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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 10:36
Creed, l'héritage de Rocky (Ryan Coogler)

Après avoir revu l’intégrale des Rocky il y a tout juste un an et réalisé tout le bonheur que cela me procurait, je me suis donc logiquement dirigé avec « Creed, l’héritage de Rocky » de Ryan Coogler, sorti en 2016 en France.

L’histoire développée est celle d’Adonis (Michael B Jordan) le fils d’Apollo Creed, boxeur légendaire mort sur le ring après deux matchs homériques face à Rocky Balboa (Sylvester Stallone).

Ayant grandi sans connaitre son père, Adonis est passé de foyers en foyers, car incapable d’exprimer son mal être autrement que par ses poings avant que sa belle mère, Mary Anne (Phylicia Rashad) la seconde femme d’Apollo ne le prenne sous sa protection pour l’extraire à ce monde de violence.

Devenu un fils de bonne famille de Los Angeles ayant fait des études, Adonis n’en continue pas moins à boxer en cachette au Mexique.

Incapable de juguler son obsession pour son père et la boxe, il plaque un confortable métier de cadre pour contre l’avis de sa belle mère, partir à Philadelphie pour devenir boxeur pro.

Une fois à Philadelphie, Adonis entrer en contact avec Rocky qui végète dans son petit restaurant italien.

Toujours renfermé et triste par la mort de sa femme Adrian et de son beau frère Paulie qu’il visite régulièrement au cimetière, Rocky refuse tout net d’entrainer le fils de son ex rival et ami.

Ceci n’entrave pas la détermination du jeune homme qui va s’entrainer en solitaire chez Pete Sporino (Ritchie Coster) un ami d’enfance de Balboa.

Dans son petit studio, Adonis fait la connaissance de sa voisine Bianca (Tessa Thomson) une métisse musicienne qui se produit dans des clubs électro de la ville.

Adonis et Bianca flirtent ensemble, le jeune femme lui révélant sa surdité inévitable à venir.

A force de persévérance, Adonis parvient à convaincre Rocky de l’entrainer.

Le vieil homme se fait violence, amenant le fougueux jeune noir à d’intenses footings, séances de corde à sauter, travail au sac et punching ball.

Les progrès se font rapidement sentir et Sporino propose un combat avec son fils Leo (Gabriel Rosado) un boxeur déjà aguerri et invaincu.

Après quelque réticences, Rocky accepte qu’Adonis vienne vivre chez lui et lui demande de s’entrainer dans un club du nord de la ville situé dans un quartier difficile.

Sur place, Adonis rencontre une équipe extraordinaire de vieux entraineurs, préparateurs, soigneurs et un sparring partner idéal pour le faire progresser à la dure.
Le combat a finalement lieu et se solde par une victoire encourageante d’Adonis contre un adversaire féroce classé mondialement.

Le nom d’Adonis attire le Britannique Ricky Conlan (Tony Bellew), champion du monde en titre, dont les finances sont à sec après un passage en prison.

Son manager Tommy Holiday (Graham Mc Tavish) contacte Rocky et propose un match à Adonis à la condition express qu’il porte le nom de son père.

Adonis voit dans ce combat le moment venu d’exister hors de l’ombre envahissante d’Apollo.

Au cours de la préparation, Rocky fait un malaise et doit être hospitalisé.

Les médecins décèlent un cancer mais Rocky cache la vérité à ses proches, refusant même de se soigner pour rejoindre sa femme aux cieux.

Adonis découvre malgré tout le secret et une violente dispute éclate entre les deux hommes.

Après une altercation dans une boite de nuit ou joue Bianca, Adonis parle durement à Rocky et les deux hommes trouvent un accord : Adonis recommence à s’entrainer si Rocky accepte de se soigner.

Malgré une épuisante chimiothérapie, Rocky supervise l’entrainement d’Adonis avec course à pied à l’aube, sparring à haute vélocité et déplacements éreintants sur le ring.

Le soir du combat à Liverpool face à une horde de fans anglais tous acquis à leur champion, Adonis qui n’est pas pris au sérieux par Cnolan, surprend le champion et fait jeu égal avec lui.

Conlan qui pensait avoir un combat facile et empocher sans forcer une belle somme d’argent, déchante et prend autant de coups qu’il n’en reçoit.

Le match dure douze rounds à haute intensité et Adonis manque la victoire d’une poignée de seconde face à un adversaire chancelant qui conserve néanmoins son titre.

Mais il a gagné le respect de soi-même sous les yeux de sa belle mère qui a assisté au match à la télévision.

Symboliquement, Adonis fait gravir les marches une par une à Rocky des fameux escaliers ou il terminait ses footings à l’aube face à la ville de Philadelphie.

En conclusion, « Creed, l’héritage de Rocky » permet enfin à Sylvester Stallone âgé de près de 70 ans à présent, de laisser tomber le ring, pour des prestations qui devenaient embarrassantes…

Mettant moins en valeur le créateur-héros principal de la série des Rocky, le scénario joue habilement sur processus de transmission d’un vieil homme fatigué et malade au fils d’un ancien rival devenu ami.

Avançant chacun avec leurs propres fêlures, les deux hommes vont formidablement s’épauler pour donner au public ce qu’il attend d’un Rocky, de la sueur, du sang et des larmes.

Si on met de coté la performance magnifique d’un Stallone vieux malade attendant la mort, le film se montre malgré tout inférieur à la franchise des Rocky dans l’intensité de la préparation et des choix musicaux hip hop/électro à des années lumières de l’hymne génial composé par Bill Conti.

Sans le caractère épique de l’entrainement, ce spin off de Rocky perd de sa saveur, même si les combats menés par des athlètes très bien préparés demeurent d’une belle efficacité technique et visuelle.

Un ersatz de Rocky donc, mais qu’une forte dose de nostalgie et que la présence de notre « père » ou « oncle » à tous, Sylvester Stallone suffiront à rendre agréable à regarder en 2016, soit quarante ans (!) après le premier Rocky…

Putain de temps qui passe, non ?

Creed, l'héritage de Rocky (Ryan Coogler)
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 11:10
Generation iron (Vlad Yudin)

Sorti en 2013, « Generation iron » est un documentaire sur le culturisme de Vlad Yudin.

Suivant les traces du « Pumping iron » de George Butler, « Génération iron » propose le portrait de plusieurs candidats pour le titre de Mr Olympia.

On suit donc le champion en titre Phil Heath, métis au physique monstrueux habité par une détermination/confiance en soi frisant l’arrogance.

Heath étant désigné comme l’homme à abattre, le dauphin se présente en la personne de Kai Greene, un noir pauvre de Brooklyn, ayant grandi de foyer en foyer, fait un passage par la case prison avant de trouver dans le body building un sens à sa vie et surtout un ardent désir de revanche.

Si Heath est un ancien basketteur pro raté ayant mis sa rage de compétition dans le body building, Greene est une personnalité plus attachante, solitaire, meurtrie et artiste à ses heures en peignant et en faisant des happenings masqués dans le métro.

Derrière cette dualité piaffent d’autres candidats comme le Texan Branch Warren, fermier teigneux de quarante ans, s’entrainant comme un forcené au mépris de ses articulations et d’une méthode réellement structurée, contrairement au jeune Jacob Wilson qui vante les mérites de sa préparation scientifique avec une équipe de médecins/chercheurs à ses cotés.

