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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 19:02
Nord et Sud, saison 1, épisodes 3 et 4 (Richard T Effron)

On enchaine avec un vif plaisir sur « Nord et Sud, saison 1, épisodes 3 et 4 » de Richard T Effron.

Dans l’épisode 3, alors que Orry (Patrick Swayze) et Madeleine (Lesley Ann Down) cultivent leur liaison clandestine dans une chapelle abandonnée, Tilet Main (Mitchell Ryan) décède logiquement, laissant Orry comme nouveau directeur de la plantation.

Ceci pique son orgueil et le pousse à aller de l’avant en licenciant Salem Jones (Tony Frank), le brutal et vicieux contremaitre qui prenait à malin plaisir à torturer les esclaves noirs.

Tout en cédant la place au nouveau maitre, Salem professe de sombres menaces.

Il trouve en la personne de Charles Main (Lewis Smith), un jeune cousin éloigné en mal de reconnaissance, un parfait exutoire à son ressentiment et une violente bagarre de bar intervient alors avant qu’Orry ne désarme Salem et ses hommes tout en sermonnant son indigne cousin.

Mais le bouillant Charles continue ses frasques et est forcé de se battre en duel avec un notable qui s’estime offensé.

Habilement coaché par Orry, Charles apprend à maitriser ses nerfs dans le duel au pistolet et profite de la lâcheté de son adversaire qui s’effondre en larmes une fois son tir manqué.

Après avoir gracieusement épargné son adversaire, Charles regagne l’estime d’Orry qui accepte avoir plaisir de le voir s’inscrire à Westpoint.

Charles ne va pas pour autant seul à la prestigieuse académie et Billy Hazard (John Stockwell) le jeune frère de George (James Read) y est également admis.

Les deux familles resserrent leurs liens à l’occasion du mariage de George avec la douce Constance (Sandra Kilbourne) en présence d’Orry témoin du marié.

Malgré les incessantes provocations de Virgilia (Kirstie Alley) plus revendicative que jamais dans son engagement abolitionniste, l’amitié entre les deux hommes est au beau fixe, l’idée même d’une coopération économique pour mécaniser la plantation des Main est évoquée tout en considérant la condition express de ne plus utiliser d’esclaves.

Au cours d’un séjour empli de convivialité en Pennsylvanie, Asthon (Terri Garber) devenue une belle et provocante jeune femme, joue à séduire Billy pour meurtrir sa sœur Brett (Genie Françis), amoureuse du jeune homme.

Le caractère pervers et manipulateur d’Ashton se révèle alors tandis qu’elle vise un mariage d’intérêt avec James Hunton (Jim Metzler) promis à un bel avenir politique au sein de la Caroline du Sud.

Mais les positions pro radicales pro-esclavagistes de Hunton et sa concurrence amoureuse avec Billy provoque une bagarre générale qui gâche quelque peu les réjouissances.

Dans l’épisode 4, les Main rendent la pareil aux Hazard en les recevant dans leur plantation près de Charleston.

Ashton, grande amatrice des plaisirs de la chair, tombe sous le charme animal de Forbes Lamotte (William Ostrander), sous les yeux effarés de Billy qui comprend trop tard la mise en garde de Charles et reporte avec raison son intérêt sur la douce Brett.

Diabolique, Ashton joue sur plusieurs tableaux en usant de ses charmes pour manipuler les hommes.

Du coté des Lamotte, la mort de Nicholas Fabray (Lee Bergere) père de Madeleine affaiblit encore plus la position déjà fragile de Madeline auprès de son mari, l’horrible Justin (David Carradine).

Avant de voir son père mourir, Madeleine découvre qu’une des aïeuls était noire et comprend l’intérêt de ne rien révéler à Justin qui y verrait un prétexte pour la rabaisser encore davantage.

Alors que Virgilia demeure intenable dans la plantation, allant jusqu’à coucher avec un des esclaves de Hunton, Grady (Georg Stanford Brown) et de le pousser à s’échapper pour trouver refuge dans le Nord, un conflit terrible éclate entre les deux familles, les Hazard étant contraint de quitter la maison des Main.

Les retrouvailles ont pourtant lieu à Westpoint ou Charles et Billy sont reçus avec les honneurs.

Lors de la cérémonie de remise de diplôme, Ashton se révèle encore plus féroce qu’à l’accoutumée, couchant avec six soldats proches de Billy pour le faire souffrir.

Lorsque Charles le découvre il gifle sa cousine mais doit pourtant reculer face aux menaces de scandale.

Ashton tombe pourtant enceinte et doit se faire avorter avec la complicité de Madeleine, devenue experte dans l’aide aux jeunes femmes noires.

Madeleine paye cher sa générosité, puisque Lamotte furieux de ses allées et venues mais également de ne pas avoir de descendance, la violente et décide de la séquestrer afin de la laisser mourir de faim.

Impitoyable, Lamotte tue à mains nues Miss Sally (Olivia Cole) la Noire affranchie qui accompagnait et défendait Madeleine comme son ombre.

Le projet de fuite vers le Nord en compagnie d’Orry est donc avorté et celui se morfond dans l’absence de sa bien aimée.

En conclusion, « Nord et Sud, saison 1, épisodes 3 et 4 » se révèle encore plus excitant que les deux premiers numéros.
L’action est rapide, rythmée, rapidement évolutive, proposant l’arrivée soudaine de nouveaux personnages comme le fougueux incompris Charles, le simple(t) Billy mais surtout l’incroyable montée en puissance d’Ashton véritable diablesse aux dangereuses séductions.

Le coté hardcore de la série prend tout son sens lors de scène torrides ou Ashton demande qu’on lui envoie six soldats pour satisfaire ses vices mais également dans les terribles colères de Lamotte, avec des scènes insupportables ou on le voit battre des femmes jusqu’à la mort.

Difficile de ne pas avoir envie de rendre la pareille à Lamotte…

Mais entre les turbulences familiales et les divergences fondamentales de politiques entre Nord et Sud, subsiste plus forte que tout l’amitié sacrée de George et Orry… mais pour combien de temps encore ?

Impossible donc à vrai dire de s’ennuyer pour le spectateur qui n’a qu’une seule envie, découvrir la suite !

Nord et Sud, saison 1, épisodes 3 et 4 (Richard T Effron)
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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 18:37
Nord et Sud, saison 1, épisodes 1 et 2 (Richard T Effron)

Petit plaisir nostalgique coupable avec la série « Nord et Sud » remarquable adaptation télévisuelle de Richard T Effron d’un roman historique de John Jakes qui fit le bonheur de ma famille durant des beaux étés de la fin des années 80, soit il y a pratiquement trente ans à présent (!).

Dans « Nord et Sud, saison 1, épisodes 1 et 2 » on débute fort logiquement par l’exposition des personnages en 1842, avec Orry Main (Patrick Swayze) fils d’un riche propriétaire de coton de Charleston en Caroline du Sud, Tilet Main (Mitch Ryan).

Orry vient d’être admis à Westpoint la prestigieuse académie militaire américaine qui forme l’élite des officiers de l’armée de terre, ce qui fait la fierté de son père qui le laisse partir pour son destin le cœur léger, après des adieux simples et émouvants.

En chemin, Orry secourt Madeleine Fabry (Lesley Ann Down) belle jeune femme créole dont la voiture a versé dans un fossé.

Après avoir écarté un serpent, il parvient à gagner la confiance de Madeleine qui tombe sous son charme et accepte qu’il la raccompagne à la demeure de Justin Lamotte (David Carradine), propriétaire voisin des Main, chez qui elle doit se rendre pour retrouver son père.

Avant de la laisser à destination, Orry obtient un baiser et un gage de Madeleine qui jure de l’attendre jusqu’à son retour de l’académie.

Se rendant dans l’état de New-York, Orry est secouru à la gare par une autre recrue George Hazard (Jim Read), qui l’aide à se débarrasser de voyous qui cherchaient à le dépouiller.

Les deux jeunes hommes sympathisent et décident de faire chambre commune à Westpoint avec un troisième homme, Ned Fisk (Andrew Stahl) qui rapidement s’en prend à Orry en raison de l’emploi d’esclaves dans les plantations du Sud, ce qui à ses yeux présente un concurrence déloyale pour sa famille d’agriculteurs issue du Nord.

George intervient et parvient à arracher un statut quoi de bon aloi.

Lui-même fils d’un richissime industriel de Pennsylvanie, ne partage pas la politique esclavagiste des états du Sud mais reste sur la réserve par amitié pour Orry.

Les trois hommes oublient leurs différents et souffrent ensemble sous l’instruction du cruel caporal Elkanah Bent (Philip Casnoff), aussi beau que sadique avec les hommes.

Fort de caractère, Orry humilie Bent dans un duel à l’épée avant que le jeune Ulysse Grant (Mark Moses) en personne n’intervienne pour apaiser les esprits.

L’amitié entre George et Orry se consolide dans l’adversité et se solde par une invitation chez les Hazard pour profiter de la première permission après deux ans passés à l’académie.

Orry est éberlué par l’organisation des Hazard, l’usage de la mécanisation pour accroitre le rendement de la production d’acier alors que son père est opposé par principe à l’usage de machines.

Un incident éclate cependant à table lorsque Virgilia (Kirsty Alley) la sœur de George, prend également à parti Orry en affichant clairement ses activités abolitionnistes.

Dans une position difficile, Orry est encore une fois soutenu par son ami.

Mais son esprit est ailleurs vers Madeleine a qui il écrit régulièrement et qui ignorant ses pensées, a fini par se résigner à épouser le riche Lamotte, pour faire plaisir à son père.

Bien que plus âgé et dur notamment avec ses esclaves qu’il fait battre régulièrement pour n’importe quel motif, Lamotte parvient à force de persévérance à ses fins et épouse Madeleine sous les yeux ravagés de tristesse d’Orry, revenu en permission auprès des siens.

Le couple comprend que le père de Madeleine a manœuvré pour intercepter leurs lettres et provoquer ce mariage d’intérêt avec le fourbe Lamotte.

L’épisode 2 montre le soutien permanent à Westpoint de George à Orry, déprimé par le mariage de Madeleine,

George aide Orry pour réviser ses cours et va même jusqu’à lui proposer une prostituée pour se détendre, ce qu’accepte le jeune homme tout en continuant de penser à sa chère Madeleine.

Même après un épisode tragico-comique ou de retour d’une échappée dans un bar, les deux hommes sont coursés par Bent avant de le secourir lorsqu’il tombe sous une plaque de glace, la dureté du caporal reste maximale et aboutit à de sévère punitions à l’encontre d’Orry, obligé de monter la garde malgré une intense fièvre.

