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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 21:38

Mongol_houssin.jpg


Entre Joël Houssin et moi c’est (déjà !) une longue histoire.

Je l’ai découvert il y a prêt de dix ans et ai rapidement accroché à certains de ses livres au point de vouloir presque tout lire de lui, chose pratiquement réalisée aujourd’hui.

Mais l’homme a de multiples visages et tous ne m’ont pas séduit.

Ainsi j’adore la plupart de ces livres de science fiction comme par exemple « Masques de clowns » , « Les Vautours » ou « Argentine » son chef d’œuvre absolu à mes yeux, en revanche je goutte moins ses polars notamment la série du Doberman adaptée au cinéma par Jan Kounen.

« Mongol » publié en 1990 se situe dans la veine « polar » de Joel Houssin.

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas replongé dans un de ses livres et j’avoue avoir été plutôt déçu par ce livre.

« Mongol » raconte l’histoire d’un voyou embringué dans une histoire tarabiscotée ou il récupère un jeune mongolien quasi autiste mais prodige de la passe anglaise, qui n’a rien à voir avec la clé ou la pipe du même nom mais qui est un jeu de dés aux règles assez simples.

Le fil conducteur de l’intrigue est Julie la fille du voyou qui est constamment kidnappée et après laquelle il court sans cesse.

« Mongol » est donc une histoire embrouillée, avec un retournement final inattendu sensé corser le tout.

Mais ce qui m’a le plus gêné dans ce livre c’est le style de Houssin.

Certes j’étais habitué notamment dans Doberman a un style cru, brutal, argotique et machiste mais « Mongol » étant sensé être raconté par un voyou, Houssin force la dose en terme de vocabulaire.

L’usage de l’argot ne se fait guère plus dans le milieu et son emploi confère un coté assez désagréable au livre, comme dépassé, ringard, à coté de la plaque.

Cette question de style est suffisante à mon avis pour rebuter la quasi totalité du lectorat féminin.

Quand à ceux (ou celles !) qui passeraient outre ou affectionneraient ce style, ils découvriraient une intrigue sans grande épaisseur.

Toute juste noterais je une certaine tendresse et fascination de l’auteur pour la déviance par rapport à la norme, celles ci s’exprimant ici par l’attitude amicale du voyou par rapport au jeune mongolien.

« Mongol » est à ce jour le roman de Houssin qui m’a le plus déçu.

J'éspère corriger le tir un jour en chroniquant ses meilleurs livres.

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Published by Seth - dans Policier
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 20:39

blanc_neige.jpgI
ntrusion dans le monde du polar américain avec « Blanc comme neige » de George P Pelecanos.

Singulier écrivain que Pelecanos, qui écrit des polars sur fond de problèmes raciaux.

Si James Ellroy a Los Angeles, Pelecanos lui place ses intrigues à Washington DC.

Le choix de Washington est important à mentionner car cette ville compte une majorité d’afro-américains généralement pauvres et que le taux de criminalité y est parmi les plus élevés des Etats Unis.

La corrélation entre critère racial et crime est ici impitoyable, car selon les statistiques un afro-américain sur deux à Washington est allé au moins une fois dans sa vie en prison.

L’intrigue de « Blanc comme neige » est relativement classique.

Un détective privé noir d’age mur répondant au nom de Derek Strange est chargé par une mère de famille d’enquêter sur la mort de son fils Chris Wilson qui était policier.

Un soir alors qu’il interpellait en civil un suspect blanc, Chris est abattu par méprise par une patrouille de police.

Les circonstances de la bavure sont troubles et si Terry Quinn le policier blanc qui a abattu l’homme ressort innocenté de l’enquête, il est contraint sous la pression médiatique de quitter la police, se reconvertissant en libraire.

La mère de Wilson, bien qu’indemnisée par la police, ne digère pas cette mort et convainque Strange d’accepter l’enquête.

Rapidement Strange s’aperçoit que Quinn est innocent et les deux homme se lient d’amitié.

Consciencieux, Strange recoupe les faits et établit des incohérences dans les témoignages recueillis, notamment celui de Franklin le coéquipier noir de Quinn présent ce soir la.

Ils s’aperçoivent que la sœur de Wilson était devenu une toxicomane dépendante à l’heroine ,qu’elle avait disparu et que son frère fou de rage et d’inquiétude la cherchait en justicier solitaire.

L’enquête oblige donc les deux hommes à pénétrer dans l’univers des squat, des drogués, des dealers, des gangs et des flics corrompus.

Pelecanos construit son récit à la manière dont on assemble peu à peu les pièces d’un puzzle.

Le style est agréable, direct avec le quota de violence et de sexe nécessaire pour ce type d’ouvrage.

La question raciale est omniprésente,  et semble l’obséder.

Le fait qu’il se place souvent du coté des noirs m’a longtemps laissé croire qu’il l’était lui même et qu’il écrivait pour défendre sa communauté mais cela n’est pas le cas, Pelecanos est un blanc d’origine grecque.

Dans ce livre, le constat est souvent celui d’une impossibilité de vie entre noirs et blancs.

Ainsi Quinn a une liaison avec une métisse mais leur couple rencontre tellement des difficultés liées au regard des autres qu’ils préférent renoncer devant l’ampleur de la tache.

Ce constat d’échec me laisse rêveur car la mixité raciale semble se propager de plus en plus dans les société modernes, et Pélécanos le reconnaît lui même brièvement chez les jeunes couples.

Serait ce donc un problème typiquement américain voir propre à Washington ?

Les Etats Unis s’apprêtant à élire le premier président noir de leur histoire j’aurais tendance à penser que ce questionnement racial appartient à un combat d’arrière garde même dans ce pays et que Pelecanos se complique sans doute un peu l’existence.

Après il y a le cas particulier de Washington que je ne connais pas personnellement.

Les passages les plus marquants de ce livre ont été pour moi les descriptions de squat ou des morts vivants en sursis descendent chaque jour au plus bas qu’un être humain puisse aller, perdant toute dignité ou pudeur pour satisfaire leur addiction mortelle.

Les quelques pages entre Strange et sa mère mourante sont également de courts moments de beauté dans ce monde désespérément pourri.

Un livre agréable mais qui ne surpassera pas un  bon James Ellroy ou « Envoie moi au ciel Scotty » de Michael Ginzburg qui traite grosso modo du même univers.

Apparemment le livre le plus connu de Pelecanos est « King Suckerman »

A noter que cet auteur dont l’œuvre est très musicale (vieille musique soul des années 60 ,country et musique de western ) bénéficie d’un statut culte auprés de  certains rappeurs américains comme Snoop Dog ou P Diddy, ce dernier tentant d’adapter  « King Suckerman » au cinéma.

Pour ma part, roman agréable mais manquant véritablement d’originalité par rapport aux pointures du genre.

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Published by Seth - dans Policier
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 20:44

  cote_512.jpg


Dernièrement  peut être en raison de l’été approchant j’ai eu envie de revenir à des lectures plus accessibles.

J’ai donc opté pour un roman policier : « La cote 512 » de Thierry Bourcy.

L’originalité de ce roman est de proposer une enquête policiere en plein milieu des tranchées de la guerre de 1914-1918.

Je dois avouer que ce choix n’était pas si anodin car je suis depuis quelques temps fasciné par cette guerre dont les derniers survivants se sont éteints récemment et dont le souvenir commence déjà à se ternir dans les limbes de la (in)conscience collective.

La guerre de 14-18 redevient donc mystérieuse et attirante à mes yeux contrairement à sa sœur celle de 39-45 plus largement couverte médiatiquement parlant.

« You cant judge a book by this cover » chantait le bluesman Bo Diddley cependant celle de « La cote 512 » représentant un poilu français foudroyé en plein milieu d’un assaut est particulièrement saisissante et donne une terrible envie de lire le livre.

L’histoire est centrée autour du personnage de Célestin Louise qui est policier à Paris lorsque le conflit entre l’Allemagne et le France éclate.

Sentant que continuer son travail dans un pays soumis à la pression d’un envahisseur serait quelque peu inutile Louise se porte volontaire pour aller au front.

Dans le train l’amenant à sa garnison il fait alors la connaissance d’un jeune lieutenant avec qui il se lie d’amitié.

Au cours d’un assaut ce lieutenant est tué mais Louise sent que cette mort n’est pas due au conflit lui même mais est en réalité un assassinat déguisé.

S’appuyant sur ce postulat quelque peu hardi, la suite du roman est le déroulement de l’enquête en plein milieu d’un pays en état  de siége.

A force de ténacité et de hardiesse Louise  parviendra à dénouer les fils de ce problème complexe et remontera la piste du meurtrier.

Mon sentiment premier est que l’intrigue me paraît quelque peu tirée par les cheveux.

On a du mal à croire en effet que dans la chaos le plus complet d’un champs de bataille une enquête non officielle basée sur l’initiative d’un simple soldat faisant uniquement confiance à son intuition puisse être menée à son terme.

Par contre au cours du récit l’atmosphère de l’époque est superbement bien rendue.

Les jours précédant la mobilisation générale sont criant de vérité.

On sent l’angoisse et la peur de l’inconnu grandir chez les soldats.

La description de la vie dans les tranchées est également d’un réalisme stupéfiant.

Violence aveugle, chaos anarchique, ordres émanant de chefs incompétents et fanatisés, monstruosité de l’arsenal technique déployé, hasard cruel jouant avec la destinée des hommes dans ce carnage à l’échelle industrielle…tout y est et l’on vibre de tout son être la peur au ventre au rythme des assauts des « Poilus ».

En résumé un livre agréable, captivant dans sa reconstitution historique  et dans son humanisme touchant qui font oublier une intrigue policiére somme toute assez mince.

Suffisant néanmoins pour s’évader quelques heures dans un train ou un avion.

Pour ceux désirant creuser davantage, il existe toute une série d’enquêtes du policier Célestin Louise ayant toutes pour cadre le fameux conflit.

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