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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 17:48
De l'Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas (Michel Bruneau)

Géographe renommé du CNRS auteur de nombreux livres sur l’Asie, Michel Bruneau publie en 2015 « De l’Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas ».

Dans ce volumineux ouvrage, l’auteur débute par une justification des concepts employés pour son analyse dans une région stratégique car représentant un tampon entre l’Europe et le Moyen-Orient.

Est présentée une approche basée sur les influences prédominantes des peuples de la région au travers de leur longue histoire : Grecs, Turcs, Iraniens.

Rapidement se dégagent également plusieurs ethnies clés ballotées voir sacrifiées par ses grandes puissances : Kurdes, Arméniens, Grecs ottomans, Juifs et moins connus les Assyro-Chaldéens.

Dès l’Antiquité, les Grecs furent les premiers a coloniser l’Asie mineure au travers de villes côtières de l’Ionie qu’il défendirent âprement face aux Perses lors des célèbres guerres médiques au V ième siècle avant Jésus Christ.

Unies par des dieux, des coutumes, une littérature et une langue communs, les cités grecques par ailleurs rivales, imposèrent leur culture et hellénisèrent l’Anatolie.

Durant sa conquête (-356 à -323 av JC), Alexandre le Grand exporta le modèle jusqu’au Moyen-Orient en reprenant le modèle des satrapes, ces régions autonomes mais dépendant administrativement d’un pouvoir central à qui elles devaient impôts et fourniture de moyens militaires.

Ses successeurs, les Séleucides en Syrie, Iran et les Attalides en Asie mineure prolongèrent cette organisation qui développa l’implantation de colons grecs en Anatolie.

Même après la fin de l’âge d’or de la Grèce antique et des conquérants macédoniens, l’hellénisme perdura au travers la puissance de l’Empire romain, qui nourrissait à son égard un complexe culturel évident.

Le long déclin de l’empire romain d’Orient, contribua à travers le rayonnement de Byzance devenue capitale des chrétiens orthodoxes grecs à la poursuite de l’influence culturelle et religieuse grecque dans la région.

Cette influence se poursuivit même lorsque Byzance tomba pour passer sous domination des Trucs ottomans, puisque le sultan Mehmet II conféra une grande autonomie au patriarche de l’église grecque orthodoxe.

Après la date clé de 1453, la région passa sous domination des Turcs, peuple multi ethnique duquel émergea les Ottomans issus des Oghouz.

Peuple de nomades continentaux soudés par la religion islamique importée de Perse par les Seldjoukides, les Turcs chassés de leur territoire par les invasions des Mongols, prennent le dessus sur un empire byzantin à bout de souffle et conquièrent toute l’Anatolie entre le XIII et le XV ième siècle.
Au XVI ième siècle après JC, les sultans font de la Turquie le pole dominant de l’Islam sunnite en soumettant les puissances arabes à Bagdad, Damas et au Caire.

L’empire byzantin est alors absorbé dans un processus de turcisation visant à imposer la langue turque et la religion islamique aux populations.

Impossible de ne pas parler de l’influence iranienne, immense au titre du peuple Perse, dont les empires achéménide puis sassanide puissamment structurés, laissèrent une culture et des structures pérennes qu’aucune autre domination ni grecque, romaine, turque ou arabe ne put faire disparaitre.

Islamisés par la conquête arabe, les Iraniens adoptèrent cependant via Chah Ismail en 1502 le chiisme comme religion d’état contrairement à l’écrasante majorité des autres pays musulmans.

Après une période de réformes sous influences des puissances occidentales russes et anglaises au XX ième siècle, l’Iran réopèra un virage nationaliste et islamique avec l’arrivée de l’ayatollah Khomeini au pouvoir en 1979.

Aujourd’hui l’Iran continue de peser sur l’Asie mineure par le lien avec les populations chiites azéri ou plus complexes alévis peuplant la Turquie.

Derrière les trois premières puissances ayant contribué à modeler l’Asie mineure, Bruneau choisit ensuite de parler de deux autres peuples incontournables de la zone : les Arméniens et les Kurdes.

Présents depuis le VI ième siècle avant JC, les Arméniens ont longtemps revendiqué leur indépendance construite sur un christianisme détaché de toute racine latine et grecque.

Artisans et commerçants, les Arméniens s’implantèrent au fil des siècles en Turquie tout comme en Europe ou Asie.

Ils bénéficièrent de l’aide de la politique expansionniste de la Russie du XIX et XX ième siècle dans le Caucase pour consolider leur territoire mais furent perçus comme une menace intérieure par la Turquie qui entreprit un plan d’éradication concrétisé par le génocide de 1914-1915.

Tout aussi anciens mais encore plus complexes avec leurs ascendances mèdes mystérieuses, les Kurdes se répartissent sur quatre pays : Turquie, Irak, Iran et Syrie.

Hétérogène et divisé en structures tribales, le peuple Kurde représentent néanmoins 20 à 30% de la population turque et une diaspora importante en Europe principalement en Allemagne.

Bien que musulmans sunnites, ils sont en révolte contre l’état turc qui les a également perçu comme une menace à la grande politique d’homogénéisation du territoire.

La grande force de cet ouvrage est ensuite de se focaliser sur les effet de cette politique sobrement intitulée « ingénierie démographique » qui cacha au XX ième siècle, un plan de répression et d’élimination des cadres turcs vis-à-vis des peuples jugés étrangers comme les Grecs et les Arméniens.

Moins connu que le génocide arménien car plus étalé dans le temps entre 1913 et 1923, le traitement dont furent victime les Grecs de Turquie fut pourtant comparable : menaces, enlèvements, assassinats, déportations et assimilations forcées aboutirent au départ d’un nombre considérable de Grecs vers leur patrie d’origine.

La Turquie se vida progressivement de ses influences hellènes principalement présente en Thrace, sur sa cote occidentales, dans ses grandes villes et dans la région du Pont (Mer noire).

Le Comité d’Union et Progrès fut l’organe principal de cette purification ethnique dont le rationalisme morbide fut influencé par l’Allemagne.

La brutalité du nationalisme turc se manifesta à l’égard des Arméniens dont la population fut en l’espace d’un an pratiquement divisée par deux sur le territoire turc et les biens purement spoliés.

Bien entendu, même si ils étaient jugés plus « assimilables » en raison de leur religion musulmanes, les Kurdes furent également victimes de cette même politique et perdirent plus d’un millions et demi des leurs déportés ou exécutés jusqu’en 1950 et créèrent le PKK, dont la branche armé est entrée en lutte contre l’état turc.

Les Juifs auraient pu subir un sort similaires si des pressions internationales notamment de l’Angleterre n’avaient pas donné un coup d’arrêt à ce processus.

Les deux génocides grecs et arméniens, aboutirent à la création de deux grandes diasporas mondiales, à l’entretien d’un devoir de mémoire et à de fortes revendications vis-à-vis de l’état turc qui s’arcboute toujours malgré les preuves révélées au fil du temps sur une attitude négationniste embarrassante.

Des cas particuliers sont ensuite développés : la région du Pont avec la forte influence russe seule capable de bloquer les visées expansionnistes et nationalistes turcs, la Thrace interface avec les peuples des Balkans, notamment les Bulgares, Serbes et Grecs, Istanbul capitale et carrefour économique de l’Asie mineure ainsi que les iles de la mer Égée.

Difficile également de ne pas évoquer le cas des Assyro-Chaldéens, ces chrétiens d’orient persécutés en Asie mineure et au Moyen-orient qui survivent auprès des multiples associations les représentants dans le monde entier.

En conclusion, « De l’Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas » est un livre dense, complexe et passionnant permettant de mieux comprendre à travers l’histoire et la géographie les principaux enjeux d’une région clé entre l’Europe et le Moyen-Orient.

Aujourd’hui toujours sous les feux de l’actualité en raison de la guerre contre Daesh, l’Asie mineure a été le siège de multiples luttes d’influences entre Grecs, Perses puis Romains d’Orient avant de céder la place aux Turcs dont la politique de purification ethnique et religieuse au XX ième siècle demeure à mes yeux trop méconnue du grand public.

Incroyable en effet de prendre conscience de la violence des méthodes d’éradication vis-à-vis des minorités grecques, arméniennes et kurdes de son territoire.

Le regard porté sur la Turquie, qui prétend depuis plusieurs années rentrer dans l’Europe en étant une zone tampon entre le Moyen-Orient islamiste et l’Occident laïc, ne peut qu’être altéré quand on prend conscience de la barbarie scientifique des procédés employés accompagnée d’un négationnisme prononcé.

Dans le monde troublé et mouvant dans lequel nous vivons actuellement, je ne peux que recommander la lecture de cet ouvrage de haute volée, précis, documenté et analytique dont le seul défaut est sans doute une certaine redondance dans le propos qui en alourdit parfois la lecture.

De l'Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas (Michel Bruneau)
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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 15:10
Contes et légendes du Jura (Gérard Chappez)

A l'honneur le patrimoine français et tout particulièrement de la région dont est originaire ma famille avec « Contes et légendes du Jura » de Gérard Chappez.

Sorti en 2008, ce court ouvrage recense les principales histoires imaginaires autour de cette région boisée et montagneuse finalement assez peu connue du grand public.

Difficile de ne pas parler du Jura et de la légende de la Vouivre, cette créature prenant les traits d’une jolie jeune femme pour se baigner nue dans les étangs, quitte à attiser la convoitise sexuelle mais aussi financière en raison du gros rubis réputé magique qu’elle portait à son front.

Malheureusement la belle se trouve protégée par une garde rapprochée de serpents qui massacrent invariablement tous les intrépides se risquant à l’approcher pour la voler.

Moins connue est relatée une rencontre improbable entre la Vouivre en version monstre ailé et fourchu et le géant Gargantua qui assoiffé avait asséché un de ses cours d’eau, le Drouvenant.

La ou plutôt les vouivres des étangs et lacs sont très présentes dans l’imaginaire jurassien avec le dépôt durant l’hiver 1853 d’un enfant difforme réputée fils de vouivre par deux gentilshommes dans un village reculé de Perseux avec une volonté de s’en débarrasser discrètement contre rétribution auprès d’une paysanne.

La religion chrétienne a également donné naissance à bon nombre de légendes, avec des interventions de diables à qui l’on attribuent entre autres la création du sapin, bien qu’une autre version plus positive existe en rapport à la fête de la Noël.

La région du Val d’amour regorge aussi d’histoires, tel Philippe ce ménestrel épris d’une fille de noble Alicette Rainfroi se noyant dans le lac de Chamblay au cours d’une expédition nocturne ou l’indomptable cheval fantastique de Chauvin qui noyait ses cavaliers.

Plus étrange est l’improbable histoire de Jeanne Lanternier, la fille modeste pignard parti faire fortune en Algérie en 1830, revenue mariée à un sultan marocain après de rocambolesques aventures dignes des mille et une nuits.

Sans surprise, un loup affamé est la cible de fable du Val d’amour et subit bien des persécutions avant de se voir refuser la porte du paradis.

La naissance des lacs du Jura donnent lieu à des histoires de châtiments de nobles opprimant leur peuple (lac du Chalain), de populations hostiles aux mendiants (lac de Narlay) ou de simples catastrophes annoncées (lac du Vernois).

Le lac de Bonlieu est quand à lui associé à la romantique Blandine fille du comte de Chalain à l’aventurier du XVII ième siècle Jean de Watteville ainsi qu’au cheval fantastique Pégase de Foncine.

Outre les vouivres, le bestiaire jurassien évoque les dames blanches des rivières montagneuses, les dames vertes des étangs et prairies ou les petites créatures des bois : fouletots, djinns et follets réputées jouer des tours aux humains.

Impossible de ne pas parler de Cadet Roussel, cet huissier orgeletain à la vie tumultueuse qui au XVIII ième siècle fit l’objet de railleries mises en chanson par ses adversaires pour se moquer de son zèle révolutionnaire, qu’il paya par quelques années de prison et une renommée posthume dont il se serait sans doute bien passée.

Autre personnage historique, Claude Prost dit Lacuson fait l’objet d’un véritable culte dans le Jura pour son courage, son adresse et sa résistance acharnée à l’envahisseur « français » durant la guerre de Dix ans au XVII ième siècle.

La bêtise est châtiée avec l’histoire ridicule de deux amis ivrognes Honoré et Felix refusés du Paradis pour leurs mensonge puis de manière plus cynique par l’arrestation pour meurtre de trois paysans lourdauds s’étant aventurés sans parler un mot de français à une foire de Saint Claude.

L’horreur frappe avec la cruauté du sort réservée aux demoiselles d’Oliferne, jetées u XIV ième siècle dans des tonneaux garnis d’épines pour punir la résistance de leur père à un tyran local Thiébaud de Chaffour qui ne l’emporta pas du reste au paradis.

On termine plus positivement par une histoire d’amour heureuse au Val de Bienne entre un jeune chevalier Edmond de Jeurre et Huguette fille du Comte de Condes, même si dans ce domaine rien n’égale le romantisme absolu de l’histoire de la fée du Val de Sorne, Pétronille amoureuse d’Aymon, un chevalier mort en Croisades sans avoir pu la rejoindre et dont le souvenir la hantera à jamais.

En conclusion, ouvrage sans prétention écrit par un couple de passionnés de leur région, « Contes et légendes du Jura » atteint son but et narre de belles histoires ou se mélangent légendes chrétiennes, récits campagnards et personnages historiques sublimés par les rumeurs populaires.

Avec ses forets profondes, ses multiples lacs et ses montagnes, le Jura se prête il est vrai à merveille à ce types de récits mystérieux et se montre un parfait terrain pour les faire croitre…

Je ne peux que recommander pour les petits et les plus grands ce bel ouvrage parlant d’animaux magiques, fées, chevaliers, princesses et aventuriers de tout poil peuplant le folklore de nos belles campagne ! Car lorsque le rêve ne sera plus…

Contes et légendes du Jura (Gérard Chappez)
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 11:49
Mémoires de nos pères (Clint Eastwood)

Retour à plus de classicisme avec « Mémoires de nos pères » de Clint Eastwood.

Sorti en 2006 d‘après un livre de James Bradley et Ron Powers, « Mémoires de nos pères » évoque la première partie de la bataille d’Iwo Jima ou en 1944, les soldats américains luttèrent durement pour prendre cette ile stratégique défendue jusqu’à la mort par les Japonais.

Le réalisateur suit à travers diverses temporalités, l’événement largement médiatisé de l’érection d’un drapeau américain sur le mont Suribachi, au sommet de l’ile, sensé représenté le symbole de l’héroïsme victorieux des Marines.

On suit les trois soldats qui entrerons à la postérité, l’infirmier John Bradley (Ryan Philippe), René Gagnon (Jesse Badford) et l’indien Ira Hayes (Adam Beach) dans leur préparation sommaire puis au cours de l’assaut contre l’ile après un bombardement réduit de l’aviation et de la marine.

Les soldats japonais enterrés pour échapper aux bombardements, attendent en effet de pied fermes les Américains et les cueillent à leur arrivée sur l’ile, déchainant, mitrailleuses et canons embusqués contre eux.

Les pertes sont énormes et les hommes à découvert fauchés brutalement.

Mais sous l’impulsion de sous officiers valeureux comme Mike Strank (Barry Pepper), les Marines continuent d’affluer délogeant leurs ennemis au lance flammes et certaines fois au corps à corps dans leurs trous.

Ils découvrent la détermination des Japonais, qui préfèrent se suicider à la grenade plutôt que de subir le déshonneur d’une capture.

En parallèle de la violence d’un assaut de la Seconde guerre mondiale, Eastwood présente le retour des trois héros aux Etats-Unis, devenus des symboles américains en raison de l’épisode du drapeau.

Mais en réalité, aucun d’entre eux n’a planté le fameux drapeau original et les hommes photographiés sont en réalité tous morts peu après.

La photo trouble certaines familles de disparus comme les Hansen, qui identifie leur fils Hank (Paul Walker) présenté à tort comme Harlon Block (Benjamin Walker).

Soumis à la pression des généraux et des politiques, les trois héros se prêtent à des opérations de propagande visant à récolter des fons pour poursuivre la guerre.

Ira vit très mal cette situation et se sentant comme un imposteur, se réfugie dans l’alcool provoquant des situations embarrassantes qui oblige les services de communication à le sortir discrètement de la propagande.

Après la fin de la guerre, ils retombent dans l’oubli, Ira finissant dans une vie de misère rongé par l’alcool après avoir voulu parler au père d‘Harlon, tandis que les autres trouveront des petits jobs alimentaires, à l’exception de René qui prospèrera dans une entreprise de pompes funèbres.
Sur son lit de mort, il raconte à son fils ses derniers flash backs d’Iwo Jima, la mort de son ami Iggy (James Bell) tué par les Japonais et une curieuse baignade improvisée après le planté du drapeau.

En conclusion, sans être aussi audacieux et avant gardiste que « Lettres d’Iwo Jima » qui racontera le même évènement vu par les Japonais, « Mémoires de nos pères » est un film brillant, solidement mis en scène dans de grandes scènes de bataille ou la violence, la cruauté et l’injustice des combats ne nous sont pas épargnés.

Eastwood traite efficacement et sobrement son sujet en creusant derrière le mythe américain fabriqué de toutes pièces pour chercher l’humanité de trois jeunes hommes ayant fait de leur mieux pour survivre dans une situation qui les dépassaient.

Un peu trop classique pour être génial « Mémoires de nos pères » reste néanmoins une belle œuvre d'un très grand réalisateur n'ayant pas peur de se frotter à des sujets ambitieux.

Mémoires de nos pères (Clint Eastwood)
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 22:20
Histoire du mal de vivre, de la mélancolie à la dépression (Georges Minois)

Poursuite de la thématique autour de la dépression avec « Histoire du mal de vivre, de la mélancolie à la dépression » de l’historien Georges Minois.

Sorti en 2003, ce monumental ouvrage retrace comme son nom l’indique toute l’histoire chronologique de cette maladie complexe, effrayante et souvent incomprise.

Dans ce domaine les premières sources nous viennent comme souvent de l’Antiquité ou les grands penseurs Mésopotamiens, Égyptiens ou Grecs avaient déjà cerné ce problème vieux comme l’humanité.

Certains textes de l’Ancien testament comme le livre de Job, l’Évangile de Saint Thomas ou de l’Ecclésiaste de Qohelet, abordent également de manière troublante la question du mal de vivre au point de devenir embarrassants plus tard pour l’Église.

Certains philosophes grecs sont également connus pour leur pessimisme comme l’école cynique ou sceptique, franges dures du stoïcisme mais Aristote laissera une impression durable en la matière en associant la mélancolie avec le génie intellectuel faisant les grands hommes.

D’un point de vue médical, Hippocrate créera la première théorie organiste du genre, en associant mal être et excès d’une substance imaginaire appelée bile noire.

Ceci sera complétée par une vision astrologique faisant de l’influence de la planète Saturne, la cause principale de ce comportement triste, brillant et parfois dangereux de certains hommes d’exception.

Les Romains Lucrèce et Sénèque apportent leurs pierre à l’édifice dans une Rome en proie aux guerres civiles en parlant de « fatigue de vivre », allant jusqu’à apporter par leurs fins de vie tragique une légitimation du suicide.

Un tournant important s’opère au Moyen-âge, ou l’influence du Christianisme assimile l’acédie à une possession du Diable.

Le phénomène frappe d’abord les ermites opérant de longues retraites dans le désert égyptien ou dans des monastères, ou la solitude, la monotonie austère, la privation de liens sociaux et d’activités rend fou.

Face à ses récits, l’Église réagit par la fermeté, condamnant les malades trop faibles pour résister à l’appel du Démon, mais se montrant aussi parfois contradictoire en prônant pour guérir une vie pratique à l’opposée des pratiques monastiques.

Mais l’influence de l’Église va pousser à condamner et diaboliser les dépressifs, avec notamment des positions de plus en plus fermes à l’égard des suicidés condamnés à la damnation et interdits d’enterrement chrétien.

A la fin du Moyen-âge (XIV et XV ième siècle), les calamités qui s’abattent sur l’Europe (Guerre de cent ans et épidémies de peste) ainsi que le schisme de la chrétienté, aboutissent à un regain bien compréhensible du mal de vivre, qu’expriment les écrits de poètes comme Pétrarque ou de nobles lettrés.

Plus tard, la Renaissance qui favorisera les progrès scientifiques, les arts et la libre pensée, aboutira à une revalorisation de la condition du mélancolique.

Le paradoxe est que plus l’homme devient intelligent, plus il s’aperçoit de la petitesse de sa condition de mortel et plus il en souffre.

Mais certains artistes trouvent en cette souffrance la force d’alimenter leur génie créatif.

Les peintres (Michel-Ange, Durer, Bosch, Bruegel) ou ceux des Vanités n’hésitent pas à aborder le sujet dans des œuvres aujourd’hui devenu célèbres par leur profond pessimisme.

Du coté de la littérature, si Shakespeare reste le maitre incontesté des interrogations existentialistes, les langues se délient également, que ce soient auprès l’Italien Marsile Ficin, de l’Allemand Cornelius Agrippa ou de l’Anglais Robert Burton qui publie un colossal ouvrage « Mélancolie » largement inspiré de sa propre vie d’artiste mélancolique frustré et malheureux.

En réalité, chaque esprit un tant soit peu éclairé traite d’une manière ou d’une autre du sujet, Saint Simon dans ses « Mémoires » cruelles pour les gens de cour, vivant dans un monde d’apparences et de rivalités ou le stresse conduit à la dépression ou les grands philosophes comme Montaigne, Diderot, Pascal, Voltaire ou Malebranche.

L’époque dite des Lumières met aussi en évidence que le mal de vivre ne touche pas que les intellectuels coupables d’oisiveté et de trop penser, mais également les hommes de conditions modestes qui alimentent les statistiques des suicidés.

Le romantisme italien (Leopardi), français (De Musset, Châteaubriand, Verlaine, de Nerval) et anglais (Shelley, Keats, Byron) du XVIII ième siècle notamment autour du personnage de Werther créer par Goethe, va conduire à une érotisation gothique du mal de vivre.

Portée par des artistes aussi talentueux, la contagion gagne des jeunes cœurs rapidement lassés de l’existence.

Le mouvement d’industrialisation massif du XIX ième siècle crée son lot de stress et produit de véritables génies nihilistes comme Kierkegaard, Dostoïevski, Nietzsche et Maupassant dont les œuvres radicales et sombres sont connues pour leur pessimisme.

Si l’horreur des guerres mondiales de la première moitié XX ième siècle masquera provisoirement cette tendance en activant une puissante pulsion de vie chez les belligérants, le stress post traumatique de ces conflits conduira certains artistes au désespoir comme Stefan Zweig ou Primo Levi, auquel répondra le profond mal être de Sartre et Cioran.

Les avancées de la médecine avec l’invention de la psychanalyse de Freud et Lacan auront certes un profond impact sur la prise en compte des maladies mentales mais aboutiront à la prise de conscience de l’ampleur de ce mal du siècle, inondant par son flot de malades des médecins dépassés ayant de plus en plus recours à une stratégie médicamenteuse.

Le paradoxe est que notre société centrée sur la liberté, la consommation, la performance, la jeunesse, la beauté, la suractivité, le festif et l’inutile, comme sources de bonheur à tout prix, produit un nombre endémique de dépressifs incapables d’adhérer à ses valeurs artificielles.

Privés de cadre spirituel, étatique ou parental, les hommes évoluent sans repère face à eux même et se noient parfois dans une sourde angoisse indescriptible qui les dévore de l’intérieur, ou les faits basculer dans des courants radicaux (sectes ou religions intégristes).

En conclusion, « Histoire du mal de vivre, de la mélancolie à la dépression » n’est pas un ouvrage de nature enjouée mais une compilation monumentale soigneusement analysée qui montre de manière claire que le mal de vivre ou « dépression » a toujours fait partie de la nature profonde de l’homme en tant qu’animal pensant.

Le mal a certes revêtu plusieurs formes suivant les époques, étant farouchement réprimé durant les longs siècles du Moyen-Age dominés par le Christianisme alors que l’Antiquité se montrait comme souvent plus éclairée sur la question.

Aujourd’hui associée à une faiblesse incompatible avec nos idéaux de « gagneurs » faisant du dépressif un pestiféré social qu’on prétend guérir à grand coups de médicaments faisant la joie des grandes industries pharmaceutiques, la mélancolie était pourtant associée à la Renaissance et dans l’Antiquité au génie créatif et recouvrait de fait une dimension plus positive.

Romantique ou nihiliste, la mélancolie est une tendance naturelle de l’homme qu’il serait stupide de vouloir nier ou combattre à tout prix.

Mais si l’état de bonheur permanent est une absurdité, celui de malheur permanent l’est tout autant.

Incapable de comprendre le pourquoi de sa présence sur Terre, soumis aux aléas de sa fragile constitution de mortel face à des forces divines ou naturelles qui surpassent infiniment ses capacités, l’homme n’a pas pour moi d’autre solution que de mener sa vie avec un sens profond de l’éthique (au sens morale du terme) et de ses responsabilités vis-à-vis de son environnement humain ou naturel, en assumant de subir des échecs, des souffrances comme processus naturels de sa construction physique, psychique et spirituelle…

Histoire du mal de vivre, de la mélancolie à la dépression (Georges Minois)
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 21:59
Nord et Sud, saison 3, épisode 3 (Larry Peerce)

Voici donc venu le moment de terminer la saga « Nord et Sud, saison 3, épisode 3 » de Larry Peerce et finir de rendre cet hommage à une série que je regardais durant mon enfance avec ma grand-mère décédée en début d’année 2015.

Toutes les chroniques de « Nord et Sud » de ce blog lui sont donc dédiées avec grand plaisir.

Dans le dernier épisode, George Hazard (James Read) décide d’entrer en action pour secourir Madeleine et fait preuve d’une efficacité redoutable.

Tout d’abord il fait pression sur son frère Stanley (Jonathan Frakes) devenu un politicien en vue en Pennsylvanie, pour que sa femme vénale Isabel (Deborah Rush) lui restitue pour rien ses parts dans la société de mines de phosphate dans laquelle elle a investi.

Redevenu l’actionnaire majoritaire, George descend à Mont Royal reprendre le contrôle de la mine à Cooper Main (Richard Wagner) qui conserve néanmoins l’hypothèque du terrain.

Son charisme et son argent mettent également en difficulté Gettys Lamotte (Cliff de Young) et ses hommes, qui sabotaient l’exploitation de Madeleine (Lesley Ann Down) pour la pousser à la ruine.

George met fin aux contrats étranglant les Noirs illettrés et leur assure des conditions de travail équivalentes à celles des Blancs.

La situation se rétablit alors, permettant à George et Madeleine de devenir amants.

Mais lorsque George apprend que Elkanah Bent (Philip Casnoff) a été repéré dans le Sud après avoir enlevé Gus (Cameron Finley) le fils de Charles Main (Kyle Chandler), il décide de se rendre à sa recherche en compagnie du caporal Magee (Steve Harris), trouvant un ex éclaireur en piteux état après finalement sauvé la vie de son ennemi indien Cicatrice (Gregory Zaragoza) incapable pour cause de blessure de se défendre en combat singulier.

Charles se ressaisit pour sauver la vie de son fils et les trois hommes se lancent à la recherche de Bent qui souhaite les attirer dans un guet append en plein territoire indien.

Impitoyable, Bent tue un aubergiste pour prendre sa place et attendre de pied ferme ses ennemis pour un ultime face à face.

Le trio est aidé par Cicatrice qui les aide à localiser Bent et propose son aide, gracieusement refusée par Charles, devenu ami du fier Indien après leur combat.

A l’aide d’une ruse de Magee, ils approchent de Bent suffisamment pour sauver Gus et neutraliser le tueur, qui finit pendu, non sans avoir encore proféré d’inintelligibles rêves de grandeur militaire.

Ashton (Terri Garber) obsédée par prendre le contrôle de Mont Royal, tente une nouvelle manœuvre pour racheter l’hypothèque à Cooper mais son mari, pourtant riche, le fabricant de piano Fenway (Tom Noonan) refuse in extremis de payer pour une ruine.

Lorsqu’Ashton réalise ce nouvel échec, elle reste prostrée et humiliée à genoux devant les restes du beau domaine qu’elle convoitait.

Bent et Ashton écartés, la dernière menace la plus sérieuse reste Gettys qui parvient à convaincre le lâche Cooper d’une action armée du Klux Klux Klan pour faire exploser Mont Royal et éliminer Madeleine qui contre carre depuis trop longtemps leurs plans idéologiques et économiques.

Prévenue par Judith Main (Cathy Lee Crosby) la femme de Cooper qui n‘approuve pas ses engagements violents, Madeleine peut néanmoins organiser la défense de Mont Royal à l’aide des esclaves et prendre au piège les hommes du KKK.

Une intense fusillade éclate alors, aboutissant à la mort des hommes du KKK et à l’enlèvement de Madeleine par Copper et Gettys avant que George aidé de Charles ne la sauve en tuant leurs ennemis dans une rivière.

Au final, Charles retourne vivre avec Willa (Rya Kihlstedt) et Gus, tandis que George reste avec Madeleine à Charleston pour reconstruire Mont Royale ensemble.

En conclusion, « Nord et Sud, saison 3, épisode 3 » clôt en beauté la fin de la série mais laisse néanmoins un gout d’inachevé avec la mort de Bent, celle de Cooper et l’échec d’Ashton…

Sympathique et bien ficelée, notamment avec la lutte des esclaves pour acquérir à un statut de citoyen décent dans le Sud et la montée des groupements extrémistes du Klux Klux Klan, cette saison 3 ne parvient pas toutefois à compenser le relatif manque de charisme des nouveaux acteurs par la beauté des grands espaces américains.

Avec ce relatif échec commercial, l‘adaptation de John Jakes « Nord et Sud » ne se termine donc pas en apothéose mais de manière néanmoins élégante.

J’invite néanmoins les amateurs de grandes et belles fresques historiques à la revoir, notamment pour ces deux premières remarquables saisons et pour aussi un peu de nostalgie sans doute…

Nord et Sud, saison 3, épisode 3 (Larry Peerce)
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 18:21
Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 (Larry Peerce)

C’est seulement en 1994 soit après six longues années que « Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 » voit le jour sous la férule du réalisateur Larry Peerce.

Dans l’épisode 1, la fin de la guerre entraine une période d’instabilité pour les Etats-Unis et tout particulièrement dans le camp des vaincus du Sud qui se doit de changer par force ses mentalités et son modèle économique.

Ayant survécu on ne sait par quel miracle à l’explosion de son dépôt de munitions, Elkanah Bent (Philip Casnoff) ne peut se résoudre à écouter les manœuvres sournoise d’Ashley (Terry Garber) pour récupérer sa part d’héritage des Main et tue dès le début le malheureux Orry Main (Patrick Swayze) dont on devine la silhouette dans une nuit brumeuse.

Ashley qui vient une nouvelle fois de menacer Madeleine (Lesley Ann Down) de révéler ses origines noires, ne supporte pas cet acte et jette son ancien amant du haut d’une cascade.

Comme on pouvait s’y attendre, ceci n’est pas suffisant pour tuer l’ex capitaine qui survit et se fait embaucher au culot dans un poste de transmission tandis qu’Ashley livrée à elle-même sans la protection d’hommes puissants, est contrainte de se prostituer dans un bordel minable de Santa Fé.

Après la mort d’Orry, la vie demeure extrêmement difficile pour Madeleine qui tente contre vents et marées de faire revivre la prospérité de Mont Royal à l’aide d’une poignée d’esclaves affranchis dont Isaac (Stan Shaw) et Jane (Sharon Washington).

