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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 16:22


C’est en regardant le film de Steven Spielberg, terriblement impressionnant que j’ai eu envie de lire « La guerre des mondes » le classique  de H.G.Wells.

L’histoire peut paraître classique mais comparée à l’époque (1898) ou elle a été écrite elle est en réalité incroyablement avant gardiste .

Le récit se déroule à Londres, ou un homme qu’on devine écrivain ou scientifique, raconte à la première personne du singulier l’invasion de la capitale britannique par une armée de Martiens.

A partir de la chute d’un objet cylindrique sur la Terre, Wells instaure un climat allant crescendo de la curiosité à l’inquiétude puis basculant dans l’angoisse et la panique quand la véritable nature belliqueuse des envahisseurs se révèle.

L’idée de base sur laquelle repose le roman est que les Martiens disposent d’une technologie supérieure à celle des humains et qu’ils ont pour désir de coloniser la Terre.

Pour se faire ils utilisent des machines sophistiquées comme d’immenses tripodes mécaniques de 30m de haut sur lesquels ils se déplacent à pas de géant.

Ils disposent aussi d’armes offensives terrifiantes comme de tubes capables de produire des Rayons Ardents détruisant et brûlant tout sur leur passage mais aussi une Fumée Noire mortelle.

Les armées humaines de la fin du XIX ième siècle sont donc rapidement mises en déroute et bien vite la ville se trouve complètement désorganisée.

Nous suivons donc le basculement de Londres dans le chaos, l’exode des populations civiles, les habituelles scènes d’émeutes, pillages et de meurtres qui surviennent lorsque des gens sont poussées à bout.

Le lecteur est rapidement captivé par le style clair, percutant de Wells et par son immense talent d’écrivain se traduisant par un sens du rythme, du suspens et de la description peu commun.

Le personnage principal erre, affamé et terrorisé comme un vagabond dans le Londres dévasté et désert d’une humanité en déroute.

Pour rajouter à l’horreur de la situation, on apprend que les Martiens capturent les êtres humains pour en aspirer le sang dont il se nourrissent.

Les hommes se retrouvent donc en position d’animaux chassés mis dans des sortes de paniers de pêche perchés sur les tripodes.

Alors que tout le monde s’apprête à se résigner à la domination martienne, l’invasion cesse aussi rapidement qu’elle a commencé, les envahisseurs succombant aux bactéries humaines que leurs organismes ne peuvent supporter.

Etrange paradoxe quand l’infiniment petit vient à la rescousse de créatures se croyant être l’égal des Dieux.

« La guerre des mondes » est un roman passionnant, effrayant, foisonnant d’idées d’une force peu commune.

Wells, homme de gauche aurait voulu écrire une dénonciation du colonialisme ou des hommes (souvent Blancs) asservissaient des populations entières de gens qu’ils considéraient comme des animaux.

Il y a aussi une captivante interrogation sur la prétendue supériorité de l’homme sur l’espèce animale.

Mais plus que ces grands thèmes de fond, j’ai apprécié les réflexions au vitriol contre les hommes attachés à leurs biens personnels, contre la religion, avec la présence d’un vicaire complètement dépassé par les évènements qui ne voit que dans l’invasion que l’accomplissement d’un châtiment divin et qui basculant dans la folie contraint le héros à un assassinat.

Il y a aussi une charge inouïe contre la bureaucratie, ces employés à la vie minable qui accepteront très vite la nouvelle loi du plus fort et de devenir du bétail pour Martiens avant d’être placidement saignés.

Encore plus intéressant est le personnage du soldat survivant, rêvant de fonder une nouvelle société sous terraine, alors qu’on pourrait penser le héros (et donc Wells ?) séduit par ses idées, ce dernier se détourne en le qualifiant d’utopiste, de rêveur.

On serait donc tenté d’y voir une forme de condamnation de la révolution …

Au résumé si j’avais trouvé le film intéressant, le livre est comme souvent encore plus passionnant et constitue un des meilleurs livres de science fiction que j’ai lus de ma vie.

