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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 20:18

 

Tristes_tropiques.jpg

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Avec « Tristes tropiques » de Claude Lévi-Strauss publié en 1955, on a l'impression de se trouver en face d’un vaste monument de la littérature mêlant ethnologie, philosophie et autobiographie.

L’objet principal du livre est le récit du voyage de Lévi-Strauss dans la région du Mato Grosso, vaste état de l’est du Brésil, situé à la frontière de la Bolivie et du Paraguay.

Peu peuplé en raison des conditions de vie particulièrement hostiles composées de marais et de forets, le Mato Grosso contenait dans les années 30 bon nombre de populations indiennes vivant encore à l’état quasi sauvage.

Ce sont ces tribus indiennes que l’ethnologue décide d’aller étudier et ses  expéditions le feront partir de Sao Paulo pour passer par Curitiba dans l’état de Parana, Cuiaba capitale du Mato Grosso, Campos Novos située à Santa Carina jusqu’à la ville de Manaus située en Amazonie.

Dans ces régions difficiles et dangereuses même pour les brésiliens aguerris, l’unique fil conducteur est de suivre la voie télégraphique ouverte par le général Rondon au début des années 1900 et tous les postes de contrôle établis par ces soins.

Pour atteindre son but, Lévi-Strauss va constituer une troupe d’hommes surs recrutés sur place et va cheminer le plus souvent avec des bœufs ou à dos de mulet sur des chemins inaccessibles par engins motorisés.

La navigation fluviale sera également un moyen de locomotion usité pour remonter les fleuves tortueux du Rio Paraguay ou du Rio Parana.

Les trois principaux peuples qu’étudiera Lévi-Strauss sont les Caduveo, les Bororo, les Nambikwara et les Tupi.

Les Caduveo sont vus comme une société complexe pratiquant sculptures et peintures corporelles aux motifs élaborés.

Lévi-Strauss remonte jusqu’à leurs ancêtres les Mbaya qui avaient établis un rapport de domination de type noble-serfs avec les indiens Guana travaillant pour eux en échange de leur protection.

La société Mbaya très hiérarchisée en classe comportant nobles et guerriers, opérait néanmoins un brassage social par découpage de la population en deux moitié et une obligation de mariage entre les deux moitiés.

Les société Bororo est elle aussi complexe car divisée en clans répartis géographiquement suivant un découpage géométrique du camps.

Excellents chasseurs et cueilleurs, les athlétiques Bororo portent également de spectaculaires ornements à base de plumes sur leur têtes.

Lévi-Strauss s’intéresse à leur spiritualité et à leur culte des morts qui jouent un rôle beaucoup plus actifs dans la vie de tous les jours que dans les civilisations occidentales.

Les Nambikwara sont considérés comme les indiens les plus sauvages car vivant dans des conditions de dénuement extrêmes (ils dorment à même le sol).

On sent l’ethnologue fasciné par cette tribu la plus proche de l’état de l’homme naturel.

Ici tout est en effet réduit à la plus simple contentement  des besoins de l’homme, se nourrir et survivre.

Superstitieux et imprévisibles les Nambikwara peuvent à l’occasion se montrer dangereux quand ils s’estiment offensés.

Lévi-Strauss décrit les relations familiales de la tribu, le rôle du chef titulaire d’un pouvoir précaire pouvant être remis en question et provoquer la désolidarisation de certains clans.

Les Tupi-Kawahib sont les derniers indiens étudiés.

Peuple côtier, puisant et dominant les autres ethnies, il fut l’un des plus redoutés du monde indien et s’allia avec les premiers colons européens pour leur fournir la main d’œuvre capturées chez les autres tribus.

Lévi Strauss décrit également leurs mœurs et les comparent à celles des Nambikwara avec notamment la place du chef à qui on attribue des pouvoirs surnaturels.

Mais outre la descriptions des mœurs indiennes, Lévi-Strauss relate autant d’anecdotes  savoureuses sur les communautés de chercheurs de diamants, de caoutchouc,  de missionnaires européens, d’employés gouvernementaux et de commerçant ayant été quelques fois à leur dépens au contact des tribus indiennes pas toujours pacifiques vis à vis de ces citadins égarés.

