Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 22:14

panic_room.jpg

3

 

Depuis « Seven » et « Fight club», David Fincher est assurément l’un des cinéastes les plus surcotés d’Hollywood.

Pourtant son univers psychologique, sombre, violent voir déprimant revêt pour moi un coté attractif certain, aussi ai-je vu avec beaucoup de curiosité « Panic room » sorti en 2002.

L’histoire est celle de Meg Altman (Jodie Foster) mère de famille en instance de divorce qui emménage avec sa fille Sarah (Kristen Stewart) dans un immense appartement d’un quartier cossu de Manhattan.

La particularité de cet appartement est de disposer d’une chambre forte truffée de camera et capable de servir de refuge quasi impénétrable en cas d’agression.

Passablement déboussolée par la séparation, Meg boit beaucoup et essaie de recoller les morceaux avec sa fille épileptique en pleine phase de rébellion.

Alors qu’elles passent leur premiére nuit dans leur appartement, les deux femmes subissent l’intrusion de trois cambrioleurs.

Leur chef Junior (Jared Leto) s’appuie sur les compétences de Burnham (Forest Whitaker) technicien spécialisé dans la conception de chambres fortes et sur Raoul (Dwight Yoakam) homme de main brutal et masqué étant le seul à posséder une arme à feu.

En découvrant que la maison est habitée, les hommes apparaissent tout de suite très divisés, Burnham refusant toute violence sur être humain tandis que Raoul ne s’embarrasse pas de telles considérations.

Avertie par le système de camera, Meg a le temps de s’enfermer avec Sarah dans la chambre forte.

Commence alors un bras de fer haletant avec les cambrioleurs qui recherchent un fort butin caché à l’intérieur même du refuge des deux femmes.

Fincher décrit donc un huis clos psychologique intense ou la mère de famille va trouver en elle des ressources insoupçonnées pour faire face à trois criminels déterminés prêt à l’asphyxier ou à prendre sa fille en otage pour obtenir ce qu’ils veulent.

En conclusion, évoluant dans une atmosphère d’une noirceur  extrême caractérisque de l’univers de Fincher, « Panic Room » est un bon thriller qui instaure une tension latente grimpant graduellement vers des explosions de violence pure et dure.

Bien entendu on passe un bon moment avec ce suspense efficace et ces excellents acteurs tout particulièrement Forest Whitaker magistral en criminel à principes ou Jodie Foster parfaite en fausse femme fragile tout en se disant que passée l’idée de départ originale, le film manque un peu d’ingrédients pour être un réel chef d’œuvre.

Une bonne idée, une bonne réalisation avec une esthétique glacée toujours renversante mais pas vraiment de profondeur pour au final faire autre chose qu’un bon divertissement bien calibré.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:21

blackswan-jpg

4

 

Sous les feux de l’actualité en ce début d’année 2011, « Black swan » de Darren Aronofsky avec la toute récemment orscarisée Nathalie Portman.

Meme si a  priori le milieu de la  danse classique ne m’attire pas vraiment je me suis laissé tenter par ce film.

L’histoire tourne autour de Nina Sayers (Nathalie Portman) jeune danseuse classique venant de décrocher le premier rôle dans le ballet le lac des cygnes de Tchaïkovski

Mais Nina vit mal cette consécration et la pression sur ses épaules s’avère par instant insupportable.

Cette pression se matérialise par l’influence de sa mère Erica (Barbara Hershey) elle même ex danseuse de second plan qui vit au travers de Nina ses rêves de gloire inassouvis en une relation mère fille très trouble.

Mais Nina doit aussi faire face aux exigences de metteur en scène Thomas Leroy (Vincent Cassel) qui lui demande d’exprimer un coté plus bestial et méchant pour incarner le rôle du cygne noir, personnage à l’opposé de son caractère fragile et timide.

De plus Leroy ayant pour habitude de coucher avec ses danseuses, joue un rôle de séduction très trouble avec Nina.

En proie à des violents tourments, Nina va s’imaginer qu’une jeune rivale nommée Lilly (Mila Kunis) désire lui voler sa place.

Entre les deux jeunes femmes, les rapports seront tendus et explosifs comme lors de cette sortie en boite de nuit ou Lilly incite Nina à consommer de la drogue et à avoir des relations sexuelles avec elle.

Dans un milieu très exigeant ou les danseuses en perpétuelle rivalité soumettent leur corps à des entraînements quasi inhumains, « Black swan »  joue donc en permanence sur les crises de Nina qui  martyrise son corps et est victime d’hallucinations sanglantes.

On ne s’ennuie pas une seule minute dans ce film alternant scènes de pure grâce ou les danseuses évoluent sur la fantastique musique de Tchaïkovski et huis clos psychologiques dévastateurs.

Les acteurs sont parfaits et l’oscar est à mon sens largement mérité pour Nathalie Portman dans un rôle rappelant par instants celui d’Isabelle Adjiani dans « Possession ».