Coté européen on trouve l’Allemand Dennis Wolf, qui vient aux Etats-Unis pour marcher sur les traces de son idole Arnold Schwarzenegger et peut être devenir acteur comme lui, le Hollandais Roelly Winklar, curieux métis décérébré chaperonné comme un enfant par une femme entraineuse légendaire dans son pays.

Viennent compléter le tableau le Japonais Hidetada Yamagishi grandement handicapé par son 1m65 et Victor Martinez porto ricain sortant de prison, qui sera recalé à l’entrée faute d’entrainement suffisant entre les quatre murs de sa cellule.

Pendant près d’une heure quarante cinq, les hommes exposent leur existence, l’ascèse de l’entrainement, de la nutrition visant à prendre de la masse sans graisse et même les injections de stéroïdes dont les effets sur la santé sont minimisés.

De toute façon comme l’expliquent les coaches, tous les sportifs de haut niveau prennent des produits pour améliorer leurs performances, c’est juste que pour les culturistes c’est plus spectaculaire.

D’autre part, les athlètes connaissent les risques et les acceptent dans leur quête obsessionnelle de reconnaissance.

Puis vient le jour de la compétition à Las Vegas et le jeu des intimidations commence.

Les athlètes prennent des poses, gonflant leurs muscles à les faire exploser pour plaire aux juges.

Malgré leurs efforts, Yamagishi, Winklar et Wilson sont recalés de la finale.

Wolf termine sixième, Branch cinquième malgré une spectaculaire chute de cheval peu avant la compétition.

Le duel final met aux prises Heath et Greene dans un face à face supplémentaire.

A un point près le champion conserve son titre… et exulte.

Amer Greene encaisse la défaite mais le fait d’être passé si près de la consécration le motive pour détrôner son rival la prochaine fois.

En conclusion, « Generation iron » réactualise le « Pumping iron » des années 70 en montrant les avancées des athlètes dont les proportions feraient maintenant passer Schwarzenegger pour fluet.

Gavés de régimes hyper protéinés et de médicaments, les culturistes ressemblent à des cubes de muscles aux veines prêtes à exploser sous la tension.

Obsédés par leurs corps, ils scrutent le moindre défaut et désire muscler chaque partie afin d’atteindre une symétrie parfaite allant de pair avec une masse volumique défiant l’imagination.

A l’origine de tous ces hommes, probablement une blessure intime, une fragilité, qui les poussent à vouloir être reconnus, admirés comme des super héros.

Ce documentaire laisse donc rêveur sur cette quête en apparence absurde consistant à repousser sans cesse les limites du corps humain au péril de sa propre santé et montre des hommes plutôt pathétiques dans l’alimentation d’un égo aussi boursouflé que leurs corps, qui sera par nature périssable et voué à la décadence avec le poids des ans…

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 09:11
Homeboy (Michael Seresin)

On l’a sans doute un peu vite oublié, mais Mickey Rourke incarna déjà dans les années 80 un boxeur dans « Homeboy » de Michael Seresin.

Passionné de boxe au point de devenir boxeur amateur, Rourke fut dans ce film sorti en 1988, Johnny Walker, un cow boy taiseux porté sur la bouteille, venant tenter sa chance à New-York pour percer dans le milieu de la boxe.

Semblant un peu perdu, Walker remporte suffisamment de combats pour se faire remarquer par Wesley Pendergrass (Christopher Walken) petit voyou qui se fait son manager.

Les deux hommes deviennent amis, Wesley entrainant malgré lui Johnny dans ses innombrables histoires d’argent sur fond d’alcool, drogues et femmes légères.

Le duo devient trio au contact de Ray (Anthony Alda) marginal et toxicomane gravitant autour de Wesley dans une relation d’amour vache.

Mais Johnny tente de nouer en parallèle une relation avec Ruby (Debra Feuer) une jeune femme solitaire comme lui, qui travaille dans une fête foraine de Coney island.

Plutôt farouche, Ruby se laisse peu à peu approcher par les avances maladroites mais sincères de Johnny.

Sur les rings, Johnny connait des jours ou l’arbitrage ne lui est pas favorable malgré un domination outrageuse de sa part mais plus grave tombe un jour lourdement en se plaignant de maux de tête.

Prévenant, Wesley l’emmène voir un ami docteur qui diagnostique une probable fissure de l’os temporal et un risque de mort si Johnny continue à prendre des coups dans la tête.

Le voyou lui propose comme alternative de faire un coup dans le quartier juif avec Ray, en volant un transporteur de diamants.

Mais malgré les risques, Johnny se laisse tenter par un gros combat face à Cotten (Matthew Lewis), un jeune boxeur noir de très bon niveau.

Il embauche Bill (Bill Slayton) un nouvel entraineur et travaille plus durement que jamais, musclant son corps et travaillant sans relâche ses combinaisons.

Le jour du combat tombant le jour du braquage de Wesley, Johnny refuse de faire le hold up de son ami et monte sur le ring.

Dans la dernière partie du film on suit en parallèle la tentative de braquage de Wesley flanqué du bon à rien Ray qui l’abandonne sur place, et le matche dantesque de Johnny face à Cotten.

Malgré une résistance héroïque à la douleur, Johnny chute lourdement sous les yeux effarés de Ruby tandis que Wesley rate son braquage et se fait flinguer par Grazziano (Kevin Conway) un policier en patrouille dans le quartier juif.

Wesley meurt abattu sur la plage, tandis que Johnny connait un sort équivalent sur le ring…

En conclusion, « Homeboy » est un film (de plus) sur la boxe, comme il en existe des dizaines et comme il continue d’en sortir encore maintenant tel ce « La rage au ventre » ou ce « Ali » avec des acteurs (Jack Gyllenhaal, Will Smith) métamorphosés physiquement.

Sous une musique forcément rock d’Eric Clapton et de Michael Kamen, Rourke fait son boulot honnêtement, campant à merveille un abruti défoncé et sensible face à une girl friend faire valoir sosie de Kim Basinger et à un Walken à son aise en truand flamboyant parfois attachant dans son amitié sincère.

Les scènes de combat sont crédibles et Rourke parait étonnamment mince et sec comparé au monstre stéroidé qu’il deviendra dans « The wrestler ».

Au final « Homeboy » se laisse regarder mais ne laisse pas un souvenir impérissable, sans doute surclassé par des films plus flamboyants ou réalistes.

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 21:39
Dawg fight (Billy Corben)

Plongée dans l’univers sombre des combats de rues avec « Dawg fight » de Billy Corben.

Documentaire sorti en 2015, « Dawg fight » tourne essentiellement autour de Dhafir Harris alias Dada, ex lutteur membre de la garde rapprochée de Kimbo Slice, combattant de Mixed Martial Arts, qui connut une gloire éphémère en diffusant des vidéos de ses combats dans la rue.

Grand gaillard noir sosie de son mentor Slice, Dada tente ici sa chance en solo en tant que prometteur de combat de cour, en offrant la possibilité à des jeunes de la banlieue déshéritée de West Perrine en Floride, de se battre pour devenir peut être un jour des futurs champions de MMA.

Flanqué de ses deux frères, Arashio et Dyrushio, Dada utilise ses connaissances et son influence dans son quartier pour attirer de jeunes types pour l’essentiel sortis de prison pour deal, vers un style de combat dépouillé à l’extrême ou deux types torses nus s’affrontent dans un ring de quatre mètres sur quatre, sans pause ou possibilité de reculer.