Sous la coupe d’une hypothèque possédée par Cooper Main (Robert Wagner) le frère ainé d‘Orry, Madeleine sait qu’elle n’a pas le droit à l’erreur mais reçoit l’aide inattendu de George Hazard (James Read), l’éternel ami de son mari, qui accepte d’investir massivement à l’aide de ses puissantes machines à vapeur pour aider le domaine à redévelopper son activité.

Malheureusement les positions très libérales de Madeleine à l’encontre de ses anciens esclaves gênent Gettys LaMotte (Cliff de Young) le leader du mouvement naissant du Klux Klux Klan, qui n’accepte pas la libération des esclaves et prône une lutte armée clandestine.

Chassée de l’église officielle sous la pression du KKK, Madeleine doit se rabattre une église construite par les Noirs sur son domaine.

Cooper qui tente un moment de la protéger, finit lui aussi par rejoindre le KKK par intérêt et participe à une action violente à son encontre aboutissant à l’incendie de l’église.

Du coté des nouveaux personnages, Charles Main (Kyle Chandler) promu Sergent, connait l’amour avec une jeune actrice Willa Parker (Rya Kihlstedt) mais poursuivi par la vindicte de Venable (Keith Szarabajka) un Capitaine revanchard, est sauvé in extremis d’un guet append mortel par l’intervention d’un marchand itinérant Adolphe Jackson (Rip Torn) et Jim (Chris Burke) un jeune handicapé.
Charles est pris comme associé par le truculent Jackson et le trio improvisé échappe par miracle à une attaque d’un chef indien particulièrement agressif appelé Cicatrice (Gregory Zaragoza) contre l’avis du vieux chef Loup Rampant (Ted Thin Elk) qui tient lui à entretenir des relations cordiales avec le marchand.

De leurs cotés, Ashton et Bent ne sont pas en reste, la première tuant le patron de son bordel après avoir trouvé la protection d’un vendeur de piano Will Fenway (Tom Noonan), le second parvenant à tuer la malheureuse Constance (Wendy Kilbourne) quelques minutes seulement avant le retour de Charles.

Cruel, Bent signe son crime dans le sang…appelant la vengeance de George.

Dans l’épisode 2, Madeleine lutte courageusement pour ne pas céder à la pression des anciens propriétaires terrien du Sud, qui comme Cooper guettent le moindre faux pas pour rétablir leurs privilèges.

Elle a fort à faire puisque Cooper reçoit l’aide d’Isabel Hazard (Deborah Rush), qui s’allie avec lui pour faire signer des contrats largement défavorables aux Noirs visant à les maintenir dans une situation de pauvreté et de dépendance totale face aux riches propriétaires blancs.

Ensemble Cooper et Isabel envisagent d’exploiter une mine de phosphore à Mont Royal et poussent au départ de Madeleine.

De son coté, George, fou de rage après l’enterrement de Constance, charge Jack Quilan (Woody Watson) de gérer son entreprise, jure de poursuivre Bent partout afin de le tuer mais le criminel semble posséder une longueur d’avance sur lui et viser à présent Gus (Cameron Finley) le fils de Charles, qu’il enlève dans la maison du général de brigade Duncan.

Recherché, traqué comme un animal sauvage, Bent semble plus cruel et dangereux que jamais.

Son double féminin, Ashton pousse Fenway à des investissements hasardeux pour développer un nouveau modèle de piano dans l’espoir de redevenir riche et de racheter Mont Royal mais le style tapageur de la vénéneuse brune incommode l’austère marchand qui ne se gène pas pour la rappeler à l’ordre.

Attaqué par des Cheyennes, Charles échappe de peu à la mort et perd ses deux amis Adolphe et Jim.

Il se fait embaucher comme éclaireur dans l’armée dans l’espoir de venger la mort de ses amis en retrouvant Cicatrice l’auteur du massacre.

Dans sa quête Charles sympathise avec Magee (Steve Harris) un soldat noir presditigateur à ses heures perdues et retrouve la jolie Willa solidement établie comme actrice.

Son intervention dans l’attaque d’un convoi par des Indiens lui attire les foudres de Venable qui mène un raid meurtrier sur le camp du pacifique Loup rampant, massacrant femmes et enfants sans hésitation.

Outré, Charles se retient in extremis de tuer le brutal Capitaine et continue sa traque contre Cicatrice.

Dans le Sud, les Noirs s’émancipent de plus en plus, mais Sam perd de sa vie son engagement politique, pendu par les brutes du KKK, malgré l’intervention désespérée de Madeleine.

Également prise à la gorge par le sabotage de ses machines et ses dettes, Madeleine met sa fierté de coté et va trouver George qui accepte une nouvelle fois de lui venir en aide, initiant un mouvement de rapprochement entre les deux veufs.

En conclusion, malgré l‘absence criante de Patrick Swayze liquidé dès les premières minutes, « Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 » parvient à relancer la machine en montrant l’après guerre et la période difficile ou le Sud bien que vaincu, tente de conserver ses privilèges en asphyxiant économiquement les esclaves fraichement affranchis et en développant un inquiétant mouvement illégal, le Klux Klux Klan, qui avec ses hommes cagoulés, sème la terreur parmi les Noirs.

On peut être perturbé par l’absence d’acteurs attachants comme Swayze ou Lewis Smith, trouver que les génies du mal comme Ashton ou Bent peinent à retrouver leur lustre d’antan mais l’arrivée du charismatique Richard Wagner vient apporter un vent de renouveau appréciable pour renforcer cette saison 3 marquée également par la lutte des Noirs pour leur survie économique et les relations complexes avec les dernières tribus indiennes rebelles.

Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 (Larry Peerce)
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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 10:09
Nord et Sud, saison 2, épisodes 5 et 6 (Richard T Effron)

Il était bien évident que j’allais me ruer sur la fin de la série « Nord et Sud, saison 2, épisodes 5 et 6 » de Richard T Effron.

Dans l’épisode 5, Orry (Patrick Swayze) est finalement contacté par la famille Hazard pour venir sauver son ami George (James Read) en danger de mort dans la prison de Libby.

Jouant de son prestige de général, Orry aidé de Charles (Smith) pourtant devenu beaucoup plus dur en raison de la guerre, se rend sur place et tente d’exiger la libération du prisonnier pour subir un interrogatoire.

Mais Turner (Wayne Newton) se méfie et résiste, ce qui aboutit à un dur combat dans lequel le capitaine psychopathe trouve la mort.

Sauvé par son fidèle ami, George peut regagner le Nord ou il doit faire face à une enquête militaire en raison de l’explosion de canons Hazard sur le front.

Comprenant la machination dont il fait l’objet, George aidé de sa fidèle Constance (Wendy Kilbourne), cherche Morgan le vendeur de canons défectueux et après l’avoir malencontreusement tué dans une bagarre de bar, se replie sur son frère Stanley (Jonathan Frakes) et sa femme Isabel (Mary Crosby) dont l’ambition dévorante et l’appât du gain, ont poussé à conclure cet accord démentiel.

Sous la pression de son frère, Stanley avoue tout et promet d’assumer l’entière responsabilité du scandale pour l‘entreprise Hazard, évitant ainsi à George la prison.

De son coté, Elkanah Bent (Philip Casnoff) l’esprit toujours enfiévré de rêves de grandeur politique et militaire, pousse Ashton (Terri Garber) a coucher avec un vieil homme d’affaires afin de gonfler sa provision d’armes et de munitions.

Se voyant en révolutionnaire, il envisage sérieusement de renverser Jefferson Davies (Lloyd Bridges) et d’être le nouveau Napoléon du Sud des Etats-Unis.

Mais ses projets ayant un besoin vital d’argent, le poussent à se rendre à Charleston afin d’obtenir un financement supplémentaire.

Mis sur la trace d’une certaine Madame Picard en réalité Madeleine (Leslie Ann Down), connue pour faire œuvre de charité, Bent cherche à la contacter pour lui extorquer de l’argent.

Fort heureusement, Madeleine soutenue par Rafe Baudeen (Lee Horsley) , flaire le danger et engage à sa place Rose Sinclair (Linda Evans), une actrice pour connaitre les véritables intentions de Bent.

Après un face à face sous tension, Bent comprend la supercherie et traque Madeleine qui s’apprête à le livrer aux autorités du Sud.

Agressée dans un cimetière, Madeleine ne doit la vie sauve qu’à la courageuse intervention de Rafe qui rosse brutalement Bent, le forçant ainsi à le tuer d’un coup de pistolet.

Le fidèle Rafe expire dans les bras de Madeleine après avoir obtenu d’elle une déclaration d’amour.

Informé de la situation par une nouvelle approche beaucoup plus insistante de Bent pour faire de lui son partenaire, James Hunton (Jim Meltzer) décide d’en référer à Davis en personne qui charge le général Main d’arrêter le dangereux révolutionnaire.

L’ultime face à face à lieu dans le dépôt de munition de Bent dans lequel se trouve Ashton.

Orry surgit aux cotés de Hunton, et une lutte à mort s’engage ensuite entre Bent, ivre de haine et son ennemi juré.

Voulant à tout prix sauvé ses munitions, Bent se jette dans le hangar en flamme et périt dans une violente explosion.

Seule reste Ashton, soumise au feu roulant des questions de son mari qui a découvert sa trahison et de Orry qui la presse pour savoir ce qu’elle a fait de Madeleine.

Dans l’épisode 6, la fin du conflit à Petersburg en 1865 libère les soldats des deux camps après la guerre la plus meurtrière du XIX ième siècle.

Le célébrissime général Lee (William Schallert) vient en personne signer l’armistice face à son rival Ulysse Grant (Anthony Zerbe).

Mais Lincoln (Hal Holbrook) ne peut jouir longtemps de son difficile triomphe et est assassiné, faisant ainsi vaciller la fragile paix obtenue par les armes.

Demeuré du coté des vainqueurs, George doit pourtant se rendre une dernière fois pour voir Virgilia (Kristie Alley) condamnée à mort après avoir tué son protecteur Sam Green (David Ogden Stiers), lui annonçant qu’il la laissait tomber pour privilégier sa carrière politique.

Soulagé, Charles part retrouver Augusta dans sa propriété mais découvre que enceinte de lui, elle est décédée après avoir donné naissance à un fils.

Courageusement, Charles décide de prendre l’enfant et de l’élever dans la demeure des Main à Mont Royal.

Il est rejoint peu après par Billy (Parker Stevenson) qui ayant frôlé la mort sur le champs de bataille et sauvé in extremis son jeune ami tambour, provoque la joie de Brett (Genie Francis) qui l’attendait la peur au ventre.

De son coté, Orry secouru par son ami George après une grave blessure au front, ne reste pas inactif et parvient à retrouver Madeleine, lui assurant de tout son amour malgré son passé trouble.

Ensemble, ils décident également de revenir dans le Sud pour y élever leur enfant.

Ils ne savent pas que Mont Royal est devenu la proie de l’ancien contremaitre Salem Jones (Tony Franck) qui a contracté une alliance contre nature avec Cuffey (Forest Withaker) l’esclave affranchi devenu bandit.

Autant par appât du gain que par vengeance personnelle, les deux criminels attaquent avec une bande importante Mont Royal, en l’incendiant.

Malgré la défense acharnée de Charles, Billy et Brett qui manie le fusil avec aplomb, les Main sont submergés par le nombre et ne doivent leur survie qu’à l’arrivée de George et Orry qui aident à tuer Jones et Cuffey.

Malheureusement, Clarissa Gault Main (Jean Simmons) la mère déjà âgée et fatiguée par des années de guerre et de privation, succombe dans la lutte.

Sa mort est une tragédie pour Orry qui l’enterre dans la demeure familiale de Mont Royal, réduite en fumée…

Pourtant malgré la tragédie, George se propose d’investir pour aider son ami à tout reconstruire, insufflant un peu d’espoir…

Détail notable, Séminaris (Erica Gimpbel) et Ezra (Beau Billingslea), obtiennent l’acquisition d’une parcelle du domaine et le droit de s’y établir pour faire fructifier leur couple.

En conclusion, Effron se sublime dans la dernière ligne droite de « Nord et Sud, saison 2, épisodes 5 et 6 ».

Tout concourt en effet à une fin en apothéose, la violence des combats ou les charges meurtrières dans les sous bois sous le feu des canons et de fusils se succèdent, avec de terribles corps à corps fratricides ou des hommes sans doute cousins s’entretuent.

Nos héros ne sont pas épargnés par l’horreur de la situation, connaissant les blessures , des scandales ou la détention dans des conditions plus que critiques.

La figure de Bent émerge encore une fois comme le criminel numéro 1 de la série, avec ses visions délirantes d’un pouvoir sans limite, son utilisation froide des femmes et son appétit vorace pour l’argent.

Après sa mort (supposée ?), on devine avoir perdu un des plus féroces ennemis historique du couple Orry-George.

Mais plus que la violence ou les bas instincts de chacun exacerbés par tout conflit d’envergure, surnage l’aspect positif de la série : les valeurs de l’amour et de l’amitié, s’exprimant au travers de la relation superbe entre les deux amis de Westpoint mais également dans la relation complexe et douloureuse entre Orry et la splendide Madeleine.

Récit épique sur fond de drame historique, grand spectacle, acteurs charismatiques au physique de rêve, tout concourt à faire de cette saison 2 une pure merveille illustrée par la musique de Bill « Rocky » Conti !

Nord et Sud, saison 2, épisodes 5 et 6 (Richard T Effron)
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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 19:01
Nord et Sud, saison 2, épisodes 3 et 4 (Richard T Effron)

La suite de cette passionnante saga historique « Nord et Sud, saison 2, épisodes 3 et 4 » de Richard T Effron.

Dans l’épisode trois, la proclamation de l’émancipation des esclaves par Abraham Lincoln (Hal Halbrook) produit un effet dévastateur dans le Sud, entrainant une série de défection jusque chez les Main comme Cuffey (Forest Whitaker) qui quitte sans regret la plantation.

Même si Sémiramis (Erica Gimpel) et Ezra (Beau Billingslea) décident de rester et aident leurs anciens maitres à cultiver le coton par eux-mêmes en développant un nouveau système d’irrigation, les Main très affaiblis reçoivent la visite de la terrible Ashton (Terri Garber) qui finit par dérouler son impitoyable vengeance à l’égard de Madeleine (Leslie Ann Down) en la menaçant d’un scandale en divulguant les origines de sa mère, prostituée de la Nouvelle Orléans d’origine noire.

Très choquée, Madeleine choisit de quitter Mont royal avec le fils d’Orry pour s’établir à Charleston.

Vivant modestement sous la fausse identité de Madame Picard, elle contacte un oncle notaire et prend la décisions de vendre tous ses biens dont la fortune de son premier mari, Justin Lamotte (David Carradine) dans le but de porter secours aux réfugiés de la guerre.

Elle est assistée dans sa difficile tache rédemptrice par Rafe Baudeen (Lee Horsley), un ex capitaine ayant quitté l’armée à cause de l’horreur de la guerre et qui la courtise activement.

Il est vrai que la guerre a redoublé de violence notamment à Antietam ou Billy (Parker Stevenson) et Charles (Lewis Smith) manquent de se tuer.

Après Gettysburg, l’un des tournants de la guerre avec la défaite du Sud, Billy écœuré par tant de violence, décide de retourner à Mont Royal prendre des nouvelles de Brett (Genie Francis).

Il se heurte à Ashton qui non contente d’avoir déjà nui à Madeleine et Orry (Patrick Swayze) menace de le dénoncer comme déserteur.

La violence devient alors la seule réponse à la dangerosité d’Ashton et le couple est alors contraint de la séquestrer pour permettre à Billy de fuir.

Dans l’épisode 4, George (James Read) est capturé par les Sudistes alors qu’il dirigeait un train de ravitaillement pour les soldats du Nord.

Son grade de général ne lui sert pas à grand-chose dans la prison de Libby ou il doit subir le sadisme du capitaine Turner (Wayne Newton) qui humilie et torture en toute impunité ses prisonniers.

Orry n’ont plus n’est pas épargné par le conflit et blessé à la poitrine est soigné en urgence par Virgilia (Kristie Alley) qui surmontant son antipathie naturelle pour les Sudistes, lui permet de bénéficier des meilleurs traitements et lui donne la possibilité de s’échapper de l’hôpital avant d’être interrogé.

Mais Virgilia connait de sérieux problèmes lorsqu’elle est accusée par sa supérieure Madame Neal (Olivia de Havilland) d’avoir laissé mourir un blessé Sudiste.

Cette altercation est de trop pour Virgilia qui pousse violemment Madame Neal et se trouve sous le coup d’une inculpation pour meurtre.

Elle n’a d’autre choix à présent que de se tourner vers Sam Green (David Odgen Stiers) et de céder enfin à son désir en échange d’une protection difficile à assurer.

Du coté plus positif, Charles retrouve enfin Augusta (Kate Mc Neil) et après l’avoir sauvée d’un viol devient son amant.

En conclusion, « Nord et Sud, saison 2, épisodes 3 et 4 » continue de tenir en haleine avec une multitude de revirements passionnants alors que le conflit atteint des sommets de violence.

Au milieu de sanglantes batailles, les personnages s’endurcissent pour survivre mais le couple terrible Bent-Ashton continue de distiller son venin, touchant de plein fouet Madeleine contrainte à l’exil sous peine de voir son douloureux passé exhumé.

George et Orry souffrent chacun le martyr, le premier torturé par un capitaine sadique dans une prison insalubre et le second frôlant la mort avant d’être secouru par l’instable Virgilia, qui s’enfonce davantage dans la clandestinité après de violentes altercations avec sa supérieure.

Dans l’ombre, Green qui a tissé sa toile, se jette à présent sur sa proie…

Nord et Sud, saison 2, épisodes 3 et 4 (Richard T Effron)
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 20:40
Nord et Sud, saison 2, épisodes 1 et 2 (Richard T Effron)

On retrouve la série crée par Richard T Effron en 1986 « Nord et Sud, saison 2, épisodes 1 et 2 ».

Dans l’épisode un, chacun des deux camps s’organise après l’attaque de Fort Sumter, et les deux amis Orry (Patrick Swayze) et George ( James Read) se trouvent en vertu de leur statut d’officiers de Wespoint chacun affectés à des hauts postes de commandement, l’un auprès du président des Etats Confédérés, Jefferson Davies (Lloyd Bridges) à Richmond, l’autre auprès d’Abraham Lincoln (Hal Halbrook) en personne à Washington.

Revenant en Caroline du Sud, Charles (Lewis Smith) secourt une jeune femme en détresse Augusta Barclay (Kate Mc Neil) attaquée par des soldats Yankees en Virginie.

Le contact passe plutôt bien avec la jolie veuve qui se dévoue pour soigner les soldats blessés mais Charles doit quitter à regret son domaine ou elle vit seule avec deux esclaves.

Du coté du Sud, la terrible Ashton (Terri Garber) se désole des gaffes de son mari, James Hunton (Jim Metzler) qui ose contredire Davies en public, signant par là-meme la fin des ses hautes ambitions.

Mais la diablesse ne manque pas de culot et se rétablit immédiatement en sautant sur l’occasion de rencontrer Elkanah Bent (Philip Casnoff) qui traite au Nord, se heurte au refus de Hunton pour réaliser du marché noir en vendant des marchandises de luxe à travers le blocus maritime du Nord.

Entre les deux démons, le contact passe à merveille et Ashton s’empresse de coucher avec Bent, dont l’ambition démesurée va de paire avec son absence de scrupules.

Troisième personnage terrifiant de la série, Justin (David Carradine) rejoint l’armée Confédérée, met sur pied une petite compagnie privée et s’empresse d’aller chercher sa femme Madeleine (Lesley Ann Down) en l’enlevant par la force dans une demeure désertée par Orry et Charles.

Vicieux, Justin incendie une grange à coton pour couvrir sa fuite et sous des airs d’apaisement, séquestre Madeleine, pour le moment contrainte à obéir.

Au Nord, la fanatique Virgilia (Kristie Alley) se fait recaler pour entrer comme infirmière en raison de ses antécédents psychiatriques et de son gout malsain de la violence supérieure à sa volonté de soigner les blessées.

Mais tout en refusant de se donner à lui, elle fait appel au député Sam Green (David Ogden Stiers) qui bien que trouvant le temps long, accepte de faire une lettre de recommandation en sa faveur.

A Bull Run en 1961, George et Constance (Wendy Kilbourne) prennent avec la déroute des Yankees la mesure de l’épouvantable bain de sang que la guerre va provoquer avec les charges meurtrières sous la mitraille et la canonnade.


Dans l’épisode 2, Orry finalement alerté de la situation dans sa plantation de Charleston, obtient une permission pour revenir régler ses problèmes.

Il ne fait pas dans la demi mesure, fonçant directement chez Justin et le tuant après une lutte féroce en le jetant d’une fenêtre.

Libérée, Madeleine accepte de l’épouser finalement.

Après avoir exprimé sa crainte pour Billy (Parker Stevenson), sélectionné parmi les tireurs d’élite du Nord, Brett (Genie Francis) revient également à Charleston mais après que sa carriole soit immobilisée dans un ruisseau, voit Sémiramis (Erica Gimpel) son esclave favorite agressée et enlevée par deux soldats Yankees.

N’écoutant que son courage, Brett (Genie Françis) déguisée en soldat Yankee pénètre dans le camp et enlève Sémiramis pour la sauver des griffes des soldats.

Chargé d’une mission de la plus haute importance par Davies, Orry doit démasquer un réseau de contrebandiers du Sud et oriente ses soupçons sur Bent, en association avec la terrible Ashton.

Lors de sa remontée vers le Nord, Orry est pris en chasse par des soldats nordistes mais sauvé par son ami George, qui éloigne la patrouille.

Les deux amis se retrouvent autour d’un feu de camp, mais divergent sur les responsabilités des deux camps dans la déclenchement de la guerre.

Après avoir quitté George, Orry accomplit sa mission et détruit la marchandise de Bent, ce qui entraine la destruction de ses autres navires par la Marine du Nord et l’anéantissement de son lucratif réseau.

Ivre de rage, il se jure de se venger d’Orry, mais Ashton le conseille pour le faire souffrir lentement en révélant le passé honteux de Madeleine, fille de prostituée aux racines nègres.

Le couple ignore qu’Orry dispose d’une aide inattendue en la personne de Burdetta Halloran (Morgan Faichild) l’ex maitresse de Bent, rendue folle par sa trahison avec Ashton et disposée à lui fournir toutes les informations pour se venger de son amant.

Du coté des personnages secondaires, Virgillia obtient finalement son affectation comme infirmière au front par l’appui de Greene, qui la menace en retour d’exiger plus d’elle la prochaine fois, Charles poursuivi et blessé par une patrouille nordiste trouve refuge chez Augusta et s’arrache à grand peine à son agréable compagnie.

Chez les Hazard, Stanley (Jonathan Frakes) et Isabel (Mary Crosby) se lancent dans des affaires troubles en fournissant leurs précieux aciers de Pennsylvanie à un fabricant de canon véreux, Morgan, dans le but de faire d’énormes bénéfices même si les canons explosent lorsque les soldats les utiliseront.

En conclusion, « Nord et Sud, saison 2, épisodes 1 et 2 » tient toutes ses promesses en tenant un rythme soutenu.

Les quelques batailles sont spectaculaires et épiques (Bull run, Manassas) et chaque personnage prend individuellement place dans un conflit historique qui le dépasse.
Justin est finalement (trop) rapidement tué dans un face à face brutal et un peu bâclé avec Orry.

Virgilia continue avec acharnement son combat en jouant un jeu dangereux avec Greene, tandis que Bent et Ashton nouent la plus vénéneuse des alliances.

Par delà les conflits personnels, un aspect intéressant de ses premiers épisodes est la tendance des profiteurs de guerre, que ce soit du coté du Nord (industriels prêts à vendre du matériel défectueux à l’armée) ou contrebandiers du Sud prêts à tout pour briser le blocus maritime.

Les prochains épisodes laissent deviner une lutte à mort entre Orry et Bent avec Ashton en soutien…

Nord et Sud, saison 2, épisodes 1 et 2 (Richard T Effron)
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 20:30
Nord et Sud, saison 1, épisodes 5 et 6 (Richard T Effron)

Fin de la saison un avec « Nord et Sud, saison 1, épisodes 5 et 6 » de Richard T Effron.

Dans l’épisode 5, l’horrible Justin Lamotte (David Carradine) va jusqu’au bout des menaces avec Madeleine (Lesley Ann Down) l’affamant jusqu’à la conduire aux limites de la mort avant de la présenter à un médecin qui abusé diagnostique des troubles psychologiques nécessitant un traitement à base de laudanum, ce qui offre sur un plateau au vicieux mari un moyen de contrôler sa femme en permanence.

La transformation de Madeleine est spectaculaire et elle se mue à présent en femme distante et soumise à son mari sous le regard désespéré d’Orry (Patrick Swayze).

De son coté l’ambitieuse et perverse Ashton (Terri Garber) épouse finalement James Hunton (Jim Metzler) qui se place comme une des figures politiques dominantes du Sud au bord de la Sécession.

Ceci n’entache en rien l’appétit sexuel de la dame et ses idées fixes visant à pousser à assassiner sa sœur Brett (Genie Françis) et son ami Billy (John Stockwell) affecté à Fort Sumter près de Charleston.

Après une nouvelle violente dispute avec Virgilia (Kirstie Alley), plus fanatique que jamais au point d’avoir épousé l’ex esclave Gready (Georg Stanford Brown), le ton monte et l’amitié entre Orry et George (James Read ) est mise à rude épreuve alors que le conflit entre le Nord et le Sud s’embrase à l’approche des élections ou Lincoln (Hal Holbrook), favorable aux thèses abolitionnistes part favori.

Mais Virgilia, qui a rejoint John Brown (Johnny Cash) un leader abolitionniste partisan de la lutte armée contre le Sud, met ses menaces à exécution et bloque le train de retour vers le Sud de Orry et Brett à l’aide de la bande de Brown.

Orry échappe de justesse à une exécution sommaire d’un Gready surexcité par le sentiment de revanche par l’interposition de Priam (David Harris), l’ex esclave épargné lors de sa fuite.

Mais le groupe de Brown se trouve pris par la milice sudiste, Priam et Grady sont tués dans une héroïque mais désespérée lutte contre plus nombreux qu’eux.

Virgilia survit, ravagée par la douleur.

Enfin Bent (Philip Casnoff) un autre démon à l’extrême dangerosité refait surface, obtenant par hasard des informations incroyables dans un bordel, ou il découvre que la mère de Madeleine était une prostituée épousé par le respectable Fabray.

Pour couronner le tout, Bent s’acoquine avec Burdetta Halloran (Morgan Fairchild) dans une relation malsaine ou l’argent se mêle au sexe.

Du coté historique, la Sécession semble inévitable lorsqu’on annonce l’élection de Lincoln comme nouveau président des Etats-Unis.

Dans l’épisode 6, Orry finit après l’intervention de George par accepter l’union entre Brett et Billy non sans redouter les conséquences du conflit militaire entre le Nord et le Sud.

Sachant le temps compté et une réaffectation proche à Washington, Billy profite d’un généreuse permission d’une journée pour épouser rapidement Brett.

Le couple, déjà menacé par des hommes de main recrutés par l’atroce Ashton, se voit à présent traqué par Forbes Lamotte (William Ostrander) et un acolyte envoyé par Justin, fervent sympathisant de la cause sudiste et décidé à éliminer tous les Nordistes qui croisent à proximité.

Mais l’entretien terrible entre les trois hommes est intercepté par Madeleine, qui parvient à secouer l’apathie causée par les drogues pour tenir tête à son mari et à la blesser grièvement à l’œil à l’aide d’un sabre alors que celui-ci se ruait sur lui avec sa férocité habituelle.

Prenant une carriole, Madeline se rue chez Orry pour le prévenir.

Celui envoie à leur secours Charles (Lewis Smith), qui a quitté sa garnison du Texas pour rester fidèle à la défense de la propriété des Main à Charleston.

L’arrivée de Charles sauve le malheureux Billy piégé dans un duel truqué ou Forbes est sur de le tuer au pistolet.

Après une lutte confuse, Forbes est tué par Billy d’un coup de sabre et son acolyte blessé au bras, mis en fuite.

C’est une équipe de forcenés armés jusqu’aux dents qui emmenée par Justin à présent borgne vient exiger la restitution de Madeleine chez les Main.

Mais Justin est reçu lui aussi par les Main surarmés et reçoit de la part d’Orry des menaces de mort si il ose venir sur son domaine chercher Madeleine, qui sauvée reprend gout à la vie avec son amour de toujours.

Prudemment, Justin recule…et Ashton violemment prise à partie par Orry est chassée de la maison en proférant de sombres menaces autour de la future position de leader de son mari.

Enfin le calvaire de Virgilia ne semble plus avoir de fin : après avoir été sortie de l’asile ou on l’avait internée, elle refuse par fierté l’aide d’un politicien du Nord qui voulait en faire sa maitresse et finit par échouer dans la rue.

C’est une femme à l’agonie, échevelée et morte de faim qui toque à la porte des Hazard pour demander refuge.

Seule Constance (Sandra Kilbourne) a assez bon cœur pour l’accueillir malgré l’hostilité de Isabel (Wendy Fulton) et Stanley Hazard (Jonathan Frakes), le frère aigri de la réussite éclatante de George.

Mais cette décision va s’avérer désastreuse pour Orry remonté dans le Nord après un périlleux voyage pour rembourser George de l’argent qu’il avait investi dans sa plantation.

Livré par Virgilia, Orry est menacé de mort par une foule haineuse et ne doit la vie sauve qu’à George qui s’interpose au péril de sa vie pour éviter qu’il ne se fasse lyncher.

Choqués, les deux amis se séparent à la gare, dans un au revoir ayant valeur d’adieux lorsque Fort Stumer est canonné, ce qui déclenche officiellement la guerre de Sécession…

En conclusion, « Nord et Sud, saison 1, épisodes 5 et 6 » s’emballe dans sa dernière ligne droite, ultra condensée et riche en rebondissements.

Du coté des amoureux, tout s’accélère, Madeleine parvenant à briser l’infernale emprise de Justin pour retrouver la protection de son amour Orry tandis que la jeune Brett se lance dans une difficile union avec le Yankee Billy Hazard.

Les personnages maléfiques sont redoutables, jusqu’à en devenir effrayants.

A ce jeu, le brutal, cruel et manipulateur Justin dispute le leadership à l’infernale Ashton, aussi ambitieuse que dépravée, perverse et manipulatrice.

Un peu en retrait en cette fin de saison, Bent se rappelle à notre bon souvenir, en se profilant de manière menaçante comme profiteur de la guerre…

Impossible d’oublier non plus l’inclassable Virgilia, femme engagée corps et âme dans une cause qui la dépasse jusqu’à en devenir dangereusement asociale et fanatique.

Par son extrémisme, Virgilia rappelle de manière déplaisante les fanatiques religieux qui sévissent aujourd’hui…

Enfin, pour haut que tout subsiste l’amitié magnifiques des deux copains de Westpoint, Orry et George sans que l’on sache réellement si elle survivra à la guerre qui vient d’éclater.

Impossible donc de résister à cette formidable saga épique et romanesque qui par la grâce d’acteurs charismatiques et attachants, vous emporte davantage à chaque épisode…

La saison 2 vite ?!

Nord et Sud, saison 1, épisodes 5 et 6 (Richard T Effron)
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