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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 15:08

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Je poursuis dans la même démarche que pour Henri IV, mon entreprise de redécouverte de l’histoire de France avec « Louis XIV » de l’historien Jean-Christophe Petitfils.

Ce monumental ouvrage de plus de 700 pages effectue une analyse minutieuse placée sous l’angle du pouvoir du règne du plus grand roi de France qui marqua de son empreinte le XVII iéme siècle.

Après la mort en 1642 du cardinal Richelieu qui gouvernait en sous main la France sous le règne du taciturne Louis XIII, le cardinal Mazarin fin politicien prend le contrôle du pays gouverné en surface par Anne d’Autriche en attendant la majorité du jeune Louis XIV.

Bien qu’intelligent et doté d’une grande force de caractère le rendant prompt à dominer dés son plus jeune age, il se montre peu assidu aux études, préférant les exercices physiques (chasse, équitation, escrime, tirs) enseignés à tout monarque.

Le premier évènement d’importance qui marque le jeune Louis est la Fronde, grand mouvement de révolte provoqué par les Grands (Nobles) pressurisés financièrement par la guerre de trente ans contre l’Espagne.

Mazarin et Anne d’Autriche doivent alors faire face au Parlement et à d’autres agitateurs comme Gaston de France oncle du roi, le prince de Conti, Louis de Bourbon dit le Grand Condé brillant chef militaire ou l’ambitieux religieux Jean-François Paul de Gondi.

Malgré les emprisonnements des principaux contestateurs des mesures fiscales prises par le pouvoir royal, le peuple de Paris instrumentalisé par les parlementaires et quelques nobles influents se soulève et oblige Mazarin à la tète d’une armée de mercenaires allemands à quitter Paris.

L'acession majorité de Louis XIV provoque un revirement et l’adhésion du général Turenne aux forces royales anti Fronde.

Présenté comme un chef militaire génial, Turenne triomphe des troupes de Condé et en 1652, Louis XIV âgé de quatorze ans peut prendre les reines du pouvoir et replacer Mazarin à Paris.

L’échec de la Fronde va enclencher le déclin inéluctable des Grands au profit de la montée en puissance du pouvoir royal.

Mazarin puis les autres principaux premiers ministres Colbert et Louvois seront les principaux instigateurs de cette transformation qui brisera l’autonomie des nobles gouvernant jusqu’alors de manière quasi autonome leurs provinces.

Ces hommes étendront leurs réseaux en nommant des fonctionnaires dévoués à leur maitres (appelés officiers) dans les provinces pour réduire le pouvoir de l’aristocratie.

Ce système de réseaux aboutira à une centralisation du pouvoir et à un renforcement de la puissance royale par le biais de ministres quasi omnipotents n’hésitant pas au passage à briser leurs rivaux et à se constituer d’immenses fortunes personnelles sur le dos de l’Etat.

Le coté positif de cet enrichissement sera le développement du mécénat qui permettra à de grands artistes comme Lully, Boileau, Molière, Racine ou Perrault plus tard les sculpteurs, peintres et architectes (Le notre, Le Brun, Carpeaux) de se développer.

Mais c’est surtout aux travers des guerres que Louis XIV se révélera.

Malgré son mariage avec Marie Thérèse d’Autriche, fille du roi d’Espagne, il poursuivra la guerre contre l’Espagne, l’Empire germanique, les Pays Bas et l’Angleterre.

Petitfils insiste longuement sur cet équilibre politique extrêmement complexe entre une Espagne déclinante, extenuée démographiquement et financièrement, dont l’immense royaume aiguisait les convoitises et la France en plein essor grâce aux brillantes réformes économiques instaurés par Colbert.

Aidé par de brillants stratège militaires comme Turenne ou par la génie de l’architecte militaire Vauban, Louis XIV remporte de nombreuses victoires, ravageant les Pays Bas et permettant à la France d’accroitre son territoire par l’acquisition de la France Comté et d’une partie de l’Alsace.

La guerre ne s’effectue pas seulement sur terre mais également dans les mers avec le développement par Colbert d’une grande marine française capable de rivaliser avec la Navy anglaise et d’entraver les prodigieux échanges commerciaux des Pays Bas pour le controle des colonies.

Seule ou presque contre toutes les nations, la France hégémonique de Louis XIV fait peur à tout l’Europe.

Grisé par ses succès, Louis XIV perd alors le sens de la mesure et se fait Roi Soleil.

Après avoir brisé Fouquet le rival de Colbert dont la richesse lui avait fait ombrage, il récupère ses bonnes idées, se fait construire le splendide château de Versailles ou s’établira une cours de courtisans entièrement dévoués à sa personne.

La propagande bat alors son plein et les artistes payés par le pouvoir royal rivalisent de servilité pour magnifier leur maitre.

Etant un souverain de droit divin et partisan du gallicanisme, Louis XIV entretient également des rapports de force avec le Pape pour affirmer son indépendance.

Sur le plan de la politique intérieure, le Roi est intraitable dés qu’on touche à l’unité du royaume.

Cette intraitabilité se manifeste par la révocation de l’édit de Nantes signé par son grand père Henri IV et part des politiques de persécutions contre les Protestants qui refusaient de se convertir au catholicisme mais aussi par l’écrasement de tous les mouvements de révoltes des paysans (Sabotiers, Croquants, Va nu Pieds) écrasés par le financement de la guerre ou par des hivers trop rudes.


Il ne sera pas plus tolérant avec les autres courant religieux comme  le jansénisme, le quiétisme ou celui des dévots du saint sacrement.

Coté cœur, Petitfils est plus discret et ne note que les principales maitresses du roi, Louis de Valliére et surtout Madame de Montespan qui restera à la cour dix ans et aura sept enfants avec le monarque.

En conclusion, « Louis XIV » est un ouvrage monumental et absolument passionnant.

Contenant une immense source d’informations issues d’un travail d’historien rigoureux, il est cependant assez difficile assimiler le plus délicat pour moi ayant été la complexité des liens de parenté entre les familles royales d’Europe et les incessants jeux d’alliances entre elles lors des conflits.

Il ressort de sa lecture des sentiments partagés autour d’un personnage mégalomane, parfois brutal quand il s’estimait menacé dans ses intérêts, désirant toujours être maitre de lui-même (même lorsqu’il est mourant ou atteint d’une fistule anale !) afin de défier les forces de la nature.

Je n’ai à vrai dire pas admiré Louis XIV mais plutôt l’efficacité de ses ministres (l'austère Colbert, le trouble Mazarin), le génie militaire d’un Turenne, celui scientifique d’un Vauban (dont les théories économiques révolutionnaires furent partiellement appliquées) puis les personnages hors du commun comme Foucault, Fénelon ou Guillaume d’Orange ennemis acharnés du Roi.

Si vous voulez tout savoir ou presque (!) de cette période hors du commun qui façonna à jamais notre pays et qui laissa des traces aussi importantes que la Révolution Française, cet ouvrage répondra à n’en pas douter à vos attentes.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 19:03

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4

 

 

Avec le temps je souffre de plus en plus cruellement d’un manque de connaissance de l’histoire de France, aussi pour pallier à ce manque ai-je lu « Henri IV le passionné » d’André Castelot.

Ce volumineux ouvrage divisé en vingt chapitres retrace en effet l’intégralité de la vie d’un des rois de France les plus populaire de l’histoire.

Né en 1553, descendant par son père de la dynastie des Bourbon et par sa mère des rois de Navarre, Henri avait du sang royal dans les veines.

Son enfance passée dans le Béarn chez sa mère Jeanne D‘Albret, le conduit à adopter la religion de celle-ci le protestantisme.

A cette époque la France est en effet divisée en deux par de sanglantes guerres de religions entre catholiques et protestants.

Son père Antoine est tué lors d’une de ses guerres et sa mère meurt peu après de maladie.

La famille royale, catholique, est à la mort d’Henri II stupidement tué lors d‘un tournoi, prise en main par Catherine de Médicis qui manipule dans l’ombre son fils le roi Charles IX.

Charles IX n’est pas ici présenté comme quelqu’un de stupide ou de naïf, mais sa santé exécrable (il était tuberculeux) le handicape assurément dans l’exercice de son autorité et abrège son règne.

Enfant intelligent et précoce, Henri est très tôt un actif passionné de chasse et d’exercices physiques.

Il est reçu à la cours des rois de France ou il reçoit une éducation digne d’un souverain puis marié de force à Marguerite de Valois, sœur du roi afin de pacifier les relations entre catholiques et protestants.

Le massacre des protestants lors de la Saint Barthélémy, orchestré par Catherine de Médicis allié au redoutable Duc de Guise permet d’éliminer l’amiral Coligny, huguenot trop proche du roi et relance la guerre civile dans toute la France.

Henri est alors retenu en otage à Paris mais s’obstine dans sa foi protestante.

Mari volage, il trompe régulièrement sa femme et manifeste déjà un appétit sexuel hors norme qui le conduit à multiplier les maitresses.

De son coté, sa femme réputée très belle n’est pas non en reste.

A la mort de Charles IX, Henri III, devient roi de France et nourrira durant toute la durée de son règne, des relations d’estime réciproque avec son beau frère Henri IV.

Retenu en otage, Henri IV attend patiemment son heure et supporte les humiliations avant de parvenir à s’échapper pour rejoindre son royaume de Navarre ou il jouit de puissants appuis.

Il mène alors la lutte contre les troupes catholiques de la Ligue menés par le Duc de Guise et une lutte complexe à distance contre son ennemie Catherine de Médicis.

Il est en ceci appuyé par Henri III qui menacé par les ambitions du Duc, le fait assassiner à Blois.

Henri se distingue par sa bravoure au combat, son charisme et par ses nombreuses conquêtes féminines comme Diane D’andouins.

La rébellion de sa femme Marguerite qui lève une armée pour combattre son mari et le roi, l’amène à une détention prolongée de laquelle elle ne se remettra jamais.

Le rapprochement entre les deux Henri amène, Henri IV à devenir roi de France après l’assassinant de son beau frère par un moine dément.

Mais, sa foi protestante le handicapant, Henri IV va devoir batailler ferme pour conquérir pas à pas son royaume face aux troupes des Ligueurs emmenées par Mayenne et soutenus par Philippe II d’Espagne.

Pour consolider son emprise sur la France, Henri IV accepte de se convertir au catholicisme.

Par l’édit de Nantes en 1598, il autorisera une plus grande liberté et tolérance envers les protestants.

Au cours de ses périples il s’éprend de la marquise Gabrielle d’Estrées avec qui il aura trois enfants.

Alors qu’Henri voulait l’épouser au grand damne de l‘église, sa favorite fut mystérieusement assassinée.

Mais l’homme insatiable trouvera rapidement une nouvelle passion sous la forme d’Henriette d’Entragues qui devra cohabiter avec la Florentine Marie de Médicis qu’il épouse contraint et forcé en 1600.

De ces unions naitront six enfants légitimes (dont le futur Louis XIII) et trois illégitimes qui viendront s’ajouter aux obtenus avec Gabrielle d’Estrées.

Cette femme, démoniaque et machiavélique n’aura de cesse de la manipuler dans son intérêt et celui de sa famille, alimentant un climat détestable à la cour dans sa lutte contre Marie.

Il faudra qu’elle soit compromises dans plusieurs complots visant à l’assassiner pour qu’Henri ouvre les yeux sur sa véritable nature.

Du coté de la politique, si la menace avec les Espagnols est toujours belle et bien présente et oblige le roi à une grande vigilance militaire, l’administration du pays est un véritable succès avec le concours de Sully, ministre du roi qui résorbe les dettes de l’état, combat la corruption, relance l’agriculture et allège les charges contre les paysans réduits à la misère par plusieurs années de guerre.

Si Henri IV se montre enflammé dans la chasse, la guerre ou l’amour, il est revanche bienveillant avec son peuple, d’une grande tolérance et accordant souvent son pardon à ses anciens ennemis.

Pourtant c’est une encore une fois une liaison passionnelle qui le perdra, Henri IV étant prêt à déclencher une guerre avec la famille des Habsbourg pour récupérer une de ses conquêtes féminines Charlotte de Montmorency enlevée par son mari jaloux en Belgique.

En soutenant les protestants allemands contre les Habsbourg, Henri IV  aurait assurément affaibli la puissance du catholicisme en Europe, et ses ennemis qu’ils soient espagnols ou français, utiliseront Ravaillac, un illuminé manipulé pour poignarder le souverain bien aimé de tout un peuple.

Le livre laisse donc planer derrière cet assassinat l’ombre de Marie de Médicis soutenue par l’église catholique.

En conclusion, « Henri IV, le passionné » est un livre réellement passionnant de bout en bout qui malgré la complexité des relations familiales des nobles de France, parvient à restituer l’époque et la personnalité de ce roi hors du commun.

Henri IV était en réalité un personnage surprenant et plutôt sympathique.

