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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 12:39

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L’histoire à présent avec « Les soldats de la honte » de Jean-Yves Le Naour, historien spécialisé dans le conflit de la Première guerre mondiale.

Paru en 2011, cet ouvrage salué par la critique, raconte une page relativement méconnu de la Grande guerre de 1914-1918, ces soldats français atteints de maladies mentales après avoir subi des chocs traumatiques sur le champs de bataille.

L’historien évalue à prêt de 100 000 hommes, le nombre de soldats concernés par ce type de pathologies, dans certains cas réversibles avec le temps, dans d’autres impossibles à traiter et entrainant l’incapacité physique du soldat non seulement à reprendre le combat mais aussi à mener une vie civile normale.

Malgré des symptômes physiques clairement visibles et indiscutables comme la paralysie, la cécité, la surdité et l’hystérie, ces maladies ne se traduisant pas par une blessure franche obtenue au combat, feront immédiatement l’objet de l’incompréhension voir du scepticisme du corps médical.

En effet, dans un contexte d’engagement total, de nationalisme exacerbé jusqu’au fanatisme, la blessure mentale est perçue comme un manque de courage, comme une volonté de tirer au flanc qui pourrait avoir de fâcheuses répercussions sur le moral des autres combattants.

La France a besoin de héros, d’exemples de bravoure afin de d’emporter la décision face à ces Allemands forcément inférieurs et les malades mentaux sont rapidement traités comme des simulateurs en puissance, à surveiller de prêt dans l’attente de les démasquer, pour les traduire en conseil de guerre.

Excités par le contexte nationaliste, les médecins militaires français perdent leur objectivité scientifique, une partie de leur humanité également, et mettent tout en œuvre pour rétablir les soldats atteints de ce mal mystérieux afin de les réexpédier le plus rapidement possible au front.

L’abondance des faits et des témoignages du terrain, de soldats parfaitement normaux lors de leur incorporation devenant fous, se rebellant, fonçant à découvert sur l’ennemi, ou retrouvés apathiques et prostrés à des kilomètres de leur garnison, exerce une pression sur le corps médical, qui se contorsionne en théories douteuses pour minimiser le phénomène.

L’aspect mental continue d’être nié au profit d’explications pseudo physiques comme le phénomène d’obusite, expliquant par les micro lésions laissées par le souffle de l’obus, les traumatismes mentaux des soldats, par la consommation astronomique d’alcool, ou expliquant que la guerre est simplement un révélateur de personnes déjà fragiles dans le monde civil.

Des centres de traitement psychiatriques sont cependant crées dans toute l’hexagone pour traiter l’afflux de ces blessés d’un genre atypique mais ils demeurent sous la responsabilité des militaires et les malades y sont surveillés à la manière de prisonniers.

Le psychiatre Joseph Babinski élève de Charcot, le fondateur de la neurologie moderne, rejette le terme pathologique d’hystérie et évoque la thèse de « pithiatisme », c’est-à-dire de l’auto suggestion du malade qui se conditionne de manière plus ou moins inconsciente dans son état après un choc purement physique.

Un rude débat scientifique s’établit alors entre Babinski partisan de la thèse physique et Gustave Roussy, qui lui voit une affection purement neurologique hystérique.

Roussy finit par l’emporter contre son rival, mais les moyens qu’il propose pour  traiter les pathologies hystériques ne sont pas tous à base de cure de repos, de bonne nourriture, d’exercices et de bains de soleil, mais se dirigent vers les techniques dites brusquées faisant usage de chocs électriques.

Les plicaturés, ces soldats courbés en deux à la manière de vieillard, à la suite d’un choc traumatique et quasiment impossibles à redresser sont au cœur du débat.

Le leader des méthodes d’électrisation est le docteur Clovis Vincent élève de Babinski, personnalité égocentrique, flamboyante, autoritaire qui martèlera avec force que seule le « torpillage » des soldats par diffusion de forts courant électriques couplés avec de violentes insultes, est amène de le rétablir.

Cette méthode basée sur la douleur, sera dominante dans les hôpitaux jusqu’à ce qu’un soldat plicaturé appelé Baptiste Deschamps refuse à Tours le torpillage et se batte avec Vincent à qui il inflige de belles commotions.

Furieux de cette rébellion qui met à mal son autorité, Vincent exige la condamnation de Deschamps en conseil de guerre, mais l’opinion publique se saisit de l’affaire lorsque le député-avocat Paul Meunier charismatique défenseur des droits du soldat prend la défense du poilu récalcitrant.

Découvrant l’horreur des torpillages et les abominables souffrances qu’elles génèrent sur les soldats avec un taux de rechute masqué par des chiffres forcément orientés, la presse de toute bord se déchaine sur Vincent et écorne sa réputation jusqu’alors irréprochable.

Un procès a lieu, il condamne à de la prison avec sursis symboliquement le pauvre Deschamps pour sauver l’honneur du médecin.

Le corps médical devient de plus en plus critique avec les méthodes brutales de Vincent et Gustave Roussy prend alors l’ascendant sur ce rival.

Les méthodes de Roussy bien que moins barbares, sont pourtant basées sur la contrainte tout d’abord par persuasion puis par usage modéré de courants électriques.

Après quelque effervescence, ses résultats dans le centre de Salins (Juras) sont à peine meilleurs, mais Roussy échaudé par les mésaventures de son confrère ne franchit pas la ligne jaune de la violence et évite un nouveau scandale.

Il est pourtant mis en doute par la presse régionale.
Peu à peu d’autres théories délaissant la violence émergent timidement, notamment la psychanalyse freudienne que certains courageux médecins français comme André Gilles soutiennent.

Mais Freud étant un psychiatre autrichien, est régulièrement trainé dans la boue par les français.

Sous l’influence de médecins nationalistes, le pouvoir politique reste inflexible, refusant d’assurer une réforme et une indemnité aux soldats atteints de troubles psychiques.

Malgré la fin du conflit, l’indemnisation sera refusée à un nombre impressionnant de soldats mal soignés trainant leurs névroses et leurs handicaps physiques de centres en centres.

Des témoignages d’enfants ou de médecins de poilus rendus à la vie civile, attesteront de cauchemars d’une violence inouïe, hantant le sommeil des anciens soldats, revivant sans cesse dans leur subconscient l’horreur des combats.

En conclusion, « Les soldats de la honte » est un livre courageux, prenant le parti de soldats bel et bien bousillés par la guerre, mais dont la blessure n’était malheureusement pas pour eux apparente.

Soumis à des conditions de stress effroyables et sans doute insoutenables, le cerveau disjoncte et les dommages sur le corps humain peuvent être irréversibles.

Confrontés à ce phénomène encore nouveau et mal connu, les médecins militaires français de l’époque auront été dépassé par les évènements, soutenant des thèses aujourd’hui risibles, sur la vaillance de la race française et la simulation de tire aux flancs, méritant d’être soignés de force, notamment par la torture électrique.

Et même, Roussy, le brillant cancérologue, ne ressort pas franchement honoré de son attitude durant la guerre.

Peu d’humanité à attendre donc de la part de ces médecins soldats aveuglés par le contexte belliqueux de l’époque, et tous axés vers la victoire face à l’ennemi boche, diabolisé.

Ce n’est que bien plus tard, sous l’influence de la psychanalyse, que la thèse du choc post traumatique appelée « Shell shock » par les britanniques, sera officiellement adoptée par l’ensemble de la communauté médicale.

Aujourd’hui, les soldats revenant d’Irak ou d’Afghanistan souffrent vraisemblablement des même troubles que nos vaillants poilus de 1914-1918, et certains ne s’en remettent toujours pas, ce qui replace ce mal dans toute sa complexité.

Un livre fascinant donc, dont on saluera la pertinence et le désir de réhabilitation.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:36

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Grand sujet abordé avec « Histoire de la Mésopotamie » de Véronique Grandpierre.

Ce copieux ouvrage de plus de 400 pages est en réalité un minutieux et rigoureux travail d’historienne abordant sous divers angles (archéologie, politique, société, religion) sur une immense période temporelle allant de -4000 à -539 avant JC, l’histoire d’une région correspondant grosso modo l’Irak moderne et réputée être l’un des berceaux de l’humanité.

En effet, la mystérieuse civilisation Sumérienne a été antérieure à celle de l’Egypte des Pharaons, à celle de l’Ancien Testament et de la Grèce antique.

La première partie de l’ouvrage consacrée aux luttes d’influences entre les grandes puissances occidentales (France, Angleterre, Allemagne, Etats-Unis) du XIX et XX ième siècle pour occuper l’espace irakien, libanais et syrien afin de réaliser des fouilles permettant d’alimenter les découvertes scientifiques de l’époque et un certain gout pour l‘orientalisme, n’est pas celle qui m’a le plus passionné.

Avec le temps et la compétition, les techniques s’affinent et l’écriture cunéiforme akkadienne apparue en -4000, est déchiffrée en 1857 ce qui ouvre la porte à un plus large champs d’investigation en analysant les textes laissés par cette civilisation.

Relativement peu d’intérêt également pour la partie archéologie qui détaille les différentes méthodes et techniques de fouilles des sols pour mettre à nu des sites enfouis sous les multiples couches sédimenteuses en croisant bien entendu cette approche avec l’étude des sources écrites, provenant d’annales destinés à glorifier la puissance des rois, de textes juridiques comme le fameux code Hammourabi ou alors plus scientifiques ou religieux écrits par des scribes, sans oublier la puissante mythologie sumérienne avec l’épopée de Gilgamesh (-2000 avant JC).

Il apparait de ce vaste puzzle que ce sont sans nul doute les conditions géographiques favorables de la région située entre le Tigre et l’Euphrate qui a contribué à l’établissement d’un bassin de population, bénéficiant de l’apport en eau des fleuves pour tout d’abord survivre et ensuite mettre en place des technique assez élaborées d’irrigation permettant de développer l’agriculture puis le commerce vers l’Anatolie, l’Egypte et la Médie voisines.

On peut donc tenter de retracer les vagues de peuplement de la région avec tout d’abord les Akkadiens peuple sémite dont le roi le plus puissant fut le conquérant Sargon et les Sumériens d’origine inconnue, occupant le sud du pays (capitale Uruk) qui tour à tour furent les forces dominantes jusqu’en -2000 avec l’émergence des Babyloniens dont l’un des rois les plus connus est Hammourabi.

A ces époques, le développement économique favorise l’urbanisation et l’élaboration de cités-états gouvernés par des rois, jusqu’à ce que l’un d’entre eux plus ambitieux, plus courageux et habile, décide d’accroitre son royaume par la conquête militaire.

Hammourabi est un grand roi, à la fois militaire, diplomate et administrateur qui laisse un royaume étendu, stable et prospère.

Après lui et les mystérieuses invasions des Peuples de la Mer, tribus unifiées de pirates méditerranéens qui troublent l’équilibre mésopotamien et égyptien pendant 200 ans, vient l’âge du fer, vers -1000 av JC, qui permet à la région d’effectuer d’autres progrès technologiques en confectionnant de meilleurs outils et armes.

L’Assyrie devient alors le peuple dominant en raison de sa supériorité militaire (cavaliers et archers) et étend alors en -700, sous Sargon II son empire par des conquêtes en Egypte et dans la zone du Levant (Palestine, Jordanie, Liban).

En -600, Nabuchodonosor II rétablit une domination néo-babylonienne et offre à Babylone des merveilles architecturales.

Mais il est trahi par son clergé qui livre la ville au Perse Cyrus en -539, sonnant la fin de l’indépendance de la Mésopotamie, qui deviendra une province perse puis  grecque après la conquête d’Alexandre le Grand).

Une fois les grandes lignes historiques brossées vient l’étude de la société interne mésopotamienne, avec au sommet le roi omnipotent car en liaison directe avec les divinités qui l’établit.

Le roi possède des terres, du bétail et reçoit des impôts des gouverneurs ou autres rois des territoires annexés en échange d’un devoir de protection.

Il se doit d’être pieux, courageux, intelligent, cultivé, bon administrateur, juste et mesuré avec son peuple envers qui il a une véritable responsabilité.

Le clergé est la deuxième force du pays et bénéficie à ce titre d’avantages similaires.

La population vit dans villes construites selon plusieurs critères, l’alimentation en eau par canaux ou aqueducs, la protection contre les terribles crues des fleuves et contre les attaques venant de l’extérieur par la constructions d’épais murs d’enceinte.

Elle se divise en plusieurs classes, l’homme libre aisé (awilum), l’homme libre ( muskenum) et l’esclave (wardum) généralement issu des populations vaincues pendant les guerres.

Les lois régissent les relations entre les individus, accordant un net avantage à l’homme libre aisé par rapport aux autres et à l’homme par rapport à la femme dont la fonction essentielle et sacrée est la procréation.

Le commerce est la troisième activité la plus importante après l’agriculture et l’élevage, et permet aux marchands propriétaires de grandes caravanes de mulets et chameaux acheminant métaux et textiles, de s’enrichir malgré les risques toujours importants d’attaques.

Les hommes les plus cultivés sont les scribes qui après avoir reçu une formation complète mêlant études religieuses, techniques d’écriture, poésie et mathématiques, sont autorisés à exercer leur art et donc à diffuser le savoir par l’écrit.

Mais dans ce domaine rien ne surpasse les mythes sumériens transcrits de générations en générations : l’épopée de Gilgamesh, d’Erra, Enmerkar et le roi d’Aratta, mais aussi les récits cosmogoniques comme l’Atrahasis ou l’Enuma Elish qui raconte comment l’univers et les hommes furent crées par le dieu Marduk vainqueur de la déesse Tiamat

La société babylonienne est en effet toute nimbée de superstition : les prêtres, devins, prophètes et autres astrologues occupent une place de choix parmi les rois toujours soucieux de leur destinée.

Les ziggurats, étranges et spectaculaires pyramides babyloniennes sont des lieux de cultes et d’offrandes aux dieux.

La mort est considérée comme inéluctable et le cheminement vers l’au delà interminable.

Le notion de jugement moral y est absente, seul comptant  pour les juges (Samas, Anunnaku) la position sociale du défunt pour l’orientation de son âme.

Après leur trépas, les défunts sont honorés et leur mémoire célébrée.

En conclusion, « Histoire de la Mésopotamie » est un ouvrage ultra dense, ultra riche et bien évidemment difficile a assimiler pleinement d’une seule traite tant les informations y abondent, jusqu’au superflu.

Le travail est exhaustif, avec des retours sur un même évènement d’un chapitre sur l’autre, ce qui donne parfois une impression de redite et de non structuration des données.

Autre critique, les plans situé au milieu du livre, sont peu aisés d’accès et rendent compliqué le repérage spatio-temporels des évènements cités.

Malgré ces petits reproches, il serait impensable de ne pas reconnaitre l’immense apport qu’il procure en faisant découvrir une civilisation millénaire, incroyablement évoluée pour l’époque, capable d’inventions techniques stupéfiantes (écriture, agriculture, droit) mais également et c’est sans doute le plus important d’une des plus riches et passionnante mythologie de l’histoire de l’humanité.

« Histoire de la Mésopotamie » est donc une formidable découverte qui n’a pas fini de stimuler votre imagination pour voguer en ces temps reculés.

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 20:25

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Nous abordons maintenant un genre redevenu à la mode depuis le succès de « Gladiator » en 2000, je veux bien sur parler du péplum avec « L’aigle de la neuvième légion » de Kevin Mc Donald.

Tiré en 2011 de l‘adaptation d‘un roman de Rosemary Sutcliff, « L’aigle de la neuvième légion » se déroule dans l’antiquité vers 140 après Jésus Christ, sous le règne de l’empereur romain Hadrien, connu pour avoir entre autres, édifié un vaste mur au nord de l’Ecosse afin de séparer les territoires romains des attaques des redoutables tribus pictes.

Marcus Aquila (Channing Tatum) est un jeune centurion qui prend la direction d’un camp romain isolé en bordure du fameux mur et dans une zone dangereuse car soumise aux attaques des tribus bretonnes.

Il semble malgré son jeune âge et son inexpérience très déterminé à accomplir sa fonction en redressant un certain laissez aller au sein même du camps.

Les raisons de cette détermination s’expliquent rapidement par le fait que son père qui commandait une légion de 5000 hommes appelée la neuvième fut pris au piège des Pictes et disparu ainsi que ses hommes.

Plus que de la perte du père, Aquila souffre des insinuations vicieuses des politiciens romains laissant à penser que son père qui a perdu l’aigle doré, emblème sacre de l’empire, l’aurait fait par lâcheté en fuyant devant l’ennemi.

Le jeune homme fait donc de son engagement en Bretagne une affaire personnelle.

Son instinct et sa prudence portent leurs fruits, puisqu’il déjoue in extremis une attaque de nuit contre son camps en réveillant et mobilisant les légionnaires pour repousser l’ennemi déferlant par vagues chevelues et sauvages.

Mais la prise d’otage par les bretons de légionnaires partis sur son ordre à la recherche de ravitaillement, l’oblige à prendre des risques considérables en sortant du camp pour secourir ses hommes menacés d’être tous décapités par des guerriers excités par les incantations d’un druide fanatisé.

La sortie à la tête d’une vingtaine d’hommes positionné en formation torture est épique et Aquila parvient à rapatrier in extremis ses hommes avant d’être renversé par un char dont il avait tué le conducteur d’un jet en pleine poitrine.

Sérieusement blessé, Aquila est rapatrié dans sa famille située en zone sure ou il peut se remettre lentement de ses lésions aux membres inférieurs.

Il y côtoie son oncle Aquila (Donald Sutherland) un homme bon et sage qui tente de le ménager des critiques acerbes des politiciens contre son père.

Un élément déterminant se produit lorsque Aquila prend la décision de gracier un courageux jeune esclave breton condamné à être exécuté par un gladiateur dans un simulacre de combat qu’il refuse de jouer.
L’esclave nommé Esca (Jamie Bell) entre au service de Aquila auprès duquel il a contacté une dette d’honneur.

Le fier jeune homme, fils du chef d’un tribu de Bretons appelée les Brigantes, lui prête assistance pour l’aider à guérir et accepte même de lui servir de guide dans sa folle quête pour passer de l’autre coté du mur d’Hadrien pour récupérer le fameux aigle de son père.

Le curieux duo part alors à l’aventure dans les grandes et froides vallées désertiques du nord de l’Ecosse.

Aquila sait qu’il dépend étroitement d’Eska, indispensable par sa connaissance de la région et des langues parlées.

Eska l’avertit également des dangers comme de l’attaque éclair de guerriers en pleine foret.

La rencontre fortuite d’un déserteur romain de la neuvième légion, complètement reconverti au mode de vie celte, apporte des informations précieuses mais aussi dérangeante sur les circonstances de la défaite romaine mais oriente la recherche auprès des Seal, une féroce tribu picte peinturlurée à la manière des indiens d’Amérique du Nord.

L’approche de ces guerriers sauvage et méfiant est délicate et Eska pour sauver sa propre vie et celle d’Aquila est contraint de le faire passer pour son esclave romain.

Démuni, perdu, Aquila est ainsi assez ironiquement traité comme un sous homme alors que Eska est respecté en sa qualité de fils d’un chef mort au combat.

Aquila frôle plusieurs fois la mort, notamment lorsqu’il perd toute prudence en apercevant l’aigle exhibé par un sorcier masqué lors d’une impressionnante cérémonie païenne ou les hommes enivrés entrent en transe.

Alors qu’il croyait avoir été trahi, Aquila est aidé par Eska qui lui permet d’accéder à l’aigle tant convoité.

Mais l’acquisition de l’aigle a un prix, l’assassinat du sorcier masqué en réalité le chef du village.

Conscient du danger mortel, le duo fuit à cheval après avoir acheté le silence d’un enfant laissé en sentinelle.

Lorsque la tribu s’aperçoit du meurtre et du vol, elle se lance à la poursuite des fuyards dans une haletante course à travers les highlands écossais.

Epuisé par sa blessure réouverte, Aquila s’effondre, trop faible pour avancer.

Alors qu’il s’apprête à mourir tué par les Pictes prêt d’une rivière avec son aigle dans les bras, Aquila reçoit l’aide inattendue des vétérans de la neuvième légion, rassemblés par Eska.

La bataille à mort est féroce mais Aquila et ses hommes parviennent à tuer leurs redoutables poursuivants dont le prince du peuple Seal (Tahar Rahim).

Le centurion peut alors revenir en lieu sur bénéficier de tous les honneurs pour avoir retrouvé l’aigle sacré.

Reconnaissant, il en profite pour affranchir Eska, devenu à présent son ami et égal en homme libre.

En conclusion, « L’aigle de la neuvième légion » est un excellent péplum en forme de quête initiatique qui entrainera immanquablement le spectateur dans la beauté sauvage et envoutante de l’Ecosse.

Des scènes d’actions âpres et puissantes, peu de temps morts donc dans cette histoire simple mais forte montrant la quête obsessionnelle d’un fils pour laver l’honneur de son père mais également une très belle histoire d’amitié.

Si l'exploration des relations entre puissance impériale et resistance autochtone aura un petit gout de déjà vue, on appréciera davantage le savoureux retournement de situation de la condition maitre-esclave pour aboutir à une position d’équité obtenue par respect et engagement réciproques comme socle d’une véritable relation d’amitié.

Les acteurs sont bons avec en tête Tatum, hybride musculeux et rigide de Russell Crow et de Antonio Banderas mais surtout Bell, parfait en homme des bois débrouillard, fier et loyal.

Tout concourt donc à faire de « L’aigle de la neuvième légion » un péplum de premier plan qui peut sans vergogne trôner aux cotés du « Gladiator ».

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 23:11

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Sorti en 1964, « Zoulou » du britannique Cyril R Endfield est un film historique illustrant un fait historique relativement méconnu, la bataille de Rorke’s drift (Afrique du Sud) qui mit aux prises armée britannique et guerriers Zoulous en 1879.

Malgré une longueur de plus de deux heures, « Zoulou » contient assez peu de scènes d’exposition et se concentre beaucoup sur la bataille en elle-même.

Assistant à une impressionnante démonstration de force du roi zoulou Catewayo (Chef Buthlezi) et de ses nombreux guerriers, le révérend  protestant suédois Otto Witt (Jack Hawkins) et sa fille Margaretta (Ulla Jacobsson), apprennent le massacre un peu plus tôt de mille soldats britanniques appelés tuniques rouge à Isandhlwana.

Sans demander leur reste, Witt est sa fille, filent alerter la petite garnison anglaise de Rorke’s drift, qui garde un hôpital militaire.

Sur place, Witt se heurte à la fierté du lieutenant John Chard (Stanley Baker) du génie qui refuse d’évacuer le camps sous la menace de soldats ennemis.

Charismatique mais un peu raide sur la discipline, Chard prend difficilement le dessus sur le lieutenant Broomhead (Michael Caine), plus jeune, fougueux voir un tantinet arrogant.

Broomhead collabore néanmoins et aide son supérieur à préparer la défense du camps avec les effectifs dont il dispose moins de deux cents hommes face aux quatre mille zoulous de Catewayo.

Agitateur et pacifiste, Witt est bouclé pour ne pas perturber le moral des troupes globalement prêtes à obéir à leur hiérarchie.

Le choc a finalement lieu dans la somptueuse vallée encadrée de majestueuses montagnes.

Retranchées dans leur camp, les tuniques rouges aidé par la connaissance d'un Boer sur les tactiques zoulous, utilisent la puissance de feu de leurs fusils pour tenter d’endiguer la multitude des guerriers zoulou armés de leurs boucliers, sagaie mais surtout de leur immense courage.

Les pertes zoulous semblent en effet considérables, les hommes tombent comme des mouches sous les balles ce qui laissent penser aux soldats qu’ils auront facilement le dessus.

Mais obéissant aux instructions de leurs chefs stratèges camps sur les montagnes, les zoulous se replient finalement après avoir jaugé la force de frappe de leurs adversaires.

Ils utilisent alors des tireurs juchés sur les collines, qui tirent sur le camps à l’aide des fusils récupérés sur les soldats tués à Isandhlwana.

La donne change et les anglais commencent à avoir des pertes.

En parallèle, Catewayo lance une nouvelle vague d’assaut qui finit par transpercer les lignes de défense britanniques.

Le corps à corps est alors inévitable et de féroces combats s’engagent entre les baïonnettes anglaise et les lances zoulou.

Chard est blessé au cou et évacué à l’infirmerie mais après quelques soins, il reprend finalement sa place aux cotés de Broomhead qui se montre finalement courageux dans le feu de l’action.

Même les fortes têtes de l’infirmerie comme le soldat Henry Hook (James Booth) se révèlent dans le feu de l’action des combattants de qualité capable de se défendre avec bravoure.

Mis au pied du mur, Broomhead et Chard déploient des trésors de commandement pour ne pas périr sous les assauts zoulous.

Witt et sa fille ont alors l’autorisation de quitter le camps et sont laissés partir vivant par les zoulou qui respectent l’autorité du pasteur.

Blessés et épuisés, les soldats anglais s’apprêtent à subir l’ultime assaut zoulou qui les achèvera, mais contre toute attente leurs adversaires entonnent un chant puissant destiné à rendre hommage à leur courage.

Aux chants zoulous répondent les chants anglais entrainés par un baryton et un ténor.

Finalement, après avoir rendu leur hommage, les zoulous décident de rentrer chez eux en épargnant les survivants anglais dont une dizaine se voit décorée de la Victoria’s cross.

En conclusion, « Zoulou » est pour moi un beau classique du film d’aventure historique.

Les décors superbes de l’Afrique du Sud, la présence impressionnante de la culture zoulou et le courage héroïque de quelques hommes luttant pour survivre malgré leur infériorité numérique, contribuent pour beaucoup au caractère épique du film.

L’action est elle aussi très prenante avec de longues scènes de batailles intenses.

Même si on ne comprend pas les raison de l’entêtement anglais, leur courage est comparable à celle de leurs adversaires africains qui bravent la mort sans trembler ou se montrent capables de magnanimité.

Si Baker tient logiquement le premier rôle, c’est réellement Caine alors jeune et beau, qui aimante par son charisme la caméra.

Comme critiques principales, on pourrait reprocher au film un certain classicisme et une approche trop idéalisée de l’armée anglaise.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 14:03

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Personnage emblématique de l’histoire et de la culture française, « Jeanne d’Arc » a été l’objet d’une adaptation en téléfilm par le canadien Christian Duguay.

Sorti en 1999 et quelque peu eclipsé par le film de Luc Besson sorti la meme année, « Jeanne d’Arc » est scindée en deux parties d’une durée d’environ une heure trente chacune.

Suivant de manière libre à la légende, la premier film raconte la jeunesse de Jeanne (Leelee Sobieski) petite paysanne du village de Domremy situé dans les Vosges, qui très tôt se sent imprégnée de religion, à tel point qu’elle entend de puissantes voix de Saints (Michel, Catherine) lui intimant de prendre les armes pour défendre une France meurtrie par la Guerre de cent ans contre les Anglais.

Malgré l’opposition farouche de son père Jacquemin (Powers Boothe) peu habitué aux excentricités et aux rêves de grandeur, Jeanne soutenue par sa mère Isabelle  (l’ex James bond girl Jacqueline Bisset) s’entretient avec le curé de son village et ne rêve que de grande luttes ou elle vaincraient les Bourguignons, alliés des Anglais pour rétablir le Dauphin, Charles VII, comme roi de France.

Incapable de supporter les exactions de Bourguignons et les privations infligées aux paysans, Jeanne, mue par une puissante foi intérieure, va prendre tous les risques et finir par convaincre le noble local Robert de Baudricourt (Maury Chaykin), seigneur de Vaucouleurs, après un succès inattendu face aux soldats adverses, de provoquer une entrevue avec le Dauphine retranché à Chinon.

Il est vrai que pour beaucoup de paysans et de soldats crédules, Jeanne incarne la réalisation d’une ancienne légende, établissant qu’une jeune femme appelée la Pucelle de Lorraine, viendrait rétablir la grandeur de la France.

Soutenue par quelques fidèles et le noble Jean de Metz (Chad Willett), Jeanne se rend à Chinon par des chemins infestés d’ennemis ou elle doit livrer plusieurs fois bataille pour sauver sa vie.

Sur place, elle est mise à l’épreuve par le roi (Neil Patrick Harris) qui se dissimule dans la multitude des courtisans et parvient à le reconnaitre.

Malgré les fortes réticences de l’évêque Cauchon (Peter O Toole) le conseiller spirituel du roi, Jeanne tient tête avec un aplomb inconcevable et parvient après avoir été examiné par des autorités religieuse à Poitiers pour authentifier ses dires, à gagner les faveurs du roi qui la charge de prendre la tête d’une armée pour libérer Orléans.

Stratège débutante, Jeanne est aidée par le viril capitaine La Hire (Peter Strauss) traumatisé par la défaite d’Azincourt, qui surmonte ses a priori contre le sexe dit faible pour lui faire confiance.

Avec un peu de stratégie (enflammer le haut des remparts en bois), et surtout beaucoup d’audace, Jeanne surmonte une blessure occasionnée par une flèche pour mener l’assaut victorieux contre la ville fortifiée et parvient à libérer Orléans.

Au cours des batailles sanglantes, La Hire est même sauvé par une intervention de Jeanne.

Il apparait que malgré son inexpérience, Jeanne d’Arc est un symbole fort transcendant le cœur des hommes et les amenant à se surpasser.

Dans le second film, après la victoire à Orléans, le triomphe pour Charles VII est alors total et il peut alors se faire nommer roi de France à Reims.

Jeanne est anoblie et devient Jeanne d’Arc, mais trop intègre, elle se heurte aux manœuvres de Cauchon qui la perçoit comme une rivale à son pouvoir religieux, et ne comprend pas les concessions que réalise le roi avec le Duc de Bourgogne (Jaimz Woolvett) pour conclure un cessez le feu et abandonner quelques villes du Nord de Paris aux Anglais.

Si Cauchon, disgracié en raison de sa trop grande soif de pouvoir, est muté à Beauvais, il n’en fomente pas moins des désirs de revanche contre celle qui l’a humilié et noue des contacts avec les Bourguignons.

En réalité, le roi la manipule, usant de sa popularité pour assoir son autorité mais cesse de la soutenir une fois ses succès émoussés, comme lors de la libération ratée de Paris qui coute la vie à de nombreux proches comme son frère Jean, engagé dans l’armée par dévotion pour sa sœur.

Pire, le roi l’envoie en sous effectif libérer Compiègne et la laisse tomber dans un traquenard ou elle est capturée par les Bourguignons.

Capturée, Jeanne est détenue à Rouen et reçoit l’appui inattendu de Madame de Beaurevoir (Shirley Mc Laine) qui adoucit ses conditions de détention et lui propose de rejoindre le camps des Bourguignons.

Mais Jeanne refuse de trahir son roi et ses idéaux.

Elle est alors jugée pour hérésie par Jean Le Maistre (Maximilien Schell) et Cauchon lui-même à Rouen, ville sous domination anglaise.

Devant une assemblée toute acquise à sa cause, l’évêque voit ici une superbe occasion de prendre sa revanche et déclare comme hérétique une paysanne qui entend des voix.

Sous la pression de Cauchon qui désire in extremis lui sauver la vie, Jeanne commence par se rétracter puis décide d’assumer jusqu’au bout ses convictions en acceptant la mort.

Elle est donc brulée vive les yeux rivés sur une croix qui aura guidée toute sa vie.

Las, une ultime tentative menée par La Hire et Jean de Metz pour la libérer arrive trop tard et ne peut que constater le décès du symbole de la révolte française.

Placidement, un texte énonce la suite des événements avec le règne de Charles VII (30 ans), le départ des Anglais et la canonisation tardive de Jeanne d’Arc.

En conclusion, contre toute attente, « Jeanne d’Arc » est malgré sa longueur, une belle épopée dynamique et vivante, très agréable à suivre.

Bien entendu, la qualité des acteurs y est pour beaucoup, notamment la jeunesse et le charisme obstiné de Leelee Sobieski, la puissance d’un Peter O’Toole parfait en vieille crapule prise tardivement de remords et enfin un Neil Patrick Harris fracassant de froideur machiavélique.

Les historiens puristes noteront certes quelques libertés (personnages fictifs rajoutés, pseudo idylle platonique avec Jean de Metz) prises avec l’Histoire, mais à mes yeux « Jeanne d’Arc » remplit bien son rôle éducatif en montrant comment l’intégrisme de certaines personnes jusqu’au-boutistes peut être utilisé par d’autres personnes plus retorses et manipulatrices comme les hommes politiques ou les dignitaires religieux pour arriver à leurs fins.

Tel fut apparemment le destin de Jeanne d’Arc, qui reste malgré tout un fort symbole populaire, récupéré encore de nos jours par certains partis politiques de droite et d’extrême droite.

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 00:30

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Troisième film de Ridley Scott chroniqué dans ces colonnes et non de moindres puisqu’il s’agit de « 149 : Christophe Colomb » paru l’année symbolique de 1992.

« 1492 : Christophe Colomb » est une grande fresque historique racontant l’épopée du navigateur d’origine italienne Christophe Colomb (Gérard Depardieu) qui par conviction personnelle força les réticences politico-religieuse du royaume d’Espagne pour entreprendre une grande expédition maritime destinée à ouvrir une nouvelle voie de commerce avec l’Asie en passant par l’Ouest.

Pour se faire, Colomb se voit épaulé par le marin (Tcheky Karyo) qui persuade l’armateur maure Antonio de Marchena (Fernando Rey) de prêter des navires pour l’expédition.

Habile, Colomb obtient à l’arraché le soutien politique et financier de la reine d’Espagne Isabelle (Sigourney Weaver) malgré l’opposition farouche de Gabriel Sanchez (Armand Assante) noble proche du pouvoir qui trouve que l’explorateur s’arroge trop de pouvoirs et de bénéfices sur les territoires qu’il aura découvert.

L’expédition peut dont avoir lieu et met en place trois navires dont le fameux Santa Maria piloté par l'explorateur lui-meme.

Navigateur et meneur d’hommes né, Colomb contient l’exaspération des marins devant le voyage plus long et périlleux que jamais et finit par toucher au but après près de deux mois de mer.

Il touche alors terre dans une ile d’Amérique centrale appelée Guanahani.

Rapidement, le corps expéditionnaire rencontre les premiers indiens les Arawaks du reste plutot pacifiques..

Colomb impose une discipline stricte à ses hommes, interdisant vol et viol, et parvient à nouer de bonnes relations avec le chef indien Utapan qui devient son allié allant même jusqu’à apprendre sa langue.

Puis Colomb découvre Cuba et s’établit à Saint Domingue ou il rencontre une autre tribu indienne pacifique mais plus rétive à l’implantation d’européens.

Les Espagnols et Indiens se mélangent, mais malgré la richesse des échanges, Colomb ne trouve que peu de l’or qu’il avait escompté.

Il laisse néanmoins une garnison à terre pour établir un fort et revient en Espagne accompagné d’Indiens, de trésors et d’animaux exotiques, ce qui lui permet de vendre à Isabelle, le succès de son expédition.

Négociant âprement devant l’hostilité toujours plus marqué de Sanchez, Colomb fait nommer ses deux frères gouverneurs et obtient de revenir sur place avec 1000 hommes afin d’évangéliser les indiens et de bâtir le début d’un empire espagnol en Amérique.

Cependant, Adrian de Moxica (Michael Wincott), noble proche de Sanchez accompagne Colomb pour le surveiller.

Mais malheureusement, à son retour, le fort a été détruit et les hommes massacrés.

Utapan qui sert d’interprète avec le chef de la région du fort, apprend à Colomb que les hommes ont été massacrés par une expédition de tribu indienne cannibale particulièrement féroce.

Malgré l’atrocité du massacre, Colomb parvient à calmer les désirs de vengeance de ses hommes notamment de Moxica particulièrement vindicatif et stabilise la situation.

Il fait ériger une église et instaure un semblant de gouvernement mettant à contribution les indiens afin de rapporter sous forme d’impôts de l’or.

Mais ce système ne fonctionne pas très bien et Moxica qui châtie durement un indien récalcitrant provoque une rébellion.

Colomb est alors contraint d’emprisonner le noble, et remonte alors les traces de la tribu ennemie responsable des massacres.

La lutte dans la jungle face à une tribu expérimentée aux techniques de combat archaïques mais redoutables est d’une grande férocité et fait de nombreuses victimes de part et d’autres.

Colomb frôle la mort dans un corps à corps sanglant mais parvient à prendre le dessus sur les indiens ennemis.

A son retour au fort, il découvre la rébellion de Moxica qui à la tête d’une poignée d’hommes tente de renverser son autorité.

Une nouvelle lutte éclate et Moxica acculé au bord d’un précipice choisi de se suicider pour échapper à un nouveau jugement qu’il sait fatal.

Colomb qui a perdu un de ses frères dans la bataille, exécute en effet les derniers mutins mais s’aperçoit qu’il a perdu gros avec des troupes divisées et affaiblies mais surtout la perte de l’alliance avec les Indiens.

Pour couronner le tout, une énorme tempête tropicale se lève et provoque la destruction du fort.

Défait et discrédité, Colomb reçoit la visite de l'austère Francisco de Bobadilla (Mark Margolis) protégé de Sanchez qui le démet de ses fonctions pour se proclamer gouverneur.

Il reçoit de plus comme coup de grâce la nouvelle de la découverte du continent américain par Amerigo Vespucci.

Le retour en Espagne est donc plus qu’amère pour Colomb qui perd donc en apparence la face devant Sanchez même si ce dernier sait en réalité o combien l’histoire lui sera redevable de son exploit.

Au final, l’homme vieilli, affaibli et disgracié passe le témoin à ses fils, dont l’un des deux écrira la biographie selon un mode narratif qu’affectionne Scott.

En conclusion, « 149 :, Christophe Colomb » est un film d’aventure historique épique comme on en a rarement vu.

Le budget est ici conséquent, la reconstitution grandiose et les paysages sauvages des iles d’Amérique centrale digne d’un best of de Koh Lanta, l’insupportable Denis Brogniart en moins.

En grand réalisateur qu’il est, Scott parvint à refaire vire l’histoire, et distille juste ce qu’il faut d’action pour ne pas lasser le spectateur sur les 2h30 de son film.

Un mot sur Gérard Depardieu, très décrié en ce moment en raison de son exil fiscal en Belgique, qui signe pour moi l’un de ses rôles les plus impressionnants de justesse et de passion.

C’était il y a vingt ans, et peu d’acteurs français peuvent se targuer selon moi d’une telle performance dans un film américain à grand budget.

Enfin si on rajoute à cela l’une des musiques les plus mémorables de Vangélis, on obtient donc un très grand film quasi intemporel.

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:00

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Après « Le nom de la rose » voici un autre grand film de Jean-Jacques Annaud, « La guerre du feu ».

Sorti en 1981, « La guerre du feu » traite d’un sujet incroyablement audacieux tiré d’un roman avant-gardiste de J-H Rosny datant de 1911, la quête de trois hommes préhistoriques pour retrouver le feu de leur tribu (les Ulam) perdu après un raid éclair de leurs rivaux, les Wagabou, sorte d’hommes singes beaucoup plus sauvages et agressifs.

Amoindris et vulnérables sans leur feu, les Ulam se réfugient sur une ile perdue dans les marais pour échapper aux prédateurs.

C’est alors que trois guerriers, Naoh (Everett Mc Gill), Amoukar (Ron Pearlman alors jeunot !) et Gaw (Nameer El Kadi) partent en expédition pour retrouver le feu et le ramener à leur tribu.

L’expédition est une véritable épopée, ou les trois hommes échappent à des lions à dents de sabre, et parviennent à dérober le feu de la tribu des Kzamm, féroces cannibales enlevant d’autres hommes afin de les dévorer.

Après une lutte d’une brutalité inouïe, les expéditionnaires volent le feu et récupèrent Ika (Rae Dawn Chong) une jeune femme de la tribu des Ivaka dont la particularité est d’être couverte de peintures de la tête aux pieds.

Ayant échappé à ses ravisseurs, Ika se sent redevables auprès de ses sauveurs et les accompagne dans leur périlleux retour dans leur tribu.

Pris en chasse par les Kzamm, ils ne doivent leur salut qu’à une alliance audacieuse avec un troupeau de mammouths passant à proximité.

Semblant attiré par Ika, Naoh la suit lorsqu’elle quitte son groupe pour revenir dans sa tribu vivant dans une zone marécageuse.

Pris dans des sables mouvant, Naoh est capturé et après quelques humiliations admis chez les Ikava qui lui apprennent le précieux savoir lui permettant de faire du feu.

Ses deux amis ne tardent pas à le rejoindre et le quatuor revient alors pour de bon chez les Ulam, non sans avoir du lutter contre des pillards qu’ils tuent à coups de sagaies, ou faire face à un ours des cavernes qui blesse grièvement Gaw.

Une fois sur l’ilot marécageux des Ulam, le feu est éteint par mégarde mais Naoh montre l’étendue de sa science en parvenant à le ranimer.

Une nouvelle ère commence pour les Ulam qu’on devine plus prospère.

En conclusion, « La guerre du feu » est un film surprenant et parfaitement réussi, parvenant à tenir en haleine du début à la fin.

Le talent de Annaud qui  s'appuie sur l'écrivain Anthony Burgess pour reconstituer un langage primitif basé sur les sons, lui permet de recréer un monde oublié, souvent fantasmé et de mettre en scène des aventures passionnantes d’un trio d’hommes des cavernes.

La reconstitution est superbe avec loups, lions, ours et mammouths et fait bien sentir la féroce compétitions pour la survie entre les tribus primitives.

Qu'importe si certaines inexcactitudes scientifiques sont présentes, on ne peut donc que vibrer devant cette histoire intense, rythmée et formidablement bien construite.

Plus de trente ans après, « La guerre du feu » demeure une curiosité de choix.

Tentez l’expérience, vous ne serez pas déçu de ce voyage un peu fou dans le passé.

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 14:27

4   civil war

 

Voici après une courte interruption la suite de « The civil war » de  Ken Burns, célèbre série historique consacrée à la Guerre de Sécession américaine.

Le deuxième Dvd se compose de deux parties d’une durée sensiblement égale ou interviennent les mêmes commentateurs que lors du premier notamment les historiens Shelby Foote et Barbara Field dont les analyses complètent les témoignages écrits des époques (notamment le  soldat nordiste Elijah Hunt Rodes et le soldat sudiste Samuel Watkins).

 La première partie intitulée « Libres à jamais » traite de l’année 1862, marquée surtout par les revers militaires de l’armée de l’Union emmenée par le général Mc Clellan, qui limité par son caractère orgueilleux et attentiste, ne peut exploiter sa supériorité numérique, logistique et est à chaque fois défait par les généraux Confédérés.

Du coté sudiste, on assiste à l’émergence du général Lee, redoutable tacticien capable de briser les schéma traditionnels de la guerre pour provoquer une guerre de mouvements et d’audace, suceptible de prendre de cours ses ennemis engoncés dans des plans trop prévisibles.

Lee est formidablement appuyé par son bras droit, le général Stonewall Jackson, lui aussi adepte des mouvements rapides, instinctifs et dont le caractère pieux s’accommode assez mal d’une certaine insensibilité au sort des hommes.

Ce duo d’hommes forts et déterminé est complété par le général James Ewell Stuart ou le lieutenant général Nathan Beford Forrest, dont la maitrise de la cavalerie, causera d’important dommages humains et matériels au sein des troupes ennemis.

Bien que bénéficiant d'une incroyable supériorité numérique, Mc Clellan échoue devant Richmond, que Lee dégage après une succession d’engagements habiles et audacieux.

Exaspéré, Abraham Lincoln le limoge et nomme ensuite le peu fiable John Pope qui essuiera de telles pertes à la seconde bataille de Bull Run qu’il sera remplacé à nouveau par Mc Clellan.

Enhardi par ses succès, Lee prend l’initiative et porte la guerre sur le territoire nordiste.

A Sharsburg (Washington) près de la rivière Antietam a lieu l’une des plus meurtrières batailles du conflit avec 23 000 morts en une journée.

Devant la lourdeur des pertes, Lee est contraint à la retraite mais  Mc Clellan se montre incapable d’exploiter cet avantage.

Cette année se termine par la promulgation par Lincoln de l’abolition de l’esclavage mais dont l’application passe par une victoire militaire décisive qu’aucun de ses généraux n’est en mesure de lui apporter.

Cette annonce a un effet terriblement puissant sur les esclaves qui entrevoyant l’espoir de la liberté, sont de plus en plus nombreux à quitter leurs maitres sudistes pour s’enrôler dans l’armée de l’Union.    

La seconde partie intitulée « Un meurtre tout simplement » traite majoritairement de l’année 1863 en relatant les difficiles conditions de vie des soldats au front avec une nourriture immonde à base de viande, de riz, haricots et de gâteaux secs remplis d’asticots et de grandes quantités de café, tabac consommées pour tenir le coup.

Bien entendu l’alcool bien que réprouvé par les officiers est largement consommé au sein des rangs des deux camps.

Mais le plus problématique reste les nombreuses maladies inhérentes au froid, au manque d’hygiène et à la promiscuité, qui seront responsables d’un grand nombre de décès.

Sur le plan militaire, le général nordiste Grant pilonne avec acharnement la forteresse de Vicksburg mais Burnside, le successeur de Mc Clellan une nouvelle fois limogé pour son attentisme,  est battu par Lee et ses troupes lors de la terrible bataille de Fredericksburg (Virginie) qui couta la vie à 13 000 de ses hommes.

Son successeur l’arrogant Joseph Hooker subira la même humiliation à Chancellorsville même si cette victoire coutera la vie à l’impétueux Jackson, considéré comme un héros de la guerre.

On termine cette deuxième partie en laissant un camp nordiste en difficulté après avoir pris une mesure impopulaire et subi les récents revers militaires de ses généraux, même si le camp sudiste commence déjà à souffrir économiquement de l’effort de guerre et de l’arrêt de ses exportations de coton.

En conclusion, dans « The civil war, dvd 2 » , le documentaire de Burns se montre toujours aussi passionnant avec une lecture à plusieurs niveaux du conflit, tout d’abord haute avec les décisions des politiciens et des généraux, et une autre consacrée aux hommes de terrains : sous officiers, infirmiers, simples soldats voir esclaves dont les témoignages terriblement réalistes donnent une vision poignante des batailles ou la stratégie dominante de l’époque consistait en des successions de charges héroïques couteuses en hommes pour prendre des positions solidement défendues par les fusils ennemis.

Dans ce conflit, les Sudistes paraissent moins nombreux, moins bien équipés et nourris que leurs adversaires mais compensent cette infériorité par la qualité exceptionnelle de leurs généraux et leur farouche détermination à défendre leurs terres.

Plus puissant mais moins bien commandé, le camp nordiste se caractérise par les prises de positions audacieuses de son président en faveur des esclaves, positions qu’il peine pour l’instant à affirmer faute de victoires militaire.

Autour de batailles d’une violence inouïe ou les hommes sont fauchés comme des épis de blé, le conflit semble donc s’équilibrer avec une issue bien incertaine ... 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 20:45

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Adapté en 1986 d’un roman best seller de Umberto Ecco, « Le nom de la rose » césarisé en 1987 est un classique du cinéma et sans conteste l’un des meilleurs films de Jean-Jacques Annaud.

L’histoire narre dans le Moyen-âge du XIV ième siècle, une étrange enquête menée par un moine franciscain anglais Guillaume de Baskerville (Sean Connery) et son jeune assistant Adso de Melk (Christian Slater alors juvénile) dans un monastère bénédictin isolé dans une zone montagneuse de l’Italie du Nord.

Depuis quelques temps en effet se déroulent des meurtres inquiétants venant troubler l’isolement et le travail intellectuel des moines chargés de traduire les œuvres du grec au latin.

Fidèle disciple de Saint François d’Assise qui prônait le dénuement et d’Aristote, Guillaume se fie à son esprit logique, à ses capacités d’observation et de déduction pour essayer de démêler la raison profonde qui amène des traducteurs à mourir soit en se jetant du haut du monastère, soit en se noyant dans une bassine de sang.

Malgré quelques réticences par rapport aux avancées de leur enquête notamment du directeur de l’abbaye le vieil aveugle Jorge de Burgos (Feodor Chaliapin) et de son adjoint peu sympathique Malachie de Hildesheim (Volker Prechtel) qui lui interdisent mystérieusement l’accès à la bibliothèque, Guillaume et Adso vont peu à peu comprendre que ceux qui meurent sont tous les traducteurs à avoir été en contact avec un livre mystérieux dont les pages sont empoisonnées à l’arsenic.

Entre temps, le duo croise des personnages inquiétants comme le bossu fou Salvatore (Ron Pearlman) et son maitre Remigio de Voragine (Helmut Qualtinger) deux anciens membres d’une fraction religieuse extrémiste.

Jeune et influençable, Adso connait même l’amour physique avec une jeune et belle paysanne brune (Valentina Vargas) lors d’une scène particulièrement torride.

Mais après la découverte d’un passage secret menant à la bibliothèques ou sont entreposés des livres interdits remettant en cause un enseignement strict de la religion, les avancées des deux hommes se trouvent bloquées par l’annonce de Bernardo Gui (F Murray Abraham) représentant de la toute puissante Inquisition, chargé d’éradiquer le démon sensé s’acharner sur l’abbaye.

Viel ennemi de Baskerville, Gui l’oblige à se porter juré dans le procès de la paysanne, de Salvatore et Remigio tous trois accusés un peu facilement de sorcellerie.

Malgré son courage et son intelligence, Baskerville ne peut rien contre la puissance aveugle de l’Inquisition qui arrache des aveux sous la torture et condamne les trois pauvres victimes à être brulées vives.

Baskerville et Adso tentent alors le va tout, brave les interdictions pour retrouver le fameux livre maudit, le poétique d’Aristote que de Burgos cherche à interdire en raison des idées jugées subversives notamment sur le droit aux moines de rire.

Entre les trois hommes la lutte est âpre, aboutit au suicide du vieil homme et à un énorme incendie qui ravage l’abbaye, distrayant les bourreaux des trois condamnés.

Seule la jeune paysanne échappe par miracle à son sort, provoquant un intense tiraillement du jeune Adso, partagé entre son engagement spirituel et son amour terrestre bien réel.

Pourtant le jeune choisit la foi, délaissant les plaisirs de la chair, même si il avoue en épilogue à la fin de sa vie qu’il n’a cessé toute sa vie durant de rêver à la jeune femme.

En conclusion, j‘ai beau l‘avoir vu au moins cinq fois, « Le nom de la rose » reste pour moi une référence incontournable en raison de son ambiance moyenâgeuse particulièrement captivante.

Sean Connery incarne le moine idéal : progressiste, humain, désintéressé et d’une intelligence aigue.

Son charisme rassure dans cet univers sombre, violent et effrayant ou la religion sert de paravent à tous les vices : homosexualité cachée, viols,  meurtres et quête de pouvoir.

On frémit souvent devant la galerie de « freaks » dénichée par Annaud comme Pearlman plus bestial que jamais ou Chaliapin aussi spectral que l’empereur Sith de Star wars.

Malgré la longueur du film, on se laisse porter par l’ambiance de cette enquête à mi chemin entre le « Da Vinci Code » et « Notre Dame de Paris » évoluant dans des temps obscurs ou la foi brandie comme une arme, pouvait tuer sur commande.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 15:48

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Il était logique après avoir dévoré l’ouvrage de John Keegan que je me penche sur son pendant documentaire avec le monstrueux pavé appelé « The civil war » du cinéaste Ken Burns.

Ce documentaire de plus de onze heures diffusé en 2008 sur Arte est un prodigieux travail d’historien pour reconstituer le conflit de la guerre de Sécession qui ensanglanta les Etats Unis d’Amérique de 1861 à 1865.

Pour rendre l’ingestion plus commode, je vous propose donc de tronçonner le visionnage du film en quatre Dvd de trois heures environ chacun.

Le premier d’entre eux se compose de deux parties, la première appelée « La cause » et la seconde « L’impasse sanglante ».

Dans « La cause », Burns revient sur les évènements ayant menés à l’affrontement militaire.

Il est ainsi question de la forte montée en puissance des mouvements abolitionnistes au Nord des Etats-Unis en cohérence avec les idées progressistes alors en vigueur en Europe.

Ces mouvements se matérialisent par l’élection d’Abraham Lincoln, élu président avec 40% des voix qui est un fervent partisan de l’abolition de l’esclavage.

Bien entendu, le Sud qui tire l’essentiel de sa richesse de l’exploitation des champs de coton dans lesquels travaillent des esclaves pour les grands propriétaires, se rebiffe sous l’impulsion du sénateur Jefferson Davis.

Entre les deux camps la tension monte rapidement, ce qui aboutit à la Sécession des Etats du Sud puis au premier acte d’agression de Fort Sumter (Charleston), fort nordiste pris d’assaut qui malgré le coté purement symbolique de l’attaque, déclenche la mobilisation générale des états de l’Union.

Ken Burns donne la parole aux historiens contemporains (Shelby Foote, Barbara Fields) qui prodiguent leurs analyses précises mais de manière plus touchante aux acteurs de l’époque  à travers des manuscrits historiques.

Ainsi on comprend par les témoignages d’esclaves affranchis comme Frederick Douglas la dureté des conditions de vie des esclaves et la difficulté pour les Noirs même affranchis de trouver leur place dans l’armée nordiste.

Le journal de Mary Chesnut femme d’un sénateur sudiste surprend par la largesse et la modernité de ses vues à contre courant du camp de son mari.

On assiste à une exposition rapide des principaux acteurs politiques et militaires de l’époque comme Abraham Lincoln à l‘intelligence supérieur, Ulysse Grant (inapte à la vie civile), William Sherman (à tendance dépressive) Nathan Bedford Forrest (cavalier émérite et guerrier jusqu‘au boutiste), Samuel Jefferson (peu commode), Lee (brillant mais trop succinctement évoqué), mais également de simples soldats du rang comme le sudiste Sam Watkins ou nordiste Elijah Hunt Rodes dont les récits intimes dépouillés de tout artifice de communication demeurent parmi les témoignages les plus émouvants du conflit.

Même si le Nord est beaucoup plus riche et quatre fois plus peuplée que le Sud, ce dernier se bat avec courage, profitant des nombreuses erreurs de commandements réalisés dans le camps adverse notamment lors de la terrible bataille de Bull Run (Manassas) ou Stonewall Jackson et Beauregard défont les troupes du vieillissant Mc Dowell qui sera après coups remplacé par le très médiatique général Mc Clellan.

Les photos d’amputations permettent de prendre conscience des dégâts sur le corps humain provoqués par la puissance de feu des fusils.

Expert en formation et logistique, Mc Clellan qui a beaucoup étudié les armées européennes, instaure une stratégie complexe de prise en tenaille du bloc Sudiste afin de l’asphyxier, qui s’avérera inefficace en raison d’un manque tempérament.

Au final, la première partie s’achève par une lettre poétique particulièrement émouvante d’un major nordiste Sullivan Balou, adressé à sa femme en guise d’adieux.

Légèrement plus courte, la seconde partie centrée sur l’année 1862, montre la montée en puissance des conflits de plus en plus intenses ou il n’est pas rare de voir 30% des effectifs engagés décimés.

Les correspondances entre Lincoln et Mc Clellan montrent l’exaspération croissante du président face à l’attentiste de son général en chef des armées, paralysé par un sentiment de peur face au nombre de ses ennemis.

Un zoom plaisant est réalisé sur les innovations dans le domaine naval comme l’apparition des premiers cuirassés (le Merrimack Sudiste et le Molitor nordiste à tourelle tournante) qui envoyèrent aux oubliettes les navires militaires traditionnels.

Du coté fluvial, face à l’attentisme de Mc Clellan, Grant remporte ses premiers succès au Kentucky en impressionnant par son calme et sa détermination.

Le point culminant de l’affrontement est Shiloh (Pittsburgh Landing), choc effroyable qui surpasse en horreur le pourtant déjà horrible Manassas.

Après un premier choc favorable aux sudistes, les renforts nordistes arrivent et permettent à Grant et Sherman de prendre le dessus sur Beauregard et Johnston qui est tué au combat.

Même si la victoire douloureuse de Shiloh laisse des traces dans les deux camps, le Sud commence déjà à avoir du mal à soutenir l’effort de guerre en moyens humains et matériels.


En conclusion, très dense, « The civil war, dvd 1 » permet de mieux comprendre le déroulement de ce conflit d’une envergure exceptionnelle.

Si la première partie consacrée à l’exposition de la situation met du temps à démarrer, on est rapidement happé par la puissance des témoignages écrits retrouvés par Burns et encore plus par les photos d’époque qui permettent de mettre des visages humains sur l’horreur des conflits.

Les innovations technologiques : amélioration de la puissance de l’artillerie, des fusils, emploi de mines et de cuirassés expliquent le nombre élevé des victimes broyées lors des assauts par des tempêtes de feu et d’aciers.

Trop orgueilleux, Mc Clellan par ailleurs brillant théoricien, se montre incapable de mener à bien la stratégie de Lincoln par manque de contrôle de soi et de clairvoyance, qualités qui seront l’apanage de son rival le plus modeste Grant, homme de terrain au courage indomptable.

« The civil war, dvd 1 »  laisse donc en attente, devant une offensive nordiste puissante mais indécise en raison des qualités de ses opposants notamment le général Lee défenseur de la ville de Richmond.

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