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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 21:31

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Temps estival oblige, il me paraissait rafraichissant de visionner « La piscine » de Jacques Deray.

Sorti en 1969, « La piscine » tranche avec les œuvres habituelles du réalisateur plus connus pour ses polars musclés et machistes dont « Borsalino » est l’un des plus pures incarnations.

Nous sommes ici dans l’arrière pays de Saint Tropez ou un couple composé de Jean-Paul Leroy (Alain Delon) et sa femme Marianne (Romy Schneider) prend des vacances au soleil dans une somptueuse villa dotée prêtée par des amis en voyage.

La particularité de cette villa est de disposer d’une grande piscine ou le couple visiblement très amoureux, s’ébat longuement et prolonge même ses ablutions par des étreintes torrides sous le soleil estival.

Mais l’arrivée impromptue du producteur de disques Harry Lannier (Maurice Ronet), l’ex amant de Marianne et de sa fille l’énigmatique Pénélope (Jane Birkin) issue d’une liaison avec une anglaise vient troubler cette oisiveté lascive.

En effet un jeu étrange et malsain s’instaure avec un Harry sans gêne agissant en male dominant avec Marianne qui se prête complaisamment à ses avances.

Plus fragile et timide, Jean-Paul assiste en apparence passif aux extravagances flamboyances du producteur capable de rameuter sans crier gare une vingtaine de personnes à la villa pour organiser une fête surprise.

Il est vrai qu’il vit assez mal sa situation d’échec dans son ancien métier d’écrivain, ce qui ne contribue pas à son épanouissement.

Pourtant, Jean-Paul va lui aussi contre attaquer vicieusement en s’attachant à séduire Pénélope, en profitant de sa jeunesse, de son inexpérience et du refus qu’elle a de ce père longtemps absent qu’elle connait finalement à peine.

Avec force sous entendus et situations scabreuses, la situation finit par se tendre dans un jeu à quatre de plus en plus irrespirable.

Rien ne va plus entre Jean-Paul et Marianne et le couple envisage pour la première fois une séparation à la fin de l’été.

Un soir pourtant, Harry rentre ivre et fou de rage après avoir appris que Jean-Paul a couché avec sa fille et le vitupère de manière humiliante.

Jean-Paul encaisse en apparence sans broncher les assauts d’une rare violence de son rival mais réagit finalement en le projetant dans la piscine.

Entrainé dans une spirale de vengeance, il noie sans vergogne Harry dans la piscine et remplace ses vêtements mouillés par des vêtements secs.

Fort logiquement une enquête de police a lieu, celle-ci est menée par l’inspecteur Lévèque (Paul Crauchet), qui flaire immédiatement une mort suspecte et s’attache à coincer Leroy en retrouvant les habits du mort.

Flairant le danger, Marianne prend à parti Jean-Paul et lui fait comprendre qu’elle sait pour Harry.

Pourtant, malgré sa douleur de femme trompée et sa peur de voir Jean-Paul partir avec Pénélope, elle accepte de le couvrir et ne révèle rien au policier.

Finalement, Jean-Paul échappe à la police, Pénélope quitte la villa et le couple unit dans l’épreuve se retrouve à nouveau seul.

En conclusion, malgré son statut de classique, « La piscine » est un long film plombé par une réalisation comme anesthésiée par le chaud soleil méditerranéen.

Deray s’attarde interminablement sur son couple de stars qui s’épanche complaisamment dans des scènes à la sexualité trouble.

Delon est ici encore en pleine jeunesse et visiblement fier de sa beauté froide, quand à Schneider, elle joue à outrance de sa peau tannée par le soleil faisant encore plus ressortir ses yeux bleus.

Ces deux acteurs éclipsent les rôles secondaires, comme l’arrogant Maurice Rouet et l’insupportable Jane Birkin qui minaude à l’extrême.

Il ne se passe donc pas grand-chose dans cette ambiance rétro-chic ensolleillée et le spectateur passe la plus tard de son temps à s’ennuyer ferme en contemplant l’oisiveté exaspérante des protagonistes de ce drame psychologique.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 15:36

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« The game » de David Fincher est le deuxième film chroniqué en ces colonnes.

Lors de sa sortie en 1997, Fincher a déjà obtenu un énorme succès deux ans auparavant avec le polar « Seven » réputé être le chef d’œuvre des films de tueurs en série.

Le scénario de « The game » n’échappe pas aux tendances complexes et sombres du réalisateur puisqu’il propose une étrange aventure dont est victime Nicholas Van Orton (Michael Douglas) un richissime homme d’affaires de San Francisco.

Puissant mais seul depuis son divorce, hanté par la mort par suicide de son père, Van Orton est l’archétype du patron dur en affaire, se consacrant exclusivement à son travail.

Mais un jour son frère Conrad (Sean Penn), plus fragile et décalé, lui offre un mystérieux cadeau d’anniversaire se présentant sous la forme d’un jeu organisé par une compagnie appelée CRS (Consumer Recreation Services).

Curieux, Nicholas accepte le cadeau et se rend dans les bureaux de CRS.

Il est accueilli par le commercial Feingold (James Rebhorn), qui lui fait passer une harassante batterie de tests physiques et psychologiques tout en restant évasif sur la nature exacte du cadeau.

Quelques jours se passent ensuite et le jeu commence de manière plutôt inattendue par la dépose d’un pantin devant la propriété de Nicholas et le piratage de son poste de télévision pour s’adresser directement à lui.

