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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 10:09
Pas de printemps pour Marnie (Alfred Hitchcock)

Difficile de se lasser d’Alfred Hitchcock, aussi voici à présent « Pas de printemps pour Marnie » sorti en 1964, alors que le cinéaste était déjà solidement établi aux Etats-Unis et pouvait employer la crème des acteurs de l’époque.

Adapté d’un roman de Winston Graham, « Pas de printemps pour Marnie » débute par une intrigue classique à la « Psychose », avec le vol par une jeune secrétaire (Tippi Hedren) d’une importante somme d’argent chez la compagnie Strutt dirigée par Sidney (Martin Gabel).

Passée maitre dans l’art de la dissimulation, la jeune femme a semble t il utilisé un faux nom et s’est volatilisée une fois son méfait accompli.

Elle se rend à Baltimore pour faire quelques cadeaux à sa mère Bernice (Louise Latham) qui l’accueille froidement, préférant la compagnie d’une petite voisine à celle de sa fille.

Entre les deux femmes, une vive tension semble s’installer, confirmé par les étranges angoisses de la voleuse à propos de la couleur rouge et de l’orage.

Mark Rutland (Sean Connery) un des principaux clients de Strutt, est témoin de l’embarras de son fournisseur et observe la plus grande prudence lorsque la jeune femme s’arrange pour se faire engager dans sa propre compagnie sous une nouvelle fausse identité Marnie Edgar et apparence.

Rutland laisse Marnie s’installer chez lui et profiter d’un moment ou la surveillance se relâche le week end pour renouveler sa manœuvre et dérober plusieurs milliers de dollars.

Elle comprend trop tard que Mark l’a percée à jour et l’a aisément retrouvée.

Après une explication orageuse ou Marnie finit par avouer un passé de voleuse compulsive passant d’état en état, Mark séduit par sa troublante beauté lui propose de compenser les pertes de sa compagnie et de l’épouser.

Prise au piège, Marnie accepte ce mariage soudain qui déstabilise la très bourgeoise famille Rutland, avec en premier lieu Lil Mainwaring (Diane Baker) la belle sœur de Mark, qui mène discrètement son enquête.

Il est vrai que le comportement de Marnie déroute, notamment lors de l’affreuse lune de miel dans une croisière à Hawaï, ou la jeune femme se refuse à tout rapport physique avec son mari.

Mark qui à ses heures perdues étudie la psychologie, tente de décrypter le mal de sa femme, qu’il aime malgré tout éperdument et décèle en elle une profonde psychose remontant certainement à son passé.

Ceci ne sauve pas la croisière qui se termine par un fiasco.

De retour dans l’état de New York, Mark doit s’employer pour sauver la mise à sa femme, violemment attaquée par Sidney Strutt qui l’a reconnue dans une soirée.

Il use de menaces économiques pour faire reculer son fournisseur, mais a bien du mal à cacher la vérité à la sagace Lil, du reste secrètement amoureuse de lui.

Il demeure impossible de cacher les déviances comportementales de Marnie qui lance son cheval dans un galop frénétique sur la propriété des Rutland, ce qui se termine par une chute et par la nécessité d’abattre au pistolet l’infortuné animal souffrant le martyr.

Sentant que la vie conjugale allait devenir impossible et sincèrement désireux d’aider sa femme, Mark se décide à provoquer une visite chez Bernice pour expliciter le passé douloureux de Marnie.

La confrontation est brutale, Marnie se recroquevillant quasiment à l’état infantile devant la succession de souvenirs douloureux de sa mère, prostituée, luttant avec un marin qui avait touché sa fille avant qu’elle ne doive le tuer à coups de tisonnier un soir d’orage.

Ayant fait le lien avec les phobies de Marnie (le rouge pour le sang, l’orage pour les circonstances et le dégout des hommes par rapport au dégout de sa propre mère), Mark la libère pour espérer reprendre une vie normale, ce que la jeune femme accepte avec soulagement.

En conclusion, sans égaler (loin s’en faut) le machiavélisme de « Psychose » ou des « Oiseaux », « Pas de printemps pour Marnie » est cependant un très bon Hitchcock explorant les tréfonds du psychisme humain à travers les troubles d’une jeune et belle femme, frigide et kleptomane.

Sean Connery incroyablement jeune et séduisant, incarne à merveille le héros masculin hitchcockien type, athlétique, élégant, sympathique et très aisé.

Son tandem avec Tippi Hedren, elle aussi archétype de la blonde perverse, constitue l’ossature principale du film.

Alors certes, certaines scènes notamment d’action, paraitront sans doute un peu surannées ou cheaps, mais ceci en saurait en rien gâcher le plaisir essentiel de ce bon Hitchcock de seconde catégorie.

Pas de printemps pour Marnie (Alfred Hitchcock)
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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 19:58
Le procès Paradine (Alfred Hitchcock)

L’exploration de la filmographie d’Alfred Hitchcock n’a sans doute pas de limites rapidement atteintes aussi est-ce avec une certaine jubilation que j’ai pu visionner « Le procès Paradine ».

Vieux film en noir et blanc sorti en 1947, « Le procès Paradine » raconte une histoire ultra classique de procès ou un jeune et bel avocat londonien Anthony Keane (Gregory Peck) accepte de défendre une séduisante jeune femme accusée du meurtre de son mari, Anna Paradine (Alida Valli).

D’emblée, Keane est troublé par la beauté froide de Mrs Paradine et prend personnellement le parti de défendre son innocence.