Ces combats sont bien entendus complètement illégaux compte tenu du manque de contrôle notamment médical des combattants mais surfant sur la misère de West Perrine, parvient à recruter sans difficulté des durs des rues décidés à trouver une autre voie que le crime en utilisant leur courage et leurs poings.

Sous l’œil complice de sa propre mère Eleanor et d’autres mama blacks attirées par l’adrénaline du combat, Chauncey, un ex boxeur de bon niveau présélectionné aux Jeux Olympiques d’Atlanta avant de connaitre des difficultés avec la justice, fait parler la précision de ses poings face un adversaire au courage inouïe et Mike Trujillo, un superbe athlète au sourire enjôleur encaisse un sévère KO puis se fait massacrer par un adepte blanc du ju jistu, hypothéquant aux yeux de Dada la suite de sa carrière.

Une autre boxeur se fait remarquer, Tree, archétype parfait du jeune voyou des gangs, qui désoriente ses adversaires par son style tout en feintes et en esquives.

Atypique et provocateur, Tree se taille une belle réputation dans l’univers confiné des combats de rues.

Soumis à la pression de la police et en quête d’un besoin évident de reconnaissance, Dada fait un pas vers la légalité en obtenant une autorisation et un semblant d’assistance médicale.

Malgré des difficultés à tenir une foule toujours plus nombreuse et en proie à des accès de violence, Dada offre pourtant de splendides combats aux spectateurs dans lequel Chauncey vient à bout de Tree après une lutte indécise et une résistance farouche du gamin insolent et une mise en scène excitante dans laquelle Mike prend enfin se revanche par un spectaculaire KO sur le même Tree.

Remarqué par un prometteur de MMA qui a lancé un de ses amis appelé Nevel, Dada accepte de redevenir lui-même un combattant en passant professionnel.
Malheureusement un drame intervient lorsque le prometteur Chauncey se fait tirer dessus par son beau frère après une dispute familiale et est laissé entre la vie et la mort avant d’être finalement débranché par son frère devant l’inexistence des ses chances de rétablissement.

Malgré sa réelle affliction face à la perte de ce combattant attachant et talentueux, Dada saisit l’opportunité qui s’offre à lui, s’entraine de manière professionnelle, acquérant les techniques qui lui manque pour devenir plus qu’un simple bagarreur des rues.

A l’aide d’un coach personnel, il élargit son panel et se déclare prêt pour affronter un adversaire plus petit que lui mais plus lourd, véritable tank des rings.

Le combat a lieu à Miami avec une belle couverture médiatique et se montre acharné avec ces deux colosses noirs assez peu rapides et peu techniques mais dotés d’une impressionnante force physique.

Un poil plus endurant, Dada sort vainqueur, devenant ainsi le symbole de la réussite de son quartier…

En conclusion, « Dawg fight » est un documentaire brut montrant ce que peut pousser à faire la pauvreté et le désespoir des ghettos blacks américains.

A l’image de son personnage principal héros au look improbable de Mr T des années 2010, les combats sont dépouillés, brutaux et peu techniques mais impressionnants de violence avec souvent de spectaculaires blessures au visage : yeux enflés, lèvres, arcades ouvertes et tuméfactions diverses.

La morale de l’histoire, se battre à mains nues plutôt que de se tirer dessus dans les gangs, peut apparaitre comme simpliste et ridicule, mais nourrit sans doute la réussite de combattants murs ensuite pour décrocher un contrat dans le très concurrentiel mais lucratif MMA.

Fort heureusement, la statistique tombe à la fin du documentaire expliquant froidement que pour une réussite (Mike Trujillo) beaucoup de destins funestes menant à une mort rapide : Chauncey tué par balles, Tree par un taser de la police…

Mais il y a fort à parier que ceci n’empêchera pas ces desperados de continuer à tenter leur chance, parce qu’au final ils n’ont plus rien à perdre et qu’ils sont à l’image de ce que la société cherche : toujours plus de violence et de spectacle en renouant avec les combats de gladiateurs de l’Antiquité…

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:39
Lance Armstrong, itinéraire d'un salaud (Reed Albergotti, Vanessa O'Connell)

On reste dans le domaine du sport avec « Lance Armstrong, itinéraire d’un salaud » de Reed Albergotti et Vanessa O’Connnell.

Sorti en 2013, « Lance Armstrong, itinéraire d’un salaud » est une minutieuse enquête réalisée par deux journalistes du Wall Street Journal dans le but de démonter ce qu’ils appellent le système Armstrong, c’est-à-dire toute l’organisation complexe mise en place par le plus grand champion de l’histoire du cyclisme pour se doper, engranger des victoires, des profits et ainsi nourrir une fausse idole à laquelle toute le monde avait au fond de lui envie de croire.

L’histoire d’Armstrong débute dans les années 70 dans sa ville natale de Dallas (Texas), ou dès l’adolescence le jeune homme se découvre de belles qualités athlétiques s’exprimant à merveille dans les sports d’endurance comme la natation ou la course à pied.

Issu d’un milieu modeste, Armstrong a toujours haï son père alcoolique qui a abandonné sa mère Linda et entretenu des rapports conflictuels avec ses différents beau-père notamment le très sévère Terry Armstrong, alors que sa mère restait en comparaison sacralisée.

Animé très tôt d’un sentiment de revanche nourrissant une forte ambition, Armstrong se tourne logiquement vers le triathlon ou ses fortes capacités cardio vasculaires lui permettent de remporter plusieurs courses aux Etats-Unis.

Surclassé dans les plupart des compétitions qu’il remporte, Armstrong a comme mentor le triathlète Rick Crawford, qui lui apporte la rigueur dans ses entrainements ou déjà le jeune homme ne ménage pas ses efforts.

Au cours d’un triathlon à Austin, Armstrong est alors logiquement détecté par Eddy Borysewicz, entraineur cycliste d’origine polonaise ayant coaché dans l’équipe nationale Greg Lemond avant qu’il ne devienne professionnel et ne gagne le Tour de France, la course la plus relevée du circuit professionnel.

Soutenu financièrement par le riche homme d’affaire Thom Weisel, lui-même champion frustré et passionné de sport, Borysewicz parvient à force de persuasion, à convaincre Armstrong au début réticent à s’essayer au cyclisme en lui faisant miroiter les confortables gains des cyclistes professionnels européens.

Sous la férule du gourou polonais qui amène des méthodes importées d’Europe de l’Est qui font alors cruellement aux cyclistes américains, mal préparés, Armstrong intègre la team Subaru-Montgomery et obtient des résultats suffisamment prometteurs pour intégrer l’équipe nationale américaine.

Doté d‘un tempérament caractériel et égoïste, Armstrong se brouille avec Borysewicz et Weisel, préférant quitter l’équipe pour rejoindre leur rival Jim Ochowicz chez Motorola.

Confronté pour la première fois aux meilleurs Européens, Armstrong termine à une modeste quatorzième place aux Jeux Olympiques de Barcelone, trouve ses limites physiques et comprend que son seul important potentiel physique n’est pas suffisant pour lui permettre de prétendre jouer les premiers rôles au niveau mondial.

Alors prêt à tout pour réussir, il s’initie à Come (Italie) au dopage en prenant des stéroïdes puis fait parler de lui sur le Tour de France en remportant une étape avant de trouver ses limites en montagne, et obtient en 1993 son premier titre de gloire en devenant champion du monde sur route à Oslo.

Armstrong plonge alors sans vergogne dans l’engrenage du dopage en prenant comme tous ses coéquipiers de l’EPO et s’adjoint les services d’un très controversé médecin italien, Michèle Ferrari, qui apporte au sein de l’équipe Motorola sa conception scientifique de la performance et du dopage.

Au fil des victoires, il devient en tant qu’espoir américain, de plus en plus médiatique et attire les sponsors come Nike, Trek et Oakley avec lesquels il signe de gros contrats publicitaires.

Armstrong se montre toujours particulièrement arrogant, voulant être le leader incontesté de son équipe et vouant une jalousie tenace à Greg Lemond, qui deviendra son ennemi personnel.

Mais sa vie de futur star du sport bascule lorsqu’il découvre après une longue période de méforme en 1996, qu’il souffre d’un cancer d’un testicule.

Armstrong doit donc tout abandonner, subir plusieurs opérations dont l’ablation d’un testicule, une chimiothérapie et parvient à surmonter la maladie contrairement à son ami masseur John Terry Neal, atteint lui aussi d’un mystérieux cancer au même moment et qui décèdera en 2002.

Affaibli et sans cheveux, le cycliste aidé par son agent Bill Stapleton a alors dans l’idée d’utiliser son image de champion rescapé pour faire le tour des médias rapidement touchés par le symbole qu’il représente.

Armstrong crée une fondation pour lutter contre le cancer et parvient sur sa notoriété à récolter des centaines de milliers de dollars de dons.

Du coté privée quitte sa première compagne Lisa qui l’avait pourtant soutenu dans sa lutte contre la maladie, rencontre Kristin Richard qui travaille dans les relations publiques et ne tarde pas à être repris par le virus de la compétition.

Homme de challenges, Armstrong quitte son ancienne équipe française de Cofidis qu’il avait rejoint suite aux problèmes financiers de Motorola et signe chez US Postal Service, une division de la poste américaine versant dans le marketing sportif dans laquelle on retrouve Weisel et Borysewicz aux cotés d’un ancien cycliste de haut niveau Max Gorski reconverti en commercial.

Son arrivée provoque un conflit avec Borysewicz qui pour marquer son opposition finit par quitter le groupe.

Ayant épousé Kristin, Armstrong tente un retour en 1998 et tombe en plein scandale de dopage sur le Tour de France.

Epargné par l’affaire Festina, Armstrong reprend contact avec Ferrari et bénéficie à présent des précieux conseils de Johan Bruyneel, ex coureur cycliste belge recruté pour son sens tactique comme directeur sportif par Gorski.

Il travaille à perdre du poids, développer son endurance dans de longues sorties en montagne prêt de Nice ou il achète une résidence.

Cette combinaison ne tarde pas à payer puisque qu’Armstrong remporte le Tour de France 1999, en réalisant des performances stupéfiantes dans les étapes de montagnes qui constituaient jadis son point faible en raison de sa lourde carcasse de triathlète.

Pourtant révélé positif aux corticoïdes sur le Tour, Armstrong obtient le bénéfice du doute et parvient à conserver intact l’aura de son incroyable succès.

Avec sa victoire au Tour de France, Armstrong change de dimension, devient une superstar mondiale et tout particulièrement aux Etats-Unis ou il est reçu à la maison Blanche par Bill Clinton et Georges Bush alors gouverneur du Texas en personne.

Il sort son autobiographie « Il n’y a pas que le vélo dans la vie » qui devient un best seller lui permet d’engranger de gros bénéfices, signe de nouveaux contrats publicitaires ou renégocie à la hausse les précédents avec un record de 2 à 2,5 millions par an pour la seule US Postal.

Weisel en profite pour prendre habillement le contrôle de USA Cycling, l’organisation du cyclisme aux USA en créant une organisation parallèle qui la finance massivement et a ainsi accès à Hein Verbruggen, le président de l’UCI, à qui il effectue de généreux versements.

En ayant ainsi à sa main sur l’UCI, Weisel contrôle ainsi l’organisme qui gère la lutte anti dopage dans le cyclisme…

En 2000, pour lutter contre les nouvelles méthodes de détection de l’EPO, les coureurs de l’US Postal s’administrent le produit directement dans les veines et ont recours aux transfusions sanguines qu’ils effectuent dans le plus grand secret dans leur bus spécialement équipé.

Bruyneel utilise des hommes à tout faire (masseurs, soigneurs, mécaniciens) pour acheminer les poches de sang et produits dopant et faire disparaitre les traces des injections.

Malgré une nouvelle éclatante victoire au panache face à ses deux principaux rivaux Jan Ulrich et Marco Pantani, des journalistes de France 3 récupèrent dans les déchets de l’équipe des boites d’Actovegin, produit dopant à base du sang de veau mais l’UCI intervient en soutenant massivement Armstrong… avant d’interdire ensuite le produit en question !

Le livre révèle ensuite qu’Armstrong, déjà contrôlé positif à l’EPO sur le Tour de Suisse en 2001 peu avant sa troisième victoire au Tour de France a bénéficié de la surprenante clémence de l’UCI…

Pourtant certaines personnes commencent à se poser des questions et tentent de fissurer le système Armstrong.

Outre Lemond, intimement convaincu de la duperie, Steve Whisnant président de l’association d’Armstrong contre le cancer qui démissionne de son poste, le coureur italien Filippo Simoni balance d’abord Ferrari puis David Walsh, journaliste irlandais au Sunday Times qui prépare livre tentant de démontrer les accusation de dopage contre l’américain.

Se disant victime de harcèlement par les autorités françaises et par les agents de l‘UASADA, agence la lutte anti dopage américaine, Armstrong part s’entrainer à Gérone (Espagne).

En 2002, il est rejoint par un nouvel équipier américain prometteur, Floyd Landis, dont les performances physiologiques confinent au surhomme, surpassant même celui du champion en titre.

Landis se montre à la hauteur de son potentiel, permettant à Armstrong de décrocher son quatrième Tour de France en 2002, puis en 2003 malgré une grave blessure à la hanche.

En 2004 après une nouvelle victoire, Armstrong divorce et se met en couple avec la chanteuse de pop-rock américaine Sheryl Crow.

Ce couple ultra médiatique se recentre sur les Etats-Unis entre le Texas et la Californie.

Ayant investi dans Tailwind la société de Weisel qui lui apporte des revenus supplémentaires, Armstrong bénéficie de soutiens sans failles de ses sponsors qui ne lésinent par pour satisfaire à ses exigences ou caprices concernant le choix des matériels.

Il est si puissant que la sortie du livre de Walsh « L.A confidentiel » qui recueille pourtant les témoignages de son ancienne soigneuse Emma O’Reilly, d’un ancien adversaire soudoyé lors d’une course aux Etats-Unis le néo zélandais Steve Swart et de Betsy Andreux, la femme de son coéqupier Frankie, l’ayant vu s’injecter des produits dopant, passe innaperçu car bloqué par une campagne de presse assassine relayée par les principaux média américain dont les prestigieux CNN, New York Times et New York Daily News.

Armstrong ne se contente pas de se défendre, il contre attaque aussi violemment par le biais de ses avocats prestigieux comme Tim Herman contre les journaux ayant osé publier le livre, obtenant des dommages et interet du Sunday Times et n’hésitant pas à faire directement pression sur Andreux pour fragiliser la position de sa femme.

En représailles, Simoni est durement malmené dans le peloton après avoir tenté une échappée et même le puissant Bob Hamman président la société d’assurance SCA qui avait assuré les victoires d‘Armstrong, qui tente de récupérer cinq millions de dollars est contraint de plier face aux manœuvres d’intimidations judiciaires du clan Armstrong.

Enfin, Lemond manque de boire la tasse lorsque John Burke le président de Trek qui distribue ses vélos est sommé de rompre son contrat, avant finalement de renoncer par peur de couteuses poursuites face aux avocats de l’ex champion.

En 2005, à présent sponsorisé par Discovery channel en lieu et place de l’US Postals, Armstrong prend sa retraite après une ultime victoire sur le Tour de France mais son succès est à nouveau entaché par les affaires de dopage par l’Equipe qui diffuse des résultats de tests positifs lors du tour 1999 remporté par l’américain.

Le Tour de France 2006 est remporté par Landis dont la vie bascule après un contrôle positif.

Aux abois, laché par tous les coureurs et soumis à la pression d’Armstrong qui craint que son ancien coéqupier ne balance tout sur son passé, Landis hésite longuement, déprime, divorce, mène une vie de marginal dans un bungalow d’un coin reculé de Californie avant finalement de prendre la courageuse décision de parler.

Sa confession à Jeff Novitzky et Travis Tygart respectivement agent et président de l’USADA est le point clé qui fera basculer la situation.

Après Landis qui collabore tel un repenti de la mafia tentant d‘alléger sa propre peine , d’autres coureurs se mettent aussi à parler pour soulager leur conscience et Armstrong se trouve ainsi trahi par ses propres coéqupiers, qui du reste ne l’appréçiaient pas.

Malgré une défense acharnée composée de dénégations farouches combinant preuves scientifiques de l’amélioration de sa physiologie après le cancer, régularité des contrôle anti dopages négatifs subis mais surtout de violentes contre attaques d’hommes politique de haut niveau pour miner la crédibilité de l’USADA, ainsi que des menaces de mort contre ses membres, Armstrong qui vient de réaliser un come back fracassant en 2009 pour terminer second du Tour de France, ne fait que retarder l’échéance.

Après des années de procédures, lorsque l’USADA commence à mettre en ligne sur Internet les documents prouvant de manière accablante les accusation de dopage dont il fait l’objet, Armstrong se trouve progressivement laché par ses soutiens dans la presse, son association puis par son principal sponsor Nike, qui le maintenait jusqu’alors à flot contre marées.

Banni des principales compétitions de triathlon et de marathon auxquels il était revenu avec un certain succès, Armstrong est alors contraint à une confession publique en 2013 devant la très médiatique Opra Winfrey mais ne montre à cette occasion aucun remord sur ses actes dans un contexte de banalisation du dopage dans le sport professionnel.
Après avoir remboursé SCA et le Sunday Times, Armstrong et ses proches (Weisel, Bruyneel) se voient à présent englués dans d’autres procès intentés par ses sponsors dont le gouvernement américain propriétaire d’US Postals, ce qui rend son avenir professionnel difficile à prédire.

Mais l’homme vivant aujourd'hui avec la jeune Anna Hansen qui lui a donné deux enfants, parait plein de ressources…

En conclusion, « Lance Armstrong, itinéraire d’un salaud » est le livre ultime pour décrypter les dessous du sport professionnel et passionnera tous les amateurs de ténébreuses affaires judicaires.

Bien qu’à charge contre l’ex champion, le travail des deux journalistes montre une trajectoire similaire à celle d’un homme politique à l’ambition démesurée, à l’égo hypertrophié et prêt à tout pour arriver à assouvir ses buts.

Par son combat victorieux contre le cancer et son engagement bien réel pour les malades, Armstrong aurait pu être l’idole, le symbole qu’on aurait tous voulu admirer mais c’était oublier la volonté incessante de performance de notre société qui ne reconnait que les numéro, les exploits, les records et n’a que faire des vies équilibrées.

Trop vite, trop haut trop fort, telle aurait pu être la devise d’Armstrong.

La déception à son encontre est donc à la hauteur de nos espérances: immense !

On aimerait une rédedemption, plus d’humilité et un amour moins prononcé pour la réussite, la gloire, l’argent et les femmes… mais Armstrong pourra-t-il prendre ce chemin après tout ce gâchis ?

Derrière la personnalité charismatique d’un champion pétri d’exigences, « Lance Armstrong, itinéraire d’un salaud » montre de manière éclatante les relations existant entre les instances sportives comme l’UCI, les médias, certains puissants hommes d’affaires et sponsors unis par les mêmes liens sacrés du business.

On est donc ici bien loin de la pureté supposée du sport amateur, mais plus proche d’histoire de réseaux politico-mafieux…

Lance Armstrong, itinéraire d'un salaud (Reed Albergotti, Vanessa O'Connell)
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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 20:55
Tennis, la préparation mentale (Antoni Girod)

D’un sport à l’autre, voici le tennis à présent abordé sous un angle essentiellement psychologique avec « Tennis, la préparation mentale » d’Antoni Girod, entraineur proche de la Fédération Française de Tennis.

Sorti en 1997 puis réédité en 2009, « Tennis, la préparation mentale » se propose d’étudier en trois courtes parties, les mécanismes internes profonds souvent inconscient différenciant souvent deux joueurs de talent et physique équivalents.

Ayant joué au tennis à un modeste niveau en compétition dans ma jeunesse, je me rappelle avoir souvent perdu des matchs pour raisons mentales, en me frustrant face à un adversaire que j’estimais plus faible, en complexant face à un classement réputé supérieur ou plus simplement en manquant de motivation personnelle pour lutter pour arracher une victoire à ma portée.

En préambule, Girod définit le cadre général du jeu des tennis, ses différentes composantes : le public, le conditions météo, le filet, les lignes et deux adversaires face à face puis des concepts généraux permettant de prendre conscience de valeurs structurant l’esprit du sportif.

On retrouve sans surprise la passion, la discipline, la volonté, la combativité, la maitrise de soi, l’audace et le respect.

Bien entendu, ces valeurs ne sont pas toutes pareillement développées chez les différents individus et sont pourtant essentielles dans la construction d’un mental de champion.

Après les valeurs viennent les croyances vues sous un angle également positif : l’idée de toujours trouver un chemin vers la victoire même en cas de situation très défavorable et de domination outrageuse de l‘adversaire, de faire face à toute situation déstabilisatrice comme l’interruption du jeu pour cause de pluie, la constance dans ses efforts, la confiance en soi, l’idée que l’échec fait partie de l’existence comme la victoire et doit être source d’inspiration pour continuer à avancer.

Ces deux dernières croyance sont importantes pour relativiser les défaites source d’abattement, de perte de confiance et de spirale infernale mais également ne pas se griser ou se contenter d’une victoire même particulièrement marquante, mais continuer à se remettre en question pour progresser.

L’auteur incite à développer des automatismes comme la perception fine et l’analyse de l’environnement notamment les conditions de jeu (lumière, vent, pluie), le comportement de l’adversaire trahissant souvent son état d’esprit, sans oublier de trouver si il le faut la force de s’isoler dans une bulle mentale afin de se préserver des impacts parfois négatifs de l’environnement sur soi-même.

L’autosuggestion positive semble une technique efficace tout comme la nécessité de rester dans le temps présent afin de ne pas s’arrêter de jouer en pensant au passé ou en anticipant un résultat futur.

Une donnée importante est la capacité d’action des champions dans les moments clés.
Prendre l’initiative assurerait selon l’auteur statistiquement de remporter à 90% les points décisifs d’un match.

On parle d’aller chercher le match plutôt que d’attendre que l’adversaire le donne, ce qui ne fonctionne que dans 50% des cas.

L’aspect tactique n’est pas négligé avec le maitre en la matière Brad Gilbert, qui avant d’être l’entraineur d’Agassi, a été n°4 mondial dans les années 80 et a expliqué dans un best seller mondial « Winning ugly » l’importance de la stratégie en exploitant au mieux les points faibles de ses adversaires.

L’autre maitre tacticien régulièrement cité dans l’ouvrage est Michael Chang, joueur aux capacités techniques et physiques plus limitées, qui parvint néanmoins à se hisser par son intelligence du jeu et son inébranlable force mentale à la seconde place mondiale dans les années 90.

Dans la seconde partie, Girod s’intéresse à la préparation mentale d’avant match en se fixant des objectifs à court, moyen et long termes suffisamment précis et atteignables pour permettre de trouver la motivation en soi.

Il s’agit ensuite de penser aux moyen d’y arriver et à élaborer plusieurs solutions de rechanges en cas d’obstacle à leur réalisation.

Les techniques pour combattre les phénomènes physiques du stress s’avèrent particulièrement utiles: s’isoler du monde extérieur, plaisanter, se distraire par un film ou en écoutant de la musique, relativiser, s’absorber dans le présent et l’action.

Le but final est de combiner confiance, calme, concentration et combativité en évitant de se surestimer, se sous estimer et de faire la même chose avec son adversaire qui a comme nous ses forces et ses faiblesses.

L’auteur détaille ensuite longuement des techniques de visualisation dans différents moments du match pour aider à la réalisation de ses actions et l’importance de l’attitude corporelle pour se motiver.

On termine par la gestion mentale de l’après match, en s’attachant à analyser ses performances sous un angle rationnel par des grilles techniques, tactiques, physiques et mentales pour conserver des axes de progrès poussant vers des nouveaux objectifs d’amélioration.

En conclusion, « Tennis, la préparation mentale » est un court ouvrage très intéressant qui dépasse le simple cadre du tennis pour s’adresser pour moi à toutes les catégories de sportif désirant améliorer leur approche des compétitions.

Les principes généraux qu’il énonce sont en effet profitables et permettent de ne pas perdre ses moyens, de contrôler sa frustration en cas de difficultés, d’éviter les excès de confiance ou de découragement et de trouver en soi des sources de motivation pour définir des objectifs, une stratégie et déployer les efforts nécessaires pour y parvenir.

Les références aux champions de l’époque sont appréciables même si forcément datées, avec des noms sans doute un peu éclipsés aujourd’hui : Pete Sampras, Boris Becker, Thomas Muster, Michael Chang, Brad Gilbert, Ivan Lendl voir même André Agassi et dans le registre français Yannick Noah, Guy Forget, Cédric Pioline et Arnaud Boetsch.

A n’en pas douter, l’édition de 2009 puisera dans les exemples des champions du XXI ième siècle que sont Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic pour donner un nécessaire coup de neuf à la forme.

Tennis, la préparation mentale (Antoni Girod)
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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 20:35
Cours de tae kwon do, technique du tchagui (Pil-Won Park)

Comme vous le savez le sport tient une place non négligeable dans mon existence aussi est-ce à présent le tour du tae kwon do, art martial coréen que je pratique depuis trois ans à présent.

Paru en 1997 puis réédité sous un format plus sexy en 2005, « Cours de tae kwon do, la technique du tchagui » de Pil-Won Park, ceinture noire cinquième dan, fait partie de ces innombrables ouvrages didactiques visant à vulgariser la pratique des arts martiaux dans le monde et en France plus particulièrement.

Comme souvent, une courte introduction historique s’avère nécessaire pour présenter un art martial coréen existant sous plusieurs formes avant d’être unifiées au milieu du XX ième siècle et d’être ensuite érigé au rang de sport national en 1971.

Après tout s’enchaine, la reconnaissance internationale, l’approche comme discipline olympique à Séoul en 1988 puis Barcelone en 1992 avant d’accéder finalement enfin au statut tant convoité de sport olympique à Sydney en 2000, au détriment de son grand rival, le karaté.

Contrairement aux idées reçues, le tae kwon do est un sport complet, qui bien qu’utilisant majoritairement les jambes, ne délaisse pas les autres parties du corps (poings, coudes, genoux, tibias) et les techniques de self défense.

La première difficulté et non des moindres dans sa pratique est l’acquisition du langage de base avec les quelques rudiments de coréen classifiant les différents types de coups de pied (tchagui) : ap pour les coups de pied de face, bandal pour le coups de pied demi circulaire, dorlyo pour les coups de pied circulaires, yeup pour les coups de pieds latéraux et enfin nal pour celui de face en diagonale.

Bien sur suivant les types de coups de pied, les zones utilisées varient : dui pour le talon, nal pour le tranchant et deung pour le dessus du pied.

On complètera par les jourougui pour les coups de poings avec également les variantes associées : de face, circulaires, de haut vers le bas ou de bas en haut, avec un ou deux poings.

Mais avant de porter le moindre coup mieux vaut connaitre les positions (seugui) à adopter : c’est ainsi que viennent ap seugui position de marche « naturelle » jambes à 30° l‘une de l‘autre, ap koubi position basse avancée avec une jambe avant fléchie et une jambe arrière en extension, jou tchoum suegi position dite du cavalier pieds sur la même ligne utile pour déclencher des séries de coups de poing et quantité de variétés comme le duit koubi, avec également une jambe fléchie et l’autre tendue le corps positionné de trois quart.

Toujours dans le travail des membres supérieurs viennent ensuite les blocages (makgui), are niveau bas, momtong moyen, eulgoul visage avec à chaque fois des variantes suivant les positions des mains ouvertes (han sonnal) ou fermées.

A chaque mouvement correspond des rotations des bras ou du buste afin de donner l’impulsion nécessaire pour bloquer le coup arrivant au corps, au visage ou même au bas ventre.

L’ouvrage révèle l’existence de makgui avec les jambes pour bloquer des coups de poings.

L’auteur décompose ensuite la multitude de coups de pieds en introduisant plusieurs techniques nouvelles : les coups de pieds de face tendus (podo) ou poussés (milo) destinés à repousser plutôt que frapper un adversaire.

Plus dynamiques viennent les coups de pieds marteau (nae ryo), fouettés (frou ryo) et les violents mouroupe à l’aide du genou.

Impossible également de parler de tae kwon do sans présenter les coups de pieds retournés et sautés, les fameux mamdorlyo et touio qui ont fait la réputation de ce sport en raison de leur aspect ultra spectaculaire.

La encore ils se déclinent sous toutes les formes possibles qu’elles soient fouettés poussées, écrasées avec des images de sauts extraordinaires de souplesse, de coordination et de maitrise.

Viennent ensuite les coup de pieds accompagnés de déplacement avant destinés à en doubler l’impact et les enchainements d’une jambe à l’autre.

Une fois les multiples combinaisons explorées vient le temps du combat, le kyorougui qu’il soit à partir de mouvement préalablement codifiés avec un nombre impressionnant de parades, blocages, contre allant jusqu‘à la saisie et l‘amenée au sol, plus libre mais encadré (chihap) dans une pratique sportive avec plastron, casque, protections bras/jambes et coquille et système de points à la touche au dessus de la ceinture, la principale différence avec la boxe américaine ou le karaté étant l’interdiction de coups de poings au visage.

La encore les techniques les plus efficaces en combat sont présentés avec quelque blocages, retraits mais surtout beaucoup de retournés et/ou sautés.

On termine avec le combat libre sans protection qui ressemble le plus à de la self défense avec blocage de coups aux parties, saisies, projections, frappes au sol avec cependant quelques bénéfiques mises en garde de sécurité quand aux règles de maitrise des techniques, de manque de concentration ou de préparation.

En conclusion, « Cours de tae kwon do, la technique du tchagui » confirme de la conclusion à laquelle je suis à présent arrivée sur les vertus des sports de combats qui quels qu’ils soient développent la maitrise, la confiance et la sérénité.

Après avoir tâté de boxe française, de ju jitsu et de tae kwon do, je peux dire que les bienfaits sont similaires avec une école de rigueur et de respect.

Bien entendu, je n’ai jamais pratiqué en compétition et ai d’autres centre d’intérêts même sportifs que les sports de combat, mais je trouve que pour faire face à un monde extérieur parfois stressant ou les rapports de force, les obstacles et l’agressivité sont souvent sur notre chemin, des sports comme le tae kwon do peuvent participer à un renforcement psychique et physique de l’individu.

Alors on pourra reprocher à « Cours de tae kwon do, la technique de tchagui » ces innombrables techniques aux noms complexes à assimiler et de ne pas se consacrer à l’art de poom se, figures essentielles dans les passages de grade de ce sport, mais l’ouvrage atteint pour moi son but initial : donner les informations nécessaires pour acquérir les bases théoriques et pratiques, ce qui à mes yeux compte déjà beaucoup !

Cours de tae kwon do, technique du tchagui (Pil-Won Park)
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 18:40
Arnold le magnifique (George Butler)

Réalisé en 1977 par George Butler, « Arnold le magnifique » ou plus communément appelé « Pumping iron » est un documentaire sur le milieu du culturisme américain et peut être considéré comme la première apparition filmé de l’homme qui deviendra plus tard une star de films d’action et un homme politique de premier plan aux Etats-Unis : Arnold Schwarzenegger.

Dans « Arnold le magnifique », Schwarzenegger a 28 ans et déjà un palmarès impressionnant avec des titres prestigieux de Mr Univers et Mr Olympia dont il brigue ainsi un sixième trophée en 1975.

Le documentaire suit donc Arnold et les autres culturistes dans leur préparation avec d’éreintantes séances en salle de gym, notamment à Venice en Californie, lieu mythique ou les plus grands champions viennent chercher l’émulation dans leurs entrainements.

En guise d’apéritif, on suit Mike Katz, enseignant âgé de 31 ans qui tente de devenir Mr Univers et parle succinctement de son parcours d’ex enfant complexé venu au sport que ce soit football américain ou body building dans une quête de gloire et de reconnaissance.

Mais malgré ses efforts, le blond dégarni échoue face à Ken Weller, blond vénitien au physique sans doute moins imposant mais plus symétrique et mieux proportionné.

On change de braquet en délaissant le monde des amateurs pour nous intéresser à celui des professionnels avec la lutte à distance entre Schwarzenegger, tenant du titre à Mr Olympia et son rival Lou Ferrigno, qui coaché par son père, mise sur sa taille supérieure (1m95 contre 1m88) et ses bras réputés plus massifs.

Ferrigno représente donc l’outsider d’Arnold dans la catégorie poids lourds (plus de 90 kilos) mais parait comme un colosse emprunté face au charisme et à l’assurance carnassière du champion.

L’entrainement avant la compétition à Pretoria en Afrique du Sud, est intense, chaque champion tentant de surpasser ses limites en effectuant toujours plus de série avec des poids toujours plus lourds.

Soumis à pareil traitement, les physiques gonflent, atteignant des proportions sans commune mesure avec le commun des mortels.

L’italien Franco Columbu, protégé d’Arnold dans la catégorie des moins de 90 kilos, dénote un peu dans ce milieu par son passé de boxeur et son origine européenne.

Le documentaire montre le caractère du champion, capable de déstabiliser psychologiquement ses adversaires, ce que confirme son emprise mentale sur Ferrigno dans les vestiaires de préparation.

Columbu remporte le titre des moins de 90 kilos, Schwarzenegger surclassant Ferrigno dans la catégorie du dessus dans laquelle un français, Serge Nubret, magnifique Noir, parvient à tirer son épingle du jeu en raflant la seconde place au nez et à la barbe de la brute.

Logiquement en final, Schwarzenegger n’a aucune difficulté à vaincre Columbu au physique certes impressionnant mais limité par sa petite taille.

Le documentaire se termine donc sur le dernier sacre d’Arnold, ses adieux au monde du body building, une camaraderie de façade pour le faire valoir Ferrigno et une surprenant révélation sur la froide détermination du champion, capable de refuser d’aller à l’enterrement de son père, chef de la police autrichienne à Graz, pour cause de championnat.

En conclusion, « Arnold le magnifique » est 40 ans après sa sortie aujourd’hui une curiosité qui ne peut que mettre mal à l’aise quand on sait la banalisation des produits dopants dans la société et les ravages qu’ils produisent sur de jeunes sportifs même amateurs.

Si on peut éprouver de l’admiration pour ses athlètes repoussant leurs limites pour une impossible quête de perfection plastique, une inextinguible soif de reconnaissance et la simple jouissance de sentir leurs muscles gonfler lors des entrainements, on ne peut s’empêcher de penser qu’obtenir de pareils résultats ne peut se réaliser qu’en prenant des drogues similaires à celles données pour le développement de la viande des bœufs.

Cette gène mise à part, « Arnold le magnifique » vaut surtout le détour pour découvrir le jeune Schwarzenegger qui en plus d’un physique extraordinaire, savait déjà en fin politicien manipuler ses adversaires pour arriver à ses fins avec en victime idéale le sympathique balourd Lou Ferrigno, qui restera surtout dans l’histoire pour son incarnation de Hulk dans une série télévisée des années 80.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 20:14
Cours de full contact (Ennio Falsoni)

Ayant pratiqué la boxe française à vingt ans je m’étais à l’époque documenté sur les arts martiaux et avais acheté « Cours de full contact » du journaliste sportif italien Ennio Falsoni.

Sorti en 1995, » Cours de full contact » est un manuel illustré permettant d’appréhender tous les aspects du full contact dont les autres noms sont kickboxing ou boxe américaine rendu célèbre à la fin des années 80 par quelques films de Jean-Claude Van Damme.

Après un court historique ou Falsoni explique l’origine de ce sport crée dans les années 70 par un ancien Marine’s américain revenu d’une base au Japon qui trouvait le karaté trop figé dans ses traditions, on rentre dans le vif du sujet.

Sans bruler les étapes, le livre propose des exercices illustrés pour s’échauffer en insistant sur la corde à sauter atelier bien connu des boxeurs pour développer le souffle et la coordination.

Bien entendu les sauts, pompes et autres traditionnels relevés du buste ne sont pas oubliés pour autant afin de préparer l corps à de longues séances d’étirements.

En effet, la souplesse ou mobilité articulaire est essentielle dans ce sport ou les combattants peuvent frapper au dessus de la ceinture avec leurs jambes.

On insiste donc logiquement sur les membres inférieurs notamment l’ouverture de la hanche avec des écarts progressifs qu’ils soient sagittaux ou faciaux.

Le journaliste précise bien que les athlètes montrant les exercices sont parmi les meilleurs d’Italie et que le lecteur ne doit pas se décourager devant leur étonnante souplesse mais progresser pas à pas, en jouant sur le relâchement musculaire et la persévérance.

Après cette longue partie dédiée au stretching qu’il soit passif (seul) ou actif (avec partenaire), on passe aux techniques de bases avec la décomposition des coups de pieds élémentaires : de face, latéraux ou circulaires en allant même jusqu’à faire saliver le lecteur par quelques retournés spectaculaires.

Mais Falsoni rappelle que 80% des combats sont gagnés par les poings, plus rapides et faciles d’emploi que les jambes et explique les directs, crochets et autres uppercuts.

De manière plus intéressante, sont développées les principales techniques de défenses avec les difficiles esquives misant sur des mouvements de buste ou des blocages à mettre en œuvre avec ses mains tout en usant de décalage pour pouvoir lancer des contre attaques.

Après avoir décomposé les mouvements élémentaires, Falsoni les combine de manière dynamique afin de montrer de manière réaliste des assauts entre combattants parant les attaques puis ripostant par des séquences pieds-poings simples mais efficaces.

On sera plus dubitatif sur le les coup de pieds sautés surtout lorsqu’ils sont retournés, les trouvant plus télé et photogéniques que réellement destructeurs en combat.
Les techniques d’attaques sont pareillement développées toujours à base de combinaisons pieds-poings et de décalages afin de trouver la faille dans la garde adverse.

La variété des mouvement parait essentielle pour surprendre l’adversaire et enchainer des séries afin de le déborder.

Coups au corps, à la tête, de face, de coté ou retourné : toutes les combinaisons sont présentées de manière exhaustives par les deux athlètes italiens.

Assez curieusement Falsoni s’intéresse au combat d’entrainement avant les frappes aux pao pour développer la précision ou au sac pour la puissance et le système cardiovasculaire.

On termine par la préparation physique du boxeur, c’est-à-dire tout ce qui se fait en dehors de la salle, que ce soit le footing fractionné ou la musculation légère, à 66% de la charge maximum afin de ne pas perdre en vitesse en centrant le travail sur les jambes, bras et épaules.

Enfin vient le combat sur le ring, en soulignant l’importance de l’approche mentale pour dominer ses émotions en répétant mentalement les techniques et séquences à développer le jour J.

On termine sur quelques séances d’entrainement types et le rappel des règles de compétition.

En conclusion, « Cours de full contact » est un ouvrage sérieux, éclairé, complet et très pédagogique qui m’aura servi de guide pendant une quinzaine d’années pour progresser en gagnant en souplesse, en coordination et en développant des techniques que je parvenais parfois à mettre en œuvre en combat.

Même si certains exercices et techniques demeurent inaccessibles pour un amateur (notamment les grands écarts et coups de pieds retournés-sautés), « Cours de full contact » dispense de précieux conseils pour devenir un bon combattant de sports de combat et sans devenir un champion ou guerrier de rings, arriver à l’essentiel : se faire plaisir dans un exercice physique complet, intense avec en prime l’excitation de la confrontation physique dans un cadré dépouillé et réglementé.

Merci donc pour votre travail de haute qualité, Mr Falsoni.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 11:50
Rocky V (John G Avildsen)

En 1990, le premier réalisateur des Rocky, John G Avildsen reprend les manettes pour le « Rocky V ».

Cette fois, Rocky Balboa (Sylvester Stallone) pense en avoir fini avec la boxe après son éclatante victoire face à Ivan Drago (Dolph Lundgren) mais de retour aux Etats-Unis découvre le revers de la médaille : il est victime de lésions cérébrales qui lui interdisent à tout jamais la pratique de son sport et combe du comble, son beau frère Paulie (Burt Young) s’est laissé abusé par son comptable qui l’a dépouillé de tous ses biens.

Rocky découvre donc que tous ces efforts n’ont servi à rien et qu’il est de nouveau à sec.

Il vend donc ses biens et repart de zéro avec Adrian (Talia Shire) et son fils Jr (Sage Stallone), revenant dans son ancien quartier de Philadelphie ou un fort sentiment d’échec l’envahit.

Adrian repousse les approches agressives de George Washington Duke (Richard Grant) promoteur cupide qui souhaite s’enrichir en faisant remonter Balboa sur un ring et qui vient jusqu’au domicile de Rocky pour le tenter.

Alors que son fils connait des difficultés pour s’acclimater à ce nouvel environnement agressif ou il se fait tabasser et racketter, Balboa renoue toutefois par procuration avec ses premiers amours en acceptant d’entrainer un jeune boxeur d’Oklahoma, Tommy Gunn (Tommy Morrison).

Le jeune homme est sans famille, sans rien d’autre que sa volonté d’y arriver et séduit Rocky par ses qualités de puncheur.

Après quelques refus, Tommy est pris sous l’aile de Rocky qui l’entraine et l’héberge sous son toit, au détriment de son fils qui se sent délaissé et apprend également la boxe pour se défendre.

Tommy accumule les victoires et est approché par Duke, qui souhaite l’intégrer dans son écurie.

La tentation de l’argent, des femmes et du succès finissent par atteindre Tommy qui ne supporte plus de vivre dans l’ombre de l’ancien champion.

Contre l’avis de son mentor qui le met en garde, il signe avec Duke et se voit offrir un match contre le champion du monde Cane (Michael Williams) qu’il surclasse aisément.

Mais ce succès ne suffit pas à obtenir la reconnaissance qu’il désire et Tommy se voit malgré son titre toujours reproché d’être un boxeur de seconde zone par rapport à Balboa.

Ivre de rage, Tommy retourne à Philadelphie et provoque Rocky dans la rue.

Rocky qui a compris qu’il devait plus se rapprocher de sa fille et de son fils, dont les fréquentations laissent à désirer, refuse de faire le jeu de Duke et d’affronter son ex poulain.

Mais Tommy ne s’arrête pas là et agresse Paulie ce qui force Balboa à l’affronter … en pleine rue.

Le combat est âpre et Rocky triomphe de celui qu’il a façonné … au grand damm de de Duke qui voit ses machinations s’effondrer.

Rocky redevient ce qu’il a toujours un été, un membre des classes populaires de Philadelphie essayant de s’en sortir du mieux qu’il peut en contribuant à inculquer de saines valeurs à son fils.

En conclusion, « Rocky V » est généralement le moins connu des six Rocky, à cause notamment d’une intrigue plus mince, d’un opposant moins charismatique et de la mise sérieusement en retrait du personnage hors des rings.

Ce choix délibéré nuit donc à l’impact du film, tout comme la musique plus branchée hip hop de MC Hammer (qui ça ?) que rock des années 70/80.

On appréciera cependant le personnage de Duke, fortement inspiré de l’abominable crapule Don King, escroc des rings manipulant les jeunes boxeurs.

Ce pale Rocky des années 90 était sensé en principe clore la saga, avant que Stallone lui-même ne décide d’un ultime baroud d’honneur en 2006.

Un mot enfin sur le blond Tommy Morrison qui fut certes un authentique boxeur et éphémère champion du monde poids lourd avant de voir sa vie basculer en découvrant en 1996 sa séropositivité.

Avec une carrière sportive et cinématographique brisées, la vie de Morrison ne fut qu’un long combat contre le Sida qui se conclut par une triste mort en 2013.

Cette destinée tragique ne rend pas pour autant ce « Rocky V » impérissable et fait de lui le plus faible de la saga.

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