Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 18:41



Dans les salles en 2009, « District 9 » film sud africain de Neill Blomkamp produit par ce génie de Peter Jackson.

L’histoire est digne d’un pur classique de Science Fiction, l’arrivée sur Terre d’un vaisseau spatial extra terrestre il y a vingt huit ans provoqua de véritables bouleversements dans le pays au dessus duquel il était stationné : l’Afrique du Sud.

Les extra terrestres étaient en effet très affaiblis voir mourants en arrivant sur Terre et absolument incapables de repartir par leurs propres moyens.

Ils furent donc logés et parqués dans le fameux « District 9 » vaste ensemble de bidonvilles prêt de Johannesburg.

La cohabitation avec les populations locales s’avéra vite source d’innombrables conflits.

Les extra terrestres, sorte d’humanoïdes à tête de crevette furent rapidement hais par la population.

S’en suivirent des pillages, des émeutes et des trafics en tout genre avec des puissantes bandes armées, le plus notable étant le troc de terrifiantes armes aliens contre de la nourriture pour chat soldée à des prix ridicules.

Mais les armes aliens étant conçues de manière à n’être utilisée que en reconnaissant un ADN de la race des extra terrestres, ne pouvaient servir les armées humaines.

Face aux troubles on chargea une société de sécurité privée, la MNU, d’évacuer la zone pour reloger les « crevettes » ailleurs.

« District 9 » raconte cette évacuation à la manière d’un reportage télévisé ou le directeur de l’opération, un certain Wikus van der Merwe (Sharlto Copley) se met complaisamment en scène.

Van der Merwe est un trentenaire moustachu, assez gauche et ridicule, qui coordonne les forces mercenaires autorisées à user de la force pour évacuer les aliens.

Au cours de l’intervention, Van der Merwe est aspergé d’un liquide d’origine extra terrestre, et se met à muter atrocement, son bras se changeant en tentacule.

La MNU le kidnappe et constatant qu’il est le seul à pouvoir manipuler les fameuses armes aliens décide de le disséquer.

Mais Van der Merwe s’échappe et commence alors une incroyable cavale filmée tambour battant.

Van der Merwe se réfugie dans le District 9 , se rapproche d’une crevette et de son jeune fils pour trouver de l’aide.

La crevette lui apprend qu’il cherche du carburant pour remettre en marche un petit appareil et rejoindre le vaisseau principal alien afin de repartir.

Mais le précieux carburant s’avère être ce qui a aspergé Van der Merwe et l’unique capsule détenue au siége du MNU.

L’alien dit qu’une fois sur son vaisseau il pourra inverser le processus de transformation qui déforme Van der Merwe.

Van der Merwe n’a plus le choix, si il veut redevenir humain avant que la transformation ne s’achève il doit aider les crevettes.

L’homme hybride et l’alien vont alors s’allier  pour mener un raid contre le siége du MNU et Van der Merwe va finir par épouser la cause des crevettes.

« District 9 » est un film passionnant, d’une inventivité folle.

Le thème des extra terrestres vulnérables, exclus et parqués dans des conditions de misère absolue est une puissante métaphore sur les racisme, métaphore qui prend encore plus de force dans un pays comme l’Afrique du Sud.

La MNU, milice privée brutale sans foi ni loi, peuplée d’hommes avides de pouvoir et de profit, ressemble étrangement  à l’ONU.

Le personnage de Van der Merwe, à la base type ordinaire et gauche opère un basculement passionnant quand il découvre qu’il est rejeté par les humains en raison de son hybridation extra terrestre.

Le type banal  et un peu lâche devient donc par la force du destin, une sorte de Che Guevara dévoué à la cause alien.

Visuellement « District 9 » est également très impressionnant, avec une réalisation nerveuse, intense, âpre mettant en scène des passages parfois très violents.

La dernière partie mettant en scène des armes aliens sous forme de gigantesques armures robotisées dotées d’une puissance de feu extraordinaire  est prodigieuse.

En conclusion, « District 9 » est un film choc, un pur chef d’œuvre renouvelant brillamment par le fond et la forme le film de Science Fiction.

Repost 0
5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:52


« Malevil » est un roman d’anticipation écrit par Robert Merle, et paru en 1972.

La trame de départ annonçant une guerre atomique détruisant le monde dit civilisé peut paraître bien peu originale tant le thème de l’apocalypse nucléaire a été maintes fois surexploité en science fiction.

Cependant l’originalité du roman de Merle est que l’histoire se déroule non pas dans une mégalopole mais dans une campagne française prêt de Cahors.

En effet un groupe d’habitants d’un château médiéval nommé Malevil abrité par une falaise abrupte, échappe par hasard à la catastrophe tandis que toute vie animale et humaine semble rayée de la carte.

Le groupe de survivants se trouve composé d’Emmanuel Comte, ex instituteur devenu éleveur de chevaux et propriétaire du château suite à un bel héritage, Peyssou, Meyssonnier et Colin trois amis d’enfance de Comte, Thomas géologue et enfin deux domestiques La Menou vieille femme frêle et énergique, ainsi que son fils Momo, retardé mental.

Ces gens vont devoir réorganiser leur vie pour essayer de survivre dans un monde dévasté ou la crainte du lendemain fait figure de norme.

Emmanuel devient vite le leader de la bande même si il instaure toujours un régime démocratique de principe restreint cependant aux hommes.

Les survivants de Malevil puisent dans leurs réserves entreposées à la cave (vin et viandes) , parviennent à récupérer certains animaux domestiques ayant échappés au massacre comme des chevaux, cochon ou vache.

Ils s’arment de fusils de chasse restants.

Ils replantent du blé, se réadaptent plutôt bien retournant sans difficulté à une vie plus rude et proche de la terre.

Les premiers sérieux problèmes surviennent avec l’apparition de bandes de pillards.

Emmanuel Comte s’improvise alors chef militaire et décime une bande de gitans vivant prêt de l’Etang, recueillant par la même occasion trois nouveaux pensionnaires, Jacquet jeune et fort, la Falvine, vielle et grosse et surtout Miette, sourde muette aux formes appétissantes.

Le groupe se structure autour de la religion, bien que Comte ne fut pas à proprement parler croyant, tout comme Thomas et Meysonnier, communiste.

La position d’Emmanuel par rapport à la religion est du reste assez ambiguë.

Il semble ne la voir que comme un fort ciment social.

Après délibérations le groupe semble refuser la polygamie et le partage de Miette mais celle ci apparemment de son plein gré décide de satisfaire alternativement les hommes de Malevil, ce qui apaise bien des tensions sexuelles.

Le livre devient plus excitant quand un mystérieux curé du nom de Fulbert arrive un jour à Malevil.

L’homme, brillant orateur, est très inquiétant et paraît être un imposteur.

Il dit être le maître du village de survivants de La Roque situé à une vingtaine de kilomètres de Malevil.

Fulbert utilise son charme hypnotique et  le pouvoir de la religion pour s’imposer aux hommes en ces temps troublés.

Comte sent la menace et une subtile partie d’échecs s’instaure entre les deux hommes.

Finalement après un marché conclu pour un troc d’une vache contre des fusil et des chevaux, Fulbert s’en va en déclarant voulant mettre un curé à Malevil.

Fulbert rêve en réalité d’étendre son pouvoir sur Malevil et de régner sur les deux communes.

L’arrivée d’une troisième partie corse encore plus l’intrigue de cette lutte à distance.

En effet une troupe de mercenaires armés d’une vingtaines d’hommes menace subitement la région.

Cette troupe armée de fusils de guerre et d’un bazooka, est commandée par Villemain, qui se dit ancien para.

La lutte acharnée pour la survie et l'indépendance s’engage alors entre Malevil, La Roque et la troupe de Villemain ...

« Malevil » est malgré sa longueur un roman intéressant.

L'aspect futuriste est ici finalement complètement absent, l’intrigue tournant plutôt autour d’une régression à l’état Moyen Ageux des campagnes françaises.

La « nouvelle » société ainsi crée, se recentre autour de valeurs fortes et rurales comme la terre, l’élevage, la religion et l’art (défensif) de la guerre.

Cette société plutôt primitive ne s’embarrasse pas en effet de sophistication.

Les femmes y sont reléguées à des taches ménagères ou reproductrices, la religion est érigée en valeur refuge finalement jugée indissociable de la nature humaine.

Le personnage de Comte comme guide emblématique peut parfois gêner tant il prend le pas sur les autres personnages nettement relégués au second plan car malgré un ersatz de démocratie, Comte n’a pas vraiment de rival  politique à Malevil et cumule bien vite les pouvoirs de chef  religieux et militaire.

On pourra donc contester cette vision de la reconstruction de l’homme ancrée sur des valeurs à mes yeux assez discutables.

Pour le reste, le roman est bien écrit, dans un style campagnard, direct et vivant.
Le démarrage est un peu long, certains passages aussi mais les péripeties arrivant au fur et à mesure insuffle le rythme nécessaire pour tenir le lecteur en éveil.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Fulbert, véritable serpent distillant son venin mortel jusqu’à la fin du roman.

Pour information « Malevil » a été adapté au cinéma dans les années 80, avec Michel Serrault, Jacques Dutronc et Jacques Villeret.

Le roman demeure pour moi bien inférieur sur le fond et la forme à « Ravage » de Barjavel.

Repost 0
13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 21:28


Dans les salles en cet été 2009, « Terminator 4 : Renaissance »  réalisé par Joseph Mac Ginty.

Plus jeune j’avais vu en 1984 une affiche du premier Terminator au cinéma, j’étais alors trop jeune pour aller voir ce type de film mais même avec mes yeux d'enfants j’avais été impressionné par la carrure et le look façon blouson de cuir d’Arnold Schwarzenegger.

Plus tard j’ai découvert le film, ai adoré cette série B jouissive ou un invincible tueur cyborg de métal venu du futur distribuait les bourre pifs dans notre présent tout en mariant impassibilité mécanique et humour à froid assez dévastateur.

Fasciné par la Robotique, je suis donc devenu un fan, ne manquant aucune des aventures de mon  cyborg autrichien préféré.

On peut donc dire que j’ai grandi avec ce personnage en allant du premier émoi d’enfant au stade de jeune adulte en passant par celui de l’adolescent passionné se repassant en1991 le clip des Guns and Roses « You could be mine » en boucle.

Le 4 ieme opus se déroule en 2018, pour la première fois sans Schwarzengger (ou presque !) et après le jour du Jugement Dernier c’est à dire le déclenchement de la guerre nucléaire par Skynet l’intelligence artificielle déclarant par la même occasion l'ouverture de la guerre entre machines et hommes.

Le film commence par mélanger les trajectoires de personnages sans lien apparent.

Si Joseph Connor interprété par Christian Bale (acteur que j’adore) est bien connu des fans de la saga comme celui qui mettra fin au régne des machines, le personnage de Marcus Wright (Sam Worthington) condamné à mort ayant légué son corps à la science en 2003 est plus surprenant car sans lien apparent avec la mythologie.

Lors d’une offensive contre une base tenue par les machines, Joseph Connor découvre un moyen de les vaincre en utilisant un signal qui a une certaine fréquence les met hors service.

La base est ensuite rasée par une explosion et Connor demeure apparemment le seul humain survivant.

Mais Wright enfermé dans les sous terrains de la base est lui aussi mystérieusement libéré après 15 ans d’oubli depuis son exécution.

Il erre dans le décombres d’un monde en ruine ou les humains font partie d’un mouvement de Résistance dont l’un des chefs emblématique est Connor.

Wright fait la connaissance d’une petite fille muette et de Kyle Reese, adolescent, qui sera le futur père de Joseph Connor puisque celui ci vient d’un futur encore plus éloigné.

Tous les trois passent par bien des épreuves …

Lors d’un assaut des machines, Kyle et la petite fille sont enlevés et emmenés dans l’antre de Skynet à San Francisco.

Wright échappe aux machines et entre en contact avec la Résistance.

Mais une surprise attend Connor qui découvre que Wright est réalité un cyborg doté d’un cœur et d’un cortex humain …

Le plus troublant est que Wright est lui même persuadé d'etre un humain.

Après plusieurs rebondissements, les deux « hommes » décident de collaborer pour aller chercher Kyle dans l’antre de Skynet avant que la Résistance ne lance une grande offensive pour détruire Skynet à l’aide du signal désactivant les machines …

Sans vouloir tout raconter, j’ai trouvé « Terminator 4 : Renaissance » époustouflant.

Alors oui l’absence de Schwarzenegger constitue un handicap mais le film parvient pour moi à compenser ce manque.

Le scénario est redoutable, avec de multiples revirements et changements de rapports de forces entre les hommes et les machines.

Le personnage de Wright terriblement ambigu puisque « cyborg » poussé à l’extrême, presque plus humain que robot est fantastiquement attachant.

La réalisation est incroyablement musclée, avec l’utilisation de caméra mobiles à hauteur d’épaule créant une formidable impression de réalisme et de choc visuel permanent durant les scènes d’actions.

Les effets spéciaux m’ont bluffé, la créativité autour des machines étant exceptionnelle entre Terminator soldats classiques T-600, lourds, puissants, aussi impitoyables que malhabiles, gigantesques fantassins robotisés grands comme des immeubles, robots espions volants, robots chasseurs de combat ou forteresses volantes, robots-motos aux trajectoires infernales ou robots aquatiques ressemblant à de redoutables serpents mécaniques …

Et puis la cerise sur le gâteau, le T-800, le Terminator ultime, un Arnold Scharzenegger de 25-30 ans dopé à l’énergie nucléaire.

J’ai aussi adoré les clins d’œils aux anciens opus, les répliques « cultes » replacées au bon moment, l’allusion aux Guns and Roses et celle plus surprenante en forme d’hommage à Alice in Chains groupe que je vénère et qui me donne envie de pleurer chaque fois que je l’écoute.

Les deux scènes les plus fortes pour moi : l’attaque du Terminator géant sur la station service avec la poursuite entre camion citerne et robots-moto, digne d’un Mad Max robotique et bien entendu l’affrontement final dans une usine-fonderie, lui aussi superbe clin d’œil au premier volet.

De plus les acteurs sont beaux, charismatiques, hommes comme femmes …

J’ai donc retrouvé tout ce que j’aime dans ce 4ieme volet, un film de science fiction sombre au scénario captivant, des magnifiques trouvailles technologiques et des scènes d’action tenant en haleine dans un esprit finalement très heavy metal.

 « Terminator » contrairement à « Matrix » ne montre pas des bellâtres aseptisés et asexués faisant du kung fu avec arrêt sur images dans un monde virtuel, il traduit une lutte entre l’organique et le mécanique, la contestation d’une domination des machines basée sur une supériorité physique réelle et non virtuelle ce qui est bien plus effrayant pour moi.

En résumé, le film de SF parfait pour moi …

Et cette question cruciale qui restera en suspens : « Qui gagnera la bataille des robots de l’été entre Terminators et Transformers » ?

Pour ma part mon choix est fait, Spielberg aura bien du mal avec ses "jouets" …

Repost 0
13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 16:15


Pour beaucoup « Matrix » des frères Wachowski, sorti en 1999 est un film culte, voir sans doute l’un des meilleurs films de Science Fiction de tous les temps à l’égal de la Guerre des Etoiles.

Pour ma part j’avais vu le film à sa sorti en salle, je n’avais pas spécialement accroché, j’avais par acquis de conscience vu le second avant devant mon insatisfaction croissante de tout  laisser brutalement tomber.

J’ai donc revu 10 ans après le premier volet avec je l’espère un œil neuf, plus mature.

Le résultat est que « Matrix » est un bon film de Science Fiction mélangeant habilement action, technologie et philosophie.

La force du premier Matrix réside pour moi dans son scénario, complexe, ambitieux et très abouti.

L’histoire est il est vrai dense, assez paranoiaque, truffée de personnages et de rebondissements.

Elle marque aussi une progression pour le spectateur dans la compréhension du récit.

Finalement le héros, Thomas Anderson (Keanu Reeves) ce cadre dans une multi nationale high tech aseptisée, hacker informatique la nuit qui se retrouve happé par des événements qui le dépassent, pourrait être beaucoup de gens dans la société moderne compte tenu du nombre croissant de « geeks »  ingénieurs informaticiens dans notre société.

Bon évidemment la sédentarité et le régime coca-pizza ne garantissent pas forcément le physique musclé et athlétique de Keanu Reeves mais le cinéma n’est il pas fait pour rêver après tout ?

Dans le film, Anderson alias « Mister Nobody » est donc contacté par une organisation mystérieuse présidée par un certain Morpheus (Laurence Fishburne).

Morpheus lui révèle que le monde dans lequel il vit n’est pas la réalité mais un monde virtuel et factice appelé Matrice contrôlé par des Intelligences Artificielles.

Ces I.A ont combattu et vaincu les hommes lors d’une guerre nucléaire et ceux ci sont à présent réduit à l’état d’élevage, fournissant le combustible énergétique pour faire tourner le mondes des machines.

Les humains croient donc vivre leur vie dans la Matrice alors qu’ils sont en réalité maintenu dans des cocons, inconscients et nourris artificiellement.

Meme leur reproduction est assurée par les I.A.

Seuls quelques humains « survivants » comme le groupe de Morpheus luttent encore et se cachant dans les repli sous terrains du monde réels.

Ces survivants mènent des actions commando en pénétrant dans la Matrice via les connections téléphoniques.  

Ils sont pourchassés par les I.A qui leurs envoient des virus logiciel comme l’Agent Smith (Hugo Weaving ) ou des pieuvres traquant dans le monde réel leurs vaisseaux.

Selon un Oracle, Anderson a été annoncé comme étant Néo, l’Elu qui libérerait l’humanité de l’emprise de la Matrice.

Anderson voit donc toute sa réalité s’écrouler et doit combattre son incrédulité devant ce qu’il découvre.

Morpheus lui sert de mentor, il l’entraîne, enfin il lui apprend surtout tous les arts martiaux et le maniement des armes à feu plutôt que de passer du temps au développement de ses capacité intellectuelles.

Mais malgré cela, le doute plane, Anderson est il vraiment l’Elu ?  Sera t il à la hauteur de cette tache quasi christique ?

C’est tout l’enjeu du premier film pour moi, la consolidation des capacités d’Anderson a accomplir la prophétie de l’Oracle.

Bien, voilà donc pour les cotés plaisants.

Ce que j’aime moins dans Matrice se situe dans l’esthétique, avec ce mélange de neo gothique sado maso branché, de technologie et de vague philosophie martiale.

Ce mélange s’avère globalement peu crédible et assez indigeste.

Je suis également toujours surpris que pour un film sensé se passer dans un futur évolué et hyper technologique, les combats se passent encore à base d’arts martiaux et de fusillades à l’arme à feu !

Les combats justement, certes il y a l’utilisation de procédés techniques révolutionnaires pour « figer » les personnages en l’air, de leur faire esquiver les balles et grimper aux murs mais la majeur partie d’entre eux restent très basiques avec un déluge de balles à la limite du ridicule dans la scène ou Néo vient délivrer Morpheus capturé par l’Agent Smith.

L’Agent Smith peu impressionnant physiquement n’est pas aussi pour moi pas un « ennemi » crédible, avec son costume et son look de cadre supérieur trop propre sur lui.

Quand à la pseudo histoire d’amour avec Trinity alias Carrie Anne Moss (dont l’un des mes amis était amoureux à l’époque !)  je n’y ai pas cru non plus …

En conclusion, Matrix repose sur une bonne idée à base dans la grande tradition de la Science Fiction à la Philippe K Dick ( Ce que nous vivons est il  réel ? ) , à savoir un scénario fouillé et prenant mais ni les acteurs ni l’imagerie ni les scènes d’action ne m’ont fait pleinement adhérées à ce joli produit high tech (pour l’époque).

Matrix demeure néanmoins une audacieuse incursion dans le monde de la SF, ce qui par rapport à la médiocrité de la production cinématographique n’est pas à négliger.

Quand au succès du film il s’explique bien évidemment par ses multiples niveaux de lectures, film d’action/kung fu pour les moins cérébraux, film de réflexion à tiroirs quasi philosophiques sur le monde moderne pour les autres.

Repost 0
30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 16:22


C’est en regardant le film de Steven Spielberg, terriblement impressionnant que j’ai eu envie de lire « La guerre des mondes » le classique  de H.G.Wells.

L’histoire peut paraître classique mais comparée à l’époque (1898) ou elle a été écrite elle est en réalité incroyablement avant gardiste .

Le récit se déroule à Londres, ou un homme qu’on devine écrivain ou scientifique, raconte à la première personne du singulier l’invasion de la capitale britannique par une armée de Martiens.

A partir de la chute d’un objet cylindrique sur la Terre, Wells instaure un climat allant crescendo de la curiosité à l’inquiétude puis basculant dans l’angoisse et la panique quand la véritable nature belliqueuse des envahisseurs se révèle.

L’idée de base sur laquelle repose le roman est que les Martiens disposent d’une technologie supérieure à celle des humains et qu’ils ont pour désir de coloniser la Terre.

Pour se faire ils utilisent des machines sophistiquées comme d’immenses tripodes mécaniques de 30m de haut sur lesquels ils se déplacent à pas de géant.

Ils disposent aussi d’armes offensives terrifiantes comme de tubes capables de produire des Rayons Ardents détruisant et brûlant tout sur leur passage mais aussi une Fumée Noire mortelle.

Les armées humaines de la fin du XIX ième siècle sont donc rapidement mises en déroute et bien vite la ville se trouve complètement désorganisée.

Nous suivons donc le basculement de Londres dans le chaos, l’exode des populations civiles, les habituelles scènes d’émeutes, pillages et de meurtres qui surviennent lorsque des gens sont poussées à bout.

Le lecteur est rapidement captivé par le style clair, percutant de Wells et par son immense talent d’écrivain se traduisant par un sens du rythme, du suspens et de la description peu commun.

Le personnage principal erre, affamé et terrorisé comme un vagabond dans le Londres dévasté et désert d’une humanité en déroute.

Pour rajouter à l’horreur de la situation, on apprend que les Martiens capturent les êtres humains pour en aspirer le sang dont il se nourrissent.

Les hommes se retrouvent donc en position d’animaux chassés mis dans des sortes de paniers de pêche perchés sur les tripodes.

Alors que tout le monde s’apprête à se résigner à la domination martienne, l’invasion cesse aussi rapidement qu’elle a commencé, les envahisseurs succombant aux bactéries humaines que leurs organismes ne peuvent supporter.

Etrange paradoxe quand l’infiniment petit vient à la rescousse de créatures se croyant être l’égal des Dieux.

« La guerre des mondes » est un roman passionnant, effrayant, foisonnant d’idées d’une force peu commune.

Wells, homme de gauche aurait voulu écrire une dénonciation du colonialisme ou des hommes (souvent Blancs) asservissaient des populations entières de gens qu’ils considéraient comme des animaux.

Il y a aussi une captivante interrogation sur la prétendue supériorité de l’homme sur l’espèce animale.

Mais plus que ces grands thèmes de fond, j’ai apprécié les réflexions au vitriol contre les hommes attachés à leurs biens personnels, contre la religion, avec la présence d’un vicaire complètement dépassé par les évènements qui ne voit que dans l’invasion que l’accomplissement d’un châtiment divin et qui basculant dans la folie contraint le héros à un assassinat.

Il y a aussi une charge inouïe contre la bureaucratie, ces employés à la vie minable qui accepteront très vite la nouvelle loi du plus fort et de devenir du bétail pour Martiens avant d’être placidement saignés.

Encore plus intéressant est le personnage du soldat survivant, rêvant de fonder une nouvelle société sous terraine, alors qu’on pourrait penser le héros (et donc Wells ?) séduit par ses idées, ce dernier se détourne en le qualifiant d’utopiste, de rêveur.

On serait donc tenté d’y voir une forme de condamnation de la révolution …

Au résumé si j’avais trouvé le film intéressant, le livre est comme souvent encore plus passionnant et constitue un des meilleurs livres de science fiction que j’ai lus de ma vie.

On pourra donc reprocher au film de Spielberg d’avoir changé le lieu de l’action, délaissant la Grande Bretagne pour les Etats Unis et d’avoir quelque peu gommé le discours de gauche Wellsien.

Repost 0
27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 10:31


Passage vers la Science Fiction avec « Champs mental » recueil de courtes nouvelles écrites dans les années 70 par Frank Herbert un des maîtres du genre.

Le fil conducteur de ces nouvelles est la communication et les processus mentaux associés.

Je dois concéder ne pas avoir eu beaucoup de plaisir à la lecture de cet ouvrage.

Les nouvelles sont assez disparates et peu d’entre elles m’ont vraiment passionnées.

J’ai bien aimé « Meurtre vital » une histoire hallucinante d ‘un double organisme vivant Tegas/Bacit colonisant l’esprit des êtres humains pour survivre, organisme lui même pris au piége dans un corps et traqué par des scientifiques acharnés.

J’ai été impressionné, captivé par le souffle et l’imagination de cette histoire.

J’ai trouvé « Le Comité du Tout » visionnaire et audacieux avec l’idée que  l’invention d’une arme à puissance quasi illimitée obligerait les hommes à tous se respecter et à se considérer comme semblables, idée d’ailleurs flirtant avec des thèses communistes en vogue à l’époque.

« Essayez de vous souvenir » est également plaisante même si plus classique et oeuvrant dans une schématique surexploitée à présent :  l’arrivée d’une vaisseau spatial peuplé d’extra terrestres lançant un ultimatum à la race humaine : « Comprenez notre langage ou mourez ».

Et cette race humaine bien obligée de faire preuve d’humilité et de revenir aux bases de la communication, du langage.

Pour le reste, je n’ai pas accroché à l’autre moitié du livre, passant complètement à coté de cette histoire d’épidémie tuant les chiens ou de celle de recréation de simulacres d’êtres  humains conditionnés mentalement à partir des modèles originaux mourants.

A l’arrivée un sentiment mitigé donc et une déception.

Je pense un jour lire la saga de « Dune » le chef d’œuvre de Frank Herbert.

J’avais beaucoup apprécié le film de David Lynch.

 

 

Repost 0
25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 19:46


« Ce que disent les morts » sera la première nouvelle de Philip K Dick que je chroniquerai dans ces pages.

Dick est pour moi le pape de la Science Fiction, une sorte de complément au travail plus scientifique d’un Isaac Asimov.

Cette histoire débute par le décès de Louis Sarapis, un richissime homme d’affaires ayant fait fortune dans le transport Terre-Mars, en utilisant quelques fois des moyens peu recommandables pour notamment neutraliser les syndicats.

L’histoire n’est pas datée dans le temps mais on comprend assez vite que nous sommes dans le futur.

Suivant la procédure habituelle en ces temps, le défunt n’est pas directement enterré mais plongé dans un état de semi-vie cryogénique d’une durée maximale d’un an.

Pendant cette période, le semi-mort conserve donc un état de conscience latent et peut communiquer avec les vivants au moyen d’instruments.

Bien sur son état s’étiole au fil du temps jusqu’à complètement se détériorer, alors le semi-mort est définitivement enterré mais si son temps de semi-vie est parcimonieusement réparti, il peut conserver un fragile lien avec le monde des vivants pendant 25 ans moyennant des frais de maintien bien entendu très coûteux.

Dans le cas de Sarapis, la succession attise bien des convoitises de la part de ses ex collaborateurs.

Le personnage principal Johnny Barefoot est l’ancien directeur de la communication de la société d’assurances de Sarapis : Wilhelmina.

Proche de Sarapis, il lui doit toute sa carrière.

L’empire commercial de Sarapis est surtout convoité par Saint Cyr et Harvey, deux anciens collaborateurs de Sarapis qui sont prêt à toutes les manœuvres pour récupérer le pactole.

Seul obstacle à leurs dessins, Kathy la petite fille de Sarapis, jeune femme instable et toxicomane, inapte sans doute à diriger la société mais légalement seule héritière de la gestion de Wilhelmina.

Rapidement Barefoot entre en contact avec Kathy mais d’étranges phénomènes se font alors connaître.

En effet la procédure de réanimation de Sarapis a échouée mais sa voix se fait entendre du fin fond de l’espace.

L’esprit de Sarapis semble pouvoir contrôler toute les formes de communications terrestres, téléphone, radio, journal automatisé, télévision, machine à écrire …

Le défunt donne ses directives,  confirme l’autorité de sa petite fille devant les rapaces et soutient la candidature d’un homme politique qui se présente aux élections locales.

Le vieil homme mort instaure une climat de paranoïa complète autour de sa succession.

Barefoot pris entre deux feux, se sent attiré affectivement par Kathy mais est soumis à la raison économique et aux pressions du duo infernal Saint Cyr / Harvey.

Un jeu d’échecs sur fond de phénomènes d’outre tombe s’enclenche alors.

« Ce que disent les morts » est pour moi dans le plus pur style Dickien.

Altération de la réalité, questionnement autour de l’esprit, de la mort, de l’au delà, jeux autour de la paranoïa, de la manipulation mettant en scène des personnages névrosés, mal dans leur peau, suicidaires ou drogués.

Pourtant la fin de la nouvelle m’a quelques peu déçue par son coté très normal et terre à terre.

Les toutes dernières pages ont également un goût d’inachevé.

Pour ces raisons je ne classerais pas ce livre dans les œuvres majeures de Dick.

 

Repost 0
7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 22:51

Ilium.jpg
Question qui peut tarauder un moment le lecteur  : « Ilium » de Dan Simmons est il un chef d’œuvre, un space opéra magistral de la trempe d’ « Hyperion » ou bien une grosse bouse intergalactique ?

Difficile en effet de trancher immédiatement en effet quand on achève ce monumental pavé de 600 pages en version 20 x 15 centimètres.

Alors on cogite quelques temps, on relit des passages pour digérer et analyser le tout.

Dans cette saga de Science Fiction, Dan Simmons décrit un monde futuriste alambiqué et complexe avec une histoire découpée en trois groupes de personnages chacun dessinant peu à peu une parcelle de ce monde pour au final être sensée former un grand tout compréhensible.

Le premier groupe qu’on pourra qualifier de principal constitue  la partie « historique » du roman, c’est à dire la description d’un scholiaste du futur chargé d’assister des ses yeux au conflit de la guerre de Troie pour en vérifier sa conformité avec le récit d’Homère.

Hockenberry, scholiaste extrait du XX iéme siècle est le narrateur principal de ce conflit épique mettant aux prises Argiens et Troyens.

Hockenberry s’avère rapidement balourd, plutôt vulgaire (américain ?) mais surtout dépassé par les évènements et manipulé par les Dieux de l’Olympe.

Ceux ci semblent dotés de pouvoirs mêlant technologie et magie.

Hockenberry manipulé par sa « Muse » se voit doté de gadgets électroniques pour se télé porter ou se défendre et du fameux casque d’Hadès pour observer en étant invisible même des Dieux.

Par ce personnage, analogue au poète d’Hyperion, Dan Simmons met  à mon sens beaucoup de sa vision personnelle des évènements et réalise sans doute un fantasme caché : marcher sur les traces d’Homère.

Le deuxième groupe est constitué d’un groupe d’humains errants.

Leur aventures sont mystérieuses et difficile à suivre.

On comprend par leur intermédiaire que la race humaine est en voie d’extinction et que des post humains ont pris le pouvoir, créant des esclaves robotisés pour les assister (les voynex ) ainsi qu’une gigantesque  entité biosphère produit de la fusion d’internet, du monde vivant et de programmes d’intelligence artificielle.

Cette entité baptisé Prospero  devenue autonome s’est apparemment rebellé et a créé des monstres mutants (les calibani ) pour lutter contre ses anciens maîtres les post humains.

Le point commun avec le premier groupe reste Odysseus, nom grec d’Ulysse qui égaré dans le temps par Circé participe se joint en cour de route à leurs aventures.

Le troisième groupe est constitué de deux robots (Ophu d’IO  et Mahmut ) envoyés en mission sur Mars pour analyser une mystérieuse activité d’hommes verts manipulant des sources d’énergie quantique et terra-formant la planète.

Ces deux robots appartiennent aux Moravecs des Intelligences Artificielles semées par les humains autour des planètes extérieures pour une raison inconnue.

Leur particularité est d’être des fanas de littérature, l’un citant Proust, l’autre Shakespeare.

Ces deux robots sont également plutôt sympathiques car comme Hockenberry souvent victimes des évènements.

Le roman plutôt dense et difficile à suivre laisse une quantité importante de questions laissées sans réponse (le rôle de Caliban, le personnage de Sétébos ? ) et se conclut par un fort « teasing » avec un prélude à une gigantesque bataille mettant aux prises troupes Moravecs et héros Argiens aux Troyens appuyés par les Dieux de l’Olympe courroucés de cette rébellion contre leur omnipotence.

A l’arrivée cette mixture historico-quantique demeure particulièrement lourde à digérer comme si Dan Simmons avait mis cette fois trop d’ingrédients dans la composition de sa recette.

Les batailles antiques sont il est vrai formidablement bien décrites mais le mélange avec les explications scientifiques et les technologies utilisées par les Dieux pour favoriser tel ou tel camps me paraît complètement tuer le charme de ce type de récit.

En effet, d’une part Dan Simmons malgré tout son talent n’égalera jamais Homère et d’autre part le charme de la mythologie est justement de ne pas faire appel au rationnel, à la science ou au compréhensible.

Donc en résumé pour connaître la guerre de Troie je préfère lire Homère et sa magie plutôt que Simmons et sa technologie qui m’explique que des Immortels ont besoin de séjourner dans des cuves énergétiques pour se réparer en cas de blessure.

Pour  l’aspect plus Science Fiction du livre, on ne remettra pas en cause l’imagination fertile et le sens de la narration de l’auteur, cependant j’ai eu du mal à accrocher à cette approche filandreuse d’internet ayant mal tourné.

Quand aux  petits hommes verts télépathes de Mars, j’ai cru d’abord à un gag mais au final ce n’en est pas un ..

L’idée des robots citant Proust ou Shakespeare me semble complètement superflue mis à part pour rendre un hommage artificiel à deux auteurs que Simmons admire sûrement.

On retrouve le même procédé dans Hyperion ou les poètes Byron et Keats sont abondamment cités.

En résumé je crois ne pas aimer quand les auteurs de Science Fiction s’inspirent du passé, comme si en manque d’inspiration ils cherchaient à puiser un regain d’inventivité (ou de respectabilité ? ) dans des sources quasi inépuisables comme l’Iliade.

Peut être en se confrontant trop directement à Homère, Dan Simmons a t il simplement visé trop haut.
Malgré son ambition « Ilium» demeure donc inférieur à « Hyperion» et ce de très loin.

Repost 0
25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 20:42

ravage.jpg

 « Ravage » de René Barjavel est un roman qui m’a été conseillé par un collègue.

Les auteurs de science fiction français sont très rares tant le genre est généralement outrageusement dominé par les américains, raison de plus pour m’intéresser à Barjavel sorte d’exception culturelle dans notre beau pays.

Publié en 1943, « Ravage » penche plus vers l’anticipation que vers la science fiction pure au sens « Aasimovien » du terme.

Barjavel situe l’action en France en 2052 et prêt de la moitié du roman se déroule dans un Paris futuriste.

Le personnage principal est François Deschamps (le choix de ce nom ne peut être du au hasard !), étudiant issu du monde rural venant à Paris pour aller chercher les résultats de son concours d’ingénieur agronome et pour voir sa fiancée d’enfance Blanche  qui vient de lâcher ses études sans rien lui dire afin de se produire dans une revue déshabillée.

La vision de la société décrite par Barjavel est intéressante : la plupart des gens ont quitté les campagnes et se massent des  villes de 25 millions d’habitants ou toutes les habitations ont été surélevées ou remplacées par d’immenses tours.

Bien sur la société est très fortement automatisée et les humains ne font plus beaucoup d’efforts physiques tant ils sont assistés.

Innovation majeure : les morts sont cryogénisés et conservés dans leur famille d’origine dans une pièce spécialement conçue à cet effet.

Les avions et trains volent à grandes vitesses  et permettent d’aller de Nantes à Athènes en quelques heures.

Curieusement les voitures à roue ont été gardées même si leur propulsion se fait par plusieurs procédés « révolutionnaires » , par quintessence ou par nucléaire.

Le plastec, nouvelle matière ultra résistante équipe la plupart des infrastructures.

Les avancées les plus impressionnantes sont dans le domaine agricole : la plupart des nourritures végétales ou animales sont cultivées dans des usines en se passant de l’apport de la nature.

Seules restent quelques régions rétives au progrès (dont la Provence ) et celle d’ou est issue François (prêt de Vaux ) qui ont conservées un mode de vie à l’ancienne.

On croit d’abord que l’événement qui va tout changer est l’annonce d’une offensive militaire de l’Amérique du Sud colonisée par tous les Noirs contre les Etats Unis mais curieusement on ne saura jamais ce qui ce qu’il adviendra de ce conflit.

Non l’événement majeur est l’altération pour une raison inconnue des propriétés électriques de la Nature.

Le monde moderne se retrouve brusquement privé d’électricité et la plupart des métaux s’avèrent inutilisables.

Bien entendu ce monde hautement technologique ne tarde pas à se détraquer.

Plus que la chute d’une civilisation, Barjavel nous décrit donc  l’Apocalypse, la fin du monde moderne.

Toute la société s’écroule en effet, les usines s’arrêtent, la nourriture et l’eau se mettent à manquer, une épidémie de choléra se déclare, les pillages commencent, la police privée d’armes pour contenir les foules s’avère bien vite débordée et rapidement la loi du plus fort pour la survie devient la norme.

Le climat se détraque également, un immense incendie ravage Paris et contraint François et Blanche à la fuite.

Ceux ci tentent de fuir vers le Sud pour retourner vers la société agricole.

Ils forment une bande avec d’autres fuyards pour se protéger des pillards.

Au bout de mille aventures ils parviennent à regagner Vaux le village dont est originaire François et fondent une nouvelle société.

La fin du roman est en quelque sorte la vision de Barjavel de cette nouvelle société basée sur un retour à une vie rude, proche de la nature.

Au final le livre me laisse un sentiment mitigé.

D’un point de vue littéraire le livre est une réussite, l’histoire est rythmée, très prenante et on est happé par les terribles descriptions des catastrophes naturelles par Barjavel.

Celles ci sont en effet décrites manière extrêmement violentes et intense.

Si les questions posées par Barjavel me semblent pertinentes surtout à une époque ou on nous martèle tous les jours que nous devons changer notre mode de vie pour sauver la planète,  si je pense que notre monde moderne et évolué est au final très fragile et susceptible d’être rapidement anéanti par un dérèglement naturel majeure, je ne partage pas en revanche la vision proposée par l’auteur au sujet de la société idéale.

Le modèle basé sur une vie à la dure totalement privé de machines laisse en effet songeur.

L’organisation sociale fondée sur un patriarche, chef de clan unique omnipotent désignant son successeur au mérite et l’instauration de la polygamie obligatoire me paraissent dignes des sociétés tribales.

Le passage ou la nouvelle communauté tue le forgeron ayant voulu recréer une machine roulante me paraît excessif et aller contre la nature profonde de l’homme qui sera toujours de créer des outils, des armes pour se faciliter la vie.

Quand au passage concernant le fait de brûler tous les livres autres que ceux de  poésie, il me rappelle les méthodes des nazis ou des sociétés fascistes en générale.

Il est étonnant qu’un écrivain tienne de tel propos.

D’ailleurs Barjavel fut assez critiqué sur cela et fut même accusé de Pétainisme.

Le découpage de la France en deux, l’une mécanisée et ayant perdu son ame au Nord d’un coté, l’autre agraire et pure au Sud me rappelle aussi la division opérée avec le gouvernement de Vichy.

De manière plus générale, la description des horreurs fait pour moi référence de manière détournée à ce que peut subir une population en temps de guerre.

Pour sa dernière partie donc, « Ravage » laisse un arrière goût de malaise.

Cependant ce livre mérite d'etre lu pour sa réflexion autour des limites éventuelles au développement de l'homme, de son rapport de dépendance vis à vis de la nature et pour ses pures qualités littéraires qui elles ne sont pas à remettre en cause.

Repost 0
21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 21:44

faucheur.jpg
Je suis quelqu’un qui aime les variations, retour donc vers la Science Fiction avec « le Faucheur » de David Gunn.

Le choix de cet ouvrage m’a été dicté par une impulsion, j’ai en effet été impressionné par la couverture morbide et le résumé au dos qui promettait un livre sans concession.

« Le Faucheur » raconte les péripéties d’un homme du nom de Sven Tveskoeg, légionnaire rebelle évoluant dans un futur indéterminé.

Dans ce monde se déroule une guerre entre deux factions, les Exaltés et les Octoviens à laquelle appartient Sven.

Les Exaltés semblent être dirigés par des machines complexes répondant au nom d’Exarches.

Les Exarches utilisent en plus de leurs troupes régulières, des humains génétiquement modifiés disposant de capacités surhumaines : les Casques d’Argent dont la puissance est proportionnelle au nombre de tresses poussant sur leur tête.

En face on ne sait rien si ce n’est qu’un empereur  Exarche renégat Octo V, dispose d’une troupe d’élite répondant au nom de Faucheurs pour combattre aux cotés des soldats classiques et auxiliaires.

Au sein de l’univers, ces deux factions ne sont pourtant pas majoritaires, en effet au dessus d’elle règne une force majoritaire et dominante U/Libre qui observe le conflit en toute neutralité.

Rien ne nous est donné sur l’origine de cette lutte mais les explications ne semblent pas être  le point fort de ce premier roman.

Sven est une sorte de super soldat, il n’est pas tout à fait humain, dispose d’un pouvoir auto guérisseur lui permettant de survivre à d’atroces blessures et l’un de ses bras a été remplacé par une prothèse métallique.

La première partie du livre se déroule dans un monde désertique et brûlant ou Sven rencontre des monstres effrayants répondant au nom de Ferox avec lesquels il parvient à communiquer par un mystérieux processus télépathique.

Suite à ses facultés de combattant Sven est recruté par les Faucheurs et se voit envoyé à la guerre sur la planète Farllight

Les Faucheurs lui incorporent un être symbiotique, un kip, qui lui permet de communiquer par télépathie avec sa hiérarchie.

Mais Sven  supporte mal ce corps étranger et le maîtrise mal.

Une fois sur Farllight le roman s’oriente vers un long récit guerrier un peu assommant de testostérone.

Au final, Sven s’illustre brillamment dans cette guerre et parvient à infliger de lourdes pertes aux Exaltés : il élimine deux Exarches et deux Casques d’Argent un général et sa sœur.

Le livre se termine sur un coup de théâtre laissant augurer une suite.

Je n’ai pas apprécié « le Faucheur » .

Certes, il y a la une séduisante idée d’avoir voulu créer un space opéra, une grande aventure épique avec grand nombre de personnages et des séjours successifs sur plusieurs planètes.

Il y a aussi de bonnes idées comme le passage dans la tribu des Ferox, leur rôle pour l’instant très mystérieux dans ce conflit et le SIG Diablo, le pistolet intelligent de Sven, doté de parole et de réactions quasi humaines le plus souvent extrêmement amusantes.

Mais j’ai été gêné par le style d’écriture et le manque de complexité des personnages.

Apparemment David Gunn est un militaire, cela se sent dans son écriture.

Son style est brutal et peu recherché.

On sent chez lui un intense plaisir à décrire le monde militaire, sa hiérarchie et son mode opératoire.

On pourrait aussi parler de jouissance primaire à décrire de sanglants combats.

Le héros est une brute ultra virile, une machine à tuer invincible ne s’embarrassant pas de réflexions métaphysiques ou de sentiments très profonds.

Je n’apprécie pas ce type de personnages trop caricaturaux à la psychologie sommaire.

J’ai plusieurs fois pensé à Vin Diesel et aux chroniques de Riddick que je trouvais néanmoins plus abouties avec un aspect religieux plus intéressant.

Ces défauts de style ont nuit à mon plaisir et ne me donneront pas envie de poursuivre le cycle entamé.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens