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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 18:43
Apocalypse , la 2ième guerre mondiale, parties 5 et 6 (Isabelle Clarke, Daniel Costelle)

Le dernier volet « Apocalypse , la 2ième guerre mondiale » traite des parties les plus intenses et dramatique du conflit avec « L’étau » et « L’enfer ».

Très bien nommé, « L’étau » fait la part belle au conflit entre l’Allemagne et l’URSS suite à l’opération d’invasion de la Wehrmacht intitulée « Barbarossa ».

Dans ce contexte difficile, Hitler charge le général Von Paulus de prendre Stalingrad ce qu'il parvient dans un premier temps à faire au prix de terribles pertes dans les faubourgs de la ville en flammes.

Mais alors que depuis son nid d’aigle bavarois, Hitler triomphe prématurément, sous l’impulsion du général Joukov, les Russes galvanisés par leur police politique préparent leur riposte à l’aide d’un renfort d’un million d’hommes, perçant les flancs roumains et italiens plus faibles de leur adversaire.

L’armée allemande se trouve donc à son tour encerclée et lutte courageusement en obéissant aux ordres du Führer qui lui demande de garder ses positions en attendant des renforts ... qui ne viendront jamais.

Epuisé nerveusement et devenu hostile à Hitler, Von Paulus se laisse capturer et deviendra un précieux allié des Soviétiques.

Stalingrad est évidemment le tournant de la guerre, le point de basculement qui stoppe définitivement l’offensive de la Wehrmacht réputée invincible et la place sur le reculoir face à une poussée soviétique qui devient à son tour irrésistible.

Repoussée par le rouleau compresseur des chars T-34 russes, des lances fusées infernaux appelés orgues de Staline et de combattants en surnombre ivres de revanche, la Wehrmacht affaiblie physiquement et moralement ne fera ensuite que se défendre face à un adversaire qu' Hitler ne pense vraiment être capable de vaincre.

Cette déconfiture se poursuit en Egypte ou Rommel est défait par les troupes britanniques plus nombreuses du général Montgomery et contraint d’abandonner également la Tunisie aux anglais.

Le rêve d’Hitler de jonction dans le Caucase entre les troupes de l'Europe et de l’Afrique de l’Est s’effondre et la Wehrmacht doit dégarnir ses fronts pour voler au secours de son allié italien, mis en déroute sur son propre sol après un débarquement allié en Sicile.

Le temps est alors venu dans « L’enfer » d’aborder la dernière partie du conflit et sans nul doute la plus sanglante.

Comment en effet passer sous silence le débarquement américain de Normandie en 1944 et le courage des fantassins obligés de prendre d’assauts les bunkers allemands qui avaient résisté aux bombardements alliés ?

Mais la supériorité aérienne anglaise est telle que les allemands commandés par le mythique Rommel, ne peuvent faire autre chose que ralentir la poussée américaine dans les bocages normands.

Les allemands qui ont également connu la destruction de leurs villes principales par les bombardements alliés (Essen, Dresde, Berlin) tentent de répliquer par l’envoi de bombes volantes (V1 puis V2) sur Londres mais ne peuvent plus rivaliser avec l’aviation ennemie.

L’Italie de Mussolini chute après la célèbre et sanglante bataille de Monte Cassino et Hitler doit une nouvelle fois voler au secours de son allié défaillant en tentant de le rétablir pour une courte durée à la tête de son pays.

Partout la Wehrmacht perd pied et un second débarquement dans le Sud de la France, mené par les troupes coloniales d’Afrique permet de refouler l’occupant.

Mais l’adversaire le plus dangereux de l’Allemagne reste l’URSS de Staline qui fonce droit sur Berlin pour damner le pion aux alliés anglo-américains commandés par les généraux Eisenhower et Patton.

Pris en tenaille, Hitler a beau user de ses dernières forces en enrôlant des adolescents fanatisés, des extrémistes de toutes nationalités ou en accentuant la folie meurtrière du massacre des juifs dans les camps de la mort, son armée est finalement défaite à Berlin.

Après le suicide du Führer, de sa femme Eva Braun et de ses proches les horribles Himmler qui assassinent leurs propres enfants, les puissances dominantes à l’exception de la France, se réunissent en Crimée à Yalta pour se partager l’Europe.

En position de force par rapport à un Roosevelt malade, Staline obtient la plus large part du gâteau et fait de l’URSS le futur ennemi de demain du bloc occidental.

Les Etats-Unis se focalisent eux sur le Japon, qui malgré les défaites de Midway et de Guadalcanal et la destruction d’une large partie de son armée, continue la lutte de manière acharnée défendant jusqu’à la mort les archipels d’iles nipponnes.

Les pertes sanglantes des Marines face à des soldats fanatisés et intransigeants à toute reddition conduit le général Mc Arthur à utiliser les armes nucléaires sur Nagasaki et Hiroshima afin de forcer la décision finale.

Après la capitulation du Japon s’achève la Seconde guerre mondiale avec un bilan matériel et humain catastrophique, rendant le terme Apocalypse parfaitement approprié.

Outre le génocide juif, l’autre fait marquant est les lourdes pertes de les Russes, près de 15% de la population sacrifiées dans de sanglants combats.

En France, De Gaulle finit par s’imposer au détriment de son rival Giraud pour prendre la direction du pays.

Les principaux collaborateurs des nazis sont arrêtés, jugés et condamnés à mort.

Devenus de véritables super puissances industrielles à fort réservoir humain, les Etats-Unis et l’URSS sont les grands vainqueurs du conflit le plus meurtrier et atroce de tous les temps.

En conclusion, « Apocalypse , la 2ième guerre mondiale, parties 5 et 6 » constitue et de loin le point culminant du conflit et l’apothéose de l’apocalypse totale qui faillit détruire le monde.

L’extrême intensité de la bataille de Stalingrad inverse la tendance et fait passer l’Allemagne de la situation d’agresseur à agressé.

Le pouvoir d’Hitler se fissure, sa santé se dégrade : blanchiment de la moustache et maladie de Parkinson que l’absorption de cocaïne ne suffit pas à masquer.

Après l’échec de la campagne de Russie, le guide visionnaire prend un sévère coup au moral et certains généraux tentent de l’éliminer …

Son allié Mussolini n’apparait pas faire le poids et n’être qu’un pantin de luxe manipulé par plus fort que lui.

Ce déclin d’Hitler ne rend pas moins horribles les derniers accès de folie meurtrière du régime nazi, orchestrés par l’abominable Himmler et ses SS, inflexibles bourreaux des camps de la mort ayant érigé le meurtre à un niveau industriel.

On pourra sourire face aux bons mots et au charisme de Churchill, à la dégaine de cow boys autoritaires des généraux Patton et Mc Arthur, trembler de sueur glacée face au faciès inquiétant du monstre Staline alors considéré par la force des évènements comme un « allié » indispensable mais l’incompréhension la plus totale reste par rapport à la doctrine jusqu’au-boutiste des Japonais, finalement encore plus fanatiques que les SS dans leur refus de tout compromis.

L’horreur du traitement de leurs prisonniers et leur culte de la mort au combat alimenté par le Bushido, relègue les combattants japonais au rang de non humains qu’on hésitait à octroyer aux brutes soviétiques ou aux cinglés nazis.

Œuvre de salubrité publique, « Apocalypse, la 2ième guerre mondiale » apparait comme un chef d’œuvre pédagogique permettant de donner vie et intensité dramatique aux évènements figurant dans les livres d’histoire et que certains courants révisionnistes mettent soixante dix ans après déjà en doute …

On comprend à son visionnage que du fait de l’endoctrinement des belligérants et da fantastique efficacité des industries de l’armement que le monde a frôlé l’annihilation totale et qu’un conflit d’ampleur similaire au XXI ième siècle conduirait probablement à la destruction totale du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Enfin certes les Anglais ont également bombardé des populations civiles, certes les Américains ont largué des bombes atomiques causant des dommages traumatisants pour l’humanité, mais il ne faut pas oublier qui étaient les agresseurs, quels régimes totalitaires qu’ils soient nazis ou impériaux ont déclenché des processus aussi horribles.

La culpabilité de l’Allemagne et celle du Japon paraissent ici écrasantes, faisant à tort éclipser l’immonde brutalité du régime stalinien.

En 2014, le responsabilité des dirigeants est de préserver l’équilibre des forces afin de préserver les acquis de 1945 et ce monde relativement pacifié à l’échelle mondiale que nous connaissons aujourd’hui.

Apocalypse , la 2ième guerre mondiale, parties 5 et 6 (Isabelle Clarke, Daniel Costelle)
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 17:01
Apocalypse , la 2ième guerre mondiale, parties 1 et 2 (Isabelle Clarke, Daniel Costelle)

Alors que les commémorations autour de la Première guerre mondiale battent leur plein, j’ai voulu me pencher sur « Apocalypse , la 2ième guerre mondiale » le documentaire de Isabelle Clarke et Daniel Costelle à partir d’un monumental travail d’orfèvre cinématographique mêlant archives de centres historiques et documents de particuliers soigneusement restaurés et colorisés.

Diffusé en 2009 sur les télévisions françaises avant d’être un succès à l’export, « Apocalypse , la 2ième guerre mondiale » est divisé en six parties.

Cette chronique ne traitera que des deux premières, « L’agression » et « L’écrasement » soit la période comprise entre 1939 et 1940.

Dans « L’agression », on assiste de manière rapide et directe aux préparatifs de la Guerre avec les manœuvres successives d’Adolf Hitler élu légalement président de l’Allemagne, pour annexer par étapes des états stratégiques pour la constitution d’une « grande Allemagne ».

Car le rêve caressé par Hitler est bien celui d’une revanche éclatante sur la conflit de 1914-1918 qu’il vécu comme une défaite humiliante pour l’Allemagne et sur l’édification d’un territoire immense incluant au moins l’Europe si ce n’est plus.

Nourri par un fascisme exalté et un antisémitisme assumé pour un peuple qu’il estime à l’origine de tous les maux de son pays, Hitler est politicien habile, un stratège militaire audacieux et surtout un orateur exceptionnel qui pousse le peuple allemand à le suivre comme le guide spirituel « Führer » qu’il prétend être.

Le dictateur dupe à Munich des dirigeants français et anglais faibles et peu déterminés à revivre l’enfer de la Première guerre, annexe sans réaction les Sudètes avec les précieuses usines Skoda et sa terre natale d’Autriche.

Après s’être allié avec l’Italie fasciste de Benito Mussolini et avoir conclu avec son voisin Staline, un pacte de non agression entre les deux pays afin de garantir la neutralité de la puissante URSS, Hitler a les mains libre pour envahir la Pologne qu’il conquiert rapidement par la puissance de ses chars Panzer et de ses avions Stuka malgré une résistance désespérée des Polonais.

Tandis que les nazis débutent leurs persécutions envers les juifs polonais parqués dans le tristement célèbre ghetto de Varsovie, l’Angleterre et la France sont obligées de déclarer la guerre à l’Allemagne, ce qui semble surprendre Hitler.

Les Etats-Unis restent par l’intermédiaire de Théodore Roosevelt d’une neutralité de façade et aident dans les faits leurs alliés britanniques par l’envoie de matériels.

On quitte le premier numéro en laissant un Hitler heureux de disposer d’un prétexte pour attaquer ses ennemis de toujours la France et l’Angleterre.

Dans la seconde partie intitulée « L’écrasement », le conflit entre la France et l’Allemagne se précise.

Trop confiant dans sa fameuse ligne Maginot et dans l’impossibilité supposée pour des blindés de percer la foret des Ardennes, l’Etat major français commet une cuisante erreur tactique et précipitant ses meilleurs éléments en Belgique pour secourir leurs voisins envahi par la toute puissance de la Wehrmacht.

La défense héroïque de l’armée belge ne fait que ralentir la percée allemande, tandis que les chars de Guderian et Rommel se ruent à travers les Ardennes pour percer le flanc de l’armée et française et prendre le reste des troupes à revers.

Leur tache est facilitée par la puissance des bombardiers Stuka qui détruisent les quelques blindés français et par la paralysie des généraux Gamelin, Weygand et des politiciens comme Daladier et Reynaud, pris de court par la foudroyante manœuvre de la Blitzkrieg.

Massées plus au nord, les troupes anglaises également en pleine déroute sont contraintes à réembarquer pour l’Angleterre en catastrophe à Dunkerque sous le feu nourri de l’ennemi qui coule le plus de navires possible..

La Norvège est elle aussi rapidement conquise et l’allié Staline peut lui aussi mettre la main sur des territoires enneigées de la Finlande.

De son coté, Mussolini qui se voit maitre de la Méditerranée tente crânement sa chance en Afrique de l’Est en Libye et Egypte face aux Anglais.

L’écroulement soudain et inattendu de la France pourtant réputée pour la qualité de son armée est un choc et conduit le maréchal Pétain, héros de 1914-1918 à signer un armistice douloureux coupant la France en deux et mettant la partie dite libre sous la coupe totale de l’Allemagne nazi, tandis que en Angleterre, le général de Gaulle prend la tête d’un mouvement de résistance.

Mais en 1940, l’Angleterre de Winston Churchill se retrouve donc seule face à l’hydre nazi.

En conclusion, « Apocalypse , la 2ième guerre mondiale, parties 1 et 2 » a le mérite de planter le décor de cette tragédie sans égale.

La voix précise et coupante du si controversée Mathieu Kassovitz, qui doutait de l’existence des attentats du 11 Septembre 2011, se révèle dans ce cadre particulièrement appropriée.

Sans être la partie la plus impressionnante du conflit, les premiers volets du documentaire ont le mérite de présenter l’incroyable détermination de Hitler et sa cour (Goering, Himmler, Goebbels) et montrer la lutte courageuse des troupes polonaises, belges et françaises malgré leur déroute rapide face à une Wehrmacht supérieure avec ses avions et ses blindés ultra rapides.

D’un point de vue humain, on retiendra les expressions des visages des soldats français et anglais, mélange d’abattement, d’inquiétude et de résignation par rapport à leur sort, la raideur des dirigeants français du gouvernement de Vichy passant sous domination allemande et l’intensité des premiers combats.

Et cette envie si pressante de connaitre la suite ...

Apocalypse , la 2ième guerre mondiale, parties 1 et 2 (Isabelle Clarke, Daniel Costelle)
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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 21:04

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Après la Première guerre mondiale, il était fort logique de s’intéresser à la Seconde avec « La Seconde guerre mondiale » de l’historien Philippe Masson.

Publié en 2003, « La Seconde guerre mondiale » est un ouvrage de taille imposante de près de 600 pages réparties en cinq parties principales ayant pour originalité de pas suivre une chronologie, qui elle se retrouve dans un précis chronologique de 200 pages situé à part.

Après une courte introduction relatant succinctement les préparatifs de la guerre avec l’habile montée en puissance du nouveau dirigeant de l’Allemagne, Adolf Hitler, chef du parti national socialiste, réputé pour ses idées extrémistes et expansionnistes avec un rêve de « grand empire allemand » occupant la quasi-totalité de l’Europe de l’Ouest, la partie Est étant tenue par l’allié soviétique de Joseph Staline, tandis que les autres alliés, japonais et italiens, se partageraient respectivement l’Asie et la zone méditerranéenne.

Diplomate rusé, Hitler berne Français et Anglais sur ses véritables intentions, puis annexe sauvagement la Pologne en 1939 ce qui déclenche inévitablement une nouvelle guerre.

Dans la seconde partie, Masson s’intéresse à l’aspect stratégique de la guerre, avec tout d’abord la fameuse Blitzkrieg de la Wehrmacht reposant sur l’extrême mobilité et la forte puissance de feu de colonnes de chars Panzer Mark, Tigre ou Panther pour enfoncer les lignes de front ennemies.

Cette nouvelle guerre de mouvement prônée par le général Guderian prend complètement de court les Polonais, Belges et Français, dont les armées sont balayées en un temps record.

La fantastique puissance technique de la Wehrmacht donne également toute sa mesure dans les cols escarpés de la Grèce pour voler au secours de son allié italien en difficulté.

Mais si la Blitzkrieg fut décisive au début du conflit, cette technique trouvera ces limites lors de l’invasion de l’URSS (opération Barbarossa) car après une formidable percée, les chars et camions allemands s’enlisèrent dans un territoire immense, aux conditions météorologiques épouvantables (pluies et froids mortels), défendu par des soldats innombrables reconstituant sans cesse de nouvelles troupes pour user les forces ennemies.

Le Général Von Paulus et ses chars se cassent donc les dents sur Moscou, puis l’Ukraine et enfin Stalingrad, point décisif de la Seconde guerre mondiale, sanglante bataille urbaine ou la valeur technique cède le pas celle de combattants luttant dans des espaces clos.

Parallèlement, les Américains, les Anglais mais surtout les Soviétiques progressent techniquement pour créer des tanks et canons mobiles capable de tenir plus le choc face aux monstres mécanisés allemands.

Les chars ne suffiront pas non plus face à la puissance des bombardements alliés notamment lors de l’opération Overlord.

On comprend donc tout l’intérêt tactique de la maitrise des airs et le duel au couteau entre la Luftwaffe et la Royal Air Force notamment dans la bataille d’Angleterre, avec l’avantage finalement décisif emporté par les Britanniques soutenus par les Américains et de terribles bombardements non seulement sur les centres de productions industriels allemands mais également sur des villes réduites en cendres comme Dresde.

Autre enjeu majeur de la guerre, la maitrise des mers, avec une Allemagne palliant la relative faiblesse de sa Kriegmarine, par l’emploi de sous marins U-boot certes limités techniquement dans leur autonomie sous marine, mais capables en remontant de nuit à la surface de couler les navires de commerce approvisionnant le Royaume Uni depuis l’Atlantique.

Cette bataille sera encore plus acharnée avec la parade trouvée par les alliés par l’usage d’avions capables depuis des porte avions de traquer et couler les U-boots.

Si la Marine de Churchill prendra relativement le dessus sur celle de Mussolini en Méditerranée, la mer sera également le théâtre de batailles grandioses dans le Pacifique ou les Etats-Unis, mal préparé et pris par surprise par le Japon, finiront par prendre le dessus sur leur rival après l’épique bataille de Midway en 1942.

Un peu moins passionnante selon moi, la troisième partie insiste sur les controverses, avec les bombardement allemands, anglais et américains de villes afin non pas de toucher des centres stratégiques ou économiques mais de terroriser et briser le moral des civils.

Plus intéressante est la partie sur la guerre de renseignement avec la lutte technique pour décrypter les codes des forces ennemies avec dans cet aspect une nouvelle victoire des américains et surtout anglais face à leurs rivaux qui permettra de prendre des avantages décisifs dans la guerre sous marine et lors de la fameuse bataille de Midway.

Dans la quatrième partie, Masson s’intéresse à l’aspect technique des armes utilisées avec un avantage indiscutable aux Allemands, qui surpassés au cours du conflit par l’incroyable puissance industrielle des Américains et des Russes, ont sans cesse chercher à prendre l’avantage pour utiliser de nouvelles armes comme les avions à réactions, les bombes télécommandées et les sous marins électriques, sans qu’aucune de ses trouvailles technologiques n’arrive à temps pour inverser la tendance du conflit.

Du coté des hommes, on notera l’inexistence de l’armée française et de ses généraux, le très net recul anglais dans les opérations terrestres au profit d’américains certes bien aidés par leur supériorité matérielle mais courageux dans les batailles décisives qu’ils menèrent pour faire écrouler les deux puissances les plus redoutables, l’Allemagne et le Japon.

Difficile de hiérarchiser la valeur des combattants, mais Russes et surtout Japonais se caractérisent par une résistance aux souffrances physique inouïe et une véritable aptitude au sacrifice, principalement pour défendre leur sol natal.

La guerre entre l’Allemagne et la Russie fut sans doute un des conflits les plus terribles de l’histoire de l’humanité, et les soldats Russes souvent contraints par leur hiérarchie et par la terrifiante police politique stalinienne se sacrifièrent dans d’épouvantables charges suicides destinées à user leurs adversaires.

On a beaucoup parlé de l’exceptionnelle combativité des japonais, de leur fanatisme hérité du Bushido, de leurs attaques suicides, de leur refus de capituler et des cuisantes pertes qu’ils infligèrent aux GI sur les iles japonaises mais la surprise provient des soldats allemands, qui alliant mental de fer lié au fanatisme nazi et grande valeur athlétique, furent peut être les combattants les plus redoutables, tenant longtemps en respect des troupes beaucoup plus nombreuses lors de la poussée Russe et Américaine post 1944.

Après avoir passé en revue les grands chefs du conflit et s’être attardé sur la personnalité complexe et fascinante d’Hitler, notamment par ses capacités de visionnaire hors norme sans oublier de citer Mc Arthur, Patton, Rommel et à un degré moindre Staline, Churchill et De Gaulle, l’ouvrage s’attache dans sa cinquième et dernière partie aux souffrances des populations, avec l’horreur des privations, les épouvantables conditions des réfugiés, prisonniers et ouvriers déportés que ce soit dans les pays de l’Est ou en Asie.

Un des passages les plus intéressants concerne la question des juifs, considérés depuis le moyen âge comme les boucs émissaires par excellence et victimes régulières de pogroms dans les pays de l’Est.

Une des théories de l’auteur est de faire de Hitler le catalyseur de cette haine contre une population réputée non intégrable et détentrice des principaux commerces et finances mondiales.

Masson prétend que Hitler n’aurait pas voulu l’extermination de tous les juifs mais qu’il aurait été dépassé par ses lieutenant comme Himmler et Heydrich, qui passèrent le cap des camps de concentration pour en faire des camps d’extermination industriels.

On appréciera le courage de l’auteur qui met en lumière le scepticisme et l’indifférence des belligérants comme les Etats-Unis, l’URSS et même l’Angleterre, qui ne rentrèrent nullement dans le conflit pour secourir les juifs victimes d’extermination.

La question de la collaboration française avec les nazis est soigneusement évitée mais l’action de la Résistance, remise à sa juste mesure : tardive et minoritaire.

On conclura enfin sur la capitulation du Japon  après le largage de deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagaski, l’écroulement de l’Italie et de l’Allemagne sous la double poussée américaine et russe, ces derniers se vengeant en faisant subir d’atroces souffrances aux populations civiles : meurtres, viols, tortures et déportations pour un voyage sans retour.

L’URSS sortira des négociations de Yalta en position de grand vainqueur mais également de menace pour les autres pays occidentaux en raison du caractère totalitaire de son régime et de la violence sanguinaire exercée par Staline sur les pays occupés par la force comme la Pologne ou la Tchécoslovaquie.

Immanquablement après la chute du « rêve » nazi viendra la création des deux blocs militaires et politiques Est-Ouest et l’opposition bien connue de la Guerre froide.

En conclusion, « La Seconde guerre mondiale » est un monumental pavé rédigé avec toute la minutie habituelles des agrégés d’histoire.

Sa présentation assez originale par thème plutôt que par chronologie rend parfois difficile le suivi des évènements forcément complexes et se déroulant sur une multitude des théâtres ou les drames abondent dans des sommets de tragédies humaines.

De part sa froide et relativement impartiale analyse, « La Seconde guerre mondiale » parvient même à faire oublier l’horreur absolue et le déchainement de violence inhumain des combats ou des sévices infligés aux prisonniers ce qui rend presque banal le basculement du monde aux portes de l’annihilation totale.

Tout en déplorant une trop grande froideur et un trop grand sens de la mesure, « La Seconde guerre mondiale » intéressera par ses analyses approfondies, son combat de certaines idées reçues et impressionnera par l’impressionnante qualité guerrière des allemands, des russes et des japonais, tous unis pour des raisons différentes par un fanatisme puissant.

Difficile également à sa lecture de ne pas éprouver un sentiment d’incrédulité et de frisson rétrospectif par rapport à l’absolue folie de cette histoire vielle de bientôt de plus de 70 ans.

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 16:48

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La période des vacances est propice à des lectures plus approfondies aussi est-ce avec un vif intérêt que je me suis attaqué à « La grande guerre » massif ouvrage de l’historien Pierre Miquel.

Découpé en trois parties distinctes, « La grande guerre » traite de manière approfondie d’un des conflits les plus importants de l’Histoire dont nous fêterons le centenaire cette année.

Les causes du conflit tout d’abord, sont abordées avec à vrai dire le prétexte de l’assassinat de l’archiduc d’Autriche-Hongrie Franz Ferdinand par des nationalistes Serbes, pour en réalité justifier une volonté bien plus profonde de domination de l’Autriche mais surtout de l’Allemagne du Kaiser Guillaume II.

En effet, l’Allemagne, dopée par une industrie du charbon et de l’acier particulièrement productive dans la région de la Ruhr, est poussée par les grands groupes industriels influents comme Krupp, Thyssen, Stinnes ou Skoda à une politique expansionniste lui permettant d’annexer de nouveaux territoires et développer sa flotte commerciale, toujours barrée par celle historiquement plus nombreuse et performante de sa rivale de Grande-Bretagne.

Par le jeu mécanique et diabolique des alliances, la tension monte très vite en Europe et deux blocs se constituent rapidement avec d’un coté l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, et de l’autre la Russie, appelée à la rescousse par la petite Serbie, et la France qui entretient des liens économiques étroits avec la Russie du tsar Nicolas II puis l’Angleterre, alliée également de la France.

Devant la volonté affichée d’en découdre, la guerre éclate durant l’été 1914 et l’Allemagne réussit une percée spectaculaire en Belgique avant de pénétrer dans le Nord-est de la France.

Les soldats se mobilisent avec courage de part et d’autres et on assiste à une flambée de nationalisme, car chacun des deux camps, convaincu de sa supériorité pense que la guerre sera courte et qu’on sera vite de retour dans ses foyers pour le retour à la vie normale et notamment l’harassant mais nécessaire travail de collecte des moissons.

Dans un tel climat les quelques mouvements pacifistes sont vite étouffés, le message du Pape ignoré et l’encombrant socialiste Jean Jaurès assassiné.

Les Français font appel à leurs colonies et des tirailleurs sénégalais et maghrébins sont mobilisés aux cotés des troupes franco-anglaises.

Le général Joffre chef des armées, essuie alors avec stupeur les premières défaites de l’armée française face un ennemi mieux préparé, supérieur tactiquement et techniquement avec l’emploi massif de canons d’artillerie pour démolir et désorganiser les lignes d’infanterie avant de monter au front enlever les positions.

L’état major français va mettre de longs mois à réaliser puis analyser la situation avec lucidité, et va tout d’abord reprocher à ses officiers un manque de combativité alors que le problème est tactique et technique.

Les Allemands submergent donc les Français, progressant inexorablement vers la Marne et se rapprochant dangereusement de Paris.

Cette progression qui aurait pu être fatale est alors arrêtée par une farouche résistance française qui achemine en urgence toutes ses troupes dans la Marne à l’aide de trains et de taxis réquisitionnés.

Joffre change de tactique, ayant lui aussi recours à l’emploi de pilonnements d’artillerie des cannons Schneider pour répondre à ceux des Allemands.

Devant l’emploi de telles armes de destruction, les combats sont terriblement meurtriers mais Gallieni et Foch parviennent à sauver la capitale et à repousser leurs adversaires.

Chaque camps fortifie ses défenses et s’enterre dans une guerre qui va prendre une toute autre tournure, s’installer dans la durée et dans un immobilisme initialement non prévus.

La ligne de front va alors se stabiliser au Nord-Est de la France, ou les combattants français, anglais, belges et allemands lutteront pied à pied dans un déluge alternant  bombardements et charges meurtrières sans qu’aucun des deux camps ne parvienne à obtenir un avantage décisif.

Dans cette guerre de tranchée, les Français s’inspirent des méthodes de leurs adversaires pour améliorer les conditions de vie très dures des soldats pris dans le froid, la maladie et la boue, mais aussi renforcer leur stratégies défensives.

Derrière c’est tout l’appareil industriel des nations qui est modifié pour faire face à l’énorme effort de production demandé pour fournir armes, munitions et logistique aux combattants.

Les industries sont nationalisées ou alors étroitement encadrées par les gouvernements qui s’endettent fortement pour soutenir l’effort de guerre.

Les femmes sont employées dans les usines, toute les populations civiles souffrent de la pénurie de nourriture dans un climat de propagande, de censure et de paranoïa aigu.

Les zones occupées souffrent du pillage de leur ressources et d’exécutions sommaires pour casser leur résistance.

Principal enjeu économique, le blockus maritime imposé par les Anglais aux Allemands qui ont recours à la complicité d’états dits neutres pour se ravitailler dans la mer baltique et à leurs alliés Turcs dans les Dardanelles.

Sur le front Est de la Prusse, le déclenchement des premiers combats avec la Russie mobilise les troupes allemandes, qui ont fort affaire face à un ennemi certes inférieur tactiquement et techniquement, mais supérieur numériquement et capable par sa cavalerie de dangereuses manœuvres de débordement.

Les combats entre Allemands et Russes sont très durs.

Alors que le conflit s’enlise en Europe occidentale, il s’étend dans sa partie orientale avec la montée en puissance de la redoutable Turquie, partenaire privilégiée de l’Allemagne qui se montre de manière générale très active avec les pays arabes en se faisant le défenseur de l’Islam contre les nations infidèles françaises ou anglaises qui de leur coté jouent la carte du nationalisme anti turc en Arabie.

La Turquie affronte la Russie pour le contrôle de l’Arménie, qui chrétienne et orthodoxe est victime d’un des plus durs génocides de l’histoire de l’humanité.

La Russie défont les Turcs dans le Nord de la Perse et remportent avec le général Youdénitch une victoire importante à Erzeroum puis à Trébizonde.

Si la Russie tient en échec la Turquie, elle est en revanche moins à son aise en Prusse orientale face aux troupes allemandes de Hindenburg, et doivent se replier en catastrophe face à la poussée de leur adversaire.

Ils perdent plus de 2 millions d’hommes, cèdent la Pologne et échappent de justesse à la destruction de leur armée.

Les troupes alliées essuient également un cuisant échec dans une tentative de prise du Détroit des Dardanelles et voient la plupart de leurs navires coulés par les canons turcs fortifiés par des conseillers allemands.

L’Italie, entrée en guerre du coté allié, se montre également incapable de menacer sérieusement l’Autriche-Hongrie, qui la tient en échec dans les montagnes des Alpes.

La situation est extrêmement compliquée dans la zone des Balkans, traditionnellement soumise à de fortes convoitises et tensions.

La Serbie est écrasée, la Roumanie et l’Ukraine, riches en denrées alimentaires, sont prises facilement par l’Allemagne qui draine ainsi leurs ressources pour subvenir à ses propres besoins.

Sur le front ouest, la guerre s’enlise et force les belligérants à s’appuyer sur de nouvelles innovations scientifiques notamment l’emploi de gaz : ypérite, moutarde pour tuer leurs adversaires.

Les Alliés sont les premières victimes de ces horribles trouvailles et de nombreux soldats sont tués ou mortellement blessés, avant de trouver péniblement une parade par l’emploi de masque à gaz trop lentement diffusés dans l’armée.

Comme à chaque fois, l’armée française réagit avec un temps de retard, mais emploie également des gaz pour lutter contre les Allemands.

Les premiers tanks anglais font leur apparition sur les champs de bataille mais manquant de fiabilité et de mobilité, sont rapidement mis hors de combat par les Allemands.

Ils seront améliorés progressivement, pour être intégrés dans les forces alliées comme pièces mobile d’artillerie puis pour appuyer les assauts de l’infanterie avec des succès encore timides.

L’aviation en revanche sera intégrée comme une donnée essentielle du combat moderne, aussi bien pour les actions de reconnaissance permettant de régler les tirs d’artillerie, que pour le bombardement des lignes ennemies.

Les Allemands pousseront le concept encore plus loin en utilisant les fameux Zeppelin, immenses dirigeables capables de larguer des bombes sur les villes en pleine nuit.

L’emploi de sous-marins allemands, de plus en plus fiables et performants pour couler des navires de guerre mais également commerciaux alliés, sera un point crucial de la guerre puisqu’il conduira, le président Wilson, à faire entrer les Etats-Unis en guerre en 1917 contre l’Allemagne après bien des tergiversations.

Le conflit culmine à la bataille de Verdun ou chacun des deux camps, commandés par Pétain et Falkenhayn, essuie de terribles pertes dans un enfer de sang et de feu.

La prolongation d’une guerre aussi intense, saigne les nations à blanc en hommes mais aussi en ressources matérielles.

Très critiqué pour sa stratégie d’usure, Joffre est limogé en 1916 et remplacé par Pétain à la tête des armées françaises.

Sur le front, les cas de mutineries éclatent dans chacun des camps.

La plupart des mutins sont des bons soldats exténués physiquement et moralement par la dureté des combats et les ordres et contre ordres de commandement.

Tout d’abord impitoyable contre tout forme de lâcheté des hommes qui sont comparaissent en cours martiale et peuvent ainsi être sommairement exécutés, l’Etat major assouplit peu à peu sa position et tente de rendre la vie des soldats un peu moins déshumanisée, en offrant des possibilités de relèves des troupes épuisées et de permissions loin des zones de front.

Mais la dureté et la longueur de la guerre ont pour conséquence majeure l’effondrement en 1917 de la Russie, affaiblie par ses défaites face à l’Allemagne, et définitivement minée de l’intérieur par la révolution bolchévique dont les idées égalitaires et pacifistes se propagent sans peine dans l’immense masse des populations agricoles et ouvrières réduites à la disette.

C’est alors avec le soutien de l’armée, que les bolchéviques Kerenski, Trotski, Lénine et Staline renversent le tsar Nicolas II et négocient par le traité de Brest-Litovsk autant par opposition idéologique à toute guerre impérialiste que par incapacité miliaire, une armistice avec l’Allemagne qui prend possession d’une partie de Biélorussie, de la Pologne et de l’Ukraine.

Débarrassée d’un adversaire encombrant, l’Allemagne peut donc dégarnir le front de l’Est pour masser ses troupes à l’Ouest et tenter d’arracher la victoire contre les troupes Alliées.

Mais de leur coté, les Alliés comptent à présent sur le soutien des Etats-Unis qui envoient plus d’un million d’hommes en France.

Cette importante ressource en hommes et en matériels, passe par des camps d’instruction français ou les GI s’acclimatent et se forment aux difficiles conditions des fantassins de l’Est.

Ce processus devant être contrôlé par l’ensemble des gouvernements alliés, est lent, ce qui profite à l’Allemagne qui lance une offensive massive en 1918 dans l’espoir de remporter la victoire finale.

Le général Ludendorff est proche de réussir, mais Pétain organise une résistance désespérée mobilisant toutes les ressources des alliés.

En combinant artillerie, chars, infanterie et emploi de l’aviation qui réussit enfin à tenir en échec les Fokker allemands, Pétain et Haig infligent de telles pertes à Ludendorff qu’il doit reculer sur des positions initiales qu’il peine à présent à tenir.

Les soldats américains entrent alors en action et mettent alors l’armée allemande dans une position intenable, qui contraint l’état major, sans réelle échappatoire avec l‘effondrement de ses alliés Turcs et Bulgares, à une signer une armistice le 11 novembre 1918.

Le rapport de force s’inverse alors, Français, Anglais, Italiens et Belges exigeant alors en 1919 de l’Allemagne et de l’Autriche Hongrie des réparations financières très lourdes accompagnant la rétrocession de territoires annexés, dont la fameuse Alsace-Lorraine, mais également la Pologne, l’Ukraine et la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie qui absorbent respectivement la Serbie et la Slovaquie.

Le président Wilson est en réalité le grand gagnant du conflit, car la plupart des états européens ruinés par la guerre, sont débiteurs des Etats-Unis.

Ils crée la Ssociété Des Nations ancetre de l'ONU, et entend être auprès de la jeune nation bolchévique russe la nation dominante du nouvel ordre mondial.

En conclusion, « La grande guerre » est un ouvrage ultra dense et fouillé, regorgeant de détails permettant de connaitre quasiment tout en détail de l’une des plus folles aventures de l’histoire de l’humanité.

Si il est parfois difficile de suivre en détail l’évolution des combats dans d’obscurs village du nord ou de l’est et de comprendre les rôles respectifs des hommes politiques (Poincaré, Clémenceau) et généraux français (Joffre, Pétain, Nivelle, Castelnau) ainsi que leurs homologues allemands (Guillaume II, Von Moltke, Hindenburg), « La grande guerre » permet de très bien comprendre l’ampleur du désastre humain provoqué par l’attitude volontairement belliciste et expansionniste des nations germaniques.

Fascinante par sa volonté de perfectionnement scientifique dans l’art de donner la mort, la guerre de 14-18, est une aventure terrifiante ou les militaires entrent dans la l’ère moderne en introduisant des armements toujours plus sophistiqués comme les gaz, grenades, fusils mitrailleurs, lance-flammes, canons longue portée mais aussi chars d’assauts, avions de combats et sous marins.

L’héroïsme des soldats semble donc bien réel, et ce quel que soit le camps et il est aisé de comprendre les réactions d’abattement et de refus face à l’horreur de la vie des tranchées, deshumanisant les combattants jusqu’à la limite de leurs forces.

Outre le point de vue franco-allemand et la voracité des lobbys industriels austro-allemands, le livre permet de mieux percevoir l’aspect « oriental » de la guerre avec les violents combats dans les Balkans et au Moyen-Orient, mêlant autant par nécessité que par contrainte des nations comme la Turquie, l’Egypte, la Grèce, l’Arabie ou le Bulgarie.

Fort de toutes ces informations, « La grande guerre » constitue donc un ouvrage idéal pour comprendre dans sa globalité un conflit aussi sanglant que complexe, qui engendra beaucoup trop rapidement une suite encore plus terrible …

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 22:29

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Nous abordons à présent la quatrième et dernière partie de « The civil war » décomposée en trois parties de durées sensiblement égales.

Dans la première d’entre elles, « 1864, terre sanctifiée », après une dernière contre attaque sudiste osée du général Early qui tente de prendre sans succès Washington et un hommage appuyé au lieutenant général Nathan Bedford Forrest, expert en charges de cavalerie tonitruantes et accessoirement fondateur du Klux Klux Klan, la situation s’enlise toujours autour des sièges de Petersburg et Atlanta.

A Petersburg, le général Burnside se couvre de ridicule en tentant de dynamiter les galeries sudistes, mais son initiative se solde par le massacre de ses hommes dans un cratère géant et son limogeage.

A Atlanta, Sherman se voit opposer un autre adversaire, le belliqueux Hood en lieu et place du stratège Johnston dont les atermoiements ont fini par irriter le président Davis.

La bataille est terrible et Sherman finit en déployant courage et pugnacité par prendre la ville, ce qui permet à Abraham Lincoln d’être réélu président des Etats-Unis en battant son ancien général Mc Clellan.

La guerre amène son lot inévitable d’histoires d’espionnage, d’hommes d’affaires peu scrupuleux vendant n’importe quel matériel aux armées des deux camps, mais plus grave encore de brutes sanguinaires comme Bill Anderson (patron du bandit Jesse James), qui utilisent le chaos du conflit pour donner libre court à leurs pulsions psychopathiques.

Le summum de l’horreur est toutefois atteint dans le camps de concentration de Andersonville (Géorgie) ou des milliers de prisonniers nordistes croupissent dans des conditions de vie proches de ceux des juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Après des images particulièrement choquantes de squelettes humains, cette partie se solde par l’émouvant défilement de portraits de jeunes et vigoureux officiers morts au combat et par l’annonce du choix par un général nordiste de la propriété du général Lee à Arlington pour créer un nouveau cimetière nordiste.

Dans « 1865, la guerre c’est l’enfer » un regain de violence est observé avec la poussée victorieuse de Sherman vers la mer qui prend la ville de Savannah après avoir ravagé toutes les villes, champs et voies ferrées sur son passage puis se tournant vers la Caroline du Sud en réussissant par des prouesses de génie civil à franchir des marais réputés infranchissables.

Véritable ange vengeur, Sherman punit la ville de Charleston, bastion de la rébellion sudiste, puis menace Richmond, qui a du se résoudre à enrôler des noirs pour tenter de gonfler les rangs de son armée.

Lincoln fait voter un amendement célèbre prononçant l’abolition de l’esclavage et veille à garder à l’esprit une politique de respect et de possible conciliation avec le camps ennemi, tandis qu’un obscur acteur du nom de John Wilkes Booth, prépare avec obstination un complot visant  à l’assassiner.

Le grand choc de la guerre entre Lee et Grant a finalement lieu et Grant finit par affaiblir progressivement son adversaire en jouant sur ses ressources en hommes nettement supérieures.

Grant conquiert Petersburg après une résistance farouche du camps adverse composé parfois de soldats adolescents ou vieillards.

Sous la pression de Grant et Sherman, Richmond tombe et reçoit la visite de Lincoln, accueilli en héros par les noirs fraichement émancipés.

Traqué par Grant vers l’Ouest, Lee fuit et finit malgré une résistance farouche à se résoudre à capituler devant son rival.

Le reddition de Lee a lieu dans la petite ville de Appomattox et scelle la fin de la résistance du Sud, même si son président Jefferson Davis tentera encore de fuir vers l’Ouest avant d’être finalement capturé et emprisonné en 1865.

« 1865, les meilleurs anges de notre nature » la dernière partie de cette saga arrive enfin avec le temps des bilans dressés par les historiens, avec l’unité retrouvé autour de la Nation, la difficile émancipation des Noirs, certes libres mais très pauvres, et ayant les plus grandes difficultés à faire valoir leurs droits.

Lincoln ne peut jouir longtemps de son triomphe, et est malheureusement assassiné dans un théâtre de Philadelphie par Booth, qui sera tué en cavale et dont les complices seront pendus.

La mort de l’humaniste Lincoln est un drame terrible pour la nation américaine.

Avec le temps, les soldats rescapés des grandes batailles deviennent des symboles vivants et relatent avec plaisir leurs hauts faits d’armes.

Refusant toute compromission et carrière politique, Sherman continue de vivre en soldat en combattant les indiens et reçoit un bel hommage posthume de son adversaire Johnston qui décèdera peu après, Pickett hanté par le poids de son terrible échec à Gettysburg sombre dans la dépression, Lee contrairement à Davis réfractaire jusqu’à sa mort, rejoint l’unité nationale mais le destin le plus émouvant est celui de Grant, élu président des Etats Unis, mais replongeant dans ses terribles échec personnels, avec une gestion calamiteuse de ses finances.

Ruiné et se sachant condamné par un cancer de la gorge, Grant décide de se retirer pour écrire ses mémoires et ainsi assurer la fortune de sa famille avant sa mort.

En conclusion, la quatrième partie de « The civil war » ne dépareille pas face aux trois autres.

Les batailles sont certes un peu moins dramatiques que lors des épisodes précédents, mais comment ignorer le destin hors du commun des généraux et politiciens de l’époque, hommes d’exception engendrés par des conditions historiques exceptionnelles ?

Difficile de ne pas penser à un prélude de la Première guerre mondiale, avec les tranchées, artilleries, charges sanglantes sous les balles et plus étonnant encore … camps de concentration ou des résidus d’humains ont expiré lentement dans des conditions proches de l’enfer.

Difficile aussi de ne pas être ému aux larmes par certains témoignages ….

Alliant la grandeur de cette épopée sanglante surnaturelle (qui fit 620 000 morts) et donna lieu à des faits d’armes surhumains et douleur intime simples particuliers pris dans la tourmente, « The civil war » reste un documentaire particulièrement fascinant, et permet aux passionnés (comme moi) de se régaler durant les 11h de films d’archives permettant de mieux percevoir la puissance émotionnelle pure de ce conflit.

Un chef d’œuvre à l’état pur pour votre serviteur donc.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 19:27

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Sans doute sont ce les lectures de Mark Twain, mais l’évocation des Etats Unis au XIX ième siècle, m’a redonné envie de m’attaquer à la troisième partie de  l’immense monument de « The civil war » du  Ken Burns, célèbre série historique consacrée à la Guerre de Sécession américaine.

Les intervenants de cette troisième partie sont sensiblement les mêmes,
les historiens Shelby Foote, Ed Bearss et Barbara Field dont les analyses complètent les témoignages écrits des soldats de l’époque (le nordiste Elijah Hunt Rodes et le sudiste Samuel Watkins) mais aussi des descendants des protagonistes de l’époque comme la petite fille de Alex Turner, un ancien esclave noir du Sud devenu soldat pour l’Union.

Le premier Dvd intitulé sobrement « 1863, les Batailles » attaque fort par la mythique bataille de Gettysburg (Pennsylvanie) ou s’affrontent pendant trois jours les Confédérés (72000 hommes) dirigés par Robert Lee et les forces de l’Union enemnés, 94 000 hommes par George Gordon Meade.

La lutte d’une intensité inouïe, a pour cadre les collines de la ville prises d’assauts ou âprement défendus alternativement par les deux camps.

Entre canonnades sévères pour déstabiliser les lignes adverses, défenses héroïques du colonel Chamberlain et charge massive quasi suicidaire des confédérés emmenés par Pickett, la balance finit par être défavorable à Lee, qui privé de ses brillants cavaliers Jackson et Stuart (partiellement) perd un nombre plus important d’homme que son adversaire, ce qui le contraint à la retraite.

Avec ses 51 000 hommes blessés ou morts, la bataille de Gettysburg, sommet de violence militaire et synonyme de Verdun américain est le tournant de la guerre, car elle stoppe net les velléités de Lee pour frapper le Nord des Etats-Unis et va ensuite conduire l’armée des Confédérés à une stratégie de repli pour défendre ses propres villes.

En effet dans le même temps, le général Grant épaulé par Sherman parvient après un siège acharné de 48 jours à faire chuter la forteresse navale de Vicksburg et donne à l’Union le contrôle hautement stratégique du fleuve Mississippi.

Le reportage s’attarde sur les témoignages poignants de civils, comme les infirmières militaires témoins de l’horrible situations des blessés de guerre mais relate aussi les émeutes ultra violentes de la communauté irlandaise new yorkaise contre la population noire, à l’annonce de la conscription obligatoire.

A partir de 1863, les noirs sont admis pour incorporer l’armée de l’Union et viennent ainsi creuser davantage le rapport démographique disproportionné entre Nord et Sud.

En Septembre, les Confédérés de Bragg et Longstreet bloquent les Nordistes à Chickamauga (Tenessee) mais sont ensuite vaincu par Grant à Chattanooga deux mois après qui accentue une poussée qui semble inexorable.

La première partie se clôt par le discours de Lincoln pour rendre hommage aux sacrifices des soldats nordistes à Gettysburg.
Dans la seconde partie intitulée « 1964, la vallée de l’ombre et de la mort », les combats se rapprochent des centres de décisions politiques et militaires sudistes, Richmond et Atlanta.

On comprend que les deux meilleurs généraux des deux camps, Grant et Lee vont devoir à un moment ou un autre livrer un combat décisif pour l’issue de la guerre.

C’est pourquoi Burns s’attarde longuement sur les parcours et personnalités des deux héros de la guerre.

Issu d’un milieu assez modeste (père tanneur), Grant bien qu’ayant fait Wespoint, s’est surtout illustré par une parcours médiocre, avec un départ de l’armée après le conflit contre le Mexique, une carrière catastrophique dans le mondes affaire ou il côtoie la misère.

Homme simple, modeste et parfois fragile avec notamment un penchant occasionnel pour la boisson, Grant se révèlera pourtant dans le conflit comme un général exceptionnel, doté d’un grand courage, d’une intense capacité de concentration et surtout d’une grande clairvoyance dans les moments les plus critiques.

De son coté, Lee est issu d’une riche famille du sud des Etats Unis proche du pouvoir politique.

Excellent élève à Wespoint, le froid et austère Lee reste fidèle au moment de la guerre à son état natal et se révèle un génie militaire, capable par ses manœuvres audacieuses de triompher d’adversaires plus nombreux.

Grant prend la décision de l’offensive et avance inexorablement à l’intérieur du sud, en s’appuyant sur Sherman, Siegel, Buttler, Meade pour lancer des attaques simultanées contre son rival.

Malgré le sabotage des ponts et des tunnels ne parviennent pas à le retarder et de lourdes pertes lors de la bataille de la foret de la Wilderness en flammes à cause des combats, Grant ne recule pas, enchainant les assauts d’une grande violence contre son rival afin de le rendre rapidement à cours d’hommes et matériels.

A Cold Harbor, Grant commet une erreur stratégique qui lui fait perdre 7000 hommes lancés pour prendre des positions fortifiées de Lee.

Malgré les critiques contre sa stratégie offensive, Grant continue de pourchasser Lee autour de Richmond puis Petersburg, ou les deux armées s’enterrent dans une longue guerre de positions avec creusement de tranchées et canonnades particulièrement meurtrières durant lesquels Chamberlain est griévement bléssé.

Une nouvelle fois, Burns s’attardent sur les témoignages recueillis dans les hôpitaux militaires, notamment celui du poète Walt Whitman, qui essaya de réconforter les malades et mourants par ses talents oratoires.

Devant l’impasse entre Grant et Lee, l’attention se tourne vers le général Sherman, homme de terrain énergique voir autoritaire, animé d’une farouche détermination.

Sa mission de prendre Atlanta le force à affronter le général sudiste Johnston sur fond d’élections durant lesquelles Lincoln va tenter sans grand espoir de se faire réélire.

De manière similaire au duel Grant-Lee, Sherman ayant accusé de fortes pertes et incapable de prendre un avantage décisif sur son adversaire, est contraint de s’arreter aux portes d’Atlanta.

En conclusion, le cap est toujours fermement gardé dans ce troisième volume de « The civil war » dont la partie la plus interessante est contenue dans la bataille devenue légendaire de Gettysburg.

Les quelques photos du champs de bataille parlent d’elles-meme, montrant sans fard, les cadavres des hommes, des chevaux mais aussi parfois leurs squelettes.

Sans doute plus insupportable encore sont les visages inquiets ou résignés des bléssés, atrocement mutilés mais traités dans les hôpitaux ou se dévouent des médecins et infirmières habitées d’une mission les dépassant.

Outre les brillants faits d’armes et l’irréalité de la violence des combats avec parfois plusieurs milliers d’hommes fauchés en quelques minutes, le récit se montre également captivant par l’analyse croisées des personnalités militaires du conflit, notamment Ulysse Grant, superbe looser de la vie civile se révélant finalement le meilleur atout de Lincoln dans sa lutte face au quasi invincible Lee.

On quitte donc ce troisième volet en se disant que le conflit a semble t il définitivement basculé, et se dirige au prix encore de nombreuses morts, vers son dénoument.

Difficile en revanche de ne pas s’aplatir devant de tels morceaux d’histoire.

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 18:37

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Les habitués de ces chroniques connaissent mon admiration pour l’acteur danois Mads Mikkelsen aussi Est-ce un vif intérêt que je suis allé voir « Michael Kohlhaas » du français Arnaud des Pallières.

Sorti en 2013, « Michael Kohlhaas » est une adaptation d’un roman du début du XIX ième siècle de l’allemand Heinrich Von Kleist.

L’histoire, transposée au XVI ième siècle sur le plateau des Cévennes en France, voit un prospère éleveur de chevaux de la région, le dénommé Michael Kohlhaas (Mads Mikkelsen), se voir retenir deux superbes étalons noirs en gage par un seigneur local, un baron (Swann Arlaud) pour le laisser accéder à la ville la plus proche ou il y vend sa production.

Après une forte poussée de tension, ou le baron met même en joue avec un pistolet Kohlhaas qui ne comprend pas ses motivations, Kohlhaas accepte de laisser les bêtes et un fidèle valet César (David Bennent) pour les surveiller.

Pendant que Kohlhaas fait ses affaires et honore sa femme Judith (Delphine Chuillot), la situation se gâte dans le château du baron.

César qui a constaté que les bêtes avaient été malmenées et blessées par les hommes du baron, tentent de les soustraire à des traitement aussi brutaux mais est rattrapé dans la foret.

Encerclé et désarmé, il est alors livré en pâture à deux horribles chiens lâchés sur lui avec cruauté.

Lors de son retour, Kohlhaas s’inquiète de ne pas trouver son valet et découvre les bêtes mal en point.

Contenant à grand peine sa colère, il ne croit pas à la version des hommes du baron qui lui indiquent que son valet a voulu voler les chevaux et exige réparation au baron qui l’ignore.

Convaincu d’être dans son bon droit et étant donné l‘état déplorable de César atrocement blessé au corps, il porte plusieurs plaintes auprès de la justice du département pour qu‘on lui restitue ses chevaux comme il les avaient laissés, mais est à chaque fois débouté en raison des appuis du baron au sein de la magistrature.

Humilié mais tenace, il charge alors sa femme d’aller porter la plainte à la princesse d’Angoulême, (Roxane Duran).

Mais Judith revient blessée à mort à la demeure de son mari.

Kohlhaas bascule alors après l‘enterrement de sa femme, décide de vendre ses biens, de mettre sa fille Lisbeth (Mélusine Mayance) en sécurité auprès du prêtre Prédicant (David Kross) et rassemble tous ses gens pour lancer une expédition punitive contre le baron.

Pénétrant dans son château comme des loups à l’affut, Kohlhaas et ses soldats de fortune massacrent les hommes du baron, César prenant même une cinglante revanche sur en tuant le maitre chien qui l’a martyrisé dans la foret.

Seul le baron échappe à l’expédition, et vit caché dans un monastère et va même jusqu’à se déguiser en sœur pour tromper la vigilance des ses ennemis et fuir.

Kohlhaas se sait alors condamné à mort pour avoir osé s’en prendre à un noble mais reçoit l’aide spontanée de plusieurs paysans, comme deux robustes jumeaux (Richard et Nicolas Chapelle), un géant (Guillaume Delaunay) ou un petit homme manchot parlant en catalan (Sergi Lopez).

Ensemble ils soulèvent la région et infligent de cruelles défaites aux soldats appelés en renfort par le baron mais refusent de piller et de terroriser les paysans.

Pourtant, Kohlhaas bascule lorsque un théologien (Denis Lavant) s’entretient avec lui autour de la foi chrétienne et le pousse à pardonner et à endurer sa douleur plutôt qu’à songer à la vengeance.

Ce long entretien ne parvient pas tout à fait à convaincre Kohlhaas d’adopter une attitude de renoncement mais le pousse tout de même à demander l’examen de sa plainte par la princesse, en échange de quoi il accepte de poser les armes et de dissoudre son armée.

Cette décision se trouve motivée par la perte quelques un de ses amis, notamment César et un des jumeaux, pendu pour pillage.

L’entretien avec la princesse, adolescente pleine d’autorité malgré son jeune âge est un des moments forts du film, celle-ci allant jusqu’à lui promettre qu’il obtienne réparation et condamnation du baron.

Mais un volte face de la princesse après quelques exactions commises par les hommes de Kohlhaas livrés à eux mêmes,  conduit à l’emprisonner dans l’attente du jugement.

Lorsque celui-ci arrive, Kohlhaas semble obtenir réparation avec restitution des chevaux en parfait état, versement d’une forte somme d’argent qu’il partage entre le prêtre gardien et sa fille Isabelle et plus encore emprisonnement du baron pour deux ans.

Pourtant, tout bascule lorsque le juge lui indique également qu’il est condamné à être exécuté pour avoir voulu se faire justice lui-même et soulevé tout une région …

Kohlhaas se dévêtit et attend alors l’épée qui le pourfendra …

En conclusion, fortement influencé esthétiquement par « Le guerrier silencieux de Nicolas Winding Refn, « Michael Kohlhaas » est un excellent film magnétisé par la beauté sauvage, aride et enveloppante des paysages des Cévennes mais encore davantage par le charisme surnaturel de Mikkelsen, assurément le plus beau et le meilleur acteur du monde.
Volontiers hiératique, s’exprimant avec parcimonie avec un délicieux accent nordique, Mikkelsen contribue ici à entretenir sa légende d’acteur hypnotique.

Derrière Mikkelsen, les autres acteurs tirent remarquablement leur épingle du jeux notamment Arlaud, impressionnant de morgue menaçante.

Sur le fond, le film traite d’un sujet passionnant, le combat d’un homme pour faire valoir la justice dans une France encore noyauté par le pouvoir des petits nobles.

On ne peut que saluer l’obstination de ce marchand, dont les motivations axées sur le respect de principes, se confondent finalement avec un orgueil nihiliste qui le conduit à sa perte.

Petit film sans budget démentiel à la « Pacific Rim », « Michael Kohlhaas » est un film français puissant et splendide qui ne pourra que combler les fans de l’acteur du « Guerrier silencieux ».

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 21:36

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Oliver Stone de nouveau dans ces chroniques avec « Alexandre ».

Sorti en 2004, « Alexandre » est une grande fresque péplum retraçant de manière ambitieuse l’histoire d’un des plus grand conquérants de l’histoire de l’humanité, le Macédonien Alexandre dit le Grand, qui en seulement 33 ans de vie prit possession d’une des plus larges partie du monde antique et bâtit un empire qui s’éroda rapidement à sa mort en -323 avant Jésus Christ.

Dans ce récit épique raconté par Ptolémée (Anthony Hopkins),  l‘un de ses généraux survivants, Alexandre (Colin Farrell à la décoloration blonde suspecte) est le fils de Philippe II de Macédoine (Val Kilmer), roi de Grèce, en conflit ouvert avec sa mère Olympias (Angelina Jolie).

Lorsque celle-ci apprend que Philippe entreprend de sa remarier afin de se doter d’une nouvelle progéniture, Olympias sent l’avenir royal de son fils menacé et va comploter pour faire assassiner Philippe afin d’ouvrir la voie à Alexandre.

Cet assassinat traumatise le jeune homme, qui malgré ses excès et sa brutalité, respectait son père.

Alexandre apparait néanmoins comme un homme bien éduqué, ayant bénéficié des leçons du philosophe grec Aristote (Christophe Plummer) et de cours de lutte ou il s’éprit de Hephaestion (Jared Leto) principal amour de sa vie.

 

Il semble de plus avoir établi une relation fusionnelle avec son cheval noir, l'immense et légendaire Bucéphale, qui deviendra son fidèle compagnon lors de ses campagnes.


Il endosse par la force des circonstances le titre de roi, mate les révoltes des cités grecques et constitue une armée gréco-macédonienne afin d’en découdre avec les Perses, ennemi de toujours des Grecs, qui avaient pris possession des cités grecques d’Ionie.

Alexandre rassemble autour de lui une petite cours de proches et fin stratèges comme Ptolémée et parvient à défaire les armées de Darius III, après plusieurs batailles grandioses ou il démontre toute ses capacités de chef et sa bravoure au combat.

Dominé par les phalanges grecques malgré ses redoutables chars et archers, Darius III préfère battre en retraite et laisser la capitale Babylonienne à son rival.

Les soldats helléniques découvrent alors émerveillés les splendeurs des palais et jardins suspendus babyloniens ainsi que le luxe et la sophistication de la vie de satrape.

Alexandre est impressionné par les ouvrages techniques et artistiques perses et change son opinion sur le fait que ces peuples soient des barbares inférieurs.

Il fait preuve d’une surprenante magnanimité à l’égard des populations et laisse un gouverneur en place pour administrer de manière pacifique et tolérante la vie de Babylone.

Dans sa tentative folle d’unifier les mondes occidentaux et orientaux, Alexandre désire doter les populations barbares d’une éducation grecque et d’en faire des citoyens de son empire.

Inutile de dire que ces initiatives choquent ses proches qui entendent bien conserver la prédominance de la race grecque.

Insatiable, Alexandre poursuit sa soif de conquête et traque Darius jusqu’à ce qu’il le retrouve mort dans les montagnes du nord de l’Iran.

Cette victoire ne met pas un terme à la marche d’Alexandre aux confins du monde fini, avec des victoires en  Bactriane région montagneuse divisée entre l’Afghanistan, l’Ouzbékistan, le Pakistan, la Chine et le Tadjikistan, et l’exécution de deux de ses généraux Philotas (Rory Mc Cann) et Parménion (John Kavanagh), soupçonnés de vouloir attenter à ses jours.

Lors d’un banquet, Cleithos (Gary Stretch), l’un des ses plus éminents généraux insulte et provoque sous l’effet du vin, Alexandre qui en proie à l’un de ses accès de rage, le tue sur place, quitte plus tard à le regretter.

Mais l’homme n’est pas de la trempe à reculer et prend la décision d’épouser Roxane (Rosario Dawson) fille d’un roi montagnard de Bactriane, dans le but de créer une descendance.

Le choix d’une barbare plutôt que d’une macédonienne est vécu comme une provocation par les hellènes à la vue courte, mais correspond tout à fait au désir de fusion des peuples d’Alexandre.

Le film montre malgré tout un mariage d’intérêt car Alexandre place au dessus de tout son amour pour Hephaestion à qui il se confie régulièrement dans ses rares moments de doutes.

Le temps que met Roxane à lui donner un héritier tend les relation avec Alexandre qui la délaisse progressivement pour se consacrer à sa difficile conquête indienne.

Ses troupes de vétérans sont en effet harassées et démoralisées par la durée de la campagne et ne souhaitent que revenir chez eux.

Alexandre fait alors preuve d’une formidable autorité et parvient à leur arracher une nouvelle motivation pour s’enfoncer avec lui dans la jungle bordant le fleuve Indus.

Face à des ennemis redoutables embusqués dans une jungle tropicale et dotés d’éléphants de combat semant la panique chez les cavaliers et fantassins grecs, Alexandre peine et est sérieusement blessé au torse et son cheval tué.

Sa blessure et la fatigue des troupes, le pousse à rebrousser chemin vers Babylone.

Le retour à travers le désert du Makran est exténuant et provoque la mort de centaines d’hommes.

La mort d’Hephaestion en -324 est un déchirement pour Alexandre qui connait alors un accès de fureur, juste calmé par l’annonce de se maternité de sa femme Roxanne qui lui donnera un fils.

Fatigué par sa campagne et mal en point en raison de sa blessure, Alexandre meurt à Babylone avec dans ses dernières heures une nuée de généraux avides de se partager son immense empire …

L’histoire se termine sur une conclusion de Ptolémée devenu sage vieillard résidant à Alexandrie Egypte.

En conclusion, « Alexandre » contient tous les ingrédients du grand film d’aventures épique avec aventures palpitantes, paysages grandioses, dépaysements exotiques et batailles de grande envergure d’une intensité et d’une violence bestiales.


Malgré quelques libertés historiques bien compréhensibles, on ne peut etre que touché par l'ambition folle du conquérant mais également son ouverture d'esprit et sa volonté d'édification d'une société cosmopolite mais unifiée autour de valeurs hélléniques communes.


Le choix des acteurs est certes discutable avec un Colin Farrell dont le type gallois, la petite taille, sa blondeur artificielle et son homosexualité inventée, peinent à rendre pleinement crédible, ou Angelina Jolie, bien trop jeune pour être la mère de Farrell.

Malgré ces légères critiques, il serait malavisé de bouder son plaisir devant pareille fresque qui vient confirmer le maitrise de Stone pour aborder des films difficiles et complexes.

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 20:57

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Abordons maintenant un immense pavé historique avec « Napoléon III » de Pierre Milza.

Neveu de Napoléon Ier, Napoléon III a longtemps pâti de la comparaison avec son ainé, chef de guerre génial, mais ignorer pour autant son apport à la France, serait une grave erreur.

Dans cet ouvrage colossal, Milza déroule de manière chronologique la vie de Louis Napoléon Bonaparte, né en 1808 de l’union de Louis Bonaparte roi de Hollande et de Hortense de Boharnais, fille de Joséphine.

Louis Napoléon connait une enfance plutôt délicate, car ses parents ne s’entendent guère, se séparent et de sombres rumeurs de parenté illégitime plane sur sa naissance.

Après la chute de l’empire et la restauration monarchique, les Bonaparte doivent se faire discrets et s’exiler, aussi Louis Napoléon mène t il une vie d’errance aux cotés de sa mère Hortense qu’il vénère.

Elevé en Suisse à Arenenberg prêt du lac de Constance, Louis Napoléon ne bénéficie pas d’une instruction digne d’un haut dignitaire de l’Etat et en contractera de sévères lacunes.

Hortense s’établit ensuite à Rome et Louis Napoléon découvre donc les charmes de la vie italienne.

Il se révèle malgré un physique des plus communs, un infatigable coureur de jupons au charme certain mais se rapproche surtout de la Charbonnerie, mouvement libertaire révolutionnaire italien contre le pouvoir du Pape, auquel il adhère avec son frère Napoléon Louis.

Ceci révèle un intense désir d’action et la participation à la tentative de révolution italienne contre le joug autrichien de 1831, qui se solde par une sévère répression puis contraint à la fuite les deux frères.

Au cours de cette cavale, Napoléon Louis meurt de la rougeole et Louis Napoléon, gravement malade lui aussi, est rapatrié par sa mère, venue au secours de sa progéniture.

Interdits de séjour en France par Louis Philippe, les Bonaparte se replient après un court séjour à Londres ou Louis Napoléon découvre le modèle libéral et les progrès scientifiques permettant la révolution industrielle, sur leur chère demeure d’Arenenberg.

Devenu à la mort de Napoléon II, l’héritier logique des Bonaparte, Louis Napoléon se sent des rêves de conspiration pour reconquérir le royaume de France.

Se rapprochant des leaders des mouvements bonapartistes comme Victor de Persigny, Louis Napoléon se couvre de ridicule après deux tentatives d’insurrections ratées, à Strasbourg puis à Boulogne ou il débarque avec quelques fidèles depuis l’Angleterre après un crochet aux Etats-Unis dont il goute peu l’inculture et le matérialisme.

Vaincu et esseulé, Louis Napoléon est condamné à l’emprisonnement à vie au château de Ham dans la Somme.

Correctement traité mais confiné dans un environnement insalubre ou il tombe malade, Louis Napoléon en profite pour lire beaucoup, s’instruire en autodidacte et se met à coucher sur le papier de grandes théories historiques, techniques (manuel sur l’artillerie) mais aussi économiques et sociales.

De manière assez surprenante, les écrits de Louis Napoléon comme « De l’extinction du paupérisme » relèvent d’une grande aspiration à améliorer les conditions de vie des plus pauvres, notamment le monde rural et ouvrier.

Louis Napoléon veut rendre le peuple souverain mais conserve néanmoins une vision autoritaire et paternaliste de l’Etat avec à sa tête un chef qu’on devine unique.

Sur la politique extérieure, Louis Napoléon se veut libertaire, reconnaissant le droit des peuples à leur pleine autonomie, ce qui constitue une idée profondément nouvelle quand on connait la puissance des empires, notamment austro-hongrois.

Perclus de dettes et déprimé, Louis Napoléon aidé par quelques fidèles, parvient à s’évader en 1846 et à regagner Londres ou il fréquente la haute société.

Il y prend une maitresse officielle, Miss Howard, une courtisane qu’il fréquentera toute sa vie.

Mais en 1848, le cours des événements historiques tourne enfin pour lui, avec la chute de Louis Philippe et la proclamation de la République suite à une révolte populaire.

Louis Napoléon saisit alors l’occasion pour revenir en France.

Surfant sur un  retour en force du mouvement bonapartiste, sur l’adhésion d’une droite traditonnelle et sur la popularité des ses idées progressistes, Louis Napoléon se fait élire aisément député puis président de la république en 1848.

Parvenu au pouvoir, il s’entoure de fidèles notamment son demi frère adultérin le trouble homme d’affaires Charles de Morny et constitue son gouvernement.

Sa première action d’envergure est l’intervention militaire en Italie pour s’interposer entre les républicains révolutionnaires (Mazzini, Garibaldi) et les armées autrichiennes favorables au pouvoir du Pape.

Devant la virulence de l’armée républicaine, Louis Napoléon manœuvre pour permettre au Pape Pie IX de reprendre le contrôle de Rome et de rétablir de cruelles mesures de répression.

Ce revirement assez contraire aux grands principes théoriques des peuples à disposer d’eux même, vaut à Napoléon de vives critiques à gauche, notamment de Ledru-Rollin et Victor Hugo.

Mais l’homme a un but plus important à mener, faire pressions sur l’Assemblée pour faire modifier la Constitution dans le but de supprimer les élections présidentielles.

L’échec de sa tentative légale conduit Louis Napoléon a établir avec l’aide de Morny, Persigny, Rouher et le général félon Saint Arnaud un coup d’état le 2 décembre 1851.

Les rares tentatives de révolte sont durement réprimées par la force et le pouvoir de Louis Napoléon est définitivement assis après un plébiscite populaire ou la propagande de sauveur de la nation contre l’extrême gauche révolutionnaire bat son plein.

Proclamé empereur en 1852, il prend le nom de Napoléon III et épouse Eugénie de Montijo, la très catholique fille d’un général espagnol de Napoléon Ier.

Napoléon III est un dictateur concentrant tous les pouvoirs, cadenassant l’opposition notamment de la presse par des fonctionnaires (préfets, commissaires) à la solde du pouvoir hyper centralisé.

Fervent opposant, Victor Hugo s’exile en Angleterre et n’aura de cesse d’attaquer le pouvoir en place.

Napoléon III mène la grande vie, organisant avec sa femmes de somptueuses réceptions à Saint Cloud ou au Palais des Tuileries et bien entendu collectionnant les maitresses.

Plus timoré et pacifique que son oncle dans le domaine militaire, Napoléon III connut son plus grand succès militaires en 1855 lors de la guerre de Crimée, remportée avec l’aide de l’Angleterre et de la Turquie face à la Russie conquérante de Nicolas Ier.

A cette occasion, les armées napoléoniennes conduites par Mac Mahon se comportent avec vaillance et permettent à l’empereur de gagner en respectabilité militaire.

Resteront pour la postérité de grands noms biens connus des parisiens : pont de l’Alma, Sébastopol et Malakoff.

Toujours très concerné par la situation en Italie, Napoléon III va après de multiples revirements diplomatiques, aider militairement Victor Emmanuel II et le ministre Cavour a arracher l’indépendance de l’Italie du Nord face aux Autrichiens.

Mais incapable de tenir dans la durée l’effort d’une guerre de plus en plus impopulaire, soumis à la montée en puissance de la Prusse de plus en plus menaçante, Napoléon III se retire finalement, laissant ses alliés italiens furieux de ce qu’ils interprètent comme une trahison.

Victor Emmanuel remporte alors aidé de Garibaldi la victoire face aux armées fidèles au Pape et se proclame roi d’Italie en 1861.

Une fois son pouvoir solidement ancré en France, Napoléon III va assouplir son régime autoritaire, autorisant un certain niveau de tolérance à l’opposition mais surtout orientant l’économie vers un modèle libéral brisant les monopoles industriels et faisant jouer la concurrence pour faire progresser l’industrie et améliorer le niveau de vie de la population.

Influencé par le philosophe Saint Simon, Napoléon III a en effet dans l’idée que la science et l’’industrialisation est le moteur principal du progrès social.

L’Etat joue un rôle prépondérant dans ce processus d’industrialisation avec l’établissement des grandes banques de crédit privé (Crédit Lyonnais, Société Générale), le développement du télégraphe et la construction d’un réseau de chemin de fer hexagonal.

Sous cette impulsion le pays s’enrichit et quelques mesures sociales permettent d’améliorer le ravitaillement, logement des plus nécessiteux ainsi que les conditions de travail des ouvriers avec l’obtention du droit de grève en 1864.

Napoléon III complète ces mesures par les fameux travaux de rénovation de Paris, confiés au Baron Haussmann, qui s’étalèrent sur vingt ans et ont contribué à façonner le Paris d’aujourd’hui en lui donnant quelques uns de ses plus beaux lieux : Opéra, Parc des Buttes Chaumont, Parc Monstouris.

Outre leur aspect esthétique, ces travaux améliorent la circulation, la sécurité et les conditions sanitaires dans certains quartiers coupe gorges.

En parallèle, l’état de santé de Napoléon III, malade de la vésicule bilaire, se détériore et il a de plus en plus de mal à faire passer des mesures réformatrices à l’Assemblée.

Dans les années 60, Napoléon III demeure toutefois actif sur le terrain international, favorisant la maintien du pouvoir pontifical à Rome, réussissant à établir des colonies prospères en Algérie, perçant le Canal de Suez et échouant lourdement dans une folle tentative d’établissement au Mexique ou le gouvernement mis en place est renversé par l’action conjointe du chef rebelle Juarez et la menace des Etats-Unis, sortis victorieux de leur gerre civile.

Dès lors soumis à de violents opposants intérieurs comme l’avocat Léon Gambetta et l’éditorialiste Henri de Rochefort et à une santé de plus en plus déclinante, Napoléon III s’effondre complètement après la défaite en 1870 contre l’armée prusienne de Bisrmack, mieux équipée et mieux préparée.

Après la capitulation humiliante et la rétrocession de l’Alsace et la Lorraine à la Prusse, Napoléon termine son existence à Chislehurst en Grande Bretagne, ou il s’eteint en 1873 vaincu par sa maladie.

Enterré dans le sud de l’Angleterre, Napoléon III laisse un fils Louis Napoléon qui s’engagea dans l’armée britannique et fut tué à 23 ans dans la guerre anglo-zoulou de 1879.


En conclusion, « Napoléon III » est un ouvrage hyper dense, très difficile d’accès mais forcémment exhaustif pour qui voudra tout savoir sur cet empereur coincé entre des évènements plus marquants que lui : la Révolution française, le règne de Napoléon Ier et la Première guerre mondiale.

La découverte de cette vie ne manque pourtant pas d’interet, avec un idéal trait d’union entre la France éliminant les derniers soubresauts de la monarchie avant de se diriger difficilement sur la voie de la République.

L’homme, désservi par une certaine timidité et une mollesse apparente, a semble t il été sous estimé par ces adversaires, qui n’ont pas décelé son inflexible détermination et vision de la France.

Intelligent, cultivé de manière auto didacte, Napoléon III se montrera malgré son appétit de pouvoir moins brutal que la plupart des dictateurs, avec un refus de s’engager dans une politique de conquetes territoriales, un assouplissement de la poigne de fer des débuts et surtout de réelles volontés progressistes pour permettre l’émancipation des peuples opprimés notamment italiens mais également le basculement de l’économie dans une ère de développement industriel sensé aller de paire avec le progrès social.

Bien entendu, certaines contradictions existent comme les aventures coloniales à l’éthique des plus douteuses, mais Napoléon III par sa volonté de réformes progressistes et de grands travaux notamment architecturaux, constitue un maillon important de notre patrimoine national.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 21:27

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On change radicalement de sujet et plombe fortement l’atmosphère avec « Valse avec Bachir », film d’animation d’Ari Folman sorti en 2008 et multi récompensé dans le monde entier.

« Valse avec Bachir » raconte la quête d’un israélien Ari Folman, brusquement hanté sur le tard par les opérations militaires auxquelles il a participé lors de la guerre du Liban dans les années 80.

Le cerveau de Folman a partiellement occulté cette période de sa mémoire, aussi est il particulièrement difficile de reconstituer le cours des évènements.

Aidé par un ami psychiatre le Dr Solomon, Folman reconstitue peu à peu les bribes de ses souvenirs en interrogeant les soldats rescapés de la campagne militaire.

On revit son expédition en tank à travers les terres, obéissant aux ordres pour tirer aveuglément sur tout ce qui bouge, enfants armés y compris.

Les jeunes soldats y décrivent leur peur face à la mort, puis l’entrée dans Beyrouth, ville balnéaire superbe, réduite en lambeau par des années de guerre civile et par l’invasion israélienne.

Peu à peu, Folman arrive à cerner le fait qu’il a participé indirectement au massacre des camps de Sabra et Chatila ou s’étaient réfugiés des civils palestiniens en 1982.

Toute son attention se concentre alors sur la remémoration précise des évènements ayant mené au massacre, avec des entretiens de plus en plus serrés et intense des soldats de l’époque.

Il apparait que après la mort du président libanais Bachir Gemayel assassiné et favorable à Israël, Tsahal n’a certes pas participé directement aux massacres, mais a laissé faire les phalangistes chrétiens libanais, leur facilitant même le travail.

La complicité avec les responsables politiques israéliens de l’époque est évoquée et l’horreur absolue du massacre jeté en pâture au spectateur par la diffusion d’images d’archives de la BBC, montrant des corps déchiquetés et des femmes déguenillées pleurant leurs morts dans les décombres encore fumant.

Folman a donc libéré sa mémoire de son terrible oubli, ce qui n’est pas forcément une si bonne nouvelle …

En conclusion, « Valse avec Bachir » est une œuvre extrêmement difficile parlant d’évènements historiques parmi les plus abjects de l’humanité : une guerre sans fin ou les coups les plus immondes pleuvent.

L’extrême complexité de la situation du Liban dans les années 80 est difficile à appréhender pour qui n’a pas de solides notions d’histoire internationale contemporaine et rend la compréhension du film délicate.

Mais plus que le fond et l’horreur de la guerre, « Valse avec Bachir » se distingue par une beauté plastique assez remarquable, des personnages criant de réalisme, un éclairage très stylisée et une bande son de haute qualité.

Ce sont surtout ces qualités plastiques et techniques plus que les états d’âme post traumatiques d’un soldat israélien, duquel je me suis senti bien éloigné, qui m’ont séduit et font de ce film une véritable curiosité artistique.

Fortement déconseillé toutefois aux âmes sensibles.

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