Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 19:12

Control.jpg

3

 

Fan de films musicaux j’ai vu par curiosité « Control » de Anton Corbijn.

Ce film datant de 2007 est un biographie autour de la vie de Ian Curtis chanteur du groupe de rock estampillé cold-wave Joy Division.

Dans une ambiance glacée en noir et blanc, Corbijn décrit la vie de Ian (Sam Riley), jeune homme solitaire et taciturne de Manchester, qui travaille vaguement dans une ANPE locale pour gagner sa vie mais surtout écrit des textes, fume, rêve, et écoute beaucoup de musique la quasi totalité de son temps.

Nous sommes à la fin des années 70 en Angleterre et le mouvement punk des Sex Pistols bat son plein.

Ian est également fasciné par David Bowie qu’il imite devant sa glace.

Il fonde un groupe de rock nommé Warsaw avec quelques amis, Bernard Sumer (James Pearson) à la guitare, Peter Hook (Joe Anderson) à la basse, Stephen Morris (Harry Treadaway) à la batterie,  et commence à se produire dans les clubs locaux.

Le groupe change rapidement de nom pour prendre le nom plus provocateur de Joy Division et le succès est alors fulgurant, il faut dire que le style du groupe, mélange de rock minimaliste dur et froid avec de subtiles nappes synthétiques est assez novateur à l’époque.

Ian impose sa belle voix grave et sensuelle, ses textes intelligents et sombres, et un style scénique original et intense composé de mouvements saccadés issus des crises d’épilepsie dont il est quelques fois atteint.

Ian rencontre Deborah (Samantha Morton) , l’épouse très vite et a rapidement un enfant avec elle.

Mais le succès happe le groupe qui signe avec Tony Wilson (Craig Parkinson) animateur reconnu et habile qui fera beaucoup pour faire connaître le groupe en Grande Bretagne et en Europe.

Ian se retrouve pris dans un tourbillon qu’il ne maîtrise plus et perd les pédales.

Il rencontre Annik (Alexandra Maria Lara) une belle brune élancée pseudo journaliste belge admiratrice de la musique de Joy Division et se met à tromper Deborah qui ne peut le suivre en raison de l’éducation qu’elle doit donner à leur bébé.

Ian semble très mal vivre cette situation, il est rongé par le remord, le succès le dépasse, le rythme de concerts l’épuise, ses crises d’épilepsie se font pus fréquentes et surviennent même pendant un spectacle.

Il s’enfonce dans la souffrance, la drogue et la dépression.

Cruel paradoxe, alors que en 1980 le groupe s’apprête à partir pour la première fois en tournée aux Etats Unis, Ian Curtis craque et se suicide en se pendant dans sa cuisine.

En conclusion, « Control » est un film bien à l’image de son personnage principal et de la musique de son groupe, glacé, triste, torturé et quelques fois émaillé de superbes passages qui sont en fait ceux ou Joy Division joue sur scène.

On ne pourra s’empêcher de penser au destin de Kurt Cobain, lui aussi dépressif et mort prématurément car il ne supportait pas le succès, même si on est ici bien loin du de l’ampleur et du faste des groupes de rock américains.

Je ne recommande pas à quiconque à une baisse de moral ou traverse une mauvaise passe de voir ce film sombre et dépressif narrant les tourments intérieurs d’un artiste malade et fragile.

En revanche, « Control » fut pour moi une magnifique occasion de découvrir le musique de Joy Division et la voix envoûtante de Ian Curtis, dont je suis à présent grand amateur.

Rien que pour ça ..


Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 16:35

naughty_doggie_.jpg3.gif

 

Après un « American Caesar » intimiste et déroutant, Iggy Pop sort en 1996 un « Naughty little doggie » de facture plus simple et orienté rock classique.

On notera la pochette étrange représentant ce vilain petit toutou d’Iggy en vieux soldat casqué au visage exsangue et au regard hagard.

Pour ce disque, l’Iguane s’entoure pour d’un line up beaucoup plus modeste avec Eric Mesmerize à la guitare, de Hal Wonderful à la basse et Larry Contrary à la basse.

L’album débute par « I wanna live » ,  très bon mid tempo rock aux paroles particulièrement touchantes sur lesquelles Iggy confie de sa belle voix grave sa volonté de  vivre encore un peu...