La fin du livre comporte d’étonnantes méditations sur le métier d’ethnologue que Lévi-Strauss assimile à une carrière de rebelle en révolte par rapport à sa société d’origine, puis de réflexions philosophiques montrant l’accord de l’ethnologue avec les concept universel de contrat social de Rousseau avant de déboucher sur une approche spirituelle mettant en évidence la supériorité de la religion bouddhique, et le danger de l’intolérance de l’Islam séparant l’Orient et l’Occident de leur socle que Lévi Strauss estime commun.

Etonnament nulle allusion n'est faite sur la religion judaique dont il est pourtant issu.

En conclusion, « Tristes tropiques » est une œuvre fleuve qui ne contient aucun élément d’un roman de voyages ou d’aventures, genre exécré par l’auteur.

Quand on achève sa lecture on se dit qu’on ne peut en avoir assimilé toute la richesse en une seule fois et qu’on y reviendra assurément au cours de sa vie.

Je n’ai pas tout aimé dans le caractère scientifique assez aride des descriptions de l’ethnologue, ai été aussi parfois gêné des multiples digressions et comparaisons avec les sociétés de l’Inde et du Pakistan.

Pourtant la partie la plus intéressante de « Tristes tropiques » est la comparaison entre le monde dit civilisé et le monde sauvage.

A ce titre, Lévi-Strauss est souvent critique avec le sentiment de supériorité occidental et tente de rétablir la balance en réhabilitant les société indiennes.

Intellectuel de haut niveau (agrégé de philosophie, lettres et diplômé de droit) , Lévi-Strauss sait prendre de la distance avec toutes ses connaissances théoriques pour les confronter à ses observations d’ethnologue.

On pourra ne pas être d’accord avec certaines de ses théories plutot pessimistes (le civilisation menerait finalement au néant )mais on ne pourra qu’être admiratif devant les débats qu’elle provoquent.

Ouvrage puissant alliant théorie et expérience de terrain, « Tristes tropiques »  est une monumentale œuvre de la pensée occidentale contemporaine et justifie à elle seule toute la renommée qu’elle valut à son auteur.


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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 18:21


Après Darwin, Albert Einstein autre grand penseur qui révolutionna en son temps sa discipline : la physique théorique.

Ecrit entre 1934 et 1955, « Comment je vois le monde » mélange point de vues politiques, philosophiques, épistémologiques et scientifiques de celui qui est souvent considéré comme le symbole du génie intellectuel.

En lisant ce livre, on est frappé de la modestie et de la gêne du savant par rapport à son aura de star aux Etats Unis et de part le monde entier.

L’homme se montre plutôt humble et met en avant son éternel émerveillement devant les miracles indéchiffrables même pour lui de la nature et de la vie.

Cet émerveillement constitue son carburant principal en temps que chercheur, car il le pousse à comprendre.

Einstein a une vision plutôt pessimiste du monde dans lequel il vit.

Il est vrai qu’il a vécu deux guerres mondiales, vu la folie des hommes et du fuir son pays natal pour échapper aux persécutions à l’encontre des juifs.

Einstein est conscient que ses travaux ont permis l’éclosion des armes nucléaires et il perçoit le monde comme potentiellement capable de s’auto détruire.

L’homme paraît être dégoûté des politiciens et s’en méfier grandement.

Il prône une indépendance totale des scientifiques par rapport à la politique et souhaite créer un grande communauté scientifique internationale capable de peser d’un point de vue moral sur les grandes décisions de ce monde.

L’engagement pacifiste d’Einstein apparaît très fortement, l’homme adepte de la non violence, voue une admiration sans borne à Gandhi, condamne le nationalisme, le service militaire obligatoire et va jusqu’à soutenir les objecteurs de conscience.

Après guerre, Einstein jouera de tout son influence pour pousser à un désarmement des Nations.

Le savant fait preuve d’un jugement acéré quand il dénonce la montée du matérialisme dopé par une technologie souveraine.

Il critique également le système éducatif qui spécialise trop tôt les individus et les met en compétition, les empêchant de développer la curiosité nécessaire à leur développement intellectuel.

Se dessine alors le portrait d’un homme progressiste et farouchement indépendant.

Au niveau de la religion, j’ai été surpris de ses prises de position très marquées en faveur d’Israël et du Sionisme.

