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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 13:35
Feuilles d'herbes (Walt Whitman)

Ma passion pour la littérature demeurant intacte, c’est avec un grand plaisir que je vais chroniquer ici « Feuilles d’herbes » le recueil de poèmes de Walt Whitman, grand poète américain du XIX ième siècle que j’ai connu comme principale source écrite de la Guerre de Sécession.

Regroupant en dix sept chapitres, une centaine de poèmes écrits entre 1855 et 1891, « Feuilles d’herbes » se lit d’une traite et permet d’appréhender de manière globale la pensée du poète au travers du développement de ses thèmes favoris.

On retrouve donc en tête de liste la fascination pour la Nature, source d’émerveillement et d’inspiration quasi constante pour Whitman, qui a une vision très large du Monde, des êtres qui l’habitent allant même jusqu’à envisager le cosmos dans sa globalité.

Fort logiquement, ses chers Etats-Unis qu’il ne quitta jamais prennent la première place avec une prédilection pour le Sud ou il vécu et son quartier de résidence à New-York : Manhattan et sa marée grouillante d’humanité.

Outre la description de la beauté des paysages et du miracle de la vie, Whitman développe l’idée générale que tous les hommes sont ses frères, y compris ceux les peuples réputés « primitifs » très éloignés de sa vie aux Etats-Unis.

Cette prise de position dans une Amérique prônant encore à l’époque l’esclavage et une très forte ségrégation raciale est importante et classera indéniablement le poète du coté de l’armée nordiste, par nature abolitionniste lors du conflit de la guerre de Sécession.

Whitman aime donc la vie, les hommes mais ses écrits relatent plus qu’une simple constations de la beauté du Monde qui l’environne, y voyant une unité logique, un continuum permanent s’exerçant depuis l’aube de l’humanité et aboutissant à l’immortalité des âmes par nature transcendant leur fragile enveloppe corporelle.

Un autre axe de l’émerveillement de Whitman est constitué de son gout pour la technologie et particulièrement l’essor industriel du XIX ième siècle avec les navires et autres trains à vapeur qui révolutionnent le mode de vie des américains.

Whitman est passionné par le progrès et les techniques qui se développent, consacrant plusieurs poèmes au savoir faire manuel ou à des outils aussi symboliques que la hache.

Mais le talent du poète explose davantage dans la partie la plus militaire de son œuvre consacrée à la Guerre de Sécession avec une fascination marquée pour la symbolique de l’Armée : uniformes, drapeaux, tambours s’exhibant dans de spectaculaires parade à Broadway.

Cette fascination toute patriotique qui s’exprime aussi bien dans la guerre d’indépendance des Etats-Unis contre l’Angleterre, mais aussi dans la fierté des New-Yorkais pour leurs soldats, finit par voler en éclat lorsque Whitman découvre l’horreur des champs de bataille de la Guerre de Sécession.

Engagé comme infirmier, Whitman secourt les blessés et assiste à des scènes atroces qui donneront lieu à ses poèmes les plus forts émotionnellement.

Eprouvant une réelle empathie pour les soldats tués ou agonisants, Whitman finit par rejeter le principe de la Guerre embrassant Sudistes comme Nordistes unis dans la même souffrance qui détruit et traumatise les familles américaines.

Ses soldats morts le suivront à jamais, revenant au seuil de la fin de son existence, hanter ses rêves jusque dans la majesté des paysages américains.

C’est fort logiquement la mort qui occupe une place de choix dans la fin de l’œuvre de Whitman, la mort car régissant au final toutes les choses, avec cependant un message d’espoir délivré par cet éternel optimisme : l’âme immortelle survit et fait partie du grand tout constituant l’Univers, tandis que la Nature dans sa sublime organisation s’arrange pour convertir la matière pourrissante en un nouveau cycle de vie.

En conclusion, « Feuilles d’herbes » est un ouvrage hors du commun permettant de se connecter à travers les siècles à un esprit d’une intelligence et d’une sensibilité précieuses.

Un peu agaçant dans son exaltation béate face aux miracles de la Nature, Whitman se montre irrésistiblement séduisant dans la partie la plus profonde de son œuvre, qui mêle profonde empathie pour la souffrance d’une jeunesse saccagée et réflexions d’ordres philosophico-mystique sur le réel sens de l’existence.

Impossible donc de ne pas plier un genou face au talent impérissable de cet homme, capable d’émouvoir voir de bouleverser.

En 2015, « Feuilles d’herbes » reste donc comme tous les chefs d’œuvres, incontournables.

Feuilles d'herbes (Walt Whitman)
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Published by Seth - dans Poésie
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:19

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Quelque peu délaissée dernièrement en ces colonnes, la période antique revient avec « Les métamorphoses » du poète latin Ovide.

Vraisemblablement écrit au premier siècle après JC, « Les métamorphoses » est une œuvre poétique monumentale en quinze chapitres racontant à partir des légendes poétiques grecques la naissance du monde jusqu’à l’avènement d’Auguste, l’empereur régnant à l’époque d’Ovide.

L’Œuvre se lit donc de manière chronologique avec un livre premier traitant de la naissance du monde enfanté depuis le chaos puis ordonné par les dieux.

Ovide décrit une dégénérescence depuis un âge d’or idyllique sans saison ni guerre à l’âge de fer marqué par la violence et la bassesse des sentiments que le déluge viendra nettoyer.

Les premières transformations sont évoquées toutes par l’intermédiaire de dieux changeant des mortels en animaux ou végétaux à la suite de colère, vengeances ou amour contrariés.

Ainsi Lycaon roi d’Arcadie est changé en loup par Jupiter pour avoir voulu lui faire manger de la chair humaine, Daphné changée en laurier par Apollon, la nymphe Io en génisse par Jupiter qui envoie Mercure éliminer le monstrueux Argus aux 100 yeux envoyé par Junon pour surveiller l’amante de son mari.

Bien que tué par Mercure, Argus eut au moins le mérite de voir ses yeux transférés sur le plumage du paon.

Puis vient la légende de Plaéthon, qui exerce un chantage auprès de son père le Soleil pour conduire son char et en perd le contrôle, provoquant une série de catastrophe qui oblige Jupiter à le foudroyer.

Cette tragédie familiale se solde dans le livre second qui voit également la nymphe Callisto élevée au rang de constellation par son amant Jupiter, des mortels changés en cygne, chouette par les caprices des dieux et enfin la belle Europe fille d’Agénor enlevée par Jupiter transformée en magnifique taureau blanc.

Le livre troisième fait une large part aux légendes fondatrices thébaines, avec les péripéties de Cadmus parti rechercher sa sœur Europe et qui après avoir terrassé un énorme serpent fonda à partir des dents du monstre la ville de Thèbes.

Puis vint la célèbre légende de Narcisse, splendide mortel aimé de la nymphe Echo qui n’aimant que son reflet est changé en fleur.

La jalouse Junon provoque la mort de la mortelle (Sémélé) dont s’est entichée son mari, ou la cécité de ceux qui la contredisent (le devin Tirésias) mais Bacchus est tout aussi impitoyables avec ceux qui refusent de l’adorer comme Penthée, mis en pièces par ses bacchantes ou les filles de Minyas changées en chauve souris dans le livre quatrième qui relate également le mythe de Hermaphrodite fusionné avec la nymphe aquatique Salmacis.
Après que Cadmus fut transformé par Junon en serpent avec sa femme, la dernière partie de ce livre introduit la légende du héros Persée, vainqueur de Méduse qui utilisa les pouvoirs pétrifiant de la tête de sa victime pour vaincre le géant Atlas et qui après avoir vaincu un effrayant monstre marin prêt à dévorer la fille de la reine d’Ethiopie Andromède, l’épousa mais dut dans le livre cinquième livrer une bataille acharnée contre son rival et ses amis.

On assiste ensuite au duel de chants entre les Muses et les Piérides qui rivalisent d’imagination pour conter des histoires plus merveilleuses les unes contre les autres comme la guerre entre dieux et géants ou l’enlèvement de Prospérine par Pluton qui conduira Cérès à intercéder pour que sa fille soit partagée entre six mois sur terre et six moisa au royaume des enfers avec son époux.

Les Muses sortent vainqueurs du duel et les Piérides sont changées en pies.

Dans le livre sixième, Arachné est changée en araignée après avoir osé défier Minerve au tissage, Niobé est changée en rocher pour ne pas avoir reconnu Latone puis le brutal roi de Thrace Térée est changé en hirondelle après avoir violenté Philomène la sœur de sa femme Procné.

Puis vient le tour de l’épopée de Jason et les argonautes qui grâce aux pouvoirs magique de la sorcière Médée parvient à dérober la toison d’or.

Devenu un personnage central du récit d’Ovide, Médée réalise de nombreuses transformations pour se venger de Jason qui l’a manipulé ou pour retenir ses amants voir éliminer ses amants (Pélias, Eson).

Le livre septième se termine par les démêlés conjugaux de Céphale envoyé d’Athènes à Eaque pour chercher alliance contre le menaçant roi de Crète Minos.

Minos est également au centre du livre huit, avec l’épisode du Minotaure et le drame d’Icare fils de Dédale concepteur du labyrinthe.

Thésée rencontre le fleuve Achélous qui lui raconte de nombreuses histoires de transformations et de malédictions comme celle d’Erysichtron condamné à une faim éternelle par Cérès.

Le fleuve révèle dans le livre neuvième aussi sa défaite face à Hercule et raconte la fin tragique du héros tué par la tunique empoisonnée de Nessus.

En raison des ses exploits, Hercule est néanmoins élevé au panthéon des dieux.

La dernière partie de ce chapitre est consacrée aux amours incestueux entre frère et sœur (Byblis et Caunus) mais aussi entre femmes (Iphis et Ianthé) avec fort heureusement des dénouements moraux.

L’épopée d’Orphée venu chercher Eurydice aux enfers prend une large place du livre dix mais les histoires de Pygmalion amoureux de sa statue, du bel Adonis tué par un sanglier et de Hippoméne vainqueur d’Atalante à la course en semant des pommes d’or données par Venus sont également très marquantes.

Bacchus est le personnage principal du livre onze après qu’il soit intervenu pour châtier les femmes thraces meurtrières de Orphée ou le cupide roi Minos changeant en or tout ce qu’il touche également persécuté par Apollon qui l’affuble d’oreilles d’âne.

Ce livre se conclut par les amours du héros Pelée avec la déesse protéiforme Thétis et le destin tragique du roi Céyx perdu en mer alors qu’il cherchait à consulter l’oracle de Claros et finalement changé en hirondelle avec sa femme Alcyone.

Dans le livre douze, Ovide narre des épisodes de la guerre de Troie : combat acharné entre Achille et l’invulnérable Cygnus puis mort d’Achille entrecoupé par un sanglant combat entre Centaures et Lapithes.

Après la conclusion de la dispute entre Ajax et Ulysse à propos de la récupération des armes d’Achille, le livre treizième raconte la fin de la guerre de Troie et les châtiments envers les vaincus (Polyxène, Hécube, Memnon), puis l’exodes des Troyens jusqu’en Sicile ou il découvre le destin de Scylla, jeune fille changée en ile monstrueuse par le dieu de la mer Glaucus après qu’elle ait repoussé ses avances.

Par l’intermédiaire du récit de Achéménide et de Macarée fait à Enée, le livre quatorze termine les aventures des compagnons d’Ulysse, victimes des sorts de la magicienne Circé ou de la colère du Cyclope aveugle, puis termine par la fondation de Rome par Romulus après une victoire sur les Sabins.

Le dernier livre plus philosophique rend hommage aux enseignements de Pythagore venus éclairer et pacifier les descendants de Romulus, avec notamment la notion de reincarnation des âmes dans plusieurs corps successifs ce qui conduit à épargner la vie des hommes mais aussi des animaux.

Après l’intervention d’Esculape pour guérir Rome dévorée par la maladie, Ovide termine par l’apothéose de Jules César, élevé au rang des dieux après son assassinant et une timide prière adressé à l’empereur actuel, le puissant Auguste.

En conclusion, « Les métamorphoses » est un gigantesque bloc condensant à lui seul une large partie de la mythologie gréco romaine.

Il est parfois difficile de se repérer dans cette multitude de personnages, de lieux romanisés et d’histoires souvent entremélées ou le brillant poète navigue avec aisance.

Bien entendu le merveilleux est présent en permanence et produit quelques répétitions dans son execution, les transformations ayant lieu lorsque les dieux se font justiciers ou simplement irrités par un refus amoureux voir une tromperie.

Véritables pions sur l’échiquier divin, les mortels se voient donc transmutés à loisir en animaux, minéraux ou végétaux.

Nul besoin de chercher une quelconque morale dans ces histoires parfois très violentes et cruelles, mais juste de se laisser porter par l’imagination débridée de l’auteur.


Mais malgré son immense richesse, « Les métamorphoses » reste une œuvre difficile d’accès pour le profane.

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Published by Seth - dans Poésie
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