Prié par Grant de laisser tranquille les deux cadets, Bent se rabat Ned qu’il fait monter sur un cheval lancé à plein galop pour le faire chuter et le blesser gravement aux jambes interrompant de fait son parcours à Westpoint.

Après que Bent ait échappé de justesse à la sanction d’une cours martiale, George et Orry décident de lui faire payer sa cruauté en le compromettant avec la prostituée.

Pris en flagrant délit, Bent est renvoyé de Westpoint et profère de terribles menaces contre les deux amis en faisant état de ses amis haut placés.

Ceci n’empêche pas George et Orry de sortir diplômés de Westpoint pour participer à la guerre contre le Mexique pour la possession du Texas entre 1846 et 48.

Malheureusement, Bent tient ses promesses et promu lieutenant par l’appui de son père biologique un sénateur du Nord, envoie les deux amis dans une mission suicide au cours de laquelle Orry est grièvement blessé.

Grace au talent du médecin militaire Patrick Flynn (Robert Mitchum), Orry est sauvé mais perd l’usage de sa jambe.

Le sympathique Flynn permet également à George de rencontrer Constance (Wendy Kilbourne) sa splendide fille, qu’il demande en mariage en un temps record.

En réaction à la blessure de son ami, George quitte lui aussi l’armée, dégouté par les horreurs de la guerre.

Orry revient à la plantation en compagnie de son ami mais dépressif, se sent inutile et se met à boire plus que de raison.

Rongé par son infirmité et par la perte de Madeleine, Orry broie du noir, se sachant de surcroit barré dans la direction de la plantation par l’aura de son père, seul maitre à bord.

Charles Main subit l’influence du terrible Lamotte, qui le pousse à plus de dureté envers ses esclaves et fait preuve d’une grande violence à l’égard de Madeleine qui a eu l’audace de le contredire en public en exprimant son opinion sur la politique, ce qu’il assimile à une humiliation insupportable.

Le paroxysme de violence est atteint lorsque Priam (David Harris), un des esclaves les plus indisciplines, s’évade de la plantation.

Lamotte lance la traque mais il ignore que Madeleine en personne va aider l’infortuné à fuir.

La jeune femme ne peut en effet supporter le joug brutal de son mari et parvient à organiser des rendez vous clandestins dans une chapelle abandonnée avec son cher Orry…

En conclusion, « Nord et Sud, saison 1, épisodes 1 et 2 » plonge immédiatement le spectateur dans une fresque historique grandiose ou se débattent des personnages aussi beaux que charismatiques.

Swayze y trouve un rôle en or, lui permettant d’interpréter un personnage complexe, fils de planteur esclavagiste, ami d’un homme aux idées radicalement différentes et amoureux d’une femme qui lui inaccessible en raison du pouvoir de l’argent.

Le romantisme un peu affecté incarné par la superbe Lesley Ann Down, est contrebalancé par les scènes de cruauté de Casnoff ou de Carradine, qui démontrent toute l’étendue de leur talent dans des rôles de véritables salauds.

Et derrière le destin des deux amis, se profile l’affrontement qu’on devine inévitable entre le Nord riche et industrialisé, et le Sud, pauvre et rural…

Nord et Sud, saison 1, épisodes 1 et 2 (Richard T Effron)
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 23:18
La guerre Iran Irak, première guerre du Golfe 1980-1988 (Pierre Razoux)

Lorsque j’avais une dizaine d’années, mon meilleur ami était Iranien et s’appelait Sina.

Sans que je comprenne un jour pourquoi, cet ami m’a été arraché et a du rentrer en Iran en plein milieu de la guerre contre l’Irak.

Sina m’a ensuite écrit une belle lettre ou il me parlait des bombardements, je lui ai répondu mais n’ai jamais eu de réponse en retour.

Cet épisode m’a marqué étant enfant aussi est-ce avec le plus grand intérêt que je vais maintenant chroniquer « La guerre Iran Irak, première guerre du Golfe 1980-1988 » de l’historien Pierre Razoux.

Cet ouvrage imposant de plus de 500 pages publié en 2013 se propose de décortiquer les origines du conflits, les différentes forces agissant pour soutenir les deux camps, les étapes de la guerre et les répercussions sur le monde quelles soient politiques ou économiques.

Comme souvent on trouve à l’origine du conflit un litige territorial, des territoires comme le Khouzistan arabophone, zone marécageuse pétrolifère séparée des deux camps par le fleuve Chatt el Arab avec du coté irakien Bassora et du coté iranien Abadan.

Saddam Hussein déjà président de l’Irak, qu’il dirige d’une main de fer en éliminant ses opposants et terrorisant son propre camp, parait à l’origine du conflit et profite de la chute du chah d’Iran, renversé par la dictature islamique de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny pour attaquer un régime qu’il estime affaibli car miné par des conflits intérieurs et incapable de résister à une offensive musclée.

Bien qu’ambitieux, Saddam Hussein sait qu’il n’a pas les moyens de contrôler un pays aussi vaste et peuplé que l’Iran, c’est pour ceci qu’il déclenche en 1980 une guerre qu’il espère courte et décisive.

Du coté irakien, on mise sur du matériel soviétique de qualité moyenne mais en quantité impressionnante assurant une domination des forces terrestres avec chars T-55, T-62 et canons, tandis que les Iraniens resteront supérieurs au niveau aérien en profitant de la supériorité technologiques des avions américains Phantom, Tomcat des hélicoptères Cobra achetés par le chah, mais également d’un point de vue maritime avec des vedettes rapides et quelques frégates, alors que leurs rivaux ne disposent au mieux que de patrouilleurs.

Echaudé par les quelques revers essuyés par ses MiG et Su, Saddam Hussein comprend vite qu’il ne pourra pas compter sur une maitrise écrasante des airs et lance une offensive terrestre lui permettant d’effectuer une percée jusqu’à la ville de Khorramchahr.

Se pensant arrivé au but, il stoppe devant la résistance iranienne son offensive et entreprend des négociations qu’il espère en sa faveur avec l’Iran.


Mais l’effet obtenu est alors tout opposé, le pays agressé fait bloc, exige le départ de Saddam, des réparations pour les dommages, un référendum pour le Kurdistan.

Fanatisé par les mollahs et par la défense de son territoire, l’Iran fait bloc, exhumant la fierté perse contre l’envahisseur arabe.

Khomeiny qui fait office de guide spirituel se tenant en retrait de la vie politique, dirige en réalité dans les principaux dirigeants que sont les ayatollahs Akbar Hashemi Rafsandjani et Ali Khamenei, le premier nommé se révélant être un chef de guerre charismatique et le second plus religieux introverti que homme d’action.

Ensemble, les trois hommes créent des unités de pasdarans, composés de jeunes garçons fanatisés par la religion, combattant aux cotés de l’armée régulière, plus entrainée et mieux armée.

Ces pasdarans seront envoyés pour se sacrifier en des charges suicidaires afin de submerger les positions irakiennes.

Du coté géopolitique mondial, engoncés dans une logique de Guerre froide, les autres pays s’alignent non sans duplicité sur l’un ou l’autre camps dans cette région vitale pour leurs économies.

Partenaire historique de l’Irak, l’URSS continuera ses livraisons d’armes tout en tentant quelques rapprochement de circonstances avec l’Iran à la fin du conflit pour contrer leurs rivaux américains, conserver une influence au Moyen-Orient et aider les Iraniens à développer leur programme nucléaire.

Les Etats-Unis afficheront tout d’abord une neutralité de bon aloi avant devant l’intransigeance doctrinale de l’Iran à leur égard, de devoir intervenir eux-mêmes militairement pour libérer le détroit d’Ormuz.

La France comme la Chine et la plupart des autres pays, soutiendra massivement l’Irak en livrant de puissants chasseurs Mirage et Super étendard, et en soutenant le programme nucléaire irakien en fournissant l’assistance technique à la construction de la centrale nucléaire d’Osirak, avant que celle-ci ne soit détruite par l'armée israélienne en 1981.

Du coté des puissances locales, le Koweït souffrira de son encombrant voisin irakien, tandis que l’Arabie Saoudite bien que craignant l’ambition de Saddam Hussein, choisira l’Irak contre son vieux rival chiite.

La Syrie, rivale de l’Irak se rangera aux cotés de l’Iran tout comme la Libye du colonel Kadhafi ennemi personnel de Saddam, mais on retiendra surtout le rôle de la Turquie qui achètera la quasi-totalité du pétrole iranien et une bonne partie du pétrole irakien, profitant d’une occasion inespérée de s’enrichir et de préserver sa neutralité.

L’Iran comptera aussi un allié inattendu, Israël qui livrera dans le plus secret également des armes pour combattre la menace irakienne jugée beaucoup plus proche et menaçante.

Au total, durant les huit années de guerre, la plupart des grandes industries militaires du monde décrochèrent des contrats mirifiques en venant des armes, matériels et munitions souvent indistinctement aux deux camps, allant même jusqu’à violer par appât du gain les traités internationaux ratifiés par leur pays avec au passage de retentissants scandales impliquant des personnages politiques ou militaires de très haut rang.

Nourri d’un fort sentiment de revanche et galvanisés par leurs leaders, les Iraniens mobilisent leurs troupes pour résister, bloquer l’avancée irakienne à Abadan, puis ensuite contre attaquer en 1981 en ouvrant un nouveau front Kurdistan ou les peshmergas pro iraniens du PDKI prennent les armes contre les Irakiens.

L’Irak est obligé de déplacer des troupes dans une région montagneuse et difficile d’accès et ouvre ainsi une possibilité de contre attaque exploités par les vagues de fantassins pasdarans qui appuyés de chars parviennent à refouler les soldats irakiens à Suze puis au Khouzistan en 1982 avec la reprise symbolique de Khorramchahr, réputé entre un Stalingrad perse en raison de la violence des combat rue par rue.

Encouragés par leurs victoires, Khomeiny et Rafsandjani refusent toute tentative de médiation et lancent ensuite une énorme attaque sur une ligne étendue entre Bassora et Kirkouk afin de frapper l’Irak au cœur de son économie.

Malgré de sanglants combats, l’armée irakienne appuyée par son aviation et l’emploi pour la première fois d’armes chimiques (gaz moutarde ou neurotoxique de type sarin) parvient à stopper l’invasion.

La poussée iranienne continue en 1983 grignotant un peu de territoire aux Irakiens aux prix d’énormes pertes humaines.

Même si Saddam Hussein bénéficie d’un machine cryptographique lui permettant de prévoir les grands mouvements de l’armée régulière en interceptant ses communications, cet avantage stratégique ne peut l’empêcher de perdre les iles Majnoun plateformes pétrolières situées dans un zone marécageuse au nord de Bassora.

Incapable de porter un coup décisif à l’Irak, l’Iran va changer de tactique et avoir recours à une stratégie d’attentats, d’enlèvements et de prises d’otages au Liban afin de faire pression sur des pays comme la France avec qui existe un contentieux depuis l’arrêt en 1979 du programme Eurodif qui devait permettre à l’Iran de développer son programme nucléaire par la livraison de trois centrales nucléaires Framatome.

Sous la présidence de François Mitterrand, les relations se tendront à l’extrême entre les deux pays chacun exerçant des pressions sur leurs ambassades et sur des échanges de prisonniers comme le terroriste Anis Nakache finalement gracié contre la libération d’otages.

Les Américains ont aussi leurs lots d’attentats et d’enlèvements, allant même jusqu’à se lancer sous Ronald Reagan dans une entreprise secrète de négociations périlleuses consistant à livrer des armes à l’Iran en échange de la libération de leurs otages.

Devant l’enlisement, Saddam Hussein change de tactique, bombardant les villes majeures comme Téhéran par avions ou missiles scud avec des résultats mitigés.

L’Iran répliquera également, frappant en retour Bagdad mais même les bombardements des raffineries pétrolières seront insuffisants pour affaiblir de manière significative l’économie de tel ou tel camp.

De son coté, le roi Fahd d’Arabie observe une stratégie efficace visant à faire chuter le cours du baril de pétrole, pour affaiblir l’économie de l’Iran.

A plusieurs reprises, l’Iran lance des offensives de grande ampleur pour faire tomber Bassora dans une zone qui entre 1985 et 1987 peut être comparée à un Verdun du Moyen-Orient par l’horreur des combats qui s’y déroulent, le sacrifice des hommes et la destruction des matériel tanks ou hélicoptères.

Après de multiples assauts et des dizaines de milliers de morts des deux cotés, l’Iran, exténuée et démoralisée, finit par renoncer et change de stratégie en utilisant le bombardement ou la dépose de mines contre les pétroliers venant se ravitailler dans le détroit d’Ormuz, ce qui entraine le franchissement d’une étape dans l’escalade avec un risque évident de dérapage à plus grande échelle.

Après l’attaque de plusieurs navires américains, les Etats-Unis sont alors contraints d’intervenir à Ormuz en 1987 et déploient d’importants moyens aéronavals avec porte-avions, destroyers, frégates et même base navale flottante dans laquelle embarquent les commandos des Seals.

Malgré un certain panache devant la disparité des forces en présence, la Marine iranienne est balayée et les structures dans lesquelles s’abritaient les poseurs de mines détruites.

Dans le chaos de l‘affrontement, un avion de ligne iranien est abattu par un croiseur ultra automatisé l’USS Vincennes, ce qui aggrave la crise diplomatique entre les deux pays et provoquera l’attentat du Lockerbie avec Kadhafi en exécutant.

Profitant de ce répit, Saddam Hussein reprend la majeure partie des territoires perdus et règle ses comptes en 1988 avec les Kurdes pro iraniens en faisant larguer des bombes chimiques sur le village rebelle de Halabja.

Sentant le vent tourner, l’Iran affaibli par la montée du cours du pétrole, les incursions américaines qui ont annihilé leur capacité d’intervention à Ormuz et par les lourdes ponctions de combattants engagés dans des combats-sacrifices face à un ennemi mieux armé et organisé, finit par céder et à ouvrir une négociation.

Malade, l’ayatollah Khomeiny en personne accepte avant de mourir de mettre son inébranlable orgueil de coté pour accepter les conditions d’un retour au status quo territorial sans exiger de réparations.

Saddam Hussein accepte de clore cette guerre qui lui a finalement échappé et commence ensuite à réfléchir au Koweït comme une proie tentante et plus facile à prendre que le coriace Iran.

En conclusion, « La guerre Iran Irak, première guerre du Golfe 1980-1988 » est un ouvrage passionnant m’ayant permis de tout comprendre ou presque de ce conflit contemporain terriblement meurtrier qui aura causé la mort de 680 000 personnes dont 500 000 Iraniens.

On est frappé de l’ampleur des combats, de la terrible ingéniosité des militaires et des ingénieurs, qui rivalisèrent de trouvailles pour utiliser leurs armements et le relief du terrain pour arriver à leurs fins.

Guerre d’usure ou le fanatisme religieux des Iraniens compensa la supériorité technologique et stratégique des Irakiens, la guerre entre l’Iran et l’Irak se distingua par son extrême violence, la puissance de son armement aérien, terrestre et à un degré moindre maritime, par le sacrifice des soldats et l’emploi d’armes chimiques.

Difficile également de ne pas être écœuré devant le cynisme des autres pays qui tout en condamnant le conflit et en s’emmêlant dans des organisations incapables d’actions (ONU, Ligue arabe ..) a profité du conflit pour faire tourner à plein régime son industrie d’armement et énergétique nucléaire et pétrolière.

Enfin, tout en nous rappelant que l’Iran bel et bien commandité des attentats à Paris et dans des TGV dans les années 80, ce magnifique ouvrage montre de manière éclatante l’antagonisme profond entre les Perses repliés dans un chiisme radical et les Arabes sunnites plus prosaïques comme l’Irak ou l’Arabie saoudite, antagoniste qui se vérifie encore aujourd’hui à la lumière des tristes conflits récent en Irak et en Syrie.

A recommander donc pour tous les passionnés d’Histoire et ceux qui comme moi voulaient comprendre ce qui était arrivé à Sina de retour dans l’Iran des années 80...

La guerre Iran Irak, première guerre du Golfe 1980-1988 (Pierre Razoux)
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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 21:43
Centurion (Neil Marshall)

Place à présent au renouveau du péplum avec « Centurion » de Neil Marshall.

Sorti en 2010, « Centurion » raconte le destin de Quintus Dias (Michael Fassbender), centurion romain accompagnant le général Titus Virilus (Dominic West), chargé par le gouverneur Agricola (Paul Freeman), de défaire les redoutables Pictes qui tiennent en échec l’armée romaine dans le nord de l’Ecosse vers 117 après JC.

Intégrant le neuvième légion, Dias qui a déjà échappé au roi picte Gorlacon (Ulrich Thomsen) qui avait pris d’assaut sa garnison de nuit, est en réalité récupéré par une patrouille et réincorporé par sa connaissance de la langue picte.

Mais Virilus qui pense s’appuyer sur une éclaireuse picte muette appelée Etain (Olga Kurylenko) qui lui a été recommandée par Agricola, comprend trop tard qu’elle l’a trahi en menant sa légion dans une embuscade en pleine foret, durant laquelle la plupart des légionnaires sont décimés.

Dias survit à l’attaque pour tenter avec plusieurs rescapés de secourir Virilus capturé par Gorlakon.

Il est accompagné de Tarak (Riz Ahmed) cuisiner d’origine perse, le vétéran Brick (Liam Cunningham), Bothos (David Morrissey) et Leonidas (Dimitri Leonidas) d’origines grecques, Thax (JJ Field) simple légionnaire, Macros (Noel Clarke) numide et ex marathonien.

Les hommes doivent déjouer les patrouilles pictes qui dirigées par la pisteuse Etain les traquent sans relâche dans les glaciales forets écossaises.

Soudés dans l’épreuve, les hommes gagnent le camp des Pictes et tentent sans succès de libérer Virilus.

Contraint à fuir, Thax tue un enfant qui se révèle être le fils de Gorlacon.

La vengeance du père est terrible et après avoir livré Virilus à la haine d’Etain dont la famille à été massacrée par les soldats romains, le roi lance ses hommes pour traquer et tuer les meurtriers.

Comprenant l’urgence de la situation, Dias décide de ne pas regagner la frontière Sud ou est établi le puissant mur d’Hadrien, pour se cacher au Nord.

Au cours de leur fuite, Tarak à la jambe cassée est le premier massacré après une manœuvre courageuse consistant à attaquer des nuits les poursuivants.

Acculé par les Pictes, les légionnaires sautent dans une rivière glacée et se séparent, Thax et Macros continuant seuls leur route.

Leonidas tué par des flèches, seuls restent les expérimentés Dias, Bothos et Brick blessé malgré tout à la jambe par une flèche.

Le trio trouve refuge auprès d’une sorcière picte, Arianne (Imogen Poots) délaissée par les siens qui accepte de les soigner et cacher malgré la pression d’Etain.

Arianne sympathise avec Dias qui doit finalement fuir pour regagner les siens.

Lorsque les trois hommes reviennent à leur garnison, ils découvrent un lieu abandonné sur décision politique d’Agricola de reculer les troupes plus au Sud.

Dépités ils affrontent les guerriers pictes dans un ultime combat sanglant au cours duquel, Gorlacon et Etain sont tués mais également Brick qui ne reverra jamais la Toscane ou il comptait vivre des jours heureux.

Le duo rescapé retrouve finalement Thax qui a lâchement blessé Marcos pour le livrer aux loups afin de couvrir sa fuite.

Dias se doute de la duplicité de Thax qui a menti au sujet du meurtre du fils de Gorlacon ce que confirme la traitrise du jeune homme une fois le mur d’Hadrien en vue.

Dias le tue mais éprouve avec horreur la mort de Bothos qui se portait imprudemment au devant des siens.

Reçu par les généraux romains et Drusilla (Rachael Stirling), Dias découvre qu’on veut en réalité l’éliminer pour taire l’échec de la neuvième légion et donc de la campagne d’Agricola.

Bien que blessé, il parvient à s’enfuir et retrouve Arianne pour s’établir avec elle, après avoir déserté cette armée qui l’a manipulé comme un pion.

En conclusion, « Centurion » n’est pas un chef d’œuvre mais un péplum comme on les aime avec action sanglante, virilité et paysages somptueux tournés dans des régions montagneuses d’Ecosse.

Le spectateur est tout de suite plongé dans l’ambiance de ce survival ou une poignée de légionnaires abandonnés de tous et sacrifiés par des jeux de politiciens tentent de sauver leurs peaux face à des barbares plus nombreux et meilleurs connaisseurs du terrain.

L’objectif est donc atteint et fait de ce « Centurion » est un petit régal pour les amateurs du genre (dont je fais partie !)

Centurion (Neil Marshall)
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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 12:45
Les guerres d'Afrique (Bernard Lugan)

Il y a bien longtemps que je souhaitais m’intéresser à l’histoire de l’Afrique aussi « Les guerres d’Afrique » de l’historien Bernard Lugan est elle venue à point nommé m’éclairer sur le sujet.

Sorti en 2013, ce volumineux ouvrage en quatre grandes parties se propose de balayer toute les guerres de l’immense continent africain de la préhistoire à nos jours.

On commence donc logiquement par les temps les plus reculés jusqu’à -8000 av JC pour se baser sur les peintures rupestres montrant une variété de populations entre blancs à cheveux lisses, hommes à peau foncée non noirs et Noirs.