Einstein est bien conscient des problèmes entre Arabes et Israéliens en Palestine mais il fait preuve d’un optimisme beat et se félicite de la création de l’état d’Israël en pensant que les problèmes de cohabitation seront réglés.

Einstein vante les mérites du Judaïsme religion « morale » respectueuse de la vie et rapproche l’engagement du scientifique croyant à une religion « cosmique » à celui du prophète religieux avide de compréhension.

Pour autant Einstein ne croyait pas à un dieu se souciant de la destinée humaine mais à un dieu cosmique soucieux de l’harmonie de toute chose.

J’ai été surpris de sa volonté de repli communautarisme mais celle ci peut s’expliquer après la violence du traumatisme de la Shoah et des persécutions.

La dernière partie du livre est la plus scientifique avec un résumé de la théorie de la relativité puis un historique des travaux de ses  prédécesseurs et collègues comme Lorentz qu’il appelle le Maître , Planck, Maxwell mais aussi Euclide, Kepler dont il vante le génie intuitif ou Newton, le père de la mécanique classique et qu’on peut considérer comme le  « Einstein de son époque ».

En conclusion, « Comment je vois le monde » est un livre instructif dans la mesure ou il permet de mieux cerner la personnalité complexe et l’engagement d’un des plus grands savants de tous les temps.

Si Einstein apparaît comme un homme plutôt de gauche, foncièrement athée, pacifique, dédaigneux des richesses, des honneurs et choqué par les inégalités de classes sociales, il n’en soutient pas moins un Sionisme actif et vante les mérites du système ultra libéral des Etats Unis qui l’ont accueilli pendant son exil et ou il finit sa vie.

Pour ma part, même si j’ai admiré le courage d’un homme osant écrire au premier ministre de l’Italie fasciste pour soutenir ses confrères italiens ou se retirer de l’Académie de Prusse en raison de son adhésion au système nazi, je dois avouer avoir eu beaucoup de difficultés avec les parties plus scientifiques de l’ouvrage.

Sans bagage conséquent dans ce domaine, il est en effet difficile de bien suivre les démonstrations même « vulgarisées »  du Maître.

Malgré cela,  cet essai replacé dans son époque montre qu’il y a bien longtemps les scientifiques osaient prendre des risques et s’exprimer de manière courageuse et indépendante au mépris des diverses sphères d’influences politiques.

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 20:28


« L’origine des espèces » de Charles Darwin est souvent classé dans les livres majeurs ayant changé le monde et bousculé les idées reçues en raison de leur coté novateur.

Il me semblait donc intéressant de m’atteler à sa découverte.

Première remarque, il s’agit d’un ouvrage scientifique écrit par un savant et non d’un roman écrit par un écrivain, inutile donc de chercher dans « L’origine des espèces » de grands frissons littéraires ou un souffle épique qui vous emportera.

Le style est précis, assez froid et aride, la forme structurée (presque trop) puisque Darwin se résume souvent et souligne  fréquemment les transitions entre les differentes parties de son ouvrage qu’il mit plus de vingt ans à rédiger à partir d’observations de la faune et de la flore qu’il réalisa en 1831 lors d’un voyage en bateau d’une durée de cinq ans qui le mènera de l’Angleterre à l’Amérique du Sud, en passant par l’Afrique, l’Australie et les îles de l’hémisphère sud.

Le but de Darwin est de prouver une théorie de l’évolution, permettant à partir d’espèces  animales ou végétales originelles et  généralement éteintes de remonter jusqu’à nos jours par un système d’arbres généalogiques.

Cette théorie allant à l’encontre du créationnisme religieux qui décrétait que Dieu avait crée toutes les espèces indépendamment les unes des autres, était à l’ époque très hardie et difficile à défendre.

Le fondement de la pensée de Darwin repose sur la notion de variabilité des espèces mais encore faut il mettre cette variabilité en évidence et cerner les facteurs susceptibles de la provoquer.

Darwin s’intéresse tout d’abord aux animaux domestiques, qui sélectionnés artificiellement par l’homme pour répondre à ses besoins, finissent par évoluer de telle manière à former une nouvelle espèce n’ayant presque plus aucun lien avec l’espèce sauvage dont elle était originellement issue.

A cette sélection par l’homme s’ajoute la cause prépondérante de la variabilité celle de la sélection effectué par la Nature.

Pour Darwin en effet, les espèces sont en perpétuelle compétition pour leur survie, ce qui fait que seuls les individus les mieux armés sont susceptibles de perpétuer leur race par le principe de l’hérédité.

Hors pour survivre au fil des siècles, les espèces n’ont pas d’autres choix que de s’adapter pour faire face aux variations de leur environnement, soit par rapport aux conditions climatiques, soit par rapport à leurs prédateurs ou à leurs concurrents.

Donc seuls ceux présentant les facultés d’adaptation les plus grandes survivent et se propagent, les autres étant condamnés à plus ou moins grande échéance à l’extinction.

Si la sélection naturelle semble être le facteur principal de l’évolution, la sélection sexuelle des males les plus vigoureux ou attirants joue aussi un rôle dans la propagation d’une espèce.

Pour désamorcer les critiques qu’il pressent venir de la communauté scientifique, Darwin élève cependant des objections à sa propre théorie, la principale étant l’absence de chaînons ou d’espèces intermédiaires attestant de l’origine commune d’une espèce.

Bien que ne niant pas cette difficulté, il rétorque par l’argument selon lequel l’évolution se fait selon un processus lent, sur et complexe que l’homme ne peut percevoir de manière absolue.

Outre le caractère incomplet des vestiges géologiques permettant de retrouver des espèces disparues, Darwin explique que les espèces intermédiaires si difficiles à détecter sont de toute façon rapidement éliminées et remplacées par les nouvelles espèces dominantes.

Un bon exemple illustrant cette théorie est l’arrivée d’espèces immigrantes continentales sur une île jusqu’alors isolée, ces espèces issues du continent plus habituées à s’adapter finissant par supplanter les espèces autochtones et bien qu’issues d’une souche continentale, finissant par elles même évoluer de manière complètement différente pour donner naissance à une nouvelle race insulaire.

Darwin termine son ouvrage en mettant en doute la classification actuelle des espèces et le travail des naturalistes qui ne se concentrent que sur que quelques organes vitaux pour établir leur classification, délaissant d’autres facteurs comme la propagation héréditaire d’organes en apparence inutiles ou atrophiés par le non usage, pouvant être la preuve de liens entre espèces non directement affiliées.

En conclusion, « L’origine des espèces » est un ouvrage scientifique de haute volée, présentant de manière précise et argumentée les conclusion passionnées de plusieurs années de recherche théorique et de travaux d’observations de la faune et de la flore sur tous les continents du monde.

L’auteur se montre je trouve tout à fait humble et lucide, n’hésitant pas à mettre en évidence l’incompréhension de l’homme sur des phénomènes se situant à des échelles de temps le dépassant complètement.

J’ai beaucoup apprécié sa conclusion optimiste en forme de transmission de témoin à de nouvelles générations de chercheurs qu’il espérait plus ouverts d’esprit.

Lire « L’origine des espèces » est pour moi s’intéresser à l’origine de la vie, tache ambitieuse, dérangeante, effrayante bien que Darwin laisse soigneusement de coté la question tabou de l’origine de l’homme.

Si aujourd’hui la théorie de l’évolution affronte toujours la théorie de la création, on reconnaîtra qu’avec cet ouvrage doté d’une véritable approche scientifique et de beaucoup d’intuition à une époque ou la génétique était encore inconnue, Darwin marqua les esprits à tel point qu’on peut considérer qu’aujourd’hui sa théorie comme massivement dominante.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 22:02


Vous y connaissez quelque chose, vous en paléoanthropologie ?

Bien moi pas plus que cela et pourtant nous devrions tous nous sentir concernés puisque cette science complexe mixant archéologie, médecine, biologie et physique s’intéresse à l’évolution de l’homme au cours de son histoire.

De plus, la France compte parmi elle un de ses plus éminents représentants au niveau mondial en la personne d’Yves Coppens, chercheur au CNRS et membre du collège de France.

Coppens a publié bon nombre d’ouvrages de vulgarisation dont « L’histoire de l’homme » qui regroupe en réalité les cours qu’il donna entre 1985 et 2003 au collège de France.

Bien, autant le dire tout de suite, cet ouvrage dit de vulgarisation est en réalité très ardu à aborder pour le néophyte et s’adresse plutôt à des gens (étudiants ?) ayant un certain nombre de prérequis nécessaires à sa pleine compréhension.

Néanmoins on découvre tout de même les théories de Coppens en matière d’études de l’évolution de l’homme, théories qui se sont en réalité grandement imposées au niveau mondial.

Le livre traite tout d’abord des origines, situées à plusieurs millions d’années … la théorie de l’évolution produit l’apparition des petits mammifères plus résistants aux variations climatiques  avant  l’apparition de la lignée des Hominines (grands singes ) qui elle même se découpe entre familles de Primates (Gorilles, Orangs-outans, Chimpanzés) et des Hominidés (Australopithèques et Hommes).

L’australopithèque apparu il y a 4 millions d’années bien que non affilié à l’homme comporte déjà un certain nombre de caractéristiques physiologiques proches de l’espèce humaine notamment le fait d’être un bipède omnivore.

Coppens affirme plusieurs fois l’origine africaine indéniable des premiers hommes caractérisés par un ensemble complexe de critères comme la taille des jambes, du bassin (bipèdes) , la forme des mains (présence d’un pouce ) , du crane (traduisant développement du cerveau) ou de la dentition (traduisant une alimentation omnivore).

La grande théorie de Coppens appelée « East Side Story » est celle d’un événement tectonique il y a 17 millions d’années autour de la Rift Valley avec le choc des plaques Africaine et Eurasiatique

Ce choc va engendrer d’intenses transformations dans l’habitat de cette région, initialement tropicale et humide.

A l’ouest la foret va subsister tandis qu’à l’est elle va disparaître.

Ainsi les grand singes vont rester à l’ouest tandis que les ancêtres des  australopithèques et d’autres espèces bipèdes plus mobiles vont aller vers l’est.

Soumis au rythme des saisons et à d’intenses variations climatiques ces espèces vont devoir s’adapter et évoluer …

Elles vont continuer à se redresser, développer leur motricité sur les pattes arrières, la nourriture plus variée qu’elles vont trouver va conduire à une évolution de leur dentition, leur cerveau va aussi croître pour s’adapter à ce nouveau mode de vie.

Il y a 2,5 millions d’années a lieu la migration vers l’Eurasie des homo erectus d’Afrique.

Il y en aura plusieurs allant jusqu’en –30 000.

La théorie de Coppens est que piégés par des glaciers, les homos erectus vont subir une dérive génétique et se détacher de leur origine africaine pour donner en –100 000 les hommes de néandertal ancêtres des homo sapiens.

Au final on retrouve donc un condensé des théories dominantes à l’heure actuelle dans le domaine de l’évolution de l’homme :

Le darwinisme des espèces soumises à des conditions environnementales changeantes aboutissant à une sélection par l’adaptation au nouveau milieu.

L’origine africaine de l’humanité puis d’un peuplement des autres continents par migrations successives avec en dernier lieu le peuplement des Amériques puis des îles comme Madagascar ou l’Australie.

L’affirmation basée sur la proximité génétique et morphologique d’un lien de cousinage étroit entre l’homme et le singe, tout particulièrement le chimpanzé.

Cette dernière affirmation a je pense de quoi hérisser les religions qui pensent toujours que Dieu a crée l’homme à son image et donc que l’origine de l’homme serait de source divine.

Le livre insiste également sur les erreurs commises au fil des siècles, notamment fruit de préjugés refusant de considérer l’homme de néandertal au faciès grossier comme un ancêtre des hommes modernes dit « évolués ».

Bien entendu la paléoanthropologie n’est pas une science exacte et les recherches dans ce domaine continuent au fil des découvertes.

Ainsi au cours de ces dernières années certaines théories de Coppens ont été partiellement remises en cause.

En conclusion « L’histoire de l’homme » est un ouvrage scientifique plutôt dense dont l’aspect vulgarisateur pourrait être à mon sens plus développé, par exemple en rappelant en annexe les grandes période étudiées, les échelles de temps d’apparition et de disparition des espèces ainsi qu’en incluant un lexique des termes latins, extrêmement complexes à décrypter pour le non initié.

 

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