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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 10:43


Je n'ai pas tenu longtemps avant d’aller voir « Gran Torino » , film qui sera le dernier de Clint Eastwood en temps qu’acteur d’ou mon intense émotion en pénétrant dans la salle.

 

La der d’une légende moi ça me donne des frissons …

 

Je ne savais rien du film, j’y suis allé à la manière de Gilbert Montagné « les yeux fermés ».

 

L’histoire se passe dans le Midwest, Walt Kowalski veuf depuis peu, vit seul avec sa chienne dans une maison d’un quartier envahi par les gangs et que les Blancs ont déserté depuis longtemps.

 

Sa famille le délaisse complètement, obnubilée par l’égoïsme actuellement en vigueur chez les jeunes générations dans le monde occidental amenant les personnes âgées à mourir seules.

 

Ancien ouvrier de chez Ford, Walt a fait la guerre de Corée et porte en lui des traumatismes indélébiles.

 

Walt est  un peu une sorte d’inspecteur Harry qui aurait mal vieilli, même si à mon avis beaucoup d’hommes de cinquante ans rêveraient d’avoir son physique et sa prestance à leur age.

 

Walt apparaît comme un vieil homme d’un autre temps, rigide, aigri, acariâtre et rempli de préjugés racistes surtout envers ses voisins asiatiques.

 

Il possède une Ford Gran Torino de 1972, qu’il bricole dans son garage et qui fait sa fierté.

 

De l’autre coté Taho, jeune adolescent asiatique a du mal à trouver sa place entre deux cultures, de plus il est la proie d’un gang asiatique qui cherche à l’embrigader de force.

 

Un jour le gang demande à Taho de voler la Ford de Walt mais il échoue lamentablement.

 

Le lendemain le gang revient le punir de son échec et Walt intervient de façon musclée, tirant le jeune homme d’une mauvaise passe.

 

Le vieil homme devient malgré lui le « héros » du quartier et peu à peu sa carapace se fendille.

 

Il se met à fréquenter ses voisins asiatiques, oublie ses préjugés et se lie d’amitié pour Taho et sa sœur Sue.

 

Walt retrouve tout ce qui lui manque, de la chaleur humaine et le goût de la vie.

 

Pour se racheter de la tentative de vol, Taho doit passer une semaine à aider Clint.

 

Celui ci lui confie des taches manuelles, il éduque le jeune homme, lui donne le goût du travail et confiance en ses possibilités.

 

Il devient en quelques sorte son père de substitution.

 

Mais le gang à la rancœur tenace et se venge cruellement sur Sue.

 

Walt balance entre plusieurs choix, venger Sue et ne pas gâcher l’avenir de Taho …

 

« Gran Torino » est sans doute l’un des meilleurs films de et avec Clint Eastwood.

 

Encore une fois le réalisateur-acteur semble marcher sur l’eau, en perpétuel état de grâce.

 

Le film traite magnifiquement de la vieillesse, de la mort, de la rédemption et de la transmission.

 

Le message d’ouverture ethnique se fait profondément humaniste, le vieux Walt trouvant plus de réconfort dans une famille de voisins immigrés qu’en sa propre famille peuplée de cadres over bookés et rapaces ne pensant qu’à son héritage et à le placer en maison de vieux.

 

Le thème de la religion est lui aussi abordée par l’intermédiaire d’un jeune prêtre qui tente d’amener Clint à se confesser.

 

Un film magnifique donc, profond, qui m’a rendu les yeux humides par instants.

 

A la fin j’avais envie d’applaudir pour rendre hommage à la dernière légende vivante du cinéma qui nous tire aussi magistralement sa révérence mais aucun parisien blasé et pressé n’a semblé disposé à le faire.

 

Comme souvent c’est plus tard, après sa mort que les gens réaliseront ..

 

Un film à aller voir au cinéma et ne pas attendre une foutue sortie en DVD 6 mois après.

 

Et si actuellement dans le cinéma il y avait Clint Eastwood et les autres ?

 

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 20:47

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Poursuite dans le royaume de l'éprouvant avec « Au pays des vivants » remarquable polar écrit par le duo anglais Nicci French.

Pourtant rien n’était gagné puisqu’à la base je déteste les histoires de tueurs en séries, genre que je trouve surexploité par le polar anglo-saxon.

« Au pays des vivants » commence de manière folle puisqu’on est tout de suite plongé dans la peau d’Abigail Devereaux, jeune londonienne cagoulée, bâillonnée, ligotée et séquestrée dans un endroit effrayant par un mystérieux inconnu.

Les 60 premières pages du roman sont d’une intensité rarement atteinte dans un livre, le lecteur bloque sa respiration, son pouls s’accélère et partage totalement les efforts désespérés de la jeune femme pour essayer de survivre.

Impossible de ne pas entrer en empathie et de ne pas se demander visceralement
« Et moi qu’aurais je fait à sa place ? »
 
Pour ma part je suis admiratif devant les efforts d’Abby pour garder sa raison, les images mentales utilisées pour ne pas basculer dans une panique fatale, admiratif aussi devant ses tentatives de contact et de manipulation du ravisseur car je pense que je n’aurais pas eu toutes ses ressources préférant en finir vite.

En finir justement Abby s’y résout pour frustrer son ravisseur du plaisir de la tuer mais une chance inespérée lui permet de s’échapper.

Commence alors la lente et douloureuse reconstruction d’une vie brisée.

Nous suivons donc Abby profondément choquée et en partie amnésique qui essaie de retrouver le chemin de sa vie.

Pour ne rien arranger la police et les psychiatres qui l’examinent mettent en doute sa version des faits, l’accusant d’affabulations, sans oublier la menace éventuelle du tueur désireux de la retrouver.

Abby découvre qu’elle était consultante en décoration intérieure, qu’elle a démissionnée de son travail les jours précédents son enlèvement,  de plus elle s’est également séparé durant le même laps de temps de Terry son petit ami de l’époque, alcoolique et violent.

Abby recontacte donc ses anciens amis, son ancien employeur, ses contacts professionnels et remonte patiemment la piste.

Remarquablement bien construit le roman se révèle un délice d’intelligence et de finesse.

Le duo Nicci French distille de nombreuses fausses pistes sur l’identité du tueur et provoque habilement un climat de paranoïa complet.

Le personnage d’Abby est formidablement attachant, femme intelligente, sensible, meurtrie, brisée, s’apercevant de la futilité de son ancienne vie matérialiste et déterminée à revenir au pays des vivants.

On notera la finesse de l’analyse psychologique à propos du malaise et du rejet des anciens amis par rapport à un drame qui les dépasse comme si finalement les amis ne voulaient nous voir que sous un jour favorable mais étaient gênés lors d’un coup dur.

Je pense qu’une réaction analogue serait observée si on annonçait à ses amis qu’on était atteint d’une maladie mortelle.

J’ai aussi beaucoup apprécié le questionnement d’Abby par rapport à un éventuel désir inconscient de mourir et du fait que son ravisseur l’ait détecté.

On rassurera le lecteur sur le dénouement heureux du livre.

« Au pays des vivants » est un polar de haut vol, vibrant d’intelligence, de profondeur, permettant de nous faire toucher la fragilité de l’existence par le prisme d’une jeune femme qui pourrait être n’importe quel être humain d’aujourd’hui.

Le tueur en série, échappant aux stéréotypes des films américains, n’est finalement que peu au centre du livre et aucunement déifié.

Je déconseille néanmoins la lecture de ce livre aux ames sensibles.

Les autres, notamment les amateurs de polars bien construits seront ravis.

A quand un film ?

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 22:09

serail.jpg

« Sérail killers » est un roman policier d’un journaliste nommé Lakhdar Belaid.

Belaid a en quelque sorte la « double nationalité » puisque d’origine algérienne et chti mi.

L’histoire que raconte ce livre est celle d’un tandem composé d’un journaliste (Kamel Khodja ) et d’un policier (Belcacem) tout deux d’origine algérienne embarqués dans une affaire de meurtres dans la communauté musulmane de Roubaix.

Détail important si Khodja est issu d’une famille de sympathisants de l’Algérie indépendante, Belcacem est lui fils de harki, pourtant les deux hommes amis d’enfance s’apprécient et se respectent malgré des heurts parfois violents entre eux.

Au fil de ce roman, leur enquête va les mener dans un grand jeu de piste, la plus évidente étant tout d’abord le règlement de compte entre descendants de harkis et descendants de pro FLN.

Puis le mystère va s’avérer plus épais, le duo trouvant sur sa route l’Alphabet un groupe para militaire extrêmement dangereux.

En arrière plan se dresse la ville de Roubaix, ville ouvrière ravagée par le chômage, première ville musulmane de France, ville également ou le Front National peut prétendre accéder au pouvoir.

Au détour de cet imbroglio politico-mafieux, nos deux héros découvriront que certaines personnes ont intérêt à raviver le spectre le guerre d’Algérie pour provoquer un embrasement de la communauté musulmane à Roubaix puis en France.

« Sérail killers » est un polar typique dans son écriture.

Le style est rugueux, bourrin, drôle ce qui m’irrite en général assez vite.

 Belaid emploie beaucoup de mots arabes et chti pour colorer son récit.

Si l’intrigue tarabiscotée de ce complot para-militaire peut quelques fois laisser perplexe, on appréciera l’analyse fine des répercussions de la guerre d’Algérie sur les Algériens, cette analyse montrant toute la complexité de ce conflit.

Belaid brosse également un portrait sans concession de l’Islam tel qu’il est pratiqué par la plupart des musulmans de France, c’est à dire avec plus de libertés qu’on ne le croit vis à vis des traditions.

Le livre n'est donc pas ininteressant mais reste cependant trés loin d'égaler en ampleur et en émotion les ouvrages de Yasmina Kahdra à qui il est d'ailleurs humoristiquement rendu hommage au cours du récit.

 

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 17:55

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« L’attrapeur d’ombres » est un roman d’un journaliste et photographe répondant au nom de  Patrick Bard.

L’histoire est celle d’un polar sous fond de guerre en Yougoslavie dans les années 90.

Sébastien Meyer, photographe français est un jour victime d’un tir de sniper alors qu’il fait un  reportage sur la guerre dans les rues de Sarajevo.

Il frôle la mort et revient à Paris privé de son œil droit.

Il lui est alors impossible de retravailler et il sombre dans la déchéance aussi bien physique que sociale et économique.

Le conflit se règle au milieu des années 90 par les bombardements de l’OTAN mais Sébastien n’a plus qu’une seule obsession, retourner en Yougoslavie pour comprendre ce qui lui est arrivé et aussi tuer l’homme qui l’a éborgné.

Pendant 400 pages, l’auteur construit un récit solide foisonnant de nombreux personnages d’importance variable avant que tous ces fragments de vie épars convergent pour offrir les clés de l’intrigue.

Mais « L’attrapeur d’ombres » ne traite pas que de la guerre en Yougoslavie, il se veut plus global et aborde bon nombres des aspects les moins reluisants de l’ame humaine.

Ainsi le destin des femmes africaines victimes de la guerre dans leur pays et enrôlées de force dans des filières de prostitutions jusqu’en Europe est un des thèmes centraux du roman notamment par le personnage d’Amélie, jeune centrafricaine martyre ballottée par un destin difficile.

L’Afrique donc tout comme la Yougoslavie ou finalement n’importe quel pays ravagé par la guerre, se retrouvent la cible de mafia composées d’ex mercenaires reconvertis en trafiquants d’armes ou de chair humaine.

A coté de cela, l’auteur nous dépeint quelques Occidentaux, européens ou américains riches et oisifs, cherchant à assouvir leur pulsions voyeuristes en participants à des « tours operators » les emmenant voir la mort en direct.

Quand aux ONG, elles ne sont pas vraiment épargnées non plus, souvent présentées comme composées d’idéalistes irresponsables et dangereux.

Dans ce monde empreint de noirceur et de pessimisme, seul le héros Sébastien semble faire preuve d’intégrité et de révolte, photographiant frénétiquement les victimes de guerre pour témoigner de la barbarie du monde.

On trouvera cette vision du monde quelques peu manichéenne et simpliste.

Mon sentiment par rapport à ce livre n’est pas fameux, on devine que l’auteur lui même photographe et reporter a mis beaucoup de lui même dans le personnage principal mais sans réellement se remettre en question.

Qu’est ce qui en effet pousse ces reporters à se jeter sur tous les grands conflits de ce monde, à quelques fois outrepasser toutes les consignes de sécurité pour décrocher le « scoop » , eux même ne sont ils pas accro à une forme drogue d’adrénaline pure  et quelques fois eux aussi voyeuristes  sans aucune morale ?

Je pense en cela à l’affaire du photographes de Paris Match faisant complaisamment poser les Talibans avec les effets personnels des soldats français tués.

Sur le thème du fond encore, le livre présente une vision abominable du monde entre pays sous développés ravagés par la guerre et pays développés récupérant dans leurs couches les plus basses les débris de ces drames.

La description détaillée du conflit yougoslave est en effet à désespérer du genre humain, notamment avec ce personnage de Goran Milkovic, sniper serbe tirant dans les rotules des enfants pour faire accourir les adultes afin d’éliminer plus de monde.

Alors oui ces choses la existent, mais l’être humain est aussi capable de belles choses et ces visions monolithiques d’enfer terrestre permanent sont lourdes à supporter pendant 400 pages.

Au niveau du style et des détails, le récit ne brille pas non plus par sa légèreté.

Certains personnages sont découpés à la hache, comme le body builder californien accro aux snuff movies et Kamel, le « rebeu de service » et son langage de cité absolument pas crédibles pour un sous.

Les seuls points qui m’ont intéressés dans ce livre sont la découverte des séquelles psychologiques des rescapés du conflit yougoslave et la consternation devant la passivité des forces de l’ONU lors du massacre de Srebrenica.
Au final un roman policier extremment glauque et lourd qu'on oubliera je pense aussi vite qu'un article de Paris-Match sur Yves Rénier.

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 21:38

Mongol_houssin.jpg


Entre Joël Houssin et moi c’est (déjà !) une longue histoire.

Je l’ai découvert il y a prêt de dix ans et ai rapidement accroché à certains de ses livres au point de vouloir presque tout lire de lui, chose pratiquement réalisée aujourd’hui.

Mais l’homme a de multiples visages et tous ne m’ont pas séduit.

Ainsi j’adore la plupart de ces livres de science fiction comme par exemple « Masques de clowns » , « Les Vautours » ou « Argentine » son chef d’œuvre absolu à mes yeux, en revanche je goutte moins ses polars notamment la série du Doberman adaptée au cinéma par Jan Kounen.

« Mongol » publié en 1990 se situe dans la veine « polar » de Joel Houssin.

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas replongé dans un de ses livres et j’avoue avoir été plutôt déçu par ce livre.

« Mongol » raconte l’histoire d’un voyou embringué dans une histoire tarabiscotée ou il récupère un jeune mongolien quasi autiste mais prodige de la passe anglaise, qui n’a rien à voir avec la clé ou la pipe du même nom mais qui est un jeu de dés aux règles assez simples.

Le fil conducteur de l’intrigue est Julie la fille du voyou qui est constamment kidnappée et après laquelle il court sans cesse.

« Mongol » est donc une histoire embrouillée, avec un retournement final inattendu sensé corser le tout.

Mais ce qui m’a le plus gêné dans ce livre c’est le style de Houssin.

Certes j’étais habitué notamment dans Doberman a un style cru, brutal, argotique et machiste mais « Mongol » étant sensé être raconté par un voyou, Houssin force la dose en terme de vocabulaire.

L’usage de l’argot ne se fait guère plus dans le milieu et son emploi confère un coté assez désagréable au livre, comme dépassé, ringard, à coté de la plaque.

Cette question de style est suffisante à mon avis pour rebuter la quasi totalité du lectorat féminin.

Quand à ceux (ou celles !) qui passeraient outre ou affectionneraient ce style, ils découvriraient une intrigue sans grande épaisseur.

Toute juste noterais je une certaine tendresse et fascination de l’auteur pour la déviance par rapport à la norme, celles ci s’exprimant ici par l’attitude amicale du voyou par rapport au jeune mongolien.

« Mongol » est à ce jour le roman de Houssin qui m’a le plus déçu.

J'éspère corriger le tir un jour en chroniquant ses meilleurs livres.

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 20:39

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ntrusion dans le monde du polar américain avec « Blanc comme neige » de George P Pelecanos.

Singulier écrivain que Pelecanos, qui écrit des polars sur fond de problèmes raciaux.

Si James Ellroy a Los Angeles, Pelecanos lui place ses intrigues à Washington DC.

Le choix de Washington est important à mentionner car cette ville compte une majorité d’afro-américains généralement pauvres et que le taux de criminalité y est parmi les plus élevés des Etats Unis.

La corrélation entre critère racial et crime est ici impitoyable, car selon les statistiques un afro-américain sur deux à Washington est allé au moins une fois dans sa vie en prison.

L’intrigue de « Blanc comme neige » est relativement classique.

Un détective privé noir d’age mur répondant au nom de Derek Strange est chargé par une mère de famille d’enquêter sur la mort de son fils Chris Wilson qui était policier.

Un soir alors qu’il interpellait en civil un suspect blanc, Chris est abattu par méprise par une patrouille de police.

Les circonstances de la bavure sont troubles et si Terry Quinn le policier blanc qui a abattu l’homme ressort innocenté de l’enquête, il est contraint sous la pression médiatique de quitter la police, se reconvertissant en libraire.

La mère de Wilson, bien qu’indemnisée par la police, ne digère pas cette mort et convainque Strange d’accepter l’enquête.

Rapidement Strange s’aperçoit que Quinn est innocent et les deux homme se lient d’amitié.

Consciencieux, Strange recoupe les faits et établit des incohérences dans les témoignages recueillis, notamment celui de Franklin le coéquipier noir de Quinn présent ce soir la.

Ils s’aperçoivent que la sœur de Wilson était devenu une toxicomane dépendante à l’heroine ,qu’elle avait disparu et que son frère fou de rage et d’inquiétude la cherchait en justicier solitaire.

L’enquête oblige donc les deux hommes à pénétrer dans l’univers des squat, des drogués, des dealers, des gangs et des flics corrompus.

Pelecanos construit son récit à la manière dont on assemble peu à peu les pièces d’un puzzle.

Le style est agréable, direct avec le quota de violence et de sexe nécessaire pour ce type d’ouvrage.

La question raciale est omniprésente,  et semble l’obséder.

Le fait qu’il se place souvent du coté des noirs m’a longtemps laissé croire qu’il l’était lui même et qu’il écrivait pour défendre sa communauté mais cela n’est pas le cas, Pelecanos est un blanc d’origine grecque.

Dans ce livre, le constat est souvent celui d’une impossibilité de vie entre noirs et blancs.

Ainsi Quinn a une liaison avec une métisse mais leur couple rencontre tellement des difficultés liées au regard des autres qu’ils préférent renoncer devant l’ampleur de la tache.

Ce constat d’échec me laisse rêveur car la mixité raciale semble se propager de plus en plus dans les société modernes, et Pélécanos le reconnaît lui même brièvement chez les jeunes couples.

Serait ce donc un problème typiquement américain voir propre à Washington ?

Les Etats Unis s’apprêtant à élire le premier président noir de leur histoire j’aurais tendance à penser que ce questionnement racial appartient à un combat d’arrière garde même dans ce pays et que Pelecanos se complique sans doute un peu l’existence.

Après il y a le cas particulier de Washington que je ne connais pas personnellement.

Les passages les plus marquants de ce livre ont été pour moi les descriptions de squat ou des morts vivants en sursis descendent chaque jour au plus bas qu’un être humain puisse aller, perdant toute dignité ou pudeur pour satisfaire leur addiction mortelle.

Les quelques pages entre Strange et sa mère mourante sont également de courts moments de beauté dans ce monde désespérément pourri.

Un livre agréable mais qui ne surpassera pas un  bon James Ellroy ou « Envoie moi au ciel Scotty » de Michael Ginzburg qui traite grosso modo du même univers.

Apparemment le livre le plus connu de Pelecanos est « King Suckerman »

A noter que cet auteur dont l’œuvre est très musicale (vieille musique soul des années 60 ,country et musique de western ) bénéficie d’un statut culte auprés de  certains rappeurs américains comme Snoop Dog ou P Diddy, ce dernier tentant d’adapter  « King Suckerman » au cinéma.

Pour ma part, roman agréable mais manquant véritablement d’originalité par rapport aux pointures du genre.

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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 20:44

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Dernièrement  peut être en raison de l’été approchant j’ai eu envie de revenir à des lectures plus accessibles.

J’ai donc opté pour un roman policier : « La cote 512 » de Thierry Bourcy.

L’originalité de ce roman est de proposer une enquête policiere en plein milieu des tranchées de la guerre de 1914-1918.

Je dois avouer que ce choix n’était pas si anodin car je suis depuis quelques temps fasciné par cette guerre dont les derniers survivants se sont éteints récemment et dont le souvenir commence déjà à se ternir dans les limbes de la (in)conscience collective.

La guerre de 14-18 redevient donc mystérieuse et attirante à mes yeux contrairement à sa sœur celle de 39-45 plus largement couverte médiatiquement parlant.

« You cant judge a book by this cover » chantait le bluesman Bo Diddley cependant celle de « La cote 512 » représentant un poilu français foudroyé en plein milieu d’un assaut est particulièrement saisissante et donne une terrible envie de lire le livre.

L’histoire est centrée autour du personnage de Célestin Louise qui est policier à Paris lorsque le conflit entre l’Allemagne et le France éclate.

Sentant que continuer son travail dans un pays soumis à la pression d’un envahisseur serait quelque peu inutile Louise se porte volontaire pour aller au front.

Dans le train l’amenant à sa garnison il fait alors la connaissance d’un jeune lieutenant avec qui il se lie d’amitié.

Au cours d’un assaut ce lieutenant est tué mais Louise sent que cette mort n’est pas due au conflit lui même mais est en réalité un assassinat déguisé.

S’appuyant sur ce postulat quelque peu hardi, la suite du roman est le déroulement de l’enquête en plein milieu d’un pays en état  de siége.

A force de ténacité et de hardiesse Louise  parviendra à dénouer les fils de ce problème complexe et remontera la piste du meurtrier.

Mon sentiment premier est que l’intrigue me paraît quelque peu tirée par les cheveux.

On a du mal à croire en effet que dans la chaos le plus complet d’un champs de bataille une enquête non officielle basée sur l’initiative d’un simple soldat faisant uniquement confiance à son intuition puisse être menée à son terme.

Par contre au cours du récit l’atmosphère de l’époque est superbement bien rendue.

Les jours précédant la mobilisation générale sont criant de vérité.

On sent l’angoisse et la peur de l’inconnu grandir chez les soldats.

La description de la vie dans les tranchées est également d’un réalisme stupéfiant.

Violence aveugle, chaos anarchique, ordres émanant de chefs incompétents et fanatisés, monstruosité de l’arsenal technique déployé, hasard cruel jouant avec la destinée des hommes dans ce carnage à l’échelle industrielle…tout y est et l’on vibre de tout son être la peur au ventre au rythme des assauts des « Poilus ».

En résumé un livre agréable, captivant dans sa reconstitution historique  et dans son humanisme touchant qui font oublier une intrigue policiére somme toute assez mince.

Suffisant néanmoins pour s’évader quelques heures dans un train ou un avion.

Pour ceux désirant creuser davantage, il existe toute une série d’enquêtes du policier Célestin Louise ayant toutes pour cadre le fameux conflit.

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