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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 18:40
Lorelei, la sorcière du Pacifique (Shingi Higuchi)

Film assez méconnu, « Lorelei, la sorcière du Pacifique » du Japonais Shingi Higuchi sort en 2005.

L’histoire se déroule en plein milieu de la Seconde guerre mondiale, avec la défaite imminente du Japon après le largage des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki.

Le capitaine Masami (Koji Yakusho) est chargé par sa hiérarchie le capitaine Asakura (Shin’ichi Tsutumi) de prendre le commandement d’un sous marin furtif révolutionnaire allemand, le I-507 surnommé le Lorelei par les Américains, pour détruire des navires transportant une troisième bombe atomique à destination de Tokyo.

Conscient de la haute importance de sa mission, Masami qui a une réputation de lâche à effacer en raison de son opposition aux missions kamikaze, prend la mer avec le lieutenant Takasu (Ken Ishiguro), conseiller technique maitrisant la technique subtile de sa machine.

Masami découvre que la particularité du I-507 est de posséder un petit sous marin indétectable ne pouvant être piloté que par une jeune femme mutante Paula (Yu Kashii) dont l’organisme entre en symbiose avec le système de contrôle de l’appareil.

Deux jeunes kamikazes sont également à bord, dans le but de se faire exploser avec la Lorelei pour accomplir leur mission.

Un duel à mort s’engage avec les destroyers de l’US Navy qui traquent sans merci l’I-507 et malgré quelques pertes, parviennent à l’endommager.

Blessée après une mission de test du min sous marin, Paula se montre inopérante, ce qui laisse planer un doute sur l’atteinte finale de l’objectif.

Mais après avoir pris le contrôle de l’Etat Major Japonais qu’il tient en respect avec une arme, Asakura active Takasu pour prendre le contrôle du sous marin et lui révèle tardivement le véritable sens de sa mission à Masami : livrer le sous marin aux américains et laisser Tokyo se faire bombarder d'une frappe nucléaire pour éradiquer la corruption des élites.

Masami refuse, s’appuyant sur la fidélité de son second qui ouvre le feu sur Takasu, provoquant leurs morts respectives et la reprise du contrôle du sous marin par son capitaine.

Furieux et déshonoré, Asakura se suicide de manière spectaculaire.

Aidée par Yukito (Satoshi Tsumabuki), l’un des pilotes destinés au sacrifice, Paula parvient à se reprendre et se déclare apte à piloter le mini sous marin.

Le I-507 replonge alors sous les yeux médusés des Américains et fonce vers l’ile Tinian ou se situe la bombe.

Sur place, il est pris en tenaille par un puissant dispositif naval américain et doit lutter pour échapper aux grenades et autres charges explosives qui le mettent à mal.

Le summum du combat est atteint lorsque le mini sous marin est utilisé pour détruire deux sous marins adverses à l’aide des deux dernières torpilles du bord.

Profitant du fait que les Américains pensent l’I-507 coulé, Masami laisse le mini sous marin partir avec à son bord le couple Paula-Yukito refait subitement surface et profitant de l’effet de surprise actionne ses canons pour détruire en plein vol l’avion s’apprêtant à larguer la bombe sur Tokyo (!).

Une fois sa mission remplie, l’I-507 et le mini sous marin disparaissent, accréditant la réputation de sorcière insaisissable des mers de le la Lorelei…

En conclusion, « Lorelei, la sorcière du Pacifique » est un film maritime assez atypique car japonais et flirtant adroitement avec la science fiction.

Très prenant par son ambiance de huis clos paranoïaque si habituelle avec les sous-marins et par les spectaculaires combats contre les navires américains, « Lorelei » se montre toutefois moins convaincant dans son patriotisme exalté aboutissant au sauvetage miraculeux de Tokyo pour redorer le blason d’un Japon humilié.

Néanmoins, il demeure une curiosité tout à fait intéressante et peut sans rougir tenir la comparaison avec certaines références (américaines) du genre.

Lorelei, la sorcière du Pacifique (Shingi Higuchi)
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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:45
La planète des singes, les origines (Ruper Wyatt)

Sorti en 2011, « La planète des singes, les origines » de Rupert Wyatt est une nouvelle variation sur le thème légendaire développé par Pierre Boulle en 1963.

On y voit Will Rodman (James Franco) un biologiste passionné par ses recherches sur l’amélioration des capacités cognitives des primates.

Travaillant pour Steve Jacobs (David Oyelowo), le président de Gen-sys, Rodman s’emballe lorsqu’il estime avoir trouvé un remède capable potentiellement de guérir les malades atteints d’Alzheimer.

Mais la femelle chimpanzé cobaye se montre ultra agressive, échappant à ses gardiens et semant la panique en pleine réunion avec de puissants investisseurs ce qui sonne le glas du programme de recherche.

Malgré cet échec, Rodman obtient une mesure d’indulgence pour emporter avec lui César (Andy Serkis), le dernier petit chimpanzé non euthanasié.

César grandit dans un environnement familial aisé dans la banlieue résidentielle de San Francisco, développant des qualités proches voir supérieure à celle d’un enfant du même âge.

Il pousse même son père adoptif à rencontrer sa compagne, une jolie vétérinaire du nom de Caroline Aranha (Freida Pinto).

Emballé par les résultats, César teste le sérum sur son père Charles (John Lithgow) atteint lui-même de la maladie d’Alzheimer avec des progrès en apparence stupéfiants avant de voir le traitement reculer.

Mais malgré son intelligence, César reste un animal sauvage et se fait remarquer en agressant un homme s’en prenant à Charles qui était entré par inadvertance dans sa voiture.

César est confisqué à ses maitres et incarcéré dans une prison pour singes ou il est victime de mauvais traitements (nourriture infecte, jet d’eau, décharges électriques) des gardiens Dodge Landon (Tom Felton), Robert Franklin (Tyler Labine) et John Landon (Brian Cox).

En prison, il endure sa peine, souffrant de la séparation d’avec Caroline et Will, avant de prendre son destin en main, faisant marcher son intelligence supérieure pour prendre le dessus sur les autres singes comme son rival Rocket (Terry Notary) qui devient son vassal.

Encadré par Maurice (Karin Konoval) un orang outang lui aussi doté de la capacité de parler le langage des signes et Buck (Richard Ridings) un colossale gorille, César règne à présent sans partage sur ses congénères et parvient à s’échapper de sa prison et dérober d’autres sérums pour doper les facultés des autres singes.

Il organise une révolte, fait tuer Dodge qui tentait de les arrêter et fait évader les singes.
Ils se ruent au siège de Gen-sys, libèrent les autres singes de laboratoires comme Koba (Christopher Gordon) et sèment le chaos dans San Francisco.

La police est submergée et un combat d’envergure éclate sur le Golden gate.

Se montrant supérieur stratégiquement aux hommes, César domine les policiers, Buck devant se suicider pour faire chuter un hélicoptère abattant un à un les singes.

Au final, Jacobs est jeté du haut du pont par Koba pour le punir de ses souffrances.

Après un ultime face à face avec Will dans une foret de séquoias ou ils allaient souvent se promener, César laisse son seul ami humain pour se replier avec les siens dans la foret ou il se sent à sa réelle place.

