Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 21:05

Big_Lewoski.jpg

4

 

Il y a à n’en pas douter un véritable buzz autour de « The big Lebowski » de Joël et Nathan Coen car à sa sortie en salle en 1998, le film ne rencontra que peu de succès mais devint au fil du temps une référence que d’aucuns considèrent comme culte.

J’ai pour ma part découvert « The big Lebowski » il y a une dizaine d’années durant mes années étudiante et l’ai longtemps apprécié.

Aujourd’hui il faut reconnaître qu’aimer les frères Cohen est le signe distinctif d’une certaine intelligentsia aimant à se reconnaître entre milieu intello-branchés adeptes d’un humour subtil centré sur l’absurde et l’auto dérision.

« The big Lewoski » est une histoire complètement farfelue de quiproquo, ou un glandeur has been sympathique surnommé le Duc (un Jeff Bridges hirsute et avachi méconnaissable) est pris par deux gangsters pour son homonyme le milliardaire paralytique Jeffrey Lebowski (David Huddleston).

Les gangsters tabassent le pauvre Duc et urinent sur son tapis ce qui choque notre looser qui décide d’aller demander réparation à son homonyme.

S’ensuit alors une succession d’intrigues alambiquées et délirantes, ou le Duc est chargé par le milliardaire acariâtre de verser une rançon pour libérer son ex femme détenue par des mystérieux ravisseurs allemands.

Pris malgré lui dans un tourbillon de folles aventures ou il rencontre un vieux cow boy philosophe, un pornographe, un gamin voleur, des flics hargneux et d’ex musiciens de techno pop allemand devenus de ridicules terroristes nihilistes, le Duc va entraîner avec lui ses deux amis de toujours, le fragile surfeur chevelu Donny (Steve Buscemi) et le baléze Walter Sobchack (John Goodman) ancien du Viet-Nam complètement obnubilé par des délires fascisant de persécution.

On le voit « The big Lebowski » n’est pas un film à prendre au premier degré mais plutôt comme un voyage au pays du rire et de l’absurde parsemé d’étonnantes scènes visuelles et sonores comme lors d’évanouissements de notre héros ou de formidables joutes de bowling face au redoutable latin lover pédéraste Jesus Quintana (John Turturro).

Derrière l’humour et la maestria de la réalisation, « The big Lebowski » constitue également la célébration d’un anti héros, antithèse parfaite du rêve américain qui ne révère que les gagneurs bourreaux de travail à la Rocky Balboa.

En mettant en lumière un quadra chômeur, grassouillet, paresseux, adepte de rock, de fumette, de picole et de bonne parties de bowling avec ses amis décalés, les frères Cohen montrent qu’une autre forme de vie axée sur une rébellion douce est également possible et qu’il n’est nul besoin d’adhérer aux normes d’une société décrétant que avoir un bon job, une femme et une famille constitue la seule voie de bonheur possible.

On peut aussi voir « The big Lebowski » comme la démonstration que même un nihiliste marginal peut aussi se retrouver par la force des choses contraint à l’action au sein d’une société qu’il abhorre.

C’est à n’en pas douter cette alliance de la forme plaisante incarnée par des acteurs brillantissimes et du fond intéressant qui confèrent à ce film une aura « culte ».

Dommage simplement que l’histoire ne soit au final que bien anecdotique et cafouilleuse.

Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 16:17

Desproges.jpg1

 

Une de mes connaissances, grande admiratrice de Pierre Desproges m’a prêté « Chroniques de la haine ordinaire II » .

J’ai gardé le livre chez moi prêt d’un an avant de me décider finalement à le lire.

Pour les plus jeunes d’entre nous, le nom de Desproges ne dira pas sans doute pas grand chose tant l’humoriste à l’instar de Thierry Le luron est aujourd’hui quelque peu tombé dans un relatif oubli.

« Chroniques de la haine ordinaire II » est le deuxième volet d’une compilation de billets d’humeur radiophoniques que réalisait quotidiennement Desproges sur France Inter durant l’année 1986.

Dans un style très littéraire peut être trop par moment, Desproges s’attaque avec un ton féroce, sarcastique et bien souvent absurde aux cibles « people » de son époque, les Grimaldi, Rika Zarai, Chantale Goya et plus étonnamment le groupe Indochine.

On trouvera l’humoriste un peu facile dans cet exercice mais les billets d’humeur tournent également autour de sujets plus généraux comme la politique, les média, les jeunes (qu’il abhorre) ou le cancer (dont il sera lui même victime en 1988).

L’humour de Desproges se caractérise par un sens prononcé de la provocation et une extrême habileté à manier la langue française ce qui l’autorisera à réaliser un nombre impressionnants de détournements et de jeux de mots.

Elitiste, Desproges déteste le bas peuple qui sort l’été, les sportifs, les rockers et va même jusqu’à rire de ses propres fans en se moquant de leurs lettres d’admiration qu’il lit et tourne en dérision à l’antenne.

Le jazz, le sexe et le bon vin trouvent en revanche toujours grâce à ses yeux.

Pour toutes ses raisons, on qualifiera souvent l’humour de Desproges de « fin » voir « intellectuel » et il est clair que son public était plutôt composé d’intellectuels que de masses populaires.

Pour ma part, je n’ai étonnamment pas apprécié ce livre, décelant sans doute trop nettement le désespoir d’un homme rongé par la maladie derrière le ton corrosif et cynique.

Le style trop littéraire et sophistiqué de Desproges nuit pour moi à la spontanéité et à la fraîcheur de son humour.

De plus la plupart des références ancrées dans les années 80 donnent un coté fort daté à cet humour très en prise avec l’actualité de son époque car en effet qui rirait aujourd’hui de blagues à répétitions sur le syndicaliste Henri Krasucki ?

Le Luron, Desproges, Balavoine, Dalida, Coluche, autant de références françaises à des années qu'il serait temps de dépasser aujourd’hui.

Aujourd’hui on pourrait penser que Stéphane Guillon voir Didier Porte eux aussi chroniqueurs à France Inter officient dans un créneau assez proche de celui de Desproges.


Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 21:13

Scout.jpg

4

 

Que faisiez vous en 1985 ? Moi je n’étais pas bien grand mais je garde néanmoins de bons souvenirs des films français de cette époque.

Bien que n’ayant jamais été scout moi même, « Scout toujours » de et avec Gérard Jugnot appartient à cette catégorie de films que j’aime à revoir avec plaisir.

L’histoire se déroule en 1965, lorsqu’un jeune comptable nommé Jean-Baptiste Foucret (Gérard Jugnot ) accepte de faire un remplacement pour encadrer une troupe de jeunes scouts durant l ‘été.

Jean-Baptiste ne sait pas que ces scouts sont d’insupportables garnements et qu’ils se sont débarrassés de leur ancien chef jugé trop militariste en lui tendant un piége pour le faire tomber dans une bouche d’égout.

Totalement novice, écrasé par un passé trop lourd pour lui puisque son père, ancien résistant était un des fondateurs du mouvement, le jeune homme couvé par sa mère à trente quatre ans va alors se retrouver jetée dans la cage aux lions et vivre un terrible enfer.

En réalité le film est une succession de gags jouissifs quelques fois énormes ou un trentenaire attardé pétri de bon sentiments se trouve dépassé par les manigances d’enfants machiavéliques sentant tout de suite sa faiblesse et son manque d’assurance.

Vols, incendie d’un bus, fréquentation de gitans et de prostituées composeront donc le quotidien des vacances du pauvre Jean-Baptiste.

Pourtant malgré l’humour décapant et les situations d’un comique souvent irrésistible, le film parvient en filigrame à être quelque fois plus grave comme lors de l’évocation des fantasmes pédophiles de Georges (Jean-Claude Leguay )  l’adjoint de Jean-Baptiste ou d’une certaine solidarité lorsque l’un des enfants est mordu par un serpent.

Pour avoir connu quelques amis ayant été scouts, je peux confirmer le coté livré à soi même et sauvage de cette expérience avec des adultes sensés encadrer les jeunes et eux même souvent complètement largués.

En conclusion, bien que mineure, « Scout toujours » est une comédie formidablement réussie, féroce, drôle et rythmée comme savait si bien le faire la bande du Splendid à l’époque.

Aujourd’hui, Gerard Jugnot continue d’une certaine manière à travailler dans la veine enfantine avec « Monsieur Batignolles » ou « Les choristes » mais en ayant supprimé le coté humoristique des débuts qui rendait il faut bien le dire ce type de film si léger absolument irrésistibles et sources de bien des soirées familiales réussies.


Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 16:00

3babascool.jpg
Encore un petit clin d’œil au cinéma français des années 80 et à la troupe du Splendid avec « Les Babas Cool » ou « Quand tu sera débloqué, fais moi signe » de François Letterier sorti en 1981.

L’histoire est on ne peut plus simple, alors qu’il fait route pour remonter à Paris, Antoine Bonfils (Christian Clavier)  un jeune cadre commercial tombe en panne en pleine campagne provençale et fait la connaissance de Aline (Marie-Anne Chazel) , belle jeune femme membre d’une communauté hippie vivant en autarcie quasi complète.

Antoine comprend vite tout l’avantage qu’il peut tirer de cette ambiance de totale liberté sexuelle et en profite pour coucher avec Aline et séjourner quelques jours dans la communauté.

Son escapade terminée il remonte à Paris mais comprend que sa femme a découvert le pot au rose ce qui provoque une séparation.

Les vacances d’été arrivant, Antoine décide de redescendre dans la communauté hippie pour retrouver Aline mais à sa grande surprise, une fois sur place, il découvre la totalité des membres de la communauté.

Le coté humoristique du film repose entièrement sur le décalage entre une communauté d’illuminés vivant hors du temps et Antoine, parisien hypocrite qui n’est venu ici que pour profiter de l’ouverture …d’esprit des femmes hippies.

La communauté est dirigée par Blaise (Philippe Léotard), qui se veut un grand auteur, un intellectuel et crée des pièces de théâtre «engagées » qu’il joue devant des villageois des campagnes environnantes.

Adepte de l’hindouisme, Alexandra (Anémone) est une douce-dingue qui vit dans son monde composé de prières, de privations et ne rêve que de grand départ à Katmandou.

Gilles (Martin Lamotte) est un  activiste politique, éleveur de chèvre qui servira de guide à Antoine pour décrypter les codes de la communauté.

Jean-Pierre (Philippe Bruneau) et Marie Jo (Claire Magnin) forment un hilarant un couple libéral partouzeur multi ethnique qui se chamaille autour de l’éducation de leur affreux petit garçon Olivier (Mathieu Ortolan).

Quand Aline revient dans la communauté elle n’est pas seule mais accompagné de Francis (Patrick Fierry) un grand et beau guitariste dont elle semble très éprise ce qui contrarie tous les plans d’Antoine qui va tout faire pour évincer son rival et regagner Aline.

On prend un grand plaisir à voir la satire des us et coutumes des hippies, entre leurs productions artisanales vendues sur les marchés, leur pièces de théâtre ringardes, leur manifestations engagées ou ils ramassent des coups et surtout leur pseudo liberté sexuelle qui aboutit en réalité à d’interminables conflits et crises de jalousie.

Je dois avouer surtout avoir eu un faible pour Philippe Bruneau, grand couillon moustachu sans autorité se faisant rabrouer en permanence par sa propre femme et son affreux mouflet, Anémone hilarante en godiche new age, et les manœuvres faux culs d’Antoine pour éliminer un rival plus beau et plus artiste que lui.

En conclusion, « Les Babas Cool » est un savoureux film de bande aux répliques hilarantes et acérées nées de la plume de Martin Lamotte et de Philippe Bruneau.

Meme si moins rythmé ou percutant que « Les bronzés » ou que « Le père Noël est une ordure » , ce film recèle néanmoins l’humour satirique propre à la troupe du Splendid.

Il faut dire également que au début des années 80 le mouvement hippie s’était considérablement essoufflé et que le terrain était tout à fait propice à la moquerie autour de quelques illuminés éleveurs de chèvres.

« Les Babas cool » est un film à regarder dans un déluge de rires en famille un soir d’été en vacance dans le Sud autour d’une bonne grillade en dégustant un pastis frais.

Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 19:10

Viens_chez_moi.jpg3

 

Etant donné le fait que je ne suis pas un grand amateur du cinéma franchouillard, certains pourront être surpris de trouver dans ces colonnes une chronique de « Viens chez moi j’habite chez une copine » film français de Patrice Leconte sorti en 1981.

Malgré cet a priori négatif je fais une exception pour la période des comédies de la troupe du théâtre du Splendid dans les années 80.

En effet, cette génération dorée composée de Michel Blanc, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Anémone, Marie Anne Chazel et Bernard Lhermitte, savait à l’époque écrire des comédies jouissives sur fond de satire sociale ou transparaissaient un humour décapant, une ironie mordante superbement mis en valeur par des dialogues aussi ciselés que percutants rodés par des années de répétition en café théâtre.

« Viens chez moi j’habite chez une copine » rentre tout à fait dans ce moule.

Leconte raconte l’histoire de Guy (Michel Blanc), looser professionnel, dragueur pathétique mais doté de redoutables facultés de parasite lorsqu’il s’agit de trouver un hébergement chez ses amis Daniel (Bernard Giraudeau)  et Françoise (Thérèse Liotard) qui habitent un petit deux pièces à Paris.

Chômeur de longue durée et dragueur compulsif, Guy va rapidement envahir la vie de ses amis, profitant de leur générosité pour leur imposer son rythme de vie et ses nombreuses conquêtes d’un soir.

Le couple ne voit pas le danger venir et Daniel parvient même à faire embaucher Guy dans son entreprise de déménagement.

Affublé d’un petit homme chétif, feignant, geignard mais surtout combinard, Daniel va s’enferrer progressivement dans des difficultés insurmontables mettant son travail et son couple en péril.

En conclusion, « Viens chez moi j’habite chez une copine » est un buddy movie, un film de potes à la française reposant sur l’antagoniste supposé entre les deux héros principaux.

On peut quelquefois penser à « Marche à l’ombre » avec Giraudeau à la place de Lanvin dans le rôle du beau brun viril vampirisé par le petit chauve pleurnichard malin qui joue sur le coté affectif que doit provoquer sa prétendue faiblesse.

Les dialogues sont de grande qualité, les situations souvent hilarantes le summum étant atteint lorsque Guy ramène Adrienne (l’excellente Anémone) , une écuyère de cirque godiche et partouzeuse qui sème la zizanie dans le ménage de Daniel.

Il règne également pour moi une certaine nostalgie sur ces films et cette époque, avec les bagnoles des années 80, les bandes sons vieillissantes de Renaud et cette génération d’acteurs sympathiques, proches des gens, qui avaient l’age de mon oncle disparu depuis.

Mais ce petit pincement au cœur n’empêche pas de goûter avec plaisir à ce film toujours sympathique à regarder.

Aujourd’hui le cinéma français produit toujours des comédies de ce type au kilomètre avec Kad Merad, Dany Boon ou Benoit Poelvoorde mais ces films demeurent pour moi incapables de restituer des dialogues de  ce niveau de qualité véhiculant ce type d’humour acerbe que j’affectionne tant.

Et puis entre nous, on en a tous plus ou moins connu des Guy, des bras cassés de l’existence … Traversant les époques ils pulluleront à jamais dans nos vies.


Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 21:12


1.gifLe_mac.jpg
Une fois n’est pas coutume, chronique d’un film français dans ces colonnes, et une comédie de surcroît avec « Le Mac » de Pascal Bourdiaux.

L’histoire est simplissime, Gilbert Chapelle (José Garcia), comptable dans une banque est obligé par la police de remplacer son frère jumeau, Ace, caïd et maquereau du milieu marseillais, qui a disparu dans la nature suite à une problème avec son chef le mafioso Thiego Mendes (Gilbert Melki).

En réalité Ace était un indicateur et travaillait pour la police et les policiers ont besoin d’un remplaçant pour piéger Mendes.

Tout le film repose donc sur le décalage entre le timide et emprunté Chapelle et le personnage de dur à cuir hâbleur, vulgaire et brutal qu’il est obligé d’incarner pour devenir crédible dans le milieu.

Chapelle doit surveiller son commerce de prostituées, gérer ses hommes de mains, deux gros bras aussi violents que stupides et de contrôler Franky le bras droit de Mendés qui le soupçonne de travailler pour la police.

Bien entendu s’ensuivent mille péripéties plus ou moins drôles  avant la confrontation entre les deux jumeaux …

En conclusion, « Le Mac » est typiquement le genre de film à la Luc Besson, qu’on pourrait regarder le dimanche soir sur TF1 en mettant son cerveau en sommeil.

Tout repose sur l'abattage phénoménal de José Garcia, acteur éminemment sympathique et talentueux, qui ne peut pas faire non plus un film à lui tout seul.

Le divertissement est bon enfant ..mais les gags manquent cruellement de tranchant.

On restera toutefois bouche bée devant la beauté de la franco-colombienne Catalina Denis (Luna) , dont le physique surnaturel ne saurait faire oublier le manque de jeu.

Action, humour, jolies filles et soleil marseillais … forment un cocktail trop facile utilisé mille fois depuis le succès du premier Taxi.

On préférera José Garcia dans « Extension du domaine de la lutte » ou dans « Le Couperet » ou Gilbert Melki dans « Le tueur » et attendra la rediffusion de ce film sur TF1.

Nota Bene : preuve que les producteurs ne risquent pas la méningite, le même film sortira la semaine prochaine sous un autre titre « Le coursier » avec Mickael Youn.

Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens