de stéroïdes pour leur faire atteindre des proportions défiant l’imagination.

 

Randy ressemble à une épave d’un autre temps, il paraît usé, fatigué.

 

Il est client d’une boite de strip tease et entretient une relation amicale avec une strip teaseuse du nom de Pam.

 

Et puis un jour c’est l’accident, après un match appuyé, Randy fait une crise cardiaque et manque de mourir.

 

Les médecins lui interdisent de catcher.

 

Randy se retrouve donc brutalement livré à lui même et ébranlé par le fait qu’il vient d’échapper à la mort.

 

Sans ressources financières, il devient boucher à plein temps au supermarché et doit subir une conditions humiliante pour lui.

 

Il s’aperçoit qu’il est seul, fauché, has been et qu’il ne s’est jamais occupé de sa fille.

 

Sur les conseils de Pam, il décide alors de reprendre contact avec elle ce qui s’avère délicat.

 

La deuxième partie du film est la plus touchante.

 

Randy essaie de se racheter des ses erreurs passées avec sa fille et dans le même temps essaie de nouer une véritable relation avec Pam.

 

La question qu’on se pose est : ou est la frontière entre réalité et fiction ? Tant la vie de Mickey Rourke semble se confondre avec celle de Randy.

 

Rourke, le visage tuméfié, difforme, abîmé par les excès, la boxe et la chirurgie esthétique ressemble à un monstre touchant.

 

La dernière partie du film consiste en une revanche d’un match disputé il y a 20 ans.

Malgré les interdictions des médecins, Randy s’y rend.

 

On pourra peut être trouver « The Wrestler » un peu trop larmoyant et "americain" mais à part être un monstre de cynisme ou de froideur, comment ne pas être touché par la détresse d’un être humain, seul, malheureux, abîmé par la vie et tentant maladroitement de se racheter de ses fautes ?

 

Il plane sur ce film un parfum de déchéance, de vieillesse, de mort, toute la nostalgie d’une époque cristallisée par les jeux vidéo Nintendo, le hard rock américain des années 80 qu’écoute Randy dans sa camionnette (Motley Crue, Guns and Roses ), musique aujourd’hui sérieusement ringardisée.

 

A mes yeux Mickey Rourke méritait l’Oscar, mais il était en face d’un mort, Heath Ledger.

 

C’est con, on est en février et le meilleur film de l’année est déjà sorti.

 

A moins que le dernier Eastwood ….

 

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 13:59


« Le Combat du siècle » roman de Norman Mailer est consacré à l’un des plus célèbres si ce n’est le plus célèbre match de boxe de l’histoire entre Mohamed Ali et George Foreman.

Ce combat revêt en effet plusieurs particularités intéressantes.

Tout d’abord l’époque, les années 70, 1974 pour être précis, années de contestation politiques et de libéralisation des mœurs.

Ali incarne du reste fort bien cette époque bouillonnante.

Boxeur surdoué il s’est converti à l’Islam, est proche des mouvements activistes noirs très revendicatifs voir violents comme les Black Panthers.

Mohamed Ali adhère aux Black Muslims d’Elijah Muhammad, organisation très controversée souvent taxée d’antisémitisme ou de racisme anti-blanc.

Ali a refusé de faire la guerre au Vietnam, a jeté sa médaille obtenue aux Jeux Olympiques quand on a refusé de le servir dans un restaurant en raison de sa couleur ... bref il s’oppose violemment au système américain.

Sa verve, ses provocations verbales et son sens du spectacle alliées à ses formidables qualités de boxeur intuitif et rapide déplacent néanmoins les foules séduites par son charisme.

En face de lui se dresse George Foreman, champion en titre des poids lourds, véritable monstre de puissance brute, puncheur quasi invincible, invaincu en 40 victoires dont 37 par KO.

Si Ali boxe en esquives, feintes et en touches, Foreman mise tout sur son extraordinaire force physique et ses lourds crochets aux corps.

Foreman a une réputation de dur sur le ring, un coté tueur qui effraie ses adversaires mais il a également une personnalité opposée à celle d’Ali.

