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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 22:51

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Alors que tous les spécialistes de l’économie et de la politique ne cessent de seriner que l’avenir du monde sera chinois, j’ai souhaité me plonger dans une petite partie de la vaste histoire de ce pays avec « La longue marche » de Sun Shuyun.

Shuyun,  journaliste chinoise travaillant pour la BBC à Londres, a en effet décidé en 2006 à savoir la vérité sur un épisode magnifié du règne de Mao Zedong, à savoir la longue retraite de l’armée rouge qui en 1934 partit du Jiangxi ou elle avait tenté d’établir d’une base pour fuir la terrible répression des forces nationalistes de Tchang-Kai-Check.

Tenace, la journaliste a tenu a effectuer elle-même l’harassant parcours à travers la Chine pour voir les lieux des combats et surtout recueillir les témoignages des survivants comme Wang, femme en charge du recrutement et de la propagande,  Huang simple soldat, Chen infirmier ou Zhong opérateur radio.

A la tête d’une armée de 120 000 hommes, Mao Zedong dominé militairement par son rival aux troupes mieux équipées et mieux entrainées, tente de faire la jonction aves les autres forces communistes du Nord commandées par de Zhang Guotao.

Cette terrible épreuve va contraindre l’armée rouge à parcourir des zones hostiles très montagneuses ou arides, à survivre aux offensives des forces nationalistes, à celles des seigneurs locaux qui leurs sont opposés mais également aux embuscades des populations locales excédées par cette présence les privant de leurs ressources.

Décimés par les maladies, le froid, la faim et les multiples combats, seuls 20 000 hommes survirèrent à cette terrible épreuve.

Mais au cours de cette épreuve, Mao va affirmer son ascendant politique au sein du Parti Communiste Chinois, éliminant ses rivaux en déclenchant de gigantesques purges au sein de son propre camps.

Stratège retors, chef militaire brutal et impitoyable, Mao va également se montrer un génial communicant en créant de véritables réseaux de propagande destinés à enrôler et fanatiser des populations rurales souvent misérables afin de reconstituer ses troupes.

Ses coups de maitre vont surtout être politiques en jouant sur la peur qu’inspirait le Japon principal agresseur de la Chine et en devenant le principal correspondant du Kominterm Soviétique, pilotant à distance l’insurrection communiste chinoise et surtout l’approvisionnement massivement en armes tandis que le camps occidental (américains, anglais) approvisionnait les nationalistes.

Le lecteur suit donc le périple de la journaliste à travers les régions de Guizhou, du Sichuan, du Tibet ou du Shaanxi, qui découvre avec stupeur la vérité sur le mythe qui a été enseigné aux Chinois pendant des décennies.

Elle apprend que les massacres et les désertions ont été nombreuses, que le déroulement des batailles a été enjolivé pour ne retenir que de magnifiques victoires vantant l’héroïsme et le sens du sacrifice des soldats rouges.

Quelques étrangers se trouvent mêlés par hasard à cette incroyable aventure comme le missionnaire suisse chrétien Bosshardt pris en otage par l’armée rouge et avec laquelle il sympathisa au fil de sa captivité ou Snow, journaliste américain fasciné par la Chine qui publia un best seller mondial assurant une notoriété mondiale inespérée à Mao Zedong.

Au final, le leader communiste prendra après la jonction des armées du Nord et du Sud, l’ascendant  sur son rival Zhang Guotao en l’exposant volontairement aux troupes nationalistes et aura également le dernier mot sur Tchang Kei Check, en profitant de sa capture inespérée par un jeune et ambitieux seigneur de la guerre qu’il manipulera par la suite.

Au final, « La longue marche » est un livre très intéressant racontant une aventure qu’on peut qualifier de surhumaine puisqu’elle décimera près de 85% de ses participants.

Shuyun exalte le courage de ses héros habités par un idéal plus fort que tous les obstacles tout en montrant la face sombre de l’épopée avec les basses manœuvres politico-militaires de Mao Zedong, tueur froid et manipulateur hors pair aux contraires de ses rivaux aux vues politiques plus limitées.

Son analyse sur le rôle des femmes au sein de l’armée rouge est particulièrement intéressante et montre que celles-ci s’engageaient pour leur condition d’esclaves,  devenaient de véritables soldats fanatisés prêtes à combattre et se sacrifier pour la cause communiste.

Issu d’un brillant et minutieux travail de journaliste, « La longue marche » fascine par son coté épique, dur, sanglant, extrême, mais également par l’exotisme du récit de son périple à travers l’immense territoire de la Chine.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:50

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Napoléon assurément l’homme d’état français sur lequel ont été écrit le plus de livres tant le fascination qu’exerce ce personnage hors normes a traversé les siècles.

« Napoléon ou les grands moments d‘un destin » de Jean Tulard propose une approche différente de ses confrères en insistant sur les moments les plus importants de la carrière du conquérant ou celui-ci eut des choix décisifs à prendre pour l’accomplissement de sa destinée et de celle de sa France.

Ce processus narratif a donc l’avantage de présenter une forme allégée par rapport aux volumineux ouvrages d’un André Castellot ou d’un Max Gallo.

On retrouve néanmoins les principaux faits saillants de la carrière de Bonaparte, avec une jeunesse de déraciné corse à l’école militaire de Brienne (Champagne Ardenne) et la volonté de jouer un rôle dans la destinée chaotique de son ile natale tiraillée entre occupation française, génoise et désir d’indépendance inspirée par le leader de l’époque Pascal Paoli.

Même Bonaparte est dans un premier temps attiré par le charisme de Paoli, il se détache par la suite de cette volonté d’indépendance quand il apprend les liens de celui-ci avec l’Angleterre.

Lors de la période troublée des années de la Révolution Française ou le gouvernement de la Convention doit faire face aux armées coalisées européenne, Napoléon alors capitaine d’artillerie s’illustre brillamment à Toulon qu’il délivre d’une occupation anglaise en 1793.

Ses dons de stratège militaire ne tardent pas à la faire monter jusqu’au grade de général à vingt sept ans.

A Paris, il rencontre Joséphine de Beauharnais, fille d’un noble colon martiniquais et est subjugué par cette femme élégante et plus âgée que lui qui l’introduit dans les cercles politiques.

Napoléon et Joséphine se marient en 1796, et les deux époux nourriront une intense passion malgré les trahisons de Joséphine lors de ses expéditions militaires et l’infertilité de cette union, principalement due à une ménopause précoce.

Alors que sa carrière stagne dangereusement à Paris, le sauvetage de la Convention qu’il effectue pour éviter le coup d’état du 13 Vendémiaire des forces royalistes le remet en grâce et lui permet de commander une armée partie combattre les Autrichiens en Italie.

Les brillants succès militaires qu’il remporte font de lui un homme fort au sein du Directoire, très affaibli politiquement.

Transformant l’hasardeuse campagne d’Egypte ou la peste décime ses troupes en victoire par le biais d’une propagande habile, Napoléon revient à Paris et réalise un coup d’état le 18 brumaire 1799 ou il se nomme premier consul de France.

Napoléon fait modifier la constitution en faisant adopter un nouveau code civil à la France qui restera comme le socle du droit français.

S’appuyant sur Talleyrand (Ministre des Relations extérieures) et Fouché (ministre de la Police),  Napoléon fait de Paris le centre administratif de toute la France et instaure un système de préfets de région, de conseillers généraux et maire pour assoir son autorité.

Il ne rétablit par les privilèges même pour les fonctionnaires mais créera une noblesse d’empire principalement composées de militaires et de fonctionnaires.

Si il met fin aux persécutions contre l’église, il nationalise ses biens puis fait arrêter le Pape Pie VI qui s’opposait à sa volonté de nommer lui-même les évêques.

Même si il modifia considérablement les instituions de son pays, Napoléon était surtout un conquérant rêvant de gloire et d’expansion.

Cette volonté d’expansion notamment aux colonies ou il rétablit l’esclavage, se heurte à l’Angleterre dont les navires assurent une domination commerciale sans équivalent.

La défaite de Trafalgar contre l’amiral Nelson, met fin à ses espoirs d’invasion anglaise et lui fait prendre conscience de la supériorité irréversible de son ennemi pour la maitrise des mers.

Alors Napoléon va avoir l’idée d’un blocus continental contre l’Angleterre afin de la ruiner économiquement.

Il va ainsi concentrer ses forces sur le continent et va remporter d’impressionnantes séries de victoires dont la plus célèbre sont Iéna et Austerlitz en 1805, qui lui permettront d’annexer l’Italie du Sud, la Belgique, l’Allemagne en battant les troupes Autrichiennes, Russes puis Prussiennes pourtant réputées invincibles.

Le génie militaire de Napoléon prend ainsi toute sa dimension avec sa capacité à effectuer des mouvements rapides, audacieux et imprévisibles prenant de court ses ennemis.

L’horrible bataille d’Eylau contre l’armée Russe et les lourdes pertes qui touchent les deux camps conduisent Napoléon et Alexander 1er a signer un traité de paix et de partage de l’Europe à Tilsit en 1807.

La première lourde erreur tactique de Napoléon est la sous estimation de l’Espagne qui se soulève contre une tentative d’annexion une fois que Napoléon nomme son Murat puis son frère Joseph roi.

La résistance acharnée des espagnols galvanisés par un fort sentiment nationaliste et le relief accidenté du pays obligent Napoléon a déployer de fortes troupes sur ce front ce qui permet à l’Autriche d’agresser la France sur le front de l’est.

Napoléon revient en toute hâte sur le front germanique mais est battu contre toute attente à Essling en 1809 .

Cette défaite et l’absence de descendant contraint Napoléon a répudier Joséphine pour effectuer un mariage politique avec Marie Louise, impératrice d’Autriche qui lui donnera un fils, Napoléon II.

Mais ce mariage n’empêchera en rien une puissante coalition de se former contre lui après l’échec de la campagne de Russie en 1812, ou Napoléon est vaincu plus par la conditions climatiques (le froid insupportable, la faim) et l’immensité d’un pays plus que par la qualité de l’armée russe.

Cette défaite affaiblit considérablement son pouvoir et permet à d’importantes forces coalisés Prussiennes, Russes, Autrichiennes et Anglaises de l’attaquer.

Contraint à une guerre défensive pour sauver la France, Napoléon est battu par le nombre et les efforts conjugués de ses adversaires.

Après un court exil sur l’ile d’Elbe et une tentative de retour en force en utilisant la stupide versatilité du peuple qui le préfère à Louis XVII, Napoléon est définitivement battu à Waterloo en 1815.

Sa fin misérable en déportation sur l’ile de Saint Hélène perdue dans l’océan Atlantique Sud, montre tout de même un homme combattif rédigeant des mémoires le présentant sous un jour plus humain pour la postérité.

En conclusion, « Napoléon, les grands moments d’un destin » n’est sans doute pas l’ouvrage le plus abouti sur le plus grand conquérant français mais il demeure largement suffisant pour appréhender les moments clés de son parcours.

L’homme présenté parait ainsi faillible, capable d’erreurs et de maladresses.

Sa vie privée le montre aussi sous un jour plus humain tout particulièrement dans sa jeunesse ou tourmenté et mélancolique, il se sentait quasiment comme un émigré sur le continent.

Tulard insiste souvent sur le facteur chance que Napoléon a su toujours provoquer à ses débuts avant de le perdre sur la fin mais la portée de cette théorie me parait bien limitée tant les entreprises dans lesquelles il s’était lancé furent risquées.

Bien entendu Napoléon n’était pas un ange mais plutôt un insatiable conquérant avide de pouvoirs, mais cependant certains traits de sa personnalité force le respect : son relatif isolement, ses triomphes obtenus sur les champs de bataille et non dans des bureaux au prix de contorsions politiques, ses capacités d’analyse, d’action sans limites puis enfin sa mentalité très républicaine.

Napoléon reste pour moi l’homme qui a empêché le retour de la royauté en cimentant les acquis de la Révolution et est celui qui a su défier toute l’Europe dans un rêve fou perdu d’avance.

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 15:08

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Je poursuis dans la même démarche que pour Henri IV, mon entreprise de redécouverte de l’histoire de France avec « Louis XIV » de l’historien Jean-Christophe Petitfils.

Ce monumental ouvrage de plus de 700 pages effectue une analyse minutieuse placée sous l’angle du pouvoir du règne du plus grand roi de France qui marqua de son empreinte le XVII iéme siècle.

Après la mort en 1642 du cardinal Richelieu qui gouvernait en sous main la France sous le règne du taciturne Louis XIII, le cardinal Mazarin fin politicien prend le contrôle du pays gouverné en surface par Anne d’Autriche en attendant la majorité du jeune Louis XIV.

Bien qu’intelligent et doté d’une grande force de caractère le rendant prompt à dominer dés son plus jeune age, il se montre peu assidu aux études, préférant les exercices physiques (chasse, équitation, escrime, tirs) enseignés à tout monarque.

Le premier évènement d’importance qui marque le jeune Louis est la Fronde, grand mouvement de révolte provoqué par les Grands (Nobles) pressurisés financièrement par la guerre de trente ans contre l’Espagne.

Mazarin et Anne d’Autriche doivent alors faire face au Parlement et à d’autres agitateurs comme Gaston de France oncle du roi, le prince de Conti, Louis de Bourbon dit le Grand Condé brillant chef militaire ou l’ambitieux religieux Jean-François Paul de Gondi.

Malgré les emprisonnements des principaux contestateurs des mesures fiscales prises par le pouvoir royal, le peuple de Paris instrumentalisé par les parlementaires et quelques nobles influents se soulève et oblige Mazarin à la tète d’une armée de mercenaires allemands à quitter Paris.

L'acession majorité de Louis XIV provoque un revirement et l’adhésion du général Turenne aux forces royales anti Fronde.

Présenté comme un chef militaire génial, Turenne triomphe des troupes de Condé et en 1652, Louis XIV âgé de quatorze ans peut prendre les reines du pouvoir et replacer Mazarin à Paris.

L’échec de la Fronde va enclencher le déclin inéluctable des Grands au profit de la montée en puissance du pouvoir royal.

Mazarin puis les autres principaux premiers ministres Colbert et Louvois seront les principaux instigateurs de cette transformation qui brisera l’autonomie des nobles gouvernant jusqu’alors de manière quasi autonome leurs provinces.

Ces hommes étendront leurs réseaux en nommant des fonctionnaires dévoués à leur maitres (appelés officiers) dans les provinces pour réduire le pouvoir de l’aristocratie.

Ce système de réseaux aboutira à une centralisation du pouvoir et à un renforcement de la puissance royale par le biais de ministres quasi omnipotents n’hésitant pas au passage à briser leurs rivaux et à se constituer d’immenses fortunes personnelles sur le dos de l’Etat.

Le coté positif de cet enrichissement sera le développement du mécénat qui permettra à de grands artistes comme Lully, Boileau, Molière, Racine ou Perrault plus tard les sculpteurs, peintres et architectes (Le notre, Le Brun, Carpeaux) de se développer.

Mais c’est surtout aux travers des guerres que Louis XIV se révélera.

Malgré son mariage avec Marie Thérèse d’Autriche, fille du roi d’Espagne, il poursuivra la guerre contre l’Espagne, l’Empire germanique, les Pays Bas et l’Angleterre.

Petitfils insiste longuement sur cet équilibre politique extrêmement complexe entre une Espagne déclinante, extenuée démographiquement et financièrement, dont l’immense royaume aiguisait les convoitises et la France en plein essor grâce aux brillantes réformes économiques instaurés par Colbert.

Aidé par de brillants stratège militaires comme Turenne ou par la génie de l’architecte militaire Vauban, Louis XIV remporte de nombreuses victoires, ravageant les Pays Bas et permettant à la France d’accroitre son territoire par l’acquisition de la France Comté et d’une partie de l’Alsace.

La guerre ne s’effectue pas seulement sur terre mais également dans les mers avec le développement par Colbert d’une grande marine française capable de rivaliser avec la Navy anglaise et d’entraver les prodigieux échanges commerciaux des Pays Bas pour le controle des colonies.

Seule ou presque contre toutes les nations, la France hégémonique de Louis XIV fait peur à tout l’Europe.

Grisé par ses succès, Louis XIV perd alors le sens de la mesure et se fait Roi Soleil.

Après avoir brisé Fouquet le rival de Colbert dont la richesse lui avait fait ombrage, il récupère ses bonnes idées, se fait construire le splendide château de Versailles ou s’établira une cours de courtisans entièrement dévoués à sa personne.

La propagande bat alors son plein et les artistes payés par le pouvoir royal rivalisent de servilité pour magnifier leur maitre.

Etant un souverain de droit divin et partisan du gallicanisme, Louis XIV entretient également des rapports de force avec le Pape pour affirmer son indépendance.

Sur le plan de la politique intérieure, le Roi est intraitable dés qu’on touche à l’unité du royaume.

Cette intraitabilité se manifeste par la révocation de l’édit de Nantes signé par son grand père Henri IV et part des politiques de persécutions contre les Protestants qui refusaient de se convertir au catholicisme mais aussi par l’écrasement de tous les mouvements de révoltes des paysans (Sabotiers, Croquants, Va nu Pieds) écrasés par le financement de la guerre ou par des hivers trop rudes.


Il ne sera pas plus tolérant avec les autres courant religieux comme  le jansénisme, le quiétisme ou celui des dévots du saint sacrement.

Coté cœur, Petitfils est plus discret et ne note que les principales maitresses du roi, Louis de Valliére et surtout Madame de Montespan qui restera à la cour dix ans et aura sept enfants avec le monarque.

En conclusion, « Louis XIV » est un ouvrage monumental et absolument passionnant.

Contenant une immense source d’informations issues d’un travail d’historien rigoureux, il est cependant assez difficile assimiler le plus délicat pour moi ayant été la complexité des liens de parenté entre les familles royales d’Europe et les incessants jeux d’alliances entre elles lors des conflits.

Il ressort de sa lecture des sentiments partagés autour d’un personnage mégalomane, parfois brutal quand il s’estimait menacé dans ses intérêts, désirant toujours être maitre de lui-même (même lorsqu’il est mourant ou atteint d’une fistule anale !) afin de défier les forces de la nature.

Je n’ai à vrai dire pas admiré Louis XIV mais plutôt l’efficacité de ses ministres (l'austère Colbert, le trouble Mazarin), le génie militaire d’un Turenne, celui scientifique d’un Vauban (dont les théories économiques révolutionnaires furent partiellement appliquées) puis les personnages hors du commun comme Foucault, Fénelon ou Guillaume d’Orange ennemis acharnés du Roi.

Si vous voulez tout savoir ou presque (!) de cette période hors du commun qui façonna à jamais notre pays et qui laissa des traces aussi importantes que la Révolution Française, cet ouvrage répondra à n’en pas douter à vos attentes.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 19:03

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Avec le temps je souffre de plus en plus cruellement d’un manque de connaissance de l’histoire de France, aussi pour pallier à ce manque ai-je lu « Henri IV le passionné » d’André Castelot.

Ce volumineux ouvrage divisé en vingt chapitres retrace en effet l’intégralité de la vie d’un des rois de France les plus populaire de l’histoire.

Né en 1553, descendant par son père de la dynastie des Bourbon et par sa mère des rois de Navarre, Henri avait du sang royal dans les veines.

Son enfance passée dans le Béarn chez sa mère Jeanne D‘Albret, le conduit à adopter la religion de celle-ci le protestantisme.

A cette époque la France est en effet divisée en deux par de sanglantes guerres de religions entre catholiques et protestants.

Son père Antoine est tué lors d’une de ses guerres et sa mère meurt peu après de maladie.

La famille royale, catholique, est à la mort d’Henri II stupidement tué lors d‘un tournoi, prise en main par Catherine de Médicis qui manipule dans l’ombre son fils le roi Charles IX.

Charles IX n’est pas ici présenté comme quelqu’un de stupide ou de naïf, mais sa santé exécrable (il était tuberculeux) le handicape assurément dans l’exercice de son autorité et abrège son règne.

Enfant intelligent et précoce, Henri est très tôt un actif passionné de chasse et d’exercices physiques.

Il est reçu à la cours des rois de France ou il reçoit une éducation digne d’un souverain puis marié de force à Marguerite de Valois, sœur du roi afin de pacifier les relations entre catholiques et protestants.

Le massacre des protestants lors de la Saint Barthélémy, orchestré par Catherine de Médicis allié au redoutable Duc de Guise permet d’éliminer l’amiral Coligny, huguenot trop proche du roi et relance la guerre civile dans toute la France.

Henri est alors retenu en otage à Paris mais s’obstine dans sa foi protestante.

Mari volage, il trompe régulièrement sa femme et manifeste déjà un appétit sexuel hors norme qui le conduit à multiplier les maitresses.

De son coté, sa femme réputée très belle n’est pas non en reste.

A la mort de Charles IX, Henri III, devient roi de France et nourrira durant toute la durée de son règne, des relations d’estime réciproque avec son beau frère Henri IV.

Retenu en otage, Henri IV attend patiemment son heure et supporte les humiliations avant de parvenir à s’échapper pour rejoindre son royaume de Navarre ou il jouit de puissants appuis.

Il mène alors la lutte contre les troupes catholiques de la Ligue menés par le Duc de Guise et une lutte complexe à distance contre son ennemie Catherine de Médicis.

Il est en ceci appuyé par Henri III qui menacé par les ambitions du Duc, le fait assassiner à Blois.

Henri se distingue par sa bravoure au combat, son charisme et par ses nombreuses conquêtes féminines comme Diane D’andouins.

La rébellion de sa femme Marguerite qui lève une armée pour combattre son mari et le roi, l’amène à une détention prolongée de laquelle elle ne se remettra jamais.

Le rapprochement entre les deux Henri amène, Henri IV à devenir roi de France après l’assassinant de son beau frère par un moine dément.

Mais, sa foi protestante le handicapant, Henri IV va devoir batailler ferme pour conquérir pas à pas son royaume face aux troupes des Ligueurs emmenées par Mayenne et soutenus par Philippe II d’Espagne.

Pour consolider son emprise sur la France, Henri IV accepte de se convertir au catholicisme.

Par l’édit de Nantes en 1598, il autorisera une plus grande liberté et tolérance envers les protestants.

Au cours de ses périples il s’éprend de la marquise Gabrielle d’Estrées avec qui il aura trois enfants.

Alors qu’Henri voulait l’épouser au grand damne de l‘église, sa favorite fut mystérieusement assassinée.

Mais l’homme insatiable trouvera rapidement une nouvelle passion sous la forme d’Henriette d’Entragues qui devra cohabiter avec la Florentine Marie de Médicis qu’il épouse contraint et forcé en 1600.

De ces unions naitront six enfants légitimes (dont le futur Louis XIII) et trois illégitimes qui viendront s’ajouter aux obtenus avec Gabrielle d’Estrées.

Cette femme, démoniaque et machiavélique n’aura de cesse de la manipuler dans son intérêt et celui de sa famille, alimentant un climat détestable à la cour dans sa lutte contre Marie.

Il faudra qu’elle soit compromises dans plusieurs complots visant à l’assassiner pour qu’Henri ouvre les yeux sur sa véritable nature.

Du coté de la politique, si la menace avec les Espagnols est toujours belle et bien présente et oblige le roi à une grande vigilance militaire, l’administration du pays est un véritable succès avec le concours de Sully, ministre du roi qui résorbe les dettes de l’état, combat la corruption, relance l’agriculture et allège les charges contre les paysans réduits à la misère par plusieurs années de guerre.

Si Henri IV se montre enflammé dans la chasse, la guerre ou l’amour, il est revanche bienveillant avec son peuple, d’une grande tolérance et accordant souvent son pardon à ses anciens ennemis.

Pourtant c’est une encore une fois une liaison passionnelle qui le perdra, Henri IV étant prêt à déclencher une guerre avec la famille des Habsbourg pour récupérer une de ses conquêtes féminines Charlotte de Montmorency enlevée par son mari jaloux en Belgique.

En soutenant les protestants allemands contre les Habsbourg, Henri IV  aurait assurément affaibli la puissance du catholicisme en Europe, et ses ennemis qu’ils soient espagnols ou français, utiliseront Ravaillac, un illuminé manipulé pour poignarder le souverain bien aimé de tout un peuple.

Le livre laisse donc planer derrière cet assassinat l’ombre de Marie de Médicis soutenue par l’église catholique.

En conclusion, « Henri IV, le passionné » est un livre réellement passionnant de bout en bout qui malgré la complexité des relations familiales des nobles de France, parvient à restituer l’époque et la personnalité de ce roi hors du commun.

Henri IV était en réalité un personnage surprenant et plutôt sympathique.

Volage, guerrier, mangeur, son coté bon vivant le rend humain même si sa trop grande passion des femmes le contraindra à des nombreuses folies, qu’essaiera de compenser le formidable Sully superbe contre poids intègre et rigoureux à au caractère enflammé du roi.

Mais le plus agréable chez ce roi reste pour moi sa grande ouverture d’esprit, sa tolérance religieuse, sa générosité, sa simplicité et le réel soucis qu’il avait d’améliorer la situation de son peuple.

C’est en ceci que Henri IV est pour moi un des plus grands rois de France et une figure marquante de notre histoire.

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 18:47

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En cette période délicate de commémoration des attentats du 11 Septembre 2001, j’ai décidé de regarder malgré une certaine répugnance « Vol 93 » de Peter Greengrass film sorti en 2006.

Tout le monde ou presque s’étant quelque peu intéressé à l’actualité sait que le vol 93 d’United Airlines fut le quatrième avion détourné par des pirates islamiques qui n’atteignit pas sa cible en raison d’une révolte des passagers qui aboutit à son crash.

Construit à la manière d’un documentaire laissant se dérouler en temps réel les évènements, « Vol 93 » possède un rythme lent, quelque fois irritant, qui permet d’instaurer de manière progressive le drame final.

La première partie du film se déroule en effet surtout dans le centre de contrôle de la Federal Administration Aviation, principale autorité régulatrices des vols civils du territoire américain, qui vit en direct les détournements des deux premiers Boeing 767 qui viendront s’écraser sur les tours jumelles du World Trade Center.

On voit surtout des types en costards s’activant, gesticulant et répétant régulièrement leur incompréhension devant des évènements qu’ils ne peuvent ni comprendre ni maitriser.

L’impression donnée est en réalité très irritante pour le spectateur qui ne connait et ne comprend rien au jargon des contrôleurs aériens.

Tout juste s’aperçoit t il du manque de communication  entre les centres civils et le centre militaire et constate t il que les militaires paraissent eux aussi complètement dépassés par la situation.

Dans le même temps, les quatre terroristes (trois saoudiens, un libanais) ont embarqué après s’être lavés, rasés le corps et avoir effectué leur prières.

Tétanisés par le poids des actes qu’ils vont commettre, ils tardent à passer à l’action dans un status quo lui aussi bien crispant.

A l’intérieur du vol assez peu rempli, les passagers et membres de l’équipage ne semblent se douter de rien et ne lèvent même pas les yeux devant les curieux manèges des quatre hommes qui paraissent tendus, échangent de nombreux regards et se rendent fréquemment aux toilettes.

Le passage à l’acte est initié par le plus jeune et le plus fougueux d’entre eux Ahmed Al Nami (Jamie Harding) .

L’action est rapide, violente avec l’assassinat d’un passager poignardé à la gorge.

L’un des hommes montre une bombe attachée à son corps pour tenir en respect les passagers tandis que ces complices agressent les hôtesses pour pénétrer dans le cockpit et assassiner les pilotes après une lutte désordonnée.

Ziad Jarrah (Khalid Abdalla) parvient grace à ses compétences en pilotage à redresser la trajectoire de l’appareil et à le dévier de sa route pour le diriger vers Washington.

Tandis que la FAA ne peut qu’assister passivement aux événements pour finalement décréter l‘arrêt de tous les vols sur le territoire américain, l’US air force patauge, recevant finalement l’autorisation d’abattre tout avion suspect.

Mais avec quatre chasseurs non armés de bombes pour toute la cote Est, la tache parait pour le moins difficile à accomplir.

C’est finalement du coté de passagers parvenus à rentrer en contact avec la terre ferme pour s’informer des attentats contre les tours jumelles que la révolte viendra.

Après avoir émis un dernier au revoir à leurs proches, les passagers prennent finalement la décision de prendre d’assaut les pirates.

Le porteur de bombe (en réalité factice ) et son complice sont lynchés, et une horde d’hommes en furie pénètre dans le cockpit ou les deux pilotes terroristes provoquent de violentes embardées.

La lutte désespérée d’une violence animale provoque le crash de l’avion prêt de Pittsburgh et la mort de tous ses occupants.

Le film se conclut sobrement après cette froide escalade de violence.

En conclusion « Vol 93 » est un film bien entendu fort mais qui s’avère à mes yeux bien trop surestimé.

Sa construction en temps réel est laborieuse et bien confuse, avec un coté incroyablement irritant montrant des types habitués à donner des ordres comme l’insupportable Ben Sliney patron de la FAA, pédaler dans la semoule et ne pas réaliser ce qui leur arrive.

Plus grave est la position de l’armée américaine représentée comme indécise et faible devant une menace venant de l’intérieur.

Une fois l’action partie en revanche le réalisme et la barbarie des actes commis donne la nausée avec des images d’une laideur inouïe.

On ressort donc de son visionnage passablement secoué et écœuré sans avoir appris grand-chose sur la nature profonde des événements (but, motivations des terroristes, parcours personnels des passagers ?) .

 

Le choc est tellement fort qu'on ne se sent meme pas en mesure d'admirer l'héroisme bien réel des passagers.

 

Une œuvre qui fait mal au corps et à l'ame donc mais pour un résultat au final bien restreint.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 22:17

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Sorti en 1992, « JFK » d’Oliver Stone est assurément l’une des œuvres les plus impressionnantes de ce cinéaste controversé.

Gonflé, le réalisateur s’attaque cette fois ci à un mythe, à l’un des plus grands mystères du XX iéme siècle, l’assassinant du président des Etats Unis d’Amérique John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas.

Son film d’une durée de trois heures, s’appuie sur le personnage de Jim Garrison (Kevin Costner) procureur de la Nouvelle Orléans, qui par une ténacité hors du commun déterra en secret l’affaire Kennedy trois ans après pour tenter de découvrir qui étaient les commanditaires de cet assassinat.

Homme intelligent, intègre et mu par une soif de vérité inarrêtable, Garrison s’entoure d’une petite équipe d’enquêteurs fidèles comme le jeune Bill Broussard (Michael Rooker) ou le costaud Lou Ivon (Jay O Sanders).

Il s’intéresse tout d’abord à la vie opaque de Lee Oswald (Gary Oldman impressionnant ) l’assassin présumé comme solitaire par la commission Warren ayant enquêté en 1963, pour découvrir un agent double américain ayant infiltré les soviétiques avant de revenir aux États-Unis une fois sa mission accomplie en URSS.

Membre des services secrets, Oswald s’est fait passer pour un militant communiste afin d'infiltrer les milieux castristes des Etats Unis.

Il a aussi côtoyé des para militaires cubains comme David Ferrie (Joe Pesci égal à lui-même en teigne survoltée) ou un mystérieux homme d’affaire nommé Clay Shaw (Tommy Lee Jones), tous les deux liés par de même tendances homosexuelles.

Garrison est persuadé que c’est dans ce cercle para militaire en cheville avec la CIA que se situe la clé de l’énigme et que Oswald n’est qu’un bouc émissaire ayant servi à couvrir un complot d’envergure impliquant des hommes haut placés dans le gouvernement américain de l’époque.

Pour étayer sa thèse, Garrison relève les invraisemblances du dossier, comme la non prise en compte par la commission Warren des témoins oculaires qui avaient vu un deuxième foyer de tirs depuis une palissade, comme les discordances entres les blessures de Kennedy et les nombre de balle supposées tirées par Oswald.

Il reçoit aussi le témoignage d’un ancien colonel membres des forces spéciales (Donald Sutherland) qui lui indique les défaillances dans les services de protection du président à Dallas et lui révèle que Kennedy qui s’apprêtait à se désengager de la guerre du Viet Nam gênait les militaires en haut lieu.

Il agit aussi, désireux de trainer Ferrie et Shaw devant des tribunaux en utilisant le témoignage de Willy O’Keefe (Kevin Bacon) taulard homosexuel proche de Shaw, affirmant avoir entendu le groupe parler d’assassiner le président.

Mais alors que Ferrie s’apprête à craquer sous la pression il est éliminé.

L’affaire se complique quand l’enquête de Garrison est révélée au grand jour.

Il est soumis à des pressions, sa famille est menacée, son groupe explose …

Pourtant il tient bon et parvient à trainer Shaw devant la justice.

Sans charge sérieuse, sa tentative échoue pourtant non sans que le procureur ait accusé dans une longue et vibrante plaidoirie, le président des Etats Unis Lyndon Johnson d’être impliqué dans le meurtre.

Le film termine sur cet échec mais relate qu’une deuxième commission réunie en 1976 a confirmé la thèse du complot que soutenait le procureur.

En conclusion, quelle que soit la solidité de la thèse défendue par Oliver Stone, « JFK » est un film extrêmement prenant qui captive malgré la complexité de l’enquête mélangeant allégrement politiques, mafieux, agents secrets et militaires.

On suit le déroulement de l’enquête avec passion, en admirant les qualités humaine du procureur incarné par un Kevin Costner je dois l'avouer ici  impeccable en bureaucrate se sentant investi d’une mission pour le peuple américain qui le galvanise et lui fait oublier tous les obstacles.

Les autres acteurs sont évidemment tous très bons, en particulier Gary Oldman fantastique de sobriété ou Tommy Lee Jones curieusement efféminé avec une perruque frisée blanche.

Sur le fond, l’histoire fascine toujours … il y a l’incroyable violence de la scène de la fusillade avec le crane de l’homme le plus puissant du monde qui explose en direct sous l’impact et sa femme, la splendide Jacky qui tente de lui porter assistance dans un geste de magnifique dramaturgie.

Si le rôle de la Mafia est (à mon avis fort justement) minimisée, celui des politiques et des services secrets est fortement mis en avant.

Kennedy était un pacifiste, il voulait aider les plus démunis, les minorités, signer des traités de paix avec les Soviétiques, voulait se retirer de la guerre du Viet Nam et mettre la pression sur la Mafia … il dérangeait donc les plans de beaucoup d’hommes puissants qui profitaient de la situation de conflit avec le bloc communiste et avaient tout intérêt à la poursuite des programmes militaires de la guerre froide.

Les assassinats de Luther King, de son frère Bobby mais également de Oswald ou les morts mystérieuses des témoins du dossier jettent également de fortes suspicions sur la thèse d’un fou ayant agi seul.

Pour connaitre la vérité, attendre 2029 et l’ouverture des dossiers secrets de 1963 au public, serez vous présents avec moi  ?

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 19:42

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Sujet beaucoup moins plaisant a priori avec « La liste de Schindler » de Steven Spielberg.

Le cinéaste tout auréolé du colossal succès de « Jurassic Park » en 1993, réalise la même année ce film adapté d'un livre de Tom Keneally sur le sujet délicat de la Shoah.

Basé sur l’histoire (vraie) d’Oskar Schindler (Liam Neeson), industriel allemand qui sauva 1200 juifs des camps de la mort en Pologne, « La liste de Schindler » montre tout d’abord ce héros de la seconde guerre mondial comme un individu sans scrupule, prêt à profiter de la situation de pogrom contre les juifs parqués dans le ghetto de  Cracovie pour utiliser leur main d’œuvre bon marché pour ses usines de production d’émail.

Pour gagner la confiance des juifs, Schindler embauche comme comptable Itzhak Stern (Ben Kingsley) dignitaire du ghetto, afin de recruter les travailleurs qualifiés dit « essentiels » pour la production des usines allemandes.

Le film présente donc tout d’abord un arriviste, doté d’une belle prestance, membre du parti SS, fréquentant le gratin des militaires dans des soirées mondaines pour faire fructifier ses intérêts.

Puis la répression à l’encontre des juifs s’intensifie, le ghetto de Cracovie est vidé avec une brutalité inouïe et les juifs sont parqués dans un camps de travail dirigé par l’infâme capitaine Amon Goth (Ralph Fiennes) présenté comme un individu instable, dérangé, capable d’une grande cruauté et de tuer les prisonniers pour son bon plaisir sans ressentir la moindre émotion.

Subitement privé de ses ouvriers et choqué par la brutalité de la mise à sac du ghetto, Schindler va peu à peu infléchir son point de vue et proposer à Goeth de faire réimplanter son usine dans le camps afin d’essayer de protéger ses ouvriers en corrompant le capitaine avide d’alcool, de femmes et d’argent.

Même si Schindler est convoqué par la Gestapo après avoir embrassé une juive lors de sa soirée d’anniversaire, l’industriel manœuvre bien et parvient en graissant la pattes des officiers nazis à entretenir ses affaires.

Lors de la décision de déporter dans le camps d’extermination d’ Auschwitz les travailleurs afin de faire de la place, Schindler va prendre des risques considérables pour rapatrier ses 1200 ouvriers dans un camps-usine sous son contrôle.

Au moment ou il est ruiné et ou l’armée s’aperçoit que la production de son usine est inutilisable, Schindler est sauvé par l’annonce de la défaite de l’armée allemande.

Bien que à présent traqué, il donne avant de partir la liberté à ses ouvriers.

La fin du film assez émouvante, montre le pèlerinage des acteurs accompagnés des véritables personnage de cette histoire, sur la tombe de Schindler à Jérusalem.

En conclusion, « La liste de Schindler » et ses presque trois heures est un gros pavé lourd à digérer.

Peu de joie ou de légèreté dans ce film en noir et blanc reproduisant fidèlement les pénibles conditions de (sur)vie des juifs polonais de l’époque.

Certaines sont bien entendu difficilement soutenables, comme les tueries arbitraires de Goth ou les abominables séances de tri des prisonniers aux corps dénudés et squelettiques réduits à la condition de bêtes.

Seule la scène des chambres à gaz nous est assez miraculeusement épargnée.

On se demande toujours avec incrédulité comme des êtres humains peuvent faire des choses pareilles à d’autres êtres humains mais l’histoire contemporaine a montré que l’être humain avait assez peu progressé en la matière.

Bien entendu les acteurs sont épatants, en particulier Liam Neeson, monstrueux de charisme dans le plus grand rôle de sa carrière mais aussi Fiennes terrifiant de sadisme.

Spielberg a voulu son film comme puissamment éducatif, le résultat est atteint même si on en ressort finalement assez ébranlé et assez mal dans sa peau par la pénibilité du contexte.

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 18:00

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5

 

 

J’ai toujours été intéressé par les films de guerre alors quand l’un d’entre eux a pour protagonistes principaux deux de mes acteurs favoris Marlon Brando et Yul Brynner, il devient par conséquent urgent pour moi de le visionner.

C’est le cas de « Morituri » de Bernhard Wicki sorti en 1966.

L’histoire raconte le voyage en 1942 d’un navire allemand SS Indigo chargé d’amener de Tokyo a Bordeaux une précieuse cargaison de caoutchouc pour aider les troupes allemandes alors en difficulté en Europe.

Le capitaine Muller (Yul Brynner) est chargé par sa hiérarchie notamment l’amiral (Oscar Beregi) de mener à bien cette périlleuse mission.

Homme fier au tempérament indomptable, Muller accepte mal qu’on lui impose de prendre des criminels dont un opposant politique au sein de son équipage mais l’amiral lui fait comprendre que son passé d’alcoolique lors d’une attaque ayant provoqué la perte d’un de ses navires ne lui autorise pas le choix.

Muller va croiser la route de Robert Crain (Marlon Brando) déserteur de l’armée allemande contraint par les forces anglaises à embarquer sur le navire pour le détourner vers les forces alliées.

Crain lui aussi récalcitrant pour cette mission qu’il estime trop risquée, est mis au pied du mur avec une menace de livraison à la Gestapo.

De plus il est chargé de désamorcer des bombes disséminées à l’intérieur du navire destinée à le couler en dernière extrémité.

Crain accepte cette mission quasi suicide et embarque sous la fausse identité d’un agent SS.

Cette couverture lui permet d’être respecté et craint des militaires allemands à l’exception de Muller qui ne cache pas son animosité à l’égard des SS.

Le film résidera donc pratiquement entièrement entre l’affrontement entre deux hommes d’exceptions qui se livreront un jeu d’échec complexe.

Bloqué par Muller qui le consigne dans sa cabine, Crain reçoit l’appui du capitaine en second Kruse (Martin Benrath), qui est lui un authentique nazi avide d’ambition.

Il peut ainsi se déplacer dans le navire, localiser les explosifs et les désamorcer un par un même si l’entreprise est toujours très risquée.

Les aventures se succèdent avec des rebondissements truffés de toutes les incertitudes de la guerre, comme l’évitement par Muller des navires alliés en déguisant son navire, l’apparition subite d’un sous marin allemand avec à son bord l’amiral et des prisonniers comme Esther Levy (Janet Margolin) jeune femme juive née aux Etats Unis.

Lors de l’interrogatoire de Crain par l’amiral, Muller sauve la mise à son rival en raison de son acte héroïque lors de l’attaque des navires américain.

La présence de la belle Esther entretient le trouble à bord, car la jeune femme fière ayant été violée après que sa famille ait été massacrée n’a plus rien à perdre et défie les allemands comme Kruse.

Plus humain, Muller la traite avec respect et dignité ce qui déplait à Kruse.

Celui-ci provoque d’une crise d’alcoolisme de Muller après qu’il ait appris que son fils a été décoré pour avoir coulé un navire hôpital, pour le faire mettre aux arrêts et prendre le commandement.

Comprenant que sa mission a en partie échoué et qu’il ne remettra jamais la cargaison de caoutchouc aux alliés, Crain fait exploser les bombes et provoque une mutinerie générale en ayant gagné la sympathie des prisonniers politiques.

La bagarre générale éclate et coute la vie à Esther tuée d’une balle dans la tete par Kruse.

Mis à mal le navire, vacille, entrainant la mort de Kruse et la fuite de l’équipage.

Crain et Muller restent seuls après que ce dernier ait refusé de trahir son pays pour rejoindre le camp allié.

En conclusion, assez méconnu dans la monstrueuse filmographie de Brando et de Brynner, « Morituri » est pour moi un véritable chef d’œuvre de film de guerre complexe et psychologique.

Rempli de nuances, il montre que tous les allemands ne partageaient pas le fanatisme des nazis et que certains pouvaient faire preuve de noblesse d’âme.

Brynner est à vrai dire stupéfiant dans ce rôle et parvient à faire plus que le poids face à la présence magnétique d’un Marlon Brando toujours aussi séducteur.

Brando justement, est parfait dans son rôle d’agent double marchant sur le fil du rasoir et la relation entre ces deux acteurs magnifiques, véritables sex symboles de leur époque atteint de véritables sommets.

Film en noir et blanc dans des décors exotique somptueux, disposant d’un scenario riche et prenant, « Morituri » ne déçoit jamais et constitue pour moi un des meilleurs films de guerre maritime jamais réalisés.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 22:53

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3

 

 

Vous ne trouverez pas en principe de critiques dithyrambiques sur Quentin Tarantino dans ces colonnes, tant ce cinéaste surcoté et branché m’insupporte la plupart du temps.

Pourtant, poussé par un avis extérieur j’ai visionné « Inglorious basterds » parodie de film de guerre réalisée en 2009.

L’histoire fait bien entendu penser au classique « Les douze salopards » de Robert Aldrich de 1967 , avec l’envoi pendant la seconde guerre mondiale d’un commando dirigé par les anglais composé de juifs et d’allemands renégats afin de semer la terreur au sein de l’armée allemande par l’intermédiaire d’assassinats barbares ou les victimes seraient scalpées aprés avoir été atrocement torturées.

Le lieutenant  Aldo Raine (Brad Pitt) véritable brute épaisse de l’armée britannique commande donc une troupe de durs dont les membres d ’élite sont les sergents Donowitz (Eli Roth) , Hugo Stieglitz (Til Schweiger) que les coups de force font connaitre à Adolf Hitler en personne.

Ayant une taupe auprès de l’élite nazi en la personne de l‘actrice Bridget von Hammersmark (Diane Kruger), le commando parvient à savoir qu’Hitler et son état major seront à la première d’un film de propagande nazi de Goebbels diffusée dans un cinéma parisien.

Même si l’opération coute la vie au lieutenant Hicox (Michael Fassbender) démasqué par son accent et ses manières par un officier  allemand dans une mémorable scène de cave, le commando recueille assez d’informations pour pouvoir mener une action suicide afin de décapiter le III iéme Reich et par conséquent metttre fin à cette guerre sanglante.

Mais l’action du commando va se croiser malgré elle avec celle plus isolée et personnelle de Soshanna Dreyfus (Mélanie Laurent) seule rescapée d’une rafle nazi ayant décimée toute sa famille et désireuse de déclencher un incendie dans le cinéma qu’elle possède ou sera projeté le film nazi.

Tarantino joue donc astucieusement entre l’entrecroisement de ses deux histoires, entre un commando de professionnels durs à cuirs et une femme isolée, civile mais déterminée dans sa quête de vengeance.

Autour de ses lignes de forces gravitent des personnages secondaires mais indispensables à l’intrigue comme le colonel Hans Lada (Christoph Waltz) vénéneux SS traqueur de juifs que l’intelligence acérée rend redoutable ou le caporal Fredrick Zoller (Daniel Brühl), tireur d’élite propulsé héros de propagande par Goebbels dont le stupide enamourement pour Soshanna conduira assez ironiquement sa hierarchie à sa perte.

En conclusion, il ne faut jamais se dire que l’on ne changera jamais d’avis, car malgré toutes mes appréhensions « Inglorious basterds » est un film intéressant non pas sur le plan historique largement falsifié mais sur le plan de la réalisation.

Bien entendu on y retrouve les habituels défaut des films de Tarantino comme la vulgarité, l’humour noir creux et surtout cette violence démesurée que j’ai du mal à accepter.

Mais transposée dans ce cadre militaire, cette violence demeure ici presque tolérable.

Les qualités essentielles du films reposent pour moi  sur sa construction très cohérente et sur ses longues scènes d’attente ou la tension est à son comble.

On citera la fantastique scène introductive avec la rafle d’enfants juifs par Lada chez un paysan français ou celle plus classique du jeu de carte dans la taverne allemande avec ce jeu du chat et de la souris entre officier nazi et espion anglais infiltré.

Le jeu des acteurs est déjà plus discutable, Brad Pitt cabotinant comme un crétin, tandis que Christoph Waltz est impressionnant en salaud fin et racé.

Mais cessons donc de faire la fine bouche, globalement « Inglorious basterds » est un tout à fait réussi dont la maitrise et la reconstitution historique impressionnent.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:23

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2

 

Pour les gens comme moi qui n’ont qu’une connaissance superficielle et bien scolaire de l’histoire de France, le film « Danton » d’Andrezj Wajda sorti en 1983 peut de prime abord présenter un certain intérêt.

Peu en effet de fantaisie vis à vis des faits historiques dans le récit qui colle très prêt de la réalité telle que décrite dans les manuels d’école.

L’histoire prend place en 1794 alors que la Terreur instaurée par le Comité de Salut Public dirigé par le redoutable Robespierre (Wojciech Pszoniak) abat sa chape de plombs sur le peuple de Paris et ou les luttes intestines pour le pouvoir redoublent de violence au sein de la Convention.

Danton, retiré prudemment à l’écart après la fusillade du 17 juillet 1791 au Champs de Mars, revient à Paris et distille via le journaliste Camille Desmoulins (Patrice Chéreau) de terribles critiques contre le pouvoir autoritaire du Comité.

La plume acérée de Desmoulins fait en effet des ravages dans le journal le Vieux Cordelier.

Malgré de violentes fièvres, Robespierre prend la décision de faire saisir le journal et de faire arrêter ses imprimeurs.

Pourtant contre ses amis du Comité qui réclament l’arrestation et l’exécution de Danton et Desmoulins, il hésite et temporise effrayé par l’immense popularité de l’un et séduit par les qualités littéraires de l’autre.

De son coté, le truculent Danton hésite également et lassé de la violence se refuse à suivre l’avis de ses partisans qui lui intiment de prendre les armes pour faire un coup d’état.

Une rencontre a finalement lieu entre Robespierre et Danton.

Celle ci constitue le point culminant du film avec un saisissant contraste entre un Danton sanguin, prolixe et agité et un Robespierre froid, rigide et mal à l’aise.

Les deux hommes se séparent incapables de trouver un compromis.

Après une ultime tentative pour rallier Desmoulins à sa cause, Robespierre devant la menace que représente les attaques de Danton contre ses intérêts prend la décision de les faire arrêter sous le couvert de fausses rumeurs de trahison.

La suite n’est qu’un long procès devant la redoutable machine à tuer du Tribunal Révolutionnaire ou malgré toute son incroyable verve de tribun, Danton ne peut parvenir à mobiliser le peuple et est condamné à la guillotine.

Le film n’épargne rien des derniers instants de l’homme d’état français jusqu’à l’échafaud.

En conclusion, par son approche d’un classicisme extrême et son manque de moyens,  « Danton » donne globalement l’impression d’assister à un téléfilm du service public.

Cinématographiquement l’intérêt du film est donc faible.

Bien entendu, le choix de Gérard Depardieu pour incarner le tribun au physique imposant et à la voix de stentor est particulièrement judicieux et l’acteur français livre une performance éblouissante qui écrase tout les autres protagonistes y compris un Pszoniak par contraste plus inexpressif et effacé que jamais.

On peut apprécier le coté éducatif de l’œuvre qui met en image un des personnages les plus important de l’histoire de France dans une période toutefois agitée et complexe qu’il est difficile d’appréhender sans de solides connaissances préalables.

A réserver donc pour moi à un cadre très scolaire ..

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