Déjà les premières guerres arrivent entre races différentes, les Berbères considérés comme Blancs prenant progressivement à partir de -4500 av JC le dessus dans la région du Sahara.

Dans l’Afrique australe, les agro-pasteurs noirs éliminent l’ethnie des San, peuple de nomades cueilleurs-chasseurs au mode de vie diamétralement opposé.

Avec la montée en puissance des pharaons l’Égypte, les écrits apparaissent et permettent de découvrir les différentes guerres qui furent menées contre les autres peuples pour défendre l’Empire ou acquérir de nouveaux territoires vers la Nubie riche en or, conquise en près d’un siècle entre -2000 et -1000 avant JC.

Civilisation pionnière dont la sophistication ne lasse pas de nous étonner encore aujourd’hui, l’Égypte disposa également d’une importante force militaire avec archers, cavaliers, chars et navires.

Impossible également de ne pas parler des récits de l’Antiquité sans évoquer Carthage qui menaça Rome durant trois guerres puniques étalées sur 300 ans, avant d’être définitivement réduite à néant par sa rivale.

Moins connue, une autre lutte opposa les Berbères aux Arabes entre 644 et 750 et se solda par le conquête des premiers par les seconds en profitant notamment de lourdes erreurs de commandements des chefs Byzantins, incapables d’exploiter leurs positions pourtant stratégiquement supérieures.

Conséquence immédiate de cette défaite et du délitement de l’Empire romain d’Orient, la conversion d’un peuple christianisé à l’Islam, religion de leurs vainqueurs, les généraux Hassan Ibn Numan et Musa ben Nusayr.

Lugan passe ensuite en revue les principaux états guerriers d’Afrique, avec en premier lieu le Maroc, dont l’armée très organisée permit au XVI ième siècle aux sultans de repousser une tentative d’invasion portugaise qui avait sous estimé la résistance adverse puis de dominer l’Empire Songhay.

Dotée d’une marine capable de se projeter jusque dans les mers du Nord de l’Europe, l’armée marocaine incorpora plusieurs ethnies comme des esclaves noirs du sud du Sahara, les abids qui ayant atteint le nombre impressionnant de 150 000 hommes, furent massacrés pour la menace qu’ils finirent par représenter.

Difficile également de ne pas parler des puissants empires noirs, comme le Rwanda, peuplé majoritairement de Hutu (90%) et de Tutsi qui combattant à l’arc et à la lance, massacraient sauvagement leurs adversaires, mais surtout les Zulus, appartenant à l’ethnie des Nguni, qui grâce au chef de guerre Shaka bâtirent au XIX ième siècle un véritable empire s’étalant en Afrique du Sud.

Doté d’une armée féroce, disciplinée, mobile utilisant une tactique de déploiement en cornes pour enserrer ses adversaires, Shaka lança un mouvement de broyage appelé Mfecane qui sema la terreur sur son passage, obligeant la populations Sotho d’Afrique du Sud à fuir dans un mouvement jusqu’au Botswana et à la chaine montagneuse du Drakensberg avec des répercussions jusqu’au Mozambique, Zimbabwe, Zambie et Tanzanie.

Au XIX ième siècle, la conquête musulmane fut également une grande force de bouleversement en Afrique Sahélienne, par le biais de chefs religieux des ethnies des Peuls et Toucouleurs qui lancèrent plusieurs jihad aboutissant à la fondation de régimes islamiques imposés au nord du Nigeria, au Mali aux ethnies Bambara et Touaregs et au Soudan par Al Mahdi, victorieux d’une force coalisée égypto-anglaise.

Viennent ensuite deux cas particuliers notables, les Mamelouks recrutés par les Arabes comme mercenaires parmi les plus robustes des populations esclaves d’Europe de l’Est qui finirent par prendre le pouvoir en Egypte avant d‘être définitivement battus par l’armée de Napoléon, et les Boers, ethnie néerlandaise anglophone rebelle d’Afrique du Sud, qui compensa son infériorité numérique par une technique de combat imparable consistant à former une forteresse de chariots appelée le laager, pour vaincre militairement les Zulus et fonder leur propre royaume le Transvaal et l'Orange au nord ouest de l’Afrique du Sud.

Une fois rappelée donc l’aspect belliqueux des royaumes africains vient logiquement la grande vague de conquête coloniale, dont les motifs aujourd’hui discutables, poussèrent les grandes puissances européennes du XIX ième siècle à se partager l’Afrique.

Lugan explique l’incroyable supériorité militaire européenne plus par la division de leurs adversaires africains, certains devenant même leurs alliés pour se soustraire à de sévères dominations ethniques que par la supériorité technique de l’armement.

En premier vient la colonisation de l’Algérie par l’armée française en 1847 après une guerre de plus de quinze ans au cours de laquelle le général Thomas Robert Bugeaud vient à bout du de l'émir rebelle d’origine berbère Abd El Kader en adaptant ses troupes intelligemment au climat algérien.

La France, profitant de sa présence au Sénégal s’établit après une féroce concurrence au Bénin laissant l’immense Nigéria aux Anglais et prend aussi possession du Tchad après avoir défait le redoutable royaume esclavagiste de Rabah.

Les Anglais ont plus de difficultés avec les Zulus, perdant 1300 hommes lors de la cuisant défaite d’Isandhlwana, avant d’adopter les prudentes techniques de combat des Boers et d’infliger d’immenses pertes à leurs adversaires qui chargeaient à découvert.

Peu peu saignés à blanc dans leurs effectifs, les Zulus furent ainsi vaincu en 1879 et leur territoire annexé.

Le Ghana tomba finalement malgré une résistance acharné du royaume Ashanti puis vint le Nigéria qui fut conquis pacifiquement à l’exception du Nord musulman, qui résista jusqu’en 1903.

Les Anglais trouvèrent sans doute leur adversaire le plus redoutable avec les Boers, qui furent soutenus par des contingents des sympathisants de toute l’Europe et même des Etats-Unis.

Les Boers compensèrent pendant longtemps leur infériorité numérique par leur rapidité, leur connaissance du terrain et surtout leur immense courage, avant de capituler face à la puissance de l’Empire britannique dans une guerre particulièrement meurtrière ou on extermina et déporta des populations civiles dans ce qui annonce la violence des guerres mondiales du XX ième siècle.

L’Allemagne se jeta également dans le processus et connut sa part de difficultés en Namibie avec les révoltes des Herero, ethnie esclavagiste qui paya par son extermination les massacres de civils allemands.

Mal préparés, les Italiens virent leurs ambitions se briser face aux Ethiopiens de Ménélik en 1896 et se rattrapèrent par la conquête d’une partie de la Libye face à l’armée Turque.

La troisième partie du livre traite principalement des grands conflits mondiaux du XX ième siècle qui firent de l’Afrique le siège de violents combats entre les forces européennes dominantes de l’époque.

En 1914, les Allemands furent aisément vaincus par les Anglais ans l’Ouest de l’Afrique (Togo, Cameroun) puis cédèrent malgré la valeur du général Lettow-Vorbeck, pris en tenailles par en Afrique Orientale par un mouvement de blocus maritime et d’invasion anglo-portugo-belge déclenchée depuis le Congo et le Mozambique.

En parallèle de guerre de « Pacification » de l’armée française contre les Algériens et les Marocains dans quelques régions insoumises, se déroula entre 1921 et 1925 la guerre du Rif entre Marocains et Espagnols qui se termina par une intervention massive des forces françaises de Pétain qui fit plier Abd el Krim chef rebelle ayant unifié les tribus du Rif contres les troupes colonialistes.

En 1935, l’Italie commandée par Mussolini prend sa revanche sur l’Ethopie en prenant le contrôle du pays.

La Seconde guerre mondiale concentra en Afrique l’essentiel des combat de haute intensité sur la Libye et l’Egypte durant 1940-1942 avec la défaite du général Rommel face aux Anglais, tandis que les Américains et les Anglais commandés par Patton prirent l’Afrique du Nord défendue par des Français.

Pour l’Afrique, la conséquence de la Seconde guerre mondiale fut un immense mouvement de décolonisation qui se solda par de sanglantes guerres.

Dans la années 50, la révolte des Mau-Mau au Kenya, contraignit les Anglais a accorder l’indépendance au pays, puis vint la terrible guerre d’Algérie, qui fit entre 1954 et 1962 des centaines de milliers de morts sur les deux rives de la Méditerranée.

Face à la disproportion des forces entre l’armée française et les rebelles du FLN, ce dernier misa sur une politique d’attentats et massacres sur le sol algérien et français.

Si la France, appuyée par un important contingent de soldats algériens harkis ou spahis (200 000 personnes), fut victorieuse sur le terrain militaire, le Général de Gaulle préféra prudemment accorder l’indépendance à l’Algérie ce qui donna lieu à un douloureux mouvement de reflux des colons vers la France, la formation de l’OAS et d’horribles massacres des Algériens pro-français.

Le Portugal dut comme la France et l’Angleterre accorder l’indépendance à ses colonies : Angola, Mozambique et Guinée-Bissau mais le processus fut beaucoup plus lent en raison de l’habileté des Portugais à jouer sur les clivages entre ethnies locales pour maintenir leur domination sur place jusqu’en 1975.

La dernière partie de l’ouvrage s’interesse aux conflits contemporains soit jusqu’en 2013.

Lugan explique que la plupart des conflits localisés ont d’importantes bases ethniques résultant de la découpe artificielle de l’Afrique par les colons européens qui obligèrent des ennemis héréditaires à cohabiter sur un même territoire et place au second plan les luttes pour les ressources naturelles (pétrole, minerais).

On trouve donc une poussée de fièvre pour le Sahara entre Algérie et Maroc en 1963, puis entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie via le mouvement indépendantiste Polisario avec en toile de fond la difficile question de la création d’un état « Sahraoui » censé représenté la mosaique d’ethnies présente dans cette immensité désertique.

Encore aujourd’hui la région du Sahel reste une importante zone de conflit, avec les guerres au Tchad, au Niger et au Mali et au Niger entre ethnies sudistes (Bambara, Malinke, Soninke) et Touaregs du nord, avant la percée islamiste d’Al Qaida de 2012 qui contraignit l’armée française à intervenir pour stabiliser le pays.

Douloureuse fut également la guerre civile algérienne qui ensanglanta le pays durant une décennie (1992-2002) avec la montée du terrorisme islamique du GIA suite à l’éclatement du FIS.

150 000 morts à la clé dont de nombreux civils, des massacres abominables et des attentats jusqu’en France, la destruction du GIA transformé en GSPC, avant l’allégeance à Al Qaida en 2007.


Encore plus près de chez nous, la guerre de Libye en 2011, dans laquelle fut renversée le régime du colonel Kadhafi, qui régnait en maitre depuis 1969, avec l’appui des tribus du Cyrénaïque et de la Tripolitaine.

En 2011, la Cyrénaïque fortement noyautée par les courants islamiques radicaux se soulève et l’intervention internationales orchestrée par la France et les Etats-Unis bouscule l’équilibre des forces, donnant aux insurgés les moyens de vaincre les troupes Libyennes pourtant largement supérieures militairement.

Soumis aux frappes de l’OTAN, Kafadi s’inclina et fut cruellement traqué puis lynché par les rebelles mais cet effondrement entraina le chaos en Libye avec la guerre entre factions berbères, mafieuses, touaregs et islamistes.

Malheureusement la corne de l’Afrique n’est pas non plus épargnée avec la volonté expansionniste des Éthiopiens à majorité chrétienne face aux faibles voisins Érythréens et Somaliens, ces derniers déchirés entre interminables guerres ethniques provoquant l’intervention internationale de 1992 et un cuisant échec militaire pour les USA à la clé.

Depuis 2004, la poussée islamique se fait également sentir en Somalie par l’émergence des Shababs affiliés à Al Qaida, finalement chassé du pouvoir à deux reprises 2007 et 2011 par une force coalisée de l’Union Africaine, meme si la situation reste fragile.

La violence gagne également le Soudan déchiré entre ethnies du Nord (blancs et musulmans) et du Sud (noirs, catholiques et près des puits de pétroles) avec le cas particulier des populations du Darfour, fuyant jusqu’au Tchad les exactions des milices arabes à la solde du pouvoir central de Khartoum contre l’ethnie rebelle Zaghawa.

La Cote d’Ivoire a également droit à un chapitre avec en 2010 l’affrontement entre le président Gbago et Ouattara, ce dernier vainqueur des élections finalement soutenu par l’armée française finissant par renverser son rival, dont les milices s’en prirent aux français présents sur place.

Mais le comble de l’atrocité semble être atteinte avec les guerres civiles, en 1991 au Sierra Leone avec d’abominables massacres commis par le rebelle Foday Sankoh et en 1990-1994 au Rwanda avec le génocide de 800 000 Tutsi par les Hutus, suite à l'attaque des Tutsi qui s’étaient lourdement armés en Ouganda et finirent par prendre le dessus sur les Forces Armées Rwandaises du pouvoir central malgré le soutien de la France.

Lugan pointe clairement la responsabilité du général canadien Dallaire, incapable de bloquer avec ses troupes de l'ONU l’avancée du Front Pour le Rwanda et de stopper la vague de massacres qui en découla.

Poussé par la France, l’ONU réagit enfin en 1994 par la création d’un Zone Humanitaire Sure chargée d’accueillir et protéger les réfugiés.

En conclusion, « Les guerres d’Afrique » est un passionnant ouvrage difficile d’accès pour le novice peu au fait des différents (et complexes) clivages ethniques et religieux d’Afrique.

Très ambitieux il couvre toute l’histoire de l’Afrique, de la préhistoire à nos jours, permettant de comprendre les forces en présence aux différentes époques, depuis l’émergence de puissances militaires dominantes locales en Egypte et Carthage antiques puis zulu, rwandaise, boers et marocaine au XIX ième siècles jusqu’à la situation actuelle soumise à des zones de chaos favorisées par les groupes terroristes islamiques financés par l’étranger en Libye, Mali, Somalie, Nigéria ou Soudan en passant par l’incontournable face de colonisation européenne anglaise, française, portugaise, allemande ou belge détruite par les deux guerres mondiales du XX ième siècle.

On comprend donc que l’Afrique a toujours été un continent régi par des systèmes d’ethnies, tribus ou clans dont l’influence étaient délimitées par des frontières naturelles : déserts, montagnes ou fleuves et que ces ethnies se livraient déjà de cruelles guerres avant l’arrivée des colons blancs qu’on accuse parfois d’avoir provoqué le chaos menant à la situation actuelle.

Difficile donc à la lecture de cet ouvrage orienté conflits, de trouver un pays épargné par de longues années de guerres inextricables rendant impossible toute idée de progression économique et sociale.

On se dit pourtant que l’Afrique recèle un important potentiel et que si l’unité pouvait davantage se faire, elle pourrait jouer son rôle sur l’échiquier mondial …

Les guerres d'Afrique (Bernard Lugan)
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 11:27
Apocalypse, Hitler (Pascale Clarke, Danielle Costelle)

Dans la lignée des brillants travaux de pédagogie historique, « Apocalypse, Hitler » série en deux parties, voit le jour en 2011.

On retrouve Pascale Clarke et Danielle Costelle à l’origine de cet impressionnant travail de recherche, restauration et de coloration des archives.

L’enfant terrible du cinéma français, Mathieu Kassovitz prête ici sa voix pour une narration sobre.

Dans la première d’entre elles, appelée « La menace », on s’intéresse au passé d’Adolf Hitler, né en 1889 dans un petit village autrichien prêt de la frontière allemande de la région de Bohême.

L’aspect familial est important pour étudier la psychologie du futur dictateur et on notera que son père Alois, était un douanier extrêmement autoritaire et brutal, alors que sa mère Klara, était un objet de vénération qui mourut prématurément à 47 ans d’un cancer.

Hitler conservera une relation intime extrêmement forte avec sa mère et conservera un portrait d’elle jusque dans ses derniers jours dans son bunker de Berlin.

Remonter plus loin dans les origines de la famille se heurte rapidement au problème de l’origine paternelle d’Alois, enfant adopté par un meunier, ce qui laisse planer un doute sur quelques ascendances juives non assumées.

N’écoutant pas les volontés de son père qui le voit fonctionnaire, Hitler se rend après la mort de ses parents à Vienne pour étudier les beaux-arts.

Dans la prospère capitale autrichienne, il découvre avec horreur le cosmopolitisme et mène une vie de dilettante, échouant au concours et connaissant des moment de grande pauvreté après dilapidé tout l’argent de son héritage.

L’arrivée de la Première guerre mondiale va changer la destinée de ce peintre raté qui survit plutôt qu’il ne vit à Vienne.

Hitler s’engage et devient estafette dans la tranchées, accomplissant la tache périlleuse d’acheminer les messages sur le front.

Le choc de la Première guerre mondiale l’atteint de plein fouet et après avoir été retiré du front suite à une perte momentanée de la vision, Hitler vit comme un drame personnelle la défaite allemande et surtout les conditions humiliantes imposées par le traité de Versailles.

A Munich sous la République de Weimar, ses talents innés d’orateur et la détermination de son engagement nationaliste, le fond devenir agitateur politique ou espion infiltré contre les organisations communistes alors dominantes.

La vie quotidienne est alors atrocement difficile en Allemagne, les Français et Belges n’hésitant pas à envoyer des troupes se servir directement en charbon dans la région e la Ruhr alors que celle-ci rechignait à s’acquitter de ses dettes.

Le chômage explose et la pauvreté gagne la population allemande.

En se calquant sur son modèle de l’époque Benito Mussolini, Hitler fonde son parti fasciste le NSDAP (ou Nazi), devient un leader politique de premier plan en utilisant habilement la frustration des populations pauvres et humiliées.

La mort prématurée du président Ebert va constituer une opportunité intéressante pour la droite allemande représentée par les anciens généraux de 1914-1918, qui ont conservé malgré la défaite une prestige important au sein de la population.

De plus en plus populaire dans les milieux d’extrême droite, Hitler se rapproche du général Ludendorff et fomente en 1923 un coup d’état qui échoue assez piteusement.

Condamné à cinq ans de prison, il bénéficie d’une certaine clémence et en profite pour écrire son « Mein Kampf » ouvrage délirant exprimant sa haine des Juifs, de ses ennemis communistes, français et la volonté d’élévation du peuple allemand, amené à régner sur le monde en vertus de la supériorité de sa race réputée pure, descendante des Ayriens.

Ouvrage imprégné de mysticisme, « Mein Kampf » servira avant et après son ascension de base idéologique fumeuse à l’application d’une politique guerrière et intolérante.

Libéré en 1924, Hitler peut alors reprendre ses activités avec encore plus de force en bénéficiant d’un contexte économique favorable à l’expression d’une mentalité extrémiste.

La seconde partie intitulée « Le Führer » narre l’irrésistible ascension d’Adolf Hitler jusqu’aux plus hautes instances politiques d’Allemagne.

A sa sortie de prison, Hitler retrouve ses plus proches collaborateurs : son bras droit Rudolf Hess, fervent idéologue antisémite, Hermann Goering, ex héros de l’aviation devenu obèse et cocaïnomane après une blessure, le chétif Joseph Goebbels génie de la propagande et surtout Röhm chef de la milice des SA ou chemises brunes, qui sèment la terreur auprès des populations juives et des factions adverses communistes.

Cette remarquable organisation et le soutien d’industriels de premier plan comme Thyssen ou l’américain antisémite Henry Ford, ne suffisent pas à lui faire emporter les élections et le vieux maréchal Hindenburg, représentant d’une droite conservatrice est logiquement élu en 1925 en profitant néanmoins de la popularité d’Hitler.

Mais Hindenburg qui pense pouvoir contrôler l’ambition de cet encombrant allié le laisse progressivement prendre de plus en plus d’influence.

En 1933, les nazis parviennent à paralyser le jeu démocratique en Allemagne et contraignent Hindenburg à nommer Hitler premier chancelier.

Arrivé au pouvoir légalement, Hitler commandite l’incendie du Reichstag, le parlement allemand pour justifier des mesures très dures visant à détruire toute forme d’opposition.

Les communistes, pacifiques sont déportés dans les premiers camps de concentration créer par Heinrich Himmler et les Juifs victimes de persécutions, contraint à l’exil, notamment en France ou aux États-Unis.

Seules les plus pauvres d’entre eux environ 250 000 restent en Allemagne et subissent des persécutions dans l’indifférence générale des élites allemandes plus promptes en cet été 1933 à profiter pour encore un temps de leurs privilèges.

En 1934, Hitler élimine l’encombrant Röhm qu’il considérait comme un rival potentiel et dissout les SA, au profit de l’armée régulière de la Wehrmacht et de SS, garde rapprochée et personnelle d'Hitler.

A la tête de l’armée, soutenu par les industriels, Hitler est alors le maitre de son pays et peut ainsi commencer à reconstruire les industries lourdes de la défense allemandes notamment l’aviation et la marine, qui lui font pour l’instant encore défaut pour donner corps à ses rêves de grandeur.

En conclusion, « Apocalypse, Hitler » est un documentaire passionnant, montrant l’ascension d’un dictateur hors normes, rendu fascinant par un invincible désir de revanche sociale et surtout une force de persuasion surnaturelle.