Ancien voyou ayant été sauvé de la rue et initié à la boxe par une association chrétienne, il est réservé, silencieux, chrétien pratiquant.

En 1968 lorsqu’il fut champion olympique il exhiba un drapeau américain ce que Ali ne manquera pas de lui reprocher en le traitant de « suceur de blanc » ou de « blanc » avant que les deux hommes en viennent aux mains en conférence de presse.

Il y a donc une parfaite opposition de style et de personnalité entre deux immenses boxeurs, deux légendes de leur temps.

Le lieu du combat est également hors du commun.

Le match aura lieu en effet au Zaïre, à Kinshasa.

Norman Mailer fait parti des journalistes américains qui ont fait le déplacement.

Il s’inclut comme un personnage du roman, parlant de lui à la troisième personne du singulier et se considérant plus comme proche de Mohamed Ali.

Le roman décrit longuement les forces en présence, la préparation des deux boxeurs, leur entourage,  le cade africain du combat ainsi que sa portée politique pour le dictateur mégalomaniaque Mobutu.

Le style de Mailer est très plaisant, on goûte avec plaisir la galerie des personnages hauts en couleurs entourant les deux boxeurs, entraîneurs, sparring partner, agents, journalistes, femmes, la plupart d’anciens boxeurs ou hommes de la rue …

Les fameux Don King, organisateur du combat a également le droit à un truculent portrait.

Bien entendu le personnage d’Ali plus hors du commun que celui de Foreman avec ses déclarations tapageuses, ses poèmes naïfs, ses prophéties exaltées recueille le plus d’intérêt aux yeux de l’écrivain mais on sent également beaucoup de tendresse, de respect, d’admiration et de sympathie pour Foreman.

Mailer insiste sur l’intelligence tactique d’Ali qui en réalité bluffera tout le monde lors de sa préparation en faisant croire à son adversaire qu’il boxera selon sa technique habituelle basée sur la mobilité alors qu’il restera la majeure partie du combat dans les cordes à esquiver, bloquer ou faire travailler Foreman dans d’épuisants corps à corps sous la moiteur d’une nuit d’orage africaine.

Ali se préparera donc à se faire marteler dans les cordes mais travaillera aussi beaucoup son endurance par des footings nocturnes tandis que Foreman se contentera d’aligner d’une préparation plus classique.

La description du combat peut également être considéré comme un monument de la littérature sportive, avec le décorticage des événements et de la lente érosion de Foreman, enragé par les provocations d’Ali mais incapable de mettre KO Ali ou de trouver une solution malgré toute sa puissance et sa technique.

Ali apparaît donc une classe au dessus dans le combat et sa victoire semble logique.

Ayant moi même pratiqué la boxe (sans compétition) et étant fasciné par son histoire depuis longtemps j’ai beaucoup apprécié l’aspect sportif du livre même si je dois avouer ne pas aimer l’attitude provocatrice d’Ali et être un pro Foreman.

La chute de Foreman et ses déclarations d’après matchs m’ont d’ailleurs plus émues que les sempiternelles fanfaronnades d’Ali.

D’un point de vu extra sportif, le livre m’a moins plu.

Mailer semble cautionner la parole des Black Muslims, car celle ci prône à ses yeux l’apparition d’un classe moyenne bourgeoise noire.

Mailer voit également ce combat comme un symbole, le point de départ d’une affirmation d’un nouveau pouvoir noir.

Pourtant depuis 1974, il faut tout de même reconnaître que la situation en Afrique n’a pas progressée et s’est même furieusement détériorée.

Le Zaïre est même ironiquement plongé dans une des plus sanglantes guerre civiles de tous les temps.

Les Africains n’ont donc pas pris leur envol comme le pensait Mailer et restent empêtrés dans des difficultés complexes.

Quand aux Noirs américains, les récents progrès dans leur situation n’ont à mon sens pas à grand chose à voir avec l’action des Blacks Muslims.

Ali se détournera d’ailleurs par la suite d’eux.

Enfin il m’est toujours délicat de m’émerveiller devant Mohamed Ali quand je vois dans quel état il est aujourd’hui.

Je me dis que sa technique ne devait pas être si performante que cela tout de même étant donné l’effet qu’on eu tous ses coups sur sa santé.