On pourra donc reprocher au film de Spielberg d’avoir changé le lieu de l’action, délaissant la Grande Bretagne pour les Etats Unis et d’avoir quelque peu gommé le discours de gauche Wellsien.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 10:31


Passage vers la Science Fiction avec « Champs mental » recueil de courtes nouvelles écrites dans les années 70 par Frank Herbert un des maîtres du genre.

Le fil conducteur de ces nouvelles est la communication et les processus mentaux associés.

Je dois concéder ne pas avoir eu beaucoup de plaisir à la lecture de cet ouvrage.

Les nouvelles sont assez disparates et peu d’entre elles m’ont vraiment passionnées.

J’ai bien aimé « Meurtre vital » une histoire hallucinante d ‘un double organisme vivant Tegas/Bacit colonisant l’esprit des êtres humains pour survivre, organisme lui même pris au piége dans un corps et traqué par des scientifiques acharnés.

J’ai été impressionné, captivé par le souffle et l’imagination de cette histoire.

J’ai trouvé « Le Comité du Tout » visionnaire et audacieux avec l’idée que  l’invention d’une arme à puissance quasi illimitée obligerait les hommes à tous se respecter et à se considérer comme semblables, idée d’ailleurs flirtant avec des thèses communistes en vogue à l’époque.

« Essayez de vous souvenir » est également plaisante même si plus classique et oeuvrant dans une schématique surexploitée à présent :  l’arrivée d’une vaisseau spatial peuplé d’extra terrestres lançant un ultimatum à la race humaine : « Comprenez notre langage ou mourez ».

Et cette race humaine bien obligée de faire preuve d’humilité et de revenir aux bases de la communication, du langage.

Pour le reste, je n’ai pas accroché à l’autre moitié du livre, passant complètement à coté de cette histoire d’épidémie tuant les chiens ou de celle de recréation de simulacres d’êtres  humains conditionnés mentalement à partir des modèles originaux mourants.

A l’arrivée un sentiment mitigé donc et une déception.

Je pense un jour lire la saga de « Dune » le chef d’œuvre de Frank Herbert.

J’avais beaucoup apprécié le film de David Lynch.

 

 

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 19:46


« Ce que disent les morts » sera la première nouvelle de Philip K Dick que je chroniquerai dans ces pages.

Dick est pour moi le pape de la Science Fiction, une sorte de complément au travail plus scientifique d’un Isaac Asimov.

Cette histoire débute par le décès de Louis Sarapis, un richissime homme d’affaires ayant fait fortune dans le transport Terre-Mars, en utilisant quelques fois des moyens peu recommandables pour notamment neutraliser les syndicats.

L’histoire n’est pas datée dans le temps mais on comprend assez vite que nous sommes dans le futur.

Suivant la procédure habituelle en ces temps, le défunt n’est pas directement enterré mais plongé dans un état de semi-vie cryogénique d’une durée maximale d’un an.

Pendant cette période, le semi-mort conserve donc un état de conscience latent et peut communiquer avec les vivants au moyen d’instruments.

Bien sur son état s’étiole au fil du temps jusqu’à complètement se détériorer, alors le semi-mort est définitivement enterré mais si son temps de semi-vie est parcimonieusement réparti, il peut conserver un fragile lien avec le monde des vivants pendant 25 ans moyennant des frais de maintien bien entendu très coûteux.

Dans le cas de Sarapis, la succession attise bien des convoitises de la part de ses ex collaborateurs.

Le personnage principal Johnny Barefoot est l’ancien directeur de la communication de la société d’assurances de Sarapis : Wilhelmina.

Proche de Sarapis, il lui doit toute sa carrière.

L’empire commercial de Sarapis est surtout convoité par Saint Cyr et Harvey, deux anciens collaborateurs de Sarapis qui sont prêt à toutes les manœuvres pour récupérer le pactole.

Seul obstacle à leurs dessins, Kathy la petite fille de Sarapis, jeune femme instable et toxicomane, inapte sans doute à diriger la société mais légalement seule héritière de la gestion de Wilhelmina.

Rapidement Barefoot entre en contact avec Kathy mais d’étranges phénomènes se font alors connaître.

En effet la procédure de réanimation de Sarapis a échouée mais sa voix se fait entendre du fin fond de l’espace.

L’esprit de Sarapis semble pouvoir contrôler toute les formes de communications terrestres, téléphone, radio, journal automatisé, télévision, machine à écrire …

Le défunt donne ses directives,  confirme l’autorité de sa petite fille devant les rapaces et soutient la candidature d’un homme politique qui se présente aux élections locales.

Le vieil homme mort instaure une climat de paranoïa complète autour de sa succession.

Barefoot pris entre deux feux, se sent attiré affectivement par Kathy mais est soumis à la raison économique et aux pressions du duo infernal Saint Cyr / Harvey.

Un jeu d’échecs sur fond de phénomènes d’outre tombe s’enclenche alors.

« Ce que disent les morts » est pour moi dans le plus pur style Dickien.

Altération de la réalité, questionnement autour de l’esprit, de la mort, de l’au delà, jeux autour de la paranoïa, de la manipulation mettant en scène des personnages névrosés, mal dans leur peau, suicidaires ou drogués.

Pourtant la fin de la nouvelle m’a quelques peu déçue par son coté très normal et terre à terre.

Les toutes dernières pages ont également un goût d’inachevé.

Pour ces raisons je ne classerais pas ce livre dans les œuvres majeures de Dick.

 

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 22:51

Ilium.jpg
Question qui peut tarauder un moment le lecteur  : « Ilium » de Dan Simmons est il un chef d’œuvre, un space opéra magistral de la trempe d’ « Hyperion » ou bien une grosse bouse intergalactique ?

Difficile en effet de trancher immédiatement en effet quand on achève ce monumental pavé de 600 pages en version 20 x 15 centimètres.

Alors on cogite quelques temps, on relit des passages pour digérer et analyser le tout.

Dans cette saga de Science Fiction, Dan Simmons décrit un monde futuriste alambiqué et complexe avec une histoire découpée en trois groupes de personnages chacun dessinant peu à peu une parcelle de ce monde pour au final être sensée former un grand tout compréhensible.

Le premier groupe qu’on pourra qualifier de principal constitue  la partie « historique » du roman, c’est à dire la description d’un scholiaste du futur chargé d’assister des ses yeux au conflit de la guerre de Troie pour en vérifier sa conformité avec le récit d’Homère.

Hockenberry, scholiaste extrait du XX iéme siècle est le narrateur principal de ce conflit épique mettant aux prises Argiens et Troyens.

Hockenberry s’avère rapidement balourd, plutôt vulgaire (américain ?) mais surtout dépassé par les évènements et manipulé par les Dieux de l’Olympe.

Ceux ci semblent dotés de pouvoirs mêlant technologie et magie.

Hockenberry manipulé par sa « Muse » se voit doté de gadgets électroniques pour se télé porter ou se défendre et du fameux casque d’Hadès pour observer en étant invisible même des Dieux.

Par ce personnage, analogue au poète d’Hyperion, Dan Simmons met  à mon sens beaucoup de sa vision personnelle des évènements et réalise sans doute un fantasme caché : marcher sur les traces d’Homère.

Le deuxième groupe est constitué d’un groupe d’humains errants.

Leur aventures sont mystérieuses et difficile à suivre.

On comprend par leur intermédiaire que la race humaine est en voie d’extinction et que des post humains ont pris le pouvoir, créant des esclaves robotisés pour les assister (les voynex ) ainsi qu’une gigantesque  entité biosphère produit de la fusion d’internet, du monde vivant et de programmes d’intelligence artificielle.

Cette entité baptisé Prospero  devenue autonome s’est apparemment rebellé et a créé des monstres mutants (les calibani ) pour lutter contre ses anciens maîtres les post humains.

Le point commun avec le premier groupe reste Odysseus, nom grec d’Ulysse qui égaré dans le temps par Circé participe se joint en cour de route à leurs aventures.

Le troisième groupe est constitué de deux robots (Ophu d’IO  et Mahmut ) envoyés en mission sur Mars pour analyser une mystérieuse activité d’hommes verts manipulant des sources d’énergie quantique et terra-formant la planète.

Ces deux robots appartiennent aux Moravecs des Intelligences Artificielles semées par les humains autour des planètes extérieures pour une raison inconnue.

Leur particularité est d’être des fanas de littérature, l’un citant Proust, l’autre Shakespeare.

Ces deux robots sont également plutôt sympathiques car comme Hockenberry souvent victimes des évènements.

Le roman plutôt dense et difficile à suivre laisse une quantité importante de questions laissées sans réponse (le rôle de Caliban, le personnage de Sétébos ? ) et se conclut par un fort « teasing » avec un prélude à une gigantesque bataille mettant aux prises troupes Moravecs et héros Argiens aux Troyens appuyés par les Dieux de l’Olympe courroucés de cette rébellion contre leur omnipotence.

A l’arrivée cette mixture historico-quantique demeure particulièrement lourde à digérer comme si Dan Simmons avait mis cette fois trop d’ingrédients dans la composition de sa recette.

Les batailles antiques sont il est vrai formidablement bien décrites mais le mélange avec les explications scientifiques et les technologies utilisées par les Dieux pour favoriser tel ou tel camps me paraît complètement tuer le charme de ce type de récit.

En effet, d’une part Dan Simmons malgré tout son talent n’égalera jamais Homère et d’autre part le charme de la mythologie est justement de ne pas faire appel au rationnel, à la science ou au compréhensible.

Donc en résumé pour connaître la guerre de Troie je préfère lire Homère et sa magie plutôt que Simmons et sa technologie qui m’explique que des Immortels ont besoin de séjourner dans des cuves énergétiques pour se réparer en cas de blessure.

Pour  l’aspect plus Science Fiction du livre, on ne remettra pas en cause l’imagination fertile et le sens de la narration de l’auteur, cependant j’ai eu du mal à accrocher à cette approche filandreuse d’internet ayant mal tourné.

Quand aux  petits hommes verts télépathes de Mars, j’ai cru d’abord à un gag mais au final ce n’en est pas un ..

L’idée des robots citant Proust ou Shakespeare me semble complètement superflue mis à part pour rendre un hommage artificiel à deux auteurs que Simmons admire sûrement.

On retrouve le même procédé dans Hyperion ou les poètes Byron et Keats sont abondamment cités.

En résumé je crois ne pas aimer quand les auteurs de Science Fiction s’inspirent du passé, comme si en manque d’inspiration ils cherchaient à puiser un regain d’inventivité (ou de respectabilité ? ) dans des sources quasi inépuisables comme l’Iliade.

Peut être en se confrontant trop directement à Homère, Dan Simmons a t il simplement visé trop haut.
Malgré son ambition « Ilium» demeure donc inférieur à « Hyperion» et ce de très loin.

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 20:42

ravage.jpg

 « Ravage » de René Barjavel est un roman qui m’a été conseillé par un collègue.

Les auteurs de science fiction français sont très rares tant le genre est généralement outrageusement dominé par les américains, raison de plus pour m’intéresser à Barjavel sorte d’exception culturelle dans notre beau pays.

Publié en 1943, « Ravage » penche plus vers l’anticipation que vers la science fiction pure au sens « Aasimovien » du terme.

Barjavel situe l’action en France en 2052 et prêt de la moitié du roman se déroule dans un Paris futuriste.