Observer un discours d’Hitler reste en effet une expérience fascinante : la gestuelle excessive empruntée aux acteurs d’opéra wagnériens, la puissance des incantations, la mise en scène du génial Goebbels qui mit en place avec l’aide du couturier Hugo Boss et de la réalisatrice Riefenstahl, une véritable esthétique nazi avec les uniformes, les emblèmes, les bannières et les torches.

Ce mécanisme montre finalement que le contenu stupide et délirant compte peu, seule au final prenant le dessus la puissance symbolique et le pourvoir hypnotique d’un guide quasi spirituel subjugueur de foules.

En ces heures troubles en France, j’ai également trouvé certains points communs avec les organisations terroristes islamiques : besoin de références religieuses visant à prôner une légitimité d’ordre supérieure, gout pour les mises en scène théâtrales, puissants mécanismes d’embrigadement de populations soumises à un sentiment d’injustice, recours à la force et à la terreur pour donner corps à une inextinguible volonté de domination et d’expansion territoriale.

Le fascisme quelle que soit sa forme, reste le fascisme, c’est pourquoi l’étude du phénomène Hitler reste d’utilité publique.

Apocalypse, Hitler (Pascale Clarke, Danielle Costelle)
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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 18:53
Le clan de l'ours des cavernes (Jean M Auel)

Sorti en 1980, « Le clan de l’ours des cavernes » est le premier roman d’un étonnant cycle de six tomes de Jean M Auel.

Ce cycle de best sellers intitulé « Les enfants de la Terre » a pour cadre la Préhistoire (en -35000 avant Jésus Christ) et met en scène Ayla une jeune enfant de l’époque des Cro-Magnon, qui perd la trace de son clan et se fait agresser par un immense lion des cavernes.

Ayla survit par miracle à l’attaque du lion mais blessée à une jambe perd connaissance.

Elle est retrouvé à demi morte par à un clan de Néandertaliens commandé par Brun.

Malgré ses différences physiques, notamment la forme de son cerveau et sa taille plus haute, Ayla est finalement adoptée par Iza la guérisseuse du groupe.

Cette aimante élève Ayla comme sa fille et lui apprend ses secrets dans le ramassage de plantes destinées à soigner les autres membres du clan.

Ayla est également prise en affection par Creb, le sorcier ou Mog-ur du clan, qui compense un handicap physique dut à l’attaque d’un ours des cavernes, par une intelligence élevée.

En vertu de son statut de sorcier, Creb est ainsi la personne la plus respecté du clan après Brun, chef courageux, juste et relativement ouvert d’esprit.

Le pouvoir de Creb tient à sa capacité à communiquer avec le monde des esprits et à attribuer des totems d’animaux aux membres du clan sensés refléter une certaine hiérarchie.

Creb a ainsi pour totem l’ours des cavernes, qui protège tout le clan de de sa puissance.

Un premier incident éclate lorsque Broud devenu un guerrier émérite après avoir tué son premier bison, se voit voler la vedette par Ayla qui reçoit un totem plus élevé que le sien, le lion des cavernes, chose tout à fait inhabituelle pour une femme, de surcroit étrangère.

Cet affront est de trop pour l’ambitieux Broud qui prend Ayla en grippe, n’hésitant pas à la battre pour de motifs futiles en invoquant les lois du clan.

Mais Ayla endure ces sévices et participe avec émotion à l’accouchement d’Iza, qui met au monde une fille, Uba.

Indépendante et curieuse, elle ne se contente pas des enseignements de guérisseuses et s’entraine en secret au maniement de la fronde après avoir observé un vieux chasseur, Zoug, enseigner aux jeunes guerriers.

Ayla s’exerce à tuer de petits animaux, lapins ou blaireaux, puis s’enhardit au point de s’en prendre à un lynx, ce qu’elle manque de payer de sa vie.
Usant des cavernes pour se protéger des prédateurs ou du froid des hivers, le clan envoie ses meilleurs chasseurs pour traquer les mammouths, plus gros des gibiers du règne animal à cette époque.

La chasse au mammouth est une épreuve fascinante, les hommes compensant leur infériorité physique par des ruses visant à isoler un individu dans un endroit encaissé afin de le harceler de coups de lance jusqu’à le tuer, submergé par le nombre.

Mais après avoir tué un mammouth et s’être ainsi approvisionné en viande, graisse et peau pour une bonne durée, le clan découvre que Ayla sait chasser lorsqu’elle tue d’une pierre bien ajustée une hyène qui tentait de tuer Brac le fils de Broud.

Contre toute attente, Ayla paye cher son geste qui contrevient aux lois les plus fondamentales du clan interdisant aux femmes de chasser.

Elle est donc soumise au jugement de Brun, mais au lieu d’être maudite et exclue du clan, celui-ci prononce une sentence plutôt clémente la mettant à l’épreuve une seule nuit en dehors du clan et l’autorisant à chasser à la fronde.

Cette exception fait enrager Broud, dont l’orgueil est trop important pour tenir compte de la sauvegarde de son fils.

Irrité par la promotion d’Ayla comme guérisseuse et chasseuse, celui qui se voit en successeur de Brun, utilise l’arme de la sexualité pour se venger et invoquant une autre loi du clan, s’unit à elle par la force et réussit à la mettre enceinte.

La grossesse va à son terme mais son fils Durc est jugé difforme par le clan, échappant de peu à la mort tout comme Ayla qui désobéit à l’autorité des chefs pour le sauver.

Mais un évènement de plus grande importance agite le clan : sa participation à un tournoi avec les autres clans de Néandertaliens afin de déterminer leur hiérarchie les uns par rapport aux autres mais aussi la hiérarchie à l’intérieur même des clans.

Les épreuve se succèdent, mettant à l’épreuve l’adresse, la force et la vitesse des guerriers, l’habileté des femmes et la capacité collective à reconstituer des scènes quotidiennes.

Le clan de Brun l’emporte sur celui rival de Norg, préservant ainsi sa première place, mais le vieux chef échoue individuellement aux épreuves ce qui suppose que Broud, plus victorieux, prenne à court terme sa place.

Après avoir tué en sacrifice un énorme ours des cavernes pour honorer leur totem et participer à une grande fête mystique sous fond de plantes hallucinatoires, les clans se séparent jusqu’à la prochaine rencontre prévue dans sept ans.

Ayla se distingue encore en sauvant la vie d’un jeune chasseur blessé à la jambe par l’ours rendu furieux par les lances et acquiert une renommée encore supérieure hors du clan, ce qui irrite au plus haut point Broud.

De retour à la caverne, Ayla trouve sa mère Iza mourante et se trouve déchirée de souffrance après sa mort, tombant malade et manquant de mourir.

Un nouvel affront frappe Broud lorsque sa propre épouse Oga, se rebelle contre lui pour allaiter Durc afin de pallier aux déficiences d’Ayla.

Devenu chef après avoir détrôné le sage Brun, Broud tente une nouvelle fois d’enlever Durc à la garde d’Ayla, et après la mort de Creb, tué dans un tremblement de terre, la fait bannir du clan.

Ayla part donc sans remord avec son fils Durc dans les vastes plaines de la préhistoire.

En conclusion, « Le clan de l’ours des cavernes » est un roman fiction d’un étonnant réalisme, fourmillant de détails sur la vie des hommes préhistoriques avec leur organisation, leurs habitudes et leurs croyances.

Brillamment écrit et aisément scénarisable (et adapté au cinéma en 1986 par Michael Chapman), il permet de titiller l’imagination du lecteur en tissant une belle intrigue autour d’une jeune fille différente, plus intelligente et indépendante que les Néandertaliens dont certains se trouvent irrités par ce sentiment d’infériorité.

Bien entendu, tout ceci n’est que fiction et donc soumis à critique notamment par rapport à l’indépendance ou aux capacités de réflexions des hommes préhistoriques, mais les passionnés d’Histoire ne pourront qu’être séduits par ce monde dont la faune et la flore seront à jamais source de fantasmes …

Compte tenu du talent d’écrivain de Jean M Auel, le statut de best seller de « Le clan de l’ours des cavernes » est pour moi largement mérité.

Le clan de l'ours des cavernes (Jean M Auel)
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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 12:28
La chute (Oliver Hirschbiegel)

Abordons à présent une page de l’Histoire relativement méconnue, la fin du règne d’Adolf Hitler avec « La chute » film allemand de Oliver Hirschbiegel.

Sorti en 2004, « La chute » prend place en avril 1945, dans un Berlin en flammes assiégé par l’armée Russe.

Terré dans son bunker avec ses proches et les lambeaux de son état major, Hitler (Bruno Ganz) déjà grandement affecté physiquement par le stress de la guerre, perd peu à peu toute lucidité et refuse de voir la réalité en face : la victoire des Russes et des Américains est inévitable.

Il refuse les sollicitations de Himmler (Ulrich Noethen) pour tenter de négocier avec les Américains et décide de tenir Berlin coute que coute, en sommant ses généraux de lancer des contre attaques impossibles à l’aide de troupes imaginaires.

Son caractère irritable et colérique s’accentue sous les poussées de stress et de rage dressés notamment contres les hauts officiers allemands dont il ne supporte pas l’élitisme.

Autour de lui, on trouve un noyau de fidèles, sa maitresse Eva Braun (Julian Köhler) bien entendu, qui malgré le désespoir de la situation affecte une bonne humeur de façade en organisant des fêtes, les fanatiques Goebbels, Magda (Corinna Harfouch) et Joseph (Ulrich Matthes) qui en l’absence de Himmler devient en quelque sorte le bras droit d’Hitler, même si son absence de compétences militaire n’aide pas beaucoup son chère Führer dans un telle situation, quelques généraux relégués à des postes de coordinateurs Hans Krebs (Rolf Kanies), Alfred Jodl (Christian Redl) et enfin le personnel administratifs dont la bavaroise Traudl Junge (Alexandra Maria Lara) secrétaire personnelle d’Hitler autour duquel le procédé narratif s’articule.

Le charismatique Albert Speer (Heino Ferch), ministre et surtout grand architecte du III ième Reich, prend ses distances avec Hitler et lui annonce qu’il renonce à rester sur place.

Le face à face entre Speer et Hitler est tendu, mais ce dernier le laisse finalement partir sans réagir, acceptant l’évidence.

La fuite d’Himmler et de ses hommes, met en revanche le Führer hors de lui.

Le docteur Schenk (Christian Berkel) médecin dirigeant un hôpital militaire à Berlin, choisit de rester sur place pour venir en aide aux populations civiles, volontairement sacrifiées pour accompagner Hitler sans sa chute.

Herman Fegelein (Thomas Kretschmann) officier réputé opportuniste car époux de la sœur d‘Eva Braun, souhaite lui aussi s’enfuir mais il est finalement pris et exécuté.

Devant l’impossibilité de parer toutes ses désertions, Hitler se rabat sur les quelques rares hommes fidèles et de valeur comme le général Weidling Michael Mendl) qui échappe de peu au peloton d’exécution pour être réaffecté à la défense, certes désespérée de la ville, tandis que le général Wilhelm Mohnke (André Hennicke) reçoit lui la défense du bunker.

Mais la plupart des soldats défendant Berlin sont inexpérimentés, Hitler ayant enrôlé des adolescents et même des enfants fanatisés pour faire face aux Russes et à leurs tanks.

La poussée des Russes semble donc inexorable et Hitler lui-même comprend dans son fort intérieur que la seule issue pour lui est la mort, ce que ses fidèles qui le considère comme un guide spirituel sont bien en peine d’envisager.

Quand vient le moment, Hitler choisit la technique classique de l’ampoule de cyanure et d’une balle dans la bouche, son fidèle garde du corps Otto Gunsche (Goz Otto) se chargeant d’incinérer ses restes ainsi que ceux d’Eva Braun, finalement devenue sa femme et ayant décidé de le suivre dans la mort.

La mort d’Hitler est un choc pour tous les membres du bunker, les généraux désemparés sur la tactique à tenir à présent bien entendu, mais également le personnel administratif qui s’y était attaché.

Dès lors, la capitulation face aux Russes s’impose, mais certains comme les Goebbels ne peuvent l’accepter.

Ceux-ci se tuent donc, après une scène particulièrement pénibles ou ils tuent leurs propres enfants à l’aide de capsules de cyanure.

Après quelques suicides épars, la décision d’évacuer le bunker semble inévitable.

Schenk qui tente d’apporter un peu d’humanité en vertu de sa condition de médecin, essaie d’empêcher les suicides ou les tentatives désespérées de résistance ultimes en vertu de vœux devenus absurdes de fidélité au Führer.

Traudl comme son amie Gerda Christian (Birgit Minichmayr), sont exfiltrés à travers les lignes russes, bénéficiant d’une relative clémence en vertu de leur condition de femmes.

Le film se clôt sur un témoignage de Traudl, au début des années 2000, faisant son mea culpa par rapport aux atrocités à l’époque inconnues commises par les nazis et par un sobre décompte des destinées des principaux protagonistes de l’histoire.

En conclusion, malgré sa durée (2h30) et la multiplicité de ses personnages, « La chute » est un film passionnant et intense, proposant une véritable plongée dans l’intimité des derniers jours du dictateur le plus fascinant de tous les temps.

L’atmosphère dans le bunker assiégé y est oppressante et rendue captivante par la qualité incroyable des acteurs, Brun Ganz en tête, tous parfaitement convaincants dans la rigidité militaire et la puissance de leurs idéaux fanatiques.

Le film n’humanise pas réellement Hitler au sens ou il le rend sympathique.

Même si beaucoup le considère comme un monstre, Hitler n’en était pas moins un homme, certes implacable dans la poursuite d’idéaux déments, mais néanmoins disposant de certaines caractéristiques dites « humaines ».

Sa froideur et son manque d’empathie évidents, se manifestent dans le film, ou son égo démesuré prend le dessus sur le respect ou l’affection qu’il aurait pu montrer à ses proches.

Rythmé, effrayant et dur parfois jusqu’à l’insoutenable (les scènes de suicides ou d’infanticide des Goebbels) « La chute » est un film magistral, qui marquera l’esprit du spectateur avide d’explorer une face plutôt ignorée de l’Histoire, la prise de Berlin et la chute du III ième Reich.

La chute (Oliver Hirschbiegel)
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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 20:15
Rome, saison deux, épisodes 9 et 10 (Bruno Heller)

Les meilleures choses ont une fin, c’est pourquoi « Rome, saison 2, épisodes 9 et 10 » viennent achever définitivement et précocement une série prévue initialement par ses créateurs Bruno Heller et John Milius pour durer 5 ans.

Dans l’épisode 9 écrit par Mere Smith et réalisé par Steve Hill, Marc Antoine (James Purefoy) mène grand train en Egypte avec Cléopâtre (Lyndsey Marshal) et se comporte en souverain oriental décadent.

Il affame volontairement Rome en restreignant ses livraisons de blé, et snobe ouvertement une proposition de médiation de sénateurs envoyés par Octave (Simon Woods).

Il espère provoquer son rival à l’attaquer pour préserver sa popularité encore grande au sein du peuple romain.

Deux enfants sont nés de cette union, le troisième Césarion, fils de César, étant sous la garde étroite de Vorenus (Kevin Mc Kidd) plus dévoué que jamais.

La situation à Rome est en réalité critique et la révolte gronde au sein du peuple de plus en plus affamé.

Laissé seul pour régir l’Aventin, Titus Pullo (Ray Stevenson) qui vit en ménage avec la séduisante Gaia (Zuleikha Robinson), a bien du mal à contenir la foule en colère.

Contre toute attente Pullo a laissé en vie Memmio (Daniel Cerqueira) et le conserve dans une cage en le traitant à titre d’exemple comme une bête sauvage.

Il finit par informer Octave du mécontentement populaire.

Irrité, le consul réagit en envoyant Octavia (Kerry Condon) et Atia (Polly Walker), respectivement femme et ancienne maitresse de Marc Antoine, pour tenter de faire fléchir son rival.

Fidèle à son habitude, Atia négocie son intervention en demandant une villa à Capri et accepte finalement d’effectuer le voyage en Egypte.

Mais l’expédition tourne à l’humiliation publique, et Marc Antoine poussé par Cléopâtre, refuse de recevoir les deux femmes, qui rejetées fermement par Vorenus, repartent la haine dans le cœur.

Désormais la guerre entre les deux consuls parait inévitable.

Posca ( Nicholas Woodeson) fournit la clé à Octave en trahissant Marc Antoine, et en lui fournissant son testament qui déshérite sa famille romaine au profit de ses nouvelles connaissances égyptiennes.

En politicien habile, Octave exploite la faille, expose au peuple la trahison de son rival et se lance dans des préparatifs de guerre auxquels il associe Pullo, l’un des rares soldats qui soit pour lui digne de confiance.
L’épisode se termine par un drame très fort, Pullo qui s’apprête à faire ses adieux à Gaia, est attaqué par surprise par Memmio échappé de sa cage.

La belle vole à son secours, tue Memmio mais reçoit un coup de couteau fatal.

Agonisante sur son lit de mort, elle lui avoue le meurtre d’Eirene pour expier ses péchés.

Insensible à ses motifs amoureux, Pullo l’étrangle et jette son corps dans le fleuve, la jugeant indigne de funérailles décentes.

Le dixième et dernier épisode de la série, écrit par Bruno Heller et réalisé par John, Maybury, montre clairement la défaite et déroute de Marc Antoine, sèchement battu par les troupes d’Antoine en Egypte.

Brisé et démoralisé, Antoine se réfugie dans son palais d’Alexandrie aux cotés de Cléopâtre et du fidèle Vorenus, qui refuse une demande de trahison envoyée par Octave.

Rongé par les abus divers dont les drogues, Antoine n’est plus que l’ombre de lui-même et incapable de résolutions lucides.

Il tourne comme un lion en cage dans son palais, s’accrochant à l’idée absurde de provoquer en combat singulier son rival, s’entraine le glaive à la main avec Vorenus, tue un esclave qui avait osé rire de sa maladresse et se dissout lui-même en échafaudant de vains plans de fuite avec Cléopâtre.

Le couple se résout finalement à l’évidence, et conclut à se donner la mort à l’aube.

Antoine se saoule une dernière fois avec Vorenus, et recevant une lettre lui annonçant la mort de sa bien aimée, se suicide avec l’aide de Vorenus en s’enfonçant un glaive dans le torse.

Emu, Vorenus l’habille en général et l’installe sur son trône pour honorer sa dépouille.

Lorsqu’il constate que Cléopâtre est en vie et a menti, il lui tient tête avec mépris, prenant la décision de lui-même de sauver Césarion qu’il estime être en réalité le fils de Pullo, des griffes vengeresses d’Octave.

Octave en effet ne fait pas dans la demi mesure, et tout en froideur et en dureté, contraint également Cléopâtre à se suicider par morsure de serpent plutôt que d’accepter le déshonneur d’être exhibée en trophée à Rome.

Soignant son image populaire il confie les deux enfants de Cléopâtre à Octavia pour les élever, tout en chargeant Pullo de retrouver Césarion et de le tuer.

Pullo accepte la mission, retrouve son ami Vorenus dans le désert avec l’insupportable gamin qui se prend pour un dieu.

Tentant de fuir par le désert jusqu’en Judée, ils tombent sur un barrage et sont contraints de tuer les soldats qui ont détecté quelque chose de louche avec le gamin.

Mais Vorenus est touché au dos dans le combat et se sachant condamné, demande à Pullo de le ramener à Rome pour y voir une dernière fois ses enfants avant de mourir.

Pullo cède à sa requête, rend compte à Octave de la mort de Césarion et permet à Vorenus de mourir avec ses enfants qui finalement le pardonnent.

Octave se fait célébrer un triomphe à sa mesure d’empereur romain, mais Atia ébranlée par la mort d’Antoine y fait bonne figure, insultant Livia (Alice Henley) pourtant femme du nouveau maitre absolu de l’empire.

Après les festivités, on comprend que Pullo a maintenu son fils Césarion en vie et le garde avec lui à Rome …

En conclusion, si déjà les épisodes précédents confinaient au sublime, « Rome, saison 2, épisodes 9 et 10 » l’atteint et le dépasse même.

Le chute de Marc Antoine corrompu par une vie de débauche dans ses palais de milles et une nuit est grandiose, en raison de la performance exceptionnelle digne de Marlon Brando de James Purefoy.

Sa passion avec Cléopâtre bien que brièvement exposée apparait dévorante, cette dernière se montrant prête à tout pour sauver sa vie et son royaume, avant finalement de se rendre à l’évidence face à la froideur inflexible du prédateur Octave.

Mis à part la mort exceptionnelle d’Antoine, on vibrera également devant celle de Gaia, son surprenant volte face sur son lit de mort, son courage au combat et son corps sublime lentement englouti par les flots.

Par comparaison, celle de Vorenus apparait plus fade, même si le Kevin Mc Kidd est parfait tout en raideur et en force militaire, ne pliant finalement que devant l’amour regagné de ses enfants.

Dure vie donc que celle de Vorenus, et Pullo infatigable machine de guerre, transformé en survivant monté en grade avec un enfant à sa charge.

Un mot enfin sur Atia, l’un des personnages phares de la série, qui souffre face à la l’affront de l’abandon de son amant, par son humiliation publique mais se ressaisit brillamment comme la superbe garce qu’elle reste.

Cette conclusion ne peut donc que mettre en rage, car on aurait bien entendu voulu en voir plus compte tenu de la perfection atteinte de la seconde saison de Rome, infiniment supérieure à la première saison, du reste tout à fait agréable.

Impossible de ne pas s’attacher à des acteurs aussi charismatique évoluant dans des intrigues complexes ou se mêlent, politique, passion, violence et sexe.

Tout concourt donc à faire de « Rome, saison 2 » une drogue dont j’aurais bien du mal à me passer !

Rome, saison deux, épisodes 9 et 10 (Bruno Heller)
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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 12:28
Rome, saison deux, épisodes 7 et 8 (Bruno Heller)

Les évènements se précipitent dans « Rome, saison 2, épisodes 7 et 8 » à l’approche de la fin (initalement non prévue) de la série.

Dans l’épisode 7 écrit par Scott Buck et réalisé par John Maybury, Servillia (Lindsay Duncan) déjà fortement éprouvée par le rude traitement que lui a administré par sa rivale de toujours Atia (Polly Walker) reçoit comme un coup de grâce l’annonce de la mort de son fils Brutus (Tobias Menzies) tué sur le champs de bataille face aux troupes de Marc Antoine (James Purefoy)

Désespérée, elle se rend sur le pas de la porte de la maison d’Atia et l’accable publiquement d’une spectaculaire demande de justice, en psalmodiant à genoux dans la rue, une servante la couvrant de cendres.

Atia feint d’abord de l’ignorer, préférant concentrer son énergie sur le possibilité d’un mariage avec son cher Antoine pour venir sceller l’alliance toujours fragile avec son fils Octave (Simon Woods).

En effet si Lépide (Ronan Vibert) ne semble jouer qu’un rôle figuratif dans le triumvirat, Octave entend bien négocier d’égal à égal avec Antoine et ne pas lui céder un pouce de terrain.

La rivalité entre les deux hommes s’exacerbe autour des questions de partage de l’empire romain, l’Egypte étant la plus convoitée pour ses richesses et bien sur d’argent, surtout lorsque Hérode roi de Judée, vient trouver Antoine pour lui offrir de le payer en échange de la protection de Rome pour assurer son règne.

Après quelques tergiversations, Antoine accepte le pot de vin en promettant un vague partage avec les deux autre consuls qu’il n’entend bien entendu jamais effectuer.

Lorsqu’il refuse d’accorder sa part à l’affranchi Posca (Nicholas Woodeson), celui-ci le trahit sans ménagement, allant proposer une alliance à Mécène (Alex Wyndham) afin de prélever une partie du trésor de Judée au détriment de leurs maitres respectifs, Antoine et Octave.

Mis au courant des tractations d’Antoine et Hérode, Octave explose, exige le respect des accords conclus et sa part du tribu versé à l’Empire romain.

Antoine accepte du bout des lèvres, et les deux hommes chargent leur représentant Vorenus (Kevin Mc Kidd) de récupérer l’or qui doit être livré dans le plus secret au port de l’Aventin.

Mais Vorenus qui pense avoir toujours la mainmise sur les bandes de l’Aventin, ignore que son rival Memmio (Daniel Cerqueira) l’a infiltré en prenant sur le fait sa fille Vorena (Coral Amiga) en plein ébats avec un des ses hommes et en la contraignant à le renseigner.

En réalité, Vorena qui hait son père depuis qu’elle le juge responsable de la mort de sa mère, ne se fait pas prier pour l’espionner et renseigne Memmio sur les modalités de la réception de la cargaison d’or.

Titus Pullo (Ray Stevenson) dont la femme Eirene (Chiara Mastalli) attend un heureux évènement doit intervenir physiquement pour punir une violente altercation avec Gaia (Zuleikha Robinson), qui malgré son statut d’esclave, refuse l’autorité de Eirene.

Belle et manipulatrice, Gaia, use des ses talents pour retourner le châtiment qui lui était destiné et a un rapport sexuel intense avec Pullo en plein milieu d’un scène de lutte.

Penaud face à son échec, le grand costaud sauve péniblement la face devant Eirene qui devant la soumission affectée de Gaia est persuadée que tout est rentrée dans l’ordre.

Dans les hautes sphères du pouvoir, Atia cède finalement à la pression de Servillia et subit les malédictions de sa rivale qui s’occit pour que les dieux donnent corps à ses incantations.

La mort spectaculaire de Servillia frappe l’esprit, Atia est tétanisée tandis que même Marc Antoine reconnait la force de caractère de l’ex maitresse de César.

La malédiction de Servillia semble déjà l’œuvre puisque au dernier moment, Octavia (Kerry Condon) lui est préférée car plus jeune et donc amène d’enfanter.

Brisée, Atia voit donc ses rêves de grandeur s’écrouler lorsque Antoine épouse sa fille en un mariage politique voulu principalement par Octave, ne supportant sans doute plus la liaison entre sa mère et son rival.

Agrippa (Alleen Leech) a également le cœur brisé en voyant son amante lui échapper.

Au cours du mariage, Hérode invité d’honneur échappe de peu à un attentat perpétré par Timon (Lee Boardman) et son frère Levy, mais au dernier moment Timon se rétracte, incapable de tuer devant son ex maitresse Atia.

Une lutte confuse éclate entre les deux frères, Levy étant tué d’un coup de couteau.

Dans l’épisode 8 écrit par Todd Ellis Kessler et réalisé par Carl Franklin, Octave de plus en plus dominateur, édicte des lois particulièrement strictes concernant la morale de ses romains, condamnant par exemple les relations adultères.

Homme rigide aux mœurs strictes, Octave entend en effet contrôler les ébats entre les hauts membres de sa famille et ainsi pouvoir intervenir en cas de nouvelle liaison entre Antoine et sa mère.

En parallèle, il agit par force pour se trouver femme en choisissant Livia (Alice Henley) une jeune femme blonde et mince, déjà épouse d’un sénateur, qu’il n’a aucun mal à « convaincre » de divorcer en vue d’un mariage avec lui.

Pullo qui doit récupérer l’or d’Hérode au port, ne peut accomplir sa mission.

En effet sa femme Eirene, empoisonnée par Gaia, a une hémorragie, perdant son fils et mourant dans son lit en implorant son mari dévasté de l’enterrer à la coutume germanique et non de l’incinérer.

L’enterrement de Eirene est un des grands moments d’émotions de la série.

Respectant la douleur de son ami, Vorenus le décharge de sa mission, envoyant le fameux troisième homme, Mascius (Michael Nardone) le remplacer.

Mais Mascius tombe dans un guet append et revient blessé chez Vorenus, avec comme nouvelle, le vol du chargement d’or.

Fou de rage, l’ex centurion met ses hommes à pied d’œuvre pour battre la ville.

Memmio, logiquement suspecté, fait mine de l’écouter avec insolence et suggère la trahison d’un de ses hommes.

Après avoir rendu des comptes face à Antoine et Octave qui le menacent de manière à peine voilée, Vorenus aidé d’un Pullo convalescent suspecte Mascius, qui sentant sa mort arriver, affirme sa fidélité à ses compagnons de la treizième légion.

Vorenus arrête le bras vengeur de son ami en reconnaissant dans les mains de ses enfants, une des poupées en paille que manipulait un des hommes de Memmio et comprend en un éclair la trahison de Vorena.

Loin de plier, la jeune femme avoue et lui crache sa haine au visage, haine de la mort de sa mère, d’avoir fait d’elle une prostituée …

Vorenus accuse le choc, réfrénant ses penchants brutaux sous l’influence de Pullo.

Il profite alors de la disgrâce de Marc Antoine, dont les relations extra conjugales avec Atia sont jetées en pâture à Octave et qui fout de rage, exige son départ pour l’Egypte.

Antoine tente de battre à nouveau le jeune homme mais comprend in extremis qu’il n’est plus un frêle adolescent.

Il doit donc partir, sous la pression du nouveau maitre de Rome.

Quittant Atia par de vagues promesses de retrouvailles émises en présence d’une garde rapprochée dirigée par un centurion imposant, Marc Antoine part pour l’Egypte ou il retrouve une Cléopâtre (Lyndsey Marshal) toute disposée à un accueillir un allié potentiellement aussi puissant.

Antoine emmène avec lui un Vorenus préférant démissionner de sa charge de maitre des collèges de l’Aventin, et surtout fuir sa propre famille, qu’il confie à la charge de Pullo, devenu de fait son successeur.

Pullo s’acquitte fort bien de sa tache, arrachant la langue de Memmio venu chercher une alliance, et massacrant les autres membres des bandes de l’Aventin achetées par l’or dérobé à Antoine et Octave.
Mascius et l’amazone Gaia sont des précieux auxiliaires dans ce combat de rue.

Pour terminer, Octavia fait également les frais de la colère d’Octave, qui menace également Agrippa et le contraint à rompre ses relations avec elle.

Hanté par son crime fratricide, Timon, émigre enfin avec sa famille à Jérusalem.

En conclusion, « Rome, saison 2, épisodes 7 et 8 » ravive encore la passion dans la dernière ligne droite de la série.

Les drames se succèdent, la mort de Servillia est digne de rentrer dans la légende, tout comme le châtiment qui semble poursuivre Atia finalement délaissée et abandonnée pour raisons politiques par Marc Antoine.

Octave prend de plus en plus d’assurance, montrant un caractère rigide, intransigeant et volontiers colérique.

Le jeune homme a visiblement un revanche à prendre sur la vie, sa mère, sa sœur et son rival de toujours Antoine en faisant les frais, une fois bien entendu la menace Brutus/Cicéron/Cassius écartée.

Un nouveau choc entre les deux hommes forts de l’Empire semble à terme inévitable et l’Egypte se présente alors comme le cadre idéal pour ce règlement de compte final.

On appréciera toute la finesse de la vie des hautes sphères romaines avec le rôle des puissants intermédiaires comme Timon et Mécène, redoutables intrigants capables d’influencer les décideurs mais aussi de les doubler pour leur intérêt personnel.

La vie reste éprouvante pour Vorenus et Pullo, avec de terribles drames familiaux, la situation de Vorenus demeurant inextricable et le poussant à quitter Rome pour l’Egypte.

On notera également avec intérêt, la montée en puissance de Gaia, maitresse femme aussi belle que déterminée dont on découvre également avec ahurissement les capacités de combattante.

Tout concourt donc pour faire des derniers épisodes une véritable apothéose !

Rome, saison deux, épisodes 7 et 8 (Bruno Heller)
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