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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 22:09

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On reste avec Victor Hugo pour aborder une œuvre plus profonde, « Le dernier jour d’un condamné » publié en 1829.

« Le dernier jour d’un condamné » raconte de manière introspective le processus menant un homme jeune condamné par un jury à la peine de mort jusqu’à l’exécution de la sentence par décapitation.

Détenu isolé, l’homme exprime ses tourments intérieurs dans de longs monologues angoissés ou il s’inquiète surtout pour sa fille qu’il laissera sans père et déshonorée.

Son esprit perturbé erre entre fragments idéalisés de sa vie passée comme les premiers émois amoureux d’adolescents avec une jeune espagnole à la peau brune ou de purs rêves étranges et macabres ou la mort est représentée par l’apparition fixe d’une vieille femme muette.

Stimulé par l’idée de sa fin proche, l’homme pense à tout vitesse, oscillant entre description angoissée d’un quotidien rythmé par les visites des gardiens ou du prêtre et représentations délirantes des étapes finales de l’exécution.

La vision des condamnés partant enchainés au bagne de Toulon le remplit d’effroi, l’amenant à préférer la mort à ce long supplice, avant finalement de se rétracter devant l’échéance imminente.

Les derniers instants sont cruels, le prêtres trop habitué à l’exercice faisant son office comme un fonctionnaire insensibilisé n’apportant aucun réconfort et suprême douleur sa propre fille ne le reconnaissant pas avec son allure amaigrie et chevelue.

Enfin en dernier lieu, le détenu chargé de prendre sa place dans l’antichambre de la mort se révèle lui un bagnard plus endurci capable de profiter de sa faiblesse pour lui dérober l’un de ses derniers biens : son beau gilet.

La dernière ligne droite menant jusqu’à l’échafaud est alors la plus émouvante.

On pense à une bête traquée, raisonnant par instinct avec la pensée qui se délite fiévreusement se raccrochant à des détails insignifiants comme le temps qu’il fera, un mot aimable adressé par un gardien respectueux du sort d’un condamné à mort.

Hugo n’épargne rien au lecteur, jusqu’à la toilette terminale, à la foule excitée par le spectacle du sang et le dernier sursaut du condamné réclamant subitement grâce.

En conclusion, « Le dernier jour d’un condamné » Est-ce qu’on appelle un ouvrage engagé, ardent plaidoyer contre la peine de mort sensé faire éprouver de l’empathie au lecteur.

Bien entendu, Hugo ne parle absolument pas des crimes commis par l’homme pour en arriver à pareil châtiment, crimes dont l’horreur atténuerait inévitablement le sentiment d’empathie généré par le récit.

Ainsi parler de la douleur des victimes ou des familles brisées par un drame indélébile aurait pu créer un contre poids notable à ce criminel passant du statut de bourreau à victime.

On ne peut que regretter ce manque d’objectivité.

Progressiste, Hugo se fait militant et justifie sa position par l’inhumanité d’un châtiment qu’il faudrait pour lui remplacer par des traitement médicaux.

C’est sans doute nier un peu vite la notion de responsabilité de ses actes qui arrivera plus tard avec le développement de la psychanalyse et qui aboutira au fait que tous les meurtriers ne sont pas des malades.

Il est cependant difficile de parler de manière dépassionnée d’un sujet aussi délicat que la peine de mort et si pour moi le meilleur argument qu’on puisse lui opposer est le simple fait qu’une erreur judiciaire est toujours possible avec en cas d’exécution de la sentence une erreur irréparable par la suite.

Vous l’aurez compris, malgré le talent de l’auteur, je n’ai pas été forcément séduit par ce récit trop arbitrairement orienté à mes yeux.

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Published by Seth - dans Politique
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 16:06

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Tout le monde connait surtout George Orwell pour son formidable roman d’anticipation « 1984 » mais moins pour « La ferme des animaux » courte fable animalière à forte teneur politique.

Dans ce roman écrit en 1945, Orwell décrit la révolte des animaux d’une ferme de la campagne anglaise contre leur fermier Mr Jones.

La révolte est fomentée par trois cochons, Napoléon, Boule de neige et Brille-Babil qui suivent les préceptes de leur ancêtre Sage l’ancien, cochon philosophe pour fonder la doctrine animaliste comportant septs préceptes fondateurs pronant l'égalité entre animaux et le rejt des coutumes humaines.

Les animaux exploités par leurs maîtres humains de leur naissance à leur mort, rêvent d’indépendance, de liberté et de meilleurs conditions de vie.

L’analogie avec l’éveil des masses populaires aux doctrines communistes est assez évidente.

Si Sage était le théoricien progressiste, Napoléon et Boule de neige sont les activistes révolutionnaires qui poussent les animaux de la ferme, vaches, moutons, chiens, chat, poules, pigeons, oies et chevaux à la révolution.

Mr Jones est chassé de sa ferme et après une tentative infructueuse de reconquête par la force, quitte définitivement les lieux en laissant la place aux animaux.

Pourtant si les premiers temps de l’auto administration se passent plutôt bien sous la gouvernance démocratique des cochons réputés plus intelligents, un putsch ne tarde pas à s’établir.

Napoléon prend le pouvoir en s’appuyant sur neuf féroces chiens qu’il a dressés pour en faire sa garde prétorienne.

Il chasse le modéré Boule de neige et ne tarde pas à durcir le régime des animaux en les nourrissant moins, les faisant travailler plus notamment à l’édification pénible d’un moulin destiné à produire de l’électricité.

Rapidement le lache Brille-Babil se fait le porte parole de Napoléon, n’hésitant pas à faire preuve de révisionnisme pour propager la propagande la plus honteuse visant à diaboliser Boule-de-neige et a édifier un culte de la personnalité autour du nouveau chef des animaux.

Ceux qui résistent ou sont soupçonnés de trahison sont exécutés.

Les animaux sont conditionnés notamment les stupides et dociles moutons.

Napoléon établit des liens commerciaux avec les fermes voisines, s’arroge tous les privilèges et n’hésite pas à violer allégrement les septs commandements de l’Animalisme.

L’un des épisodes les plus tristes est la disparition de Malabar, le colossal cheval de trait,  infatigable et naïf travailleur, qui devenu trop vieux est vendu à un équarrisseur alors qu’on lui faisait miroiter une retraite au calme.

Le livre se termine sur une vision de cauchemar, les affreux cochons banquetant à la même table que les fermiers humains qui se réjouissent de leurs accord commerciaux et des conditions de vie encore plus dures mises en place dans la ferme.

En conclusion, « La ferme des animaux » est un livre coup de poing contre les dérives du communisme, un livre qui fait mal et qui traumatise.

Orwell met en garde contre les tentatives de révolutions qui se terminent par des coups d’états et par la dictature de tyrans sanguinaires secondés par des valets serviles prêts à tout.

On sent l’écrivain, pourtant militant de gauche amèrement déçu par le Stalinisme.

« La ferme des animaux » est un livre sombre, inquiétant, peu optimiste qui met au final mal à l’aise.

La question qu’on peut se poser est donc si au final, le pouvoir finissait par  corrompre les beaux idéaux ? Qu’aurait donné un régime mis en place par le révolutionnaire Che Guevara, que tout les jeunes (et moins jeunes ! )  arborent fièrement en tee shirt ?

A mon avis une dictature similaire à celle des soviétiques.

Vous avez aimé « 1984 » ou « Il était une fois la révolution » de Sergio Léone  ? Lisez donc « La ferme des animaux » qui certes moins dense et abouti, traite des même sujets avec une intelligence et une force de conviction inouïe.

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