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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 20:49

Pride.jpg3

 

 

Les plus sportifs d’entre vous auront sans doute déjà constaté la montée en puissance des sports de combat dit de free fight ou de mixed martial arts (MMA) avec une discipline certes violente mêlant frappes au corps (boxe anglaise, karaté, boxe américaine ..) , saisies et projections de la lutte ou du judo et enfin techniques de clés ou d’étranglements du jiu-jitsu.

Dans ces combats dit libres se déroulant dans une cage ou sur un ring, des athlètes quasi nus luttent avec seulement quelques restrictions fluctuantes selon les associations : interdiction de morsure, coups aux yeux ou dans les parties, derrière la tête et frappes d’un homme à terre.

Les shows organisés à Las Vegas avec un sens du spectacle digne du catch ont fait exploser la popularité de cette discipline dans les pays anglo saxons et crées d’authentiques stars pour l’essentiel américaines ou brésiliennes, se produisant dans des salles bondées.

Avant les matchs dans les cages, au début des années 2000, les matchs de combat libre du Pride,  étaient organisés sur des rings la plupart du temps au Japon.

Sorti en 2007, le Dvd « Pride legends vol 2 » se propose de retracer quelques uns des plus spectaculaires KO de la discipline à travers 30 combats de durée bien entendu variable.

On découvre donc les débuts de la future star brésilienne Mauricio Shogun Rua, qui asphyxiait ses adversaires à l’aide d’un rythme frénétique de frappes en pieds-poings.

Si sa première victoire face à l’expérimenté japonais Akira Shoji tarde à se dessiner, les suivantes seront beaucoup plus nettes voir impressionnantes comme sa domination insolente face à un Quinton Rampage Jackson en demi teinte physique ou contre son compatriote et rival, l’expert en soumission Ricardo Arona.

Une autre star du Pride est assurément Mirko Cro Cop Filipovic, le policier croate à la jambe gauche fracassante qui châtiait impitoyablement ses adversaires avant un inexplicable faux pas face à un musculeux lutteur (Kevin Randleman) auteur d’un KO des plus chanceux sur la terreur croate.

Bien entendu Cro Cop et Shogun Rua ne sont pas les seuls figures de ce sport.

Egalement très spectaculaires et prisés de foules, on retrouve le brésilien Wanderlei Silva infatigable machine de combat délivrant sans baisse d’intensité des rafales de coups ou bien Rampage Jackson mon athlète favori en raison de son courage et de son physique trapu, capable de délivrer des projection (slams) d’une force inouïe.

L’affrontement entre Silva et Jackson est pour moi le sommet de ce Dvd, avec deux rounds hallucinants d’intensité ou les deux hommes se rendirent coups pour coups avant que Silva ne parvienne au finish à briser la résistance de Rampage à l’aide de ses terribles coups de genoux.

Rampage est également à l’honneur dans un combat légendaire ou il soulève Arona dans les airs avant de le jeter à terre après que celui-ci lui ait fait une dangereuse.

Derrière ces hauts faits extrêmement spectaculaires et dignes de « Rocky » des temps modernes, figurent de matchs d’intérêt moindre mettant néanmoins en avant d’authentiques champions comme le russe quasi invincible Fédor Emelianeko et son frère Aleksander éliminant par leurs techniques limpides des colosses de rings comme le géant brésilien Zuluzinho ou la montagne de muscles et de haine britannique James Thomson.

On appréciera également le russe Igor Vovchanchyn à la boxe percutante qui lui permettra de triompher d’un Ninja Rua assez empâté.

Bien entendu tous les matchs ne sont pas passionnants et pour être honnête la plupart des combattants japonais issus du catch ne sont souvent pas au niveau des stars occidentales forgés à des écoles plus rudes.

En conclusion, « Pride legends 2 » reste un spectacle à ne pas réserver aux âmes sensibles qui pourront toujours gloser sur la violence de ses combats quelques fois sanglants laissant sans doute de fortes séquelles physiques aux combattants et y voir le signe d’une société aseptisée malade en quête de sensations fortes.

Les autres seront sans doute comme moi éblouis par la dextérité, la puissance et le courage des champions comme Rua, Cro Cop, Jackson ou Silva dont l’engagement physique et mental pourrait les classer au rang de véritables surhommes des rings.

Je ne nie pas non plus ressentir l’excitation des jeux du cirque dans ces affrontements, et reconnaitre ce besoin profond  de violence en l’homme publiquement mis en scène depuis l’Antiquité.

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 08:42

Rocky.jpg2

 

Tout le monde ou presque connait le « Rocky » de John G Advilsen.

Le premier film de la longue série qui a consacré Sylvester Stallone voit le jour en 1976.

L’histoire est celle de Rocky Balboa (Sylvester Stallone) minable boxeur de Philadelphie vivant à moitié comme un clochard et jouant de temps à autre les gros bras pour Tony Gazzo (Joe Spinell), un petit mafioso italien du quartier.

Très populaire dans son quartier, Rocky vivote et a pour ami Paulie Pennino (Burt Young) , un petit gros colérique qui travaille dans une chambre froide.

Il convoite également sa sœur Adrian (Talia Shire quasi méconnaissable) , jeune femme timide et solitaire travaillant dans un magasin de vente d’animaux.

La première partie du film est assez lente, s’attardant longtemps sur le quotidien d’un pauvre type costaud mais pas bien malin entre piges pour Gazzo et tentatives de séduction maladroite envers Adrian.

Pourtant la vie de Rocky bascule lorsque Apollo Creed (Carl Wheaters à la plastique impeccable ) le médiatique champion du monde des poids lourds décide pour l’anniversaire de l’indépendance des Etats Unis d’affronter un boxeur de l’ombre d’origine italienne.

Le choix se porte sur Balboa.

Confronté à ce qu’il croit être la chance de sa vie, Rocky met tout en œuvre pour réussir.

Il change sa façon de vivre, arrête l’alcool et les cigarettes, renoue avec son entraineur Mickey Goldmill (Burgess Meredith) qui lui reprochait de gâcher son talent et s’astreint un désormais célèbre entrainement physique avec footing à quatre heures du matin dans les rues de Philadelphie.

Devenant le représentant d’une Amérique populaire qui souffre, Rocky reçoit le soutien de tout son quartier en plus de celui d’Adrian devenue sa compagne et de Paulie qui lui prete sa chambre froide pour s'entrainer.

Le match contre Apollo a finalement lieu et le challenger se surpasse, poussant le champion jusqu’au quinzième round et ne perdant que sur décision.

Le film s’achève sur un boxeur au visage tuméfié et ensanglanté appelant le nom de sa compagne à la fin de son match.

En conclusion, « Rocky » est le type de film qu’on voit lorsqu’on est adolescent en rêvant soi même à un destin hors norme qu’on accomplirait à la force de sa volonté.

Avec le temps, on prend un peu de recul et remet le film à sa place, celle d’une simple ode au rêve américain narrant l’ascension du faible jusqu’aux sommets.

Le personnage de gros dur raté et sensible crée par Stallone est à vrai dire plutôt touchant et parle à l’homme de la rue qui y voit toujours une vague ressemblance avec quelqu’un de sa connaissance.

Regard de cocker triste, voix rauque, épaules en rotation, Stallone puisant dans son passé difficile, n’a assurément pas trop à forcer son talent pour incarner le personnage.

Les scènes d’entrainement physique sont finalement assez courtes mais magnifiées par la musique devenue mythique de Bill Conti.

L’autre héros du film est également la ville de Philadelphie, cet environnement froid sale et urbain dans lequel le héros essaie de surnager.

Plus de quarante ans après, le film malgré  se regarde toujours malgré son propos simpliste avec une certaine tendresse.


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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 21:59

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La boxe a toujours occupé une part importante dans ces colonnes, aussi est-ce avec un grand plaisir que je vais ici m’intéresser à « Raging bull » de Martin Scorcese.

Sorti en 1980, « Raging bull » raconte la vie du boxeur italo américain Jake Lamotta (Robert De Niro) , champion du monde des poids moyens dans les années 50.

Entrainé par son frère Joey (Joe Pesci) , Jake est un enfant du quartier italien du Bronx ou il a forgé sa dureté légendaire.

Forte tête, indépendant, il refuse contrairement à son frère de fréquenter de trop prêt la mafia locale qui pourrait pourtant lui faciliter son ascension au titre.

Un jour à la piscine de quartier, Jake à le coup de foudre pour Vickie (Cathy Moriarty) belle blonde platine qui fréquente quelques mafieux locaux comme Salvy Batts (Franck Vincent) ennemi juré de Jake.

Mais Jake vit une passion à l’état le plus brut qui lui fait quitter sa femme et ses enfants pour épouser la belle.

Parallèlement à sa tumultueuse vie privée, Jake s’entraine dur et combat Sugar Ray Robinson (Johnny Barnes) boxeur élégant et surdoué, antithèse parfaite du style violent et heurté de celui qu’on surnomme le taureau du Bronx.

Ces combats épiques entre Lamotta et Robinson seront magnifiés par le noir et blanc de la caméra de Scorcese.

Bien qu’ayant une fois détrôné le champion et décroché la ceinture puis défendu son titre face à plusieurs challengers dont le français Marcel Cerdan, Lamotta est finalement victime de son tempérament instable.

Autodestructeur, jaloux jusqu’à la pathologie, Lamotta soupçonne sans cesse ses proches dont sa femme et son frère de le tromper.

Battu encore une ultime fois par Robinson, Lamotta finit par perdre Vicky et Joey qui ne supportent plus sa brutalité incontrolable.

Il arrête donc la boxe, prend une vingtaine de kilos, achète un cabaret de nuit qui ne tarde pas à faire faillite après des problèmes de moeurs.

Lamotta finit sa vie de manière minable, seul, obèse et fauché dans la déchéance absolue dans ce qui symbolise le mieux la grandeur et la décadence des boxeurs les plus flamboyants.

En conclusion, « Raging bull » est un grand, un très grand film sur la boxe.

Plus sombre, âpre et pessimiste (certains diront réaliste !)  que le « Rocky » de Sylvester Stallone sorti quatre ans plus tôt, « Raging bull » est incarné par de formidables acteurs, De Niro en tête avec ses ahurissantes transformations physiques et une technique de boxe des plus crédibles.

Scorcese décrit ce qu’il connait le mieux, le monde des émigrés italo-américains, petits voyous hauts en couleur, gérant de manière familiale leur petit pré carré.

Sa caméra rend un hommage élégant à ce sport violent et magnifique ou deux hommes vont physiquement  au bout d’eux meme dans un affrontement ultime issu du fond des ages.

Doué mais brutal et instable, Lamotta parait comme un homme à la personnalité incontrolable le menant inexorablement au néant.

Beaucoup de boxeurs comme Christophe Tiozzo ont malheureusement connu des parcours analogues.

Aujourd’hui beaucoup considèrent avec raison « Raging bull » comme le meilleur film de tous les temps sur le noble art.

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 16:21

 

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Vous le savez la boxe a souvent été à l’honneur dans ces colonnes aussi est ce avec un plaisir non dissimulé que j’ai visionné le classique « Gentleman Jim » de Raoul Walsh.

Sorti en 1942, « Gentleman Jim » raconte à la fin du XIX ieme siècle, l’histoire d’un employé de banque de San Francisco appelé Jim Corbett  (Errol Flynn) qui va presque devenir par hasard champion du monde poids lourds de boxe anglaise.

A cette époque, la boxe est considérée comme un sport bestial et les combats à mains nues autour d’un ring sommaire se font souvent en toute clandestinité.

Après avoir assisté à l’un d’eux en compagnie d’un collègue, Corbett excité et curieux par ce qu'il a vu, décide de se rendre dans un club de sport sélect appelé Olympic Club ou la boxe est enseignée aux gentlemen par des entraîneurs professionnels.

Corbett apparaît dés le début comme un jeune homme intrépide, aventureux,  un brin arrogant masi animé d’une énergie capable de renverser des montagnes.

Par son culot il parvient ainsi à approcher Victoria Ware (Alexis Smith) une très belle cliente de la banque et membre de l’Olympic Club qui lui permet de prendre ses premières leçons de boxe alors qu’il n’est pas un gentleman.

Rapidement, on décèle de grandes prédispositions de Corbett pour le noble art et le jeune banquier se trouve à faire son premier combat qu’il remporte facilement face à l’ancien champion de îles britanniques.

Le style de Corbett, tout en feintes, en jeu de jambe et en vivacité, déroute la plupart de ses adversaires qui sont des poids lourds certes puissants mais peu mobiles.

Les combats s’enchaînent, la notoriété du boxeur aussi à mesure que les victoires s’accumulent même après les lendemains de cuite ou avec des adversaires tricheurs.

Pourtant tout n’est pas aussi facile pour autant.

Issu d’une famille modeste, Jim est la fierté de ses proches mais il a bien du mal à se plier aux règles strictes et désuètes des soirées du monde qu’il fréquente.

Il dérange et ne doit qu’à son immense talent de ne pas être banni de ce cercle très restreint.

De plus Victoria se refuse à son charme de séducteur viril.

Tout le film jouera sur ce rapport répulsion-attraction entre Ware et Corbett.

L’apothéose du film est l’affrontement contre le champion du monde un robuste bûcheron nommé John Sullivan (Ward Bond) à l’immense force physique.

Comme souvent et quel que soit le sport, l’opposition de style entre un cogneur puissant et brutal et un technicien artiste à ses heures, donne lieu à une formidable confrontation.

Ce principe est valable pour les matchs Foreman-Ali ou Nadal-Federrer en tennis.

Corbett remporte le combat et détrône le champion, qui beau joueur, lui remet se ceinture en personne.

Le film se termine donc sur ce happy end gentillet.

En conclusion, « Gentleman Jim » est un film très à l’ancienne que j’ai trouvé par instant ridicule.

Ne cherchez pas ici de points de comparaison avec « Rocky » ou « Raging Bull »,  la violence des matchs est ici largement aseptisée et la souffrance bien souvent ignorée.

Ici on se frappe mais toujours avec élégance et style.

A ce titre le combat initial entre deux mastodontes se donnant de maladroites tapes confine à un comique bien involontaire.

Si le film manque bien entendu de réalisme (on ne voit jamais Corbett s’entraîner !) il  repose entièrement sur l’abattage incroyable d’Errol Flynn assurément l’un des plus séduisants acteurs de sa génération.

Outre la présence magnétique de Flynn, il reste donc pour apprécier ce film d’un autre temps le rythme rapide de l’action et la belle confrontation finale entre les deux boxeurs.


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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 21:46

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Oscars de l’année 2011 toujours avec « The fighter » de David O Russell.

Encore un film sur la boxe me direz vous ? Oui sans doute « The fighter » a pour toile de fond l’univers de la boxe, mais contient en réalité bien plus qu’un film de boxe.

L’histoire tirée d’un fait véridique est celle de Micky Ward (Mark Wahlberg), un boxeur de la ville de Lowell (Massachusetts) éternel faire valoir vivant dans l’ombre de son frère aîné Dick Englund (Christian Bale) , devenu une star locale pour avoir battu Sugar Ray Leonard dans les années 70.

Mais entre temps Dick est devenu un toxicomane accro au crack et mène une vie complètement dissolue.

A Lowell, la carrière de Micky est gérée par tout le nombreux clan familial presque exclusivement composé de femmes.

Sa mère Alice (Melissa Leo ) le manage avec autorité et maladresse tandis que Dick essaie péniblement de l’entraîner.

Incapable de s’affranchir de cette organisation désordonnée, Micky végète et gâche sa vie jusqu’à sa rencontre avec Charlene Fleming (Amy Adams) une barmaid, qui lui ouvre les yeux sur le fait de prendre son destin en main.

Profitant de l’incarcération de son frère, Micky va engager un autre entraîneur et un autre manageur pour faire enfin décoller sa carrière.

Bien entendu les heurts avec le clan Ward seront nombreux.

Mais Micky accumule les succès et a enfin l’opportunité d’un combat pour le titre de champion du monde des poids moyens.

Dick ressort de prison et est malgré de fortes dissensions avec le nouvel entourage du futur champion, réintégré comme conseiller de son frère.

Ayant mis toutes les chances de son coté, Micky décroche le titre en battant Neary après un combat haletant.

En conclusion, « The fighter » est un pur film de boxe à l’américaine qui peut par certains aspects rappeler le premier « Rocky » par la détermination d’un monsieur personne à devenir quelqu’un par la force de sa volonté et de son travail.

Pourtant la puissance du film ne réside pas dans l’intensité dramatique des combats de boxe ou dans l’excellente bande son très hard rock vintage (Led Zeppelin, Aerosmith, Whitesnake) mais plutôt dans la description des relations familiales de la classe prolétaire de la banlieue de Boston.

Etouffé par le passé d’un frère aîné n’étant plus qu’une loque humaine et par des liens familiaux d’une puissance inouïe, Ward ne trouve le sursaut de lucidité que par l’aide extérieure d’une femme mais ne parvient pas pour autant à laisser tomber un frère qu’il aime malgré tout.

Le jeu d’acteur de Christian Bale en junky décharné et surexcité est époustouflant .

Son oscar pour le rôle est largement mérité et on peut penser qu’il est aujourd’hui le meilleur acteur du monde car nul autre mieux que lui n’est parvenu à incarner la déchéance physique et mentale d’un ex champion redevenu un zonard sans avenir se raccrochant pathétiquement à son passé.

Pour moi « The fighter » a donc sa place au panthéon des meilleurs films de boxe jamais réalisés.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 19:43

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Sorti en 2004, le film « Noble art » de Sébastien Deux peut être vu comme le complément idéal au livre « Putain de vie » pour comprendre la vie du boxeur Fabrice Benichou.

Le réalisateur suit ici le boxeur pendant durant les années 1996-1998 pour sa tentative de come back pour le titre de champion d’europe des poids coqs.

Au cours de ce film réalisé comme un documentaire, on perçoit toute la fragilité d’un homme de trente trois ans contraint par la nécessité à remonter sur les rings pour éponger ses dettes.

Ayant en effet été arnaqué par ses managers du début des années 90, Benichou n’a en effet pas de quoi subvenir à ses besoins malgré ses trois titres de champions du monde et ses six titres de champion d’europe.

C’est donc un homme usé mentalement et en proie au doute qu’on suit dans l’ambiance si prenante des salles d’entraînements, des rings et des vestiaires.

Une large part est du film est consacré à Jean Molina, le coach de toujours de Benichou, sorte de second père dont l’œil expérimenté met en relief les incroyables qualités physiques d’un boxeur au style certes peu élégant mais doté d’un cœur de lion.

Mais pendant toute la durée du film, Benichou semble vainement chercher à retrouver cet instinct de tueur, cette agressivité qui faisait de lui la terreur de ses adversaires.

Très communicatif, le boxeur se dispute souvent violemment avec son mentor qui lui reproche son manque de motivation.

La fin du film se solde par un échec pour la conquête de la ceinture de champion d’europe face à l’anglais Spencer Oliver adversaire largement à la portée de Benichou mais contre lequel sa volonté semble s’étioler au fil des rounds.

En conclusion, « Noble art » est un formidable documentaire sur le monde la boxe.

Le boxeur sur le retour est ici vu non pas comme une machine mais comme un être humain friable.

Les scènes d’après matchs avec tout l’abattement du champion déchu et la colère du coach face au mauvais comportement de son poulain sont dignes des meilleurs tragédies grecques.

D’un point de vue stylistique, Deux filme des images fantastiques ou s’exprime la haute technicité des boxeurs à l’entraînement (répétitions au sac, séances de sparring partners) et tout leur engagement au cours des combats.

Benichou est ici pathétique et semble comme beaucoup de boxeurs le pantin de promoteurs sans scrupules prenant et jetant les hommes commes des kleenex.

Sa relation pére-fils avec Molina est incroyablement touchante.

« Noble art » est donc un film indispensable à regarder pour tout amateur de ce sport si fascinant.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 19:16

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Encouragé par la très bonne biographie d’André Agassi, j’ai récidivé avec « Sans filet » celle sortie en 2004 du champion de tennis allemand des années 80 Boris Becker.

A l’arrivée semi déception, car la vie et la personnalité de Becker champion certes exceptionnel vainqueur de six titres du grand chelem, de deux coupe davis et de quarante neuf tournois, ne sont pas aussi extraordinaires et attachantes que celles d’Agassi.

Joueur surpuissant, premier capable de servir à plus de 200km/h, Becker est issu d’une famille aisée de Leimen, petite ville d’Allemagne.

Enfance tranquille, inculcation des valeurs qu’on pourrait qualifier de « germaniques », sens de la justice, de l’honnêteté, du travail, de la ponctualité et goût de l’effort physique qui le pousse à pratiquer le football et le tennis.

Repéré très tôt par le manager roumain Ion Tiriac, Boris quitte à 14 ans son foyer pour tenter une carrière professionnelle.

Le destin vient frapper à la porte du jeune allemand qui remporte à 17 ans le prestigieux tournoi de Wimbledon 1985 en battant le sud africain Kevin Curren.

Alors enfant, je me souviens avoir suivi à la radio l’un des plus incroyables exploits de l’histoire du sport, ou un adolescent remportait l’un des tournois les plus mythiques par la grâce d’un service phénoménal encore jamais vu auparavant.

Surnommé « Boum-Boum » , le jeune homme voit alors sa vie complètement vaciller.

Il devient une personnalité publique, désirée, recherchée, adulée ou détestée.

Quand Becker réédite son exploit en 1986 en battant Ivan Lendl alors numéro un et tsar du tennis mondial, il est alors reconnu comme un véritable champion à part entière.

Tiriac gère les contrats et les sommes d’argent colossales que lui rapporte sa poule aux œuf d’or et le fait déménager prêt du palais princier de Monaco.

Las bas le jeune homme vit la vie de milliardaire et côtoie le gratin de la jet set.

C’est le coté mondain de l’allemand qui m’a le moins passionné dans le livre, tout comme ses opinions politiques de gauches assez lénifiantes en faveur des pauvres, contre le racisme, ainsi que son admiration béate devant Nelson Mandela et Mohamed Ali.

Becker aime à montrer qu’il est un sportif intelligent, qui lit des livres, pense et a des opinions politiques.

Mais sa vie a surtout été celle d’un enfant surdoué évoluant dans un milieu de milliardaire ultra privilégié.

Difficile aussi de se passionner pour ses démêlés avec le fisc allemand, qui l’ont tout de même conduit à une condamnation à de la prison avec sursis.

Mais le pire reste sa vie privée, assez naufrageuse.

L’allemand a une manière complètement dépassionné de parler des femmes, qui lui sont toujours tombée dans les bras trop facilement en raison de sa notoriété de champion.

Mariée à une mannequin noire américaine, Barbara Feltus, qui lui donna deux enfants, Becker parle de l’échec de son mariage de manière assez peu intéressante, préférant s’attarder sur le long et douloureux procès aux Etats Unis que failli lui intenter son ex femme et sur ses enfants métisses qu’il semble chérir plus que tout.

Le champion n’a visiblement pas grand chose à dire sur l’aspect ethnique de cette union entre un grand blond-roux au physique purement germanique et une afro américaine, puisqu’il dit aimer aussi bien les blondes que les brunes.

En réalité on ne comprend même pas ce qui n’a pas marché avec Barbara mais à vrai dire Boum-Boum apparaît plutôt comme un grand coureur de jupon, à tel point qu’il avoue avoir une fille illégitime née d’une rencontre d’un soir, fille qu’il a reconnu et essaie d’aider fianciérement à distance du mieux qu’il peut.

L’aspect sportif qui m’intéressait au plus haut point n’est évoqué que de manière trop restreinte à mon goût.

On comprend que Becker aimait Londres et Wimbledon qu’il appelait son jardin et qu’il vibrait patriotiquement pour les matchs de Coupe Davis même si il vivait très mal l’incroyable pression que lui mettait les journalistes allemands attendant toujours de lui de gagner sans cesse et ne lui pardonnant aucun faux pas.

Peu d’anectodes sur les matchs épiques que livra l’allemand dans sa carrière et sur ses collègues, si ce n’est John Mc Enroe qu’il semble porter en haute estime malgré leurs affrontements électriques.

Evoquant la fin de sa carrière, Becker tombe néanmoins le masque en parlant de sa dépendance aux somnifères, de sa fragilité physique et surtout de l’incroyable liste des blessures qu’a du subir son corps en 14 années de professionnalisme, la plus marquante étant le percement de ses ongles pour dégonfler les poches de sang sous ses pieds après les 6h38 de son match contre Mc Enroe en Coupe Davis.

Cette partie m’a le plus intéressée, et on saisit alors mieux les sacrifices qu’impose la vie d’athlète professionnel, la rigueur des entraînements, la souffrance, l’épuisement quasi permanent et le stress immense que cela représente ce qui fait qu’une infime proportion de la population est capable d’endurer pareil régime.

Alors on se dit finalement dit que ses millions Becker les a mérité par son talent et par son caractère de champion exceptionnel.

Je me souviendrais d’un athlète fantastique, à la fois puissant et souple, capable de plonger sur le ciment américain sans se briser les os, d’un champion orgueilleux voir arrogant qui fit au même titre que Steffi Graf passer le tennis comme un sport de premier plan en Allemagne, l’homme en revanche m’a je l’avoue laissé de marbre et n’a pas éveillé chez moi le même courant de sympathie qu’André Agassi.

     Aujourd’hui Becker dit vouloir se consacrer à sa famille et à sa société de marketing.


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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 20:06

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Sorti en 2005 et multi-oscarisé, « Million dollar baby » est sans nul doute le film qui acheva de consacrer Clint Eastwood auprès d’Hollywood en tant que réalisateur de légende.

Pourtant, en regardant les trois premiers quarts du film on est guère impressionné en ayant simplement l’impression d’assister à un beau film de plus sur l’univers tant décrit jusqu’à maintenant de la boxe.

L’histoire est en effet on ne peut plus classique : Maggie Fitzgerald (Hilary Swank) une jeune femme venue de sa campagne harcèle Frankie Dunn (Clint Eastwood) un vieil entraîneur irlandais d’une salle de boxe New Yorkaise pour qu’il accepte de la coacher.

Frankie refuse d’entraîner une femme qui de surcroît a déjà dépassé la trentaine.

A force d’acharnement, Maggie finit par obtenir les bonnes grâces de Eddie (Morgan Freeman) l’homme de ménage de Frankie, lui même ancien boxeur aveugle d’un œil.

Désespérée et à bout de nerfs, la jeune femme finit en racontant son histoire tragique de petite fille paumée par émouvoir le vieux Frankie qui accepte à contre cœur de l’entraîner.

Pourtant au fil du temps entre le vieil homme rejetté par sa fille et la jeune femme déracinée une tendre complicité va progressivement s’instaurer.

Maggie se révèle une excellente boxeuse et gravit pas à pas les échelons vers le professionnalisme.

Avec ses premiers gains elle achète une maison à sa famille qui malgré cela la rejette sèchement.

Un jour Maggie a l’occasion de briguer un titre mondial contre une championne allemande mais le combat se passe mal et Maggie finit tétraplégique.

Commence alors le second film, avec un Frankie qui va se dévouer pour sa protégée, devenant en quelque sorte le père aimant qu’elle n’a jamais eu.

La relation est tellement forte entre eux que Frankie accepte finalement de mettre fin à ses souffrances dans une scène d'euthanasie particulièrement forte.

En conclusion, « Million dollar baby » m’a tout compte fait légèrement déçu.

Malgré la qualité des acteurs, la première partie, trop classique et manquant un peu de rythme a un fort goût de déjà vu avec ces histoires de fraternité et d’humanité dans la souffrance des combats de boxe.

La seconde partie plus émotionnelle touche fatalement plus juste.

Bien entendu Hilary Swank est formidable et mérite largement son oscar, car étant non seulement capable d’incarner la gestuelle et la rudesse d’une femme boxeuse mais également d’émouvoir en tant qu’infirme lors de son hospitalisation.

A travers le destin tragique de cette jeune boxeuse qui finit par périr mais tout en ayant vécu sa vie et forcé le sort en apparence contraire, Eastwood aborde un intéressante réflexion sur le sens de la vie terrestre.

Maggie meurt prématurément mais elle peut au moins être fier d’elle et d’avoir fait quelque chose de sa vie au départ sans avenir.

Par l’intermédiaire d’un prêtre obtus, Eastwood égratigne également la religion qui ne lui est de quasiment d’aucun secours.

Pour moi « Million dollar baby » est un donc bon film intimiste au style un peu trop académique à mon goût et d’une force moins poignante que « Gran Torino » qui traite plus étroitement encore des thèmes chers à l’acteur-réalisateur au crépuscule de sa vie.


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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 17:14

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Je n’ai pas encore parlé de tennis dans ces colonnes.

Pourtant j’ai longtemps aimé et pratiqué ce sport dans mes plus jeunes années et aujourd’hui je reste attaché aux champions des années 80/90 que j’admirais à l’époque derrière mon téléviseur.

Andre Agassi était assurément l’un d’entre eux et c’est donc tout naturellement que j’ai lu « Open » son autobiographie.

Pour coucher sa vie par écrit, le champion aux huit titres du grand chelem a eu ici l’intelligence de s’adjoindre les services du journaliste et écrivain JR Moehringer titulaire d’un prix Pulitzer gagné en 2000.

Au cours des 500 pages de ce livre on découvre donc toute la vie du champion avec ses doutes, ses faiblesses avec la délicieuse sensation de passer de l’autre coté du rideau pour pénétrer l’intimité d’un sportif de haut niveau.

L’enfance du petit Andre a Las Vegas ne fut pas heureuse en raison de son père Mike, ex boxeur arméno-iranien de niveau olympique qui quitta son pays pour vivre son rêve américain.

Mike travailla dans un casino, épousa une américaine et fut rapidement obsédé par la réussite de ses enfants dans le domaine du tennis qu’il avait un peu pratiqué dans son pays, leur imposant une vie infernale autour de ce sport.

Dans la famille Agassi, le tennis était un sacerdoce mais ni les deux sœurs aînées, ni le frère aîné Phil joueur pourtant de niveau national ne furent à la hauteur des ambitions du papa-tyran, qui reporta tous ses désirs de réussite sur le cadet, le jeune Andre doté apparemment de véritables dons pour ce sport.

Andre fut donc soumis dés son plus jeune age à un entraînement démentiel accumulant les heures avec un appareil à lancer les balles trafiqué par son père pour propulser des balles à une vitesse vertigineuse et développer ainsi ses réflexes de relanceur.

Malgré sa haine de ce sport, Andre va pourtant montrer d’étonnantes prédispositions avec un coup d’œil et une adresse phénoménales qui vont l’amener a rapidement gagner tournois sur tournois contre des joueurs plus âgés que lui.

Mike envoie ensuite son fils en Floride chez Nick Bollitieri, le gourou du tennis qui se targuait dans les années 80 de fabriquer les champions à la chaîne dans ses camps d’entraînements à la discipline quasi militaire.

Eloigné de son environnement familial dans une sorte de prison pour adolescents, le jeune Andre est de plus en plus mal dans sa peau.

Il déserte l’école, boit, se rebelle en portant des boucles d’oreilles et des coupes à l’iroquoise.

Malgré leurs affrontements, Bollitieri détecte pourtant le diamant brut que représente  l’adolescent pour lui et finit par lui céder, lui proposant de suivre des cours par correspondance et devenir semi pro à l’age de seize ans.

Agassi quitte donc l’école accompagné de son frère Phil et devient rapidement une terreur des tournois ATP dés l’année 1986.

Avec Bollitieri comme coach, il gravit les échelons et accumule les performances pour atteindre les demi finales à Roland Garros en 1988.

Agassi devient un phénomène médiatique avec son look extravaguant, sa coupe de cheveux punk, ses shorts en jeans et son style de jeu flamboyant.

Le jeune public le suit en masse, les sponsors se bousculent et les jalousies auprès de ses rivaux ne font que croître.

On citera parmi les pires ennemis du joueur, Boris Becker, Thomas Muster, Jim Courrier et à un degré moindre Michael Chang ou Jeff Tarango qu’il n’apprécie guère.

Mais le jeune homme s’aperçoit qu’il n’a pas le physique suffisant pour résister aux exigences d’une carrière au plus haut niveau.

Il s’adjoint donc les services de Gil Reyes, coach sportif de football américain qui va devenir son préparateur physique, son garde du corps, son confident et l’un de ses meilleurs amis.

Andre se bâtit un physique d’athlète, parvient en finales de deux Roland Garros en 1990 et 1991 mais craque à chaque fois mentalement dans les moments importants.

On s’aperçoit alors de son extrême fragilité mentale, de sa haine viscérale d’un sport ou il excelle mais qu’il n’a pas choisi, mais également de ses complexes physiques comme la hantise de sa calvitie qui l’amena à porter de perruques pendant des années.

Malgré des douleurs récurrentes à l’épaule et au dos, Andre remporte pourtant Wimbledon en 1992 et change de statut, gagnant en respectabilité.

Il accède à un monde de stars, rencontre l’actrice Brooke Shields et l’épouse peu après vivant une relation vide assez stérile entre deux personnes que tout oppose.

Puis vient l’émergence de Pete Sampras, son éternel rival et peu être le seul joueur à être plus doué que lui dans l’histoire du jeu avec Roger Féderer.

Sampras remporte un nombre important de grands titres, battant souvent Andre en finale et leur étincelante rivalité au sommet nourrit pendant de nombreuses années la légende du tennis.

S’étant débarrassé de Nick Bollitieri qui le trahit rapidement avec son ennemi Becker, Agassi cherche un nouveau coach et trouve Brad Gilbert, ex numéro 4 mondial réputé pour l’excellence de ses stratégies.

Gilbert devient l’entraîneur d’André et comme Gil un véritable ami, l’aidant à lui forger un mental d’acier digne de lui faire franchir un nouveau cap.

Avec pareille association de talents, le team Agassi ne tarde pas à accumuler les titres et ses duels avec le très introverti Sampras vont vite atteindre des sommets.

Puis après son titre olympique en 1996, le champion traverse une période de doute terrible, son mariage bat de l’aile, il se blesse au poignet, doit se faire opérer, son classement chute, il consomme de la drogue …

Heureusement son entourage est la pour le soutenir, l’empêcher de sombrer définitivement et le faire repartir sur de bons rails en  reprenant sa vie en mains.

Agassi rejoue des petits tournois anonymes, finit par divorcer d’avec Brooke Shields, et focalise toutes ses attentes amoureuses sur Steffi Graf, la championne allemande qu’il a toujours admiré en secret.

Aidé par Gilbert, Agassi rame pendant des mois avant de parvenir à ses fins et à séduire l’allemande.

Agassi et Graf ont beaucoup de points communs, comme le fait d’avoir été tyrannisés par des pères abusifs qui les ont privé d’enfance et de vouloir aider les autres en participant à des œuvres de charité.

Il découvre alors peut être pour la première fois de sa vie un semblant de bonheur ce qui dope sa carrière et lui permet d’opérer un des plus formidables come back de l’histoire du tennis se soldant par une victoire tardive à Roland Garros en 1999.

Ayant accompli l’exploit de gagner les quatre tournois du grand chelem, étant marié, heureux et père de deux beaux enfants avec Steffi, André continuera sa carrière jusqu’en 2006 et jusqu’à ce que son corps brisé ne puisse plus lui permettre de jouer.

Le livre se termine sur un happy end ou le champion parle de son heureuse vie de famille avec Steffi et de fondation pour enfants en difficulté qu’il a établi à Las Vegas et qui permet à des gamins en échec scolaire de se remettre aux études dans un cadre protégé.

En conclusion « Open » est un livre passionnant sur le destin exceptionnel d’un champion hors norme qui a quasiment tout connu dans sa vie.

Sans fard, Agassi se dévoile au risque parfois d’écorner son image lorsqu’il avoue avoir par exemple pris de la drogue.

Un doute toutefois subsiste sur l’usage de dopage, notamment la fameuse « eau magique » que lui fait boire son préparateur plusieurs heures avant les matchs.

J’ai adoré les histoires de rivalités entre champions à forte personnalité comme Becker, Connors ou Nastase qui passent ici pour de bien sales types.

J’ai surtout été frappé par les souffrances physiques qu’il a du supporter lors de sa carrière de tennisman, usant parfois d’injection de cortisone entre ses multiples opérations et ses duels titanesques déroulés dans des chaleurs accablantes.

L’aspect préparation mentale dont Agassi livre quelques clés et qui permet de faire tourner un match favorablement ou défavorablement est également des plus passionnants.

Difficile donc de rester insensible à cette personnalité si attachante, à cet être humain sensible, généreux, souffrant et doutant comme tout un chacun.

« Open » permet de sentir la fragilité mentale du champion et l’importance de l’entourage, coach, préparateur, soigneur, épouse qui sont des éléments indispensables à sa réussite.

Un livre captivant donc pour tout ceux qui aiment ou ont aimé le sport.


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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 21:40

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Après la biographie de Jean-Claude Mormeck, voici celle d’un autre champion de boxe, Fabrice Bénichou avec « Putain de vie ! » .

Le parallèle entre les deux ouvrages est intéressant car o combien évocateur des différences marquées entre les personnalités des deux hommes.

Alors que le livre de Mormeck laissait transparaître un homme posé, réfléchi, lucide et intelligent, celui de Bénichou est beaucoup plus chaotique et empli de rage à tel point que j’ai été rebuté par le style abrasif des premières pages.

Quand Bénichou se raconte il le fait mais dans le désordre, en commençant par la fin depuis une miteuse chambre d’un hôtel du Panama ou il tente seul, loin de sa famille, à plus de quarante ans un pathétique come back.

On découvre alors le parcours étonnant d’un homme ayant grandi dans la marginalité la plus complète, fils unique d’un fakir itinérant qui le fit grandir en Amérique du Sud (Mexique, Panama) et parcourir le monde entier à l’exception de l’Asie et de l’Océanie.

Petit de taille, affublé d’un ridicule zézaiement du à une malformation du palais, peu scolarisé et peu encadré, le jeune Bénichou n’a pas eu d’autres choix que de se faire respecter par ses poings et d’apprendre tout de la vie en parfait autodidacte.

Pourtant ces multiples voyages et l’amour que lui a prodigué ses parents semblent lui avoir apporté une certaine forme de richesse intérieure mais aussi une hyper sensibilité et une fâcheuse tendance à l’instabilité.

Bénichou découvre la boxe en Israël.

Très doué, il progresse vite, se taillant une réputation de cogneur surpuissant dans la catégorie des poids coqs.

Mais son jeune age et son fort tempérament de rebelle le font rapidement mettre à l’écart de la Fédération Française de Boxe alors il prend une licence au Luxembourg pour gravir les échelons à son rythme.

Avec son entraîneur fétiche Jean Molina il devient champion du monde des super coqs en 1989 et deux fois champion d’Europe poids coqs (1988) et poids plumes en 1991.

Mais Bénichou reste fragile, instable et ses liaisons féminines seront de véritables catastrophes, sa première femme Pascale lui enlevant ses trois enfants et une grande partie de sa fortune.

Boxeur déchu, le petit Bénichou n’intéressera plus grand monde et sera délaissé par tous ses prétendus amis du show bizness.

Sans domicile fixe, il sombrera alors dans la dépression, la drogue, l’alcool et tentera même de mettre fin à ses jours.

Pourtant se fameuse bonne étoile ne le lâchera pas tout à fait puisqu’il rencontrera sa femme actuelle Laurence qui lui donnera un fils et l’aidera à remonter la pente.

L’histoire se reboucle sur le Panama, le rituel du footing à l’aube et l’odeur des rings miteux avec des boxeurs de qualité qui ont une véritable rage de vaincre et un homme qui a plus de quarante ans se cherche encore …

En conclusion, « Putain de vie ! » est conforme au personnage de Fabrice Bénichou.

Le petit boxeur tatoué, biker et fan d’Ac/Dc y est tour à tour irritant, maladroit ou touchant.

Au final on retiendra l’extraordinaire parcours de cet homme courageux mais naïf, sensible, fragile échappant aux normes, aux standards et au politiquement correct.

Mais à l’arrivée on peut se demander quel avenir peut il encore s’offrir après la boxe ?

Et la les éternels doutes autour du personnage de subsister encore et toujours …


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