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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 20:45

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Adapté en 1986 d’un roman best seller de Umberto Ecco, « Le nom de la rose » césarisé en 1987 est un classique du cinéma et sans conteste l’un des meilleurs films de Jean-Jacques Annaud.

L’histoire narre dans le Moyen-âge du XIV ième siècle, une étrange enquête menée par un moine franciscain anglais Guillaume de Baskerville (Sean Connery) et son jeune assistant Adso de Melk (Christian Slater alors juvénile) dans un monastère bénédictin isolé dans une zone montagneuse de l’Italie du Nord.

Depuis quelques temps en effet se déroulent des meurtres inquiétants venant troubler l’isolement et le travail intellectuel des moines chargés de traduire les œuvres du grec au latin.

Fidèle disciple de Saint François d’Assise qui prônait le dénuement et d’Aristote, Guillaume se fie à son esprit logique, à ses capacités d’observation et de déduction pour essayer de démêler la raison profonde qui amène des traducteurs à mourir soit en se jetant du haut du monastère, soit en se noyant dans une bassine de sang.

Malgré quelques réticences par rapport aux avancées de leur enquête notamment du directeur de l’abbaye le vieil aveugle Jorge de Burgos (Feodor Chaliapin) et de son adjoint peu sympathique Malachie de Hildesheim (Volker Prechtel) qui lui interdisent mystérieusement l’accès à la bibliothèque, Guillaume et Adso vont peu à peu comprendre que ceux qui meurent sont tous les traducteurs à avoir été en contact avec un livre mystérieux dont les pages sont empoisonnées à l’arsenic.

Entre temps, le duo croise des personnages inquiétants comme le bossu fou Salvatore (Ron Pearlman) et son maitre Remigio de Voragine (Helmut Qualtinger) deux anciens membres d’une fraction religieuse extrémiste.

Jeune et influençable, Adso connait même l’amour physique avec une jeune et belle paysanne brune (Valentina Vargas) lors d’une scène particulièrement torride.

Mais après la découverte d’un passage secret menant à la bibliothèques ou sont entreposés des livres interdits remettant en cause un enseignement strict de la religion, les avancées des deux hommes se trouvent bloquées par l’annonce de Bernardo Gui (F Murray Abraham) représentant de la toute puissante Inquisition, chargé d’éradiquer le démon sensé s’acharner sur l’abbaye.

Viel ennemi de Baskerville, Gui l’oblige à se porter juré dans le procès de la paysanne, de Salvatore et Remigio tous trois accusés un peu facilement de sorcellerie.

Malgré son courage et son intelligence, Baskerville ne peut rien contre la puissance aveugle de l’Inquisition qui arrache des aveux sous la torture et condamne les trois pauvres victimes à être brulées vives.

Baskerville et Adso tentent alors le va tout, brave les interdictions pour retrouver le fameux livre maudit, le poétique d’Aristote que de Burgos cherche à interdire en raison des idées jugées subversives notamment sur le droit aux moines de rire.

Entre les trois hommes la lutte est âpre, aboutit au suicide du vieil homme et à un énorme incendie qui ravage l’abbaye, distrayant les bourreaux des trois condamnés.

Seule la jeune paysanne échappe par miracle à son sort, provoquant un intense tiraillement du jeune Adso, partagé entre son engagement spirituel et son amour terrestre bien réel.

Pourtant le jeune choisit la foi, délaissant les plaisirs de la chair, même si il avoue en épilogue à la fin de sa vie qu’il n’a cessé toute sa vie durant de rêver à la jeune femme.

En conclusion, j‘ai beau l‘avoir vu au moins cinq fois, « Le nom de la rose » reste pour moi une référence incontournable en raison de son ambiance moyenâgeuse particulièrement captivante.

Sean Connery incarne le moine idéal : progressiste, humain, désintéressé et d’une intelligence aigue.

Son charisme rassure dans cet univers sombre, violent et effrayant ou la religion sert de paravent à tous les vices : homosexualité cachée, viols,  meurtres et quête de pouvoir.

On frémit souvent devant la galerie de « freaks » dénichée par Annaud comme Pearlman plus bestial que jamais ou Chaliapin aussi spectral que l’empereur Sith de Star wars.

Malgré la longueur du film, on se laisse porter par l’ambiance de cette enquête à mi chemin entre le « Da Vinci Code » et « Notre Dame de Paris » évoluant dans des temps obscurs ou la foi brandie comme une arme, pouvait tuer sur commande.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 15:48

civil war4

 

 

Il était logique après avoir dévoré l’ouvrage de John Keegan que je me penche sur son pendant documentaire avec le monstrueux pavé appelé « The civil war » du cinéaste Ken Burns.

Ce documentaire de plus de onze heures diffusé en 2008 sur Arte est un prodigieux travail d’historien pour reconstituer le conflit de la guerre de Sécession qui ensanglanta les Etats Unis d’Amérique de 1861 à 1865.

Pour rendre l’ingestion plus commode, je vous propose donc de tronçonner le visionnage du film en quatre Dvd de trois heures environ chacun.

Le premier d’entre eux se compose de deux parties, la première appelée « La cause » et la seconde « L’impasse sanglante ».

Dans « La cause », Burns revient sur les évènements ayant menés à l’affrontement militaire.

Il est ainsi question de la forte montée en puissance des mouvements abolitionnistes au Nord des Etats-Unis en cohérence avec les idées progressistes alors en vigueur en Europe.

Ces mouvements se matérialisent par l’élection d’Abraham Lincoln, élu président avec 40% des voix qui est un fervent partisan de l’abolition de l’esclavage.

Bien entendu, le Sud qui tire l’essentiel de sa richesse de l’exploitation des champs de coton dans lesquels travaillent des esclaves pour les grands propriétaires, se rebiffe sous l’impulsion du sénateur Jefferson Davis.

Entre les deux camps la tension monte rapidement, ce qui aboutit à la Sécession des Etats du Sud puis au premier acte d’agression de Fort Sumter (Charleston), fort nordiste pris d’assaut qui malgré le coté purement symbolique de l’attaque, déclenche la mobilisation générale des états de l’Union.

Ken Burns donne la parole aux historiens contemporains (Shelby Foote, Barbara Fields) qui prodiguent leurs analyses précises mais de manière plus touchante aux acteurs de l’époque  à travers des manuscrits historiques.

Ainsi on comprend par les témoignages d’esclaves affranchis comme Frederick Douglas la dureté des conditions de vie des esclaves et la difficulté pour les Noirs même affranchis de trouver leur place dans l’armée nordiste.

Le journal de Mary Chesnut femme d’un sénateur sudiste surprend par la largesse et la modernité de ses vues à contre courant du camp de son mari.

On assiste à une exposition rapide des principaux acteurs politiques et militaires de l’époque comme Abraham Lincoln à l‘intelligence supérieur, Ulysse Grant (inapte à la vie civile), William Sherman (à tendance dépressive) Nathan Bedford Forrest (cavalier émérite et guerrier jusqu‘au boutiste), Samuel Jefferson (peu commode), Lee (brillant mais trop succinctement évoqué), mais également de simples soldats du rang comme le sudiste Sam Watkins ou nordiste Elijah Hunt Rodes dont les récits intimes dépouillés de tout artifice de communication demeurent parmi les témoignages les plus émouvants du conflit.

Même si le Nord est beaucoup plus riche et quatre fois plus peuplée que le Sud, ce dernier se bat avec courage, profitant des nombreuses erreurs de commandements réalisés dans le camps adverse notamment lors de la terrible bataille de Bull Run (Manassas) ou Stonewall Jackson et Beauregard défont les troupes du vieillissant Mc Dowell qui sera après coups remplacé par le très médiatique général Mc Clellan.

Les photos d’amputations permettent de prendre conscience des dégâts sur le corps humain provoqués par la puissance de feu des fusils.

Expert en formation et logistique, Mc Clellan qui a beaucoup étudié les armées européennes, instaure une stratégie complexe de prise en tenaille du bloc Sudiste afin de l’asphyxier, qui s’avérera inefficace en raison d’un manque tempérament.

Au final, la première partie s’achève par une lettre poétique particulièrement émouvante d’un major nordiste Sullivan Balou, adressé à sa femme en guise d’adieux.

Légèrement plus courte, la seconde partie centrée sur l’année 1862, montre la montée en puissance des conflits de plus en plus intenses ou il n’est pas rare de voir 30% des effectifs engagés décimés.

Les correspondances entre Lincoln et Mc Clellan montrent l’exaspération croissante du président face à l’attentiste de son général en chef des armées, paralysé par un sentiment de peur face au nombre de ses ennemis.

Un zoom plaisant est réalisé sur les innovations dans le domaine naval comme l’apparition des premiers cuirassés (le Merrimack Sudiste et le Molitor nordiste à tourelle tournante) qui envoyèrent aux oubliettes les navires militaires traditionnels.

Du coté fluvial, face à l’attentisme de Mc Clellan, Grant remporte ses premiers succès au Kentucky en impressionnant par son calme et sa détermination.

Le point culminant de l’affrontement est Shiloh (Pittsburgh Landing), choc effroyable qui surpasse en horreur le pourtant déjà horrible Manassas.

Après un premier choc favorable aux sudistes, les renforts nordistes arrivent et permettent à Grant et Sherman de prendre le dessus sur Beauregard et Johnston qui est tué au combat.

Même si la victoire douloureuse de Shiloh laisse des traces dans les deux camps, le Sud commence déjà à avoir du mal à soutenir l’effort de guerre en moyens humains et matériels.


En conclusion, très dense, « The civil war, dvd 1 » permet de mieux comprendre le déroulement de ce conflit d’une envergure exceptionnelle.

Si la première partie consacrée à l’exposition de la situation met du temps à démarrer, on est rapidement happé par la puissance des témoignages écrits retrouvés par Burns et encore plus par les photos d’époque qui permettent de mettre des visages humains sur l’horreur des conflits.

Les innovations technologiques : amélioration de la puissance de l’artillerie, des fusils, emploi de mines et de cuirassés expliquent le nombre élevé des victimes broyées lors des assauts par des tempêtes de feu et d’aciers.

Trop orgueilleux, Mc Clellan par ailleurs brillant théoricien, se montre incapable de mener à bien la stratégie de Lincoln par manque de contrôle de soi et de clairvoyance, qualités qui seront l’apanage de son rival le plus modeste Grant, homme de terrain au courage indomptable.

« The civil war, dvd 1 »  laisse donc en attente, devant une offensive nordiste puissante mais indécise en raison des qualités de ses opposants notamment le général Lee défenseur de la ville de Richmond.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 22:56

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J’ai toujours été fasciné par la guerre de Sécession.

Ceci remonte à mon enfance ou les costumes bleus et gris des belligérants me faisaient rever et ce sentiment fut augmenté par la série à succès « Le Nord et le Sud » diffusée dans les années 80 à la télévision française.

C’est donc avec un grand plaisir que j’ai découvert « La guerre de Sécession » de l’historien britannique John Keegan.

Paru en 1997, « La guerre de Sécession » est un gros pavé retraçant le déroulé des évènements de manière chronologique dans ses premiers trois quarts avant de prendre du recul en proposant des sujets transverses dans la dernière partie.

Puisant ses origines dans une clause originelle de la Constitution américaine visant à abolir l’esclavage qui fournit la principale main d’œuvre pour l’exploitation des champs de coton des Etats du Sud, le différend s’envenime en 1860 quand Abraham Lincoln, le nouveau président des Etats-Unis entreprend de durcir le ton contre les onze états sécessionnistes qui ont crée la Confédération.

Les états du Nord regroupés dans l’Union et les Confédérés vont alors entrer dans un conflit armé avec en toile de fond la prise de contrôle des états de l’Ouest américain, vastes territoires alors considérés comme en friche.

Keegan dresse tout d’abord un tableau des forces en présence avec le nord des Etats Unis plus peuplé, plus riche, plus avancé industriellement et aux idées plus progressistes et le Sud, globalement pauvre, rural dont l’économie repose quasi exclusivement sur les exportations de cotons avec l’Europe.

Devant l’imminence de la lutte armée, les deux blocs vont devoir se structurer pour faire de volontaires peu expérimentés de véritables soldats.

Les officiers des deux camps, formés à l’Académie de West Point, s’inspireront des grandes armées européennes notamment napoléoniennes pour diriger leurs troupes.

Retranché à Washington, le brillant Lincoln affrontera à distance son adversaire sudiste Jefferson Davis localisé à Richmond en essayant de trouver le général d’exception capable de lui faire prendre l’avantage.

En effet, l’immensité du territoire, le manque de cartes fiables et le réseau de chemin de fer inharmonieusement développé vont rendre la conduite de la guerre particulièrement délicate.

A l’offensive, le Nord va chercher à prendre le contrôle des grandes rivières menant au Sud comme le Mississipi, l’Ohio et le Tennessee.

Le premier choc a lieu en 1861 à Bull Run prêt de Manassas, à la lisière de la Virginie ou les armées du général nordiste Mc Dowell trop confiantes, essuient une défaite face aux troupes de Beauregard et Jackson se dernier acquérant à cette occasion son surnom de mur de pierre « Stonewall ».

Prenant la suite des armées nordistes sous l‘autorité du chef d‘état major Mc Halleck, le général Mc Clellan va élaborer une stratégie assez attentiste misant sur l’évitement d’un choc trop frontal et sur une asphyxie économique du Sud, dont les exportations ont été stoppées par un blocus maritime de la Marine du Nord.

Officier brillant intellectuellement et bardé de diplômes, Mc Clellan va, à la tête de l’armée du Potomac, par son caractère indécis et angoissé, contribuer à bon nombres d’errements dans le déroulement des opérations militaires nordistes.

En 1862, à Shiloh prêt de Pittsburg, Grant qui a réussit à prendre deux forts navals stratégiques sudistes et Sherman  affrontent leurs homologues sudistes Johnston et Beauregard dans un espace réduit délimité par une végétation hostile.

Le résultat est terriblement meurtrier faisant plus de dix mille morts de part et d’autres en trois jours d’affrontements avec une nouvelle déconvenues du Nord.

Mc Clellan ne fera pas mieux lors de la bataille des sept jours prêt de la ville de Richmond et malgré une supériorité numérique écrasante sera vaincu par le fameux général sudiste Robert E Lee.

Redoutable combattant et meneur d’hommes, Lee et son fidèle général Jackson, compensèrent leur infériorité numérique en menant une guerre de mouvement faite de prises d’initiatives rapides et de manoeuvres alors inédites mettant à mal les manoeuvres timorées d’un Mc Clellan tétanisé au moment de conclure.

Portant la guerre sur le territoire nordiste, Lee affronte Mc Clellan dans l’état du Maryland à la bataille de l’Antietam.

Cette bataille est un nouveau carnage avec une nouvelle fois plus de dix mille morts de part et d’autres.

Malgré son ascendant, Mc Clellan est une nouvelle fois incapable de prendre l’avantage décisif que souhaite Lincoln qui finit par le limoger au profit de Burnside qui encaissera à Fredericksburg (Virginie) une des plus cuisantes défaites de l’Union.

Les Nordistes parviennent enfin à inverser la dynamique fatale à Gettysburg (Pennsylvanie) en 1863 ou le général Meade nommé en remplaçant de Hooker lui aussi gagné par le démon du doute, fait preuve d’un caractère suffisamment bien trempé pour prendre l’avantage sur Lee.

Mais une nouvelle fois l’horreur des combats et les 56000 morts, laissent les troupes si épuisées que Meade n’est pas capable de porter le coup de grâce aux Sudistes.

Cette victoire que d’aucuns voient comme le tournant de la guerre ou tout du moins le pic absolu de son intensité, se couple aux succès du général Grant qui parvient après une lutte acharnée à prendre la forteresse de Vicksburg puis dans la foulée à emporter les grandes villes d'Atlanta et de Knoxville.

Remarqué par ses succès militaires, Grant devient l’homme fort du moment et est nommé par Lincoln comme chef de de l'armée.

Intelligent, courageux et déterminé, Grant va charger son adjoint Sherman de mener une campagne de destruction  visant à faire souffrir les populations civiles du Sud pour abréger le conflit.

Le duo Grant-Sherman va se révéler enfin la combinaison idéale permettant à Lincoln de prendre inexorablement le dessus sur un Sud exangue numériquement et économiquement.

Dés lors, les coups de bravoure de Lee ne parviendront qu’a repousser le lent effondrement des Confédérés qui se soldera par la défaite de Lee à Petersburg en 1865.

Après la reddition du plus brillant général sudiste, l’affaire tourne à la simple formalité pour Lincoln qui peut faire emprisonner le président Jefferson Davis.

La dernière partie du livre de Keegan, se propose de se focaliser sur divers angles d’appréciations du conflit comme le traitement des Noirs, admis après leur affranchissement par les armées de l’Union malgré de forts préjugés raciaux latents, les différentes personnalités des chefs de guerre, les innovations technologiques militaires comme le fusil Springfield, l’emploi de navires cuirassés ou même du premier sous marin sudiste le Hunley et enfin les écrivains de la guerre comme le poète Walt Whitman avant d’analyser les conséquences du conflit suite à l’assassinat de Lincoln en 1865.

En conclusion, « La guerre de Sécession » est un ouvrage titanesque qui satisfera la curiosité des plus acharnés d’entre vous.

Tout y est décrit ou presque avec un soucis minutieux du détail.

Keegan parvient à nous faire ressentir l’horreur d’un conflit qui fit plus de 6200 000 morts, assurément la plus grande boucherie avant les guerres mondiales.

On est frappé de la férocité de combattants partageant la même langue et une grande communalité culturelle, luttant dans de sanglants combats d’infanterie ou les hommes tentaient au courage de prendre des positions dans des lieux encaissés, boueux et à la végatation enchevêtrée.

Si j’ai bien entendu grandement apprécié le récit des conflits, il m’a été en revanche difficile d’assimiler toutes les informations et de discerner de manière synthétiques les grands tournants de la guerre que sont Antietam, Gettysburg ou Vicksburg.

La facette la plus intéressante du livre a été pour moi l’analyse des stratégies de chefs, avec les multiples hésitations de généraux premiers de la classe perdant leurs moyens dans le feu de l’action ce qui rend pour moi la guerre si fascinante en tant que révélatrice ultime de la personnalité profonde d’un individu.

Au final on ressort de cette lecture ébranlé, charmé, fasciné par la grandeur de personnages dignes de rentrer dans l’histoire comme Lincoln, Grant, Lee ou à un niveau moindre Meade, Jackson.

Une œuvre particulièrement dense qui vous marque au fer rouge.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 22:52

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Après « Clovis » autre grand personnage de l’histoire de France en la personne de « Charlemagne » d’après un ouvrage faisant figure de référence écrit par le spécialiste Arthur Kleinclausz.

Je dois avouer que au commencement de la lecture de ce volumineux ouvrage, mes connaissances sur l’empereur des Francs étaient des plus minimalistes.

On comprend avec le début du livre longuement consacré à discuter de la fiabilité des sources historiques, que Kleinclausz est un historien rigoureux et méticuleux.

Né de glorieuse ascendance carolingienne à la fin du VIII ième siècle après JC, Charlemagne est le fils de Pépin le Bref et petit fils de Charles Martel, deux grands rois guerriers qui ont conclu des victoires décisives sur les troupes musulmanes ennemies.

Cet homme robuste dont la taille est estimée entre 1,92m et 2m04,  hérite d’un royaume Franc formant un arc nord-sud en passant par l’ouest du territoire en allant d’une partie de l’Allemagne moderne bordé par Cologne jusqu’à l’Aquitaine en passant la Bretagne, l’autre moitié étant dévolue à son frère Carloman.

Rapidement, Charlemagne va s’imposer par ses succès militaires assez stupéfiants comme un insatiable conquérant.

A la mort de Carloman, il annexe le royaume de son frère puis se tourne vers ceux qui seront ses plus célèbres ennemis, les Saxons.

Fervent catholique, Charlemagne va se faire un devoir de convertir les Saxons païens au christianisme et multiplier les expéditions militaires jusqu’à s’assurer de la soumission totale de cette région en 783.

Mais malgré sa foi, le souverain franc se caractérise comme un roi puissant qui entend s’imposer au Pape Hadrien.

Il profite de la menace que fait peser le roi des Lombards Didier sur Rome pour intervenir, défaire ses ennemis, conquérir cette région et gagner les bonne grâces du Pape avec qui une lutte à distance complexe s’instaure.

Charlemagne fonde la capitale de son royaume à Aix-la-Chapelle, ville thermale de Rhénanie ayant la particularité de se trouver prêt de grandes forets capable de rassasier son gout pour la chasse.

Malgré quelques revers militaires contre les Arabes et les Basques en Espagne ou les zones montagneuse des Pyrénées causèrent la célèbre défaite de Roland à Roncevaux, Charlemagne consolide son royaume en Saxe ou il mate les tentatives de rébellion instaurées par Witkind.

Il l’étend même en 788 en conquérant le Bavière de Tassilon et le royaume des Avares en Hongrie, pourtant dernier descendants des redoutables guerriers Huns.

Le victoire militaire doublée de l’évangélisation des nomades provoquera l’extinction définitive du peuple Avare.

Avec la mort de Hadrien vient une nouvelle relation avec son successeur Léon III.

Plus faible que Hadrien, Léon III cède sous tous les points à Charlemagne qui devient le véritable chef spirituel de l’empire chrétien d’occident et imposera ses points de vue dans les querelles théologiques avec les dissidents « adoptianistes » Espagnols ou  l’iconoclasme Byzantins adorateurs des images divines.

Mais Charlemagne n’est pas qu’un chef militaire et religieux.

Une fois son royaume solidement implanté en Europe, il va consacrer son énergie à réformer l’administration de l’empire Franc.

Il divise les régions en domaines royaux appelés villas, gérées par un représentant laïc et un religieux.

Il gouverne en despote éclairé et centralise autour de sa personne toutes les décisions importantes mais peut exceptionnellement déléguer son pouvoir à ses missi dominici, envoyés dans les régions pour faire respecter l’autorité du roi.

Les principales réformes concernent la mise en place d’un serment de fidélité que lui doit chaque citoyen, des nouvelles relations de vassalités, l’harmonisation des unités de mesures, de la monnaie autour du denier d’argent et le prélèvement de la dime pour l’Eglise qui gagnera considérablement en puissance et en richesse sous son règne.

Autodidacte, Charlemagne n’aura de cesse de combler ses lacunes scientifiques, théologiques et culturelles en s’entourant d’intellectuels comme son favori le britannique Alcuin à qui l’on doit une importante source écrite de sa vie.

Il promut l’enseignement afin de former des prêtres érudits capable de retranscrire fidèlement les Evangiles.

Après s’être fait nommé empereur en 800 ap JC, et que son fils  l’impétueux Louis eut essuyé de nouveaux revers face aux Arabes en Espagne, Charlemagne se dote d’une flotte de combat pour contenir les raids des Normands sur son royaume et se tourne vers son principal ennemi, l’empire Byzantin gouverné par l’impératrice Irène.

La lutte d’influence aura lieu lors des batailles navales de Méditerranée, ou les Vénitiens et Dalmates tournèrent d’un camps à l’autre avant un accord en 813 à leur dépens entre les deux supers puissance d’Orient et d’Occident.

Vieilli et fatigué, le souverain aura le temps de passer le pouvoir à son fils Louis avant d’être enterré à Aix la Chapelle avec les honneurs dus à son rang.

En conclusion, « Charlemagne » est un ouvrage ultra dense et exhaustif pour tout savoir de la vie d’un souverain comme très peu en connu la France.

Le parcours de cet homme d’exception laisse en effet pantois avec cette redoutable science lui permettant de manier la puissance des armes et l’art de la diplomatie.
Homme de pouvoir, Charlemagne pouvait être durs lorsque les circonstances l’exigeaient mais savait également faire preuve de mesure et maitrise de soi.

Bâtisseur, fédérateur de l‘Europe de l‘Ouest, il utilisa comme Clovis sa foi pour unifier son peuple tout en se portant aux avant postes de la conquête chrétienne en faisant barrage aux Musulmans et convertissant sans relâche les peuples vaincus.

Même si la légende des siècles à considérablement changé la réalité des faits pour créer faire de Charlemagne un saint ou un personnage fabuleux, il existe en toute rigueur peu d’équivalent donc à un souverain de cette envergure dans l’Histoire de France, surclassant  même Napoléon et Louis XIV.

Quelques critiques cependant sur la forme adoptée par Kleinclausz dense, touffue avec quelques lourdeur, qui rendent l’ingestion de ce livre passionnant parfois difficile.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 22:40

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Poursuite de la découverte de l’histoire de France avec « Clovis » de Michel Rouche.

Le volumineux ouvrage de l’historien prend place lors de la déchéance de l’Empire romain, divisé en Empire d’occident et d’Orient depuis la mort de Théodose en 395.

A cette époque, l’Empire romain miné par les grandes invasions des Wisigoths et Ostrogoths, est obligé de faire des concessions après ses lourdes défaites militaires et entretient des relations complexes avec ces barbares qu’il craint mais à qui il donne le statut de fédérés pour s’assurer de leur fidélité.

Ainsi, Rome tombe aux mains de Goths, les Vandales s’installent en Afrique du Nord et  l’empereur Honorius retranché à Ravenne, donne aux Wisigoths l’Aquitaine alors qu’ils étaient déjà e, Espagne.

C’est la fin de l’Empire romain d’Occident et seul l’Empire romain d’Orient reste puissant sous le règne de Théodose.

L’Empire romain déjà christianisé depuis Constantin essuie cependant une crise avec la montée de l’Arianisme, religion chrétienne niant la Sainte Trinité et la divinité de Jésus-Christ.

Supérieurs en nombre et majoritairement arianistes, les barbares sont souvent enrôlés en raison de leurs aptitudes guerrières comme auxiliaires dans l’armée romaine ou ils prennent une place toujours  plus dominante.

En contre partie les barbares s’imprègnent de la culture romaine et adoptent bon nombre de leurs lois tout en conservant leur propre système basé sur la puissance du roi ayant fait ses preuves à la guerre et des multiples remariages entre clans permettant de conserver une lignée prestigieuse et donc le pouvoir.

L’invasion des Huns au début du Viéme siècle déclenche d’importants flux migratoires des populations fuyant les invincibles conquérants asiatiques.

Romains et Goths font alliance contre leur ennemi commun et parviennent à le vaincre au cours de la célèbre bataille des champs Catalauniques en 451 après JC.

A cette époque Clovis est un petit roi des Francs Saliens, peuplade germanique vivant sur la rive droite du Rhin.

Comme chacun des rois de cette époque, il doit livrer bataille à ses voisins Thuringiens ou Alamans ou conclure des alliance par mariage pour ne pas disparaitre.

C’est ainsi qu’il épouse Clotilde la fille du roi Burgonde Chilperic II, ce qui lui permet de construire une alliance solide avec un peuple puissant en Gaule.

Sous l’impulsion de sa femme mais également de Geneviève, mystique religieuse parisienne adepte de Saint Martin, prônant une pratique de la religion chrétienne plus proche des préoccupations du peuple, Clovis va compenser sa faiblesse miltaire par une politique habile utilisant la religion chrétienne pour se rapprocher de l’Empire romain d’Orient.

Suite à la victoire de Tolbiac, il se convertit officiellement au christianisme en se faisant baptiser à Reims en 498.

Theodoric le puissant roi des Ostrogoths qui règne sur l’Italie et a tissé un jeu complexe d’alliance par des mariages visant à stabiliser son royaume, devient alors le principal rival de Clovis.

Après avoir également fait des concessions aux Armoricains en échange de cavaliers lourds capable de rivaliser avec ses rivaux Goths, Clovis profite de la protection de l’Empereur d’Orient Anastase qui tient en respect les troupes Ostrogoths et Vandales et réussit alors une spectaculaire percée vers lle Sud-Ouest en tuant le général romain félon Syagrius et le roi des Wisigoths, Alaric II.

Prudent, il se retire vers le nord de la Gaule et affermit son royaume en se faisant nommer consul et pratrice par Anastase.

Les principales décisions de Clovis sont de faire massacrer quasiment toute sa famille, d’opter pour une vie monogame mais surtout d’imposer la loi Salique pour mettre fins aux faides sortes d‘éternelles vendetta nordiques, puis de modifier le bréviaire d’Alaric reprenant le code Théodosien pour interdire les mariages consanguins permettant aux oncles  ou cousins de prendre le pouvoir.

Il prend aussi soin d’établir de bonnes relations avec les évêques en se soumettant à la puissance du Pape, en exonérant d’impôts les possessions de l’église.

Après sa mort, sa femme Clotilde fit tout pour conserver son œuvre mais ses fils rétablirent les anciennes coutumes germaniques avec  la clé sanglantes vendettas et polygamie.

En conclusion, « Clovis » est un livre historique dense et difficile permettant de mieux comprendre l’avènement d’un petit roi germain réputé fondateur de la France par ses victoires militaires, sa romanisation et par sa conversion au catholicisme.

On voit que le personnage de Clovis est donc très symbolique et on ne peut être qu’étonné par la surprenante ascension d’un homme habile réussissant à se frayer un chemin entre empire romain certes déclinant mais toujours incroyablement influent et empire goth régnant par la guerre, le meurtre et l’adoption d’une religion controversée.

Comme le prouve l’épisode connu du vase de Soissons ou le massacre impitoyable de sa propre famille, Clovis n’était sans doute pas un enfant de chœur mais il accomplit une remarquable tentative de stabilisation du royaume des Francs, en utilisant à merveilles les outils qui étaient à sa disposition (législation romaine, religion chrétienne).

J’ai également apprécié de mieux connaitre les relations complexe entre les peuples barbares s’affrontant en permanence pour accroitre leur territoire avec en arrière plan l’Empire romain d’Orient tentant de les manipuler.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 23:07

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Suite logique du premier tome,  « La Révolution française, tome 2, aux armes citoyens ! » est le deuxième volet de la série de livres consacrés à la Révolution française par Max Gallo en 2009.

L’histoire reprend juste après l’exécution de Louis XVI en 1993 et décrit majoritairement les conflits politiques puis armés entre les différentes factions de la Convention, les Montagnards partisans de l’exercice de mesures toujours plus radicales pour préserver leur idéal de Révolution et les Girondins plus modérés, désireux de sauvegarder l’ordre établi et mais également de s’enrichir personnellement.

La mort du roi n’apporte qu’un court apaisement à ses affrontements tant il est vrai que la nouvelle France républicaine doit livrer bataille contre les armées royalistes autrichiennes et anglaises mais également contre la puissante insurrection vendéenne des Chouans.

Au sein des différentes factions, Robespierre et ses Jacobins font cause commune avec le populaire tribun Danton du club des Cordeliers pour affronter les Girondins emmenés par Brissot.

Mais il existe néanmoins d’autres mouvements aussi dangereux qu’incontrôlables comme celui des Enragés de Jacques souhaitant l’égalité sociale et la taxation des denrées ou celui des Exagérés de Jacques René Hébert poussant le peuple toujours affamé à la révolte pour faire passer des mesures liberticides ou anti chrétiennes.

Robespierre aidé de son frère Augustin et du toujours virulent Marat utilise le climat de tension provoqué par la trahison du général Dumouriez passé à l’ennemi pour prendre le dessus et faire créer le Comité de Salut Public seul capable de juger les députés de la Convention.

Dés lors les Girondins sont pris au piège, mis en accusation pour trahison, arrêtés puis exécutés.

Marat paye le prix de cette victoire en étant assassiné par Charlotte Corday, une sympathisante Girondine mais ceci n’arrête pas la frénésie de Robespierre qui fait exécuter l’encombrante Marie-Antoinette pour tenter d’apaiser les révoltes populaires et parvient ensuite à éliminer son principal rival Danton, compromis dans des scandales de détournement de fonds.

Danton apparait ici comme un orateur d’une puissance inouïe, capable de magnétiser une foule par la parole mais aussi comme un profiteur, un homme à la morale trouble et adaptable selon les circonstances, ce qui contraste avec l’austère rigidité ascétique d’un Robespierre se sentant investi d’une mission d’ordre divine.

Après s’être également débarrassé des extrémistes de Hébert, Robespierre doit affronter les autres membres des Comités de salut public (Carnot, Cambon, Billaud-Varenne, Collot d‘Herbois).

Il perd finalement ce combat et est guillotiné avec ses proches (Saint Just, Couthon, son frère Augustin) en 1794.

Les nouveaux hommes forts sont Barras, Fréron, Fouché et Tallien et sont appelés les Thermidoriens.

Les royalistes ressortent de leur silence et le mouvement des Muscadins formé de jeunes gens aisés traque sans répit les Robespierristes pour les éliminer et qui se heurteront pendant longtemps aux groupes de sans culottes révolutionnaires.

Le Directoire se forme en 1795 et est dominé par Barras, homme habile et corrompu dont l’absence de notion du bien public aggravera la situation économique déjà peu enviables des français.

Dans cette France troublée, fragile et profondément inégalitaire, beaucoup déchantent et se montrent déçu des résultats de la Révolution, qui n’a pas résolu les problèmes de base des foyers.

C’est alors qu’une porte s’ouvre pour les généraux s’étant brillamment illustrés lors des guerres contre les armées royalistes.

Si Hoche, Masséna et Kléber sont assurément de grands militaires, c’est le corse Napoléon Bonaparte victorieux d’une éclatante manière lors de la campagne d’Italie qui fait le plus parler de lui, accumulant succès sur succès, se montrant également très ambitieux et difficilement maitrisable par un Directoire faible.

Revenu à Paris tout auréolé de prestige, Napoléon saura se placer près des cercles du pouvoir en épousant une ancienne maitresse de Barras, Joséphine de Beauharnais, éviter de faire un faux pas politique l’amenant à se trahir, retourner à son avantage le semi échec de la périlleuse campagne d’Egypte pour apparaitre comme le Sauveur de la France, l’homme providentiel à poigne, seul amène pour les Français de redresser la situation.

Il passera aux actes en 1799 par le coup d’état du 18 brumaire qui lui fera prendre le pouvoir par la force et se faire nommer consul aux cotés de Sieyès et Ducos.

En conclusion, même si il ne contient sans doute pas la partie de l’histoire de France que je préfère, « La Révolution française, tome 2, aux armes citoyens ! » constitue néanmoins un intéressant épilogue aux évènements ayant mené à des changements irréversibles au sein de la société française.

La période de la Terreur instaurée par Robespierre est réellement effrayante, et cette absurde boucherie fratricides entre courants politiques conventionnels n’aboutit à rien d’autre qu’à l’auto destruction des principaux acteurs de la Révolution.

Ces évènements incarnent la bêtise des politiciens avides de pouvoir et incapables de s’entendre pour résoudre les problèmes de la nation républicaine nouvellement crée.

Compte tenu de la tournure des évènements, l’arrivée de Napoléon, introduira le règne d’un dictateur réformateur, homme à poigne, chef de guerre génial et insatiable, qui restaurera la stabilité nécessaire à ce pays fragile soumis à d’énormes pressions internes et externes.

Je recommande davantage le premier tome de la série, plus intéressant pour moi pour comprendre le déroulement des évènements menant au renversement de la monarchie française.

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 12:58

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L’écrivain historien Max Gallo a déjà eu les honneurs de ce blog avec sa série de livres sur les Romains, qui si ils ne permettaient pas de devenir de véritables érudits sur ce vaste domaine, avaient au moins le mérite d’apporter un minima de connaissances.

La démarche adoptée est ici la même avec « La Révolution française, tome 1, le peuple et le roi » premier volet d’une série de deux tomes parus en 2009.

Gallo se concentre ici sur le destin de Louis XVI personnage principal du roman, depuis son ascension prématurée au trône en 1774 à sa mort par guillotine en 1793.

Durant cette période extrêmement intense et mouvementée de l’histoire de France, le mécontentement du peuple va croissant au fur et à mesure que le royaume de France s’enfonce dans une crise économique.

Malgré le succès militaire remportée contre sa vieille rivale anglaise, la France ressort ruinée de son soutien à la guerre d’indépendance des Etats-Unis.

Face à l’hostilité d’un Parlement désireux de conserver les privilèges de sa caste, Louis XVI apparait trop timoré voir apeuré devant les propositions de réformes en profondeur demandées par ses ministres des finances que ce soit Turgot ou le populaire banquier genevois Necker.

Le jeune roi regarde avec méfiance les idées progressistes des philosophes des lumières comme Voltaire ou Rousseau et recherche l’aide de mentors politiques comme l’expérimenté Maurepas.

Il est incapable de toucher aux privilèges accordés aux aristocrates et au clergé.

De plus, sa femme, la très controversée autrichienne Marie Antoinette apparait comme immature, capricieuse, dépensière et complètement coupée  des réalités.

Au fur et à mesure que le peuple étranglé par les impôts et affamé par le manque de pain se soulève en révoltes spontanées d’une grande violence, la pression s’accroit sur Louis XVI qui est finalement contraint en 1789 d’organiser une périlleuse convocation des états généraux.

Cette convocation aboutit à une prise de pouvoir du Tiers Etat composé de travailleurs, bourgeois et ecclésiastiques modestes qui sous l’impulsion de Mirabeau, la Fayette, de l’abbé Grégoire, Sieyès et Bailly,  prêtent serment de créer une assemblée nationale ayant pour but de former une nouvelle constitution plus égalitaire.

Dés lors, Louis XVI apparait comme sans cesse pris de court par les événements et les décisions de l’Assemblée nationale qui  établit la séparation des pouvoirs et place la Nation au dessus de sa souveraineté.

Même si il use à profusion de son droit de véto pour tenter de bloquer les propositions de réformes de l’Assemblée, Louis XVI est contraint de céder progressivement ses pouvoirs.

Mais la situation économique ne s’améliore pas pour autant et les révoltes populaires attisés par certains agitateurs révolutionnaires des clubs (Jacobins, Cordeliers) se font de plus en plus incontrôlables avec la complicité de gardes nationaux sympathisant comme celle qui aboutit au mois de juillet 1989 à la prise de la Bastille symbole du pouvoir autoritaire monarchique.

Il s’ensuit alors deux événements majeurs, l’abolition des privilèges qui détruit le régime féodal et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui sous l’influence des philosophes des Lumières établit l’égalité des traitement des hommes en droit sur des principes de liberté, égalité et de fraternité constituant le socle de la nation française moderne.

Devenu de plus en plus impopulaire, Louis XVI se réfugie dans ses deux passions, la pratique intensive de la chasse et les travaux manuels comme la serrurerie qu’il exerce en solitaire.

Mais la pression populaire est telle que le roi et sa famille lâchés par leurs soldats sont déportés de Versailles à Paris pour être assignés à résidence.

Sentant enfin poindre une menace sur son intégrité physique, Louis XVI tergiverse mais finit tout de même sous l’impulsion de sa femme par envoyer discrètement des missives aux autres monarchies européennes pour venir l’aider à rétablir militairement son pouvoir.

Sous la peur d’une agression militaire étrangère et d’un retour en force des nobles émigrés, s’instaure alors en France un climat de chasse aux sorcières et une frénésie de violence contre les traitres ou espions présumés.

Les nobles et les prêtres réfractaires sont persécutés et atrocement massacrés avec décapitation, démembrations et exhibitions  publiques des corps martyrisés.

Au sein de l’Assemblée, les courants les plus extrémistes portés par les tribuns Marat, Danton ou Desmoulins prennent le dessus sur ceux des Girondins modérés de Brissot,  et justifient les actes de barbarie commis par le peuple.

Robespierre se caractérise par une position certes virulente mais plus attentiste que ces principaux rivaux politiques.

Dés lors après une tentative de fuite avortée en 1791 et un échec de l‘armée autricho-prussienne de Brunswick pour venir écraser les troupes révolutionnaires dirigées par Dumouriez et Kellerman, Louis XVI se sait à courte échéance condamné.

Son procès a lieu en 1793 et aboutit logiquement à une condamnation à mort pour apaiser le peuple par l’élimination du symbole qu’il représente.

Bien que le roi soit soutenu jusqu’au bout par une poignée de fidèles composés de nobles, de gardes du corps ou de soldats suisses, rien ne peut empêcher la marche de l’histoire et l’exécution par guillotine.

En conclusion, avec « La Révolution française, tome 1, le peuple et le roi », Max Gallo permet de mieux comprendre la succession d’évènements ayant menés au basculement le plus crucial de l’histoire de France avec la destruction de la monarchie et l’établissement d’une société républicaine ou la noblesse et du clergé ont mis sous tutelle.

Bien entendu, grace au talent de vulgarisateur de Gallo on sent le vent de l’Histoire souffler avec le sentiment qu’un peuple poussé à bout par la faim, la misère et le désespoir, n’a plus rien à perdre et est prêt à toutes les folies pour renverser ses persécuteurs.

Trop inégalitaire, le système féodal ne pouvait perdurer en des temps aussi troublés tandis que les idées progressistes des philosophes des Lumières gagnaient les esprits pour réformer le modèle de la société.

La violence et la barbarie entretenues par un certain fanatisme révolutionnaire de Marat véritable boucher massacreur ressortent également de cette période de manière particulièrement marquante.

Même si Gallo tente d’humaniser Louis XVI en décrivant l’amour sincère qu’il portait à son peuple ou à sa famille, il parait évident que cet homme timide et passif n’avait pas l’étoffe des grands dirigeants et que sa politique économique désastreuse fut grandement responsable du déclenchement des événements menant à sa perte.

La mort de ce souverain laisse donc un pays menacé par l’extérieur et déchiré par l’intérieur en raison des puissantes rivalités entre hommes politiques (Marat, Danton, Robespierre) prêt à tout pour prendre le pouvoir …

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 20:43

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La période 1914-1918 toujours à l'honneur avec un classique du cinéma en noir et blanc « Les chemins de la gloire » d’Howard Hawks.

Sorti en 1936, « Les chemins de la gloire » a pour toile de fond la vie d’un régiment de soldats français en pleine guerre de premiére guerre mondiale.

Le film narre l’affrontement entre deux officiers aux personnalités saillantes, le capitaine Laroche (Warner Baxter) et le lieutenant Denet (Fredric March)  qui vient servir sous son commandement.

Malade, porté sur la boisson, Laroche est un homme impulsif, autoritaire, endurci par la vie au front mais il compose ce caractère difficile par une grande bravoure et un fort charisme qui provoquent un soutien indéfectible de ses hommes.

Pianiste de formation, Denet a également un fort caractère mais un coté plus sensible qui provoque chez lui des prises de distance voir des interrogations sur les situations vécues au combat.

Les deux hommes se disputent rapidement, surtout après que Denet ait pris l’initiative d’aller secourir un blessé empêtré dans des fils barbelés, obligeant ainsi Laroche à s’exposer personnellement pour le tirer de ce mauvais pas.

Une autre source de tension entre eux est la persévérance du propre père de Laroche (Lionel Barrymore) à s’engager au front malgré son dépassement de la limite d’âge, Denet soutenant le vétéran patriote contre l’avis du fils désirant écarter son père des combats.

 

Au cours d'une charge au milieu des rafales de mitrailleuses, des explosions et des trous d’obus, Denet

tentera meme de couvrir une grave erreur de Laroche pére ce qui provoquera une bref réconcilalition avec le fils.


En parallèle de cet affrontement viril, se déroule un flirt entre Denet et une infirmière militaire appelée Monique (June Lang).

Sérieusement épris, Denet découvrira plus tard que Monique est en réalité la maitresse de Laroche ce qui portera à son paroxysme leur rivalité.

Evincé par Monique, qui lui préfère le jeune Denet, Laroche rendu aveugle par les combats, se venge en renvoyant son rival bléssé dans une mission suicide pour établir une liaison télégraphique permettant de guider les tirs d’artillerie française.

Les hommes tombent comme des mouche et Laroche finit par le rejoindre son père pour un ultime acte héroïque les emportant tous les deux.

En conclusion, « Les chemins de la gloire » fait bien son époque et sonne aujourd’hui un peu daté par rapport aux films de guerre ou d’action plus contemporains.

L’histoire en elle-même autour du triangle amoureux n’est guère palpitante, la rivalité entre deux hommes soumis à des conditions extremes l'est davantage.

Les scènes de combat ou de vie dans les tranchées sont certes impressionnantes mais demeurent à mon sens édulcorées au regard du degré de violence et d’horreur de la réalité du terrain.

Détails assez troublants, aucun Allemand n’apparait jamais dans le film et la fibre patriotique française est longuement mise en avant sans que jamais un seul soldat ne se dérobe à son devoir.

Mis à part sur quelques courtes scènes, « Les chemins de la gloire » est pour moi de facture trop classique pour en faire un film marquant.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:37

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3

 

 

Dans la série classique du film d’époque, « Braveheart » se pose comme une référence.

Sorti en 1995, le film rafla en effet cinq oscars et marqua l’apogée artistique et commerciale de Mel Gibson en tant que réalisateur et acteur avant une brutale descente aux enfers suites à des problèmes personnels (alcoolisme, violences conjugales, antisémitisme).

Long de trois heures, « Braveheart » raconte l’épopée de William Wallace (Mel Gibson) chevalier écossais qui provoqua une guerre d’indépendance contre la toute puissante Angleterre du roi Edouard 1er  (Patrick Mc Goohan) au XIII iéme siècle après Jésus Christ.

Le film présente de manière schématique une Ecosse écrasée par les lois anglaises notamment le droit de cuissage exercé par les nobles anglais sur les jeunes épouses des écossais.

Wallace fou amoureux de son amour d’enfance Murron (Catherine Mc Cormack) réagit brutalement à une tentative de viol de soldats anglais ce qui provoque la mort en représailles de sa belle.

Ivre de rage, il se lance dans un raid punitif contre les soldats anglais et déclenche une révolte en chaine parmi les autres écossais qui massacre leurs bourreaux.

Pris dans un engrenage, Wallace montre ses capacités de chef en mobilisant des hommes surmotivés prêt à briser le joug anglais et inflige de sérieuses défaites à ses adversaires pourtant mieux équipés avec des arcs et une cavalerie.

Edouard 1er parti en France s’assurer de la consolidation de la paix avec ses rivaux de toujours, regrette amèrement d’avoir laissé le commandement à son fils Edouard II présenté comme homosexuel et peu enclin à diriger.

Mais même Edouard 1er doit admettre que Wallace est un redoutable chef militaire capable de défaire l’Angleterre sur ses propres territoires.

Il se montre alors brillant stratège politique en utilisant Isabelle de France (Sophie Marceau) la femme de son fils comme médiateur afin d’amadouer la position de son rival et joue ensuite habilement sur la traitrise des nobles écossais qui préfèrent préserver leurs terres en restant sous domination anglaise plutôt que de toute perdre dans une hasardeuse guerre d’indépendance.

Wallace finit par être victime de cette politique et est finalement défait après avoir essuyé la trahison de Robert le Bruce (Angus Mc Fadyen) le roi d’Ecosse.

Arrêté, Wallace demeure fidèle à ses principes d’intransigeance et meurt après avoir été supplicié en public et entrevu Murron en rêve le rassurer.

Mais la mort de Wallace sert tout du moins de détonateur pour Robert le Bruce qui s’avise de son erreur et terminera le combat pour l’indépendance de l’Ecosse.
En conclusion, « Braveheart » est un film reposant sur des idées simples et fortes ce qui explique son coté universel (la lutte pour la liberté) et son immense succès populaire.

Son intérêt principal est pour moi l’envergure des ses immenses batailles médiévales ou la férocité des combattants s’exprime dans de sanglants corps à corps à l’arme blanche.

Assez astucieusement, Gibson introduit une dimension romantique avec sa bien aimée décédée qui lui apparait en rêve pour le guider et le rassurer, ce qui lui permet d’adoucir quelque peu l’odyssée guerrière de son héros et de toucher un public féminin en général réceptif à ce type d’histoire.

Loin de partager l’engouement des critiques pour « Braveheart » , je salue cependant son efficacité et son sens du spectacle sans y trouver pourtant le moindre génie.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 17:56

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Merveilleuse initiative de publier les lettres des soldats français de la Première guerre mondiale dans un ouvrage de Jean-Pierre Guéno et Yves Laplume, puis de le rendre en 2007 plus accessible en adaptant une sélection d’entre elles en format bande dessinées pour donner « Paroles de poilus : lettres et carnets du front 1914-1918 ».

On trouve donc dans cet ouvrage découpé selon les quatre saisons une quinzaine de textes de soldats français pour la plupart jeunes et fantassins, accompagnés d’une courte biographie et de l’illustration de quelques planches de bande dessinée correspondante.

Disons le tout de go, la plupart de ces témoignages sont bouleversants de vérité et révèlent la violence absolue du quotidien de ces hommes du front confrontés à des conditions de survie inhumaines dans la boue, le froid, la vermine (poux, rats) , la malnutrition et les maladies, dans l’attente de combats effroyables au cours desquels la hiérarchie militaire mal informée lancerera des charges suicidaires contre les tranchées ennemies.

A ce titre, les passages consacrés aux descriptions des blessures contractées lors de combats ou aux épouvantables visions de charniers humains à ciel ouvert sont les images les plus fortes comme les récits de Désiré Edmond Renault, sauvé miraculeusement de la mort par le dévouement de ses camardes et de quelques infirmières militaires ou du médecin auxiliaire Maurice Antoine Martin Laval témoin privilégiés des dégâts occasionnés sur les corps des hommes.

Bien entendu sur des thèmes pareils, les illustrations sont macabres et prennent souvent l’allure de scènes d’apocalypse comme les quelques planches de Juan Gimenez.

Outre le quotidien de la vie au front, les lettres trahissent l’humanité de leurs auteurs, soucieux de l’avenir de ce qu’ils ont laissé derrière eux : parents, femmes, enfants, amis, entreprise.

Certains tiennent à se montrer forts comme le tarnais Michel Taupiac, qui endure bravement les épreuves, la peur et ne dit pas redouter la mort, d’autres font part de leurs fêlures comme le sarthois Maurice Drans, nostalgique de son enfance à l’occasion de son anniversaire ou le parisien Gaston Biron, surpris de l’indifférence voir de la gêne des civils à son égard à son retour du front pour une courte permission.

De manière assez surprenante les lettres les plus patriotiques émanent de français d’origine étrangère comme de le roumain Lazare Silbermann ou l’israélite Henry Lange, qui estiment avoir un devoir à remplir envers leur pays d’accueil.

Le destin de Lange, jeune homme courageux abattu en 1918 à l’âge de vingt ans alors qu’il écrivait une dernière lettre à sa sœur lui expliquant son espoir de retour proche est déchirant et son illustration de Marc N’Guessan d’une sobriété dévastatrice.

Outre l’aspect dramatique, le lecteur est également frappé par quelques anecdotes plus légères mais aussi émouvantes comme la vision d’une petite fille croisée par Henri Aimé Gauthé leur de la traversée d’un village, anecdote magnifiée par le ton futuriste des dessins de Denis Bajram, les beuveries des soldats illustrées façon comic book par Cromwell, les étonnantes scènes de fraternisations franco-allemandes racontées par le soldat Gervais Morillon, la tenue d’un bal improvisé sur une gare brillamment mise en forme par Emmanuel Lepage ou l’histoire  d’un soldat ayant tenté de sceller une vache par erreur dans l’obscurité.

Dans le registre de l’absurde ma préférence est allée à Louis Bloch, qui écrit une superbe lettre à la compagnie du gaz pour expliquer que du fait de sa mobilisation et de l’engagement de son épouse comme infirmière militaire, il ne comprend pas pourquoi on lui réclame une facture pour un logement inoccupé.

En conclusion, « Paroles de poilus : lettres et carnets du front 1914-1918 » n’est pas une bande dessinée comme les autres et revêt le ton d’un drame intime qui a marqué la conscience collective française.

La Première guerre mondiale (tout comme la Seconde) fut une véritable hécatombe humaine dont le froid décompte mathématique en déshumanise quelque fois l’horreur.

La lecture de ces lettres bouleversantes, permet de se sentir proche et solidaire de ces soldats, tout en s’imaginant cent ans plus tôt à leur place subissant le même sort dans les tranchées.

Si les illustrations trop classiques se montrent souvent superflues, certaines d’entres elles apportent une dimension supérieure en ajoutant un facteur multiplicateur à la charge émotionnelle contenue dans les lettres.

On peut donc considérer que l’exercice de transcription en vaut largement la peine.

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