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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 15:52
Caravanserai (Santana)

Comme vous avez pu le constatez les guitar heroes n’ont pas forcément la partie aisée dans ces colonnes aussi est-ce beaucoup de prudence que voici « Caravanserai » quatrième album de Santana, groupe formé au début des années 70 autour du célèbre guitariste mexicain.
Sorti en 1972, « Caravanserai » est déjà le quatrième album de Santana qui se montre incroyablement prolifique depuis sa formation en 1969.
Aux cotés de Neal Shon (guitare), Douglas Rauch (basse), Mike Shrieve (batterie) et Greg Rolie (claviers) mais sans ses musiciens additionnels percussionnistes José Areas et Michael Carabello, Santana ouvre avec « Eternal caravan of reincarnation » longue introduction planante de plus de quatre minutes assez déroutante qui lance si on peut dire « Waves within » sur lequel la guitare se fait un peu plus présente et surtout soutenue par des percussions.
Tout prend forme et s’anime subitement sur « Look up (to see what’s coming down » très musical et vivant suivi du plus court « Just in time to see the sun » sur lequel le guitariste s’essaie fugacement et avec peu de réussite au chant.
Grand numéro de toucher sur le lumineux « Song of the wind » tout en sensibilité et en finesse avant que les influences latino du guitaristes ne viennent souligner discrètement « All the love of the universe » dont les parties chantées font bien pales figure face à la maestria des musiciens.
La part belle est laissée aux percussions latines sur le très atmosphérique « Future primitive » ainsi que sur « Stone flower » composé avec le Brésilien Tom Jobim pour un mariage harmonieux avec le chant et la guitare électrique.
On termine avec « La fuene del ritmo » très cubain et magnifiquement enlevé puis « Every step of the way » véritable mix de neuf minutes débordant de créativité artistique.
En conclusion, sans appartenir nécessairement au style de musique que j’affectionne le plus, « Caravanserai » est un album poussif dans son démarrage puis progressivement de plus en plus réjouissant pour devenir festif et endiablé dans sa dernière ligne droite.
Le résultat est une musique métissée mélangeant rock psychédélique pour le coté le plus planant et influences latino américaines au sens très large pour les parties les plus rythmées et dynamiques.
Talentueux voir génial pour certains, Santana atteint donc sa cible et séduit par ce quatrième album ambitieux, vivant et créatif.
Reste en bémol les parties vocales, à mon sens plus faibles que les autres.

Caravanserai (Santana)
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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 18:36
Joe Satriani Live (Joe Satriani)

Peut on encore présenter Joe Satriani, guitariste de hard rock légendaire qui depuis le milieu des années 80 enchantent les fans de guitare du monde entier ?
Sorti en 2006, « Joe Satriani Live ! » est le Cd d’un DVD enregistré en Californie à l’occasion de la tournée de l’album « Super colossal ».
Entouré de Jeff Campitelli (batterie); Dave Larue (basse) et Galen Hanson (guitare), le virtuose débute par « Flying in a blue dream » dont le célébrissime thème aérien enchante la foule.
Suivent ensuite « The extremist » plus quelconque malgré son harmonica en soutien, « Redshift riders » plus agressif dans ses riffs, le bien nommé « Cool # 9» qui renoue avec une certaine légèreté portée par la dextérité du maitre.
Difficile de ne pas trouver le temps long et bailler à l’écoute de « A cool new way » qui malgré quelques passages délicieusement planants s’étale sur dix longues minutes de délire solitaire.
Le tempo s’accélère sur « Satch boogie » qui lance « Super colossal » au thème principal très mélodieux mais quelque peu lassant sur la durée.
Satriani nous fait swinguer sur « Just like lightin’ » et surtout « Ice 9 » sur lequel il s’en donne à cœur joie, jouant enfin (un peu) avec son public jusqu’à alors plus que discret : absent.
On termine le premier disque avec « One robots dream », long morceau assez calme et monotone de huit minutes malgré l’habituelle surenchère de notes du guitariste.
Le second disque débute par « Ten words » agréable, doux et fluide comme une brise du matin, puis enchaine « The mystical potato head groove thing » qui s’étire laborieusement sur plus de sept minutes de gratouillage de corde stérile et « The meaning of love » qui passe à contrario mieux car plus dépouillé, souple et léger.
« Made of tears » constitue un bloc colossal de dix minutes parfait pour plonger en léthargie un public déjà particulièrement amorphe et il faut attendre « Circles » qui combine adroitement passages en toucher et explosions de décibels pour voir ses sens se réveiller.
Le toucher du maitre parle encore sur « Always with me, Always with you » véritable déclaration d’amour de presque dix minutes qui contraste avec la dynamique de « Surfing with the alien ».
Satriani provoque enfin l’interactivité du public avec « Crowd chant » qui ne dure que trois petites minutes (!) et conclue son méga show par « Summer song » interminable.
En conclusion, « Joe Satriani Live ! » m’a rappelé pourquoi je goute assez peu les albums de guitare qui restent pour moi affaires de techniciens.
Avec ces dix neuf titres lorgnant la plupart du temps plus vers les dix minutes interprétés avec une grande froideur, « Joe Satriani Live ! » demeure à mon sens assez inécoutable dans la durée, car fruit d’une individualité aussi brillante soit elle.
Pris dans son monde, Joe Satriani enchaine les morceaux et les notes, dessinant des structures sonores alambiquées qui souvent me lassent et qui lorsqu’elle glissent vers des formes plus éthérées ou statiques, me séduisent davantage.
Impossible donc pour moi quelle que soit la maestria du guitariste, de prendre du plaisir devant cet exercice qui me laisse complètement froid.

Joe Satriani Live (Joe Satriani)
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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 19:23
Good morning England (Richard Curtis)

Nanti de très bonnes critiques, « Good morning England » de Richard Curtis voit le jour en 2009.

Ce film raconte l’histoire de Radio Rock, qui au milieu des années 60 émettait depuis un navire dans la mer du Nord, pour éviter la censure sévissant en Grande-Bretagne et ainsi diffuser les premiers groupes de pop-rock qui émergeaient à l’époque.

En situation d’échec scolaire, Carl (Tom Sturridge) est envoyé par sa mère Charlotte (Emma Thomson) chez son parrain Quentin (Bill Nighy), pour se remettre les idées en place sur le navire qu’il possède.

En réalité, Quentin dirige Radio Rock et promeut des DJ qui entre deux morceaux de pop-rock, émettent des idées provocatrices.

Le Comte (Philip Seymour Hoffman) est le DJ vedette de la radio, Docteur Dave (Nick Frost), Simon (Chris O‘Dowd), Angus (Rhys Darby), Bob (Ralph Brown) DJ de nuit vivant reclus avec ces disques, Mark (Tom Wisdom) sex symbole muet, le journaliste John (Will Adamsdale), Kevin (Tom Brooke) réputé pour sa bêtise, la cuisinière lesbienne Felicity (Katherine Parkinson) complétant le reste de cette turbulente équipe.

La qualité de la musique mais surtout les propos salaces des DJ font rapidement de Radio Rock une radio très populaire auprès du public, ce qui déplait au gouvernement britannique et pousse le premier ministre britannique Alistair Dormandy (Kenneth Brannagh) à charger un de ses adjoints cavalièrement appelé Troudballe (Jack Davenport) de trouver un moyen de faire cesser ces obscénités.

Carl découvre la vie à bord dans une ambiance rock ‘n’ roll complètement débridé.

Obsédé par l’idée de perdre son pucelage, il rate une occasion en or que lui offre Docteur Dave, qui malgré son obésité, parvient on ne sait trop comment à coucher avec un nombre élevé de femmes au profil de groupies.

Séduit par Marianne (Talulah Riley), la nièce de Quentin présente occasionnellement à bord, Carl temporise, la jouant fleure bleue pour découvrir qu’il a été pris de vitesse par le sex appeal de Docteur Dave.

L’arrivée de Gavin Kavanagh (Rhys Ifans), ex DJ vedette revenu des Etats-Unis pour booster l’audience de Radio Rock pousse encore les DJ à se surpasser dans l’outrance.

Simon tombe follement amoureux d’une femme appelé Eléonore (January Jones) et l’épouse précipitamment pour découvrir que cette femme ne l’aime pas et l’a épouser pour vivre près de Gavin son véritable amour.

Le cœur brisé, Simon trouve du soutien auprès du Comte qui déjà en rivalité avec Gavin le défie en duel pour monter en haut du mat principal du navire.

Gavin ne se dégonfle pas et les deux hommes se retrouve à 20 mètres de haut en pleine mer avant de plonger.

Calmé par le courage de Gavin, le Comte finit par accepter sa domination et la situation s’apaise même avec le malheureux Simon.

L’arrivée de Charlotte à bord provoque un coup de théâtre avec l’annonce que Gavin est la vrai père de Carl alors que Quentin avait été un temps suspecté par le jeune homme complètement perdu.

Ebranlé par la désinvolture de sa mère, Carl finit par voir la réalité en face et se console (enfin !) avec Marianne, avec qui il perd son pucelage avec une retransmission quasiment en live des DJ.

S’en est sans doute trop pour Dormandy qui fait passer une loi rendant illégale Radio Rock et s’apprête à faire intervenir la Marine.

Pour échapper à une arrestation, l’équipe pousse le bateau à fond ce qui fait exploser les moteurs et provoque une voie d’eau fatale.

La fin de Radio Rock est annoncé en direct par les DJ ce qui arrache des larmes aux auditeurs.

Carl secourt Bob qui s’apprête à mourir avec sa précieuse collection de disques…

Mais les DJ ont la délicieuse surprise de voir des dizaines d’embarcations surgir pour les secourir.

Même si Radio Rock a été coulé, la diffusion de la musique rock ‘n’ roll semble inarrétable, propageant l’œuvre des DJ pionniers…

En conclusion, malgré une idée de départ sympathique « Good morning England » déçoit par le grand vide qu’il recèle.

Curtis préfère en effet mettre en avant les acteurs déblatérant plutôt que la musique, reléguant en arrière plan des stars comme Jimi Hendrix, The who, Cream, Otis Redding ou The beach boys.

Le résultat est que son film aboutit à montrer une poignée de types d’une vulgarité et d’une laideur repoussantes ne parlant que de sexe pendant près de deux heures, reléguant les femmes dans des rôles de faire valoir dociles à leurs prouesses sexuelles.

Ceci ne correspond pas à la partie qui m’attire dans la musique rock, l’aspect défonce et débauche non stop aboutissant au néant faussement cool et rebelle.

Je ne pourrais donc que conseiller ce film inutile qu’aux plus nostalgiques de la musique des années 60, ce qui doit représenter un public des plus réduits à présent !

Good morning England (Richard Curtis)
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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 20:43
2 (Mallory)

Après un break des plus compréhensibles, la musique reprend ses droits dans ces colonnes par l’intermédiaire d’un coup de pouce donné à un proche, membre du groupe de rock Mallory.

Formé en 2013, Mallory est un groupe amateur parisien formé de Phil au chant, Jé à la guitare, Mat à la basse et Twist à la batterie.

Mallory s’articule autour d’un concept, la cavale d’une femme mal mariée à travers le Sud-ouest des États-Unis, dans un voyage qu’on devine sans peine environné de grands espaces, de lumière, de chaleur, de poussière mais aussi d’abus en tout genre selon le traditionnel saint triptyque sex, drugs and rock ‘n’ roll.

En 2014 sort « 2 » le second album de la formation.

Articulé en neuf titres racontant à chaque fois une nouvelle péripétie dans les aventures de cette héroïne femme fatale, « 2 » débute par « Awake » un mid tempo qui place assez rapidement de solides riff stoner rock et se démarque par le chant tour à tour mélodique ou rageur de Phil.

Se dessine alors immédiatement l’empreinte musicale de Mallory à la croisée entre rock, blues et métal lourd.

Le coté agressif et pesant du groupe surgit comme un crotale dérangé dans sa sieste en plein désert sur « Big nails » qui fait preuve d’une puissante dynamique métallique.

Avec le plus vaporeux « Ready », l’auditeur est ensuite attiré en douceur dans l’atmosphère hypnotique de ce road trip et peut à loisir au gré du long solo planant de Jé laisser voguer son esprit à travers des paysages désolés.

Mallory continue sur ce faux rythme faussement rassurant en déroulant un « Bad monkeys » étrangement mis en sourdine puis s’accorde une halte rafraichissante sur « Somewhere » court instrumental acoustique.

On ouvre un peu plus la manette des gaz avec « Summer rain » curieuse bête hybride mélangeant couplets en Français aux forts relents de Noir désir et refrains US plus musclés puis retrouve une carburation plus classique sur « Heavy » aux hurlements un tantinet stéréotypés.

La frontière mexicaine semblant se dessiner au lointain, aussi le groupe se densifie-t-il en un « Running » nerveux avant de plonger dans une conclusion apaisée sur la ballade acoustique « Something » un peu trop statique et bluesy à mon gout.

En conclusion, compte tenu du caractère non professionnel de Mallory, « 2 » est un album de haute qualité, parfaitement cohérent dans sa structure et son concept forcément visuel car déjà très référencé cinématographiquement parlant.

Album atmosphérique proposant un rock sableux, tour à tour poisseux ou chauffé à blanc, « 2 » brille par la puissance charismatique du chant de Phil, son large éventail l’autorisant à se risquer jusqu’aux rivages du chant en Français alors que les influences du groupe sont très largement américaines mais également par la richesse du jeu de guitare subtil et varié de Jay.

Mallory écume régulièrement les salles parisiennes, ne les manquez pas sur scène si vous aimez le rock lourd et fiévreux, car il y a fort parier que sa persévérance finira par lui ouvrir des portes…

2 (Mallory)
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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 17:59
Rock 'n' roll part 9 (Les Wampas)

Le rock français toujours à l’honneur récemment avec « Rock ‘n’ roll part 9 » neuvième album des Wampas, devenus en 2006 après la diffusion large bande de « Manu Chao » des stars quasiment mainstream, statut sans nul doute difficile à assurer pour les punk undergrounds.

Avec sa pochette flamboyante évoquant la fascination pour la musique US, « Rock ‘n’ roll part 9 » débute par « Christine » mid tempo terriblement accrocheur mettant en évidence la voix attachante de Didier Wampas.

La polémique arrive ensuite avec le second titre, « Chirac en prison » qui derrière un titre vicieusement calibré pour les radio, cache une provocation à l’égard d’un ancien président de la République.

Le ton est ensuite étonnamment doucereux sur « Danser sur U2 », ballade apaisée insolite sur lequel la voix de Wampas peine dans les aigus.

On revient avec plaisir au punk dans le plus pur esprit Ramones avec « Quand j’étais psycho » rapide, intense et insoumis.

La guitare de Philippe Almosino hurle encore sur « Saint Rémi » avant un hommage élégant sur fond de surf music au cycliste Marco Pantani sur « Rimini ».

On poursuit toujours en douceur avec « Hélicoptère » ballade mièvre malgré un son de guitare agréable avant de refaire cracher les décibels sur « Patrick » et « Tokyo yaki » excellents titres de punk rock vifs et puissants.

Soufflant le chaud et le froid, les Wampas versent à nouveau dans la ballade gentillette inoffensive avec « Seul en Gaspésie »

Difficile de s’enthousiasmer sur le robuste mais trop prévisible « Boogaloo » et même si « Johnny » prône étonnamment le respect voir la soumission face à l’indéboulonnable idole des ringards de France, le chant haut perche de Wampas la rend pénible à supporter.

On termine avec « Edimbourg » jolie ballade mélancolique emplie de classe.

En conclusion, « Rock ‘n’ roll part 9 » est un album de bonne qualité, confirmant le statut de groupe respectable des Wampas, officiant à mi chemin entre le punk des origines et le pop rock plus mainstream et accessible à un public généraliste.

Penchant un peu plus du coté du rock tendance pop, ce neuvième album s’écoule toujours avec plaisir en appréciant les quelques tubes bien troussés qui y figurent, l’intelligence des textes de Didier Wampas et en reconnaissant toujours les limites aisément identifiables de sa satanée voix.

Sans être un groupe à mes yeux culte ou inoubliable, les Wampas sont de solides artisans méritant assurément e respect.

Rock 'n' roll part 9 (Les Wampas)
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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 20:23
Paris'81 (Téléphone)

Il a déjà été dit en ces colonnes combien Téléphone était un groupe considéré comme marquant dans l’histoire du rock français.

Sorti en 2000, « Paris’81 » est une compilation des concerts du début des années 80 principalement enregistrés à Paris et ses environs (Saint Ouen).

On débute par « Crache ton venin » qui roule sans trop d’effort ni d’éclat, enchainé de « Fait divers » un tantinet plus dynamique et enlevé.

Difficile de s’enthousiasmer sur « Au cœur de la nuit » saccadé et poussif, puis sur l’infantile léger et sans intérêt « Ploum-ploum ».

On glisse quasiment vers la pop de « Fleur de ma ville » qui s’emballe à peine dans sa phase terminale.

Il faut attendre « Argent trop cher » pour enfin retrouver plus de muscle et de nefs chez les Parisiens et poursuivre sur cette bonne lancée avec le vif et frais « Ordinaire ».

Grand classique avec « La bombe humaine » porté par la voix du grand frère idéal de Jean-Louis Aubert qui en jouant sur les émotions et un texte habile, compense la relative platitude du morceau.

Tout se calme sur « Laisse tomber » bien terne et ennuyeux et on est ravi de retrouver la verve rock ‘n’ roll du groupe sur « Seul ».

« Telephomme » se présente ensuite comme une longue ballade mélancolique au premier abord geignarde avant d’accélérer de manière plaisante dans sa seconde partie avec un long solo de Bertignac.

Il était prévisible que Téléphone place son « Hygiaphone », tube rock à la dynamique puissante mais le choix de « Tu vas me manquer », long morceau plutôt déstructuré aux forts relents blues, laisse perplexe.

On termine par « Le silence » longue ballade acoustique folk-blues.

En conclusion, « Paris’81 » est un album live modestement achalandé qui a pour principal tort de se situer dans la tournée précédent les deux meilleurs albums de Téléphone, « Dure limite » mais surtout « Un autre monde ».

Montrant paradoxalement assez peu d’interactivité avec le public et manquant de tubes incontestables, « Paris’81 » n’est pas l’album live ultime qu’on serait en droit d’attendre de Téléphone est n’atteint qu’un niveau tout juste moyen pour peu qu’on ne soit pas un fan pur et dur du groupe.

Paris'81 (Téléphone)
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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 10:22
Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay (Pigalle)

Formé au milieu des années 80, le bien nommé Pigalle connait son heure de gloire en 1990 avec son second album au titre imprononçable « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant ».

Pigalle est une version plus rock/chanson française des Garçons Bouchers l’autre groupe punk de François Hadji-Lazaro, auteur compositeur chanteur et multi instrumentiste.

Robert Basarte (guitare), Thierry Svahn (piano/synthétiseurs), Riton Mitsouko (basse) et Joe (batterie) vient compléter la formation atour du gros type au crane rasé.

Avec sa pochette triste et belle dessinée par Tardi, « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant », débute par « Ecris moi » morceau lent et obsédant qui propage un certain malaise diffus.

On appréciera plus « Marie le rouquine », rapide, entrainant, qui met en évidence les textes d’un réalisme puissant de Hadji-Lazaro portée par sa grosse voix.

« Marie la rouquine » raconte durant les années folles, la destinée tragique d’une prostituée bretonne venue chercher fortune à Paris avant de connaitre la déchéance et les bordels pour mineurs de l’Est de la France.

Difficile en revanche de supporter « Une nuit » texte érotico-pornographique peu ragoutant, déclamé d’une voix monotone pendant trois longues minutes plus que pénibles.

Malgré son originalité musicale et une certaine profondeur quasi philosophique « Le tourbillon » lasse par son rythme volontairement décousu.

Le punch du groupe s’exerce sur « Y’a l’aventure » rapide et gouailleur comme un titi d’un Paris qui n’existe plus que dans certains fantasmes.

On calme un peu le jeu sur le court et mélodique « Premières fois » qui laisse cependant un fort gout d’inachevé, avant que ne surgisse « Les lettres de l’autoroute » poignant récit d’un travailleur exilé à sa famille, qui construit dans des conditions épouvantable une autoroute.

Combinant richesse du texte et magnifique mélodie de banjo, « Les lettres de l’autoroute » a pour moi tous les ingrédients d’un authentique chef d’œuvre noir.

Ce morceau magnifique sera pourtant éclipsé pour l’histoire par « Dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs » authentique tube à l’entrainant orgue de barbarie qui ne saurait pourtant faire oublier le fond incroyablement sombre et sordide du Pigalle des voyous.

Après ce petit festival vient « Sophie de Nantes » calme et mélancolique, « Eternel salaud » étrange hybride introduisant des claviers pop trop écrasants à mon gout.

On verse dans la nostalgie sur « Chez Pascal et Ronan » en mémoire d’un temps oublié dédié aux soirées de l’underground avec alcool, musique et parfois baston.

Pigalle se fait plus agressif avec « Dans les prisons » qui flirte parfois avec le punk dur et rapide.

Les femmes sont encore à l’honneur sur « Angèle » court hommage finalement assez joli et élégant avant que ne vienne l’un des meilleurs titres de l’album « En haut, en bas » magnifique description d’une fin de journée à Paris vu des tours, ce que en tant qu’habitant du treizième arrondissement je ne peux qu’apprécier.

Voix rauque, ton pesant et triste sur « Le chaland » puis émotion à fleur de peau sur « Un petit paradis » évoquant encore la nostalgie des bars-cabarets des portes de Paris.

Les deux derniers morceaux, « Paris le soir » et « Renaitre » s’étalent ensuite, magnifiques folks beaux et tristes à pleurer.

En conclusion, « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant » est une véritable plongée dans l’univers artistique assez incomparable de Pigalle axée sur le Paris des bas cotés, le monde de la nuit, des bars, des musiciens, des voyous, des camés et des prostituées.

Cette véritable poésie urbaine se construit autour des textes brillants et parfois géniaux de Hadji-Lazaro très inspiré par les légendes de personnages hauts en couleur du bitume parisien.

La musique contient elle plusieurs ingrédients : le rock bien sur mais aussi la chanson française, le folk US tout en émotion à fleur de peau.

Porté par le succès de « Dans la salle tabac de la rue des martyrs« , « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais o combien attachant » permet bien d’appréhender le talent d’un groupe unique et inclassable, sans doute resté trop underground et véritable antidote à David Guetta.

Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay (Pigalle)
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:49
Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)

Tout a sans doute déjà été dit sur la mirifique carrière de Robert Plant aussi bien avec la légende Led Zeppelin qu’avec sa carrière solo à partir des années 80 avec une dizaine d’albums de qualité produits à un rythme mesuré.

En 2003, le grand blond, après dix ans de stand by, décide de sortir un copieux double best of intitulé « Sixty six to Timbuktu ».

Comme le montre la pochette avec une claire référence au voyage vers des pays lointains désertiques et ensoleillés, la musique métissée de Plant en solo est clairement une porte ouverte sur le monde.

Le plaisir est rapidement au rendez vous sur « Tie dye on the highway » morceau riche et varié alternant belles envolées vocales et solides passages guitares+harmonica.

Les synthétiseurs et le sons de batteries électroniques, très en vogue dans les années 80, marquent inévitablement la musique de Plant et « Upside down » est clairement plombé par ces vestiges d’un autre temps.

On préférera forcément « Promised land » son rythme hypnotique, lancinant et habité ou « Dirt in a hole » plus lourd et mystérieux tout en déplorant le son des eighties entachant le rock ‘n’ roll « Tall cool one ».

La diva blonde se vautre langoureusement sur « Calling to you » un brin longuet et fadasse, « 29 Palms » en revanche, ballade gracieuse et inspirée charmant les pavillons auditifs.

C’est effectivement dans le registre plus feutré des ballades intimistes que Plant semble prendre plaisir à s’exprimer comme le montrent « If I were a carpenter » puis l’atrocement mielleux « Sea of love » et leurs orchestrations classiques pesantes.

Passablement rebuté, l’auditeur continue son exploration musicale à la vitesse d’une péniche en croisière sur une rivière du plat pays, reconnaissant le charme émotionnel inégalable de la voix de Plant sur « Darkness, darkness », le groove relax de « Big log » idéal pour un séminaire de yoga ou « Ship of fools » beaucoup trop linéaire et duveteux à mon gout.

On aborde ensuite la dernière ligne droite qui continue sa promenade de santé dans le jardin d’une maison de retraite ou d’un hôpital avec « I believe » gentil gratouillage sous tranquillisants, « Little by little » très feutré et bluesy, « Heaven knows » aux chœurs féminins timides à souhait, avant un « Song to the siren » soporifique concluant ce premier disque particulièrement mou, linéaire et ennuyeux passé sa première partie.

Difficile donc d’aborder le second disque encore plus volumineux en toute confiance mais pourtant l’ultra bluesy de « You’d better run » vient redonner quelques espoirs, avant que l’anglais ne se mue en hallucinant crooner des fifties sur « Our song » avec un résultat tellement surprenant qu’il en devient intéressant.

