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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 20:23
Paris'81 (Téléphone)

Il a déjà été dit en ces colonnes combien Téléphone était un groupe considéré comme marquant dans l’histoire du rock français.

Sorti en 2000, « Paris’81 » est une compilation des concerts du début des années 80 principalement enregistrés à Paris et ses environs (Saint Ouen).

On débute par « Crache ton venin » qui roule sans trop d’effort ni d’éclat, enchainé de « Fait divers » un tantinet plus dynamique et enlevé.

Difficile de s’enthousiasmer sur « Au cœur de la nuit » saccadé et poussif, puis sur l’infantile léger et sans intérêt « Ploum-ploum ».

On glisse quasiment vers la pop de « Fleur de ma ville » qui s’emballe à peine dans sa phase terminale.

Il faut attendre « Argent trop cher » pour enfin retrouver plus de muscle et de nefs chez les Parisiens et poursuivre sur cette bonne lancée avec le vif et frais « Ordinaire ».

Grand classique avec « La bombe humaine » porté par la voix du grand frère idéal de Jean-Louis Aubert qui en jouant sur les émotions et un texte habile, compense la relative platitude du morceau.

Tout se calme sur « Laisse tomber » bien terne et ennuyeux et on est ravi de retrouver la verve rock ‘n’ roll du groupe sur « Seul ».

« Telephomme » se présente ensuite comme une longue ballade mélancolique au premier abord geignarde avant d’accélérer de manière plaisante dans sa seconde partie avec un long solo de Bertignac.

Il était prévisible que Téléphone place son « Hygiaphone », tube rock à la dynamique puissante mais le choix de « Tu vas me manquer », long morceau plutôt déstructuré aux forts relents blues, laisse perplexe.

On termine par « Le silence » longue ballade acoustique folk-blues.

En conclusion, « Paris’81 » est un album live modestement achalandé qui a pour principal tort de se situer dans la tournée précédent les deux meilleurs albums de Téléphone, « Dure limite » mais surtout « Un autre monde ».

Montrant paradoxalement assez peu d’interactivité avec le public et manquant de tubes incontestables, « Paris’81 » n’est pas l’album live ultime qu’on serait en droit d’attendre de Téléphone est n’atteint qu’un niveau tout juste moyen pour peu qu’on ne soit pas un fan pur et dur du groupe.

Paris'81 (Téléphone)
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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 10:22
Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay (Pigalle)

Formé au milieu des années 80, le bien nommé Pigalle connait son heure de gloire en 1990 avec son second album au titre imprononçable « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant ».

Pigalle est une version plus rock/chanson française des Garçons Bouchers l’autre groupe punk de François Hadji-Lazaro, auteur compositeur chanteur et multi instrumentiste.

Robert Basarte (guitare), Thierry Svahn (piano/synthétiseurs), Riton Mitsouko (basse) et Joe (batterie) vient compléter la formation atour du gros type au crane rasé.

Avec sa pochette triste et belle dessinée par Tardi, « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant », débute par « Ecris moi » morceau lent et obsédant qui propage un certain malaise diffus.

On appréciera plus « Marie le rouquine », rapide, entrainant, qui met en évidence les textes d’un réalisme puissant de Hadji-Lazaro portée par sa grosse voix.

« Marie la rouquine » raconte durant les années folles, la destinée tragique d’une prostituée bretonne venue chercher fortune à Paris avant de connaitre la déchéance et les bordels pour mineurs de l’Est de la France.

Difficile en revanche de supporter « Une nuit » texte érotico-pornographique peu ragoutant, déclamé d’une voix monotone pendant trois longues minutes plus que pénibles.

Malgré son originalité musicale et une certaine profondeur quasi philosophique « Le tourbillon » lasse par son rythme volontairement décousu.

Le punch du groupe s’exerce sur « Y’a l’aventure » rapide et gouailleur comme un titi d’un Paris qui n’existe plus que dans certains fantasmes.

On calme un peu le jeu sur le court et mélodique « Premières fois » qui laisse cependant un fort gout d’inachevé, avant que ne surgisse « Les lettres de l’autoroute » poignant récit d’un travailleur exilé à sa famille, qui construit dans des conditions épouvantable une autoroute.

Combinant richesse du texte et magnifique mélodie de banjo, « Les lettres de l’autoroute » a pour moi tous les ingrédients d’un authentique chef d’œuvre noir.

Ce morceau magnifique sera pourtant éclipsé pour l’histoire par « Dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs » authentique tube à l’entrainant orgue de barbarie qui ne saurait pourtant faire oublier le fond incroyablement sombre et sordide du Pigalle des voyous.

Après ce petit festival vient « Sophie de Nantes » calme et mélancolique, « Eternel salaud » étrange hybride introduisant des claviers pop trop écrasants à mon gout.

On verse dans la nostalgie sur « Chez Pascal et Ronan » en mémoire d’un temps oublié dédié aux soirées de l’underground avec alcool, musique et parfois baston.

Pigalle se fait plus agressif avec « Dans les prisons » qui flirte parfois avec le punk dur et rapide.

Les femmes sont encore à l’honneur sur « Angèle » court hommage finalement assez joli et élégant avant que ne vienne l’un des meilleurs titres de l’album « En haut, en bas » magnifique description d’une fin de journée à Paris vu des tours, ce que en tant qu’habitant du treizième arrondissement je ne peux qu’apprécier.

Voix rauque, ton pesant et triste sur « Le chaland » puis émotion à fleur de peau sur « Un petit paradis » évoquant encore la nostalgie des bars-cabarets des portes de Paris.

Les deux derniers morceaux, « Paris le soir » et « Renaitre » s’étalent ensuite, magnifiques folks beaux et tristes à pleurer.

En conclusion, « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant » est une véritable plongée dans l’univers artistique assez incomparable de Pigalle axée sur le Paris des bas cotés, le monde de la nuit, des bars, des musiciens, des voyous, des camés et des prostituées.

Cette véritable poésie urbaine se construit autour des textes brillants et parfois géniaux de Hadji-Lazaro très inspiré par les légendes de personnages hauts en couleur du bitume parisien.

La musique contient elle plusieurs ingrédients : le rock bien sur mais aussi la chanson française, le folk US tout en émotion à fleur de peau.

Porté par le succès de « Dans la salle tabac de la rue des martyrs« , « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant » permet bien d’appréhender le talent d’un groupe unique et inclassable, sans doute resté trop underground et véritable antidote à David Guetta.

Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay (Pigalle)
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:49
Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)

Tout a sans doute déjà été dit sur la mirifique carrière de Robert Plant aussi bien avec la légende Led Zeppelin qu’avec sa carrière solo à partir des années 80 avec une dizaine d’albums de qualité produits à un rythme mesuré.

En 2003, le grand blond, après dix ans de stand by, décide de sortir un copieux double best of intitulé « Sixty six to Timbuktu ».

Comme le montre la pochette avec une claire référence au voyage vers des pays lointains désertiques et ensoleillés, la musique métissée de Plant en solo est clairement une porte ouverte sur le monde.

Le plaisir est rapidement au rendez vous sur « Tie dye on the highway » morceau riche et varié alternant belles envolées vocales et solides passages guitares+harmonica.

Les synthétiseurs et le sons de batteries électroniques, très en vogue dans les années 80, marquent inévitablement la musique de Plant et « Upside down » est clairement plombé par ces vestiges d’un autre temps.

On préférera forcément « Promised land » son rythme hypnotique, lancinant et habité ou « Dirt in a hole » plus lourd et mystérieux tout en déplorant le son des eighties entachant le rock ‘n’ roll « Tall cool one ».

La diva blonde se vautre langoureusement sur « Calling to you » un brin longuet et fadasse, « 29 Palms » en revanche, ballade gracieuse et inspirée charmant les pavillons auditifs.

C’est effectivement dans le registre plus feutré des ballades intimistes que Plant semble prendre plaisir à s’exprimer comme le montrent « If I were a carpenter » puis l’atrocement mielleux « Sea of love » et leurs orchestrations classiques pesantes.

Passablement rebuté, l’auditeur continue son exploration musicale à la vitesse d’une péniche en croisière sur une rivière du plat pays, reconnaissant le charme émotionnel inégalable de la voix de Plant sur « Darkness, darkness », le groove relax de « Big log » idéal pour un séminaire de yoga ou « Ship of fools » beaucoup trop linéaire et duveteux à mon gout.

On aborde ensuite la dernière ligne droite qui continue sa promenade de santé dans le jardin d’une maison de retraite ou d’un hôpital avec « I believe » gentil gratouillage sous tranquillisants, « Little by little » très feutré et bluesy, « Heaven knows » aux chœurs féminins timides à souhait, avant un « Song to the siren » soporifique concluant ce premier disque particulièrement mou, linéaire et ennuyeux passé sa première partie.

Difficile donc d’aborder le second disque encore plus volumineux en toute confiance mais pourtant l’ultra bluesy de « You’d better run » vient redonner quelques espoirs, avant que l’anglais ne se mue en hallucinant crooner des fifties sur « Our song » avec un résultat tellement surprenant qu’il en devient intéressant.

Impossible d’éviter l’hommage à Jimi Hendrix avec « Hey Joe » superbe même en version démo dans la bouche d’un chanteur de ce calibre tout comme « For what it’s worth » impressionnant également dans le registre du blues-rock enfiévré.

Plant semble à vrai dire incapable de se détacher de ses origines, ce satané blues noir américain et s’y plonge à foison sur « Operator » qui semble toutefois appartenir à un autre temps.

Le hard rock zeppelinien reprend fugacement ses droits avec « Road to the sun » avant une nouvelle vieillerie rythm ’n’ blues assommante « Philadelphia baby ».

L’auditeur doit encaisser à présent des relents de claviers 80’s nauséabonds sur « Red for danger » tout droit échappé du Top 50, puis le rock vintage des 50’s pas forcément désagréable de « Let’s have party ».

Nouveau glissement vers les ballades mystiques avec « Hey Jayne » pour se réveiller au son du rock ‘n’ roll explosif de « Louie, louie ».

Le court interlude « Naked if I want to » lance le blues dépouillé et longuet « 21 years » enchainé d’une surf ballade incroyablement amorphe « If It’s really got to be this way ».

On déroule sur le même rythme narcoleptique « Rude world » au gout rance de gueule de bois et « Little hands » petite berceuse pour enfant.

Il faut attendre le très réussi « Life begin again » pour trouver les premières influences arabes permettant de rehausser la musique de Plant d’ingrédients mystérieux et intrigants.

Pour terminer (enfin) ce marathon musical, le 100% rock ‘n’ roll « Let the boogie woogie roll » et le live « Win my train fare home » planant acoustique une nouvelle teinté d’orientalisme mystique.

En conclusion, écouter d‘une traite à l‘autre « Sixty six to Timbuktu » est pour votre serviteur une épreuve quasi aussi insurmontable qu’une traversée du désert sans outre d’eau à proximité ou sans oasis à l’horizon.

Si on fait abstraction des quelques errements (bien compréhensibles) pour coller au son « branché » des années 80, la musique de Robert Plant est certes incroyablement variée, riche et souvent intéressante mais contient à mon sens beaucoup de références au rythm’n’ blues et rock ‘n’ roll, qui restent les premiers amours de la star mais qui n’apportent au final pas grand-chose si ce n’est le plaisir personnel de l’artiste.

Sortie de ses pesantes influences dont Plant peine parfois à se démarquer, reconnaissons que les longues ballades duveteuses ne sont pas la plupart du temps palpitantes et finissent plus par lasser/irriter qu’apporter la plénitude de l’âme attendue.

Autre déception de taille, le métissage musical attendu notamment avec les cultures orientales voir asiatiques si chères au chanteur n’apparaissent qu’en pointillés, ce qui enlève pour moi une composante essentielle de l’attrait de sa musique.

La réussite d’un quart de titres sur les 35 proposés, ne suffit donc pas malgré la voix toujours envoutante de la légende du (hard) rock et la pertinence de la démarche, à susciter un intérêt et un plaisir prolongé.

Dommage, car Robert Plant reste assurément l’un des artistes rock les plus intéressants de l’histoire et mérite le respect.

Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)
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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 09:53
LP1 (The plastiscines)

A ma grande surprise, la chronique de « About love » des Plastiscines avait été plutôt favorable, mais qu’en est il au juste de « LP1 » leur premier disque sorti en 2007 ?

A cette époque et comme le montre la pochette du disque, nous avons affaire à un quatuor de minettes d’à peine de vingt ans composé de Katty Besnard (guitare/chant), Marine Neuilly (guitare), Zazie Tavitian (batterie) et Louise Basilien (basse).

Poussé aux fesses par la presse rock française comme d’autres groupes de quasi teen agers parigots (The BB Brunes, Naast voir Pravda), les Plastiscines bénéficient d’une belle exposition médiatique et surtout de l’engouement d’un jeune public en mal d’idoles.

Foin d’a priori et autres délits de faciès, « LP1 » débute par « Alchimie » morceau power rock rapide et très soutenu.

Encore sous l’effet de surprise, on enchaine avec « Loser » reconnaissons le entrainant et diablement efficace en misant sur la vitesse, l’énergie et la fraicheur.

Bien entendu les influences anglo-saxonnes sont bien vite appelées à la rescousse sur « Shake (twist around the fire) » et « Mister driver » tous deux directs, tranchants et nerveux.

On revient au français avec « La règle du jeu » certes simpliste au niveau des paroles mais évoquant par sa force d’impact les glorieuses années 80 de Téléphone puis choisit la carte de l’originalité frenchyy en rendant hommage à l’univers poétique de Raymond Quenau avec « Zazie fait de la bicyclette ».

Les Plastiscines placent ensuite une jolie ballade anglo saxonne, « No way » tube en puissance évoluant tout en finesse et en subtilité puis s’amusent dans le registre plus léger et frais de « Pop in, pop out ! ».

En comparaison, « Rake » passe bien inaperçu, « Tu as tout prévu » évoque une pop rock adolescente bien faible, avant que « Human rights » ne redresse vigoureusement la tendance avec un rock offensif lorgnant vers le punk.

Ultime fusée du disque, « Under control » clôt les débats sur un rock véloce et dynamique.

En conclusion, « LP1 » est si on fait abstraction de la jeunesse de ses créatrices, un bon disque de rock français brassant habilement influences anglo saxonnes contemporaines (The white stripes) mais aussi françaises un peu plus anciennes (Téléphone voir les films des années 60).

Le rock juvénile des Plastiscines apparait donc coloré de punk qui lui confère fougue et dynamisme mais aussi de pop pour le tempérer, le rendre plus facile d’approche et éventuellement formatable pour les médias plus généralistes.

Force est de constater que Rock&Folk avait eu le nez creux en soutenant ce groupe qui était plus qu’une formation de gamines fashion victims au joli minois et contenait musicalement une base solide qui sera fructifiée les années suivantes.

Nous sommes à vrai dire assez loin du chef d’œuvre mais « LP1 » remplit fort bien son office et touche non sans adresse sa cible : divertir et toucher un jeune public en mal d’icones rock de sa génération.

LP1 (The plastiscines)
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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 11:31
Reggata de blanc (The police)

Après le best of, l’album phare de The police, je veux bien entendu parler de « Regatta de blanc » sorti en 1979, second effort des anglais et carton international les propulsant au rang de superstars de la musique.

Mettant en évidence les visages encore juvéniles de Sting (chant), Andy Summers (guitare) qui remplace le corse Henry Padovani et Steward Copland (batteur) et, « Regatta de blanc » débute par un tube fracassant, « Message in the bottle » qui donne immédiatement la tonalité de cet album particulièrement remarqué.

Alternant vitesse et refrains aériens, « Message in the bottle » rempli fort bien sa fonction de tube ouvrant la voie du succès.

Suivent le très expérimental et dépouillé « Reggata de blanc » puis le rock solide et efficace « It’s alright for you ».

The police marque clairement ses influences reggae avec « Bring on the night » incroyablement musical et créatif.

Le groove rapide et fluide du groupe porte littéralement « Deathwish » qui introduit le plus grand tube de sa carrière, je veux parler de « Walking on the moon » merveille en lévitation de près de cinq minutes.

Après être allé dans la lune, le retour sur terre est plutôt rude et « On any other day » se montre en comparaison plutôt pauvre et vide.

The police semble marquer ensuite sensiblement le pas avec un « The bed’s too big whitout you », atmosphérique trop long et feutré puis « Contact » lisse et sans éclat.

On termine avec « Does everyone stare » plus original avec son coté cabaret et « Not time this time » ressemblant à une démo chaotique sur laquelle le chant aigu de Sting se montre particulièrement pénible.

En conclusion, même sans être absolument fana du genre reggae-rock pratiqué par les anglais, « Regatta de blanc » tient globalement ses promesses et confirme sa réputation de grand disque de la fin des années 70, constituant avec la new wave la digne continuité du feu de paille du punk, à la portée pourtant immense.

En guise de phares éclairant la nuit de leurs puissants projecteurs, « Message in a bottle » et « Walking on the moon » bien sur, mais derrière une musique compacte, fluide, agréable, intelligente et créative.

Le succès ne peut donc qu’être au rendez vous et pour le coup mérité tant « Regatta de blanc » contient sa propre identité musicale certainement en avance sur son temps.

Reggata de blanc (The police)
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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 09:44
The police, greatest hits (The police)

Fidèle à ma tactique habituelle, j’ai décidé d’aborder un groupe aussi fameux que The police par le biais d’un best of, « The police, greatest hits » sorti en 1992.

Tout le monde ou presque a déjà entendu dans sa vie une chanson de The police (ou de Sting) tant ce groupe des années 80 a marqué l’inconscient collectif alors qu’il ne fut actif que 5 petites années de 1978 à 1983.

Ce best of débute donc par « Roxane », grand tube des anglais narrant les déboires d’une prostituée sur fond de reggae lancinant.

Malgré un chant parfois difficile à supporter dans ses parties hurlées, « Roxane » contient déjà des variations de rythmes intéressantes.

La musique de The police parait toujours au croisement du reggae et du rock, comme le montre « Can’t stop losing you » plutôt brillant également dans sa structure rythmique variée et plaisante.

Le schéma se répète sur « So lonely » avec une succession de couplets reggae lents et planant et de refrains rock plus nerveux mais « Message in the bottle » se révèle pour moi un des tubes majeurs de The police, supplantant de la tête et des épaules les autres, par son intensité et sa fluidité.

Impossible non plus de résister au chef d’œuvre du groupe, l’ovni « Walking on the moon » chef d’œuvre étrange en état d’apesanteur absolue.

On redescend un peu sur terre avec « The bed’s too big whitout you » et « Don’t stand so close to me » considérablement plus plats et convenus bien que non réellement désagréables.

C’est toujours en mode reggae coolant que survient « De do do do, de da da da » et en toute honnêteté « Every little thing she does is magic » et son coté musique de plage passent complètement inaperçus.

On est plus séduit par l’atmosphère feutrée de « Invisible sun », guère passionné par celle ennuyeuse de « Spirits in the material world ».

Plus de dynamisme sur « Synchronicity II » dépouillé du coup de toute influence reggae et enfin un autre tube de carrure mondiale, « Every breath you take » d’ailleurs repris par Sting puis pillé par Puff Daddy, en raison de ses belles qualités mélodiques.

La fin du best of se profile alors, « King of pain » particulièrement anodin et ennuyeux, un « Wrapped around your finger » magnifique et largement portée par la voix aérienne du blond chanteur avant un « Tea in the Sahara » atmosphérique mortifère.

En conclusion, sans surprise « The police, greatest hits » ne peut que me faire rester sur mon sentiment initial, celui d’un groupe au succès fulgurant, porté par une poignée de tube particulièrement créatifs mélangeant habilement reggae et rock, tel le génial « Walking on the moon ».
Sorti des standards appartenant au patrimoine de la musique pop/rock, The police se montre comme un groupe beaucoup plus conventionnel, sans originalité ou inspiration particulière jouant beaucoup sur les effets et la voix de son chanteur leader incontournable.

Ce best of vaut donc le coup d’être écouté une fois mais ne tient certainement pas la distance des dix sept titres car The police a plutôt fait cinq à six tubes dans sa carrière, ce qui est déjà considérable.

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:52
Diesel and dust (Midnight oil)

Nous passons maintenant à une version plus conventionnelle du rock avec Midnight oïl, groupe australien formé à Sydney à la fin des années 70 et dont l’heure de gloire culmina en 1987 avec « Diesel and dust ».

Militants écologiques emmenés par le charismatique chanteur chauve Peter Garrett, les membres de Midnight oïl trouvent en effet avec ce septième album la clé d’une infernale machine à tubes qui viendront inonder la planète.

Le premier d’entre eux justement est « Beds are burning », parfait hit radio au rythme soutenu mais maitrisé porté par des refrains fédérateurs au fort contenu politique.

Difficile de résister au chant heurté et habité de Garett sur « Put down that weapon » incroyable tube donnant la chair de poule et surpassant pour moi de la tête et des épaules son pourtant glorieux prédécesseur.

C’est donc passablement ébranlé que l’auditeur revient sur terre avec « Dreamland » beaucoup plus doux linéaire et terne avant sombrer dans la douce torpeur de la ballade « Artic world ».

Le groupe reprend modestement de la vitesse avec « Warakurna » qui passe tout à fait inaperçu en comparaison de « The dead heart » nouveau tube aux refrains balayant tout sur leur passage.

Nouvelle semi ballade mélancolique et assez réussie du reste, « Whoah » avant un nouveau hit sous tension dont le groupe semble avoir le secret, « Bullroarer ».

Midnight oïl glisse non sans fluidité et habileté sur « Sell my soul », ennuie ferme avec « Sometimes » pour conclure avec un « Gunbarrel highway » plutôt agréable.

En conclusion, pour les gens de ma génération, « Diesel and dust » évoque peut être quelques souvenirs, deux ou trois tubes passant à la télévision ou à la radio avec un chanteur au physique impressionnant et un groupe évoluant dans l’univers assez exotique du bush australien, bref une attraction plaisante sans qu’on adhère un seul instant au contenu politique de son message.

Malgré quelques creux notables, « Diesel and dust » demeure même passé l’épreuve du temps un album étonnant, très maitrisé oscillant entre influences pop et réminiscences de rock musclé, avant de révéler une poignée d’armes maitresses constituées de tubes puissant et audacieux.

Ceci ne suffit pas à faire de lui un authentique chef d’œuvre mais lui permet d’arracher un certain respect, celui d’une efficacité notable que le groupe aura toutes les peines à conserver par la suite.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 20:37
Moment of glory (Scorpions)

Cédant à une mode assez en vogue au début des années 2000 (Metallica et Kiss entre autres), les Scorpions s’offre ni plus ni moins que l’orchestre philarmonique de Berlin pour un grand concert présentant une réinterprétation néoclassique de leurs plus grands hits.

Sorti en 2000, l’objet en question se nomme « Moment of glory » et affiche une pochette décalée assez savoureuse.

L’auditeur a bel et bien droit à une introduction intense, grandiloquente toute en cordes et cuivre pour voir débouler « Hurricane 2000 » et dès disons le franchement, l’apport de cette pléiade d’instruments classiques ne fait que détériorer un titre précédemment parfait.

On bascule immédiatement dans le registre ballade sirupeuse avec « Moment of glory » aussi massif qu’inutile.

L’auditeur qui a l’impression de se trouver dans la bande originale d’une super production hollywoodienne, déguste « Send me an angel » impeccablement chanté par un Klaus Meine et Zucchero, qui font immédiatement grimper le titre au firmament des cieux.

Le filon des ballades est exploité jusqu’à plus soif avec « Wind of change » qui tout en retenue et en sifflement passe bien.

Viennent ensuite le tour des instrumentaux réadapté pour faire corps avec l’orchestre, « Crossfire » et « Deadly sting suite » , intenses et lourds.

Les Scorpions optent volontiers pour les ballades à grosses ficelles, comme le ridicule « Here in my heart » ou le célébrissime « Still loving you » surjoué et usé jusqu’à la corde malgré l’interprétation toujours de qualité de Meine et la discrétion de l’orchestre.

Un peu de (hard) rock pour finir, « Big city lights » qui malgré l’apport de Ray Wilson, le chanteur de Génésis s’empêtre dans l’enchevêtrement des sons de l’orchestre et une ultime ballade assommante pour conclure « Lady starlight ».

En conclusion, comme beaucoup de groupes atteints par la folie des grandeurs, les Scorpions cèdent aux sirènes du gigantisme et du ronflant pour gonfler leur musique d’influences néoclassiques qui n’apportent quasiment rien à leur œuvre par essence rock.

« Moment of glory » pèche par son orgueil, massacre ses rares titres rapides et ne fait rien d’autres qu’affadir les innombrables ballades qu’il propose.

On sent donc les Scorpions complètement perdus artistiquement dans les années 2000 et partant dans plusieurs directions pour un résultat toujours plus décevant.

Dans un registre tout aussi casse gueule, le « S&M » de Metallica se montre plus convainquant car tablant sur la puissance de feu toujours supérieure des américains.
A jeter donc ou pas loin de mon coté pour tout amateur de rock un tant soit peu viril ..

Moment of glory (Scorpions)
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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 17:42
Before I forget (Jon Lord)

Hommage à un grand monsieur du rock et de la musique tout court, Jon Lord, claviériste mythique de Deep purple et Whitesnake, mort en 2012.

En sus des précédents travaux, l’homme nous laisse une œuvre solo de huit album étalés entre 1970 et 2012.

Sorti en 1982, « Before I forget » et sa pochette éléphantesque, voient le claviériste s’entourer d’une pléiade de musiciens, qu’ils soient chanteurs (Tony Ashton, Elmer Gantry, Vicky Brown), batteurs (Ian Paice, Cozy Powell, Simon Philipps) ou plus rarement guitaristes (Bernie Mardsen, Mick Ralphs) et bassistes (Boz Burell, Neil Murray).

Notre moustachu de gala débute avec « Chance on a feeling » rock classique entrainant parcouru de refrains hauts en couleur.

On laisse la bride au claviériste qui donne toute sa mesure sur l‘instrumental « Tender babes », puis « Hollywood rock and roll » fait de nouveau appel aux chœurs féminin pour délivrer un mid tempo encore une fois bien classique mais toujours entrainant.

Hommage appuyé au maitre, Johann Sebastian Bach avec « Bach onto this » qui au milieu d’un instrumental enlevé de plus de huit minutes, reprend des parties des morceaux les plus célèbres du compositeur classique.

Superbe ambiance douce et apaisée sur « Before I forget » également influencé par la musique classique et forte présence vocale de Vicky Brown sur la ballade « Say it’s all right ».

On se dirige tout en douceur sur la fin de l’album avec « Burntwood » et « Where are you ? » ou le registre bluesy et rocailleux de Gantry fait son effet.

En conclusion, « Before I forget » n’est sans doute pas un album bouleversant de rock mais une œuvre particulièrement rafraichissante et maitrisée par un vieux routier de la musique qui fait jouer son carnet d’adresses pour se et nous faire plaisir.

Jouant moins sur la volonté d’épate, Jon Lord crée une oeuvre mature ou chacun des éléments (vocaux, guitares) s’intègre avec ses compositions de claviers.

Mineur sans doute pour le plus grand nombre, majeur pour les fans du Lord, mais tout simplement élégante et plaisante pour moi.

Before I forget (Jon Lord)
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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 09:10
Blood pressures (The kills)

The kills toujours avec « Blood pressures ».

Sorti en 2011, « Blood pressures » est déjà le quatrième album d’un groupe poursuivant une carrière en progression constante.

Il débute de manière assez calme par « Future starts now » qui impose d’emblée sa sérénité majestueuse.

La suite semble également partir dans la même direction avec « Satellite » au rythme disons le un peu trop plan-plan pour quatre minutes.

On tape gentiment du pied sur « Heart is a beating drum » mignonnet mais guère bouleversant et le plus soutenu « Nail in my coffin » sombre corps et âme, plombé par des refrains atroces.

Intermède cotonneux et inutile chanté par Jamie Hince (« Wild charms ») et rien ne bouge franchement sur « DNA » transparent jusqu’à l’oubli.

L’auditeur suit donc sans conviction la litanie d’un « Baby says » édulcoré à l’extrême, « The last goodbye » ballade déprimo-classieuse et « Damned if she do » aux chœurs aériens agréables.

La fin du disque donc, composée de « You don’t own the road » mid tempo assommant et « Post and pans » acoustique bluesy soporifique en diable.

En conclusion, « Blood pressures » est un véritable grand écart avec le premier album « Keep your mean side » et montre toute l’évolution que peu subir un jeune groupe débutant généralement par des œuvres directes et sans concession, puis bifurquant vers la suite vers un style plus polissé, fade et sans grand intérêt.

« Blood pressures » montre cette évolution parcourue en seulement huit ans et ce pour mon plus grand déplaisir.

Exit donc le garage rock basique mais instinctif et sauvage et place au rock embourgeoisé statique et rogné de toute velléité créative.

Alors certes « Blood pressures » n’est sans doute pas un disque catastrophique mais si on excepte une ou deux étincelles de ci de là, s’avère globalement complètement dénué d’intérêt.

Blood pressures (The kills)
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