Le personnage principal est François Deschamps (le choix de ce nom ne peut être du au hasard !), étudiant issu du monde rural venant à Paris pour aller chercher les résultats de son concours d’ingénieur agronome et pour voir sa fiancée d’enfance Blanche  qui vient de lâcher ses études sans rien lui dire afin de se produire dans une revue déshabillée.

La vision de la société décrite par Barjavel est intéressante : la plupart des gens ont quitté les campagnes et se massent des  villes de 25 millions d’habitants ou toutes les habitations ont été surélevées ou remplacées par d’immenses tours.

Bien sur la société est très fortement automatisée et les humains ne font plus beaucoup d’efforts physiques tant ils sont assistés.

Innovation majeure : les morts sont cryogénisés et conservés dans leur famille d’origine dans une pièce spécialement conçue à cet effet.

Les avions et trains volent à grandes vitesses  et permettent d’aller de Nantes à Athènes en quelques heures.

Curieusement les voitures à roue ont été gardées même si leur propulsion se fait par plusieurs procédés « révolutionnaires » , par quintessence ou par nucléaire.

Le plastec, nouvelle matière ultra résistante équipe la plupart des infrastructures.

Les avancées les plus impressionnantes sont dans le domaine agricole : la plupart des nourritures végétales ou animales sont cultivées dans des usines en se passant de l’apport de la nature.

Seules restent quelques régions rétives au progrès (dont la Provence ) et celle d’ou est issue François (prêt de Vaux ) qui ont conservées un mode de vie à l’ancienne.

On croit d’abord que l’événement qui va tout changer est l’annonce d’une offensive militaire de l’Amérique du Sud colonisée par tous les Noirs contre les Etats Unis mais curieusement on ne saura jamais ce qui ce qu’il adviendra de ce conflit.

Non l’événement majeur est l’altération pour une raison inconnue des propriétés électriques de la Nature.

Le monde moderne se retrouve brusquement privé d’électricité et la plupart des métaux s’avèrent inutilisables.

Bien entendu ce monde hautement technologique ne tarde pas à se détraquer.

Plus que la chute d’une civilisation, Barjavel nous décrit donc  l’Apocalypse, la fin du monde moderne.

Toute la société s’écroule en effet, les usines s’arrêtent, la nourriture et l’eau se mettent à manquer, une épidémie de choléra se déclare, les pillages commencent, la police privée d’armes pour contenir les foules s’avère bien vite débordée et rapidement la loi du plus fort pour la survie devient la norme.

Le climat se détraque également, un immense incendie ravage Paris et contraint François et Blanche à la fuite.

Ceux ci tentent de fuir vers le Sud pour retourner vers la société agricole.

Ils forment une bande avec d’autres fuyards pour se protéger des pillards.

Au bout de mille aventures ils parviennent à regagner Vaux le village dont est originaire François et fondent une nouvelle société.

La fin du roman est en quelque sorte la vision de Barjavel de cette nouvelle société basée sur un retour à une vie rude, proche de la nature.

Au final le livre me laisse un sentiment mitigé.

D’un point de vue littéraire le livre est une réussite, l’histoire est rythmée, très prenante et on est happé par les terribles descriptions des catastrophes naturelles par Barjavel.

Celles ci sont en effet décrites manière extrêmement violentes et intense.

Si les questions posées par Barjavel me semblent pertinentes surtout à une époque ou on nous martèle tous les jours que nous devons changer notre mode de vie pour sauver la planète,  si je pense que notre monde moderne et évolué est au final très fragile et susceptible d’être rapidement anéanti par un dérèglement naturel majeure, je ne partage pas en revanche la vision proposée par l’auteur au sujet de la société idéale.

Le modèle basé sur une vie à la dure totalement privé de machines laisse en effet songeur.

L’organisation sociale fondée sur un patriarche, chef de clan unique omnipotent désignant son successeur au mérite et l’instauration de la polygamie obligatoire me paraissent dignes des sociétés tribales.

Le passage ou la nouvelle communauté tue le forgeron ayant voulu recréer une machine roulante me paraît excessif et aller contre la nature profonde de l’homme qui sera toujours de créer des outils, des armes pour se faciliter la vie.

Quand au passage concernant le fait de brûler tous les livres autres que ceux de  poésie, il me rappelle les méthodes des nazis ou des sociétés fascistes en générale.

Il est étonnant qu’un écrivain tienne de tel propos.

D’ailleurs Barjavel fut assez critiqué sur cela et fut même accusé de Pétainisme.

Le découpage de la France en deux, l’une mécanisée et ayant perdu son ame au Nord d’un coté, l’autre agraire et pure au Sud me rappelle aussi la division opérée avec le gouvernement de Vichy.

De manière plus générale, la description des horreurs fait pour moi référence de manière détournée à ce que peut subir une population en temps de guerre.

Pour sa dernière partie donc, « Ravage » laisse un arrière goût de malaise.

Cependant ce livre mérite d'etre lu pour sa réflexion autour des limites éventuelles au développement de l'homme, de son rapport de dépendance vis à vis de la nature et pour ses pures qualités littéraires qui elles ne sont pas à remettre en cause.

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 21:44

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Je suis quelqu’un qui aime les variations, retour donc vers la Science Fiction avec « le Faucheur » de David Gunn.

Le choix de cet ouvrage m’a été dicté par une impulsion, j’ai en effet été impressionné par la couverture morbide et le résumé au dos qui promettait un livre sans concession.

« Le Faucheur » raconte les péripéties d’un homme du nom de Sven Tveskoeg, légionnaire rebelle évoluant dans un futur indéterminé.

Dans ce monde se déroule une guerre entre deux factions, les Exaltés et les Octoviens à laquelle appartient Sven.

Les Exaltés semblent être dirigés par des machines complexes répondant au nom d’Exarches.

Les Exarches utilisent en plus de leurs troupes régulières, des humains génétiquement modifiés disposant de capacités surhumaines : les Casques d’Argent dont la puissance est proportionnelle au nombre de tresses poussant sur leur tête.

En face on ne sait rien si ce n’est qu’un empereur  Exarche renégat Octo V, dispose d’une troupe d’élite répondant au nom de Faucheurs pour combattre aux cotés des soldats classiques et auxiliaires.

Au sein de l’univers, ces deux factions ne sont pourtant pas majoritaires, en effet au dessus d’elle règne une force majoritaire et dominante U/Libre qui observe le conflit en toute neutralité.

Rien ne nous est donné sur l’origine de cette lutte mais les explications ne semblent pas être  le point fort de ce premier roman.

Sven est une sorte de super soldat, il n’est pas tout à fait humain, dispose d’un pouvoir auto guérisseur lui permettant de survivre à d’atroces blessures et l’un de ses bras a été remplacé par une prothèse métallique.

La première partie du livre se déroule dans un monde désertique et brûlant ou Sven rencontre des monstres effrayants répondant au nom de Ferox avec lesquels il parvient à communiquer par un mystérieux processus télépathique.

Suite à ses facultés de combattant Sven est recruté par les Faucheurs et se voit envoyé à la guerre sur la planète Farllight

Les Faucheurs lui incorporent un être symbiotique, un kip, qui lui permet de communiquer par télépathie avec sa hiérarchie.

Mais Sven  supporte mal ce corps étranger et le maîtrise mal.

Une fois sur Farllight le roman s’oriente vers un long récit guerrier un peu assommant de testostérone.

Au final, Sven s’illustre brillamment dans cette guerre et parvient à infliger de lourdes pertes aux Exaltés : il élimine deux Exarches et deux Casques d’Argent un général et sa sœur.

Le livre se termine sur un coup de théâtre laissant augurer une suite.

Je n’ai pas apprécié « le Faucheur » .

Certes, il y a la une séduisante idée d’avoir voulu créer un space opéra, une grande aventure épique avec grand nombre de personnages et des séjours successifs sur plusieurs planètes.

Il y a aussi de bonnes idées comme le passage dans la tribu des Ferox, leur rôle pour l’instant très mystérieux dans ce conflit et le SIG Diablo, le pistolet intelligent de Sven, doté de parole et de réactions quasi humaines le plus souvent extrêmement amusantes.

Mais j’ai été gêné par le style d’écriture et le manque de complexité des personnages.

Apparemment David Gunn est un militaire, cela se sent dans son écriture.

Son style est brutal et peu recherché.

On sent chez lui un intense plaisir à décrire le monde militaire, sa hiérarchie et son mode opératoire.

On pourrait aussi parler de jouissance primaire à décrire de sanglants combats.

Le héros est une brute ultra virile, une machine à tuer invincible ne s’embarrassant pas de réflexions métaphysiques ou de sentiments très profonds.

Je n’apprécie pas ce type de personnages trop caricaturaux à la psychologie sommaire.

J’ai plusieurs fois pensé à Vin Diesel et aux chroniques de Riddick que je trouvais néanmoins plus abouties avec un aspect religieux plus intéressant.

Ces défauts de style ont nuit à mon plaisir et ne me donneront pas envie de poursuivre le cycle entamé.

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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 10:26

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Petit crochet vers la Science-Fiction, genre que je prisais il y a quelques années.

 

Retrouvailles avec Robert Silverberg dont j’avais lu « Le grand silence » en 2000, variation honnête sur le thème des extra terrestres envahissant notre bonne vieille planète bleue.

 

Silverberg est considéré comme l’un des meilleurs auteur de SF de l’Histoire, je ne pense donc pas avoir eu de chance à chaque fois que j’ai lu ces livres car ils ne m’ont jamais bouleversés.

 

Cette fois j’ai lu « Time Opera » recueil regroupant deux variations sur le thème du temps :

« Les déserteurs temporels » (1967 ) et « Les temps parallèles (1969) ».

 

« Les déserteurs temporels » est une courte nouvelle (150 pages ) décrivant une société futuriste découpées en une vingtaine de classes hiérarchiques.

 

Les villes sont surpeuplées, l’oxygène rare et les conditions de vie difficiles pour les couches basses vivant dans la misère, la violence et le chômage.

 

Le personnage principal du roman, Quellen est un fonctionnaire de  7ieme rang travaillant au Secrétariat Criminel ou il est chargé d’activités policiéres.

 

Sa particularité est d’avoir fraudé le système pour s’être fait construire une villa en Afrique dans laquelle il se rend par un procédé de téléportation.

Il vit dans l’angoisse quasi permanente d’être découvert et porte ce secret comme un terrible fardeau.

 

La classe Dirigeante constate un jour que des gens disparaissent, ils prennent la fuite dans le temps pour échapper aux conditions difficiles du présent.

 

Certains se font quelques fois capturer dans des époques anciennes, ce qui donne lieu à des rapports apparaissant dans les archives du présent.

 

Quellen est chargé de trouver l’homme ou la société clandestine organisant ses sauts temporels pour y mettre fin.

 

En réalité la classe Dirigeante cherche également à récupérer le procédé pour organiser des déportations et ainsi éliminer le problème du chômage ...

 

Quellen remonte cependant la piste des déserteur temporel et tombe sur l’homme défiant le système.

 

Cependant Quellen va se retrouver lui même pris dans un terrible engrenage l’obligeant  à braver la classe Dirigeante.


Il va également découvrir qui se cache derriere les hautes strates du pouvoir ...
 

Dans les déserteurs temporels on y retrouve beaucoup de points communs avec une de œuvres précédentes de Silverberg  : « Les Monade urbaines » .

 

Le système stratifié, les villes tentaculaires, l’élimination des gens inutiles, l’homme échappant aux règles et venant gripper la belle machine 

 

On retrouve également des éléments faisant penser au « Total Recall » de Philipp K Dick.

 

Le récit ne m’a donc pas ébloui.

 

 

 

Le deuxième livre  «  Les temps parallèles » est à mon sens plus intéressant :

 

Nous sommes toujours dans le futur (en 2059 ) et la technologie est maintenant suffisante pour remonter le temps.

 

L’homme étant ce qu’il est, des agences de tourisme ont été crées pour proposer donc des voyages temporels.

 

Le personnage principal Judd Elliot est un jeune étudiant passionné d’histoire Byzantine qui décide de s’engager comme guide.

 

Son apprentissage est donc le moyen pour Silverberg de décrire sa vision des sauts dans le temps.

 

Quelques règles sont donc expliquées plus ou moins clairement  :

 

Impossibilité de changer le passé sous peine de condamnation.

 

Le risque de changer le  cours de l’Histoire en empêchant le déroulement d’un événement majeur existe en effet et les conséquences pourraient être l’effacement d’une partie du présent et des gens vivants.

 

Les voyageurs temporels doivent donc se faire discrets et limiter leurs contacts avec les populations visitées.

 

Bien entendu comme plusieurs sauts temporels sont possibles à différentes époques, plusieurs doubles d’une même personnes peuvent se retrouver au même endroit en train d’assister à la même scène.

 

Le respect des règles est assurée par des Patrouilleurs Temporels, sorte de police du temps.

 

Le récit historique se concentre essentiellement sur la période Byzantine après la naissance de l’Empire Romain d’Orient (395).

 

Par les promenades de son guide, Silverberg nous rend spectateur des grands événements historique de Byzance : le règne d’Arcadius, celui de Constantin, Justinien, les Croisades, la prise de la ville par les Turcs …

 

Mais en réalité il ne fait que les effleurer et les descriptions d’époque très superficielles tiennent en 2 pages maximum.

 

Par contre les obsessions sexuelles du guide sont très longuement expliquées.

 

Cela m’a toujours frappé chez Silverberg, ce goût pour le sexe.

 

Judd Eliott multiplie les conquêtes temporelles, couche avec l’impératrice nymphomane Théodora qu’il honore quatre heures durant.

 

On sent que ce livre a été écrit dans les années 60 dans une atmosphère de libération sexuelle.

 

Les femmes sont presque toujours consentantes et cèdent immédiatement au charme du guide qui bien entendu est un étalon infatigable.

 

Silverberg semble faire preuve sur ce plan d’un narcissique et d’une auto complaisance assez pénibles à supporter.

 

Bien entendu ce qui devait arriver arriva : Eliott tombe sous le charme de sa multi arrière grand mère (de 17 ans ) et multiplie les sauts pour la revoir.

 

Mais on ne croit pas un instant à cette histoire d’amour s’apparentant plus à une passion physique dont la transgression démultiplie le caractère excitant.

 

Obnubilé par sa passion Eliott délaisse les touristes sous sa responsabilité et commet une faute grave provoquant une altération importante du passé.

 

Sa tentative de correction aboutit à son dédoublement temporel et ne fait qu’empirer les choses.

 

Recherché par la Patrouille du Temps, il n’a pas d’autre choix que de s’enfuir en s’enfonçant le plus loin possible dans le passé, ce qu’il fait en se réfugiant dans une époque de l’Empire Hittite (-3060 AV JC ).

 

Ecrit dans les années 60, ce livre ne m’aura guère séduit.

 

L’aspect historique est peu fouillé, à peine esquissé, le ton new age de libération sexuelle semblant complètement suranné en 2008 à l’époque du Sida.

 

Une œuvre dont la portée temporelle me sera paradoxalement assez restreinte.

 

Sur le thème du temps je recommande « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson infiniment plus profond et poignant.

 

Rencontre encore ratée avec Silverberg donc.

 

 

 

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