Cette proximité produit immédiatement une impression de gêne chez sa femme, Gay (Ann Tod) en raison du surcroit de travail qu’il provoque chez son mari et de l’annulation d’un voyage en Europe prévu de longue date.

Keane se trouve peut convainquant lorsqu’il s’agit défendre le caractère professionnel de son affaire et prend de lui-même l’initiative de se rendre dans la banlieue de Londres dans la maison qu’occupait le défunt.

Dans une belle maison bourgeoise de campagne, Keane fait la connaissance troublante d’André Latour (Louis Jourdan) le valet des Paradine, qui l’épie et se montre particulièrement hostile à l’égard d’Anna Paradine.

De retour à Londres, la situation ne s’éclaircit pas forcément et le procès bat son plein.

Celui-ci présidé par le juge Lord Thomas Horfield (Charles Laughton) se montre particulièrement houleux et débouche sur une confrontation directe entre Keane et Latour, qui sous le feux des questions de l’avocat, finit par céder peu à peu du terrain et révèle son implication dans un possible meurtre de Mr Paradine.

La défense acharnée de Keane finit donc par porter ses fruits et l’avocat pousse Latour à reconnaitre qu’il a probablement empoisonné Paradine car celui-ci avait découvert qu’il courtisait sa femme.

Le fait que Latour ait été de surcroit l’un de bénéficiaires du testament du vieux militaire aveugle en raison de ses bons et loyaux services, constitue de surcroit une circonstances aggravantes.

Mais si Latour qui s’obstine à associer Mrs Paradine à cet assassinat, finit par céder et à se suicider par peur du déshonneur public, un nouveau coup de théâtre se produit lorsque Anna, ébranlée par l’annonce de la mort du jeune homme, accepte de s’accuser de complicité de meurtre.

Cette annonce bouleverse Keane, qui comprend la relation amoureuse entre Latour et Mrs Paradine, et l’assassinat du mari handicapé, principal obstacle à leur passion.

Il trouve cependant un soutien bienvenu auprès de sa femme et accepte de se rapprocher d’elle après l’avoir si longtemps délaissée …

En conclusion, « Le procès Paradine » est un film faisant son âge et se caractérise par un manque patent d’action.

Inutile de dire qu’on trouve le temps long auprès de ses presque deux heures et que la qualité du jeu des acteurs notamment Valli parfaite en femme fatale et Peck toujours aussi impressionnant/énervant de charisme insolent.

Malgré sa force, le thème de de la passion amoureuse et l’ambigüité de la relation entre l’avocat et sa cliente, ne sont pas suffisamment mis en avant pour tenir le film à bout de bras et « Le procès Paradine » ne tient donc pas au niveau du suspens toutes ses promesses, loin s’en faut.

Un film qu’on qualifiera donc de mineur dans la si riche filmographie du maitre britannique.

Le procès Paradine (Alfred Hitchcock)
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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 14:19
A deriva (Heitor Dhalia)

Changement radical d’ambiance avec « A deriva » film brésilien de Heitor Dhalia qui en 2009 connut un certain succès d’estime en raison de la présence de la star française, Vincent Cassel.

L’histoire se déroule dans les années 80 sur l’ile paradisiaque de Buzios, près de Rio de Janeiro, ou vit un couple franco-brésilien formé de Matias (Vincent Cassel) écrivain, sa femme Clarice (Debora Bloch) ainsi que leurs enfants Filipa (Laura Neiva) et Antonio (Max Auzar).

Mais Filipa, âgée de quatorze ans est perturbée par la crise du couple de ses parents, qui derrière les soirées et la belle vie à la plage, se déchire.

En réalité, Matias et Clarice ne sont d’accord sur rien, le premier refusant de vendre les droits de ses livres malgré les dettes criblant le ménage mais plus grave, possédant une maitresse, une jeune américaine Angela (Camilla Belle) séjournant sur l’ile.

Filipa découvre la liaison de son père, le suit et va jusqu’à l’espionner dans ses ébats amoureux.

En parallèle, excédée par les non dits et la crise qui couvent, Filipa se rebelle de plus en plus ouvertement contre ses parents, contre son peur dont elle fuit le contact physique et sa mère dont elle défie l’autorité.

Matias détecte cette crise mais pris dans ses problèmes conjugaux et la séparation imminente avec Clarice se montre incapable d’en comprendre l’origine.

L’ambiance à Buzios devient de plus en plus pesante, Clarice se refugiant dans l’alcool tandis que Matias attise sa colère en annonçant dans une soirée écrire un livre sur l’adultère d’une femme professeur avec un de ses élèves plus jeune.

Plus qu’une fiction, Clarice a bel et bien en réalité un de ses élèves comme amant.

Après une ultime manœuvre consistant à avouer à Matias la connaissance de sa liaison avec Angela qui le trompe également avec beau barman (Caua Raymond), Filipa comprend qu’elle n’arrivera pas à conserver l’union de ses parents et décide de fuir avec le barman qu’elle a au préalablement séduit.

C’est un Matias mort d’inquiétude qui retrouve sa fille, miraculeusement indemne après un accident de voiture.

Le père et la fille se retrouvent alors enfin apaisés …

En conclusion, « A deriva » est un joli film d’auteur porté par de bons acteurs, Cassel bien sur qui parle un portugais brésilien de bon niveau mais surtout Laura Neiva, dont le beau visage grave de nymphette énigmatique crève l’écran.

Le sujet délicat, la séparation vue du point de vue d’un adolescent qui n’y voit que trahison, hypocrisie et sent ses repères vaciller dangereusement est abordé avec tact et talent.
Comme bonus, les paysages à couper le souffle de Buzios viennent plonger le spectateur dans un océan de splendeurs naturelles …

Petit reproche, le film aurait sans doute gagné en excitation en exploitant la sensualité de l’ambiance tropicale pour développer des scènes plus érotiques … mais « A vida » demeure une respiration agréable et intelligente … bien loin des blockbusters américains et des clichés sur le Brésil.

A deriva (Heitor Dhalia)
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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 19:50
Buried (Rodrigo Cortes)

Abordons maintenant une curiosité dans la lignée des films à petits budgets reposant sur une idée simple mais suffisamment forte pour tenir en haleine pendant une heure et demi, « Buried » de l’espagnol Rodrigo Cortes.

Sorti en 2010, « Buried » raconte l’histoire d’un homme, Paul Conroy (Ryan Reynolds), chauffeur poids lourd travaillant pour le compte de CRT une compagnie américaine acheminant des produits de première nécessité aux populations irakiennes qui se réveille enterré vivant dans un cercueil.

Après la première phase de bien légitime de panique, Paul trouve sur lui un briquet qui lui permet d’éclairer sa situation puis encore plus intéressant, des lampes torches et un téléphone portable à moitié chargé.

Saisissant sa chance, Paul tente de joindre sa femme Linda (Samantha Mathis) mais ne peut que lui laisser un message.

Après quelques tentatives infructueuses et malheureuses, il parvient également à laisser un message au directeur des ressources humaines de son employeur, Dan Brenner (Robert Paterson) et à entrer en contact avec les forces américaines présentes en Irak par le biais de Alan Davenporty (Stephen Tobolowsky) qui tente de le rassurer sur sa situation et de lui donner quelques conseils pour augmenter son espérance de vie.

Même si au fond de son trou, Paul ne se fait que peu d’illusions sur ses chances de survie, le contact avec Harris le calme un peu.

Il doit pourtant faire face à son ravisseur, un dénommé Jabir (José Luis Garcia Perez) qui réclame cinq millions de dollars pour sa libération.

Paul sait bien que jamais le gouvernement américain ne déboursera autant d’argent pour la libération d’un simple camionneur et le fait savoir à Jabir qui maintient néanmoins ses exigences.

Difficile de contrôler dans ces conditions son stress lorsqu’on est soi-même à la base soumis à des crises de paniques mais Davenporty lui explique qu’il a l’expérience de ce type de situation et qu’il va chercher à le localiser pour envoyer une équipe sur place.

Économisant briquet et téléphone, Paul doit faire face à l’incursion d’un serpent qu’il parvient à repousser de justesse en allumant un peu de feu.

Jabir continue de faire pression sur lui en lui montrant la vidéo de Pamela (Ivana Mino), une collègue de la CRT, détenue elle aussi en otage et soumise à la menace d’une exécution.

Devant pareille menace, Paul accepte de tourner une vidéo de lui lisant un texte qui sera diffusée par ses ravisseurs sur Internet.

Jabir fait pourtant baisser les enchères à un million de dollars, ce qui demeure de toute façon inatteignable.

Contrarié de ne pas arriver à ses fins, il envoie à Paul une vidéo d’exécution de Pamela ce qui le traumatise.

Pire que cela, l’horrible Brenner rappelle Paul et lui fait savoir qu’il a accepté les risques de sa mission et qu’il a été licencié pour relations entre collègues avec Pamela, ce qui le prive de fait de tous ces droits, assurance comprise.

Le choc est rude pour Paul qui voit la fin venir lorsque le sable accumulé crève le toit de son cercueil et menace de l’étouffer.

Il parvient à colmater de justesse la brèche et converse avec Davenporty qui lui dit qu’il est en passe de venir le secourir après avoir tué Jabir.

Bien entendu Jabir intervient encore, menaçant cette fois Linda et leur fils sur le sol des Etats-Unis.

La panique de Paul est alors à son comble et il accepte alors de se filmer en train de se couper un doigt pour satisfaire aux exigences de ses bourreaux.

Dépité, Paul se laisse alors glisser lorsqu’il sent le sable s’insinuer peu à peu dans son cercueil.

Un coup de téléphone de Davenporty lui fait savoir que les secours sont tout proches.

Linda rappelle également ce qui permet à Paul d’enfin lui parler en vidant son cœur.

Malheureusement, les informations obtenus par Davenporty sont erronées et Paul comprend que ce n’est pas lui qu’il est venu secourir.

Il finit donc réellement enseveli sous terre.

En conclusion, « Buried » est un sale film vicieux, cruel, oppressant jusqu’à l’insupportable par moment.

Le but de Cortes de prendre aux tripes le spectateur en le plongeant dans une situation extrême est clairement atteint en montrant un brave type à tête de bon ricain désespéré repousser ses limites par pur instinct de conservation.

En toute honnêteté, on trouve l’exercice un peu vain et le résultat final terriblement déprimant met hors de soi après tout ce qu’on a du endurer pendant une heure et demi.

On pense donc à « 127 heures » de Danny Boyle qui traite d’un sujet similaire avec un profond dégout d’avoir été secoué manière aussi profonde pour pas grand-chose.

Inutile de dire que le même film réalisé par un américain aurait eu une issue autrement plus positive.

Buried (Rodrigo Cortes)
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 10:27
The descendants (Alexander Payne)

Changement d’univers avec un film plus adulte « The descendants » d’Alexander Payne.

Sorti en 2011, « The descendants » raconte l’histoire de Matt King (George Clooney), avocat basé à Hawaï, qui doit faire face une situation dramatique dans laquelle sa femme Elisabeth (Patricia Hastie) est clouée dans une situation critique sur un lit d’hôpital après un grave accident de bateau.

Héritier d’une ile somptueuse et encore vierge d’Hawaï, Matt qui a toujours fait passer son travail avant tout le reste, se trouve donc brutalement confronté à une réalité difficile ou il doit prendre en charge des deux filles, Alexandra (Shailene Woodley) adolescente et Scottie (Amara Miller), 10 ans, toutes deux très rebelles.

Assez rapidement, Matt comprend que la situation d’Elisabeth est sans espoir et se voit confier la difficile tache de l’annoncer à la famille proche qui vit sur majoritairement sur l’ile.

Trop jeune pour réagir de manière élaborée, Scottie s’exprime par un langage ordurier et un comportement anormal, tandis que Alexandra souffre intensément de cette douloureuse nouvelle, même si elle confie à son père être en mauvais terme avec sa mère.

Un peu dépassé par les réactions de son entourage, Matt fait pourtant courageusement front, et accepte que Sid (Nick Krause) un jeune homme désinvolte et insolent accompagne Alexandra pour la soutenir dans cette épreuve.

Les plus violentes critiques émanent du père d’Elisabeth, qui encense sa fille tout en reprochant le mode de vie égoïste de son gendre et de sa pingrerie qui l’avait poussé à ne pas acheter de bateau.

Pourtant Matt permet à tout le monde de lui rendre visite à l’hôpital tout en continuant de superviser la vente prochaine de la superbe ile familiale à des compagnies touristiques afin d’assurer un avenir financier à la nombreuse famille King.

Un basculement survient lorsque Alexandra finit par avouer à son père que sa mère le trompait avec un type de l’ile, ce qui a accéléré la détérioration des relations mère-fille.

Matt prend la nouvelle de plein fouet et entreprend de découvrir l’identité de l’amant.

Fou de rage, il fait pression sur un couple d’amis les Mitchell Mark (Rob Huebel) et Kai (Mary Birdsong) qui finit par lui révéler que l’homme s’appelle Brian Speer (Matthew Lillard).

Flanqué de Alexandra et de la tête à claque Sid, Matt mène l’enquête et découvre au cours d’un jogging sur la plage ou réside Speer, un homme marié.

Il prétexte alors une discussion un jour sur la plage avec Julie (Judy Greer) la femme de Speer pour rendre visite au couple avec une stratégie mise au point avec Alexandra visant à occuper l’épouse tandis que Matt s’explique avec l’amant.

Confronté à la réalité et à l’annonce de la mort d’Elisabeth, Brian ne nie pas une relation qu’il estimait purement sexuelle, et implore Matt d’épargner sa famille.

Face à l’affront de la tromperie, Matt a logiquement beaucoup de mal à garder son calme, mais finit par partir en grand seigneur tout en autorisant Brian à dire un dernier au revoir à sa maitresse.

C’est finalement Julie qui s’est douté de quelque chose qui se rend à l’hôpital pour un face à face intense face au corps sans vie de Elisabeth.

En proie à une profonde remise en question après la mort d‘Elisabeth, Matt refuse finalement de vendre son ile au grand désespoir des investisseurs et de ses cousins.

Il préfère à l’appât du gain préserver l’héritage de sa famille, une terre splendide et sauvage ou les souvenirs abondent.

Après avoir dispersé les cendres d’Elisabeth dans l’océan avec ses filles dans une poignante cérémonie posthume, Matt entreprend de se rapprocher d’elles et de devenir le père présent et attentionné qu’il aurait du être depuis longtemps.

En conclusion, malgré le cadre idyllique d‘Hawaï, « The descendants » n’est pas une comédie ou un film léger qui vous fera vous sentir heureux.

Il traite d’un sujet grave auquel tout le monde sera tout ou tard confronté : l’annonce d’une mort ici inattendue et ses impacts sur la vie d’une famille.

Clooney interprète très justement un homme mature qui en pleine introspection, réalise les erreurs qu’il a pu commettre : délaisser sa famille et en particulier son épouse pour son travail, faire preuve de radinerie par principe et surtout refuser de voir la réalité en face.

Le spectateur sent ce processus lent et douloureux qui va souvent à l’encontre des préoccupations du monde moderne gouverné par la vitesse (précipitation ?), l’individualisme et l’appât du gain.

Sans triomphalisme, le héros affronte les évènements avec dignité, tout en découvrant la véritable vie de la défunte et profite du choc du deuil pour donner de nouvelles priorités à sa vie centrée sur l’histoire, les racines et la famille.

« The descendants » est donc un film introspectif, difficile, douloureux, parfois poignant qui mérite bien ses quelques récompenses (dont un oscar).

Il est en revanche fermement à déconseiller aux personnes pressées, fragiles ou immatures qui ne sauront l’apprécier et trouveront le temps insupportablement long.

The descendants (Alexander Payne)
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 19:54

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Je n’avais, je l’avoue jamais entendu parler de « Liaison fatale » d’Adrian Lyne.

Sorti en 1987, « Liaison fatale » est un thriller d’apparence ultra classique dans lequel Dan Gallagher (Michael Douglas), un riche avocat new yorkais père de famille, commet un adultère avec une éditrice rencontrée à une soirée, Alex Forrest (Glenn Close).

Blonde, séductrice et du même âge que lui, Alex se montre trop tentante pour Dan, resté seul à New-York tandis que sa femme Beth (Ann Archer) est allé visiter leur nouvelle maison en banlieue.

Après un week end de pure passion physique, Dan pense en avoir fini avec une aventure qu’il considère comme sans lendemain mais comprend à son grand désarroi que Alex s’est considérablement attachée à lui.

Désemparé face aux réactions violentes de son amante, Dan panique lorsque celle-ci s’ouvre les veines devant lui pour le forcer à rester avec elle.

Le retour à la vie normale se trouve donc plus compliqué que prévu lorsque Alex lui apprend être enceinte de lui, vouloir garder le bébé mais surtout qu’il assume son rôle de père.

Devant le refus de Dan de rentrer dans cette logique infernale, Alex ne tarde pas à prendre une place toujours plus importante dans son existence avec des visites imprévues à son bureau et surtout des appels téléphoniques à son domicile, quelques fois en pleine nuit.

Le passage sur liste rouge ne suffit pas car Alex s’arrange pour rencontrer Beth en prétextant vouloir acheter leur appartement.

Pris au piège, Dan tente de trouver de l’aide auprès d’un ami avocat et de ses contacts dans la police, mais sans réel succès puisque Alex va jusqu’à détériorer son véhicule.

Tremblant pour son ménage, Dan pousse sa famille à déménager plus tôt que prévu en banlieue mais ne peut échapper pour autant à Alex qui tue dans un grand accès de cruauté le lapin de sa fille Ellen (Ellen Hamilton Latzen).

Acculé, Dan n’a d’autres possibilité que d’avouer sa faute à sa femme, ce qui provoque un drame familial et son déménagement forcé.

Malheureusement les révélations à Beth ne suffisent pas à apaiser Alex qui s’en prend à Ellen en l’enlevant à la sortie de l’école.

La mère est tellement paniquée qu’elle a un accident de voiture, heureusement non mortel.

Rendu lui aussi fou par les dégâts occasionnés sur sa femme et sa fille, Dan s’en prend directement à Alex en l’agressant dans son appartement.

La lutte est violente, confuse et pleine de rage.

Dan se retient de l’étrangler et a bien du mal à ne pas prendre un coup de couteau en retour.

Le retour de Beth de l’hôpital à la maison n’est pas pour rassurer la famille car Alex continue son entreprise de destruction aveugle.

L’affrontement final a lieu dans la maison après que Alex tente de tuer Beth à coup de couteau.

Dan surgit dans la salle de bain pour aider sa femme et lutte pied à pied avec la tueuse.

Après avoir été noyée, Alex surgit encore, toujours menaçante et seule une balle dans la poitrine tirée par Beth a raison d’elle.

En conclusion, « Liaison fatale » est thriller dans la veine des « Basic instinct » et autres « Harcèlement » avec ce même Michael Douglas décidément victime idéale pour la gente féminine.

Même si filmé antérieurement et donc forcément un peu daté après 27 ans, « Liaison fatale » recèle un fort gout de déjà vu par sa trame classique et d’une manière prévisible.

Malgré cela, l’intensité du suspens, la violence de certaine scène et la qualité des acteurs, même si la maigrichonne Glenn Close manque singulièrement de sex appeal comparé à Sharon Stone ou Demi Moore, font le spectateur passe un très bon moment.

Sans grande surprise ou originalité donc, mais de bonne facture.

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 21:16

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Sorti en 2004, « Attraction fatale » est un film de Matthew Parkhill.

Au premier abord le film aborde une classique image de ménage à trois en Angleterre avec Carmen (Natalia Verbeke) une jeune femme espagnole partagée entre une demande en mariage de son fiancé Barnaby (James D’Arcy) et un coup de foudre soudain pour un inconnu, Kit (Gael Garcia Bernal) rencontré dans une soirée enterrement de vie de jeune fille.

Tombé sous le charme de Carmen, Kit la poursuit de ses assiduités, et malgré quelques rebuffades finit par la faire tomber sous son charme.

Les deux jeunes gens partagent en effet des origines latines, brésiliennes pour Kit, espagnoles pour Carmen, un fort tempérament et une grande instabilité professionnelle, qui les font aller de petits boulots précaires en petits boulots précaires, leur véritable vocation étant plutôt artistique, acteur pour Kit, danseuse de flamenco pour Carmen.

Détail particulièrement marquant, Kit filme très souvent son amie afin de conserver des images d’elle pour l’éternité.

Carmen parvient pourtant à résister à son désir pour Kit et à rester du coté de la raison, en se revenant vers le distingué Barnaby, qu’elle finit par épouser.

Kit ne peut empêcher le mariage de se tenir mais immédiatement après sa réalisation, Carmen explose, rejetant le richissime Barnaby et se jetant dans les bras de son amant fauché.

Après une nuit torride, elle trouve la force de revenir une nouvelle fois vers Barnaby mais celui-ci en apparence dévoré par le chagrin la rejette et filme son suicide par arme à feu.

Carmen se rue sur place, Kit est également effondré et finit par tomber le masque en lui révélant qu’il a été engagé par Barnaby pour séduire Carmen et mettre en image cette relation.

Le film bascule donc complètement lorsque Barnaby refait surface et explique le plan machiavélique qui l’a amené à réaliser un film ultra réaliste en manipulant la fragile Carmen et le paumé Kit, alors au chômage et perclus de dettes.

Pour parvenir à ses fins, Barnaby s’est appuyé sur deux hommes de main, Tom (Tom Hardy) et Theo (Charly Cox) et parvient avec un immense cynisme à faire de son film moralement discutable, un beau succès dans le monde du cinéma.

Alors que toute l’équipe s’apprête à recevoir un prix couronnant le coté radical du film, Kit tire sur Barnaby et le blesse mortellement de plusieurs balles dans le corps.

Interrogé par les forces de police britanniques, il révèle une idée de tir à blanc pour choquer le public et créer une nouvelle publicité pour le film, qui a au final mal tourné.
Mais la réalité s’avère toute autre, avec Carmen éliminant par vengeance son ancien amant manipulateur et accusant Theo et Tom en mettant l’arme mortelle dans la poche de l’un d’entre eux.

Lavé au final de tout soupçon, Kit peut ainsi rejoindre Carmen pour filer le parfait amour dans la relative aisance du succès du film.

En conclusion, « Attraction fatale » est un film atypique, commençant comme une comédie romantique un tantinet à l’eau de rose avant de basculer vers une manipulation perverse à forte teneur psychologique.

Le twist est donc suffisant pour tenir en haleine suffisamment longtemps jusqu’à la fin du film, même si le jeu des acteurs, est en réalité assez fade et toute juste potable.

Quelques critiques toute de même sur les quelques clichés du film, une espagnole s’appelant Carmen et dansant le flamenco, un mari en apparence attentionné, grand, beau et riche, et un amant maladroit mais charmant.

Malgré ses quelques critiques et une réalisation un peu trop lisse à mon gout, « Attraction fatale » se regarde plutôt agréablement.

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 20:29

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Paru en 1957, « Douze hommes en colère » est remarquable en raison de son statut de  classique du cinéma noir et blanc mais également comme premier film de Sydney Lumet.

Parfait huis clos, « Douze hommes en colère » est l’histoire d’un jury composé de douze américains devant délibérer sous la houlette de l’un d’entre eux (Martin Balsam) et rendre un verdict unanime pour juger un jeune homme accusé d’avoir tué son père une nuit d’un coup de couteau.

Alors que tout semble accabler le jeune homme notamment le témoignage d’un vieil homme l’ayant entendu menacer son père puis l’ayant vu détaler dans les escalier et une voisine, ayant vu la scène de meurtre à travers les fenêtres d’un train de nuit, le jury s’apprête à promptement rendre son verdict et à condamner l’accusé à la peine de mort.

Pourtant un homme, appelé Monsieur Davis (Henry Fonda), architecte, décide de voter non coupable, enrayant donc tout le processus et forçant les onze autres à entamer des délibérations imprévues.

Davis doit tout d’abord essuyer les foudres d’un juré (Lee J Cobb) particulièrement virulent et fort en gueule, dont les avis très tranchés semblent entrainer le reste du groupe dans un mouvement grégaire naturel.

Sans se départir de son calme, Davis va dans une atmosphère estivale étouffante défendre son point de vue, décortiquant méticuleusement les charges pesant sur l’accusé.

Il va tout d’abord s’attaquer au témoignage du vieil homme, relever les incohérences de son témoignage notamment pour entendre une discussion au milieu du fracas métallique du passage d’un train et quand à l’impossibilité compte tenu de son âge de se lever rapidement pour voir passer un jeune homme dévalant à toute vitesse un escalier en pleine nuit.

Le témoignage de la voisine est également écorné lorsqu’il montre l’impossibilité temporelle de suivre un meurtre à travers les vitres d’un train de nuit mais c’est surtout l’exhibition d’un couteau identique à celui du meurtrier acheté dans le même quartier qui vient faire forte impression sur les jurés.

Même si ce brillant argumentaire irrite plutôt qu’il ne convainc la majorité, Davis parvient toutefois à retourner deux jurés, notamment l’un d’eux (Jack Klugman) issu du même type quartier déshérité que l’accusé et ne pouvant supporter les terribles préjugés sociaux des autres jurés contre les couches basses de la population.

Malgré les protestations du juré meneur qui du fait de ses propres problèmes avec son fils, fait de ce procès une affaire personnelle ou celle de plus bas niveau d’un juré (Jack Warden) furieux de rater son match de base ball, Davis tient bon et continue de livrer la bataille des arguments, continuant pas à pas son travail de conversion.

Un juré costaud doté d’une bonne âme (joué par le sympathique Ed Binns), se rallie à Davis et intime au juré meneur plus de correction à l’égard d’un vieil homme (Joseph Sweeney) redoutable auxiliaire du discours de Davis.

Même les déclarations embrouillées de l’accusé concernant sa présence invérifiable au cinéma sont relativisées au motif d’une forte émotion due à la dispute père-fils.

L’aide du juré issu des quartiers chauds parvient à montrer que la technique utilisée pour poignarder le père n’est pas conforme à un habitué du maniement des couteaux à crans d’arrêt.

Ceci parvient à renverser des jurés supplémentaires notamment le fan de base ball incapable d’argumenter ses choix et il reste au final un noyau dur composé d’un vieil homme engoncé dans ses préjugés sociaux (Ed Begley), un banquier (Ed Marshall) froid et déterminé et le meneur passionné.

Le point de basculement final s’effectue lorsque le vieil homme parvient à prouver au banquier que la femme témoin était myope et ne portait probablement pas ses lunettes en se levant en pleine nuit.

Cet argument jette suffisamment le trouble pour que le banquier capitule, que le vieil obstiné reconnaisse de lui-même la vacuité de ses préjugés …

Au final, le meneur doit avaler sa rancœur personnelle et finir par reconnaitre lui aussi que le gamin n’est sans doute pas coupable.

Dans la dernière scène, Davis et le vieil homme se quittent dans la rue en se serrant la main.

En conclusion, « Douze hommes en colère » est un bijou d’adresse psychologique, déroulant toutes les subtilités de l’argumentation.

En réalité, aucun des arguments développés n’est à lui seul décisif mais leur accumulation permet juste de jeter le trouble sur des accusations trop évidentes et à faire jouer le principe inaliénable de la présomptions d’innocence.

L’exercice est donc à la fois brillant sur le fond (rendre une justice basée sur l’analyse des faits et non des préjugés) et la forme avec toute une galerie d’acteurs fantastiques dans leur rôle derrière Henry Fonda, incarnant ici l’un de ses plus beaux personnages (car humaniste) au cinéma face à une meute d’accusateurs composée de meneurs et de suiveurs, tous finissant par développer une plus ou moins grande capacité d’autonomie de jugement.

Egalement idéal pour une adaptation au théâtre, « Douze hommes en colère » est un film formidable, à voir et revoir tout au long de sa vie sans réellement se lasser …

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 22:11

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Avec « Lifeboat » film en noir et blanc d’Alfred Hitchcock, nous abordons une période plutôt méconnue de la filmographie du maitre britannique.

Paru en 1943 en pleine Seconde guerre mondiale, « Lifeboat » a pour cadre le conflit maritime avec le torpillage au large des Bermudes d’un navire américain de croisière par un sous marin allemand, lui-même détruit au cours de l’assaut.

Après le naufrage, un petit groupe de survivants américain parvient à embarquer sur un canot de sauvetage pour constituer les seuls rescapés de l’attaque.

On retrouve ici Connie Porter (Talluah Bankhead) journaliste mondaine, le distingué Charles Rittenhouse (Henry Hull), deux femmes fragiles, Alice (Mary Anderson), Madame Higgins (Heather Angel) repêchée avec son bébé malheureusement mort, puis une brochette de marins rugueux dont les plus marquants sont Kovac le tatoué (John Hodiak), Sparks (Hume Cronyn), le costaud Gus (William Bendix) et Joe (Canada Lee) le stewart black du navire.

La situation déjà dramatique se tend encore davantage lorsque le groupe repêche un naufragé allemand du sous marin appelé Willy (Walter Slezak).

Connie fait l’interprète entre Willy et le reste des survivants et lui évite un lynchage sommaire tant l’animosité est vive au sein du groupe.

Peu à peu, on comprend que les rescapés n’ont aucune notion de navigation et que Willy est en fait le capitaine du sous marin et donc le seul amène de les ramener sur une ile.

Cette compétence est pourtant farouchement niée par le noyau dur du groupe et le duo Rittenhouse/Sparks plus déterminé que les autres s’improvise leader de fortune malgré des lacunes flagrantes dans l’art de la navigation.

Ebranlée par la mort de son bébé, Madame Hingis se suicide par noyade.

Les rations de survie se trouvent tragiquement amputées par l’embarquement de paquets de mer ce qui compromet sérieusement les chances d’échappatoire à un destin funeste.

L’équipage sert les dents, puisant dans ses ressources pour ne pas sombrer dans le désespoir.

La jambe gangrénée, Gus doit se faire amputer.

L’opération délicate est menée par Willy, seul disposant de qualifications médicales.

L’homme accepte courageusement l’épreuve, après avoir été préalablement saoulé en absorbant les dernières réserves d’alcool.

Ceci permet à Willy de gagner davantage la confiance du groupe et de se voir octroyer le droit de dicter le meilleur chemin maritime pour rejoindre la terre ferme.
En étonnante forme physique par rapport au reste du groupe, Willy se met même en tête de ramer assez vigoureusement.

Au cours de la traversée, Connie et Kovac se rapprochent en se découvrant une ascendance modeste commune.

Mais le manque d’eau rend la situation critique et le pauvre Gus, qui surprend Willy à boire de l’eau douce en cachette, est alors sommairement exécuté en étant basculé à la mer.

Le mort de Gus et les explications étranges de Willy finissent par convaincre le groupe du rôle trouble de l’allemand et ravivent la haine du conflit militaire.

Orgueilleux et menaçant, Willy avoue le meurtre et annonce qu’il va en réalité ramener le canot jusqu’à un navire allemand, ce qui déchaine contre lui l’ire de l’équipage.

L’allemand est alors lynché et jeté par-dessus bord.

Privé de leur guide et de leur moteur, les survivants assoiffés et affaiblis baissent en apparence les bras, avant que Connie ne fasse preuve de toute sa poigne pour leur redonner du courage.

Magnanime, elle propose d’utiliser son bracelet Cartier pour appâter du poisson ce qui échoue de justesse et provoque la perte de ce symbole extérieur de réussite sociale.

Alors que tout semble perdu, le canot observe l’arrivée du navire logistique allemand que cherchait à rejoindre Willy et se prend à rêver d’un secours.

Mais le navire est canardé par les américains et également coulé.

Ironie du sort, un nouveau naufragé allemand blessé est alors repêché, ce qui laisse la situation toujours incertaine …

En conclusion, « Lifeboat » est un vieux petit film méritant le respect tant il développe une atmosphère de huis clos psychologique prenante.

L’aspect psychologique est bien entendu dominant avec le rôle ambigu du soldat allemand, nécessaire à la survie par ses compétences mais indigne d’honneur et de confiance en raison de sa nature même d’ennemi viscéral.

Si Hitchcock semble s’orienter vers une union des humains soumis à la même adversité, il se range finalement du coté patriotique en assignant à l’allemand le rôle du fourbe, manipulateur, individualiste et au final criminel.

Les acteurs relativement peu connus, sont d’un très bon niveau et permettent d’assister à de très belles scènes d’une forte puissance émotionnelle comme la tragique amputation de Gus, qui se soucie de perdre ses capacités de danse nécessaires pour lui pour séduire une femme laissée sur terre ou le rôle épatant de Bankhead, femme forte, indépendante, finalement d’une grande simplicité et noblesse sous des airs de mondaine sophistiquée et superficielle.

Malgré sa fin en queue de poisson, « Lifeboat » est donc un film tout à fait recommandable pour les amateurs de vieux film de guerre à forte dimension psychologique.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 22:48

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Sorti en 1983, « L’été meurtrier » de Jean Becker est pour moi l’un des films les plus marquants du cinéma français.

Adapté d’un roman de Sébastien Japrisot, « L’été meurtrier » se déroule dans un petit village de Provence dans les années 70 ou une superbe jeune femme du nom d’Eliane (Isabelle Adjani) fait son apparition avec son père paralytique Gabriel Devigne (Michel Galabru) et sa mère Paula Wieck (Maria Machado) allemande rencontrée pendant la guerre au STO.

Doté d’un corps magnifique mis en valeur par des tenues ultra sexy, Eliane ne tarde pas à attirer vers elles la plupart des convoitises masculines et tourne la tête de Florimond Montecciari (Alain Souchon) un mécanicien automobile pompier volontaire à ses heures qui devient rapidement obsédé.

Timide et courageux, Florimond finit par aborder Eliane à un bal et faisant fi de ses attitudes provocantes, parvient à la séduire à force de patience après un diner dans un restaurant chic.

En apparence apprivoisée, la belle s’installe chez les Montecciari qui depuis la mort du père immigré italien, vivent en clan dominé par la mère (Jenny Clève), la sourde Nine (Suzanne Flon) et le frère Mickey (François Cluzet) ouvrier et coureur cycliste raté.

Le cohabitation fait rapidement des étincelles tant Eliane cherche le rapport de force avec les Montecciari et va même jusqu’à inventer une histoire imaginaire de grossesse pour forcer Florimond à l’épouser.

Solidement à présent installée, Eliane prend ses aises, dédaignant le travail de la ferme et préférant soigner son apparence physique en menant une vie oisive complètement assumée.

En réalité, Eliane est tourmentée par son lourd passé, car enfant non désirée d’un horrible viol subi par sa mère par trois hommes du village à bord d’un camion.

Eliane suspecte en réalité le père Montecciari, Leballech (Jean Gaven) et Touret (Max Morel) d’être les auteurs du viol.

Elle va mener son enquête seule afin de retrouver les coupables, en se rendant à Aubagne pour rencontrer Touret et n’hésitant pas à faire du gringue à Leballech, propriétaire d’une scierie, dans le but de venger sa mère.

Les absences d’Eliane, son attitude énigmatique et désinvolte irritent profondément Florimond, qui la frappe brutalement quand il découvre qu’elle a menti sur sa grossesse.

Le situation se trouble davantage lorsqu’on découvre que Eliane a battu à l’aide d’une pelle son père adoptif alors qu’il tentait quelques avances maladroites et que ce passage à tabac a déclenché sa paralysie.

Alors que la violence semble s’apaiser entre le couple, la situation bascule lorsque Leballech avoue sous la pression qu’aucun des trois suspects n’a fait le coup mais que les trois coupables étaient des hommes de passage dans la région.

Cette révélation confirmée par Devigne, pousse le paralytique a avouer qu’il a lui-même supprimé les trois hommes.

Profondément ébranlée par cette révélation, Eliane bascule dans la folie et se fait interner.

Se basant sur un malentendu auprès de l’ancienne professeur amoureuse d’Eliane, Florimond perd lui aussi la tête et prend son fusil pour éliminer Leballech et Touret.

En conclusion, « L’été meurtrier » est un  drame puissant fleurant bon la France profonde des années 70.

Couronné par une pluie de césars mérités, dont celui accordé Isabelle Adjani, époustouflante de charisme et de magnétisme sexuel, « L’été meurtrier » vous rappellera avec une nostalgie l’ambiance de vos vacances estivales, la tension en plus.

 

Et meme Souchon et son physique disgracieux tiennent plus que correctement leur role de brave type torturé.

 

Intense, dur, provocant et terriblement psychologique, le film de Jean Becker peut être considéré comme un classique du cinéma français dominant dans un registre analogue les « Jean de Florette » et autres « Manon des sources » de Claude Berri.

A voir ne serait ce que pour le charme irrésistible d’Adjani, ultime prêtresse à la nudité solaire.

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