On peut aussi voir « Black swan » comme une sorte de transcendance artistique qui fait qu’un artiste ne peut atteindre sa plénitude absolue sans mettre en péril sa santé et corrompre son ame.

Suivez donc mon conseil, oubliez vos a priori et laissez vous porter par ce film prenant et intense.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 22:40

les_morts_savent_rien.jpg

1

 

Le thème du deuil toujours avec « Les morts ne savent rien » de Marie Depussé.

Largement autobiographique, le roman raconte l’histoire d’une famille à travers le destin de quatre frères et sœurs, Jean l’aîné, Ubu le plus jeune , l’auteur elle même et sa jeune sœur Fifille.

En réalité « Les mort ne savent rien » ne traite pas à proprement parler du deuil mais ne fait que l’effleurer par la disparition de la mère de la famille décédée d’un cancer des intestins puis plus tard du père lui même d'un cancer.

Les Depussé sont issus d’une famille bourgeoise de gauche établie entre Paris et la Sologne ou ils se réfugièrent temporairement pour échapper à la seconde guerre mondiale.

L’auteur évoque une vague ascendance juive par un grand père non pratiquant.

Après la jeunesse en Sologne prêt d’un asile psychiatrique ayant particulièrement marqué l'auteur, on passe ensuite au retour à Paris et à l’évolution de chacun des enfants entre Jean l’instable, aventurier gauchiste radical qui participa à la guerre civile espagnole avant de tardivement éprouver des sympathies pour l’extrême droite, Ubu, plus rangé qui fit une belle carrière dans l’industrie avant de tout quitter pour devenir tour opérateur de montgolfière en Afrique ou Fifille plus mal dans sa peau par rapport à l'écrasante présence matriarcale.

Bien entendu la mère est souvent évoquée, sans que l’on soit réellement touché par le destin de cette femme dite belle, élégante et relativement anticonformiste pour son milieu bourgeois.

La figure du père architecte apparaît également mais plus en retrait, les passages les plus touchants étant sa passion pour l’aquarelle durant ses dernières années de maladie.

Peu de choses à dire également sur l’auteur elle-même, ses brillantes études de lettres l’amenant au professorat, sa sexualité tardive et son manque d’intérêt pour amour.

En conclusion, alors qu’on pouvait s’attendre à être bouleversé aux larmes à sa lecture, « Les morts ne savent rien » ne provoque quasiment rien, laissant perplexe par le vide qu’il propage.

En cause le peu d’intérêt pour ce roman autobiographique sans réelle construction structurée alignant des anecdotes d’une vie bourgeoise d’une platitude inouie, mais surtout un style particulièrement irritant fait de phrases creuses se voulant élégantes.

Le récit prend donc rapidement l’eau et coule à pic, entraînant avec lui tout espoir d’intéresser un lecture fatigué par ce maniérisme littéraire tournant complètement à vide.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 21:40

Vivre_deuil.jpg4

 

Je vais sans doute aborder un des sujets les plus intimes pour moi avec « Vivre le deuil au jour le jour » de Christophe Fauré, psychiatre et spécialiste dans l’accompagnement des malades en fin de vie.

Qui a déjà vécu le deuil d’un proche connaît la souffrance psychique que cette épreuve peut engendrer et comprendra le caractère délicat du sujet abordé.

De manière analytique et sans prétendre détenir toutes les clés de ce problème complexe car dépendant étroitement de chaque individu particulier, « Vivre le deuil au jour le jour » se propose comme une aide pour tenter de comprendre le processus du deuil et de l’accompagner du mieux possible.

La première partie du livre consiste à la définition des differentes phases du deuil, commençant par la phase de choc pouvant se manifester par la sidération, le déni devant cette réalité insupportable ou l’esprit cherche à se préserver en activant des mécanismes de protection automatique.

Quand la réalisation de la perte prend effet, vient une phase de fuite rendue visible par une hyper activité ou de recherche pour compenser la perte irrémédiable du disparu.

Puis vient la phase la plus redoutable dite de déstructuration ou l’individu se trouve frappé de plein fouet et ébranlé dans tout son être à de multiples niveaux, émotionnels, sexuels, sociaux, matériels et spirituels.

Le phénomène intervient généralement plusieurs mois après la perte et se caractérise par un état dépressif cyclique alternant phases de colère avec phases de désespoir plus profondes.

On en veut à tout le monde entier qui continue de tourner comme si de rien n’était, à la médecine, à dieu, au destin, à ses proches sourds au mal qui vous ronge.

Assailli par un terrible sentiment de culpabilité, on en veut aussi à soi même et parfois même au défunt qui nous a abandonné.

C’est la phase la plus critique du deuil car certaines personnes ne s’en remettent jamais allant jusqu’à développer des pathologies, à se suicider ou à mal enfouir leur mal pour le traîner ensuite toute leur vie.