Volage, guerrier, mangeur, son coté bon vivant le rend humain même si sa trop grande passion des femmes le contraindra à des nombreuses folies, qu’essaiera de compenser le formidable Sully superbe contre poids intègre et rigoureux à au caractère enflammé du roi.

Mais le plus agréable chez ce roi reste pour moi sa grande ouverture d’esprit, sa tolérance religieuse, sa générosité, sa simplicité et le réel soucis qu’il avait d’améliorer la situation de son peuple.

C’est en ceci que Henri IV est pour moi un des plus grands rois de France et une figure marquante de notre histoire.

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 18:47

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En cette période délicate de commémoration des attentats du 11 Septembre 2001, j’ai décidé de regarder malgré une certaine répugnance « Vol 93 » de Peter Greengrass film sorti en 2006.

Tout le monde ou presque s’étant quelque peu intéressé à l’actualité sait que le vol 93 d’United Airlines fut le quatrième avion détourné par des pirates islamiques qui n’atteignit pas sa cible en raison d’une révolte des passagers qui aboutit à son crash.

Construit à la manière d’un documentaire laissant se dérouler en temps réel les évènements, « Vol 93 » possède un rythme lent, quelque fois irritant, qui permet d’instaurer de manière progressive le drame final.

La première partie du film se déroule en effet surtout dans le centre de contrôle de la Federal Administration Aviation, principale autorité régulatrices des vols civils du territoire américain, qui vit en direct les détournements des deux premiers Boeing 767 qui viendront s’écraser sur les tours jumelles du World Trade Center.

On voit surtout des types en costards s’activant, gesticulant et répétant régulièrement leur incompréhension devant des évènements qu’ils ne peuvent ni comprendre ni maitriser.

L’impression donnée est en réalité très irritante pour le spectateur qui ne connait et ne comprend rien au jargon des contrôleurs aériens.

Tout juste s’aperçoit t il du manque de communication  entre les centres civils et le centre militaire et constate t il que les militaires paraissent eux aussi complètement dépassés par la situation.

Dans le même temps, les quatre terroristes (trois saoudiens, un libanais) ont embarqué après s’être lavés, rasés le corps et avoir effectué leur prières.

Tétanisés par le poids des actes qu’ils vont commettre, ils tardent à passer à l’action dans un status quo lui aussi bien crispant.

A l’intérieur du vol assez peu rempli, les passagers et membres de l’équipage ne semblent se douter de rien et ne lèvent même pas les yeux devant les curieux manèges des quatre hommes qui paraissent tendus, échangent de nombreux regards et se rendent fréquemment aux toilettes.

Le passage à l’acte est initié par le plus jeune et le plus fougueux d’entre eux Ahmed Al Nami (Jamie Harding) .

L’action est rapide, violente avec l’assassinat d’un passager poignardé à la gorge.

L’un des hommes montre une bombe attachée à son corps pour tenir en respect les passagers tandis que ces complices agressent les hôtesses pour pénétrer dans le cockpit et assassiner les pilotes après une lutte désordonnée.

Ziad Jarrah (Khalid Abdalla) parvient grace à ses compétences en pilotage à redresser la trajectoire de l’appareil et à le dévier de sa route pour le diriger vers Washington.

Tandis que la FAA ne peut qu’assister passivement aux événements pour finalement décréter l‘arrêt de tous les vols sur le territoire américain, l’US air force patauge, recevant finalement l’autorisation d’abattre tout avion suspect.

Mais avec quatre chasseurs non armés de bombes pour toute la cote Est, la tache parait pour le moins difficile à accomplir.

C’est finalement du coté de passagers parvenus à rentrer en contact avec la terre ferme pour s’informer des attentats contre les tours jumelles que la révolte viendra.

Après avoir émis un dernier au revoir à leurs proches, les passagers prennent finalement la décision de prendre d’assaut les pirates.

Le porteur de bombe (en réalité factice ) et son complice sont lynchés, et une horde d’hommes en furie pénètre dans le cockpit ou les deux pilotes terroristes provoquent de violentes embardées.

La lutte désespérée d’une violence animale provoque le crash de l’avion prêt de Pittsburgh et la mort de tous ses occupants.

Le film se conclut sobrement après cette froide escalade de violence.

En conclusion « Vol 93 » est un film bien entendu fort mais qui s’avère à mes yeux bien trop surestimé.

Sa construction en temps réel est laborieuse et bien confuse, avec un coté incroyablement irritant montrant des types habitués à donner des ordres comme l’insupportable Ben Sliney patron de la FAA, pédaler dans la semoule et ne pas réaliser ce qui leur arrive.

Plus grave est la position de l’armée américaine représentée comme indécise et faible devant une menace venant de l’intérieur.

Une fois l’action partie en revanche le réalisme et la barbarie des actes commis donne la nausée avec des images d’une laideur inouïe.

On ressort donc de son visionnage passablement secoué et écœuré sans avoir appris grand-chose sur la nature profonde des événements (but, motivations des terroristes, parcours personnels des passagers ?) .

 

Le choc est tellement fort qu'on ne se sent meme pas en mesure d'admirer l'héroisme bien réel des passagers.

 

Une œuvre qui fait mal au corps et à l'ame donc mais pour un résultat au final bien restreint.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 22:17

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Sorti en 1992, « JFK » d’Oliver Stone est assurément l’une des œuvres les plus impressionnantes de ce cinéaste controversé.

Gonflé, le réalisateur s’attaque cette fois ci à un mythe, à l’un des plus grands mystères du XX iéme siècle, l’assassinant du président des Etats Unis d’Amérique John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas.

Son film d’une durée de trois heures, s’appuie sur le personnage de Jim Garrison (Kevin Costner) procureur de la Nouvelle Orléans, qui par une ténacité hors du commun déterra en secret l’affaire Kennedy trois ans après pour tenter de découvrir qui étaient les commanditaires de cet assassinat.

Homme intelligent, intègre et mu par une soif de vérité inarrêtable, Garrison s’entoure d’une petite équipe d’enquêteurs fidèles comme le jeune Bill Broussard (Michael Rooker) ou le costaud Lou Ivon (Jay O Sanders).

Il s’intéresse tout d’abord à la vie opaque de Lee Oswald (Gary Oldman impressionnant ) l’assassin présumé comme solitaire par la commission Warren ayant enquêté en 1963, pour découvrir un agent double américain ayant infiltré les soviétiques avant de revenir aux États-Unis une fois sa mission accomplie en URSS.

Membre des services secrets, Oswald s’est fait passer pour un militant communiste afin d'infiltrer les milieux castristes des Etats Unis.

Il a aussi côtoyé des para militaires cubains comme David Ferrie (Joe Pesci égal à lui-même en teigne survoltée) ou un mystérieux homme d’affaire nommé Clay Shaw (Tommy Lee Jones), tous les deux liés par de même tendances homosexuelles.

Garrison est persuadé que c’est dans ce cercle para militaire en cheville avec la CIA que se situe la clé de l’énigme et que Oswald n’est qu’un bouc émissaire ayant servi à couvrir un complot d’envergure impliquant des hommes haut placés dans le gouvernement américain de l’époque.

Pour étayer sa thèse, Garrison relève les invraisemblances du dossier, comme la non prise en compte par la commission Warren des témoins oculaires qui avaient vu un deuxième foyer de tirs depuis une palissade, comme les discordances entres les blessures de Kennedy et les nombre de balle supposées tirées par Oswald.

Il reçoit aussi le témoignage d’un ancien colonel membres des forces spéciales (Donald Sutherland) qui lui indique les défaillances dans les services de protection du président à Dallas et lui révèle que Kennedy qui s’apprêtait à se désengager de la guerre du Viet Nam gênait les militaires en haut lieu.

Il agit aussi, désireux de trainer Ferrie et Shaw devant des tribunaux en utilisant le témoignage de Willy O’Keefe (Kevin Bacon) taulard homosexuel proche de Shaw, affirmant avoir entendu le groupe parler d’assassiner le président.

Mais alors que Ferrie s’apprête à craquer sous la pression il est éliminé.

L’affaire se complique quand l’enquête de Garrison est révélée au grand jour.

Il est soumis à des pressions, sa famille est menacée, son groupe explose …

Pourtant il tient bon et parvient à trainer Shaw devant la justice.

Sans charge sérieuse, sa tentative échoue pourtant non sans que le procureur ait accusé dans une longue et vibrante plaidoirie, le président des Etats Unis Lyndon Johnson d’être impliqué dans le meurtre.

Le film termine sur cet échec mais relate qu’une deuxième commission réunie en 1976 a confirmé la thèse du complot que soutenait le procureur.

En conclusion, quelle que soit la solidité de la thèse défendue par Oliver Stone, « JFK » est un film extrêmement prenant qui captive malgré la complexité de l’enquête mélangeant allégrement politiques, mafieux, agents secrets et militaires.

On suit le déroulement de l’enquête avec passion, en admirant les qualités humaine du procureur incarné par un Kevin Costner je dois l'avouer ici  impeccable en bureaucrate se sentant investi d’une mission pour le peuple américain qui le galvanise et lui fait oublier tous les obstacles.

Les autres acteurs sont évidemment tous très bons, en particulier Gary Oldman fantastique de sobriété ou Tommy Lee Jones curieusement efféminé avec une perruque frisée blanche.

Sur le fond, l’histoire fascine toujours … il y a l’incroyable violence de la scène de la fusillade avec le crane de l’homme le plus puissant du monde qui explose en direct sous l’impact et sa femme, la splendide Jacky qui tente de lui porter assistance dans un geste de magnifique dramaturgie.

Si le rôle de la Mafia est (à mon avis fort justement) minimisée, celui des politiques et des services secrets est fortement mis en avant.

Kennedy était un pacifiste, il voulait aider les plus démunis, les minorités, signer des traités de paix avec les Soviétiques, voulait se retirer de la guerre du Viet Nam et mettre la pression sur la Mafia … il dérangeait donc les plans de beaucoup d’hommes puissants qui profitaient de la situation de conflit avec le bloc communiste et avaient tout intérêt à la poursuite des programmes militaires de la guerre froide.

Les assassinats de Luther King, de son frère Bobby mais également de Oswald ou les morts mystérieuses des témoins du dossier jettent également de fortes suspicions sur la thèse d’un fou ayant agi seul.

Pour connaitre la vérité, attendre 2029 et l’ouverture des dossiers secrets de 1963 au public, serez vous présents avec moi  ?

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 19:42

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Sujet beaucoup moins plaisant a priori avec « La liste de Schindler » de Steven Spielberg.

Le cinéaste tout auréolé du colossal succès de « Jurassic Park » en 1993, réalise la même année ce film adapté d'un livre de Tom Keneally sur le sujet délicat de la Shoah.

Basé sur l’histoire (vraie) d’Oskar Schindler (Liam Neeson), industriel allemand qui sauva 1200 juifs des camps de la mort en Pologne, « La liste de Schindler » montre tout d’abord ce héros de la seconde guerre mondial comme un individu sans scrupule, prêt à profiter de la situation de pogrom contre les juifs parqués dans le ghetto de  Cracovie pour utiliser leur main d’œuvre bon marché pour ses usines de production d’émail.

Pour gagner la confiance des juifs, Schindler embauche comme comptable Itzhak Stern (Ben Kingsley) dignitaire du ghetto, afin de recruter les travailleurs qualifiés dit « essentiels » pour la production des usines allemandes.

Le film présente donc tout d’abord un arriviste, doté d’une belle prestance, membre du parti SS, fréquentant le gratin des militaires dans des soirées mondaines pour faire fructifier ses intérêts.

Puis la répression à l’encontre des juifs s’intensifie, le ghetto de Cracovie est vidé avec une brutalité inouïe et les juifs sont parqués dans un camps de travail dirigé par l’infâme capitaine Amon Goth (Ralph Fiennes) présenté comme un individu instable, dérangé, capable d’une grande cruauté et de tuer les prisonniers pour son bon plaisir sans ressentir la moindre émotion.

Subitement privé de ses ouvriers et choqué par la brutalité de la mise à sac du ghetto, Schindler va peu à peu infléchir son point de vue et proposer à Goeth de faire réimplanter son usine dans le camps afin d’essayer de protéger ses ouvriers en corrompant le capitaine avide d’alcool, de femmes et d’argent.

Même si Schindler est convoqué par la Gestapo après avoir embrassé une juive lors de sa soirée d’anniversaire, l’industriel manœuvre bien et parvient en graissant la pattes des officiers nazis à entretenir ses affaires.

Lors de la décision de déporter dans le camps d’extermination d’ Auschwitz les travailleurs afin de faire de la place, Schindler va prendre des risques considérables pour rapatrier ses 1200 ouvriers dans un camps-usine sous son contrôle.

Au moment ou il est ruiné et ou l’armée s’aperçoit que la production de son usine est inutilisable, Schindler est sauvé par l’annonce de la défaite de l’armée allemande.

Bien que à présent traqué, il donne avant de partir la liberté à ses ouvriers.

La fin du film assez émouvante, montre le pèlerinage des acteurs accompagnés des véritables personnage de cette histoire, sur la tombe de Schindler à Jérusalem.

En conclusion, « La liste de Schindler » et ses presque trois heures est un gros pavé lourd à digérer.

Peu de joie ou de légèreté dans ce film en noir et blanc reproduisant fidèlement les pénibles conditions de (sur)vie des juifs polonais de l’époque.

Certaines sont bien entendu difficilement soutenables, comme les tueries arbitraires de Goth ou les abominables séances de tri des prisonniers aux corps dénudés et squelettiques réduits à la condition de bêtes.

Seule la scène des chambres à gaz nous est assez miraculeusement épargnée.

On se demande toujours avec incrédulité comme des êtres humains peuvent faire des choses pareilles à d’autres êtres humains mais l’histoire contemporaine a montré que l’être humain avait assez peu progressé en la matière.

Bien entendu les acteurs sont épatants, en particulier Liam Neeson, monstrueux de charisme dans le plus grand rôle de sa carrière mais aussi Fiennes terrifiant de sadisme.

Spielberg a voulu son film comme puissamment éducatif, le résultat est atteint même si on en ressort finalement assez ébranlé et assez mal dans sa peau par la pénibilité du contexte.

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 18:00

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J’ai toujours été intéressé par les films de guerre alors quand l’un d’entre eux a pour protagonistes principaux deux de mes acteurs favoris Marlon Brando et Yul Brynner, il devient par conséquent urgent pour moi de le visionner.

C’est le cas de « Morituri » de Bernhard Wicki sorti en 1966.

L’histoire raconte le voyage en 1942 d’un navire allemand SS Indigo chargé d’amener de Tokyo a Bordeaux une précieuse cargaison de caoutchouc pour aider les troupes allemandes alors en difficulté en Europe.

Le capitaine Muller (Yul Brynner) est chargé par sa hiérarchie notamment l’amiral (Oscar Beregi) de mener à bien cette périlleuse mission.

Homme fier au tempérament indomptable, Muller accepte mal qu’on lui impose de prendre des criminels dont un opposant politique au sein de son équipage mais l’amiral lui fait comprendre que son passé d’alcoolique lors d’une attaque ayant provoqué la perte d’un de ses navires ne lui autorise pas le choix.

Muller va croiser la route de Robert Crain (Marlon Brando) déserteur de l’armée allemande contraint par les forces anglaises à embarquer sur le navire pour le détourner vers les forces alliées.

Crain lui aussi récalcitrant pour cette mission qu’il estime trop risquée, est mis au pied du mur avec une menace de livraison à la Gestapo.

De plus il est chargé de désamorcer des bombes disséminées à l’intérieur du navire destinée à le couler en dernière extrémité.

Crain accepte cette mission quasi suicide et embarque sous la fausse identité d’un agent SS.

Cette couverture lui permet d’être respecté et craint des militaires allemands à l’exception de Muller qui ne cache pas son animosité à l’égard des SS.

Le film résidera donc pratiquement entièrement entre l’affrontement entre deux hommes d’exceptions qui se livreront un jeu d’échec complexe.

Bloqué par Muller qui le consigne dans sa cabine, Crain reçoit l’appui du capitaine en second Kruse (Martin Benrath), qui est lui un authentique nazi avide d’ambition.

Il peut ainsi se déplacer dans le navire, localiser les explosifs et les désamorcer un par un même si l’entreprise est toujours très risquée.

Les aventures se succèdent avec des rebondissements truffés de toutes les incertitudes de la guerre, comme l’évitement par Muller des navires alliés en déguisant son navire, l’apparition subite d’un sous marin allemand avec à son bord l’amiral et des prisonniers comme Esther Levy (Janet Margolin) jeune femme juive née aux Etats Unis.

Lors de l’interrogatoire de Crain par l’amiral, Muller sauve la mise à son rival en raison de son acte héroïque lors de l’attaque des navires américain.

La présence de la belle Esther entretient le trouble à bord, car la jeune femme fière ayant été violée après que sa famille ait été massacrée n’a plus rien à perdre et défie les allemands comme Kruse.

Plus humain, Muller la traite avec respect et dignité ce qui déplait à Kruse.

Celui-ci provoque d’une crise d’alcoolisme de Muller après qu’il ait appris que son fils a été décoré pour avoir coulé un navire hôpital, pour le faire mettre aux arrêts et prendre le commandement.

Comprenant que sa mission a en partie échoué et qu’il ne remettra jamais la cargaison de caoutchouc aux alliés, Crain fait exploser les bombes et provoque une mutinerie générale en ayant gagné la sympathie des prisonniers politiques.

La bagarre générale éclate et coute la vie à Esther tuée d’une balle dans la tete par Kruse.

Mis à mal le navire, vacille, entrainant la mort de Kruse et la fuite de l’équipage.

Crain et Muller restent seuls après que ce dernier ait refusé de trahir son pays pour rejoindre le camp allié.

En conclusion, assez méconnu dans la monstrueuse filmographie de Brando et de Brynner, « Morituri » est pour moi un véritable chef d’œuvre de film de guerre complexe et psychologique.

Rempli de nuances, il montre que tous les allemands ne partageaient pas le fanatisme des nazis et que certains pouvaient faire preuve de noblesse d’âme.

Brynner est à vrai dire stupéfiant dans ce rôle et parvient à faire plus que le poids face à la présence magnétique d’un Marlon Brando toujours aussi séducteur.

Brando justement, est parfait dans son rôle d’agent double marchant sur le fil du rasoir et la relation entre ces deux acteurs magnifiques, véritables sex symboles de leur époque atteint de véritables sommets.

Film en noir et blanc dans des décors exotique somptueux, disposant d’un scenario riche et prenant, « Morituri » ne déçoit jamais et constitue pour moi un des meilleurs films de guerre maritime jamais réalisés.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 22:53

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Vous ne trouverez pas en principe de critiques dithyrambiques sur Quentin Tarantino dans ces colonnes, tant ce cinéaste surcoté et branché m’insupporte la plupart du temps.

Pourtant, poussé par un avis extérieur j’ai visionné « Inglorious basterds » parodie de film de guerre réalisée en 2009.

L’histoire fait bien entendu penser au classique « Les douze salopards » de Robert Aldrich de 1967 , avec l’envoi pendant la seconde guerre mondiale d’un commando dirigé par les anglais composé de juifs et d’allemands renégats afin de semer la terreur au sein de l’armée allemande par l’intermédiaire d’assassinats barbares ou les victimes seraient scalpées aprés avoir été atrocement torturées.

Le lieutenant  Aldo Raine (Brad Pitt) véritable brute épaisse de l’armée britannique commande donc une troupe de durs dont les membres d ’élite sont les sergents Donowitz (Eli Roth) , Hugo Stieglitz (Til Schweiger) que les coups de force font connaitre à Adolf Hitler en personne.

Ayant une taupe auprès de l’élite nazi en la personne de l‘actrice Bridget von Hammersmark (Diane Kruger), le commando parvient à savoir qu’Hitler et son état major seront à la première d’un film de propagande nazi de Goebbels diffusée dans un cinéma parisien.

Même si l’opération coute la vie au lieutenant Hicox (Michael Fassbender) démasqué par son accent et ses manières par un officier  allemand dans une mémorable scène de cave, le commando recueille assez d’informations pour pouvoir mener une action suicide afin de décapiter le III iéme Reich et par conséquent metttre fin à cette guerre sanglante.

Mais l’action du commando va se croiser malgré elle avec celle plus isolée et personnelle de Soshanna Dreyfus (Mélanie Laurent) seule rescapée d’une rafle nazi ayant décimée toute sa famille et désireuse de déclencher un incendie dans le cinéma qu’elle possède ou sera projeté le film nazi.

Tarantino joue donc astucieusement entre l’entrecroisement de ses deux histoires, entre un commando de professionnels durs à cuirs et une femme isolée, civile mais déterminée dans sa quête de vengeance.

Autour de ses lignes de forces gravitent des personnages secondaires mais indispensables à l’intrigue comme le colonel Hans Lada (Christoph Waltz) vénéneux SS traqueur de juifs que l’intelligence acérée rend redoutable ou le caporal Fredrick Zoller (Daniel Brühl), tireur d’élite propulsé héros de propagande par Goebbels dont le stupide enamourement pour Soshanna conduira assez ironiquement sa hierarchie à sa perte.

En conclusion, il ne faut jamais se dire que l’on ne changera jamais d’avis, car malgré toutes mes appréhensions « Inglorious basterds » est un film intéressant non pas sur le plan historique largement falsifié mais sur le plan de la réalisation.

Bien entendu on y retrouve les habituels défaut des films de Tarantino comme la vulgarité, l’humour noir creux et surtout cette violence démesurée que j’ai du mal à accepter.

Mais transposée dans ce cadre militaire, cette violence demeure ici presque tolérable.

Les qualités essentielles du films reposent pour moi  sur sa construction très cohérente et sur ses longues scènes d’attente ou la tension est à son comble.

On citera la fantastique scène introductive avec la rafle d’enfants juifs par Lada chez un paysan français ou celle plus classique du jeu de carte dans la taverne allemande avec ce jeu du chat et de la souris entre officier nazi et espion anglais infiltré.

Le jeu des acteurs est déjà plus discutable, Brad Pitt cabotinant comme un crétin, tandis que Christoph Waltz est impressionnant en salaud fin et racé.

Mais cessons donc de faire la fine bouche, globalement « Inglorious basterds » est un tout à fait réussi dont la maitrise et la reconstitution historique impressionnent.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:23

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Pour les gens comme moi qui n’ont qu’une connaissance superficielle et bien scolaire de l’histoire de France, le film « Danton » d’Andrezj Wajda sorti en 1983 peut de prime abord présenter un certain intérêt.

Peu en effet de fantaisie vis à vis des faits historiques dans le récit qui colle très prêt de la réalité telle que décrite dans les manuels d’école.

L’histoire prend place en 1794 alors que la Terreur instaurée par le Comité de Salut Public dirigé par le redoutable Robespierre (Wojciech Pszoniak) abat sa chape de plombs sur le peuple de Paris et ou les luttes intestines pour le pouvoir redoublent de violence au sein de la Convention.

Danton, retiré prudemment à l’écart après la fusillade du 17 juillet 1791 au Champs de Mars, revient à Paris et distille via le journaliste Camille Desmoulins (Patrice Chéreau) de terribles critiques contre le pouvoir autoritaire du Comité.

La plume acérée de Desmoulins fait en effet des ravages dans le journal le Vieux Cordelier.

Malgré de violentes fièvres, Robespierre prend la décision de faire saisir le journal et de faire arrêter ses imprimeurs.

Pourtant contre ses amis du Comité qui réclament l’arrestation et l’exécution de Danton et Desmoulins, il hésite et temporise effrayé par l’immense popularité de l’un et séduit par les qualités littéraires de l’autre.

De son coté, le truculent Danton hésite également et lassé de la violence se refuse à suivre l’avis de ses partisans qui lui intiment de prendre les armes pour faire un coup d’état.

Une rencontre a finalement lieu entre Robespierre et Danton.

Celle ci constitue le point culminant du film avec un saisissant contraste entre un Danton sanguin, prolixe et agité et un Robespierre froid, rigide et mal à l’aise.

Les deux hommes se séparent incapables de trouver un compromis.

Après une ultime tentative pour rallier Desmoulins à sa cause, Robespierre devant la menace que représente les attaques de Danton contre ses intérêts prend la décision de les faire arrêter sous le couvert de fausses rumeurs de trahison.

La suite n’est qu’un long procès devant la redoutable machine à tuer du Tribunal Révolutionnaire ou malgré toute son incroyable verve de tribun, Danton ne peut parvenir à mobiliser le peuple et est condamné à la guillotine.

Le film n’épargne rien des derniers instants de l’homme d’état français jusqu’à l’échafaud.

En conclusion, par son approche d’un classicisme extrême et son manque de moyens,  « Danton » donne globalement l’impression d’assister à un téléfilm du service public.

Cinématographiquement l’intérêt du film est donc faible.

Bien entendu, le choix de Gérard Depardieu pour incarner le tribun au physique imposant et à la voix de stentor est particulièrement judicieux et l’acteur français livre une performance éblouissante qui écrase tout les autres protagonistes y compris un Pszoniak par contraste plus inexpressif et effacé que jamais.

On peut apprécier le coté éducatif de l’œuvre qui met en image un des personnages les plus important de l’histoire de France dans une période toutefois agitée et complexe qu’il est difficile d’appréhender sans de solides connaissances préalables.

A réserver donc pour moi à un cadre très scolaire ..

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 14:42

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Histoire toujours avec un ouvrage sur l’un des personnages les plus énigmatiques et sulfureux de l’histoire, « Attila » d’Eric Deschodt.

L’ouvrage, de taille modeste, ne se veut sans doute pas une biographie exhaustive de la vie du célèbre conquérant mais constitue une agréable et intéressante première approche recensant les grandes étapes de la conquête hunnique qui mit à mal l’empire romain au V ieme siècle après Jésus Christ.

Les origines des Huns sont nimbées de mystères, si on les situe dans les steppes d’Asie centrale, à l’emplacement de l’actuelle Mongolie, on sait aussi qu’ils s’étendirent jusqu’en l’Europe de l’Est jusqu’à Budapest, à partir du IV ieme siècle après Jésus Christ.

Essentiellement nomades, redoutables cavaliers et archers, ils menèrent de terribles invasions menaçant depuis le III ieme siècle avant Jésus Christ les royaumes de Chine.

En 400 ap JC, les Huns stationnant en Hongrie, constituent une force inquiétante pour un Empire romain déclinant, scindé entre l’Empire d’Orient à Constantinople et l’Empire d’Occident de Rome.

Les Romains jouent sur les alliances avec les peuples Barbares notamment les Wisigoths qui ont un statut de fédération de l’Empire, pour sauver les apparences et préserver un semblant de prestige mais en réalité certains peuples comme les Vandales, les Ostrogoths ou des tribus Gauloises révoltées échappent à présent complètement à leur influence.

Honorius empereur d’occident joue également à ce jeu d’alliance pour tenir en respect les Huns, pratiquant le versement de tributs et l’envoi d’otages de marque pour s’assurer de l’appui occasionnel de leur formidable force militaire pour dompter les autres peuples barbares.

C’est dans ce cadre que le romain Aetius est envoyé chez Roas, le roi des Huns et se lie d’amitié avec son jeune neveu Attila.

A son contact Attila apprend à compter, lire et écrire le latin et le grec, chose rarissime pour un hun habitué à vivre à la dure.

En un juste retour des choses, Attila est accueilli à la cours de Rome ou il joue un rôle d’ambassadeur.

Il apprend à connaître parfaitement le monde romain de l’intérieur, y développe un art consommé de la diplomatie et de la politique.

A la mort de son frère Bleda, il devient le roi des Huns et entreprend de fédérer les tribus hunniques, de développer un pouvoir centralisé, à améliorer les axes de communication et surtout à nouer des alliances pacifiques avec les peuples de l’Est notamment ses ennemis héréditaires les Chinois.

Ayant stabilisé l’empire hun de l’Est, Attila se tourne vers l’Ouest et ses richesses qui le fascinent.

C’est l’empire romain d’Orient qui sera sa première cible, avec Théodose II, empereur faible, incapable et lâche qui sera prêt à toutes les humiliations pour ne pas avoir à livrer bataille.

Alliant habilement menace et diplomatie, Attila obtient de nombreux avantages (territoires, versement de tributs) en échange de ses bonnes grâces.

Entouré d’excellents lieutenants fidèles et incorruptibles comme le hun Esla, le grec Onégèse, le romains Oreste, ou le germain Edécon, Attila défait facilement les mercenaires Goths payés par Théodose II, et renonce mystérieusement à  la prise de Constantinople, défendues par d’épaisse murailles en échange d’une forte augmentation du tribut versé par la ville.

Théodose accepte mais son  premier ministre l’énuque  Chrysaphius manque une tentative d’assassinat contre Attila.

Après avoir une nouvelle fois fait pression sur Constantinople pour exiger un tribut plus élevé, Attila renonce à la mort de Théodose et de Chrysaphius à sa vengeance et se tourne ensuite vers l’empire d’Occident, gouverné par Valentinien III ou siége en tant que conseiller et général son ami Aetius.

Les relations entre Attila et Aetius anciens amis et à présent rivaux seront toujours complexes et ambiguës.

Finalement après avoir fait monter la pression de manière graduelle en réclamant que Valentinien lui fasse épouser sa sœur Honoria connue pour ses troubles mentaux et qui l’avait elle même demandé en mariage quinze ans auparavant, Attila déclenche une gigantesque offensive de 400 000 hommes.

Commence alors le terrible jeu des alliances avec les peuples Barbares, certains comme les Ostrogoths, Gépides ou Akatzires préférant le suivre alors que les Wisigoths, les Francs, les Burgondes et les versatiles Alains craignant les féroces Huns plus que les Romains préfèrent se joindre rester fidèle à l’Empire.

Retranché dans une Rome fortifiée, Valentinien envoie Aetius stopper son ancien ami.

Attila et ses Huns ravagent l’Est puis le Nord de la France, pillant et massacrant tout ce qu’ils trouvent et alimentant pour l’éternité la légendes des Huns, barbares impitoyables, buveurs, tueurs et rançonneurs de l’Occident.

Deschodt laisse entendre qu’Attila n’aurait pas approuvé tous ses massacres, cherchant quelques fois à retenir (en pure perte) ses troupes enragées.

Assez étrangement il épargne Paris, ville alors d’importance moyenne, laissant prendre la légende de Sainte Geneviève priant pour que le conquérant épargne sa ville.

Le choc avec Aetius se produit vers Chalons, lors de la célèbre bataille des champs Catalauniques qui fut la plus grande boucherie de l’histoire de l’Occident  (160 000 morts !) jusqu’à la première guerre mondiale et l’apparition des mitrailleuses faucheuses d’hommes.

Après ces combats d’une violence inouïe, Attila négocie avec Aetius et préfère rebrousser chemin alors que son adversaire a cinq fois moins d’hommes que lui.

Le dernier volet sera l’attaque de l’Italie, qui après la prise de la place forte d’Aquilée, failli bien entre complète, Attila s’arrêtant alors mystérieusement aux portes de Rome après que le pape Léon Ier est négocié lui même le départ du conquérant.

Outre la légende, on notera que la santé d’Attila s’était considérablement altérée et que malade il est préféré rebrousser chemin pour se soigner et préparer sa succession.

De retour dans son royaume de l’Est de l’Europe, Attila mourra mystérieusement après avoir épousé une jeune princesse barbare âgée de 16 ans.

Sa mort, à 58 ans aboutira à l’effondrement brutal de l’empire des huns.

En conclusion, cet « Attila » écrit dans une langue simple, vivante et animée séduit.

L’essentiel est la avec des tentatives d’analyses sur les mystérieux volte faces d’un prince nomade partiellement occidentalisé, qui alors qu’il aurait pu mettre à lui seul un terme à l’empire romain finissant rebroussa pour des raisons obscures à chaque fois chemin.

Le livre nous emmène de l’extrême Orient à l’Europe, dans une épopée sanglante et haute en couleur avec un véritable choc des cultures entre les sauvages huns et les romains certes toujours cruels mais plus raffinés.

La raison principale avancée par Deschodt pour expliquer les motivations d’Attila demeure le tropisme qu’exerçait pour lui l’Occident, sa culture et ses richesses.

Il en ressort l’image d’un homme bien plus intelligent, complexe, subtil que l’image de brute sanguinaire que ses ennemis chrétiens prêtèrent à ce Fléau de Dieu.


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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 16:42

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Deuxième partie de la saga historique d’Hérodote avec  « L’enquête, livres V à IX ».

Si la première partie se faisait la plus « exotique » en décrivant les us et coutumes de nombreux peuples africains, orientaux ou du caucasiens, la seconde possède un coté beaucoup plus politique avec l’affrontement bien prévisible entre l’immense empire perse de Darius et celui plus divisée de la Grèce.

Dans le livre V, Hérodote décrit les innombrables conflits entre les cités grecques ayant abouti malgré tout à l’émergence d’une domination militaire, politique et économique d’Athènes qui devait malgré tout traiter avec sa rivale Sparte la cité dominante du Péloponnèse.

Mais Darius revenu sur ses terres après son échec contre les Scythes, doit faire face à une révolte des colonies Grecques de la région d’Asie Mineure appelée Ionie.

Aristagoras, tyran de Millet, vient chercher secours auprès des Spartiates qui refusent, puis auprès des Athéniens qui acceptent.

Une expédition navale athénienne est alors envoyée en Asie Mineure et la ville de Sardes est alors incendié ce qui provoque la colère de Darius.

Dans le livre VI, le grand roi parvient à mater la révolte ionienne et Aristagoras en fuite, périt tué par les Thraces.

Désireux de se venger de l’incendie de Sardes, Darius fait de la conquête des cités grecques une affaire personnelle, et tandis qu’il leur lance un ultimatum, confie une expédition navale à son général Datis.

Alors que Hérodote compte l’histoire de Sparte et d’Athènes, notamment leurs démêlés avec  leurs ennemis héréditaires respectifs les Argiens et les Eginètes, la flotte de Darius conquiert les îles (Naxos, Délos) puis Erétrie devenant du même coup une menace directe pour Athènes.

La choc entre les deux armées a lieu en –490 v JC dans  l’Attique à Marathon.

Après une lutte acharnée devenue quasi légendaire, les Athéniens et les Platéens commandés par le stratège Miltiade triomphent des Perses, ce qui ne fait que raviver les envies de revanche de Darius.

Alors qu’il préparait une attaque de plus grande ampleur, Darius meurt subitement et sons fils Xerxès prend alors la suite des opérations.

Les livres suivants relatent les préparatifs de la plus immense armée mise sur pieds par les Perses.

Cette armée qu’Hérodote surestime à prêt de deux millions de combattants pour cinq millions d’hommes au total, est composée d’une mosaïque de toutes les satrapies de l’empire perse avec des Phéniciens, des Egyptiens, des Assyriens, Lydiens, Phrygiens, Indiens , Bactriens, Caspiens, Arabes, Thraces en plus des contingents d’élite perses tels les fameux Immortels.

En –480 v JC, Xerxès lance conjointement une offensive navale et une offensive terrestre, faisant construire un pont composé de navires pour traverser l’Hellespont.

Ses troupes ravagent tout sur leur passages, obligeant soit par la force soit par libre consentement les régions traversées à s’allier à lui et à venir grossir ses rangs.

Ainsi bon nombre de pays ou de régions grecques comme la Thessalie vont se joindre à l’inexorable invasion perse.

De leur coté, en proie à leurs vieux démons, à leurs rivalités internes et leur tergiversations politiques, les Grecs ont toutes les peines à réaliser leur unité et à obtenir des alliances avec la Crète ou la Sicile.

Sparte envoie tout de même un détachement de soldats pour bloquer les Perses dans l’étroit défilé des Thermopyles.

Cette bataille est devenue légendaire aujourd’hui, puisque qu’après qu’une violente et soudaine tempête eut détruit une grande partie de sa flotte, Xerxès put alors mesurer la valeur des combattants spartiates puisque les trois cent hoplites commandés par leur roi Léonidas luttèrent jusqu’à la mort en emportant avec eu un nombre incommensurables de combattants perses.

Mais malgré la prise et l’incendie d’une Athènes désertée, Xerxès n’a que l’illusion d’une victoire.

Par la suite, la flotte perse commit l’erreur d’engager le combat prêt de l’île de Salamine et leurs nombreux vaisseaux, incapable de manœuvrer dans un espace réduit furent décimés par la flotte athénienne commandée par Thémistocle.

Ayant assisté au désastre, Xerxès rentre prudemment en Perse non sans avoir laissé son général Mardonios avec un armée de fantassins pour en finir par la voie terrestre.

Belliqueux et impulsif, Mardonios refuse de jouer la carte politique et cherche l’affrontement.

Mais les troupes de Mardonios seront également vaincues à Platée avec cette fois une véritable alliance entre Athéniens et Spartiates.

La fin du livre IX relate l’envoi d’une flotte grecque en Asie Mineure pour délivrer les colonies Ionienne du joug perse après la bataille de Mycale.

En conclusion, après un début peut être moins passionnant avec les multiples micro conflits entre les cités-états de la Grèce, « L’enquête, livres V à IX » tient toutes ses promesses avec le choc frontal d’un David Occidental contre un Goliath Oriental.

Il y a dans ses combats du petit défendant sa liberté contre un agresseur surpuissant assurément quelque chose d’épique, de légendaire qui vous transporte, vous enivre.

Faisant pour une foi temporairement fi de leurs dissensions, les Grecs l’emportèrent car moins nombreux, ils étaient meilleurs stratèges et choisirent les meilleurs emplacements (aux Thermopyles et à Salamine) pour compenser leurs handicaps.

Mais la victoire de Grecs s’explique aussi par leur supériorité dans l’art de la guerre, la puissance de leurs phalanges, leur courage, leur organisation et la qualité de leur armement surtout défensif avec leurs grand boucliers protecteurs.

En face, seuls les Perses pouvaient rivaliser, les autres nations « marchant sous le fouet » n’avaient certainement pas la même motivation ni la même qualité guerrière.

Trop surs de leurs puissance, Darius puis Xerxès furent donc mis en échec ce qui mit un coup d’arrêt définitif à l’expansion Perse en Europe.

Par sa dimension larger than life, « L’enquête, livres V à IX » est reste donc une immense source d’inspiration intemporelle à lire et relire avec émerveillement tout au long de son existence.


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