Impossible d’éviter l’hommage à Jimi Hendrix avec « Hey Joe » superbe même en version démo dans la bouche d’un chanteur de ce calibre tout comme « For what it’s worth » impressionnant également dans le registre du blues-rock enfiévré.

Plant semble à vrai dire incapable de se détacher de ses origines, ce satané blues noir américain et s’y plonge à foison sur « Operator » qui semble toutefois appartenir à un autre temps.

Le hard rock zeppelinien reprend fugacement ses droits avec « Road to the sun » avant une nouvelle vieillerie rythm ’n’ blues assommante « Philadelphia baby ».

L’auditeur doit encaisser à présent des relents de claviers 80’s nauséabonds sur « Red for danger » tout droit échappé du Top 50, puis le rock vintage des 50’s pas forcément désagréable de « Let’s have party ».

Nouveau glissement vers les ballades mystiques avec « Hey Jayne » pour se réveiller au son du rock ‘n’ roll explosif de « Louie, louie ».

Le court interlude « Naked if I want to » lance le blues dépouillé et longuet « 21 years » enchainé d’une surf ballade incroyablement amorphe « If It’s really got to be this way ».

On déroule sur le même rythme narcoleptique « Rude world » au gout rance de gueule de bois et « Little hands » petite berceuse pour enfant.

Il faut attendre le très réussi « Life begin again » pour trouver les premières influences arabes permettant de rehausser la musique de Plant d’ingrédients mystérieux et intrigants.

Pour terminer (enfin) ce marathon musical, le 100% rock ‘n’ roll « Let the boogie woogie roll » et le live « Win my train fare home » planant acoustique une nouvelle teinté d’orientalisme mystique.

En conclusion, écouter d‘une traite à l‘autre « Sixty six to Timbuktu » est pour votre serviteur une épreuve quasi aussi insurmontable qu’une traversée du désert sans outre d’eau à proximité ou sans oasis à l’horizon.

Si on fait abstraction des quelques errements (bien compréhensibles) pour coller au son « branché » des années 80, la musique de Robert Plant est certes incroyablement variée, riche et souvent intéressante mais contient à mon sens beaucoup de références au rythm’n’ blues et rock ‘n’ roll, qui restent les premiers amours de la star mais qui n’apportent au final pas grand-chose si ce n’est le plaisir personnel de l’artiste.

Sortie de ses pesantes influences dont Plant peine parfois à se démarquer, reconnaissons que les longues ballades duveteuses ne sont pas la plupart du temps palpitantes et finissent plus par lasser/irriter qu’apporter la plénitude de l’âme attendue.

Autre déception de taille, le métissage musical attendu notamment avec les cultures orientales voir asiatiques si chères au chanteur n’apparaissent qu’en pointillés, ce qui enlève pour moi une composante essentielle de l’attrait de sa musique.

La réussite d’un quart de titres sur les 35 proposés, ne suffit donc pas malgré la voix toujours envoutante de la légende du (hard) rock et la pertinence de la démarche, à susciter un intérêt et un plaisir prolongé.

Dommage, car Robert Plant reste assurément l’un des artistes rock les plus intéressants de l’histoire et mérite le respect.

Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)
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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 09:53
LP1 (The plastiscines)

A ma grande surprise, la chronique de « About love » des Plastiscines avait été plutôt favorable, mais qu’en est il au juste de « LP1 » leur premier disque sorti en 2007 ?

A cette époque et comme le montre la pochette du disque, nous avons affaire à un quatuor de minettes d’à peine de vingt ans composé de Katty Besnard (guitare/chant), Marine Neuilly (guitare), Zazie Tavitian (batterie) et Louise Basilien (basse).

Poussé aux fesses par la presse rock française comme d’autres groupes de quasi teen agers parigots (The BB Brunes, Naast voir Pravda), les Plastiscines bénéficient d’une belle exposition médiatique et surtout de l’engouement d’un jeune public en mal d’idoles.

Foin d’a priori et autres délits de faciès, « LP1 » débute par « Alchimie » morceau power rock rapide et très soutenu.

Encore sous l’effet de surprise, on enchaine avec « Loser » reconnaissons le entrainant et diablement efficace en misant sur la vitesse, l’énergie et la fraicheur.

Bien entendu les influences anglo-saxonnes sont bien vite appelées à la rescousse sur « Shake (twist around the fire) » et « Mister driver » tous deux directs, tranchants et nerveux.

On revient au français avec « La règle du jeu » certes simpliste au niveau des paroles mais évoquant par sa force d’impact les glorieuses années 80 de Téléphone puis choisit la carte de l’originalité frenchyy en rendant hommage à l’univers poétique de Raymond Quenau avec « Zazie fait de la bicyclette ».

Les Plastiscines placent ensuite une jolie ballade anglo saxonne, « No way » tube en puissance évoluant tout en finesse et en subtilité puis s’amusent dans le registre plus léger et frais de « Pop in, pop out ! ».

En comparaison, « Rake » passe bien inaperçu, « Tu as tout prévu » évoque une pop rock adolescente bien faible, avant que « Human rights » ne redresse vigoureusement la tendance avec un rock offensif lorgnant vers le punk.

Ultime fusée du disque, « Under control » clôt les débats sur un rock véloce et dynamique.

En conclusion, « LP1 » est si on fait abstraction de la jeunesse de ses créatrices, un bon disque de rock français brassant habilement influences anglo saxonnes contemporaines (The white stripes) mais aussi françaises un peu plus anciennes (Téléphone voir les films des années 60).

Le rock juvénile des Plastiscines apparait donc coloré de punk qui lui confère fougue et dynamisme mais aussi de pop pour le tempérer, le rendre plus facile d’approche et éventuellement formatable pour les médias plus généralistes.

Force est de constater que Rock&Folk avait eu le nez creux en soutenant ce groupe qui était plus qu’une formation de gamines fashion victims au joli minois et contenait musicalement une base solide qui sera fructifiée les années suivantes.

Nous sommes à vrai dire assez loin du chef d’œuvre mais « LP1 » remplit fort bien son office et touche non sans adresse sa cible : divertir et toucher un jeune public en mal d’icones rock de sa génération.

LP1 (The plastiscines)
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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 11:31
Reggata de blanc (The police)

Après le best of, l’album phare de The police, je veux bien entendu parler de « Regatta de blanc » sorti en 1979, second effort des anglais et carton international les propulsant au rang de superstars de la musique.

Mettant en évidence les visages encore juvéniles de Sting (chant), Andy Summers (guitare) qui remplace le corse Henry Padovani et Steward Copland (batteur) et, « Regatta de blanc » débute par un tube fracassant, « Message in the bottle » qui donne immédiatement la tonalité de cet album particulièrement remarqué.

Alternant vitesse et refrains aériens, « Message in the bottle » rempli fort bien sa fonction de tube ouvrant la voie du succès.

Suivent le très expérimental et dépouillé « Reggata de blanc » puis le rock solide et efficace « It’s alright for you ».

The police marque clairement ses influences reggae avec « Bring on the night » incroyablement musical et créatif.

Le groove rapide et fluide du groupe porte littéralement « Deathwish » qui introduit le plus grand tube de sa carrière, je veux parler de « Walking on the moon » merveille en lévitation de près de cinq minutes.

Après être allé dans la lune, le retour sur terre est plutôt rude et « On any other day » se montre en comparaison plutôt pauvre et vide.

The police semble marquer ensuite sensiblement le pas avec un « The bed’s too big whitout you », atmosphérique trop long et feutré puis « Contact » lisse et sans éclat.

On termine avec « Does everyone stare » plus original avec son coté cabaret et « Not time this time » ressemblant à une démo chaotique sur laquelle le chant aigu de Sting se montre particulièrement pénible.

En conclusion, même sans être absolument fana du genre reggae-rock pratiqué par les anglais, « Regatta de blanc » tient globalement ses promesses et confirme sa réputation de grand disque de la fin des années 70, constituant avec la new wave la digne continuité du feu de paille du punk, à la portée pourtant immense.

En guise de phares éclairant la nuit de leurs puissants projecteurs, « Message in a bottle » et « Walking on the moon » bien sur, mais derrière une musique compacte, fluide, agréable, intelligente et créative.

Le succès ne peut donc qu’être au rendez vous et pour le coup mérité tant « Regatta de blanc » contient sa propre identité musicale certainement en avance sur son temps.

Reggata de blanc (The police)
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