Quand on parvient à surmonter cette phase, vient ensuite la restructuration qui passe par une « digestion » du deuil (qui n'est pas un oubli du défunt !) se caractérisant par des redéfinitions de ses relations avec les autres, avec le défunt et avec soi même.

Le troisième chapitre m’a moins intéressé.

Il décortique quelques types de deuil en insistant sur le comportement à adopter vis à vis d’un enfant ou d’un adolescent par définition plus fragiles que les autres personnes.

Les cas traumatisants de la fausse couche, de l’avortement, de la mort subite du nourrisson sont également considérés comme des deuils à part entière.

Le Dr Fauré établit également un fort clivage entre les réactions des hommes, habitués socialement à masquer leurs émotions pour paraître « forts » et les femmes, qui étant plus enclines à divulguer leurs émotions, souffrent plus socialement et matériellement.

Le dernier chapitre est sans nul doute le plus intéressant car il donne des clés pour s’aider à mieux accompagner son deuil.

Battant en brèche les idées reçues de la société qui vont dans le sens d’un enfouissement rapide en espérant que le temps résorbe naturellement les plaies, le Dr Fauré met en avant la nécessité de valider ses émotions autour de questions simples tournant autour de la personne qu’on a perdue, du séquencement des évènements puis d’un bilan physique, matériel, social, psychologique et spirituel de l’individu.

Une aide extérieure peut être la bienvenue, celle d’un psychologue, de groupes de paroles, d’associations, de communautés religieuses si les cellules familiales ou amicales s’avèrent insuffisantes.

Mais quelle que soit l’issue du processus, celle ci aboutit à une réorganisation profonde de l’individu.

En conclusion, même si on est ici à des années lumières de la prose épurée d’un Mishima ou de l’élégance poétique d’un Lucrèce, « Vivre le deuil au jour le jour » est un livre qui m’a malgré son sujet difficile beaucoup intéressé.

Si il n’apporte pas de réponse à toutes les questions, il met en avant quelques clés pour mieux vivre le processus du deuil, tout d’abord en le considérant comme inéluctable, nécessairement douloureux et solitaire puis en encourageant les personnes à exprimer leurs émotions comme si leur évacuation dans un cadre constructif contribuait fortement à la mise en place du processus de restructuration qui de toute façon n'effacera pas les sentiments de perte.

Pour ma part même si certains mécanismes salutaires m’ont sans doute épargnés le pire, je n’ai toujours pas résolu la quête de sens provoqué par le deuil ce qui ne m’empêche pas d’avoir bricolé une doctrine de fortune me permettant d’avancer encore jour après jour à pas mesurés.

Je noterai tout de même deux remarques personnelles, l’intolérance de la société moderne vis à vis d’une personne en deuil, avec le refus de comprendre que plus de six mois après une personne soit dans un état de déstructuration puis la générale lâcheté de l’être humain, se caractérisant par le refus d’affronter des éléments pénibles s’étalant dans la durée comme l’assistance à une personne en proie à une longue maladie.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 16:07

Part_autre.jpg

3

 

Découverte d’un habitué des meilleurs ventes françaises avec « La part de l’autre » d’Eric-Emmanuel Schmitt.

On ne peut reprocher à l’écrivain de rechercher la facilité car le sujet traité est une tentative de réécriture de l’histoire dans l’hypothèse ou Adolf Hitler aurait été reçu à l’école des Beaux-Arts de Vienne en 1908.

Partant de ce postulat osé, Schmitt met deux mondes en parallèle, celui fictionnel d’Adolf H devenu étudiant en peinture et celui historique d’Adolf Hitler recalé du concours et devenu ensuite le dictateur que tout le monde connaît.

Compte tenu de l’écart entre les deux destins, « La part de l’autre » constitue en réalité deux livres qui n’ont quasiment rien en commun si ce n’est leur cadre temporel.

Dans le monde de l’étudiant, Adolf H parvient à surmonter sa peur des femmes grâce au psychanalyste Sigmund Freud, est blessé pendant la guerre de 14-18 puis malgré de légitimes questionnements sur le métier d’artiste devient un peintre reconnu au sein du mouvement surréaliste.

Peintre du niveau intermédiaire, Adolf H parvient néanmoins à vivre de son art.

Il s’établit à Paris et rencontre Onze-Heures-Trente une jeune femme qu’il aime éperdument mais qui meurt précocement.

Farouchement pacifiste depuis le traumatisme de la Grande Guerre, Adolf H se désintéresse de la politique et se marie avec comble de l’ironie une femme juive dont le père est un ardent militant du Sionisme !

Le peintre a deux enfants et comprenant ses limites artistiques consacre ses dernières années à l’enseignement.

Son décès à Los Angeles en 1970 pendant la retransmission de l’alunissage du premier cosmonaute (allemand !)  est un brillant moment de littérature.

Dans l’autre réalité historique, Schmitt au prix d’un Kolossal travail de documentaliste retrace toute l’ascension d’Adolf Hitler, depuis sa vie de bohème comme peintre minable reproducteur de cartes postales ou porteur de valise à Vienne jusqu’à son accession au pouvoir par la force et la ruse en passant aussi par un épisode particulièrement prenant dans les tranchées de la guerre de 14-18.

Pour Schmitt, la défaite de l’Allemagne lors de la première guerre mondiale constitue l’élément déclencheur de la « vocation » d’Hitler.

Caporal d’un patriotisme allant jusqu’au fanatisme ayant trouvé dans l’armée la famille qui lui manquait, Hitler est traumatisé par la défaite de l’Allemagne et a un jour la révélation quasi religieuse que les Juifs en sont responsables.

Le bon à rien limité va ensuite se trouver un vrai don d’orateur, d’hypnotiseur de foules, et va prêcher lors de discours enflammés la haine contre les Juifs, le Bolchevisme et la Chrétienté tout en poussant jusqu’au paroxysme le désir de retrouver une grande Allemagne ou la race allemande par essence supérieure régnerait sur toutes les autres.

Dans une Allemagne meurtrie par le traité de Versailles, les discours énergiques et patriotiques d’Hitler rencontrent un irrésistible écho.

Après un coup d’état raté d’un cheveux et un court emprisonnement ou il écrit son fameux « Mein kampf » il prend ensuite le pouvoir en 1933.

Désireuses d’éviter la guerre, les autres puissances européennes commettent l’erreur de pas ne prendre pas au sérieux un homme qu’elles prennent pour un inoffensif illuminé.

Entouré par ses fidèles lieutenants Himmler, Goebbels et Goering, Hitler lance alors ses fameuses offensives éclairs sur la Pologne avant de se diriger contre la France.

Par le jeu des alliances le monde entier se précipite alors dans le chaos que tout le monde peut lire dans les manuels d’histoire…

Schmitt va jusqu’au bout de sa fresque historique et donc jusqu’au dramatique suicide d’un Hitler affaibli et malade dans son bunker de Berlin.

L’intérêt principal de ce travail est la tentative d’expliquer la psychologie du dictateur.

Fanatique certes, mais intelligent et dont la principal force est d’être insensible au doute, persuadé d’œuvrer pour l’intérêt public, pour une cause supérieure qui le dépasse, l’exalte et lui interdit quasiment tout sentiments humains dont la compassion.

Pour Schmitt, même si il s’est affiché avec de nombreuses femmes dont la célébrissime Eva Braun, Hitler n’a jamais eu de vie sexuelle et mal à l’aise avec ce corps qui ne représentait pas son idéal de beauté et de force aryenne, a toujours méprisé les plaisirs de la chair.

En conclusion, j’ai eu un sentiment mitigé à la lecture de ce livre dense.

Sur la forme, le style de Schmitt est remarquable, à la fois clair, précis et puissant ce qui rend la lecture très agréable mais sur le fond je suis plus réservé.

Le fait qu’un échec à un examen change du tout au tout la destinée d’un homme aussi déterminé qu’Hitler me paraît à vrai dire ridicule.

Sans aller jusqu’au determinimse absolu, un individu au tempérament aussi exceptionnel se serait réalisé de toute manière et la volonté de puissance, de domination latente en lui se serait de toute façon manifestée.

Certains désirs me paraissent trop violents pour être en effet altérés par le cours des événements.

Alors peut être que dans un autre contexte Hitler ne serait pas devenu un dictateur mais il aurait j’en suis sur néanmoins exercé des postes de pouvoir comme dirigeant d'un grand groupe industriel.

En faire le symétrique opposé, un artiste centré sur son art, pacifique et défenseur des Juifs me paraît donc un mauvais choix.

Bien entendu j’ai alors nettement préféré l’histoire du double maléfique et pourtant bien réel dictateur amenant le monde au bord de la destruction totale et inventant le plus grand massacre industriel de tous les temps.

On saluera le courage de l’auteur de s’attaquer à un sujet aussi tabou en France à savoir essayer de comprendre la psychologie un homme qu’on a déshumanisé et diabolisé, mais on pourra aussi lui reprocher de ne pas aborder la question de la folie de cet homme.

Pour moi Hitler était un fou cohérent dans sa folie.

Ce sont les plus dangereux et ils sont parfaitement responsables de leurs actes.

On peut aussi penser qu’une époque exceptionnelle déchirée par deux guerres mondiales engendre par essence des êtres hors normes, des anomalies singulières, échappant à jamais à toute tentative d’analyse classique.

Et de la meme manière penser qu'à des époques médiocres correspondent des hommes médiocres ?

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 17:07

cousinek.jpg

4

 

Paru en 2003, « Cousine K » marque une rupture dans l’œuvre de Yasmina Khadra.

L’écrivain délaisse ici en effet ses grands thèmes sociaux et politiques pour produire un court roman, troublant et intime comme une enfance perdue à tout jamais.

Le personnage principal est un enfant algérien traumatisé par la mort de son  père, assassiné par méprise par des villageois.

Depuis ce drame, il vit avec sa mère dans une belle maison d’un village nommé Douar Yatim.

L’environnement est celui d’une famille aisée avec des domestiques et une certaine émancipation qui fait que la mère, personnalité riche et respectée, règne en souveraine autoritaire sur ce petit univers.

Très vite on s’aperçoit du malaise et du manque affectif de l’enfant, solitaire, rêveur et renfermé sur lui même.

Délaissé par sa mère qui idolâtre de manière fusionnelle son frère Amine officier dans l’armée, il va développer une étrange obsession pour sa cousine appelée K, qui séjourne pendant ses vacances dans la maison.

K est en réalité aussi belle que perverse et manipule la mère pour obtenir ses faveurs et persécuter le jeune homme qui fasciné par sa cousine, devient la victime de jeux psychologiques cruels et humiliant.

Dévoré par le sentiment de rejet, la jalousie et l’obsession de ses désirs frustrés, l’enfant finit par basculer dans la folie, poussant sa cousine dans un puit et enlevant une jeune paysanne innocente qu’il séquestrera et assassinera.

En conclusion, « Cousine K » déroutera à n’en pas douter la plupart des lecteurs du grand Yasmina Khadra.

La toile de fond sociale et politique de ses romans est ici absente, la truculence des romans policiers du commissaire Llob évanouie au profit d’un huis clos psychologique oppressant autour de jeux d’enfants malsains.

Le style est en revanche mis très en avant avec une profusion de métaphores et de figures esthétiques qui finissent par instant par devenir pesantes.

Connaissant la cruauté des enfants entre eux et le caractère indélébile que peuvent parfois receler certaines blessures d’enfance, j’ai été pour ma part sensible au thème abordé et n’ai aucune difficulté pour adhérer au récit.

Khadra réussit brillamment à saisir ce moment délicat ou la puberté commence à se manifester, ou le désir sexuel encore flou peut devenir source d’infinie souffrance et ou le jeune adolescent en devenir peut basculer à tout moment de la normalité à la noirceur absolue.

« Cousine K » n’est sans doute pas le premier roman de Yasmina Khadra à lire mais demeure tout de même une belle tentative de diversification.


Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 16:17

le demon5.gif

« Le démon » est le deuxième livre de Huber Selby Jr que je lis dans ma vie après le très dérangeant « Last exit to Brooklyn ».

L’histoire est celle de Harry White, Monsieur Tout le monde, jeune cadre américain prometteur dans une prestigieuse entreprise de gestion de Manhattan.

Harry appartient à la classe moyenne blanche, vit encore chez ses parents à Brooklyn, mais ses grandes capacités intellectuelles font de lui un homme promis à un brillant avenir au sein de la société.

Oui mais voilà Harry a un problème, un terrible trouble intérieur qui le pousse à multiplier les conquêtes féminines, et à les chasser frénétiquement pendant sa pause déjeuner .

Solitaire, Harry a une préférence pour les femmes mariées en raison de l’excitation que lui procure le fait d’être invité chez une inconnue avec la crainte que le mari ne les surprenne mais une fois l’acte consommé il prend généralement la fuite, afin d’ éviter les complications d’une relation et conserver la magie du shoot d’adrénaline initial.

Harry ne connaît pas l’origine de cette obsession mais elle devient si envahissante qu’elle finit par nuire à sa concentration et à le perturber dans son travail.

Malgré ses dons évidents, son patron  Monsieur Wentworth préfère nommer un de ses rivaux moins doué mais plus fiable au poste de directeur en second.

Ambitieux, Harry vit très mal ce qu’il considère comme un affront.

Wentworth ayant développé des liens d’affection quasi paternels pour lui, lui conseille de se marier, d’avoir des enfants afin de se stabiliser et d’accéder à des plus hautes responsabilités au sein de la société, même si il est tacitement et hypocritement admis d’inviter des prostituées avant et après la négociation de gros contrats.

Harry s’exécute et épouse Linda, une secrétaire de son entreprise.

Pendant quelques années, le mariage semble lui reussir.

Linda et Harry ont deux enfants, Harry est augmenté, déménage dans une belle maison en banlieue et passe de superbes vacances en Jamaïque.

Puis ce bonheur se fissure et Harry est rattrapé par son démon intérieur.

Il recommence à traquer les femmes et à découcher.

Linda se doute de quelque chose mais ferme les yeux sur la conduite étrange de son mari.

Harry est victime de malaises, de troubles comportementaux et dépressifs.

Sa culpabilité envers Linda est énorme mais le démon est plus fort que lui.

Désespéré, il consulte un psychiatre qui ne parvient pas à totalement résoudre la nature de son mal.

La suite prend alors une tournure inquiétante alors que le mal qui le ronge prend une nouvelle ampleur.

L’excitation de la chasse des femmes mariées ne suffit plus, Harry commence à coucher avec des épaves humaines, à roder la nuit dans les bureaux désertés, il vole des objets pour la simple excitation que lui procure l’idée d’être pris sur le fait.

Harry passe ensuite aux cambriolages puis de puissants fantasmes de meurtres commence à germer en lui.

Il s’excite d’abord par l’idée de le passer à l’acte, jouissant de détails concernant les préparatifs de l’exécution programmée.

Deux meurtres se produisent alors avec une graduation dans l’horreur puisqu’il pousse un premier homme sur le quai d’un métro et en poignarde un autre dans Time Square afin de jouir du contact physique avec sa victime.

Devenu fou, Harry quitte sa femme, son travail et termine sa terrible trajectoire criminelle sur un acte d’une force inouïe, l’assassinant d’un évêque en plein prêche.

« Le démon » est un véritable chef d’œuvre de la littérature d’une puissance bouleversante.

Selby Jr commence son récit de manière calme, presque ennuyeuse puis les forces obscures rongeant ce pauvre homme lambda prennent progressivement le pas sur ses capacités de contrôle pour l’entraîner dans une folle spirale criminelle d’auto destruction.

Ce qui rend « Le démon » passionnant est la lutte de cet homme pour essayer de vivre une vie normale, rangée et de lutter contre d’incoercibles pulsions contre lesquels il ne peut finalement rien.

Prodigieusement original, le style de Selby possède une puissance hors du commun qui prend toute sa dimension dans la dernière partie du livre culminant avec l’assassinat de l’ecclésiastique dans une atmosphère de crise paroxysmique.

« Le démon » est donc la démonstration magistrale que de puissantes forces souterraines d’origine inconnue (les médecins parleraient de troubles psychotiques ou schizophrènes ) peuvent finalement prendre le dessus sur n’importe qui sans que rien (raison, morale, médecine, religion ) ni personne ne puisse porter secours à l’individu atteint.

Le triomphe de l’irrationnel et de la folie en quelque sorte …

Pas étonnant que Selby Jr reste un écrivain maudit aux Etats Unis, trop dérangeant sans doute pour la morale puritaine.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 16:41


 « Poids léger » de Jean-Pierre Arméris est un film franco-belge sorti en 2004 d’après le roman éponyme de Olivier Adam.

Ce petit film aux allures de téléfilm de France télévision m’a en réalité beaucoup touché.

Le personnage principal est Antoine (Nicolas Duvauchelle) partageant une vie frustre entre sa carrière de jeune boxeur amateur et son métier de croque mort.

Antoine passe bien entendu beaucoup de temps à la salle de boxe ou Chef (Bernard Campan) son entraîneur le couve comme un fils.

Tout semble se dérouler pour le mieux du monde puisqu’il fait même la connaissance de Sue (Mai Anh Lee) , une jeune et belle asiatique étudiante en stylisme.

Mais pourtant derrière ce masque de guerrier, le jeune homme semble torturé, comme rongé par un mal sournois qui le mine de l’intérieur.

On comprend assez vite la nature du mal qui ronge Antoine, le jeune homme a perdu récemment ses deux parents et la souffrance du deuil le détruit progressivement.

Antoine partage son fardeau avec sa sœur Claire (Sophie Quinton) mais cette dernière semble avoir une attitude en apparence plus positive que celle de son frère.

Lentement le spectateur assiste à la dégradation de l’équilibre psychique d’Antoine, à sa violente souffrance qui se manifeste par des insomnies, des crises de violence et d’auto destruction.

Arméris distille habilement de terribles flash backs que vit Antoine autour de souvenirs de son enfance avec sa sœur et ses parents, le plus dévastateur d’entre eux étant celui ou Claire et Antoine se rendent une dernière fois dans la maison vide de leurs parents et revivent leurs souvenirs communs sous forme de lettres, musiques, odeurs, sons ..

Antoine part donc  à la dérive, il boit beaucoup, fume, se bat, perd ses combats, quitte son emploi rendu insupportable par la vision de la douleur des autres, se brouille avec Sue, gâche le mariage de Claire en frappant son mari …

Seul Chef semble le soutenir encore mais son déménagement dans le Sud n’arrange pas les choses.

Finalement, Antoine parvient à se ressaisir, Sue le rejoint et lui apprend qu’elle est enceinte.

Le film se termine sur la naissance du fils d’Antoine sensé lui apporter le réconfort nécessaire pour affronter la vie.

Film psychologique très sombre, doté de scènes terriblement émouvantes « Poids léger » est un très bon film français ou le jeu d’acteur de Duvauchelle permet de rentrer totalement en empathie avec la souffrance d’un jeune homme en deuil.

Aussi brillant que dans « Le petit voleur » , il montre que son talent, sa belle gueule et son physique de voyou fragile font de lui un des meilleurs jeunes acteurs des années 2000.

J’ai trouvé la différence d’approche du deuil très bien vue, entre Antoine pris dans une spirale de destruction et Claire dans la négation et le bonheur forcé comme le résume son mariage en carton pâte avec un informaticien.

Seul bémol à ce film, Bernard Campan aussi crédible en entraîneur de boxe que Stallone en comique et dont chacune des répliques déclenche des torrents de clichés entre ses problèmes conjugaux bidons, sa gentillesse paternelle dégoulinante et ses aspirations de parigot désirant s’acheter son cabanon dans le Sud en pensant que cela améliorera sa vie.

Une seule scène résume tout pour moi : Campan parle à Antoine dans le restaurant asiatique ou travaille Sue, et personne n’écoute ce qu’il raconte.

Je recommande néanmoins ce film profond, douloureux, introspectif et sombre.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 17:04


Il ne sera pas dit que je ne parlerai jamais des films français dans ces colonnes. 

Aussi ai je vu « L’ennui » film de Cédric Kahn sorti en 1998 d’après une adaptation d’un roman d’Alberto Moravia. 

L’histoire début assez bizarrement, Martin (Charles Berling ) ,quadragénaire, écrivain et professeur de philosophie fraîchement séparé de sa femme Sophie (l’insupportable Arielle Dombasle heureusement dans un role assez secondaire)  semble complètement déboussolé et à la dérive.

 Après une soirée calamiteuse, il erre la nuit à Pigalle et sauve d’une agression un mystérieux vieux peintre étranger qui en remerciement lui donne un tableau au dos duquel figure ses coordonnées. 

Les dialogues décalés et lieu de la rencontre, un bar à entraîneuse de nuit donnent immédiatement le ton particulièrement glauque du film. 

Plus tard Martin veut rendre visite au peintre mais apprend qu’il est mort subitement. 

Dans son atelier il tombe par hasard sur Cécilia (Sophie Guillemin), jeune modèle encore mineure. 

Martin bombarde de question la jeune Cécilia qui lui révèle que le vieux peintre était également son amant et qu’il est mort en faisant l’amour avec elle.

 Entre Martin et Cécilia va alors brutalement s’instaurer une terrible relation charnelle, passionnelle et destructrice. 

D’un premier abord ce film semblait contenir tout ce que je déteste dans le cinéma français, des dialogues bavards, prises de tête, interminables, des personnages bobos-intello parisiens aisés empêtrés dans leurs micro problèmes personnels mais si on ferme les yeux sur ce théâtre trop souvent vu le film, se révèle terriblement malsain voir insoutenable d’un point de vue psychologique. 

Dans cette relation, Martin devient en effet vite maladivement dépendant de Cécilia. 

Cette dépendance est d’ordre purement physique, animale, pulsionnelle. 

Il souffre, est dévoré d’un jalousie centré sur mystérieux « Momo » amant présumé de Cécilia et qu’il ne verra jamais mais pour autant il ne peut se détacher de son obsession pour la jeune fille. 

En face Cécilia se montre une créature incompréhensible pour le très cérébral professeur de philosophie. 

Cécilia n’est pas une créature pensante, c’est une masse de chair opulente et laiteuse, se donnant avec un naturel désarmant au plaisir sexuel. 

Plus grave dans ce jeu malsain on ne sait pas quand Cécilia ment ou dit la vérité, elle même avoue mentir face au feu de questions maladives de Martin mais seulement de temps en temps pour lui « faire plaisir » et lui dire ce qu’il a envie d’entendre. 

Plus le film avance plus Martin se détruit et plus la tension nerveuse devient insupportable.

On découvre tardivement que Cécilia n’éprouve pas de sentiments même pour son père à la veille de mourir d’un cancer, cette femme semble en effet un monstre d’égoïsme et de froideur. 

Les scènes ou Martin lui donne de l’argent pour la retenir atteignent le summum de la déchéance d’un être humain. 

Dans pareilles conditions le film ne peut que mal finir … et Cédric Kahn lui évite in extremis la catastrophe par un « happy end » assez pataud et artificiel à mon goût.

  En conclusion, « L’ennui » bien que possédant certains défauts des films français notamment des dialogues irritants est un film qu’on pourrait qualifier de diabolique flirtant par instant avec un certain enfer Hitchcockien à la « Sueurs froides ». 

Martin rencontre en effet la personne qu’il n’aurait pas du rencontrer au stade de sa vie car il n’est pas armé pour résister à une créature comme Cécilia. 

L’emprise de Cécilia marque le triomphe de la chair, des passions sur celui de la pensée. 

Cécilia apparaît alors comme une prédatrice, une mante religieuse, une femme fatale menant les hommes plus âgés qu’elle à leur destruction mentale puis physique mais sa perversité et sa volonté consciente de faire mal ne sont pas pour autant évidente dans le film, Cécilia tel un animal ne suit donc que ses instincts et ne paraît pas être capable d’empathie pour les autres êtres humains. 

Les deux acteurs Charles Berling et Sophie Guillemin sont il faut le reconnaître époustouflants. 

Le sexe est très présent dans ce film, mais il n’est pas présenté de manière érotique, plutôt de manière douloureuse et pulsionnelle. 

Par rapport à la situation, je pense que ce genre de cas de figure peut arriver à n’importe qui quand dans une phase de faiblesse dans sa vie on rencontre quelqu’un qui vous détruit. 

Il convient alors d’avoir l’éclair de lucidité salvateur pour activer les mécanismes de survie capable de déclencher le sursaut permettant de s’arracher à cette influence destructrice. 

Certains y parviennent, d’autres pas, ainsi vont les lois de la (sur)-vie. 

Enfin un mot sur l’étonnant destin de Sophie Guillemin qui peu après ce film se convertit à un Islam rigoriste (port du voile, interdiction de contact physique avec un homme) ce qui saborda sa prometteuse carrière. 

De mon point de vue je veux bien croire qu’un tourner si jeune dans un film aussi âpre, cru et dérangeant puisse être très déstabilisant …

 

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 22:29



Etant à l’origine un téléfilm, « Duel » datant de 1971 est le film qui fit débuter la carrière de Steven Spielberg alors âgé de 25 ans seulement.

« Duel » est une adaptation d’une nouvelle de l’écrivain de science fiction culte Richard Matheson, qui peaufina d’ailleurs avec Spielberg le scénario.

L’histoire est pourtant  à la base simplissime, un monsieur tout le monde David Mann (Dennis Weaver) se rendant à un rendez vous d’affaire, prend la route dans sa Plymouth rouge pour un périple de quelques heures.

Il traverse des zones arides de Californie ou l’on ne croise pas grand monde.

A un instant donné il est pris en chasse par un mystérieux camion.

Pendant prêt d’une heure trente, Mann va donc lutter pour échapper au monstre de métal qui le pourchasse sur les routes surchauffées de Californie.

Simpliste ? Peut être mais le film est réalisé d’une main de maître.

La tension est quasi constante, le suspens est Hitchcockien avec de nombreux rebondissements permettant de tenir en haleine le spectateur.

Plus le film avance et plus Mann se décompose mentalement et physiquement, régressant dans cette lutte primitve pour la survie.

Il paraît passablement dépassé par les événements et presque pas à sa place avec son allure dégingandée, sa petite chemisette, sa cravate serrée et son look de cadre moyen coincé.

En face de lui, un monstre surpuissant et hideux se joue de lui comme un prédateur d' une fragile proie.

Détail troublant ajoutant à l’angoisse, jamais on verra le visage du conducteur du camion.

Bien entendu jamais Mann ne parvient à trouver de l’aide, que ce soit parmi les restaurateurs, les habitants des fermes, les chauffeurs routiers ou même les policiers.

Il est donc seul face à son destin avec de surcroît une voiture à la mécanique défaillante incapable de semer durablement le poids lourd.

La scène la plus réussie est pour moi celle du restaurant de routiers ou Mann persuadé que son bourreau est descendu essaie de le démasquer dans un jeu de regards d’une intensité paroxysmique.

Mais la scène ou le camion percute des cages à serpents et à araignées vaut aussi son pesant de cauchemars ad vitam eternam.

Finalement Mann échappe à son destin, la proie trouvant en un sursaut désespéré à renverser la situation.

Mais à vrai dire j’aurais trouvé le film encore plus troublant si en réalité Mann avait été le seul à voir le camion, comme si il était poursuivi par un fantôme.

Ou alors de laisser une ambiguïté sur la santé mentale vacillante de Mann et ouvrir une porte sur le fait que cet histoire soit réelle ou uniquement dans son esprit.

Néanmoins « Duel » est un film nerveux, adroit, psychologiquement habile, qui tiendra le spectateur en haleine du début à la fin.

On peut d’ailleurs voir une grande analogie entre le requin blanc des « Dents de la Mer »  et le camion de « Duel », même monstre terrifiant quasi mythique, impitoyable, irréel et inhumain plongeant l’être humain dans ses peurs les plus profondes.

Les bruitages mécaniques sont du reste prodigieusement bien réalisés, donnant une sorte de vie primitive au camion, grognant, vibrant, crachant et fumant.

« Duel » m’a aussi fait penser à « Hitcher » bien qu’il soit sorti une quinzaine d’années avant.

Peut être moins abouti que le cultissime « Les dents de la mer » , « Duel » demeure cependant un excellent premier film auquel les fans de suspens ne sauront résister bien longtemps.

Comme quoi les meilleurs réalisateurs n’ont souvent pas besoin de beaucoup de moyens pour exprimer leur talent.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens