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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 22:55
Ted (Seth Mc Farlane)

Changement de registre avec la comédie « Ted » de Seth Mc Farlane.

Sorti en 2012, « Ted » raconte à Boston, la vie de John Bennett (Mark Wahlberg), employé dans une compagnie de location de voiture, vivant toujours à trente cinq ans avec son ours en peluche Ted (voix de Joey Starr), doué de vie après un curieux vœux exprimé une nuit d’orage étant enfant.

Compte tenu de ses étonnantes propriétés et d‘un sens aigu de la répartie, Ted est rapidement devenu une star des années 80, participant à des shows télévisés, avant de tomber ensuite logiquement dans un relatif anonymat.

Avec le temps, l’esprit de l’ours a évolué et exerce à présent une influence assez peu positive sur John, en le poussant à fumer du haschisch, à boire des coups et à regarder des vieux films des années 80, dont le kitschissime « Flash Gordon » dont-ils sont tous les deux grands fans.

Mais John a à présent une petite amie, Lori Collins (Mila Kunis) qui malgré un caractère des plus compréhensifs, voit au bout de quatre ans sa relation stagner.

Incapable de décisions matures et soumis à l’influence de Ted, volontiers vulgaire et amateur de prostituées, John comprend qu’il est en passe de perdre Lori qui ne pourra pas supporter longtemps ce rythme de vie.

Il prend alors la décision courageuse de se séparer de Ted en le poussant à prendre son indépendance via un travail de caissier et un appartement séparé du couple.

Mais le colérique Ted parait incorrigible, séduisant Tami-Lynn (Jessica Barth) une plantureuse collègue caissière et couchant avec elle dans le réserve et entraine un John bien peu résistant dans une soirée de folie aux cotés du mythique Sam J Jones, interprète principal de Flash Gordon aux faux airs l’âge venant de Dolph Lundgren.

Malgré le poids des ans, Jones demeure encore plein de vigueur et entraine ses nouveaux amis dans la défonce à la cocaïne et dans une improbable bagarre contre un voisin asiatique insupporté par le tapage nocturne.

C’en est trop pour Lori qui rompt avec John et se rapproche sans conviction de son patron, Rex (John Mc Hale) qui la poursuit de ses assiduités.

Désespéré, John tente de se faire aider par Ted qui jouant de sa proximité (?) avec la chanteuse Norah Jones, lui arrange une tribune dans un de ses concerts auquel Lori et Rex assistent également.

La prestation de John est catastrophique mais émeut suffisamment Lori pour lui faire changer d’avis au grand dam de Rex.

Mais un autre péril guette Ted, qui est la proie d’un psychopathe fan de lui depuis les années 80, Donny (Giovanni Ribisi).

Aidé de son fils Robert (Aedin Mincks), Donny enlève Ted et le séquestre dans une maison glauque du centre ville.

Soumis à des tortures de la part de l’affreux gamin, Ted parvient à appeler John mais est repris par la vigilance de Donny.

Mais John qui avait déjà été contacté par Donny et son fils pour qu’il leur cède Ted se rappelle de leur adresse et fonce avec Lori pour le secourir.

Après une course poursuite en voiture, l’action se termine dans un stade de base ball ou Ted, sérieusement endommagé par une chute est donné pour mort.

Malgré leur chagrin, John et Lori parviennent à sauver leur ami en rembourrant son ventre et en espérant de toute leur âme à sa résurrection.

C’est avec un Ted plus mature et intégré au bonheur du couple que se termine alors ce film.

En conclusion, « Ted » est une grosse pantalonnade non destinée aux enfants car basée sur la provocation et l’éclatement du mythe de l’ours en peluche synonyme de douceur et d’innocence enfantine.

Mc Farlane en fait des tonnes dans la lourdeur et la vulgarité, avec cet ours toxico, dragueur, grossier et bagarreur, affublé de surcroit de la voix irritante du rappeur Starr.

On ne peut pas dire non plus que le Wahlberg et son physique de Stephan Edberg gonflé aux stéroïdes sortent particulièrement grandi de l’épreuve.

Avec quelques rares scènes permettant de sourire en évoquant la nostalgie des années 80 (Star wars, Flash Gordon, K-2000, Indiana Jones, ET) et la participation d’un Sam Jones déjanté, le film aurait pu pourtant prétendre à mieux, mais ne peut rien faire de plus que se vautrer dans sa provoc facile et l’extrême maigreur de son scénario.

Il semblerait donc que même le bastion de l’enfance soit soumis au cynisme et à la corruption de notre époque ?

Ted (Seth Mc Farlane)
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 20:46
Menteur, menteur (Tom Shadyac)

Dans les années 90, la carrière de Jim Carrey explose au rythme de un film par an et « Menteur, menteur » de Tom Shadyac en est la plus parfaite illustration.

Sorti en 1997, « Menteur, menteur » raconte la vie d’un avocat américain du nom de Fletcher Reede (Jim Carrey), habitué à toutes les roueries pour faire triompher ses clients dans les tribunaux, qui un jour est victime d’un sort jeté par son fils de cinq ans Max (Justin Cooper) le jour de son anniversaire, lui empêchant de mentir.

En réalité si la vie de Fletcher est brillante sur le plan professionnel, elle est un véritable désastre sur le plan personnel avec un divorce d’avec sa femme Audrey (Maura Tierney) mais surtout des absences insupportables vis à vis du malheureux Max.

Touché par le sort, Fletcher s’aperçoit rapidement pour notre plus grand plaisir qu’il est condamné à dire la vérité et rien que la vérité, ce qui occasionne des scènes drolatiques dans lesquelles il dit leurs quatre vérités aux employés de son cabinet, notamment sa fidèle secrétaire Greta (Anne Haney) pour le moins étonnée du changement radical du comportement de son patron.

Fletcher tente bien de résister mais son corps refuse de lui obéir avec force de contorsions.

Plus grave, il fait faux bond en saccageant la défense d’une de ses plus grosses clientes, Samantha Cole (Jennifer Tilly), coupable d’adultère, qui réclame avec beaucoup de culot sa part des biens de son mari, soit un montant de plusieurs millions de dollars.

Face au juge Stevens (Jason Bernard) et à sa consœur Dana Appleton (Swoosie Kurtz) qui défend les intérêts du mari, Fletcher cafouille, se contredit et s’enfonce en se montrant incapable de mentir et donc de tenir sa ligne de défense.

Mal embarqué, il profite d’un répit et comprend par son ex femme que le sort de son fils le bloquera jusqu’à la fin de la journée.

Cette information tombe également dans l’oreille de sa rivale l’arriviste Miranda (Amanda Donohoe) qui le traine devant le directeur du cabinet pour le forcer à dire ce qu’il pense de lui.

Mais contre toute attente, la franchise acérée de Fletcher, plait au directeur qui salue son audace et son sens de la formule.

Fletcher se trouve donc miraculeusement sauvé du piège tendu par Miranda.

Pour autant Fletcher n’est pas au bout de ses peines puisque Audrey poussée par son nouveau petit ami le gentil Jerry (Cary Elwes) lui propose de déménager avec son fils pour le suivre à Boston.

Il fonce tout d’abord au procès, découvre Kenneth Falk (Christopher Mayer) l’amant stupide de sa cliente, se maltraite physiquement dans les toilettes dans l’espoir d’échapper au cruel dénouement, mais parvient in extremis à sauver la situation en perturbant le témoignage de Falk et en montrant que sa cliente était mineure au moment de signer le contrat de mariage ce qui de fait l’annule.

Après cette victoire à la régulière, Fletcher est pourtant pris de remords face à Cole (Eric Pierpoint), refuse qu’il paye une pension alimentaire, et lui accorde la garde de son fils, ce qui contrecarre sa cupide cliente.

Il fonce ensuite à l’aéroport dans le fol espoir de reconquérir son fils et sa femme.

Après une manœuvre audacieuse ou il empêche leur avion de décoller en se grimpant sur un chariot élévateur pour leur courir après sur la piste, Fletcher parvient à ses fins.

Son témoignage plein de sincérité émeut Max mais aussi Audrey.

Bon perdant Jerry s’efface avec élégance, laissant la famille se reconstituer.

En conclusion, bâti sur une bonne idée mais un scénario filiforme, « Menteur, menteur » repose grandement pour ne pas dire essentiellement sur le talent protéiforme de clown de Jim Carey qui en pleine forme physique à trente et quelques années, multiplie les grimaces élastiques et les singeries hors normes pour nous divertir.

Derrière l’aspect gagesque du film, se délivre également un message plutôt agréable à propos du cynisme et de l’arrivisme, au détriment parfois d’une vie équilibrée notamment auprès d’un enfant en mal de modèle et d’affection.

L’avocat sans foi ni loi découvre donc les vertus de la sincérité et des relations familiales sans doute plus épanouissantes que sa vision individualiste et cynique des choses.

« Menteur, menteur » ne constitue donc pas un chef d’œuvre mémorable, mais remplit à merveille ses fonctions de divertissement de qualité, si tant est qu’on apprécie le style si particulier de ce diable de Jim Carey.

Menteur, menteur (Tom Shadyac)
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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 23:01
Burnt after reading (Joel et Nathan Cohen)

Joël et Nathan Cohen, le très surestimé duo de réalisateurs américains reviennent à leur genre de prédilection, la comédie en 2008 avec « Burnt after reading ».

Cette histoire somme toute loufoque, invraisemblable voir absurde, met en scène un analyse de la CIA, Osborne Cox (John Malkovitch), mis sur la touche par ses patrons, et finalement démissionnaire par lassitude devant les manigances des bureaucrates.

Lorsque il annonce la nouvelle à sa femme Katie Cox (Tilda Swinton), celle-ci le prend mal, trouvant ridicule sa décision d’écrire ses mémoires et en profitant pour préparer activement la mise en place d’une procédure de divorce.

La revêche Katie, a en effet un amant, Harry Pfaffer (Georges Clooney), un ex policier de terrain reconverti en administratif, qui trompe allégrement sa femme (Elisabeth Marvel), écrivain pour enfants.

Dragueur compulsif, beau parleur, pétri de tics, Harry n’en en réalité aucune envie de quitter sa femme pour Katie et gagne du temps, continuant à draguer frénétiquement sur les sites de rencontres d’Internet.

La vie de Osborne bascule lorsque le Cd ou se trouvent ses fichiers est retrouvé dans les vestiaires d’un club de gym, hard-bodies.

Les gérants, Chad Elsheimer (Brad Pitt) un jeune homme aussi athlétique que stupide, et Linda Litzke (Frances Mc Dormand), une quadragénaire complexée, obsédée par se financer de couteuses opérations chirurgicales, décident de tirer profit de cette opportunité pour faire chanter Osborne.

Mais le duo d’amateurs peine à mettre à exécution son plan, Osborne ne se laissant pas faire, malgré la désagrégation de son mariage.

Ainsi, Chad est cogné alors qu’il tentait de négocier une récompense et sauvé in extremis par une intervention musclée de Linda qui n’hésite pas percuter la voiture de Osborne.

Sans se laisser démonter, Katie pousse Chad à s’adresser à l’ambassade de Russie à Washington, pour exiger enfin une somme d’argent.

Mais le duo d’amateurs commet l’erreur de laisser le Cd, qui est déclaré sans valeur par les ambassadeurs.

Tout s’emmêle lorsque Harry rencontre par hasard Linda sur un site de rencontres et a une brève liaison avec elle.

Le quiproquo est total lorsque Chad s’introduit chez Osborne dans l’espoir de lui sous tirer de nouvelles informations, sans se douter que Katy qui l’a mit à la porte, occupe l’espace avec Harry.

Mal dissimulé dans une penderie, Chad fait peur à Harry qui le tue d’une balle dans la tête.
Paniqué, Harry se débarrasse maladroitement du corps, sans se douter que tous ces mouvements sont observés par les supérieurs de la CIA, (David Rasche) et (JK Simmons).

L’absence de Chad inquiète Linda qui finit par s’en confier à son amant Harry, complètement chamboulé par ce meurtre.

Le film achève de basculer complètement dans la folie lorsque Harry découvre que l’homme qu’il a tué était l’ami de Linda, et sombre dans la paranoïa totale.

En parallèle, Osborne tombe sur le pauvre Ted Treffon (Richard Jenkins), patron de Hardbodies, et ayant accepté par amour pour Linda de retourner fouiller dans sa maison, et incapable de maitriser sa colère, le tue.

Les officiers de la CIA concluent alors sur leur incapacité à comprendre ce qui c’est réellement passé, mais se promettent de tout faire pour éviter de renouveler cette désagréable expérience.

En conclusion, « Burnt after reading » est une comédie se voulant déjantée, absurde, dans le style habituel des comédies des frères Cohen.

La bêtise des personnages y est présente, notamment chez Brad Pitt, parfait en prof de fitness, la tête pleine d’eau et les muscles plein d’air mais c’est surtout leur lâcheté qui est mise en avant.

Même si Clooney et Malkovitch tiennent solidement leurs places, leurs rôles manquent selon moi de folie ou d’épaisseur.

Paradoxalement, « Burnt after reading » déçoit donc, manquant d’humour et de tendresse, contrairement au chef d’œuvre des Cohen, « The big Lewoski ».

Il comblera sans doute d’aise les fans du duo, mais malgré la qualité intrinsèque des acteurs, se montre trop juste pour s’élever au rang de grand film.

Burnt after reading (Joel et Nathan Cohen)
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 21:55
Mensonges et trahisons et plus si affinités (Laurent Tirard)

On change de registre avec un comédie que j’ai vu plusieurs fois non sans plaisir « Mensonges et trahisons et plus si affinités » de Laurent Tirard.

Sorti déjà en 2004, « Mensonges et trahisons et plus si affinités » raconte l’histoire d’un nègre, Raphael Jullian (Edouard Baer) dont le métier est de coucher sur papier les biographies de stars populaires incapables de maitriser les techniques de l’écriture.

Ecrivain raté, Raphael est donc habitué à vivre dans l’ombre des autres et à surtout éviter de prendre des risques, et se complait avec ses deux meilleurs amis aux caractères opposés Jeff (Eric Berger) alter mondialiste chômeur et Max (Jean-Pierre Lahmi) financier ultra matérialiste et fier de sa réussite.

Si sa rencontre avec Muriel (Marie Josée Croze), une jeune architecte trentenaire elle aussi, change sa vie et lui apporte un semblant de vie de couple, Raphaël découvre que la femme de Kevin Storena (Clovis Cornillac) le footballeur dont il est chargé d’écrire la biographie, n’est autre que son amour de jeunesse, la sculpturale Claire (Alice Taglioni).

Le passé douloureux et les vieux démons de Raphaël se réveillent, avec notamment une improbable histoire de virée dans la voiture de son père, transformée en cauchemar délirant après avoir percuté un sanglier dans une foret.

Le caractère orgueilleux et la bêtise de Kevin n’arrangeant pas la situation, Raphaël se met en devoir de séduire à nouveau Claire quitte à perdre Muriel.

La situation se crispe après la mort de Jeff, tué dans un accident à l’aéroport d’Abidjan alors que Raphaël l’avait poussé à partir pour enfin accomplir quelque chose de son existence.

Ce choc fait l’effet d’une bombe à retardement sur Max qui finit par faire une dépression et entreprend de changer de vie.

Mais Raphaël qui tente de séduire Claire en lui faisant lire son roman jamais publié, essuie de nouveau un terrible échec, la jeune femme au caractère de battant préférant la stupide mais mâle virilité de son footballeur qui de surcroit la couvre de cadeau.

Les deux conjoints Muriel et Kevin au final pas si stupide qu’il n’y parait, comprennent le manège de Raphaël qui perd la face devant sa petite amie.

Jouant le tout pour le tout, Raphaël parvient à coucher avec Claire qui le méprise fondamentalement.

Le résultat est prévisible, Raphaël prend un coup de poing en plein visage et perd le gros contrat avec Kevin, ce qui le décide à travailler sérieusement son roman et même à faire le siège de l’appartement de Muriel pour obtenir un pardon qu’il obtient finalement.

Alors que Max lui présente son épouse coréenne, Raphaël reçoit les félicitations surprises du couple Kevin-Claire après le joli succès de son roman, la jolie blonde semblant même un peu revenir sur sa décision …

C’est pourtant Muriel qui a contribué à son éclosion personnelle et professionnelle …

En conclusion, « Mensonges et trahisons et plus si affinités » est une comédie plaisante, fine et très bien écrite avec cet humour si second degré qu’affectionne Edouard Baer, magnifique dans un rôle de looser désespérant mais attachant.

Cornillac constitue également une bonne surprise et sa composition en joueur de foot abruti et bestial est à se tordre de rire.

On rit beaucoup donc, appréciant la finesse de l’analyse psychologique reposant sur la médiocrité et la lâcheté qui composent une part importante de notre personnalité, tout en trouvant également le film cruel pour les hommes manquant d’assurance.

Les actrices incarnent avec brio des jeunes françaises d’aujourd’hui, indépendantes, dures et froides.

Un film donc contemporain, intelligent et finement ciselé qui mérite de constituer assurément le haut du panier de la comédie « made in France ».

Mensonges et trahisons et plus si affinités (Laurent Tirard)
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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 19:59
Qu'est ce qu'on a fait au bon dieu ? (Philippe Chauveron)

Une fois n’est pas coutume voici « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » la comédie à la mode de Philippe Chauveron en cet été 2014.

« Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » raconte l’histoire d’un couple de la bourgeoisie provinciale de Chinon, les Verneuil, Claude (Christian Clavier) et Marie (Chantal Lauby), catholique de droite, qui a la désagréable surprise de voir chacune de ses quatre filles mariée avec un homme issu de l’émigration.

Ainsi Ségolène (Emilie Caen) se voit marié avec Chao Ling (Frédéric Chau), d’origine chinoise, Isabelle avec Rachid Ben Assem (Medi Saoun) d’origine maghrébine et Odile (Julia Piaton) avec David Benichou (Ary Abittan) de confession israélite.

Ce mélange de culture crée des situations explosives lors des réunions familiales ou chacun fait preuve d’une grande mauvaise foi pour critiquer les us et coutume des diverses ethnies ou religions représentés.

Les Verneuil sont accablés par cette situation, Marie sombre peu à peu dans la dépression tandis que Claude s’emporte contre ses gendres dont il reproche la différence.

David est sans doute celui dont la situation est la plus précaire avec de grosses difficultés financières et des projets farfelus de casher-bio qui ne trouvent aucun financement.

Chao est le financier de la bande, et reçoit l’essentiel des critiques adressées aux Chinois supposés racheter la planète, tandis que Rachid se targue d’une peu glorieuse situation d’avocat commis d’office à Bobigny.

Lorsque Laure (Emilie Fontan) annonce à ses parents qu’elle va se marier avec un Charles catholique acteur de profession, ceux-ci reprennent espoir.

Mais ils ignorent à ce stade que le Charles en question (Noom Diawara) est originaire d’Afrique de l’ouest et la découverte de cet état de fait provoque un immense traumatisme chez eux.

Le premier échange avec les Kofi, surtout André (Pascal Nzonzi) est à vrai dire catastrophique, le ton montant rapidement entre les deux pères à propos de leurs différences culturelles.

En réalité personne dans la famille n’approuve ce mariage, et les trois couples déjà constitués tentent même de discréditer Charles en essayant de le prouver une prétendue infidélité.

Le stratagème échoue lamentablement et tout le monde se retrouve donc à Chinon pour le mariage.

André et Claude qui se détestent assez vite, finissent par s’isoler dans une partie de pêche, et se rapprochent unis par le même gout pour l’alcool et le scepticisme.
Les deux larrons finissent au poste de police pour avoir semé le trouble dans une boulangerie et tout se beau monde se retrouve donc en bon ordre pour la cérémonie et le repas de mariage, mélangeant culture française et africaine.

En conclusion, « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » est un film léger au scénario rachitique surfant sur un ensemble de clichés communautaires et sur un fond d’anti racisme que certains pourront qualifier de bien pensant.

Si on passe sur le fond d’un niveau plus que faible, on pourra être séduit par la qualité des acteurs, réunissant la nouvelle vague de comiques pétris de talents s’en donnant à cœur joie auprès de vieilles figures du rire, Clavier et Lauby assez parfaits dans leurs rôles de parents un tantinet réactionnaires dépassés par les événements.

Alors oui pour la bonne humeur, les dialogues enlevés et l’abattage des acteurs, même si le film pousse à mon sens beaucoup trop le trait d’une France mélangée s’entendant à merveille en bonne intelligence en absorbant sans difficultés les particularités des autres.

Qu'est ce qu'on a fait au bon dieu ? (Philippe Chauveron)
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 16:12
Les infidèles (Fred Cavayé, Alexandre Courtes, Michel Hazanvicius, Eric Lartigeau, Emmanuelle Bercot, Jean Dujardin, Gilles Lellouche)

Après la musique le cinéma avec « Les infidèles » film récent (2012) réalisé par une mosaïque de réalisateurs français dont les deux acteurs principaux Jean Dujardin et Gilles Lellouche.

Remarqué en son temps en raison de ses affiches chocs et fortement misogynes, « Les infidèles » démarre fort par une scène réalisée Fred Cavayé dans laquelle deux jeunes quadragénaires encore bels hommes mais déjà murs, Fred (Jean Dujardin) et Greg (Gilles Lellouche) tous deux mariés, cherchent frénétiquement des jeunes femmes en boite de nuit tout en devisant sur leur condition d’hommes infidèles.

Greg semble celui qui a le plus de remords des deux, ce qui ne l’empêche pas de coucher avec son ami avec deux conquêtes éphémères de boite de nuit tout en s’encourageant mutuellement dans une scène d’une vulgarité flirtant avec le porno le plus bas de gamme.

Au retour de l’escapade, Greg se fait incendier par sa femme, Stéphanie (Géraldine Nakache) qui a bel et bien compris derrière les excuses bidons les infidélités de son mari et est proprement mis à la porte de chez lui.

Comme si cela ne suffisait pas Bernard (de nouveau Gilles Lellouche) est surpris par sa femme en train de copuler avec une infirmière dans un hôpital afin de déterminer la nature de son mal.

On bascule ensuite sous la houlette de Michel Hazanavicius, dans le monde des séminaires d’entreprises ou Olivier (Jean Dujardin) esseulé dans une ville de province, cherche à tout crin à avoir des relations sexuelles.

Sans réel charisme ni savoir faire, Olivier essuie déconvenues sur déconvenues alors que le meilleur vendeur du séminaire, joué par Lellouche, cumule les conquêtes malgré un handicap physique indéterminé qui le fait rester en fauteuil roulant.

Après d’humiliantes rebuffades et échecs de la réceptionniste espagnole, de la séduisante collègue de travail et même de Christine (Isabelle Nanty) la petite collègue boulotte sur laquelle désespéré il se rabat à 3 heures de matin, Olivier finit par répondre hypocritement aux SMS de sa femme dans le bus qui le ramène chez lui.

Avec Eric Lartigeau, nous suivons le dentiste Eric (Gilles Lelouche) orthodontiste aisé dans sa relation avec une jeune étudiante à la Sorbonne Inès (Clara Ponsot).

Le décalage entre le quadra amorti et l’étudiante pétillante se fait peu à peu cruellement sentir, avec les différences des centres d’intérêts, les amis étudiants fauchés et fumeurs de joints mais également avec l’envie d’Inès de sortir en boite de nuit après leurs ébats torrides dans un bel hôtel alors que lui n’aspire qu’à une bonne nuit de repos.

Bon an mal an, Eric suit Inès en boite et se trouve très mal à l’aise avec les délires lesbo-exhib de sa copine, les remarques acerbes des autres étudiants et de l’excentrique James (Jean Dujardin) ami complètement déjanté et fortement alcoolisé.

La soirée tourne au vinaigre et Eric est évacué par les videurs après avoir provoqué une bagarre.

Blessé et épuisé, il rentre chez lui au petit matin et invente piteusement une histoire d’accident pour maquiller sa soirée auprès de sa femme.

Avec Emmanuelle Bercot, vient un passage extrêmement pénible dans lequel Lisa (Alexandra Lamy) demande à son mari Thibault (Jean Dujardin) si il l’a trompé en dix ans, ce qu’il finit par avouer sous l’insistance de la jeune femme, tout en demeurant évasif sur la réalité des choses.

Folle de rage, Lisa perd les pédales sous l’avalanche de révélations et devient de plus en plus agressive, allant jusqu’à elle aussi avouer des relations extraconjugales pour elle aussi faire souffrir son mari.

Deux courtes scènes additionnelles de Alexandre Courtes ou Thibault (Guillaume Canet) sombre dans la panique après alors que sa femme débarque à l’improviste quelques minutes après que sa maitresse ne quitte l’appartement et Simon (Manu Payet) est pris en flagrant délit de bondage avec une vieille prostituée par sa femme, viennent compléter le tableau global des infidèles « Made in France ».

Et c’est dans un grand séminaire de groupe que les principaux protagonistes tentent sous la férule de la psychologue Marie Christine (Sandrine Kimberlain) de se défaire sans grand succès de leurs addictions.

On termine par une énième virée des deux compères à Las Vegas pour s’offrir selon le cliché une semaine d’orgies non stop au cours de folles nuits de débauche avec des stripteaseuses et des prostituées.

Contre toute attente, Fred et Greg se découvrent une attirance commune et finissent par avoir leur première relation homosexuelle.

Ils décident sur un coup de tête de refaire leur vie à Las Vegas et deviennent un célèbre couple de dresseurs de fauves à la Siegfried et Roy.

En conclusion, malgré quelques courts passages réussis, « Les infidèles » reste un film atrocement vulgaire stigmatisant les comportements masculins les plus lâches, stupides et bestiaux avec comme synergie fatale l’émulation masculine stimulant la chasse à la femelle et la performance sexuelle.

On retrouve donc quasiment le pire de tout avec Dujardin et Lellouche qui globalement pitoyables ne sortent pas grandis de cette expérience bien en dessous de la ceinture.

Le comble du malaise est atteint dans le face à face entre Dujardin et Lamy, également couple dans la vie qui s’expliquent sur fond de jalousie malsaine.

Dans le sketch le plus faible, on comprend que le duo s’est offert une virée délire à Las Vegas en toute obscénité.
Quelques réussites tout de même surnagent faiblement, comme dans le sketch du séminaire d’entreprise assez drôle et bien vu avec un Dujardin aux frontières du désespoir, celui assez bien vu de la douloureuse différence d’âge avec le quadra pathétiques et l’étudiante, et enfin le fameux séminaire des infidèles ou Guillaume Canet et Manu Payet se montrent assez irrésistibles.

Ceci bien entendu ne saurait combler l’immense sensation de médiocrité et de facilité de ce film aussi vulgaire et minable que ses affiches.

Les infidèles (Fred Cavayé, Alexandre Courtes, Michel Hazanvicius, Eric Lartigeau, Emmanuelle Bercot, Jean Dujardin, Gilles Lellouche)
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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:34
Dépression et des potes (Arnaud Lemort)

On change radicalement de registre avec une comédie française légère, « Dépression et des potes » de Arnaud Lemort.

Sorti en 2012, « Dépression et des potes » raconte la vie de Franck (Fred Testot), jeune parisien travaillant dans le monde du doublage de dessins animés, qui se trouve soudain atteint de dépression.

Mal dans sa peau, le jeune homme gâche un séjour à l’Ile Maurice avec Talia (Gyselle Soares) une jolie danseuse brésilienne qui le quitte dans la foulée.

La maladie le frappe alors de plein fouet avec un dégout de tout et une envie de rien.

Heureusement, Franck a pour l’aider ses trois meilleurs amis, Benoit (Arié Elmaleh) qui vient d’avoir son deuxième enfant, William (Jonathan Lambert) avocat fiscaliste et Romain (Ary Abitan), grand blagueur.

Alors que Benoit et Romain tente de minimiser ou de se défiler, William se montre le plus touché par la maladie de Franck et entreprend de l’aider en l’accompagnant à son appartement.

La cohabitation est en réalité des plus difficile car William se débat également dans une relation compliquée avec Isabelle (Charlie Bruneau) d’une jalousie maladive et qui le laisse plus que frustré sexuellement.

Un moment inquiété par la présence d’une arme à feu heureusement factice, William finit par dormir sur place et est réveillé par le retour de Talia venue chercher ses affaires.

Au travail, Franck s’enfonce dans un comportement agressif et cynique, évinçant les comédiens se présentant aux essais et se montrant insupportable avec son collègue Serge (Joseph Malerba).

Pourtant du coté de ses autres amies les choses ne sont guère plus brillantes, Benoit étant en réalité malheureux car un musicien frustré ayant renoncé à sa carrière pour sa vie de famille et venant de se faire virer de son job dans la publicité.

Quand à Romain, il vit une histoire complètement folle avec Laura (Laurence Arné) une belle aveugle qui provoque une crise cardiaque à son père (Eric Godon) au cours d’une partie de ping pong pendant le shabbat.

Perdu, Franck tente de se prendre en main, mais ni l’acuponcture, ni les tatouages, ni le yoga, ni la samba, ni les cours de portugais pour débutant ne parviennent à lui faire oublier sa chère Talia.

Après une soirée arrosée le quatuor se retrouve au poste de police mais cette expérience leur permet de prendre conscience de leur maladie commune : la dépression, ce qui ne fait qu’accroitre leur solidarité.

Chacun tente alors de se prendre en main avec plus ou moins de bonheur et (beaucoup de rires pour le spectateur).

Benoit rencontre Marc (Emmanuel Reichenbach) un chanteur québécois dans un bar gay ou il traine ses amis et décide de s’associer à lui pour se (re)lancer dans la musique tandis que Romain rencontre Ruth (Ginnie Watson) une imprésario américaine qui croit en son talent de scénariste/écrivain et lui propose après une folle nuit d’amour de partir avec elle tenter sa chance aux Etats-Unis.

La rupture avec Laura est inévitable et les présentations avec les amis puis les parents plutôt expéditives tant la décision de Romain parait inébranlable.

Peu à peu, la farouche Talia assouplit sa position et finit devant l’insistance de Franck et ses excuses sincères par accepter de le revoir.

Après une folle course poursuite avec des travestis et des policiers au Bois de Boulogne, les amis finissent par se retrouver à l’aéroport de Roissy ou William et Isabelle attendent un petit brésilien pour une adoption émouvante, Franck renonce à partir, retrouve Laura mais expédie ses parents à New-York pour vivre leur rêve d’intégration à la communauté juive et Benoit décide enfin de partir tenter sa chance comme musicien aux cotés de Marc tout en emmenant avec lui sa famille étrangement conciliante.

Franck en apparence guéri par le soutien de ses amis et la présence de à ses cotés de la belle Talia, est présent pour la photo de groupe finale …

En conclusion, « Dépression et des potes » est un joli petit film français servi surtout par des acteurs comiques de haut niveau.

Fred Testot, le second couteau d’Omar Sy, se montre particulièrement convaincant dans un rôle tout en retenue et en intériorité ou il dévoile une part de fragilité, de doute et de mal être que la majorité des gens se refuse à voir.

A ses cotés, tout le monde joue juste avec une galerie séduisante de trentenaires paumés mal à leur aise dans leurs aspirations artistiques frustrées : musique ou écriture avec la petite touche israélite en plus pour Ary « Monsieur too much » Abitan.

Les clichés certes abondent, notamment sur les Brésiliennes (jolies filles, danse, travestis) mais toujours dans un esprit de bonne humeur.

Lemort réussit donc son pari, aborder avec tact et légèreté un sujet apparemment délicat et éprouvant : la dépression nerveuse en proposant de vrais axes de réflexion autour de l’amitié comme socle de résistance face à l’isolement de l’individu dans la société moderne.

« Dépression et des potes » est donc à chaudement recommander … pour remonter le moral !

Dépression et des potes (Arnaud Lemort)
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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 09:10

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Le cinéma de Judd Apatow n’est pas connu pour faire dans la subtilité aussi savais-je ce à quoi m’attendre en visionnant « En cloque mode d’emploi ».

Sorti en 2007, « En cloque mode d’emploi » a pour base un scénario habile et pimenté narrant la rencontre fortuite dans une boite de nuit de Allison Scott (la superbe Katherine Heigl), sémillante présentatrice télévisée spécialisée dans people et de Ben Stone (Seth Rogen) jeune « geek » bedonnant partageant sa vie entre séances de fumettes et vague projet entre potes de création d’un site internet spécialisée dans le recueil d’images de stars nues.

Accompagnée de sa sœur Debbie (Leslie Mann), elle mère de deux enfants et plus ou moins bien mariée avec Pete (Paul Rudd), Allison boit plus que de raison pour fêter sa nouvelle promotion et cède aux avances du timide Ben.

Les deux font l’amour sans préservatif dans un état d’ébriété avancé.

Le lendemain c’est la descente en pente raide, et Allison s’aperçoit que sa vie active et structurée est aux antipodes de celle de Ben qui vit d’obscures aides sociales canadiennes en raison d’un accident et de vagues promesses de réussites de son site, sans trop s’en donner les moyens.

Allison termine donc ce qu’elle croit être une nuit sans lendemain, mais a quelques semaines plus tard la désagréable surprise de se trouver enceinte.

Elle fait rapidement le lien avec Ben et rappelle alors le jeune irresponsable pour lui annoncer la nouvelle.

Malgré la violence du choc et l’impact sur sa petite vie de glandeur, Ben qui se révolte d’abord décide finalement d’assumer cette paternité.

Allison et Ben  que tout oppose vont alors tenter de mieux se connaitre pour former un semblant de couple.

Chacun fréquente donc la vie de l’autre, Allison tentant de comprendre la sous culture des amis de Ben et leurs blagues débiles émises sous fumette tandis que Ben fréquente Debbie et Pete.

On découvre alors les vives tensions entre Debbie et Pete, couple qu’on pensait pourtant au premier abord idéal.

Pete mène en réalité une vie assez détachée et s’absente fréquemment en invoquant des excuses peu crédibles, aussi Debbie est elle extrêmement désabusée concernant le mariage et agressive au sujet des hommes.

Au prix de beaucoup d’efforts, Alison se met à trouver à Ben des cotés attachants tout en continuant à dissimuler tant bien que mal sa grossesse.

Mais le coté irresponsable de Ben et la fréquentation de ses amis de défonce restent malgré tout bien présents, ce qui provoque de vives tensions.

Alison découvre le changement du regard des autres sur son ventre arrondi avec de plus en plus de difficultés pour entrer en boite ou approcher des stars.

Elle et Ben accompagnent Debbie pour espionner les activités nocturnes de Pete, qui se cache en réalité pour faire des sélections fictives de baseball (!).

Après de nouvelles scènes de ménage, Pete et Ben qui ont des points communs décident de partir en virée à Las Vegas, se défoncent aux champignons, boivent, sortent dans les clubs de strip tease et vont même voir le spectacle du Cirque du Soleil dans un état d’hallucination avancée.

Mais le sentiment de culpabilité revient plus fort  et les deux hommes décident de faire face à leur vie.

Ben lit finalement les ouvrages préparatoires pour l’accouchement et de démène pour trouver un médecin asiatique qui remplace le médecin habituel de Alison.

L’accouchement a finalement lieu et Ben y joue un rôle actif.

Bien que présents, ses amis n’ont pas le cran d’y assister et restent dans la salle d’attente.

Une petite fille nait et Ben toujours fauché mais optimiste emmène Allison vivre une nouvelle vie en déménageant.

En conclusion, malgré une bonne idée de base, « En coque mode d’emploi » peine fortement à tenir la distance.

La plupart des blagues ne sont pas drôles et le ton très vulgaire voir agressif du film m’a déplu.

Le personnage de Leslie Mann est par exemple insupportable et combine de ce point de vue les pires défauts du style de Apatow.

Mal écrit, court en scénario et finalement beaucoup plus conservateur qu‘il n‘y parait puisqu‘il annonce la conversion d‘un marginal aux valeurs bourgeoises, « En coque mode d’emploi » ne tient que par sa première demi heure réellement excitante et décalée.

Il reste également la beauté solaire de Katherine Heigl, sans nul doute l’une des plus belles blondes du monde à l’heure actuelle, mais ceci demeure malgré tout bien insuffisant pour faire un grand film.

« En coque mode d’emploi » reste donc pour moi au stade de la bonne idée de départ sans réellement décoller.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 22:55

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Trois courts métrages muets et noir et blanc d’Harold Lloyd regroupés dans les bonus Dvd de « Monte là dessus ».

Le premier d’entre eux est « Never weaken » Fred Newmeyer.

Sorti en 1921, « Never weaken » relate un amour de voisins de travail entre un jeune employé de bureau (Harold Lloyd) et la secrétaire d’un kinésithérapeute (Mildred Davis).

Pour sauver sa promise sur le point d’être renvoyée en raison du manque de clientèle du cabinet, le jeune homme déploie des trésors d’imagination, allant jusqu’à engager un acrobate-contorsionniste (Mark Jones) devant faire semblant de tomber lourdement  en pleine rue avant de se rétablir quasi miraculeusement grâce aux techniques apprises dans le cabinet.

Le stratagème marche une fois et impressionne quelques badauds avant, que la vigilance d’un policier (Charles Stevenson) ne vienne bouleverser le duo bien rodé.

Perturbé, le jeune homme confond l’acrobate avec un homme réellement accidenté et le manipule atrocement ce qui  provoque un réel effet comique.

Le summum est atteint lorsqu’il renverse une substance savonneuse en pleine rue pour provoquer des chutes en pagaille et ainsi ramener une clientèle inespérée au kinésithérapeute.

Mais tous ces efforts semblent tomber à l’eau, lorsque le jeune homme surprend sa promise promettant à un homme particulièrement imposant (Roy Brooks) de l’épouser.

Désespéré, le jeune homme entreprend de se suicider mais échoue avec un mélange de lâcheté et de maladresse en utilisant le poison, un stylet ou une arme à feu, qui relié à un invraisemblable mécanisme de déclenchement aboutit simplement à l’envoyer en équilibre instable sur une chaise sur un immeuble en construction.

On retrouve alors la folle virtuosité de Lloyd dans des scènes d’acrobatie à couper le souffle le long des poutrelles d’un gratte ciel.

Tout se finit pourtant bien lorsque le jeune homme finalement arrivé à terre sans encombre, comprend que l’homme qu’il avait pris pour le fiancé de la belle, était en fait le prêtre, convoqué pour leur propre mariage !

Dans « An eastern westerner » réalisé en 1920 par Hal Roach, Lloyd joue un fils de bonne famille turbulent envoyé  par son père dans une petite ville de l’Ouest américain pour apprendre la vie à la dure.

Dans la ville en question, le jeune homme découvre des caricatures de rudes cow-boys et une terreur locale, Tiger Lip Tompkins (Noah Young) chef d’une bande d’anges masqués régnant en maitre sur la ville.

Après une hilarante partie de poker, ou le jeune homme tente de duper à ses dépens les cow boys en lisant dans leur jeu, vient la confrontation inéluctable avec Tompkins, pour libérer une jeune femme (Mildred Davis) et son père enlevé de force à son père par la brute.

Plus malin que son adversaire, le jeune homme parvient à libérer le père mais doit ensuite échapper à tout un gang d’effrayant cow boys masqués.

Avec un mélange de ruse, d’adresse mais aussi de chance, il y parvient et se rapproche de la belle avec qui il peut filer le parfait amour.

On replonge encore plus loin dans l’histoire avec « Ask father » réalisé par Harold Lloyd lui-même en 1919.

En une grosse dizaine de minutes, un jeune homme épris d’une belle jeune femme doit affronter de dures épreuve pour demander à son père, un magnat de l’industrie, la main de sa fille.

Il devra lutter contre de robustes gardes, un grand et un nain, une dizaine d’employés agressifs et les multiples pièges disposés par l’industriel pour évacuer les importuns : tapis roulant ou trappe sournoise.

Lorsque après avoir endossé une pluie de coups, s’être déguisé en femme, pris une arme à feu et avoir revêtu une armure de chevalier, le jeune homme parvient à approcher l’industriel, il apprend que la fille est mariée, la déception est immense.

Mais une jolie secrétaire rencontrée par hasard dans les bureaux, (Mildred Davis) va constituer la révélation tant attendue.

En conclusion, ces petits films muets bien que réalisés sur des durées comprises entre quinze et trente minutes, n’en demeurent pas moins des petits bijoux de comique muet burlesque, rendant hommage à l’incroyable talent d’Harold Lloyd.

« Never weaken » est sans nul doute le plus consistant et contient une large palette de situations comiques ainsi que la traditionnel séance de haute voltige, qui ne laissera personne de normalement constitué de marbre.

« An eastern westerner » est malgré quelques scènes savoureuses et exotiques, un cran en dessous, quand à « Ask father » il est absolument hilarant et délirant malgré son format ultra court.

Difficile donc de bouder son plaisir et de ne pas s’émerveiller devant cet alléchant bonus, qui présente ici une réelle plus value par rapport aux films les plus connus de l’acteur !

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:08

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En 1930 sort « A la hauteur » de Clyde Bruckman avec toujours la star du burlesque Harold Lloyd, mais cette fois la technique a progressé et le film est parlant.

Dans « A la hauteur », Harold Horn (Harold Lloyd) est un petit vendeur de chaussures pour femmes qui en raison d’un manque de confiance en lui a bien du mal à satisfaire ses objectifs face à une clientèle féminine parfois difficile.

Un jour la chance lui sourit puisqu’il intervient pour secourir une belle jeune femme en détresse, Barbara (Barbara Kent) aux prises avec un chauffard brutal et injurieux.

Malgré sa condition chétive, Harold parvient à faire illusion et à offrir une retraite honorable à la belle jeune femme qui lui laisse l’adresse d’un club ou la trouver.

Même si il se fait ensuite démolir après par le rustre, Harold a été touché par l’amour et entreprend de prendre sa vie en mains en suivant un stage destiné à lui faire prendre confiance en lui.

Après quelques cours, Harold nanti d’un moral artificiellement regonflé, se rend dans le club huppé que fréquente Barbara pour tester ses nouvelles aptitudes.

Sans invitation, il passe les contrôles au culot, en donnant un faux nom et en faisant preuve d’une assurance exagérée qui le rend particulièrement drôle.

Après avoir choqué un ou deux notables en confondant un cheval et une femme du monde, Harold retrouve Barbara qui lui présente son patron John Quincy Tanner (Robert Mc Wade) lui-même directeur d’une fabrique de chaussures.

Comme souvent, Harold enjolive la réalité en se faisant passer lui-même pour un magnat du monde de la chaussure en cuir et est de surcroit aidé par une Barbara reconnaissante en son sauveur de l’altercation.

De quiproquo en quiproquo, Harold se tire honorablement de la situation et s’attire la sympathie de Tanner qui voit en lui un confrère et égal.

Les choses se gâtent lorsque la  robuste femme de Tanner (Lillian Leighton), se rend elle-même dans le magasin d’Harold pour acheter une paire de chaussure.

Déstabilisé, Harold commet maladresses sur maladresses, humilie la grosse dame susceptible qui fait un scandale dans le magasin.

Lorsqu’il se rend à l’embarquement d’un paquebot pour dire au revoir à Barbara qui part avec son patron pour une croisière, Harold se trouve malgré lui invité à embarquer et très mal à l’aise devant Madame Tanner, qui semble le reconnaitre sans le nommer expressément.

Sans cabine et sans argent, la vie à bord du paquebot est un enfer et Harold doit déployer des trésors d’imagination pour dormir ou manger, comme par exemple dans cette scène fantastique ou affamé, il manœuvre Barbara pour prendre un petit déjeuner, ou lorsqu’il s’arrange pour récupérer un costume chic à un homme victime du mal de mer.

L’autre activité principale de Harold est de tenter de faire disparaitre du bateau tous les journaux relatant son processus d’acquisition de confiance en lui pour doubler son salaire hebdomadaire dérisoire.

Bien sur Harold croise régulièrement un marin stupide, Tanner et Barbara, ce qui ne fait que donner davantage de piment à ses contorsions acrobatiques sur le paquebot.

Mais la chance finit par tourner lorsqu’il est découvert dormant sur le pont, quand Madame Tanner reconnait en lui le minable vendeur de chaussure et quand Monsieur Tanner, excédé par une erreur de Barbara qui devait transmettre un courrier à ses bureaux pour la réponse à un appel d’offres de l’armée, lui reproche ses grands slogans pompeux appris en cours.

Piqué au vif par Tanner, Harold lui promet sans savoir comment qu’il acheminera le précieux courrier à Los Angeles avant le lendemain midi puis se cache dans des sacs postaux pour échapper aux marins à ses trousses.

Le sac postal est acheminé par avion jusqu’à Los Angeles et Harold se réveille donc sur un échaudage situé à flanc d’un immense gratte ciel !

Commence alors une nouvelle séquence hallucinante digne de « Monte là-dessus » ou Harold va se débattre à une hauteur vertigineuse contre un échafaudage mobile à l’équilibre précaire, des cordes, rideaux, planches et autre tuyau d’arrosage auxquels ils se raccroche désespérément pour éviter la chute fatale.

Après moultes péripéties, Harold se sort de ce piège infernal et parvient à acheminer le précieux courrier en temps et en heure, ce qui lui vaut l’admiration de Tanner qui le nomme directeur d’une agence de la cote ouest !

En conclusion, malgré des débuts un peu lents, « A la hauteur » se révèle incroyable film burlesque, encore plus fou, inventif et débridé que le pourtant déjà très bon « Monte là-dessus ».

Que ce soit sur le paquebot ou sur l’interminable scène de l’ascension gratte-ciel, le spectateur se régale, s’émerveillant de toutes les surprises et les trouvailles audacieuses de cet acteur doté d’un véritable génie comique aussi bien visuel que à présent parlant.

On ne peut donc que recommander ce monument du cinéma burlesque tout érigé à la gloire de Lloyd !

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