Nicholas récupère une clé dans la bouche du pantin.

Ebranlé par ce premier contact déroutant, Nicholas est ensuite heurté par une serveuse dans son restaurant favori qui lui sali une de ses luxueuses chemise.

La serveuse nommé Claire (Deborah Kara Unger) est licenciée sur le champs par le directeur du restaurant mais reçoit un message de CRS lui intimant de ne pas la laisser partir.

Nicholas court donc à sa poursuite mais ses explications embrouillées sont interrompues lorsqu’un homme fait une crise cardiaque sous ses yeux.

Les secours arrivent à toute vitesse et le couple improvisé se retrouve aux urgences ou une coupure de courant se produit.

Nicholas et Claire collaborent pour se sortir du bâtiment, et Nicholas découvre que la clé de CRS permet de rétablir le courant.

Mais la surprise est totale lorsqu’ils débouchent dans les bureaux de CRS.

Après avoir été pris en chasse par les vigiles de la société, le couple se sépare et Claire révèle à Nicholas qu’elle a été payé pour lui renverser de l’alcool sur sa chemise …

Après une nuit aussi intense l’homme d’affaire à du mal à reprendre ses esprits.

Il est appelé par un hôtel pour récupérer sa carte de crédit égarée et pénètre alors dans une chambre d’hôtel réservée à son nom ou il découvre des photos compromettantes de Claire, de lui et beaucoup de drogues.

Paniqué, Nicholas prend la fuite en tentant d’effacer maladroitement ses traces.

Logiquement il soupçonne un ex partenaire de son père récemment licencié d’être de mèche avec CRS, mais son avocat de confiance Sutherland (Peter Donat) lui assure que l’affaire s’est traitée sans difficulté.

Nicholas commence à paniquer lorsqu’il découvre son appartement saccagé et décide de prendre contact avec son frère.

Conrad apparait très agité, nerveux et tient des propos incohérents.

Il met en garde son frère contre CRS réputée est une entreprise d‘escroc, instaure un climat de paranoïa en cherchant des caméra et des micro dans la voiture de Nicholas.

Lorsqu’un pneu éclate, les deux frères se séparent.

Nicholas prend un taxi mais celui-ci travaillant pour la CRS tente de le tuer en jetant la voiture du haut des docks.

L’homme d’affaires s’en sort par miracle en utilisant une clé laissée comme indice par la CRS.

Il prévient alors la police qui ne trouve pas grand-chose comme preuves, puis demande à Sutherland de se renseigner sur CRS.

Mais la compagnie semble insaisissable et parfaitement amène de tirer les ficelles du jeu vicieux dans lequel se débat Nicholas.

Habile, Nicholas retrouve la trace de Claire et lui rend visite pour lui demander des explications.

La jeune femme semble collaborer mais le drogue après avoir récupéré ses codes d’accès bancaires.

Nicholas se réveille en haillons dans une favela de Mexico.

Sonné et hagard, sans papier et sans argent, il parvient à se rendre à l’ambassade des Etats-Unis et revient dans son pays par bus.

Il fait du stop pour rentrer chez lui et découvre sa maison mise sous scellés.

Alors l’instant du survie se réveille et Nicholas entre par effraction à son domicile pour se laver, se changer, récupérer de l’argent et un pistolet.

Déterminé à se venger, il retrouve la trace de Feingold, en réalité un acteur professionnel et le contraint à le mener dans les bureaux de la CRS.

La bas, Nicholas retrouve Claire et les autres acteurs l’ayant fait tourner en bourrique depuis des jours.

Mais cela ne lui suffit pas, il prend alors en otage Claire, déjoue les tirs des gardes de la CRS et monte sur le toit pour exiger qu’on fasse venir le directeur.

Devant l’arme à feu qui la menace, Claire perd alors contenance, et lui révèle que tout ce qu’il vit est en réalité le jeu auquel il a lui-même souscrit.

Nicholas ne sait que croire, hésite et abat son propre frère venu lui souhaiter bonne anniversaire.

Abasourdi, il reproduit alors le comportement de son père se jette du toit de l’immeuble de la CRS pour tomber dans un matelas gonflable !

Conrad et tous ses amis, le prennent alors en charge pour lui expliquer que tout était prévu à l’avance pour le mener à vivre un jeu d’une intensité hors normes …

En conclusion, « The game » est un film particulièrement retors qui ne manquera pas de plonger le spectateur dans un climat de paranoïa intense.

Bien sur, Fincher exagère et les ficelles de son jeu son un peu grosses surtout quand on mesure tous les risques insensés que la société fait courir à son client.

On pense quelques fois à ces personnes désœuvrées qui se font parfois enlever volontairement pour vivre des sensations fortes, mais cela ne suffit pas rendre parfaitement crédible cette histoire de fous.

Mais outre certaines invraisemblances, il reste la très qualité des acteurs, notamment Michael Douglas, exceptionnel de charisme dans ce rôle d’homme d’affaires poussé à bout.

Les seconds rôles, bien que plus effacés (Penn dans son personnage habituel de rebelle et la sexy Deborah Kara Unger) remplissent cependant efficacement leur rôle.

« The game » n’est donc sans doute pas le meilleur film de Fincher, mais procurera une bonne dose d’excitation au spectateur.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 21:25

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Plongée dans le monde de bande dessinée sombre avec « Berceuses assassines, édition intégrale » création de Philippe Tome (scénario) et de Ralph Meyer (dessins).

Parue entre 1997 et 2002, « Berceuses assassines, édition intégrale » est une œuvre en noir et blanc divisée en trois parties, liées entre elles par les personnages principaux qui sont le chauffeur de taxi new yorkais Joe Telenko et sa femme Martha.

Joe est un homme d’âge mur (40-50 ans), fatigué, malade et s’attendant à tout instant à ce que son cœur le lâche et ce malgré les propos rassurant de son ami médecin Arthur.

Très déprimé, il souffre beaucoup de sa relation ave sa femme Martha, paraplégique à la suite d’un accident de voiture.

Handicapée suite à une erreur de conduite de son mari, Martha lui fait payer cher par un comportement tyrannique que Joe écrasé sous le poids de sa culpabilité, ne se sent pas en mesure de contrecarrer.

Entre les deux époux, la haine croit, se nourrissant sur le lit de la rancœur et du manque de communication.

L’idée de supprimer sa femme germe dans le cerveau de Joe qui s’arrange pour récupérer un pistolet après un braquage raté.

Incapable de faire ce sale travail lui-même surtout après avoir constaté que Martha avait en réalité la totalité de l‘usage de ses jambes, Joe recrute de force Bill un braqueur blessé par la police, après avoir forcé son ami Arthur à le soigner.

On découvre à cette occasion que Joe sait que Arthur a tué sa femme Helen par injection d’une maladie tropicale et peut donc exercer un chantage sur lui.

Espérant toucher le magot de l’assurance vie, Bill accepte le contrat et se rend de nuit chez Martha.

Mais les choses ne tournent pas comme l’entend Joe et après s’être rendu lui-même sur place, il est mystérieusement agressé par Bill et doit finalement le tuer.

Il se débarrasse du corps de Bill en le faisant bruler dans une décharge puis rendre chez lui grièvement blessé à la tête.

La seconde partie voit un renversement intéressant du récit, avec Martha qui prend le dessus sur un Joe blessé et choqué.

La même histoire se redéveloppe alors à rebours de manière importante sous un éclairage nouveau et on découvre que Martha connaissait la double vie de Joe et ses envies pulsionnelles de la supprimer.

Elle a donc sollicité son amant Arthur qui pour l’aider, eut l’idée d’empoisonner Joe avec de la digitaline afin de provoquer ses malaises cardiaques.

Tout se complexifie quand Arthur pris entre la pression de Joe et son attachement à Martha, ne trouve que comme solution pour s’en sortir que de la tuer.

Mais face à ce tueur inattendu, Martha dévoile une autre botte secrète, les confessions écrites de Helen, accablant Arthur dans ses intentions de meurtre.

Arthur hésite, tergiverse et l’arrivée de Bill bouleverse à nouveau la situation, entrainant la mort du médecin et le choc fatal avec Joe.

Dans la dernière partie, l’action se fige lorsque Martha s’apprête à exécuter Joe blessé sur son lit et le récit se fixe sur Dillon Bowie, un indien du Texas, qui à sa sortie de prison pour un viol présumé, découvre que sa fille a été tué par un couple de chauffards blancs qui ont acheté le silence de sa femme.

Ravagé par la haine et par un puissant sentiment de vengeance, Dillon suit après la mort de sa femme patiemment la piste des chauffards, en réalité les époux Telenko lors du crash ayant couté les jambes à Martha.

Vivant comme un clochard, Dillon erre dans les rues de New-York ou il côtoie la misère et la violence la plus absolue.

Aidé par un autre vieil indien appelé Zion, Dillon survit en nettoyant les cages d’un zoo.

A la mort de Zion, le destin sourit à Dillon qui retrouve par hasard le taxi de Joe.

Une fois l’adresse du chauffeur donné par son patron véreux, Dillon se rend sur place pour tuer le couple, pour les découvrir en plein milieu d’un règlement de compte conjugal sanglant.

Ecœuré par ce qu’il voit, Dillon renonce avec sa sagesse à son projet et laisse le couple s’entretuer.

En conclusion, « Berceuses assassines, édition intégrale » est une œuvre d’une noirceur peu commune, se révélant très étouffante.

La construction du récit est complexe, difficile à suivre mais franchement brillante.

On est toutefois mal à l’aise devant les sombres turpitudes de ce couple qui s’entre déchire en rivalisant de cruauté et de machiavélisme.

La dernière partie est elle tout à fait à part, avec le parcours de cet Indien errant dans un univers tout aussi sombre et déprimant.

Au niveau du graphisme, le style sans esbroufe façon polar nuit/pluie/clope de Meyer colle bien à cette ambiance laide et sale.

Une œuvre sans doute intéressante mais si négative qu’on a parfois du mal à en comprendre la finalité profonde.

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 13:08

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Ecrite en 1965, « La musique » est une œuvre plutôt tardive et atypique de Yukio Mishima.

Dans ce roman, Mishima se met à la place d’un psychanalyste de Tokyo, le docteur Shiomi, face à une patiente présentant une pathologie complexe tournant autour de l’hystérie.

Cette femme, jeune, belle se nomme Reiko Yumikawa et appartient à une classe aisée de la bourgeoisie de province, avec des parents qui l’aident à financer sa vie indépendante et semi oisive sans poser de questions.

Par le biais de la métaphore de la musique, Reiko explique à Shiomi que son problème est la frigidité.

Le psychanalyste s’attelle donc à la tache pour comprendre les mécanismes mentaux ayant amené sa patient à cette situation de blocage.

Mais il comprend assez vite que Reiko ment régulièrement dans ses déclarations et le manipule.

Fasciné, Shiomi va devoir contre l’avis de sa compagne Akémi, user de toutes ses capacités pour décrypter la personnalité complexe et perverse de la jeune femme.

En démêlant le faux du vrai, Shiomi découvre que Reiko a souffert d’un traumatisme dans son enfance lorsque son frère lui a fait découvrir la sexualité par le biais d’attouchements sous le lit.

Bouleversée par cette expérience incestueuse isolée, Reiko est tombée amoureuse de son frère qui s’est naturellement détaché d’elle, la laissant dans des sentiments de frustration et de honte.

L’idée de castration s’est ensuite imposée en elle à la suite d’un jeu enfantin cruel, ou d’autres garçons l’ont déculottée pour simuler une castration, et lui ont inculqué l’idée qu’elle avait déjà été castrée préalablement.

Devenue une jeune femme séduisante, Reiko a grandi avec ce sentiment de castration, d’incomplétude ce qui paradoxalement a attiré les hommes vers elle comme son petit ami actuel, son collègue de bureau Ryuichi.

Homme puissant et vigoureux, Ryuichi est puissamment attiré par l’insensibilité de sa compagne.

Après que Reiko est excitée la jalousie de Ryuichi contre le médecin, les deux hommes entrent en contact et finissent par collaborer.

Ryuichi est une aide précieuse lorsque Reiko se rend brusquement dans sa ville de natale au chevet de son fiancé et cousin, mourant d’un cancer du foi.

Reiko surprend tout le monde par son attachement à ce cousin détesté, qu’elle veille jour et nuit jusqu’à son dernier souffle.

Revenue à Tokyo, Reiko explique à son médecin qu’elle se sent attirée par la mort et la douleur et qu’elle a éprouvé une sorte de jouissance à endosser le rôle de sainte au chevet d’un mourant.

Sa nouvelle attraction pour le malheur devient si puissante, qu’elle la pousse à se rapprocher de Hanai, un jeune homme rencontré dans un hôtel du bord de mer, alors qu’il s’apprêtait à se suicider.

Impuissant sexuellement et désespéré, Hanai présente tellement de similitude avec Reiko qu’ils deviennent rapidement intimes, la jeune femme trouvant dans ce jeune homme cérébral, fragile et prévenant, une sorte d’intellectualisation de son idéal d’homme parfait.

Mais quand Hanai parvient à surmonter son impuissance sexuelle, son comportement change et l’intérêt qu’il revêt aux yeux de Reiko chute brutalement.

Délaissé, Hanai se fait menaçant envers Shiomi au travers de lettres particulièrement agressives.

Patient et expérimenté, Shiomi endure la tempête qui souffle sur lui, entre également en contact avec Hanai et complète par ses explications également pathologiques, celles de Reiko.

Au final, Shiomi découvre la vérité, et comprend que Reiko a retrouvé à Tokyo le frère qu’elle cherchait en vain depuis ses années.

Mais celui a changé, abandonné ses études et ai devenu un petit voyou soumis aux yakuza.

Reiko raconte que pauvre, alcoolique et brutal, son propre frère a profité des retrouvailles pour la violer devant sa propriétaire une prostituée vulgaire jalouse.

Après cet acte, le frère a disparu de la circulation, laissant Reiko dans un état complètement bouleversé.

Shiomi décide donc d’abandonner la théorie et les longues séances de psychanalyse pour provoquer un électrochoc salvateur.

Accompagné d’un guide influent et respecté, il retrouve la trace du frère et rend avec Reiko et Ryuichi à San’ya, quartier ouvrier misérable et dangereux de Tokyo controlé par les yakuza.

Lors de l’entrevue, ils découvrent que ce frère a eu un enfant d’une femme des rues qu’il pousse à se prostituer jour et nuit.

Reiko a un choc immense en réalisant la déchéance de son frère, mais débloque aussi son problème intime qui était de vouloir avoir un enfant de son frère.


Voyant que cette maternité a déjà eu lieu, son obsession se dénoue et elle peut donc libérer son corps de la frigidité qui l’enserrait.

Grace à Shiomi, elle peut donc se marier avec Ryuichi et mène un vie  de femme épanouie.

En conclusion, « La musique » sort effectivement des écrits habituels de Mishima.

L’auteur y démontre son intérêt pour les théories psychanalytiques des allemands Freud, Jung et Heidegger, émergentes dans les années 60 au Japon pratiquement en même temps qu’aux Etats Unis alors qu’on aurait pu penser les japonais plus pudiques et moins enclins à livrer à la science occidentale leurs tourments psychiques.

Le sexe plane fortement sur le récit, mais est approché de manière déviante et pathologique au travers de la frigidité d’une jeune femme ou de l’impuissance d’un jeune homme.

On a donc affaire ici à une sexualité complexe, douloureuse, meurtrissant la vie des protagonistes jusqu’à l’altérer complètement.

Bien qu’intéressant, sinueux, bien construit et sans doute novateur en son temps, l’exercice est pour moi un peu trop classique pour un livre de Mishima.

Sans doute pas le meilleur Mishima, mais mention honorable tout du moins.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 09:34

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Changement de registre avec « Camille redouble » de Noémie Lvovsky sur les écrans en cet automne 2012.

Dans ce film, Camille Vaillant (Noémie Lvovsky) une femme de quarante ans bien sonnés, en pleine séparation avec son mari Eric (Samir Guesmi) parti avec une femme plus jeune, se réfugie dans l’alcool.

Le soir du nouvel an, Camille embrasse sa fille (Esther Garrel) et se rend très déprimée à une fête.

Au cours de la soirée, une consommation excessive d’alcool la fait perdre connaissance.

A son réveil, elle se retrouve propulsée dans son adolescence en 1985 mais avec son corps de femme de 45 ans.

Elle retrouve donc ses parents joués par Yolande Moreau et Michel Vuillermoz.

L’émotion qui l’étreint est alors très vive, surtout vis-à-vis de sa mère, morte subitement avant qu’elle ait pu lui annoncer qu’elle était enceinte.

Camille tente alors l’impossible mais ce que chacun tenterait à sa place, changer le passé ou tout du moins le retenir.

Elle enregistre fréquemment la voix de ses parents, ou de sa Mère, dont elle appréciait le timbre.

Mais comme toute adolescente, Camille a des obligations et doit se rendre à l’école.

Après quelques tâtonnements bien compréhensibles et quelques situations ubuesques, Camille rejoint un groupe d’amies rebelles composé de l’instable Josépha (Judith Chemla), la boudeuse Alice (India Hair) et la faussement intello Louise (Julia Faure).

Ensemble le quatuor fait face aux autres élèves et même à certains professeurs comme le redoutablement pervers professeur de français.

Mais Camille est traquée par Eric adolescent, qui tombe amoureux malgré ses violentes rebuffades.

Bon gré mal gré, Camille s’initie au théâtre sa véritable passion et doit jouer avec Eric également dans la pièce.

Malgré sa tentative avortée de fréquenter un autre jeune garçon, tout semble la ramener vers ce Eric qui la fera tellement souffrir plus tard.

Un nouvel élément pourtant survient avec la fréquentation de Alphonse (Denis Podalydès) professeur de physique chimie, auquel elle essaie d’obtenir de l’aide.

Bien que conciliant et ouvert d’esprit, Alphonse ne peut croire à ces histoires de retour vers le passé mais suit tout de même les inquiétudes de Camille en obtenant un rendez vous pour sa mère, victime de maux de tête.

Mais les scanners ne révèlent rien et le passé semble inexorablement refermer son étreinte.

Camille cède brièvement au charme de Eric et conçoit son enfant avec lui dans les vestiaires d’une piscine.

Elle parvient à annoncer à sa mère qu’elle est enceinte mais sa réaction de rejet est plus décevante que prévue.

La mort de sa mère survient pourtant, terriblement glaçante.

Camille se rapproche d’Alphonse qu’elle aimerait aimer et rejette Eric, qui devient de plus en plus violent.

Puis elle retourne dans son futur, croisant fugacement Eric et retrouvant finalement Alphonse âgé de 70 ans.

En conclusion, alors qu‘on aurait pu s‘attendre à une comédie singeant les années 80 avec leur musique, leurs habits et leurs expression aujourd‘hui kitsch, « Camille redouble » est un film plus émouvant que drôle, surfant sur un douloureux parfum de nostalgie.

Passé un certain âge, la nostalgie doit je pense s’insinuer dans le cœur de chaque être humain.

Ce sentiment va en croissant et les hommes d’affaires ont habilement compris le filon, en proposant un retour en force de la mode vintage, comme les tournées des stars des années 80, marquées certes du sceau de la médiocrité mais éveillant dans un public vieillissant l’invincible sentiment de l’attendrissement sur sa jeunesse perdue à tout jamais.

« Camille redouble » se place dans le même filon, avec un aspect quasi psychanalytique traitant des rapports à la famille ou à la volonté de changer ce qui ne peut l’être.

L’actrice se débat donc dans un toile d’araignée poisseuse et brin malsaine, tout en sachant pertinemment que l’issue est inévitable ou presque.

Voir cette introspection m’a renvoyé à mes propres démons intérieurs et m’a été extrêmement pénible, aussi ai-je souffert la quasi-totalité du film.

Je considère donc « Camille redouble » comme un film déprimant et trop intime pour ne pas me déranger de manière désagréable.

Le physique vieillissant et les minaudages de Lvovsky m’ont aussi déplus, ce qui fait malgré un idée originale sans doute intéressante, assez peu de raisons pour moi d’apprécier ce film trop introspectif pour moi.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 21:05

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Toujours dans la même période plutôt lointaine sort en 1945 « La maison du docteur Edwardes » d’Alfred Hitchcock.

Cette fois ci le cinéaste britannique s’intéresse au domaine psychologique pur voir psychiatrique en créant une tortueuse histoire ou Constance Petersen (Ingrid Bergman) une jeune et belle psychiatre tombe sous le charme du nouveau directeur de l’institut, le docteur Edwardes (Gregory Peck) qui vient remplacer le docteur Murchison (Leo G Carroll) âgé et malade.

Jeune et beau, Edwardes surprend néanmoins ses confrères par ses subites crises de nerfs qui vont jusqu’à lui faire perdre conscience en salle d’opération.

Très éprise, Constance s’intéresse de près à son cas et découvre qu’il n’est pas en réalité le docteur Edwardes.

En confiance, le jeune homme se confie à son amie et lui révèle être totalement amnésique.

Inquiet, Edwardes se sauve et laisse néanmoins un message à Constance lui indiquant qu’il se rend dans un hôtel à New York.

Mais sa fuite semble corroborer les soupçons de la police qui débarque à l’institut en affirmant que le jeune homme a pris la place du Docteur Edwards après l’avoir assassiné.

Pourtant Constance ne se fie qu’à son instinct et se lance à la recherche du vrai-faux docteur dans le but de l’aider à surmonter ses névroses.

Profitant de l’aide d’un détective privé tombant fort a propos, Constance retrouve le jeune homme et entreprend de reconstituer son passé à partir de bribes de ses rêves.

Elle pousse son ami à se rendre chez son maitre, le docteur Alexander Brulov (Michael Chekhov) vieil expert psychiatre qui par son expérience parvient à orienter les recherches de Constance en interprétant les rêves surréalistes issus de son subconscient.

Ses analyses poussent le couple à se rendre à la montagne puisque le jeune homme nommé en réalité Ballantine se rappelle avoir passé des vacances la bas avec Edwardes.

La descente d’une piste à ski, permet au couple de déduire que Edwardes est mort dans un accident, tombé du haut de la montagne.

Constance se sent alors rassurée mais la police survient alors en affirmant que Edwards ayant été tué par balle, Ballantine est le suspect numéro un.

L’arrestation de Ballantine est alors sans discussion mais de retour à l’institut, Constance a un flash après une discussion avec Murchison et comprend qu’il est en réalité le meurtrier.
Elle fait alors courageusement face au vieux psychiatre qui a agi par intérêt dans le but de garder sa place de directeur.

Après un face à face tendu ou le Murchison menace Constance d’un pistolet, cette dernière parvient à lui faire prendre conscience qu’il est plus sage de se rendre.

Mais le meurtrier retourne finalement son arme contre lui-même …

Le film se conclut par un happy end dans lequel les deux tourtereaux coulent de jours heureux.

En conclusion, « La maison du docteur Edwardes » n’est pas pour moi un Hitchcock majeur.

L’intrigue emberlificotée en diable est pénalisée par un manque criant d’action et de suspens.

Même si Ingrid Bergman, sans doute jamais aussi séduisante, rayonne de grâce et charme, le jeu de Peck en jeune homme tourmenté et fragile conduit à la limite de l’exaspération et l’histoire d’amour entre les deux ne parait pas franchement très crédible.

Seul intérêt du film, les scènes de rêves surréalistes crées par Salvador Dali en personne, valent le détour par leur créativité et leur bizarrerie extrêmes.

Pour le reste, difficile d’adhérer à ce dédale psychanalytique soporifique et tiré par les cheveux.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 14:32

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Une fois n’est pas coutume, un film français dans ces colonnes avec « Nathalie » réalisé en 2003 par Anne Fontaine.

L’histoire est très simple, Catherine (Fanny Ardant) une bourgeoise d’une cinquantaine d’années s’aperçoit un jour que son mari Bernard (Gérard Depardieu) le trompe.

Entre les deux époux la vie affective et sexuelle est il est vrai réduire au néant absolu.

Interrogé sur cette liaison, Bernard reconnait les faits mais les minimise.

Contre toute attente, Catherine encaisse le choc mais décide de payer une prostituée appelée Nathalie (Emmanuelle Béart) pour séduire son mari et lui raconter son comportement avec les femmes.

Peu à peu un jeu étrange va s’établir entre les deux femmes, Nathalie racontant à Catherine toujours plus avide,  chacun des ses rendez vous avec son mari et leurs ébats.

Catherine va éprouver du plaisir dans cette jouissance par procuration assez malsaine avec il est vrai des récits toujours plus sulfureux de Nathalie.

Puis les deux femmes vont se rapprocher, devenir plus intimes et mélanger leurs vies.

Catherine va payer un appartement à Nathalie alors en difficulté financière, puis connaitre sa vie d’esthéticienne tandis que Nathalie ira la voir à son cabinet de médecin.

Les deux femmes sortent aussi ensemble et Catherine s’enhardit jusqu’au point d’avoir une aventure.

Catherine souffre des récits de Nathalie mais y éprouve tout de même du plaisir et ne peut plus interrompre ce jeu dont elle est devenue dépendante.

Puis lors d’une confrontation avec Bernard le bat blesse et Catherine s’aperçoit que Nathalie a tout inventé.

Tout s’effondre alors … et on s’aperçoit que l’instrument a en réalité manipulé sa maitresse.

En conclusion, bien que construit sur un sujet original et potentiellement prenant psychologiquement avec l‘excitation de l‘imagination par tierce personne « Nathalie » souffre d’une réalisation lente et glacée.

Les personnages semblent se mouvoir comme des morts vivants dans un monde irréel.

Ils fument des tonnes de cigarettes et boivent beaucoup d’alcool pour avoir l’air distingués et détachés des choses mais finissent surtout par irriter de leur maniérisme.

L’opposition entre la bourgeoise coincée et la prostituée sexuellement libérée tourne rapidement court puisque ces deux femmes deviennent vite complices.
Assez étrangement le sexe est complètement absent du film.

Emmanuel Béart, belle femme massacrée par la chirurgie esthétique incarne bien le fantasme masculin mais se meut dans des décors chic et toc dans lesquels est diffusée une musique d’ambiance aussi vide et dénaturée que son personnage.

On retrouve donc ici toutes les caractéristiques du film français se voulant intellectuel, sophistiqué, dépressif et morbide.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 09:11

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3

 

 

Clint Eastwood  toujours avec sa première réalisation « Un frisson dans la nuit » sorti en 1971.

L’histoire est celle d’un thriller assez classique se déroulant dans des splendides paysages de la cote ouest américaine avec belles villa donnant sur l’océan pacifique.

Le héros principal est Dave Carver (Clint Eastwood), disc jokey d’une émission radio de nuit ou il alterne disques de jazz et lectures de poésie.

Bel homme et amateur de femmes, Carver a souvent des aventures sans lendemain et revendique une certaine liberté de mœurs.

Un soir pourtant il rencontre une de ses admiratrices Evelyn Draper (Jessica Walter) dans un bar et la jeune femme après avoir couché avec lui, se montre particulièrement insistante à son égard.

Déterminée et prête à toutes les séductions, Evelyn tente de s’immiscer dans sa vie privée.

Tout d’abord surpris voir flatté, Dave ne va pas tarder à se montrer irriter voir apeuré par les incursions toujours plus inattendues d’Evelyn.

Toute la trame du film va donc consister en ce jeu malsain d’une femme persécutant son amant en usant de moyens de plus en plus inquiétants.

Jalouse et possessive, Evelyn ne supporte pas que Dave fréquente d’autres femmes comme la jolie blonde peintre Tobie (Donna Mills), fait un double des ses clés et n’hésite pas à s’entailler les veines pour exercer un chantage psychologique infernal sur lui.

Dave croit être débarrassé d’Evelyn quand elle agresse au couteau sa femme de ménage noire et que la police l’arrête mais sa libération provisoire vient raviver le cauchemar.

Le dénouement aura lieu chez Dave ou Tobie a été prise en otage par la redoutable psychopathe.

En conclusion, pour un premier film, « Un frisson dans la nuit » est un solide thriller évoquant par instant Alfred Hitchcock par ses cotés tensions psychologiques et déviance féminine faisant d’un bel homme la proie d’une femme perturbée.

Plus que l’intrigue finalement assez classique, le film est intéressant par son atmosphère progressiste des années 70  avec la Californie des artistes, de la vie de bohème et une certaine mixité raciale marquée par plusieurs seconds rôles d’acteurs noirs américains dont le collègue de radio de Dave joué par Duke Everts.

Avec ce rôle, Eastwood assouplit son image de gros dur réactionnaire, se montrant sous un jours plus fin, pacifique et vulnérable.

Enfin, même si Jessica Walter n’a pas le physique de femme fatale de Sharon Stone, « Un frisson dans la nuit » m’a fait penser par instants à « Basic instinct » en raison de son intrigue et de son cadre californien en bordure d’océan.

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 19:29

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5

 

 

J’ai toujours trouvé que la psychanalyse était un domaine aussi fascinant qu’effrayant, aussi est-ce avec un mélange d’excitation et d’inquiétude que j’ai découvert Sigmund Freud avec « Sur le rêve ».

Ecrite en 1900 soit il y a plus d’un siècle, « Sur le rêve » est une version allégée et sensée plus accessible de la  volumineuse  « interprétation des rêves » parue peu avant.

Le célèbre psychiatre autrichien y développe ses idées sur l’analyse des rêves en les illustrant de quelques exemples soit issus de sa vie personnelle, soit de son expérience de praticien.

Il sépare les rêves des enfants facilement interprétables car non refoulés de ceux des adultes plus complexes qu’ils soient cohérents ou incohérents centrés sur un désir refoulé.

Dans les rêves des adultes, plusieurs phénomènes opèrent simultanément comme la condensation qui agrège différents éléments latents de l’inconscient pour produire le contenu manifeste du rêve conscient ou chacun de ces éléments se trouve mêlé aux autres pour produire la toile d’ensemble.

Le phénomène de déplacement modifie la place des composants du rêve pour en atténuer ou en augmenter facticement l’importance.

La transformation opère par des procédés complexes généralement très symboliques.

Puis enfin le phénomène de traitement donne un ordre apparent au rêve constitué pour en masquer la signification réelle.

Freud décrit la raison d’être de ces phénomène par la notion centrale de refoulement qui censure à l’état de veille tous nos inavouables désirs majoritairement érotiques car jugés profondément inconvenant par les règles de la civilisation.

Relégués dans notre inconscient, ces désirs refoulés profitent de l’état de sommeil pour s’exprimer par l’intermédiaire des rêves.

Mais la censure bien que partiellement relâchée, veille à masquer le sens de ces désirs dont l’existence est par trop dérangeante.

Le travail du psychiatre consiste alors à dénouer les fils des pensées enchevêtrées, à remettre les choses à leur place et à décrypter les symboles ou les transformations venant brouiller les cartes.

Freud complète son analyse par l’affirmation de l’influence de stimulus extérieurs comme un événement récent marquant jouant le rôle de déclencheurs, de celle de l’enfance puis enfin de dispositifs de protection internes servant alternativement à protéger le sommeil du rêveur ou à le réveiller en cas d’angoisse trop importante.

En conclusion, même  si un siècle après les théories de Freud sont aujourd’hui logiquement critiquées, j’ai trouvé « Sur le rêve » une fois décrypté le jargon du psychiatre globalement passionnant.

L’approche de Freud se distingue par la négation du coté surnaturel des rêves apparue dès l'Antiquité, de leur connexion avec le monde de l’au-delà, de leur capacité à prédire le futur mais aussi de l’approche matérialiste ne voyant qu’un simple travail des organes et n’attribuant aucune valeur à ces phénomènes incompréhensibles.

Il introduit une théorie basé sur le refoulement de nos désirs profonds nés de l’enfance et de nos pulsions sexuelles.

Pour autant le livre ne dit pas pourquoi nous éprouvons ce besoin physiologique, Est-ce parce que le stockage de ses désirs enfouis dans notre inconscient nous rendrait au final fou ?  L’esprit trouvant alors un compromis acceptable en les évacuant partiellement dans cet espace réservé ou nul dommage physique ou moral n’est à craindre ?

Beaucoup de questions levées donc sur un domaine que les scientifiques n’ont sans doute pas fini d’explorer.


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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 22:40

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2

 

 

Cinéma asiatique avec « Old boy » du coréen Park Chan Wook, grand prix du festival de Cannes 2004.

« Old boy » est bâti sur une histoire de cinglé interdite au moins de 16 ans, l’enlèvement d’un monsieur tout le monde, Oh Dae Soo (Choi min sik) qui va passer quinze ans de sa vie dans la solitude la plus complète d’une petite chambre ou son unique lien avec le monde extérieur sera outre ses repas quotidien, une télévision ou il apprendra qu’il est le principal suspect du meurtre de sa femme et que sa fille unique a été placée chez des parents adoptifs.

Difficile dans un tel contexte de conserver un tant soit peu d’équilibre mental et Oh Dae Soo, après une légitime phase de questionnement sur les motivations de ses ravisseurs, va s’enfermer dans une sorte de routine ou il va développer sa force physique et endurcir son corps et s’astreindre à de longs exercices d’écriture sur sa vie.

Régulièrement drogué, Oh Dae Soo trouve néanmoins les ressources pour creuser le mur de sa chambre et ainsi rêver d’une très hypothétique évasion.

Un jour pourtant il est libéré aussi de façon aussi mystérieuse que son enlèvement.

Passablement déboussolé il erre au hasard et finit par gagner la sympathie d’une jeune serveuse appelée Mi-do (Kang Hye-Jeong) qui n’hésite pas à le ramener chez lui.

Bien entendu Oh Dae Soo et Mi-do finissent par se rapprocher et à faire l’amour ensemble.

Puis Oh Dae Soo est contacté par ses mystérieux adversaires et cherche alors à remonter le fil pour se venger d’eux.

Se méfiant de Mi-do après un tchat suspect, il mène alors son enquête, remontant patiemment la piste jusqu’à son geôlier Mr Han (Kim Byeong-Ok) qu’il torture cruellement à coups de marteau, lui arrachant les dents une par une.

Han finit par lui livrer des cassettes audio pour en savoir plus puis sombre dans l’inconscience.

Au retour, Oh Dae Soo affronte une vingtaine d’hommes de main armés de bâtons et de couteaux.

Mettant à profit ses années de surentrainement il fait face armé d’un seul marteau dans une scène de travelling hallucinante.

Oh Dae Soo défait ses ennemis et parvient à s’échapper mais reçoit un coup de couteau dans le dos.

Soigné par Han qui détient Mi-do en otage, il finit par trouver le commanditaire, Lee Won Jin (Yoo Ji Tae) un jeune homme mystérieux qui joue cruellement avec ses nerfs.

Oh Dae Soo remonte alors dans son passé et trouve un lien avec ses années de collège à Evergreen.

Entre deux scènes de tortures particulièrement éprouvantes, Oh Dae Soo parvient par petites touches successives à reconstituer ses souvenirs, notamment le fait qu’il ait assisté à Evergreen aux ébats incestueux de Lee Won Jin et de sa sœur Lee Soo Ah (Yoon Jin Seo) .

N’ayant pas pu tenir sa langue, Oh Dae Soo a attiré la honte sur la sœur enceinte de son frère qui n’a eu d’autre solution que de se suicider sous les yeux de son jeune frère amant.

Oh Dae Soo comprend qu’il n’a donc fait que subir la vengeance haineuse de Lee Won Jin.

Celui lui révèle alors une machination encore plus complexe en lui expliquant que Mi Do est en réalité sa propre fille et qu’il a exercé sur eux une hypnose afin d’effacer leurs souvenirs et de les faire coucher ensemble.

Le choc est si rude que Oh Da Soo se tranche la langue en échange de la vie sauve pour sa fille… et fait acte de soumission devant Lee Won Jin.

Celui-ci ayant perdu à présent tout sens à sa vie, n’a plus d’autre solution que de suicider.

En conclusion, « Old boy » est réellement un film de fou furieux avec pour thème central la vengeance comme le plus puissant moteur de l’existence, vengeance qui habite aussi bien le héros que son adversaire.

Bien entendu le scenario est inventif, très pervers et presque à la limite trop complexe.

Le principal reproche que je ferais au film est sa violence extrême, qui le rend par instant insoutenable avec des scènes de torture à faire passer « Marathon man » pour un divertissement pour enfants.

Malgré un acteur principal formidable, une certaine virtuosité de réalisation aussi bien dans la création d’ambiances que dans des scènes d’actions plus marquantes que celles de n’importe quel film d’art martiaux,  Park Chan Wook  pêche donc pour moi par une complexification trop poussée et par une violence malsaine proprement écœurante.

Et dernier reproche, la question fondamentale que tout le monde se pose « Comment survivrais je à quinze ans d’enfermement absolu ? » est faussée par l’administration d’anti dépresseurs permettant au prisonnier de ne pas sombrer dans la folie autodestructrice la plus totale.

L’adhésion massive des critiques pour ce film repoussant les tabous a de quoi laisser perplexe voir franchement déranger.

A mon sens sans Tarantino dans la jury du festival cette année la, « Old boy » n’aurait sans doute pas eu ni prix ni tout ce succès.

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