En conclusion, « La planète des singes, les origines », est un blockbuster proposant un divertissement efficace autant que des scènes d’actions absurdes ou une troupe de singes évolués écrase des policiers américains étrangement passifs et inefficaces.

Malgré son statut de produit calibré, le film demeure à des années lumières de la magie mystérieuse et dérangeante du film de Schaffner en 1968 et ne saurait en aucun cas être considéré comme un classique ou chef d’œuvre du genre.

La planète des singes, les origines (Ruper Wyatt)
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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 20:31
Valérian, les héros de l'equinoxe (Pierre Christin, Jean-Claude Mézières)

Comme beaucoup de gosses des années 80, j’ai lu les bandes dessinées de Valérian de Pierre Christin (scénario) et Jean-Claude Mézières (dessins).
Sorti en 1978, « Valérian, les héros de l’équinoxe » m’avait à l’époque fortement marqué, c’est pourquoi je l’ai relu en 2015 avec un vif intérêt.
Dans un futur lointain, Valérian et Laureline, le couple d’agents spatio-temporels sont chargés par leur entreprise Galaxy de se rendre sur la planète Simlane pour représenter la Terre dans une compétition d’envergure cosmique.
Sur place, le couple est accueilli par des représentants d’un monde à l’architecture magnifique mais jugé décadent par ses habitants.
L’origine de cette décadence provient des échecs récurrents de la population pour passer une série d’épreuves physiques et mentales donnant le droit aux vainqueurs les plus valeureux d’assurer une descendance à une génération à présent vieillissante.
Seul représentant de la Terre, Valérian se trouve en compétition avec trois autres champions, Irmgaal issu d’un monde guerrier volcanique maniant un glaive enflammé aux pouvoir destructeur, Ortzog colosse blindé aux chaines électriques représentant un monde d’inspiration soviétique industrialisé et rationalisé à l’extrême, Blimfilm, ermite capable de commander aux forces végétales et animales de la Nature.
A coté de ses trois puissants guerriers, Valerian dont les seules capacités résident dans son équipement de cosmonaute et dans un pistolet laser, fait bien pale figure.
Il ne se lance pas moins à leur cotés dans la compétition se déroulant sur Filène une ile éloignée.
Se séparant, les quatre hommes tracent chacun leur route en affrontant des périls naturels comme la traversée volcans pour Irmgaal, de glaciers pour Ortzog , de déserts pour Blimfilm et de montagne pour Valérian.
Ils franchissent les obstacles aidés de leurs pouvoirs et de leur détermination et se heurtent le second jour à des obstacles animaliers.
Irmgaal tue d’énormes reptiles dans des marais fétides, Ortzog surclasse en force un troupeau de gigantesques aurochs dans un défilé montagneux, Blimfilm réussissant à apprivoiser un pélican pour s’extraire d’une jungle tropicale.
Plus modestement, Valérian a affaire avec des rats qu’il brule au laser.
Le dernier jour, les trois champions arrivent les premiers au but et s’affrontent brutalement en se neutralisant mutuellement avant qu’un examinateur ne les séparent pour les préparer à la dernière épreuve de l’esprit.
Valérian arrive plus tard mais est finalement accepté par l’examinateur malgré les protestations des trois premiers arrivés qui l’estiment indigne de concourir à leurs cotés.
Chacun des champions doit donc exposer sa vision de Simlane, Irmgaal décrivant une société militariste axée sur une série de conquêtes sans fin, Ortzog une société collectiviste, industrielle, réglée à l’extrême, Blimfilm un monde dépouillé matériellement centré sur l’ascétisme et la méditation, avant que Valérian un peu embarrassé ne déclare que vouloir que laisser les habitants disposer de leur monde à leur guise.
Moqué pour son manque d’ambition, Valérian remporte pourtant à la surprise générale la compétition.
Ses rivaux sont expulsés sans ménagement et Valérian accède à la Mère suprême, divinité géante à la peau dorée chargée de féconder Simlane.
De leur union née une nouvelle génération d’enfants chargée de repeupler Simlane.
Esseulée, Laureline prend son courage à deux mains et se rend seule à Filène pour retrouver son compagnon.
Elle le retrouve réduit à l’état miniature aux cotés des autres hommes ayant fécondé la Mère suprême et le ramène dans cet état à bord de leur vaisseau spatial.
En conclusion, malgré le poids des ans, « Valérian, les héros de l’équinoxe » ne m’a pas déçu et conserve plus de quarante après toute sa séduction.
Construit sur une intrigue basique mais diablement excitante mettant en compétitions trois surhommes évoquant des super héros américains à la mentalité étroite face aux forces de la nature, « Valérian, les héros de l’équinoxe » tient en haleine en raison du style riche et puissant de Mézières pour aboutir à une conclusion beaucoup plus subtile et cérébrale.
Un petit bijou de Science Fiction des années 70 donc qui se déguste avec délectation…

Valérian, les héros de l'equinoxe (Pierre Christin, Jean-Claude Mézières)
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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 19:41
La possibilité d'une ile (Michel Houellebecq)

Sorti en 2005, « La possibilité d’une ile » est le troisième roman de Michel Houellebecq chroniqué en ces colonnes.
« La possibilité d’une ile » commence comme un roman de Science Fiction ou des humains reliés entre eux par des systèmes informatiques complexes communiquent leurs observations d’une Terre réduite à l’état de destruction puis introduit progressivement un aspect plus contemporain en apparence dissocié ou Daniel un humoriste rencontre un vif succès de part son style corrosif et ses blagues provocatrices sur les minorités ethniques, la pédophilie et le meurtre.
Avec une grande dose de cynisme à l’égard de son public, de son agent, des journalistes ou de « people » comme Jamel Debbouze, Daniel accède à la célébrité et à la richesse en surfant sur des thèmes que n’aurait pas renié Dieudonné et rencontre Isabelle, rédactrice en chef du magazine « 20 ans ».
Un peu plus jeune que lui, Isabelle qui n’en va pas moins sur ses 40 ans, tombe sous le charme de Daniel et une idylle amoureuse nait rapidement.
Intelligente et sportive, mais surtout doté d’un recul appréciable sur le magazine pour petites pétasses qu’elle dirige, Isabelle est une personne attachante dont les réticences à l’égard du sexe gênent Daniel qui attache lui une importance cruciale à la chose.
La vie du couple oscille entre Paris, Biarritz ou vie la mère d’Isabelle et Almeria, magnifique région côtière d’Espagne ou Daniel a acheté une belle maison.
Pourtant passée la quarantaine, Isabelle s’effondre complètement psychologiquement et sombre dans une terrible dépression.
Elle quitte son emploi, se néglige physiquement en prenant une vingtaine de kilos et quitte Daniel pour aller vivre avec sa mère à Biarritz.
Lui aussi également profondément défaitiste et obsédé par le vieillissement, Daniel accepte froidement cette rupture et s’enfonce lui aussi dans une spirale négative, ou la quête de jeunes corps d’adolescentes devient un leitmotiv.
Se sachant lui aussi perdu à terme avec l’approche de la cinquantaine, Daniel estime que la seule raison de vivre est le sexe et que lorsqu’un homme perd sa capacité d’érection, il n’a plus de raison de vivre.
Ces fantasmes troubles l’amènent à rencontrer Esther une jeune aspirante actrice espagnole de vingt ans.
Séduit par sa peau blanche, sa blondeur, son corps mince d’adolescente mais surtout sa sensualité et son absence de tabous sexuels, Daniel tombe immédiatement amoureux et noue avec la starlette une relation basée sur le sexe.
Daniel retrouve le plaisir de faire l’amour, allant jusqu’à utiliser des crèmes pour retarder l’éjaculation et explore avec sa jeune amante, toutes les figures imposées des films pornographiques.
Le destin de Daniel bascule lorsqu’il rencontre par l’intermédiaire de voisins en Espagne, un couple adepte d’une secte appelée les Elohimites croyant en l’existence d’êtres supérieurs assimilés à des dieux extra terrestres.
Il se rend à l’une de leurs séminaires par curiosité et se trouve traité comme un VIP par le gourou, un homme entouré de jeunes femmes prêtes à assouvir docilement ses moindres désirs.
Lors du séminaire, Daniel rencontre Vincent, un jeune artiste peintre contemporain traité lui aussi en VIP, puis d’autres personnes qu’il prénomme Flic ou Comique en raison de leur profession ou de leur trait de caractère dominant.
Daniel gagne vite les faveurs du prophète-gourou qui lui ouvre les portes des secrets de la secte et lui montre le projet de Savant, chercheur en génie génétique menant d’audacieuses recherches sur le clonage humain.
Trouvant un intérêt à fréquenter les Elohimites, Daniel se rend à un nouveau séminaire sur une ile volcanique reculée mais au climat agréable d’Espagne et découvre une nuit prophète assassiné par l’amant italien jaloux d’une belle italienne s’étant donné à lui suivant le rituel de la secte.
Tout d’abord paniqués, Flic et Savant s’affrontent avant de reprendre leurs esprits, faisant disparaitre le corps du prophète dans un volcan, éliminant les témoins gênant dont le couple italien.
Ayant révélé être le fils du prophète, Vincent accepte de se jouer le rôle de sa réincarnation auprès des fidèles donnant ainsi crédit aux expériences de clonages humains de Savant.
La révélation du miracle scientifique à la presse donne un incroyable coup de projecteur à la secte qui acquiert immédiatement un statut international.
Mais lorsqu’Esther le quitte pour suivre une formation aux Etats-Unis, le monde de Daniel s’effondre.
Il se rend compte brutalement de son âge, du ridicule de sa présence au milieu de jeunes faisant la fête de manière débridée lors de la dernière soirée d’adieux d’Esther et décide que sa vie est finie.
Après un bref passage à Biarritz, il constate la mort par suicide d’Isabelle et récupère son adorable petit chien Fox, dernier être vivant qui le rattache à la vie.
Retranché dans sa maison d’Almeria qu’il cherche désespérément à vendre pour tout liquider avant son départ, Daniel rédige sa biographie et assiste à la prise de pouvoir spirituelle des Elohimites qui surclassent les autres religions en offrant à l’homme ce à quoi il aspire : la jeunesse éternelle par le fruit de multiples réincarnations de clones.
La mort de Fox, écrasé par un ouvrier vicieux et stupide, est un drame pour Daniel qui se décide à le faire cloner.
La fin du récit se situe dans le futur ou le 25ième clone de Daniel décide d’imiter une e ses correspondantes appelée Marie et de quitter sa station d’observation pour s’aventurer avec Fox dans les vestiges de la civilisation humaine détruite par le dérèglement climatique et les guerres nucléaires.
N’ayant pas besoin de nourriture solide en raison des merveilleuses améliorations génétiques de Savant sur la structure de l’homme, Daniel25 parcourt avec Fox de vastes territoires ou il trouve des surhumains réduits à l’état de meutes crasseuses pratiquant le cannibalisme pour réguler leur population.
Il survit grâce à un fusil qui terrorise les sauvages mais ne peut les empêcher de tuer Fox.
Arrivé épuisé à l’extrémité de l’Espagne, Daniel25 pénètre seul dans une ultime zone inhabitée, se régénère par photosynthèse et absorption de sels minéraux et reste à contempler le vaste Océan qu’il voit pour la première fois de sa vie.
Ayant perdu toute faculté de réflexion, il mène une vie contemplative centrée sur ses émotions.
En conclusion, « La possibilité d’une ile » est un roman impressionnant d’une construction remarquable dans lequel Houellebecq ressasse ses vieux thèmes récurrents centrés sur le déclin de l’Occident, sa perte de repères spirituels et moraux, sa haine des vieux, sa poursuite du matérialisme et de la jeunesse éternelle dans une optique finalement purement sexuelle.
Extrêmement féroce envers son époque ou les humoristes et les journalistes sont les personnalités dominantes, Houellebecq agrandit sa perspective en insufflant une forte dose de science fiction, montrant une voie possible pour l’évolution de l’humanité : le progrès scientifique anéantissant les religions et la sexualité pour créer des hommes améliorés, détachés des contraintes, contemplant les vestiges de leur monde dans des stations en réseau.
Difficile de ne pas se montrer admiratif devant l’ambition du fond et le style corrosif, désabusé, provocateur, sexuel ou parfois comique de l’écrivain qui parvient à se renouveler tout en conservant ses caractéristiques propres.

La possibilité d'une ile (Michel Houellebecq)
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 09:17
Runaway, l'évadé du futur (Michael Crichton)

« Runaway l’évadé du futur » de Michael Crichton est encore un classique de la Science fiction des années 80 qui d'une certaine manière changea ma vie.
Sorti en 1984, « Runaway l’évadé du futur » décrit une société futuriste ou les robots domestiques ont pris une part prépondérante dans l’existence humaine.
Lorsque invariablement ils se détraquent et deviennent dangereux, une brigade d’intervention spécialisée dans laquelle travaille Jack Ramsay (Tom Shelleck) est appelée à la rescousse.
Père célibataire d’âge mur, Ramsay est un vieux flic muté dans la brigade robotique en raison de sa phobie du vertige qui accueille plutôt favorablement sa jeune et jolie nouvelle coéquipière Karen Thomson (Cynthia Rodes).
Ensemble ils désamorcent un robot agricole dans une ambiance plutôt bon enfant mais lorsqu’ils sont appelés pour intervenir dans une maison ou un robot domestique a assassiné une partie de la famille, la situation se tend brusquement.
N’écoutant que son courage, Ramsay pénètre armé d'un pistolet laser et d'un gilet par balles dans la maison dans laquelle le robot s’est retranché armé d’un pistolet et menaçant un bébé resté sur place.
Après un huis clos angoissant dans la pénombre, il triomphe de son adversaire robotique.
Une fois sorti, il discute avec le père seul rescapé, un certain David Johnson (Chris Mulkey), ingénieur en électronique auprès de la société Vectrocon.
Plus tard le robot incriminé explose au commissariat puis Johnson devenu paranoïaque fait des siennes dans un hôtel armé jusqu’aux dents.
Le duo intervient à nouveau, arraisonne Johnson qui voyant un homme dans la rue appelé Luther (Gene Simmons), panique et s’enfuit.
Luther utilise alors des balles missiles capables de modifier leur trajectoire pour prendre des rivages pour traquer et tuer Johnson.
Perplexe, Ramsay se rend chez Vectrocon et consulte les fichiers de Johnson, brillant ingénieur impliqué dans divers projets sécuritaires ou militaires.
Lors de son inspection, un nouvel incident éclate avec une secrétaire, Jackie Rogers (Kristie Alley), menacée par un robot sentinelle lui administrant des décharges électriques à chaque tentative de sortie de son bureau.
Ramsay règle une nouvelle fois le problème non sans avoir pris quelques décharges mais comprend que Jackie tentait en réalité de voler des puces électroniques pour les remettre au mystérieux Luther.
Pris au piège lors d’une tractation, Luther échappe une nouvelle fois à la police à l’aide de son pistolet infernal et de divers gadgets robotisés, abatant plusieurs hommes et blessant Karen au bras.
Contre l’avis de son supérieur bougon (G.W Bailey), Ramsay refuse qu’un robot peu fiable intervienne, opère lui-même Karen et lui extraie la balle explosive.
On comprend que Jackie est une cible pour Luther fermement déterminé à récupérer ses précieuses puces.
Très menaçant, le savant fou pirate les caméras de la police et lance des robots terrestres dotés de mines pour faire exploser la voiture elle aussi robotisée des policiers qui enclenche un laser pour détruire les robots-mines.
Ramsay, Karen et Jackie sont néanmoins contraints d’abandonner leur voiture pour échapper aux vagues de robots meurtriers et décident d’aller au restaurant pour forcer Luther à s’exposer.
L’homme prend habilement en otage Karen, exigeant en retour que Kristie lui remette les puces.
Mais le criminel impitoyable assassine sa maitresse et fulmine lorsqu’il découvre qu’il manque une partie de son butin.
Echappant une nouvelle fois aux policiers, Luther enlève Bobby (Joey Cramer) le fils de Ramsay pourtant lui aussi protégé par Lois, le robot domestique du policier.
Le dénouement a lieu dans un building en construction, dans lequel Luther détient Bobby.
Il piège Ramsay en l’amenant à prendre un ascenseur trafiqué et lâche sur Bobby des petites araignées robots dotées de pointes d’acide.
Heureusement Karen intervient et sauve Bobby
Piégé en hauteur, Ramsay lutte contre sa phobie et contre les araignées, parvenant finalement à faire chuter Luther qui périt tué par ses propres créations.
Rassuré, Luther tombe dans les bras de Karen pour un happy end bien mérité.
En conclusion, « Runaway, l’évadé du futur » constitua pour moi une révélation de part son audace vis-à-vis des nouvelles technologies qui n’ont certes pas connu la même progression fulgurante mais qui permettent aujourd’hui d’avoir des robots domestiques, des drones volants ou les premières voitures totalement automatisées.
Film visionnaire à l’atmosphère fascinante, « Runaway l’évadé du futur » tient également solidement la route en raison de la qualité de ses acteurs, le charismatique Tom Shelleck en tête et de manière plus étonnante, Gene Simmons, le bassiste de Kiss, parfaitement crédible en génie scientifique mu en criminel implacable.
Alors sans être complètement objectif pour un film que je considère aujourd’hui comme culte, je ne peux que conseiller ce chef d’œuvre de SF !

Runaway, l'évadé du futur (Michael Crichton)
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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 10:10
Tonnerre de feu (John Badham)

Sorti en 1983, « Tonnerre de feu » est un vieux film d’action de John Badham.

L’histoire est celle de Franck Murphy (Roy Scheider), policier d’une brigade héliportée de Los Angeles, qui traque les criminels en pleine nuit flanqué par son partenaire, le jeune Richard Lymangood (Daniel Stern), aussi passionné que lubrique.

Au cours d’une mission nocturne particulièrement difficile, le duo tombe sur le meurtre d’une chargée de de mission pour les violences urbaines, Diane Mc Neely (Robin Braxton) une jeune femme noire assassinée chez elle.

Si les tueurs sont éliminés par la police, Murphy relève des indices troublants que néglige son supérieur Jack Braddock (Warren Oates), ulcéré par une plainte de riverains alors que le duo effectuait un vol stationnaire pour observer une starlette hollywoodienne effectuer des exercices nocturnes nue chez elle.

Braddock mute le duo au sol, ce qui n’empêche par Murphy, fraichement divorcé de Kate (Candy Clark) de se rendre de nuit sur les lieux du crime pour recueillir un indice laissé par les tueurs écrit en espagnol.

Mais Murphy a la surprise d’être fraichement réintégré dans la brigade héliportée lorsqu’il apprend qu’il va devoir servir de pilote d’essai au « Tonnerre de feu », un hélicoptère ultra sophistiqué doté de vitres par balles, senseurs infra rouges et acoustiques ultra sensibles, bases de données informatisées reliés aux fichiers de la police et surtout canon mobile de 20 mm dont le but est de sécuriser les Jeux Olympiques de 1984 face à une attaque terroriste.

Son excitation est tempérée par la présence de Cochrane (Maclom Mc Dowell), son ex camarade du Viet Nam, qui devenu colonel, lui voue une haine tenace.

On découvre alors que Murphy est hanté par son passé de pilote du Viet Nam et par la chute d’un Viet Cong jeté du haut de son hélicoptère.

Cochrane hait tellement Murphy qu’il tente de le faire s’écraser lors d’un vol de routine à ses cotés en desserrant une pièce essentielle au rotor de son hélicoptère.

Mais Murphy joue de son habileté et de son expérience pour se poser en catastrophe sur un chantier.

Autorisés à voler à bord du Tonnerre de feu, Murphy et Lyman débranchent l’enregistreur de vol et dévient de leur mission première, pistant Cochrane jusqu’à un des hauts buildings de la ville, dans laquelle le colonel rencontre des hauts gradés de la défense, qui décident d’éliminer Murphy, en raison de son caractère gêneur à leurs projets : créer des émeutes dans le quartier mexicain pour promouvoir le Tonnerre de feu dans la police.

Repéré par Cochrane, l’hélico fait une embardée avec son précieux enregistrement montrant également l’implication nette de Cochrane et les siens dans le meurtre de Mc Neely qui avait découvert le pot aux roses.

Lyman devient une cible en raison de la possession d’une cassette audio être la preuve ultime, et est finalement assassiné par Grundelius (Anthony James) , non sans avoir opposé une farouche résistance à ses bourreaux.

Ulcéré, Murphy lance son ex femme Kate pour retrouver la cassette cachée par Lyman dans un endroit sur et détourne le Tonnerre de feu, devenant ainsi une menace physique bien réelle pour Los Angeles.

Il met tout d’abord aisément en échec deux hélicoptères lancés à sa poursuite, puis traqué par deux F-16, parvient à esquiver une salve de missiles air-air en leurrant leur guidage thermique près d’une rôtisserie puis les poussent à frapper un immeuble de bureau.

Alors que les F-16 se replient la queue entre les jambes, Murphy abat l’un d’eux à l’aide de son canon, obligeant le pilote à s’éjecter.

La perte d’un avion pousse Cochrane à prendre lui-même la direction des opérations à l’aide d’un second hélico armé d’énormes canons capables de percer le blindage du Tonnerre de feu.

De son coté Kate est appuyée militairement par son ex mari pour déjouer la surveillance de la police et porter la cassette à la presse.

Elle y parvient d’extrême justesse transmettant les preuves compromettantes de l’assassinat de Mc Neely et de la machination de certains militaires et industriels.

Après un ultime duel entre Cochrane et Murphy, ou blessé l’ancien pilote réussit un looping audacieux pour surclasser son adversaire, le colonel félon est abattu est s’écrase dans une vieille usine loin de la ville.

Murphy pose ensuite le Tonnerre de feu sur des rails de chemin de fer et le fait détruire par un train à grande vitesse, tandis que le scandale éclate dans les média de Los Angeles.

En conclusion, « Tonnerre de feu » est un petit bijou des années 80, un film méconnu réellement fascinant pour la technologie militaire de l’époque avec les premiers avions de haute technicité (comme le sera le Tigre européen plus tard) qu’on bien connu les fans de la série « Supercopter » à l’époque.

Outre ses scènes de combat aérien ultra spectaculaires, « Tonnerre de feu » développe un scénario brillant teinté de paranoïa ou un homme seul et intègre, brave des officiels corrompus et dangereux manipulant les médias de masse.

Lorsque cet homme s’avère être Roy Scheider, charismatique ancien pilote du Viet Nam, parfaite incarnation de la justice et de l’intégrité des « petites gens », on ne peut qu’applaudir à tout rompre tout en regrettant l’oubli relatif de cet acteur si attachant.

Brillant, prenant et parfois également drôle (notamment par la présence du fantasque Stern), « Tonnerre de feu » est un formidable divertissement à savourer même plus de trente ans après avec un égal bonheur !

Tonnerre de feu (John Badham)
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 21:50
Mad Max 4, Fury road (George Miller)

Après la série des Mad Max dans les années 80, George Miller, créateur du genre, réalise une suite inattendue trente ans après en 2015, « Mad Max 4, fury road ».

Ici, nous sommes toujours dans un futur apocalyptique aux origines identiques à celle des années 80, une bonne vieille guerre thermo nucléaire rapidement esquissée responsable d’avoir laissé un monde désertique et hostile.

Max Rockatansky (Tom Hardy) est un ancien policier solitaire torturé par la voix de sa petite fille tuée, écumant les routes sur une Ford Falcon XB351 aux capacités surboostées.

Pris en chasse par un gang de prédateurs des sables appelé les War boys, Max est capturé et emmené dans une citadelle construite dans une paroi rocheuse ou règne le leader incontesté du groupe, Immortan Joe (Hugh Keays Byrne), homme monstrueux masquant son visage et son corps défiguré par une sorte d’armure métallique.

Outre ses War boys, conditionnés depuis leur plus jeune âge en guerriers dans le culte du sacrifice ultime pour accéder au Walhalla, Immortan Joe utilise un complexe mécanisme de poulies mécaniques entrainées par la force humaine pour alimenter avec parcimonie un peuple assoiffé et ainsi les tenir sous sa coupe.

Malgré une courageuse tentative de fuite, Max est rattrapé in extremis par les gardes et désigné comme « poche de sang » de Nux (Nicholas Hoult) fragile War boy désireux de prouver sa valeur au combat.

Nux obtient une occasion rêvée de servir les dessins de son maitre, car alerté par la trahison d’Imperator Furiosa (Charlize Theron), qui a détourné un camion de livraison d’une précieuse cargaison vers une centrale de carburant, le gourou suprême met sur le pied de guerre ses meilleurs éléments.

Max se trouve donc attaché et perfusé de force sur le bolide conduit par Nux pour retrouver et arraisonner le convoi dirigé par Furiosa.

Mais Furiosa se retrouve être une redoutable conductrice capable d’exploiter à merveille les capacités défensives de son camion de guerre pour résister aux War boys.

Après une course poursuite haletante, Furiosa trouve refuge dans une tempête de sables pour semer ses poursuivants.

Incapable de contrôler son véhicule, Nux a un terrible accident de voiture auquel Max survit miraculeusement.

Se trainant jusqu’au camion, Max découvre la présence des cinq jeunes femmes d’Immortan Joe, enlevées par Furiosa et réelle source de la volonté du tyran de les lancer toutes ses forces à leur poursuite.

Toujours handicapé par ses chaines, Max accepte à contre cœur de seconder Furiosa seule capable de conduire le terrible camion.

Malgré son appartenance aux War boys, Nux est épargné et pris en sympathie par Capable (Riley Keough), une des jeunes femmes qui prend sa fragilité physique et mentale en pitié.

Lorsque Joe arrive personnellement sur le terrain flanqué de son fils, le colossal Rictus Erectus (Nathan Jones), la poursuite reprend de plus belle dans un tonnerre de mécaniques en action.

Un gang de motards des sables se joint au combat dans une confusion extrême dans laquelle motos, véhicules hérissés de pointes, camions blindés emportant des guerriers dotés d’armes offensives s’entremêlent.

Récupéré par les War boys Nux est poussé par Joe à tenter une mission suicide sur le camion mais échoue de nouveau à prouver sa valeur guerrière.

Mais la poursuite aboutie à la mort de Splendid Angharad (Rosie Huntington Whiteley), l’une des épouses enceinte de Joe qui perd un enfant des plus prometteurs.

Plus enragé que jamais malgré la présence d’un désert de sables dans lequel les véhicules sont ralentis, le gourou lance le Fermier (Richard Carter) un de ses meilleurs tueurs pour retrouver le camion lui aussi immobilisé dans cette immensité.

Furiosa démontre encore une fois ses capacités de combattante en aveuglant le Fermier à l’aide d’un fusil à tir à longue portée ce qui n’empêche pas ce tueur fanatique de foncer en tirant au hasard sur sa cible présumée.

On devine que Max termine le travail en tuant le Fermier et ses hommes, en récupérant des armes et un volant pour reprendre le contrôle du camion mais la surprise provient de Nux qui change cette fois radicalement de camps en proposant ses services pour dégager le camion des sables.

Ayant une nouvelle fois échappé temporairement aux War boys, Furiosa retrouve son clan d’origine composé de femmes les Vuvalini dans l’espoir d’atteindre une oasis paisible pour s’y établir.

Mais elle comprend pourtant que cette région est le désert qu’elle vient de traverser et que la meilleure solution est de retourner dans la citadelle qui dispose d’importantes ressources d’eau.

Aidée par Max et les guerrières de son clan, Furiosa lance alors son camion dans un ultime raid pour atteindre la citadelle et prendre à revers les troupes d’Immortan.

L’action se dénoue sur la route ou Joe déploie ses meilleurs éléments encouragés par un guitariste (iOTA) perché sur un camion crachant des décibels de son instrument lance flammes.

Tandis que Nux entretient la mécanique du camion aux pris d’audacieuses réparation, Max le défend avec toute sa détermination, repoussant les guerriers armés jusqu’aux dents, de pieux, haches, couteaux et même tronçonneuses.

Furiosa est grièvement blessée par un coup de couteau mais elle peut dans un ultime sursaut tuer Joe en lui arrachant son équipement vital pour sa survie en sacrifiant la prothèse de son bras mécanique.

Seul reste Rictus qui lutte contre Max jusqu’aux derniers instants dans lesquels Nux se sacrifie en couchant un camion pour bloquer l’accès à la citadelle et permettre ainsi à ses amis d’y pénétrer.

Lorsque la dépouille de Joe est exhibée, les gardes perdent de leur superbe et laissent l’accès au peuple aux précieuses ressources.

Sauvée par Max, Furiosa survit à ses blessures pour voir cet heureux évènement et laisse le guerrier solitaire s’éclipser dans la foule.

En conclusion, avec ce quatrième volet, « Mad Max 4, fury road » utilise les ingrédients qui ont sa renommée: histoire simple, voir simpliste compensée par des scènes d’actions ultra spectaculaires et violentes servies par une esthétique puissante mêlant idolâtrie pour les grosses mécaniques, les cuir et chaines et le heavy metal le plus bruyant qui soit.

Mais en 2015, l’effet de surprise et l’originalité ont disparu au profit d’une efficacité éprouvée.

Autre différence de taille due sans doute à l‘époque, le rôle secondaire porté par Max au profit d’une femme, Furiosa, qui est à mes yeux la réelle héroïne du film.

Sans le charisme étrange, fragile et presque malsain de Mel Gibson, Tom Hardy se montre vraiment trop effacé face à Charlize Theron qui conduit et tire mieux que lui, devenant en quelque sorte presque accessoire dans l’histoire au même titre que Nux.

Avec une fraicheur perdue et une relégation à l’arrière plan du personnage le plus emblématique, « Mad Max 4, fury road » garde pour lui ses impressionnantes scènes d’actions filmées dans le désert de Namibie dans lesquels des néo punks futuristes s’affrontent à coup de vieilles mécaniques hurlantes…

Suffisant donc pour valoir le coup d’œil mais pour acquérir le statut de film culte.

Mad Max 4, Fury road (George Miller)
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 10:38
Involution (Johan Héliot)

Sorti en 2014, « Involution » est un roman de Science fiction du français Johan Héliot.

L’histoire se déroule dans un futur proche à São Paulo (post 2020), ou se rend un informaticien français nommé Vincent Tanner dans le double but de travailler pour Sébastian Terra-Pereira, jeune et riche dirigeant brésilien de Globo, concurrent le plus sérieux du Google américain mais également de reprendre contact avec sa femme Chloé qui l’a quitté en emmenant avec elle à Santos, sa fille Angie.

Arrivé dans la capitale économique du Brésil, Vincent découvre un univers high tech poussé dans lequel les voitures conduisent de manière automatique pilotées par des ordinateurs de bord et ou la sécurité civile est assurée par des drones survolant les innombrables favelas et sont capables d’intervenir directement à chaque détection de comportement criminel.

Dans ce São Paulo luxuriant et technologique, Sébastian semble comme un poisson dans l’eau et fait preuve de la traditionnelle amabilité brésilienne avec Vincent, l’installant dans ses bureaux de Copan, monumentale œuvre de l’architecte visionnaire Oscar Niemeyer.

Grand prince, Sébastian place également Globo, son surpuissant moteur de recherche capable d’interactivité vocale, au service des recherches de Vincent.

Mais en parallèle de cette quête personnelle, se déroulent des phénomènes géologiques de grande échelle qui perturbent la vie au Brésil.

Les meilleurs scientifiques du pays, comme Mayer ou Paula Freitas, publient régulièrement des communiqués faisant états d’anomalies magnétiques en Atlantique Sud.

Cette anomalie appelée AMAS a pour principales conséquences de brouiller les communications satellites.

Bien loin en apparence de ces hautes préoccupations, César dit le Bizarre, un chef de gang tatoué d’une favela ayant fait fortune en écoulant pour le compte des barons emprisonnés du PCC (Primeiro Commando da Capital), un nouveau type de drogue appelé oxi, se rend à rendez vous avec un de ses lieutenants, João

Armé et confiant dans son aura, il comprend trop tard qu’il est tombé dans un guet apens et se fait sauvagement agressé.

Sa hargne et son refus d’abdiquer entraine la cruauté de João, qui découpe méthodiquement sa peau avant de laisser pour mort dans un égout putride d’une favela de Paraisopolis.

Le récit se penche ensuite sur Chloé Villeroi, qui parvient au culot à convaincre le staff de Forea, la plus grosse compagnie de pétrole du Brésil, que sa machine anti émeutes appelée le Hurleur, peut permettre après modifications de mener des forages sous marins à des profondeurs jusqu’alors inégalées.

L’ingénieur française parvient en jouant sur la fierté masculine brésilienne, à gagner l’adhésion de Luis, le chef de chantier et du chef de projet, Jorge Carreira, un viril ingénieur d’âge mur dont elle repousse les avances.

Tout est donc mis en place pour que le Hurleur avec à son bord Chloé puisse atteindre l’écorce du manteau terrestre à plus de dix mille mètres sous terre.

Mais les perturbations magnétiques s’intensifient provoquant la mise hors service des véhicules automatisés et des drones qui tombent par milliers à la surface du sol.

Le résultat est immédiat et provoque un soulèvement dans les favelas, dont les chefs profitent de l’aubaine pour lancer des attaques d’envergure contre les centres commerciaux de fait plus vulnérables.

Obligé de réagir, le pouvoir en place du président Tilburg envoie ses troupes pour tenter de juguler les émeutiers.

La fragile sécurité de la ville bascule au rythme des pillages et des répressions, le professeur Mayer est licencié en raison de ses thèses alarmistes, ce qui provoque une vague de démission des scientifiques et fragilise encore davantage les politiciens.

Vincent qui a réussi à retrouver sa fille grâce aux prouesses de Globo, découvre qu’elle est admiratrice de Vincent et parvient à la convaincre de le rejoindre au Copan avec la promesse de rencontrer le dirigeant visionnaire, qui du fait de la situation a durci les protocoles d’accès à ses bureaux-forteresses.

Une explosion de grande envergure se produit alors que Choe touche au but devant les caméras des média nationaux, ce qui produit un blackout complet des communications.

Plus grave, des Nuées grises d’origine inconnue s’étendent à la surface du globe et semblent former une sorte de bulle autour de la Terre.

Laissé pour mort dans son égout, César a pour délicieuse surprise de voir les nuées s’attacher à son corps et gommer ses blessures censées être mortelles.

Persuadé d’être protégé par le dieu Exu du Candomblé, César renait l’esprit plus conquérant que jamais et prend la tête du mouvement d’insurrection des favelas.

Désorganisée et submergée, l’armée finit par reculer et plier, laissant la voie libre à César qui devient le nouvel homme fort de São Paulo, en prenant place dans le Centro de la ville et ses quartiers chics, qui lui étaient jadis inaccessibles.

De son coté, l’esprit de Chloé est pénétré par une intelligence extra terrestre qui dormait dans le manteau terrestre.

A son corps défendant, l’ingénieur devient la Messagère le point de liaison entre les extra terrestres ayant lancé le mouvement des Nuées et les populations terrestres.

Elle comprend que des entités supérieures aussi vieilles que l’Univers ont décidé de continuer leur mouvement d’Expansion et de gommer l’espèce humaine qui les a dérangé en venant titiller le lieu ou elles attendait patiemment : le manteau de la couche terrestre.

L’Expansion passe donc par l’Involution, c’est-à-dire l’élimination de l’humanité en modifiant le rayonnement cosmique ce qui va provoquer d’horribles mutations et cancers.

Le processus de l’Involution est inexorable et constituera un prélude à l’arrivée dans plusieurs années des Initiateurs, extra terrestres à l’origine de l’Expansion.

Face à cette fin programmée, une fois la seule tentative de riposte des États-Unis anéantie ainsi qu’une bonne partie du pays, tandis que la Chine, la Corée et la Russie s‘enfoncent dans une guerre nucléaire absurde, la résignation gagne les Brésiliens, dont certains décident de vivre cloitrés chez eux et d’autres sortent en plein air, acceptant leur destin.

Rebaptisé Seigneur Exu, César traite avec Sébastian, le seul capable de maintenir un réseau de communication local en raison de l’aspect câblé de Globo et non satellitaire.

Les deux hommes deviennent les Seigneurs incontestés de ce pays en déliquescence.

Angie fausse compagnie à son père pour revenir chez sa mère à Santos, récupérant une fine couche de particules grises la protégeant des radiations, tandis que par un cruel renversement de circonstances, la peau abandonne César, qui meurt en comprenant qu’il n’était pas protégé par les Orishas.

Se sachant lui aussi condamné, Sébastian charge Globo de stocker la somme des connaissances humains sur ses serveurs afin que des traces de la civilisation humaine perdure après son extinction.

Vincent rejoint Chloé au service des extra-terrestres, gagnant ainsi une nouvelle et inespérée vie dans l’attente de la fin…

En conclusion, « Involution » est un court roman, original et inventif qui propose une nouvelle version de l’Apocalypse, ayant pour cadre symbolique un São Paulo luxuriant ultra modernisé, s’écroulant rapidement une fois ses moyens de communications anéantis par une force naturelle supérieure.

Difficile de s’attacher aux personnages, dont la psychologie reste plus que sommaire mais là ne réside pas le principal intérêt de « Involution » qui table plutôt sur une approche scientifique assez réaliste de la disparition de l’Homme, vu comme une singularité temporaire au sein d’un mouvement plus vaste d’Expansion cosmique.

Roman à la fois coloré, plaisant et profond, « Involution » surprend et séduit tout en laissant un arrière gout de malaise car décrivant la fin de ce que nous connaissons tous : notre civilisation.

Ce pessimisme finalement bien français demeure un des aspects les moins attractifs du roman à mes yeux, que je conseille néanmoins à tous les amateurs de Science fiction et du Brésil !

Involution (Johan Héliot)
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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 15:58
Le sucesseur de pierre (Jean-Michel Truong)

Philosophe et psychologue investi dans les recherches sur l’intelligence artificielle, Jean-Michel Truong est aussi écrivain de Science fiction comme en témoigne « Le successeur de pierre » publié en 1999 et sans doute l’un de des romans les plus célèbres.

Vaste ouvrage de plus de six cent pages, « Le successeur de pierre », se déroule majoritairement dans le futur proche (2032) ou à la suite d’une grande épidémie de peste, les populations des pays occidentaux ont décidé de s’enterrer dans d’immenses pyramides les isolant du monde extérieur.

Ces pyramides sont autonomes et reliées en réseau par le biais du Web, devenu le seul moyen de communication moderne, les nouvelles lois interdisent tout contact physique entre les êtres humains qui vivent isolés dans des cocons, avec pour seuls loisirs des séances de home trainer ou de sexe par avatars informatiques.

Les pays comme la Chine ayant refusé de se soumettre à ce réseau mondial contrôlé par les États-Unis qui demeurent la plus grande puissance économique et militaire mondiale, sont vus comme des ennemis potentiels refusant le Pacte de Davos favorisant les échanges mondiaux.

Seule la caste dirigeante appelée composée des Imbus vit dans une pyramide séparée à Aspen (Colorado) ou elle bénéficie d’une totale liberté tandis que le reste de la population appelée les Larves subsiste de manière totalement assistée par des machines, les rebelles terroristes vivant hors des pyramides étant composés des NoPlugs.

Dans l’univers totalement automatisé et aseptisé d’une de ses pyramides vit un jeune homme appelé Calvin qui n’ a pour seul contact social que des rendez vous périodiques avec un groupe d’amis avec lesquels il dialogue par avatars informatiques interposés : Thomas son beau père, Rembrandt le vieux français amateur d‘art, Chen le mystérieux chinois, l'exalté Nitchy et Maud sa petite amie journaliste virtuelle.

Après avoir échappé de peu à une mystérieuse tentative d‘assassinat, Calvin apprend que sa mère, Ada s’est suicidée.

Brillante chercheuse en informatique, Ada avait transmis à son fils son habileté dans la conception de programmes, aussi Calvin qui a du mal à digérer cette disparition, va-t-il mettre en pratique ses compétences pour lancer sur le Web des programmes appelés Saumons, pour trouver des informations sur ces amis dont l’attitude lui semble suspecte.

Tandis que les Saumons, utilisant des algorithmes d’intelligence artificielle pour s’améliorer et devenir de plus en plus performants dans la collecte de données, Calvin commence à se poser des questions sur la véritable identité des gens avec qui il discute depuis toutes ses années.

Il parvient à réaliser que Ada a en réalité réalisé le coup du siècle en dérobant le nouveau jeu confidentiel de la société américaine WonderWorld et en le diffusant sur le Web, ce qui a causé une énorme crise diplomatique entre les États-Unis et la Chine, accusée d’avoir effectué ce piratage.

La conséquence pour la Chine est un raffermissement de la cohésion nationale autour de la menace étrangère et de la remise sur le devant de la scène d’un vieux dirigeant centenaire maintenu en vie par un complexe système de machines, Wang Luoxun.

Aux États-Unis, le débat prend un tour politique et met en péril la position de Kleinkopf, le président qui affronte par le biais d’avatars informatiques animés son rival le sénateur Branniff, dans de médiatiques débats télévisés.

Mais Branniff, qui a commandité le vol pour déstabiliser son rival et obtenir les financement d’un couteux programme anti missiles balistiques aux cotés la société General Avionics, est finalement confondu par le travail d'investigation de Maud.

Les masques tombent, Thomas agent du gouvernement américain chargé de retrouver sans succès des milliards précédemment dérobés par Ada, Chen amant d'Ada mais surtout agent chinois finalement éliminé après avoir réussi sa mission principale de resserrement de la nation autour des valeurs traditionnelles chinoises Maud journaliste à la solde de Kleinkopf et même Rembrandt l’idole de Calvin, menteur pathologique sur son passé, finalement effacé comme bon nombre de Larves par des programmes informatiques.

Nitchy en réalité révérend, lui révèle directement les derniers secrets de cette terrible mécanique : obsédés par un désir sans cesse croissant de pouvoir et de richesse, les Imbus ont décidé de réduire progressivement la population des pyramides.

Cette tache a été confiée à des programmes informatiques agissant de manière autonomes à base de conditions logiques.

Une fois désignée par d’obscures conditions dans lesquelles rentrent l’âge, la victime est radiée de Webjob pour n’avoir plus aucun revenu et reçoit des lettres de plus en plus insistantes d’une compagnie chargée d’accompagner les Larves déclarées improductives car trop vieilles ou malades.

En parallèle les coupures d’électricité ou de ventilation déclenchée aléatoirement viennent pressuriser la victime, tout comme la réduction de la valeur nutritive de ses rations alimentaires.

Soumis à pareilles pressions psychologique, Rembrandt cède peu à peu du terrain et finit par se laisser aller malgré la volonté désespérée de Calvin de lui porter secours.

Sa mort bouleversante est un électrochoc pour Calvin qui se découvre lui aussi menacer par les impitoyables programmes informatiques.

Le jeune homme pénètre alors dans un secret encore plus profondément enfoui, l’asservissement des hommes à une entité appelée la Créature, incarnation d’une forme d’intelligence divine qui utilise l’informatique pour progressivement se détacher des hommes pour se transférer dans l’aspect minéral des composants électroniques.

Truong boucle alors son roman avec l’autre aspect historico-religieux du récit, la quête au fil des siècle d’un mystérieux manuscrit appelé la Bulle de Pierre, qui viendrait contredire les Evangiles qui ont fondé le pouvoir de l’église catholique sur le fait que Jésus était le fils de Dieu, ce qui de fait rapproche l’homme du divin.

Les disciples du patriarche orthodoxe Nestorius qui popularisa ce courant religieux au Moyen-Orient ou il fut exilé, furent considérés comme des ennemi des Papes, qui employèrent toute leur énergie pour récupérer le mystérieux manuscrit afin de le faire disparaitre.

Charles Darwin, Sigmund Freud et surtout le père Teilhard de Chardin, furent considérés par leurs travaux scientifiques et philosophiques comme des vecteurs de cette profonde vérité trouvant sa réalité dans l’avènement de la Créature, ayant pris complètement le contrôle de la société humaine pour préparer le transfert de son intelligence dans une autre enveloppe matérielle.

Calvin comprend que sa mère avait compris ce danger et que le casse du WonderWorld n’a été que le prétexte pour propager des programmes informatiques, les Gnomes, capables de modifier l’aspect destructeur de la Créature en lui inculquant des valeurs de coopération, de réciprocité et de pardon vis-à-vis de la race humaine.

Devenu à présent le seul capable de continuer son œuvre, il se sait menacé par les Imbus et décide de sortir de sa pyramide pour tenter de rejoindre le mouvement des NoPlugs vivant en marge du monde informatisé.

Il prend alors contact avec Tash, lui aussi destiné à changer le monde…

En conclusion, « Le successeur de pierre » est un roman d’une incroyable densité, érudition et complexité, qui le rend difficile d’accès.

Difficile aussi à a été de suivre en parallèle deux histoires en apparence incohérente, la quête dans le passé à la recherche d’un texte capable d’ébranler la religion catholique et les méandres d’une enquête cybernétique dans un futur proche.

Néanmoins, Truong réussit son coup avec un final particulièrement fort ou tout finit par s’assembler pour former un tout admirablement cohérent, reléguant l’homme à l’échelle de vecteur temporaire dans la transmission de l’intelligence décrétée par Dieu.

La recherche du pouvoir et de la richesse sans limite relayées par des systèmes informatiques devenus progressivement omnipotents provoqueront ils la fin de notre monde ?

Le thème est passionnant et l’auteur spécialiste de l’intelligence artificielle, y apporte une intéressante pierre à l’édifice.

D’un très haut niveau sur le fond, « Le successeur de pierre » aurait je pense gagné en rythme en adoptant une forme plus concise privilégiant l’action à l’exposition de longues thèses historico-philosophico-religieuses.


A réserver donc aux cérébraux passionnés de Science fiction…

Le sucesseur de pierre (Jean-Michel Truong)
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 21:14
Substance mort (Philip K Dick)

Voici de nouveau le plus atypique des maitres de la Science fiction en la personne de Philip K Dick qui livre en 1977 « Substance mort » l’un de ses livres les plus barrés.

« Substance mort » raconte l’histoire de Fred, un policier de la brigade des stupéfiants d'Orange County (Californie) dont la mission est de s’infiltrer dans le monde du trafic de drogue des années 90 pour faire tomber un réseau.

Fred est aidé dans sa difficile mission par un complet brouillé, merveille de technologie qui lui permet de modifier son apparence à volonté.

Dans l’univers des camés, il est donc Bob Arctor, gros consommateur qui fréquente un petit groupe de collègues junky se shootant à une drogue appelé la substance mort, diffusée à grande échelle aux Etats-Unis.

Certains comme Jerry Fabin ont le cerveau complètement ravagé par les effets secondaires de la drogue et finissent par perdre toute vie sociale, restant chez eu à voir sous l’effet de terribles hallucinations des nuées de pucerons les assaillir continuellement.

Toujours lucide, Arctor a des vues sur Donna Hawthorne, une toxicomane qui préférant la drogue au sexe, se refuse à ses avances et le fait cruellement souffrir.

D’autres personnes comme Charles Freck l’ami de Jerry, Luckman, Jim Barris le plus intelligent de l’équipe gravitent autour de son entourage proche.

Malgré les crises de paranoïa aigus de Barris, Arctor parvient à truffer sa maison de caméra vidéo afin que ses collègues puissent accumuler les preuves permettant d’accomplir leur mission.

Ils ignorent cependant en raison des facultés de transformation du complet brouillé que Fred et Arctor sont la même personne, et que Fred devient extrêmement mal à l’aise à l’idée d’enquêter pour se piéger lui-même.

Le livre surfe donc habilement sur cette ambigüité de la double personnalité, accentué par le fait que Arctor devient également accro à la Substance mort, ce qui finit par inquiéter les médecins de la police charger de le contrôler périodiquement.

En parallèle des tourments intérieurs de son personnage principal rongé une situation inextricable et un amour frustré, Dick tisse des dialogues surréalistes entre défoncés avec en toile de fond la méfiance croissante de Barris envers Arctor.

Ce délire paranoïaque se traduit par plusieurs situations cocasses comme le sabotage supposé de la voiture d’Arctor pour que le groupe se tue sur l’autoroute ou les investigations forcenés de Barris pour trouver les preuves que leur maison a été visitée par la police en leur absence.

Après un étonnant revirement ou Barris qui a bien failli tuer Luckman, vient lui-même dénoncer Arctor aux policiers, par vengeance personnelle autant que pour se disculper lui-même, Fred est finalement diagnostiqué par les médecins trop atteint par la drogue pour continuer sa mission et mis sur la touche.

Choqué, délirant et parlant à son insu en allemand, Fred a pour suprême douleur de voir Donna en réalité elle aussi une agent infiltrée, le conduire à New Path dans un centre de repos ou il devra se soigner en compagnie d’autres toxicomanes eux aussi gravement atteints.

Devenu Bruce, il entreprend son sevrage, passant des taches de balayeur à celles de planteur, comble du cynisme dans un champ servant à cultiver la fameuse Substance mort, dont les bénéfices de la vente servent secrètement au financement du centre.

La boucle est donc bouclée pour le malheureux Fred/Bob/Bruce …

En conclusion, « Substance mort » est dans le genre si particulier de Dick, une vraie réussite, portée cette fois assez peu sur l’aspect Science fiction, pour se concentrer sur les thèmes si cher à l’auteur : schizophrénie, frustration et paranoïa dans une société américaine uniformisée ou Mc Donald et Coca-Cola sont les valeurs dominantes.

Pour fuir, la seule issue semble les plaisirs artificiels des drogues, qui permettent de planer et d’élever son champs de conscience.

Pourtant, Dick ne tombe dans l’apologie et dresse un constat lucide de ses années de défonce, en soulignant les ravages mortels des drogues sur ses amis disparus ou devenus fous, auxquels se livre est finalement dédié.

Une œuvre douloureuse et cruelle donc, mais emplie de maturité et du talent de Dick.

Substance mort (Philip K Dick)
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