« Le Combat du siècle » n’est donc pas le livre du siècle, c’est un livre intéressant pour qui aime le monde de la boxe mais dont les extrapolations sembleront prêter plus matière à contestation.

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 22:15


On connaît beaucoup Jack London comme raconteur du Grand Nord, moins comme amoureux de sport et particulièrement de boxe dont il fut lui même un pratiquant.

« Sur le ring » compilation de deux nouvelles traite justement de boxe.

La première nouvelle « L’enjeu » est une courte histoire narrant l’amour naïf et pur d’un boxeur du nom de Joe Flemming  et d’une jeune femme du nom de Geneviève.

Tout deux sont issus des classes ouvrières américaines que le  London socialiste aime tant et ces personnages semblent ici complètement idéalisés.

La partie la plus intéressante du livre est le conflit entre la passion de Jim pour son sport et son amour pour Geneviève.

En effet pour London, les femmes ne peuvent comprendre la passion du noble art et cherchent toujours à attirer leur boxeur de mari en dehors de cette pratique dangereuse.

L’analyse que fait London de l’attirance  que peut éprouver un boxeur pour le noble art est extrêmement intéressante.

A mon sens il s’agit d’une logique pulsionnelle, réveillant les instincts  primitifs de la survie et de la compétition entre males ce qui provoque l’afflux d’adrénaline qui fascine les foules et met les boxeurs dans un état second.

La nouvelle se termine de manière dramatique puisque pour son dernier combat, Jim prend un mauvais coup et meurt, ruinant tous les projets d’avenir du couple.

« L’enjeu » est une belle réflexion sur la boxe, maîtresse exclusive exigeant parfois le sacrifice de son amant.

De plus le combat y est formidablement bien décrit avec luxe de détails techniques qu’apprécieront tous les amateurs de ce sport (comme moi).

J’ai en revanche beaucoup moins apprécié la deuxième nouvelle « La brute » .

Celle ci raconte l’histoire de Pat Glendon, jeune homme des montagnes, dont le physique phénoménal et l’héritage d’un père boxeur vont amener à devenir boxeur professionnel.

Ce jeune colosse invincible, aimant la nature et la poésie ( !) va se montrer d’un angélisme confondant et se faire manipuler par son manager.

London dénonce par l’intermédiaire de son champion la corruption dans le monde de la boxe, les matchs truqués, les gangs de parieurs, les agents, les directeurs de salle, les promoteurs véreux et le public bien souvent floué.

Pourtant alors qu’il s’apprête à livrer son avant dernier combat avant de rencontrer le champion du monde, Glendon fait un discours public pour dénoncer toutes ces magouilles.

On nage quelque peu à mes yeux dans la naïveté absolue et le rêve le plus total.

J’ai été également aussi agacé par la description de la beauté parfaite du héros, sain , aux yeux bleus, élevé en plein air, « espoir de la race blanche » et comme par hasard amateur de littérature.

Il se dégage donc de ce portrait les quelques relents nauséabonds de la pensée de London sur sa vision d’un homme blanc parfait.

J’ai été également agacé par la facilité avec laquelle Glendon battait ses adversaires.

Cela ne m’a parut irréaliste car aucun boxeur à l’exception peut être du Tyson de ses jeunes années n’a aussi outrageusement dominé son sport.

Le point positif de cette deuxième nouvelle reste cependant les descriptions des combats, encore une fois très techniques et haletantes.

En conclusion, un sentiment mitigé sur ce recueil, une nouvelle que j’ai aimée, l’autre pas.

Je reconnais toutefois que London sait fort bien faire passer sa passion à propos d’un sport il est vrai parmi les plus fascinants qui soit, en témoigne les innombrables films qui ont été fait autour du noble art, de Rocky à Ali en passant par Raging Bull ou Million Dollar Baby.

Aujourd'hui en plus d'un siécle ce sport a énormément évolué, les femmes sont autorisées à boxer et les boxeurs des pays de l'Est, de la Russie notamment dominent au niveau mondial, ce qui à n'en pas douter ne manquerait pas d'estomaquer Jack London !


 

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