Renouant avec le coté salace de l’artiste, « Pussy walk » s’avère pourtant plus plombé et moins fluide.

Iggy frappe fort sur « Innocent world » qui a toutes les caractéristiques du tube rock avec ses refrains entraînants et ses belles mélodies de guitares.

Beaucoup plus poussif, « Knucklehead » à tout du titre peu inspiré à rapidement oublier.

Meilleur morceau du disque, « To belong » est d’une toute autre stature, avec ses couplets mélodiques et ses refrains aussi puissants que fédérateurs.

Bien que mineur, « Keep on believing » possède une coloration légèrement plus punk pas forcément déplaisante quand on se rappelle du passé de l'artiste et de l'importance qu'il eut pour cette scéne.

Trés original et prenant, « Outta my head » possède un trés bon groove avec un son rock assez fantastique.

Il en fallait une, la voilà : guitare sèche et voix traînante font de « Shoeshine girl » la très belle ballade intimiste et crépusculaire de ce disque.

Bien que plus quelconque, « Heart is saved » a le mérite de relancer la machine par son rythme soutenu.

L’album se termine en douceur avec une deuxième ballade « Look away » un peu fade au demeurant.

A l’arrivée, ce « Naughty little doggie » laisse une impression un peu en demi teinte.

Ses qualités intrinsèques sont manifestes, la plus évidente étant la remarquable homogénéité des morceaux, pratiquement tous de bonne qualité.

L’album sonne très bien, avec un son rock clair, organique, chaleureux, puissant sans être trop écrasant mais on pourra reprocher peut être un manque de folie dans l’ensemble, un coté trop ronronnant, linéaire et maîtrisé qui fait que l’auditeur n’éprouve pas le grand frisson qu’il serait en droit d’attendre avec un artiste aussi légendaire et instinctif que le Reptile de Détroit.

« Naughty little doggie » ressemble donc bel et bien à un bon album de transition entre deux disques plus personnels ou Iggy Pop aura pris énormément de risques artistiques.

Il n’en demeure pas moins un bon disque de rock.


Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 09:04

new_values.jpg2.gif

 

Nous sommes à la fin des années 70, Iggy Pop s’est affranchi de son ami et associé David Bowie , tente de voler de ses propres ailes et de confirmer les succès de ses brillants premiers album « Lust for life » et « The Idiot ».

En 1979 sort « New values » qui opère un glissement vers le courant new wave qui émerge alors à l’époque.

Iggy est toujours avec l’ex guitariste des Stooges James Williamson qui produit le disque, Klaus Kruger à la batterie,  Jackie Clarck à la basse et Scott Thurston pour les claviers et instruments additionnels.

« New values » débute par le timide « Tell me a story »,  mid tempo rock pas forcément désagréable mais un peu trop tiède pour ouvrir un album de l’ex parrain du punk.

Lui succédant, « New values » est encore plus maigrichon avec ses riffs de Ramones agonisant.

Parler de femmes, voilà qui pourrait sans doute requinquer un prédateur sexuel comme Iggy Pop,  pourtant « Girls » sympathique et bien emballé, n’y parvient qu’à moitié.

A ce stade on a compris que « New values » ne sera pas un album de punk complètement destroy mais un disque plus rock, calme et posé ou les guitares seront mises en veilleuse au profit de sons plus synthétiques.

« I’m bored » chante l’Iguane, oserions nous dire que nous sommes aussi ennuyés que lui ?  Objectivement ce titre assez entêtant possède un groove de bonne qualité mais manque de conviction et de punch dans son exécution.

L’influence de Bowie se fait sentir sur « Don’t look down » , hyper mélodique,  truffé d’envolées saxophoniques et de chœurs enivrants au milieu desquels la voix d’Iggy en mode crooner s’impose avec classe.

Avec son atmosphère détachée et poétique et ses synthétiseurs ringards omniprésents, « The endless sea » est peu être le morceau le plus audacieux de ce disque et représente une véritable curiosité.

Rythmé et incisif, « Five foot one » est sans nul doute le titre le plus connu de ce disque et celui qui correspond le plus à l’image qu’on se fait d’un Iggy Pop dynamique et conquérant.

Bien que mineur, « How do you fix a broken heart » se montre néanmoins touchant tandis que « Angel » aux faux airs de « Angie » des Rolling Stones remplit efficacement son rôle de belle ballade de l’album.

Complètement quelconque, « Curiosity » est aussitôt oublié, avant  que la bête ne se déchaîne enfin un peu sur « African man » , complètement déjanté et flirtant avec le ridicule le plus complet.

L’album se termine heureusement mieux avec « Billy is a runaway » très rock qui sonne comme un bon morceau des Clash période pop-rock.

En conclusion, « New values » est un album moyen et décevant pour qui apprécie le style hautement énergétique de la musique rock pratiquée par Iggy Pop et ses Stooges.

Les guitares sont ici reléguées au rang d’instrument d’accompagnement, la batterie est amorphe, quand à Iggy Pop il semble ici avoir perdu tout le coté offensif de son chant.

Il reste donc des morceaux de pop-rock loin d’être mauvais mais trop peu audacieux et surtout trop peu inspirés pour réellement attirer l’attention.

« New values » marque pour moi le début de la plus mauvaise période d’Iggy Pop, qui durera jusqu’à la deuxième partie des années 80, sera marqué par des années d’errance musicale avec un basculement vers le son new-wave de l’époque et par de cuisant échecs commerciaux, il faut le dire assez mérités.

Et si seul le costume du mauvais garçon seyait au Reptile ?

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 22:13


En 1995 soit un an à peine après le retentissant succès de « Troublegum », Therapy ? sort « Infernal love » au style curieusement très éloigné de son prédécesseur.

« Infernal love » qui ouvre ce disque prend un chemin assez rock, alambiqué sur un rythme distordu et saccadé.

Malgré son introduction étrange, « Stories » morceau le plus accessible du disque avec ses refrains et ses riffs solides sera judicieusement sorti par la maison de disque qui voulait sans doute facilement capitaliser sur le succès récent du groupe.

Après c’est le grand plongeon vers l’inconnu ou presque, « Moment of clarity », lent, déchirant et superbe, s’inscrit dans une veine plus atmosphérique et intimiste ou la voix Cairns se révèle de manière très surprenante très convaincante dans un registre moins violent qu’à l’accoutumée.

« Jude the obscene » poursuit dans cette approche avec toutefois un peu moins de réussite mais « Bowels of love » se montre d’une irrésistible beauté mélancolique avec l’addition d’un violoncelle du plus bel effet.

Plus électrique, « Misery » rappelle fugitivement que les Irlandais peuvent toujours composer des titres rock rythmés et accrocheurs avant que « Bad mother »  sympathique bien qu’un peu mou ne vienne renouer avec le style général de ce disque.

« Me vs you » pousse encore plus loin l’expérimentation musicale avec l’usage de machines pour un résultat franchement médiocre.

La tentative de retour à un rock simple, frais et léger avec « Loose » n’aboutit qu’à un glissement vers la pop la plus insipide.

Heureusement « Infernal love » est sauvé par « Diane », reprise de Husker Du, superbe et lancinante ballade morbide agrémentée d’une magnifique mélodie joué eau violon.

Ce titre parlant des obsessions d’un tueur en série pour le viol et le meurtre fut malgré la controverse et la censure qu’il provoqua un énorme succès en raison de la beauté cristalline de sa mélodie.

Concluant l’album, « 30 seconds » punk rock corrosif semble bien semble bien déplacé dans cette ambiance glauque à l’humidité étouffante.

En conclusion « Infernal love » prenant le contre pied du style percutant et direct de l’infernale machine à tubes qu’était « Troublegum » et ressemble fort bien à un grand bras d’honneur au music business, comme si Therapy ? n’assumait pas son succès et cherchait inconsciemment à se saborder en perdant son public générliste par un brutal changement brutal de direction musicale.

 « Infernal love » est un disque déroutant et étrange, sauvé surtout par ses ballades d’une beauté rarement atteinte mais pêchant sur quelques expérimentations hasardeuses et ses morceaux rapides comme si ces derniers avaient été composés à contre cœur.

Meme si il marcha moins bien que « Troublegum » , « Infernal love » connut un succès honorable mais marqua le début d’une lente érosion artistique et commerciale chez un groupe pourtant talentueux, attachant et prometteur.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 22:15


En 1999, Skunk Anansie sort son dernier album « Post orgasmic chill » avant de se dissoudre dans le néant deux ans après.

On notera le remarquable effort fait sur la pochette très classe montrant le groupe dans une position d’attente dans un magnifique appartement lumineux avec vue sur l’océan.

Mais quel océan au juste ? Celui de l’inconnu ? Des nouveaux départs ? On ne le sera sans doute vraiment jamais.

« Post orgasmic chill »  débute par une gigantesque gifle avec « Charlie big potato »  véritable chef d’œuvre rampant d’une puissance, d’une noirceur et d’une profondeur que je ne soupçonnais pas chez ce groupe.

« Charlie big potato » diffuse sur une rythmique ultra massive à la « Kashmir » de Led Zeppelin, une atmosphère inquiétante, contrebalancée par d’intenses et dramatiques montées en puissance introduites par des nuages de cordes ou la voix de Skin s’élève vers les étoiles.

De mémoire, le clip chef d’œuvre de noirceur collait parfaitement à l’ambiance de ce titre majeur.

On retrouve avec un plaisir immense le Skunk Anansie du premier album sur « On my hôtel tv » : basse sautillante, riffs métalliques, tempo rapide, incisif, irrésistiblement ravageur.

« We don’t need who you think you are » alterne couplets languissant avec des refrains d’une puissance cataclysmique.

Comment résister à la voix enivrante de Skin sur « Tracy’s flow » , ballade déchirante à vous fendre l’ame ? Impossible pour moi.

« The skank heads » enclenche à nouveau le turbo et l’infernale machine à cracher du rock à haut potentiel électrique.

Continuant son incroyable marche en avant, Skunk Anansie sort « Lately »  mélodique en diable, véritable tube en puissance avec son refrain génialement fédérateur.

Ballade moelleuse dégoulinante de cordes, « Secretly » et « Good things don’t always come to you » plus sobre poussent le bouchon encore très  voir trop loin même si comme à son habitude Skin est irréprochable.

J’ai beau être critique sur l’usage de ballades, le groupe délivre sur « Cheap honesty » power ballade un savoir faire proprement renversant contre lequel on ne peut que s’incliner.

« You’ll follow me down »  avec sa belle mélodie très éthérée n’est pas désagréable mais s’enfonce tout de même dans un océan de guimauve.

« I’m not afraid » marque le retour à un rock terriblement puissant, sautillant et frais, parsemé de furieuses ruades punk judicieusement placées.

Nouvelle et ultime ballade « Post orgasmic sleep » n’a aucun intérêt si ce n’est de finir l’album sur une note endormante pour faire de beaux rêves.

« Post orgasmic chill » aurait sans doute pu être un album exceptionnel et  le meilleur de Skunk Anansie sans sa deuxième partie plombée de lourdes ballades.

Sur la première partie disque, le groupe réalise en effet des prouesses et atteint un niveau parfois prodigieux bien supérieur au pourtant déjà terriblement efficace « Paranoid and sunburnt ».

Alors certes Skin ne manque pas de coffre et de talent, mais le registre adopté mélodique à outrance s’écarte grandement des folles ruades rock pour converger vers une pop boursouflée et sucrée dure à ingurgiter.

La carrière météorique de Skunk Anansie (à peine plus de cinq ans !)  s’achève donc sur ce disque tour à tour impressionnant ou irritant avec le sentiment que le groupe termine sans avoir pu exprimer véritablement tout son potentiel, hésitant trop longuement entre le rock violent des débuts et les sirènes de la pop édulcorée qui leur tendaient logiquement les bras en une tentation que l’on peut logiquement comprendre quand on dispose dans ses rangs d’une chanteuse du calibre de Skin.

En 2009, après huit années de black out et d’éparses carrières solo, des rumeurs de reformations se font connaître, laissant à penser que Skunk Anansie n’a pas forcément dit son dernier mot.

So stay tuned ..

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 20:47



Après le succès foudroyant de leur premier album, les quatre anglais de Skunk Anansie récidivent très (trop ?)  vite avec « Stoosh » sorti un an après en 1996.

Reprenant l’idée de l’artwork précédent, la pochette est cette fois encore plus offensive comme si la chanteuse Skin crevait littéralement l’écran.

Fidèle à sa réputation, Skunk Anansie ouvre avec un « Yes it’s fucking political » , saccadé,  distordu et furieux.

Egalement très affirmé « All I want » oscille brillamment entre couplets pop à fleur de peau et  refrains rock survitaminés.

« She’s my heroin » fiévreux et tortueux, pousse la recette à un stade supérieur en enclenchant des cassures rythmiques toujours plus brutales.

Première véritable ballade, « Infidelity (only you)  » se montre plutôt plate et ennuyeuse malgré les indéniables qualités vocales de Skin.

Par la suite, Skunk Anansie trouve la recette du tempo parfait et signe avec « Hedonism » sa plus belle ballade, sans doute l’un de ses plus grands succès commerciaux.

Mid tempo rock trop aseptisés et contrôlés , « Twisted (everyday hurts) » et « We love your apathy » ronronnent gentiment sans convaincre.

Le groupe dévoile ensuite ses réelles intentions et enchaîne ensuite plusieurs ballades.

Si « Brazen » soutenue par un ensemble de cordes mettant superbement en valeur la voix aérienne de Skin, œuvre dans un style très emphatique, « Pickin on me » évolue elle dans un registre intimiste et minimaliste.

Tentative de réaccélération assez malheureuse sur « Milk is my sugar » qui malgré des percussions exotiques tourne complètement à vide, comme si le groupe n’y croyait pas.

L’album se termine sur « Glorious pop song » , la bien nommée, qui avec un air léger, pop et surtout grâce à la voix brûlante de Skin s’avère très efficace.

En conclusion, après un « Paranoid and sunburnt » gavé de tubes et de rock hautement énergétique,  « Stoosh » marque un très net adoucissement et une nouvelle orientation plus pop.

Une large prédominance de ballades du reste souvent réussies et des morceaux rock plus contrôlés perdant donc de leur tranchant et de leur saveur composent donc ce deuxième disque en demi teinte.

Meme si il donne l’occasion de découvrir une nouvelle facette de l’extraordinaire voix de Skin, « Stoosh » est un abum trop pop et édulcoré pour votre serviteur.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 19:31


Rapide retour en arrière dans les années 90 avec la carrière du groupe de rock anglais Skunk Anansie.

Skunk Anansie sortit son premier album « Paranoid and sunburnt » en 1995 
Il fut un succès incroyable en raison de quelques tubes bien sentis et du look très charismatique de la chanteuse Skin (Deborah Dyer) , jeune femme noire au crane rasé dotée d’un physique élancé proche de celui d’une Grace Jones, égérie de la mode dans les années 80.

La pochette de l’album confirme d'ailleurs clairement l'aura de Skin en la mettant formidablement bien en avant.

Au second plan et plutôt effacés, on trouve un guitariste Ace (Martin Kent), un bassiste Cass (Richard Lewis ) plus le batteur Mark Richardson qui n’apparaît même pas sur la photo.

L’album débute avec un « Selling Jesus », au rythme puissant, heurté et rageur.

La voix de Skin, à la fois explosive et haut perchée, posée sur une musique mélangeant guitare quasi métallique et basse funky, permet de définir immédiatement l’identité du groupe.

Mid tempo doté d’un refrain très efficace, « Intellectualise my blackness » , atteint  pleinement sa cible avec un enthousiasme conquérant.

« I can dream » avec ses guitares acérées, son refrain simple mais très puissant et cette chanteuse incendiaire allumant continuellement des brasiers incandescents, est sans doute LE plus grand tube de Skunk Anansie.

Confirmant une inclinaison politique prononcée, « Little baby swastiskkka » est une merveille alternant passages calmes avec énormes déchaînements de puissance.

Malgré son énergie « All in the name of pity »  se montre linéaire et un cran en dessous de ses petits frères.

Joli ralentissement avec « Charity » power ballade rendue excellente par la voix hors du commun de cette diablesse de Skin.

Avec son ambiance étrange et son rythme décousu, « It takes blood and guts to be this cool but I’m still just a cliché » est le morceau le plus atypique de l'album.

« Weak » bijou pop rock au refrain irrésistible prenant aux tripes est pour moi le deuxième tube incontournable de ce disque.

Sur « And here I stand » chaloupé et dévastateur, le groupe déroule avec une facilité déconcertante.

Lui succédant, « 100 ways to be a good girl » est plus calme et introspectif.

Terminant le disque, « Rise up » fait figure de titre de remplissage, convenu et facile ne tenant que sur la voix de Skin.

En conclusion, « Paranoid and sunburnt » présente la formule idéale de la réussite avec un rock énergique, direct et efficace rehaussé de deux ou trois tubes dévastateurs pour s’ouvrir une voie royale vers le succès mondial.

Mais la clé de ce succès justement, ce qui fait vraiment la différence est la voix de la volcanique Skin, qui séduit, agresse, conquit, bouillonne et surprend par ses milles éclats.

On pourra reprocher néanmoins à « Paranoid and sunburnt »  les défaut de ses qualités, c’est à dire un coté parfois un peu trop linéaire et répétitif.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 21:24


Sorti en 1977, « Lust for life » est le second album de la carrière solo d’Iggy Pop.

Meme si contrairement au premier album « The Idiot » sorti la même année, David Bowie n’en est pas le producteur exclusif, les noms de Bewlay Bros et Colin Thurston apparaissant en sus de celui du sien, la patte du Caméléon se fait tout de même majoritairement sentir sur ce disque majeur dans la carrière de l’Iguane.

Bowie cosigne ici en effet sept titres sur neuf, assurant les chœurs, claviers et piano, sur ce disque culte composé lors de folles nuits de défonces berlinoises.

Les autres musiciens impliqués dans ce projet sont Carlos Alomar et Ricky Gardiner aux guitares, Tony Sales à la basse et Hunt Sales à la batterie.

En pleine vague punk qu’il a assez ironiquement initiée avec ses Stooges prêt de 10 ans auparavant, Iggy Pop choisit à l’image de cette pochette très politiquement correcte (et plutôt ringarde aujourd’hui ) une autre orientation plus rock, commerciale et accessible dans sa carrière solo.

Le début de cet album est une pluie de tubes et de classiques assez incroyable.

« Lust for life » déboule avec sa rythmique sautillante de batterie si caractéristique …

Avec un tel rythme si déroutant de facilité, Iggy n’a à la limite plus qu’a poser sa voix un brin nasillarde et à assurer sur des refrains conférant à ce titre un statut d’hymne immortel dans l’histoire du rock.

Moins prime sautier, « Sixteen » est un court et lancinant rock hanté par de superbes effets de réverbérations vocaux.

« Some weird sin » reprend pratiquement la même formule que « Lust for life » à savoir cette rythmique de batterie sautillante assez irrésistible mais avec je trouve un coté moins évident sur les refrains, peut être plus de compacité vocale bref le petit rien qui le rend encore supérieur au modèle original.

Comment résister à « The passenger » superbe ballade ayant traversée les ages et pratiquement tombée dans le domaine public de nos jours ?

Etonnamment Bowie n’est pas crédité de ce titre incontournable de la carrière de l’Iguane.

« Tonight » en revanche porte très fortement la touche Bowie, avec des refrains très classieux accompagnés de nappes de claviers divines.

La voix d’Iggy Pop bloquée ici en mode crooner caressant fait ici des merveilles.

Jusqu’ici l’album a fait dans l’unique, l’historique, l’exceptionnel.

« Success » marque sans doute le premier morceau sans doute d’un niveau plus commun avec un léger coté country-rock que je goûte assez peu.

« Turn blue » est une interminable ballade bluesy que je trouve profondément ennuyeuse.

Après ce relatif ( et sans doute discutable)  passage à vide « Neighborood threat » à l’atmosphère étrange et envoûtante se montre plus séduisant, avant que « Fall in love in me » long rock agréable et vivant ne parachève ce disque de renom.

Le jour ou Iggy Pop quittera ce monde il est fort probable que « Lust for life »  reste pour la postérité tant il contient quelques uns de ses morceaux les plus emblématiques qui lui (et nous) survivront vraisemblablement tous au fil des ages.

« Lust for life » est sans nul doute le meilleur album produit par le duo Bowie/Pop et constitue un élément clé dans le déclenchement du décollement de la carrière solo de l’Iguane.

En occultant volontairement cet aspect historique de la musique rock, on pourra reprocher un son global vétuste qui ne fait pas réellement honneur à la qualité des morceaux et une deuxième partie (après « Tonight » en fait) d’un niveau objectivement bien plus quelconque après un début aux allures d’infernal juke box cracheur de tubes.

Un classic-album je pense à écouter au moins une fois dans sa vie quelle que soit sa sensibilité musicale propre, si on s’intéresse un tant soit peu à la musique de qualité.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 14:58


« Don’t worry about me » album solo de Joey Ramone sorti en 2002 recèle assurément une aura particulière compte tenu de ses conditions d’enregistrements quelques mois avant la mort du chanteur atteint d’un cancer de la lymphe.

Pour cet album aux allures de testament, Joey s’était entouré d’une pléiade de musiciens en plus de sa formation de base composée de Daniel Rey à la guitare, Andy Shernoff à la basse, Joe Mc Ginty aux claviers.

On trouve donc outre des stars comme Captain Sensible et Marky Ramone en soutien, plusieurs guitaristes, bassistes, choristes ou batteurs de studio pour la réalisation de cet album unique.

« Don’t worry about me » commence par une reprise rock de la chanson de Ray Charles « What a wonderful world » qui fit le tour du monde et fut un succès mondial.

L’impact de ce titre fut tel que Michael Moore le choisit pour habiller son documentaire « Bowling for Columbine »  récompensé au festival de Cannes 2002 et que ce morceau est encore régulièrement réutilisé dans bon nombre de publicités.

La version de Joey Ramone donne il est vrai le frisson mais j’ai toujours trouvé injuste que le grand public ne découvre le talent de cet homme qu’au moment ou il finissait sa vie dans la maladie et la souffrance.

« What a wonderful world » est donc un tube mondial dépassant allégrement le cadre de la musique quand on connaissait la situation du chanteur au moment de son enregistrement.

Derrière ce tube écrasant on trouve « Stop thinking about it » , rock mid tempo mélodique et sympathique habité par la voix magique de Joey.

« Mr Punchy » est tout à fait dans l’esprit potache des Ramones avec des paroles décalées et fun.

Le chanteur fait preuve ici d’un optimiste et d’un courage exceptionnels.

« Maria Bartiromo » est une surprenante déclaration d’amour pour une journaliste italo-américaine de CNBC spécialisée dans le domaine de la finance.

Apparemment à la fin de sa vie Joey s’était pris de passion pour la bourse ...mais pour être honnête la chanson très pop ne provoque qu’un ennui poli.

« Spirit in my house » sans doute la meilleur composition de l’album est en revanche très inspirée avec ses riffs rock très accrocheurs.

       « Venting (It’s a different world today) » montre de la part du vieux punk malade une sorte d'  amertume et d’incompréhension par rapport au nouveau Monde des années 2000. 

« Like a drug I never did before » aborde de manière plus précise le thème de la souffrance.

Musicalement parlant ces morceaux sont plutôt pop-rock mélodiques.

« Searching for something » qui leur succède est une semi ballade acoustique sans grand intérêt.

Plus rock, « I got knocked down (But I’ll get up) » est un très bon morceau doublé d’une immense leçon de courage racontant le combat de Joey cloué sur son lit d’hôpital luttant vaillamment contre sa maladie.

Après l’hommage à Ray Charles, celui aux pères spirituels du punk, la reprise de « 1969 » des Stooges exécutée avec conviction et un son de guitare particulièrement puissant.

« Don’t worry about me » trés poussif termine un peu tristement la carrière et la vie d’une des plus grandes voix de l’histoire du rock.

En conclusion, si on tente d’oublier le contexte tragique de son enregistrement, si on met de coté tout le respect et l’empathie qu’on peut éprouver pour un personnage aussi sympathique et talentueux que Joey Ramone, « Don’t worry about me » n’est pas globalement le grand disque qu’on a bien voulu dire.

Bien sur la voix unique et inoubliable du chanteur est bel et bien courageusement au rendez vous mais les compositions réalisées en solo par Joey n’ont ni l’éclat ni le panache de ce qu’il réalisait avec ses frères des Ramones.

Mis à part son premier tube extraordinaire, « Don’t worry about me » est donc un album de pop-rock sympathique destiné aux fans de la star désirant une dernière fois éprouver le plaisir sans limite d’entendre cette voix qui les fit tant rêver.

Apparemment la ville de New York a baptisé une place en l’honneur du musicien trop tôt disparu.

Pour ma part respect, tendresse et admiration sont les sentiments qui m’habitent quand je pense à ce qu’il a accompli dans sa vie.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 12:08


Après un « Avenue B » folk et intimiste, Iggy Pop, insaisissable caméléon musical attaque le nouveau millénaire avec sans doute l’album le plus violent  de sa carrière: le très rageur « Beat’em up » .

« Beat’em up » a été souvent jugé indigeste, le reproche principal étant que Iggy s’était trop écarté de ses racines.

Mais en 2001, l’Iguane fait une nouvelle mue, sa nouvelle peau étant plus dure et recouverte de métal.

Il s’entoure de ses musiciens de The Trolls (les frères Kirst à la guitare et à la batterie ) et de Lloyds Roberts dit Moosmean le bassiste du groupe de fusion métal Body Count, assassiné peu après la sortie du disque.

La pochette du disque semble volontairement cheap avec un dessin de style BD assez infantile, agressif et vulgaire avec cette femme sur laquelle figure un pistolet au niveau du sexe prêt à décharger sur l’auditeur.

Les chiennes de gardes apprécieront sans nul doute cette chatte flingueuse !

Dés le premier morceau « Mask » le son paraît très lourd, très cru et métallique.

Iggy hurle « You’re wearing a mask, which mask are you ? » ce que j’aime bien car tout le monde dans la vie porte un masque selon moi.

Sa voix rageuse et éraillée se marie fort bien avec les riffs colossaux de son groupe.

La suite est encore plus lourde avec un fantastique « L.O.S.T » au son typiquement heavy metal.

Sur « Howl » la Bête pousse des hurlements de loup, réveillant son coté sauvage.

Bien qu’un peu long ce titre s’avère très original.

« Football » et « Savior » sont deux bonnes ballades qui semblent égarées dans ce monde de gros bras tatoués.

« Beat’em up » surprend avec un phrasé presque rappé et sonne aussi violemment que du Body Count.

Le morceau est néanmoins efficace bien que très éloigné du style original d’Iggy.

Nouveau ralentissement avec une autre ballade « Talking snake » créant une aération bienvenue après la furia métal précédente.

« The jerk »  avec son riff entêtant et « Death is certain » avec son solo haut en couleurs délivrent des rock plaisants et efficaces sans être hors du commun.

La suite de l’album d’inscrit dans une veine sans concession au culte du gros son.

« Go for the throat » au style heurté alterne passages menaçants avec explosions de violence syncopée sur le refrain.

« Weasels » au tempo plutôt médian et au chant aérien propose une fantastique accélération sur sa dernière partie.

Aussi puissant qu’un bulldozer « Drink new blood » très rude avec son refrain asséné comme des coups de marteau en pleine face sonne aussi un peu comme du Body Count matiné d’Iggy Pop.

Plus calme  « It’s all shit » ressemble à une bonne récréation au feeling rock.

Violent et jouissif « Ugliness » écrase toute volonté de rebellions de son poing d’acier.

Le dernier morceau « V.I.P » est une longue et savoureuse tirade parlée ou Iggy Pop se moque des gens connus et des phénomènes ridicules autour de la célébrité.

Le sentiment dominant à l’écoute de « Beat’em up » est qu’Iggy Pop a fait de la musculation et pris de la masse.

Sa musique s’est alourdie gagnant en puissance ce qu’elle a un peu perdu en émotion.

Certes les ballades sur cet album sont d’un niveau inférieur aux chefs d’œuvres composés par l’Iguane lors de sa prolifique carrière mais il ne faudrait pas oublier que l’objet de ce « Beat’em up » est de développer une grande puissance de feu pas de faire pleurer dans les chaumières.

Cette parenthèse métallique dans le parcours du Pop of Punk m’a donc séduit très fortement par son coté brutal et sans concession.

Dernière remarque sur la dernière page du livret, Iggy pose dans une vieille décapotable aux cotés d’une superbe latino américaine qui la tête renversée en arrière semble au comble de l’extase.

So rock and roll.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens