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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 13:46


Le journaliste Serge Bilé écrit des livres traitant des pans méconnus de l’histoire et prenant souvent le contre pied des idées reçus sur les Noirs.

Derrière le titre de son livre « Quand les noirs avaient des esclaves blancs » volontiers accrocheur voir polémique se cachent un travail d’historien sérieux se penchant sur une partie relativement méconnue de l’histoire africaine, celle ou de puissants royaumes africains rivalisaient avec leurs homologues arabes et européens.

L’étude porte principalement sur trois exemples marquant, celui de l’empire du Ghana, celui de l’empire du Mali. et celui de l'empire du Songhay.

Au moyen age, de 750 à 1040,  l’empire du Ghana appelé empire du Wagadou, fut un vaste empire englobant une grande partie de l’Afrique de l’Ouest dont le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie et le Mali.

Fondé par Dinga de l’ethnie animistes des Soninké, ce royaume puissant et riche en or, s’accrut par la conquête et par ses conquêtes s’approvisionna en esclaves noirs mais aussi arabes  berbères, qui étaient considérés comme blancs à l’époque.

En effet le métissage avec les noirs n’ayant pas été encore trop prononcé.

Le royaume du Ghana était très structuré  militairement et politiquement autour de son souverain élevé appelé le Kaya Maga.

Le Kaya Maga était quasiment élevé au range de divinité, il ne parlait que par griots interposées et ne prenait jamais ses repas en public.

Les échanges commerciaux avec les arabes situés par delà le désert était très prolifique et de nombreux « blancs » se trouvaient dans des quartiers de  la ville de Koumbi-Saleh ou ils pouvaient exercer le culte de la religion islamique.

Ce royaume fut renversé les moines soldats Almoravides qui alliés aux tribus berbères, imposèrent le joug de l’Islam au Ghana.

Second empire marquant, l’Empire du Mali s’étendit entre le XIII et le XIV iéme siècle après une lutte entre deux conquérants Soumahoro Kanté et Soundiata Keita.

Soundiata l’emporta et fondit un immense empire avec comme territoire le Mali, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, la Cote d’Ivoire et le Burkina Faso.

Soundiata Keita fut apparemment un monarque éclairé qui instaura une sorte de charte des droits de l’homme « la charte Kouroukan fouga » très progressiste sur le traitements des esclaves, des étrangers et des femmes.

La médecine fit de gros progrès, l’éducation devint obligatoire, même si le socle était l’apprentissage du Coran, les plus brillants étudiants pouvaient aller à l’université apprendre le droit, la théologie, l’astronomie, l’histoire, la géographie ou la rhétorique des philosophes grecs.

Le royaume du Mali devint donc pendant quelques années un pole d’attraction économique, scientifique et culturel d’Afrique.

Les étrangers, marchands ou étudiants étaient les bienvenus.

Kankan Moussa, successeur de Soundiata Keita poursuivit ce travail de tolérance et de progrès économique, scientifique et social.

Le livre fait même allusion à une probable expédition maritime africaine de son pére Mansa Aboubakar II sur l’océan atlantique et même si la présence d’africains sur le continent américain avant Christophe Colomb n’a jamais été encore clairement prouvée elle doit sans doute être du domaine du possible.

Après Kankan Moussa, l’empire du Mali se fissure, et les successeurs corrompus ou incompétents ne sauront pas redresser la barre.

Troisième empire dominant, celui du Songhay émergea au XIV iéme siècle sous le règne de Sonni Ali qui chef de guerre aussi brillant que génial, bien peu porté sur la religion persécuta les oulémas musulmans.

Cet empire immense engloba le Mali, la Mauritanie, le Sénégal, le Niger, le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Sahara algérien.

Ali instaura une bureaucratie efficace pour contrôler son royaume.

Après Ali, Askia Mohamed instaura en 1492 un régime islamique.

Dans ce royaume prospère économiquement, l’esclavage était en vigueur mais fondé essentiellement sur le coté « incroyant » du vaincu sachant qu’un musulman ne pouvait être réduit en esclavage.

La situations des juifs et des chrétiens commença  alors à se gâter sérieusement dans ce royaume.

Après la mort d’Askia Mohamed, les mœurs se relâchèrent et le royaume bascula lentement dans la décadence par des affaires de complots, de corruptions et de débauches.

Le Songhay fut alors conquis par le Maroc et son rayonnement culturel s’éteint peu à peu.

« Quand les noirs avaient des esclaves blancs » est un livre intéressant pour une personne qui comme moi connaît très mal l’histoire de l’Afrique.

Ce livre montre que au Moyen Age, de puissants royaumes africains ont existés, et que ceux ci possédaient un rayonnement économique et culturel importants.

Serge Bilé œuvre quelques peu pour la réhabilitation de l’homme noir, montrant que les Africains ont connus eux aussi des périodes de développement et de conquêtes.

Le seul point de doute demeurant pour moi la découverte de l’Amerique.

La question de l’esclavage me paraît finalement subalterne, car je savais pertinemment que déjà dans l’Antiquité sa pratique était courante, le peuple vaincu quel que soit sa race devant dans le meilleur des cas servir d’esclave au peuple dominant.

Il me paraît donc logique que de royaumes « noirs » puissants militairement aient pu eux aussi utiliser des esclaves blancs au fait de leur gloire cette pratique me paraissant à l’époque assez universelle et basée sur un rapport de vainqueur à vaincu.

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 13:30


J'avais depuis longtemps envie de lire un ouvrage sur Alexandre le Grand, ceci est donc fait avec « Alexandre le Grand » (quelle originalité !) de Jean-Claude Perrier.

Cet ouvrage relativement synthétique retrace succinctement l’épopée de ce jeune homme qui secoua le monde au IV ieme siècle avant Jésus Christ.

Bien entendu ayant vu le film d’Oliver Stone avant d’avoir lu le moindre livre au sujet du grand conquérant, j’ai automatiquement essayé de corréler ce que je lisais avec ce que j’avais vu pour en arriver à la conclusion que le réalisateur n’avait pas trop pris de liberté vis à vis du peu d’histoire connue.

En effet ce qui frappe à la lecture de ce livre c’est que les sources écrites permettant de mieux connaître la vie d’Alexandre sont très floues.

La plupart des écrits de l’époque d’Alexandre ont en effet été perdus, et les écrits sur lesquels on se base proviennent de Plutarque ou Diodore de Sicile qui ont vécu plusieurs siècles après le conquérant !

Relevant cet obstacle éternel, Jean-Claude Perrier opte pour un déroulement chronologique de la vie d’Alexandre.

Alexandre est le fils d’Olympias, femme dominatrice, considérée comme sorcière et de Philippe de Macédoine, roi de Macédoine qui en –338 a étendu sa domination sur la Grèce.

Certaines légendes en font le fils de Zeus, avec qui sa mère l’aurait conçu.

Les Macédoniens longtemps considérés comme des Barbares par les Grecs,  se sont néanmoins hellénisés, parlent le Grec et ont surtout appris les redoutables techniques de combat des phalanges pour les retourner contre leurs créateurs.

Ainsi Philippe a imposé par la force sa domination à toute la Grèce par le traité de Corinthe en -338 même si Sparte la fière n’y adhère pas et  si Athènes cherche en permanence à en briser le joug.

Fils d’un roi, Alexandre a bénéficié d’une haute éducation, puisque outre l’enseignement guerrier de rigueur composé du maniement des armes et de l’art équestre, il a eu comme précepteur le philosophe Aristote, ami de son père, qui lui dispensé son savoir scientifique et littéraire pendant deux ans avant que la vie de conquérant ne l’appelle à d’autres taches moins contemplatives.

De cette éducation, Alexandre gardera un fort goût pour la culture, les arts et restera un passionné de l’Iliade d’Homère,  puisqu’il il s’identifiera au demi dieu Achille.

Philippe développe une politique d’envahissement de la Perse pour reprendre à Darius III les colonies grecques d’Asie mineure annexées par les Perses.

 

Mais Philippe se fait assassiner et son jeune fils, Alexandre ayant montré toute sa valeur leurs de la bataille de Chéronée prend logiquement le pouvoir.

Le jeune homme embarque pour l’Asie mineure et démontre vite d’incroyables qualités de stratège doublées d’une ambition démesurée qui rapidement lui font voir plus grand que la simple reconquête des colonies grecques.

Il va alors commencer une fantastique épopée de conquête, emmenant son armée de 50 000 hommes à travers l’Asie mineure,  Moyen Orient, l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan avant d’arriver jusqu’aux confins du Monde connu, l’Inde.

Mais plus qu’un brillant chef de guerre, Alexandre va se révéler un homme politique visionnaire doublé d’une personnalité complexe.

Alexandre ne veut pas seulement vaincre, il veut unifier le Monde.

Tout au long de son parcours, il n’aura de cesse de respecter et d’intégrer les populations vaincues notamment perses ou hindoues dont il fait des alliés.

Il laisse ainsi le pouvoir aux satrapes ou aux rois lui ayant prêté allégeance et laisse également à chaque fois des soldats et des hommes de confiance sur place pour contrôler la situation.

Alexandre fonde aussi des colonies appelées « Alexandries » pour consolider ses avancées.

Les grandes étapes de la conquête d’Alexandre sont la prise de l’Egypte ou il se fait couronner pharaon, celle de Babylone et ses merveilles, la défaite du roi Darius,  malgré tout immensément respecté puisqu’il ira jusqu’à châtier ses assassins mais également la victoire contre le roi Pôros et ses terrifiants éléphants de combat 

Alexandre amasse une fortune considérable par ses conquêtes au sein de l’immense empire perse ce qui l’aide à entretenir son armée et à recruter des mercenaires pour regarnir ses troupes.

Le point culminant de cette folle aventure est le descente du fleuve Indus jusqu’à sa fin dans l’Océan Indien.

Alexandre, devant faire face à des hommes épuisés, au bord de la mutinerie, doit renoncer à son rêve d’aller jusqu’au Gange pour conquérir toute l’Inde.

Le retour vers l’Ouest sera périlleux …

Le plus intéressant dans ce livre, outre les formidables victoires militaires d’un homme disposant d’une armée pratiquement en permanence en infériorité numérique mais très aguerrie et menée de main de maître, demeure les efforts fait par le conquérant pour tenir la cohésion de ses soldats.

Alexandre qui habilement prône le métissage avec les Perses, qui va jusqu’à s’habiller à l’orientale, ou à épouser la fille de Darius ou Roxane fille d’un roi de Bactriane, doit faire face à de fortes dissensions auprès de ses propres soldats Macédoniens qui ne voient pas d’un très bon œil ce mélange des cultures.

Il doit aussi garder un œil sur ses « hommes de confiance » laissés en route cédant quelques fois à la corruption du pouvoir mais également sur Athènes la fière toujours prompte à se intriguer contre lui.

Devenu mégalomane et paranoïaque à la fin de sa vie, Alexandre aura des réactions d’une rare violence, faisant exécuter des hommes sur de simples accusations ou accès de délire.

Sa mort prématurée à 32 ans, soudaine, après plusieurs banquets à Babylone demeure mystérieuse et sujette à des rumeurs d’empoisonnement.

Le livre  brosse le portrait d’un homme exceptionnel, à la fois habile politicien, cultivé, ouvert aux autres cultures mais aussi chef de guerre charismatique et implacable  n’hésitant pas aller en première ligne quand les circonstances l’exigent.

Mais le plus fascinant dans le périple d’Alexandre demeure les zones d’ombres, ce qui ne sera jamais éclairci, son attachement mystique à son cheval Bucéphale, son amour pour Hepahaiston, sa rencontre avec le philosophe Diogène, l’emplacement de son tombeau jamais retrouvé à Alexandrie …

On peut aussi se demander jusqu’ou serait aller Alexandre si il n’était pas mort prématurément, Europe de l’Ouest, Arabie, Afrique ?

Tout ceci contribuera à jamais aux fantasmes légendaires autour de sa personne.

En conclusion le livre de Jean-Claude Perrier, clair, concis va à l’essentiel et fait passer un excellent moment.

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 11:29


« Cesar Imperator  » est un livre fleuve de Max Gallo retraçant de manière romanesque la vie du plus célèbre empereur romain.

Il est vrai qu’aujourd’hui peu de noms ont fait autant impression au fil des siècles que celui de César, je citerai Napoléon, Hitler ou Alexandre le Grand dans la même catégorie des conquérants mais ne vois guère d’autres équivalents dans l’Histoire.

Mais je dois avouer qu’en dehors des sempiternels clichés autour de César et des Romains je ne connaissais pas très bien le déroulement de sa vie.

Et quelle vie ! Quel destin en effet ! Impossible sans doute de tout traiter dans les 400 et quelques pages du livre.

Gallo s’attèle pourtant à cette tache si dense et si complexe.

Je scinderai la vie de César en deux parties, la première celle des intrigues à Rome ou pas à pas il gravit prudemment les paliers visant à le mettre dans les meilleurs conditions pour accéder à des fonctions chaque fois plus importantes, la seconde ensuite après l’accession au poste de consul et le début de la guerre des Gaules

César, jeune homme issu d’une famille noble mais non de premier plan dans la vie romaine aimait à se dire descendant des familles troyennes et de la déesse Vénus.

Sa mère Aurélia Cotta semble avoir joué un rôle majeur dans le développement de son éducation et de son ambition.

César grandit dans une époque troublée déchirée par la guerre civile entre partisans de Marius (dont sa famille est proche) et ceux de Sylla.

L’objet de ce conflit est d’ordre politique, Marius veut instaurer un système plus égalitaire et favoriser la plèbe tandis que Sylla protége les « optimates » les aristocrates privilégiés.

Quand Sylla l’emporte, le jeune César parvient par les relations de sa famille à échapper aux massacres sanglants.

Il est néanmoins obligé de quitter Rome et s’engage dans l’armée pour aller mater une rébellion sur l’île de Lesbos.

Au cours de ce voyage le bruit court qu’il a eu une liaison homosexuelle passive avec Nicomède IV le roi de Bithynie dont il cherchait l’appui.

Ses adversaires politiques le railleront longtemps sur ce sujet l’appelant la « Reine de Bithynie ».

Pourtant César manifeste déjà de grande dispositions pour le statut de chef.

Capturé par des pirates, il négocie sa remise en liberté contre rançon et revient pour exécuter impitoyablement ses ravisseurs qui pourtant  l’avaient ménagé.

De retour à Rome, César tisse son réseau de relations.

Ayant appris l’art de la rhétorique à Rhodes, il fait de brillants discours pour s’attirer les faveurs de la plèbe.

Il donne également de somptueuses fêtes pour se faire connaître.

César emprunte des sommes colossales auprès de Crassus l’un des hommes les plus riches de Rome, afin d’acheter les élections et devenir successivement tribun, prêteur puis pontifex maximus, titre religieux prestigieux qui lui assure un haut rang social.

Mais César sait que le vrai pouvoir est détenu par celui qui possède le contrôle des armées.

Il parvient grâce à Crassus à se faire élire consul en –59 av JC, charge co-détenue avec Bibulus pendant une année.

Cependant César a de nombreux ennemis.

Ces sont les sénateurs, issus de la noblesse et farouchement accrochés à leurs privilèges.

Caton homme politique et philosophe est son ennemi le plus acharné.

Cicéron, qui soutient la noblesse est aussi un de ses adversaires mais Gallo le présente comme un lâche, peu enclin à l’action.

César se méfie également des ambitions de Crassus, homme ambitieux et dangereux qui a stoppé la révolte de Spartacus et dont il est sous le joug à cause des ses multiples dettes.

Mais le rival le plus en vue de César est Pompée, qui revient d’un succès militaire contre l’Empire Parthe.

L’idée géniale de César est alors de proposer à Crassus et Pompée, un triumvirat pour gouverner à trois et en réalité neutraliser temporairement ces deux plus dangereux rivaux.

Ensuite César cherche la gloire militaire, sans qui à cette époque finalement un homme ne peut prétendre aux plus hautes charges romaines.

Il se fait nommer proconsul en Gaule et reçoit le commandement de quatre légions.

Ainsi commence l’épopée gauloise et guerrière de Jules César.

Le livre oublie donc quelque peu la politique pour se consacrer aux conquêtes militaires de César.

La Gaule paraît un pays extremment divisée en des myriades de tribus.

César compte exploiter ces divisions pour conquérir la Gaule Chevelue située au Nord qui reste insoumise contrairement à la Gaule Narbonnaise et à la Gaule Cisalpine fidèles à Rome.

S’ensuit donc un jeu complexe d’alliance entre les differents peuples.

Au cours de ses voyages en Gaule, César défait une première fois les Germains et en profite pour devenir le premier empereur romain à passer le Rhin, exploit plus symbolique dont il se servira par la suite.

César entreprend de raconter ses mémoires pour créer sa propre légende, les récits de ses victoires donneront naissance à « La guerre des Gaules ».

En face les Gaulois parviennent enfin sous l’impulsion d’un chef charismatique Vercingétorix l’Arverne  à se fédérer.

Vercingétorix, a étudié les tactiques des légions romaines, il est intelligent, courageux et oppose une forte résistance aux Romains.

Le tournant de la guerre se situe à Alésia, date bien connue de tous les écoliers.

Gallo explique fort précisément cette bataille et la manière dont César l’emporte sur la coalition Gauloise pourtant quatre à cinq fois supérieure en nombre aux légions romaines.

La raison semble être tactique, construction de double palissades pour isoler la ville, de piéges à hommes redoutables, et également l’utilisation de troupes de cavalerie germaines qui terrorisent les gaulois par leur réputation d’invincibilité.

Vaincu, Vercingétorix sera capturé puis exhibé à Rome avant d’être exécuté.

Fort intelligemment César n’oublie pas d’envoyer une partie de son butin à Rome ou il finance de nombreuses constructions et reste populaire auprès de la plèbe.

César poursuit inlassablement ses succès militaires, il écrase les derniers feux de la rébellion gauloise, massacre sans pitié ceux qui se sont dressé contre lui et fait intelligemment preuve de clémence envers certains peuples combatifs qu’il compte intégrer plus tard dans ses légions comme auxiliaires.

César soumet également la Bretagne, terre mythique et inaccessible à l’époque.

Il a l’idée d’utiliser un éléphant pour terroriser les peuples insulaires.

Rien ne semble lui résister, il poursuit jusqu’en Egypte qu’il soumet également.

Il fait assassiner le jeune pharaon Ptolémée XIII et vit une idylle avec la jeune reine Cléopâtre.

César est séduit par l’Egypte et surtout impressionné par le rayonnement de la ville d’Alexandrie.

Il est vrai qu’Alexandre le Grand reste son modèle.

Entre temps à Rome, les sénateurs tentent de le destituer, Pompée ayant compris la menace qu’il représente, devient leur bras armé.

César hésite puis revient à Italie, passe le Rubicon (Alea Jacta est ! ) , et décide d'aller se faire Pompée comme on dit dans le milieu du X et se lance dans la guerre contre les légions de Pompée.

La défaite et la mort de celui ci en Thessalie, oblige ses partisans (Caton, Scipion) à se replier en Afrique sous la protection du roi de Numidie.

César les poursuit jusqu’en Afrique et les extermine.

Fatigué, il revient à Rome.

César a pris garde de ne pas exterminer les soldats vaincus et les partisans de Pompée comme son fils adoptif Brutus.

Sa clémence vise à préserver la paix civile entre citoyens romains.

A Rome la plèbe le célèbre comme un Dieu, un fils de Jupiter.

Les fêtes en son honneur se succèdent, le pouvoir du Sénat recule, la république pâlit.

Mais sa trop grande puissance effraie et attise les jalousies.

On le soupçonne de vouloir devenir roi et d’anéantir le république.

La plèbe le soutient mais les sénateurs complotent.

Infatigable César s’apprête à mener une immense campagne militaire pour vaincre enfin le roi des Parthes, puis soumettre la Dacie et la Germanie.

Mais il est assassiné un soir au Sénat, par une conjuration menée par des sénateurs et ou se tient son fils adoptif Brutus.

Cruelle ironie, l’homme qui survécut à d’innombrables batailles contre de féroces armées meurt assassiné par des hommes en toge.

Que retenir d’une telle épopée ? Max Gallo offre une vision captivante d’un des destins les plus extraordinaire qui ait jamais été.

Jules César est présenté comme un homme certes d’une ambition hors norme mais surtout comme un stratège génial, un brillant politicien et un chef de guerre insurpassable.

Sa manière de mener les hommes, d’allier sévérité et clémence, de partager avec eux les dures conditions de voyage, et surtout de ne pas hésiter à monter en première ligne pour mener un assaut lui a assurée une adhésion quasi sans faille de ses troupes.

Bien entendu le fait d’accorder le butin à ses soldats en cas de victoire était également très habile.

Néanmoins César n’apparaît pas réellement comme un être humain.

On ne sait rien de ces sentiments … on le sait aimer s’abandonner à la volupté dans le temps de sa jeunesse ou sous les mains expertes de Cléopâtre mais César apparaît comme une sorte d’homme de fer, à la volonté invincible le menant toujours en avant.

La quête sans fin du pouvoir, la guerre permanente, absolue.

César a il est vrai œuvré pour Rome, accroissant l’empire, renflouant les caisses et bâtissant mais il semble plus avoir agi pour sa gloire personnelle et ne semble pas avoir été un grand législateur ni même un grand penseur.

De ce livre on ressort admiratif devant l’intelligence du chef de guerre invaincu, du fin stratège mais aussi quelques peu écœuré de voir jusqu’ou la quête absolue de pouvoir peut mener un homme.

Trop de pouvoirs concentrés dans un seul homme ne pouvaient pour moi mener qu’à ce type de fin tragique.

Les hommes, quoi qu’on en dise n’aiment pas ceux qui se prétendent des dieux.

Mais Jules César restera sans doute un sujet de discussions (et de fantasmes ) sans fin !

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 20:50


Progression logique : après les guerres médiques je suis passé à « la guerre du Péloponnèse » de Victor Davis Hanson .

En effet si les livres de Steven Pressfield et d’Henri Pigaillem lus précédemment décrivaient la résistance héroïque et quasi mythique des Grecs contre l’ogre perse tentant de les avaler, on pouvait se demander ce qu’il était advenu  par la suite après cet effort colossal.

Et bien le livre très dense d’Hanson apporte une réponse.

Si pour les guerres médiques les écrits d’Hérodote servaient de matière première, pour le Péloponnèse ceux sont les écrits de l’historien Thucydide, témoin oculaire, stratège militaire et humaniste-pessimiste qui feront foi.

La déroute des Perses en –479 a dans un premier temps marqué le début d’une ère de domination de prêt de cinquante ans d’Athènes sur le monde grec.

C’est ce qu’on pourrait appeler le temps des lumières athénien sous l’ère de Périclès.

Les plus belles et complexes constructions architecturales comme le Parthénon sont érigées, Socrate « invente » la philosophie, Eschyle, Euripide, Sophocle et Aristophane écrivent des chefs d’œuvres théâtraux qui traverseront les siècles, il y a donc un foisonnement culturel et technique sans égal à l’époque.

Mais Athènes domine aussi militairement et économiquement de manière écrasante toutes ses rivales par la qualité et la quantité de ses navires.

Ainsi Athènes devient une sorte de super puissance impérialiste cherchant à imposer ses colons et son système démocratique à l’ensemble des autres cités.

Ses grandes rivales de toujours, Thèbes, Corinthe et surtout Sparte se sentent menacées par cette puissance envahissante.

Rapidement en –431 les tensions s’accroissent et une guerre civile grecque éclate entre Athènes et ses colonies d’un coté et une ligue Péloponnésienne dirigée par Sparte de l’autre.

C’est le récit de cette guerre fratricide sanglante qui durera prêt de 30 ans que nous raconte Hanson.

Son livre prend un parti plutôt original, celui de ne pas dérouler les événements de manière chronologique et linéaire mais plutôt par grands thèmes autour du feu, de la maladie, de la terreur ainsi que des techniques militaires utilisées lors de ce conflit.

Au niveau des forces en présence et des différences de stratégies adoptées l’antagonisme est extrêmement marqué.

Tout en effet oppose Sparte et Athènes.

Sparte est une oligarchie inégalitaire avec un pouvoir appartenant à une classe supérieure, c’est une ville terrestre, très militarisée, peu ouverte culturellement et techniquement, avec une marine inexistante, mais une armée terrestre considérée comme invincible et redoutée par le monde entier.

Ses points faibles sont donc son manque de richesses (nécessaires pour mener une guerre longue ) et une immense classe d’esclaves dit « hilotes » voisin grecs asservis par la force et susceptible de se révolter un jour pour faire exploser le système qui les a oppressés depuis si longtemps.

Sparte mise donc tout sur une stratégie d’invasion terrestre massive en forçant les Athéniens à sortir de leur ville pour les battre dans une bataille rangée.

Elle est appuyée en cela par son alliée Thèbes, presque aussi redoutable par ses fantassins, qui est chargée d’ouvrir un deuxième front au Nord de l’Attique de manière à prendre en tenaille Athènes.

De son coté Athènes est une démocratie gouvernée par une assemblée à domination populaire plutôt versatile que Périclès parvient à canaliser par son charisme.

Ses richesses sont énormes, ses colonies nombreuses, notamment dans les îles.

Sa stratégie est de refuser un affrontement terrestre direct avec les Spartiates en se retranchant derrière des hautes murailles fortifiant la ville, tenir le siége, et de lancer des attaques éclairs à l’aide de ses navires pour affaiblir les Péloponnésiens et provoquer des révoltes chez les esclaves des Spartiates en leur proposant un système démocratique plus égalitaire.

En –431 c’est Sparte qui lance la première son invasion terrestre, les Athéniens se retranchent derrière leurs murs tandis que les Spartiates incapables techniquement de prendre la ville d’assaut ravagent les récoltes des paysans les conduisant à se cacher dans la ville.

Mais une faille apparaît dans la stratégie Athénienne, la surpopulation, la chaleur et les conditions d’hygiène dans la ville pendant le siége produisent l’apparition de la peste.

Cette épidémie étalée sur prêt des quatre ans aura des conséquences dramatiques et décimera une partie importante des forces athéniennes.

Périclès lui même en meurt et avec lui Athènes perd son leader spirituel et tactique.

Pourtant au final les Spartiates eux mêmes atteints par la peste et épuisés par ces siéges stériles se retirent également.

Athènes lance alors ses raids navals meurtriers et soumet dans le sang certaines îles comme celle de Mytilène.

De leurs cotés les Péloponnésiens ne sont pas en reste et détruisent aussi les villes refusant de se soumettre comme Platées.

On assiste alors à une escalade de la terreur, les codes de la guerre entre cités grecques volent en éclat, avec l’apparition pour la première fois de massacres de soldats désarmés ou en déroute et même de populations civiles.

Les techniques militaires changent, les batailles « à la loyale » entre phalanges sur un terrain découvert cessent, on voit l’apparition de fantassins légèrement armés destinés à tuer des hoplites isolés  ainsi que d’armes de trait (fronde ou arc ) considérées comme déshonorantes par les Grecs pourtant.

La cavalerie jadis plutôt aristocratique et minoritaire obtient un rôle nouveau.

On voit même l’apparition des premières machines de siéges même si rudimentaires.

Les succès changent alternativement de camps, les Spartiates tentent cinq invasions terrestres sans succès, les Athéniens commandés par Alcibiade général brillant mais peu honorable infligent la première déroute terrestre aux Spartiates à Sphactérie en –425 , certes dans une bataille non rangée, ces derniers prennent leur revanche à Mantinée en –418.

Alcibiade est exilé pour des soupçons d’impiété et rejoint le camps spartiate pour se venger.

Les Spartiates ont compris qu’ils ne battraient jamais les Athéniens si ils ne parvenaient pas à construire une flotte capable de rivaliser avec leurs navires.

Ils s’allient donc avec leurs ennemis de toujours les Perses qui les soutiennent à l’aide des richesses de leur immense empire.

Soutenue financièrement, Sparte se  lance dans de grands programmes navals et recrute des marins étrangers.

De leurs cotés les généraux grecs athéniens comme Nicias ne sont pas au niveau de leurs prédécesseurs et accumulent les erreurs tactiques.

La guerre de Sicile s’étalant de –415 à –413 marque le tournant de la guerre.

Athènes se lance dans l’invasion de cette île gigantesque, démocratique, très peuplée et situées très loin de chez elle.

L’armée, dirigée par des généraux incompétents se heurte aux cavaliers Syracusins et subit de lourdes pertes.

Cette entreprise folle se termine par une déroute massive, l’exécution des généraux et la destruction d’une grosse partie de la flotte Athénienne.

Sparte lance alors de multiples offensives navales pour profiter de son avantage.

L’amiral spartiate Lysandre s’avére un brillant stratège.

Les batailles finales ont lieue dans la mer Egée prêt de la Ionie.

A cours d’hommes les Athéniens enrôlent des esclaves en leur promettant la liberté après la guerre.

En –406 la bataille des Arginuses sera l’une des plus meurtrières de l’Antiquité.

Les Athéniens prennent encore l’avantage sur les Spartiates en mer mais les généraux vainqueurs sont exilés et l’alliance avec la Perse permet aux Spartiates de fournir toujours plus de bateaux.

En –405 Athènes voit sa flotte détruite et capitule l’année suivante.

Mais Sparte ne profitera pas longtemps de son triomphe, s’avérant incapable d’administrer un empire et son alliance avec un allié aussi encombrant que la Perse lui causant des difficultés insurmontables.

En –403 la démocratie fut rétablie à Athènes et un semblant d’équilibre rétabli avec un pouvoir restreint moins impérialiste et envahissant vis à vis de ses voisins.

Le dernier chapitre du livre est de loin le plus intéressant.

Il analyse en effet les  raisons de la défaite athénienne et les conséquences sur le long terme de cette guerre civile.

La Grèce ressortira  en effet affaiblie, traumatisée, avec des blessures difficiles à cicatriser.

La fin de l’age d’or ? Contrairement à l’auteur je le pense car si pendant soixante ans le pays fut stable il fut par la suite définitivement conquis par les Macédoniens Philippe et son fils Alexandre.

On peut donc parler d’inéluctable déclin .. ce qui fait que généralement l’age d’or de la Grèce est situé au Viéme siècle, avant la guerre du Péloponnèse, après c’est autre chose même si finalement les bases posées subsisteront culturellement.

On peut donc penser que les trente années de ce conflit fratricide auront marquées un coup d’arrêt à l’expansion du monde hellène.

Finalement même  les inventeurs de la démocratie et de la philosophie n’ont pas échappés aux écueils des excès de pouvoirs et aux horreurs de la guerre.

Si la guerre contre les Perses étaient une guerre juste, celle entre Grecs s’est avérée beaucoup plus vicieuse et sale dans ses méthodes.

A propos du livre en lui même il s’agit d’un pavé de 500 pages, fournissant un travail extrêmement méticuleux et sérieux.

Le fait que tout le travail repose sur un seul auteur Thucydide me gêne toutefois surtout quand on le compare à  celui Henri Pigaillem qui lui avait confronté plusieurs sources différentes dans un soucis d’impartialité.

Les énumérations de statistiques sont quelques fois fastidieuses et les remarques après coups sur les erreurs de stratégie commises un peu faciles à mon goût.

Cependant la volonté  constante de l’auteur de raccrocher cette guerre aux conflits modernes est tout à fait louable.

Ainsi comparer Athènes la super puissance capable de frapper à distance pour imposer son modèle économique et politique aux Etats Unis actuels est plutôt astucieux mis à part que ce type de comparaison me parait plutôt limité, les Américains n’ayant pas il me semble de rivaux terrestres les menaçant directement sur leur propre sol.

Pour ma part au niveau des échelles je vois ce conflit comme si un jour Marseille devenue capitale économique et militaire de la France avait été attaquée par Paris ou par Lyon, rivales purement terrestres menacées par une influence grandissante.

En conclusion, malgré sa densité et son sérieux j’ai moins aimé ce livre que les précédents.

Peut être aussi que tout simplement les guerres médiques façon David contre Goliath exaltent plus mon imaginaire que des conflits internes pour une question de suprématie.

A lire toutefois pour avoir les connaissances historique de fond nécessaires pour aborder, les productions littéraires et théatrales d'Euripide, Sophocle et Aristophane tournant autour de ce sujet terriblement marquant pour un Grec ayant connu cette période.

 

 

    
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 14:53


Zoom sur l’histoire des guerres médiques et suite logique du l'article précédent : « Les murailles de feu » de Steven Pressfield.

Il s’agit donc apparemment d’un roman historique centré sur la bataille des Thermopyles, la couverture faisant plutôt adroitement référence au film « Les 300 » pour attirer le chaland.

Mais en réalité contrairement au film ce livre ne traite pas « que » de la bataille même, en effet pendant environ la moitié du roman on ne parle pas de ces fameux six jours historiques ou le détachement d’élite spartiate emmené par Léonidas tint en échec l’armée perse de Xerxès.

Le livre traite également de la vie à Sparte dans l’antiquité.

Le mode narratif choisie st  extrêmement original.

Le narrateur est Xéon, un jeune homme dont le village et la famille ont  été massacrés par les Argiens et qui contraint à une vie d’errance dans la campagne avec sa cousine et son ancien esclave guérisseur, finit par rallier Sparte en devenant un esclave au service d’un maître puissant et influent du nom de Dienekes.

Xéon a réchappé à la bataille des Thermopyles, grièvement blessé il est interrogé par la gardes de Xerxès, qui est curieux d’en savoir plus sur le mode de vie de ces gens qui ont préféré mourir pour leur pays et lui ont coûté de si cuisantes pertes.

Ainsi par Xéon, le lecteur découvre la rudesse des mœurs de Sparte, citée entièrement tournée vers l’art militaire.

Dés son adolescence chaque jeune homme est suivi par un mentor chargé de le former pour devenir un vaillant guerrier hoplite.

Xéon doit servir Alexandros qui est l’élève de Dienekes.

Le drame d’Alexandros est qu’il n’a aucun goût pour la guerre.

Alexandros est intelligent, beau, chétif, il aime la musique et a une voix d’ange.

Décalé par rapport à sa société, il subit donc les pires brimades des instructeurs, nez cassé, coups de fouets, humiliations publiques.

Mais Dienekes homme intelligent, tolérant, très respecté et aimé dans la cité, n’ayant pas eu de descendance male, considère Alexandros comme son propre fils et intervient fréquemment pour le protéger.

Xéon pratique la lutte et la boxe avec Alexandros pour l’aider à s’endurcir.

Les deux jeunes hommes soudés dans les épreuves se lient d’amitié.

A l’annonce de la mise en marche de la plus grande armée levée par un roi perse, la peur se diffuse dans toute la Grèce.

Les tentatives d’unifications sont très laborieuses, la plupart des villes restant neutres ou pire se soumettant par avance à Xerxès.

Sparte, Athènes, Corinthe et Thèbes choisissent de se battre.

Le roi de Sparte, Léonidas part au défilé des Thermopyles avec 300 hoplites, choisi pour leurs qualités guerrières mais également pour le fait qu’il ait des descendants afin de perpétuer leurs lignées.

Ils sont aidés par des contingents de troupes auxiliaires dont les Thébains.

L’idée est de bloquer l’invasion terrestre perse dans un étroit défilé montagneux entre la Thessalie et l’Attique tandis que la marine grecque luttera sur les flots pour protéger Athènes.

Contrairement au film « les 300 » Léonidas a en réalité soixante ans lors de cette expédition , ce n’est donc pas un body builder de 35-40 ans !

En revanche il est très respecté et ses troupes sont prêtes à mourir pour lui.

Dans la culture spartiate, le rois et les commandants vivaient dans les mêmes conditions de rudesse que leurs hommes ce qui tissait des liens très étroits entre eux.

Alexandros se porte volontaire pour la mission suicide, il suivra son père Olympias et son mentor Dienekes tout comme le fera Xéon.

A Sparte les esclaves suivent leurs maîtres jusqu’au champs de bataille, ils les assistent et peuvent même dans certains cas exceptionnels être amenés à lutter à leurs cotés.

Léonidas érige un mur dans le défilé et poste ses hommes en triangle.

Xerxès envoie des émissaires et promet à Léonidas d’épargner Sparte et de régner sur la Grèce toute entière en échange de sa soumission.

Avec leur alliance dit il, ils seront invisibles et iront même étendre l’empire perse en Europe.

Léonidas ne croit pas l’émissaire et refuse l’offre en bloc, la bataille est donc inévitable.

Les forces des Perses sont leur cavalerie et leurs archers, les meilleurs du monde à cette époque.

Mais le plus effrayant est leur nombre, plus d’un millions de soldats issus de toutes les contrées conquises depuis Cyrus, Darius et Xerxès.

En théorie les Grecs ne font pas le poids, mis à part sur les mers mais cela Xerxès ne le sait pas encore.

Le terrain des Thermopyles, encaissé et étroit n’autorise par les Perses à déployer leurs armes de prédilection.

Dans les corps à corps, les phalanges grecques ont un avantage indéniable.

Les Spartiates combattent en phalange soudées, chaque soldat protége son voisin de gauche en levant son bouclier de bronze, puis la phalange avance poussée par l’arrière des troupes tandis que les longues lances sont abaissées horizontalement en position d’attaque.

La phalange percute la ligne ennemi avec ses boucliers et par la force de sa poussée la renverse, ensuite les longues lances servent à piquer puis la phalange se ressoude et reproduit sa force de poussée.

Les fantassins perses ont des boucliers en osiers insuffisants pour les protéger, leurs lances sont trop courtes et leurs épées plus fragiles.

De plus, beaucoup sont esclaves, enrôlés de force dans une guerre les dépassant.

Les Grecs luttent pour leur pays, en homme libres.

Les Spartiates se connaissent tous depuis l’enfance et sont très soudés entre eux.

Le récit des six jours ou Léonidas et ses troupes tuent 20 000 Perses est passionnant et extrêmement dense.

Pressfield décrit avec talent et force ses combats homériques dont le point culminant est l’envoi d’un commando grec pour tuer Xerxès en pleine nuit.

Cette action commando échoue de peu et voit la mort  d’Alexandros qui se révèle finalement un combattant héroïque.

Finalement l’inexorable arrive, éreintés par la multitude des assaillants perses et leur arsenal inépuisable de combattants, les Grecs reculent et se font prendre à revers par la garde personnelles de Xerxès, les Immortels.

Ceux ci massacrent les Spartiates jusqu’au dernier et le corps de Léonidas est mutilé.

Xéon seul survit et capturé par les Perses raconte son histoire avant de mourir.

La suite on la connaît, l’embrasement de la résistance grecque, la déroute perse à Salamine puis à Platée, vaincue à la fois par la marine athénienne et par les terribles fantassins spartiates.

« Les murailles de feu » est un petit bijou de roman historique, bien plus complet et instructif que ne le sera jamais aucun film.

On côtoie des personnages héroïques mais à échelle humaine capables de nous émouvoir par leurs sentiments.

On comprend mieux les motivations de chacun, la mentalité spartiate n’excluant pas la peur mais s’efforçant par l’entraînement de considérer la guerre comme un travail en combattant avec discipline sans colère ni désorganisation.

En résumé un roman remarquable qui vous transporte complètement dans son monde.

Un signe qui ne trompe pas après ce livre Steven Pressfield bien qu’américain a été nommé citoyen d’honneur de la ville de Sparte.

Quelques passages :

« Une flèche qui siffle au oreilles peut ramollir les genoux. La tête polie du projecteur crie sa malveillance tandis que le poids de la tige dirige son vol meurtrier.
Mais cent flèches font un bruit différent. L’air semble s’épaissir et devenir incandescent ; il vibre comme un solide. Le guerrier se sent enfermé dans un corridor d’acier vivant. La réalité se réduit à cet espace de mort dont il est prisonnier. Il ne voit plus le ciel, il ne sait même plus qu’il existe.
Viennent mille flèches, leur bruit est comme un mur. Il n’offre aucune faille, aucun répit, solide comme une montagne il chante la mort. »

«  Les pensée du guerrier au moment de l’action répondent à un schéma invariable et inévitable … D’abord apparaissent les visage des êtres chers et loin du danger : sa femme, sa mère , ses enfants, surtout si ce sont des filles et si elles sont jeunes. Celles qui survivront et porteront son souvenir dans leur cœur. Il  chérit  ses images la. Il leur adresse son amour et leur dit adieu.
Puis l’esprit convoque ceux qui ont déjà passé la rivière et attendent sur la rive lointaine de la mort…
Le guerrier accueille ses images la en silence, invoque leur aide puis les efface.
Ensuite viennent les dieux qui l’ont le plus favorisé et qu’il a le plus révérés. Il leur remet son esprit si il en a le loisir. »

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 23:44

salamine.jpg
Je cherchais depuis longtemps un livre sur les guerres médiques.

Je dois avouer qu’avant d’avoir vu le film « 300 » de Zack Snyder  je n’avais jamais entendu parler de la bataille des Thermopyles.

Comme quoi un œuvre même superficielle visuellement très forte peut avoir un impact sur le grand public et être l’élément initiateur d’une quête plus aboutie.

« Salamine et les guerres médiques » n’est pas un roman mais un livre rigoureux écrit par l’historien Henri Pigaillem.

Ce livre passionnant présente et traite de manière assez succincte les deux premières guerres médiques et insiste davantage sur la troisième ou a eu lieu la fameuse bataille de Salamine.

Mais recadrons quelque peu le théâtre de l'un  des plus incroyables conflits de l’histoire de l’humanité.

En –539, l’Empire perse et« méde » est le plus vaste du monde.

Cyrus le Grand a conquis la Babylonie, l’Assyrie, la Phénicie et une partie de l’Egypte.

Les Grecs peuples de brillants marins sont déjà indépendants et libres, et ont établi de nombreuses colonies en Méditerranée.

Darius 1er  le successeur de Cyrus rompt avec une politique de tolérance à leur égard.

Il leur ferme l’accès à ses ports et favorise leurs rivaux les Phéniciens.

De plus les Grecs se voient contraint d’acheter leur paix sociale en payant un impôt au roi des Perses.

Une révolte Ionienne éclate, elle sera écrasée à Milet en –498.

C’est la première guerre médique.

Afin de punir les Grecs de leur rébellion et aussi de mettre la main sur les richesse de ce pays développé, le successeur de Cyrus, Darius 1er se lance dans une invasion d’une ampleur incroyable en –492.

Il franchit l’Hellespont en construisant un pont formé de navires amarrés entre eux.

A l’époque c’est un formidable exploit technique surtout que la zone est fréquemment sujette à de violentes tempêtes qui envoient par le fond toute tentative.

Les cités grecques d’habitude si divisées et rivales s’unissent pour résister à l’envahisseur.

Darius est vaincu à la fameuse bataille de Marathon en –490.

Cette bataille historique est disséquée par l’auteur.

Les Grecs, en infériorité numérique d’un rapport 10 , l’emportent par la qualité technique de leur armement  mais surtout par l’habilité de leur général Miltiade qui par une tactique de tenailles parvient à encercler un ennemi plus nombreux mais moins organisé.

L’armée perse certes immense regroupe plus de mille nations parlant des langues differentes et ne parvient pas à se coordonner efficacement pour mener ses assauts.

En face les phalanges grecques, cuirassées, armées de boucliers renforcés et de longues lances sont le nec plus ultra technique de leur temps.

Les Perses sont traumatisés par cette humiliante défaite.

En –486, Xerxès 1er fils de Darius dit le Grand Roi accède au pouvoir.

Obsédé par l’idée de laver l’affront subi par son père, il va se préparer pendant six ans afin de soumettre définitivement les Grecs.

En –490, Xerxès lance une double invasion marine et terrestre d’une ampleur sans précédent.

Le nombre de soldats engagé est soumis à controverse, les source antiques grecques le chiffrant à plus d’un million d’hommes et 1200 navires.

De leur coté les Grecs se sont préparés mais leur flotte n’atteint que 300 navires et leur armée à peine 75 000 hommes.

Meme si il est probable que le nombre de soldats de Xerxès ait été surestimé et mythifié le rapport numérique reste écrasant.

Xerxès utilise la même technique que son père pour franchir l’Hellespont.

Il a tout planifié, enrôlés des peuples Grecs qui ont trahis les leurs pour la promesse d’un butin ou d’un royaume, prévu des points de ravitaillement pour ses navires et ses hommes.

La marine et l’armée de terre progresseront ensemble au même rythme en déferlant sur Athènes par le Nord.

De leur coté, après de nombreuses tergiversations politiques les Grecs s’unifient à nouveau.

Eurybiade le Spartiate est nommé amiral et Thémistocle l’Athénien commandant de la flotte.

Léonidas le roi de Sparte, est chargé d’aller à la rencontre des troupes Perses sur terre.

Il n’obtient que 300 soldats « hoplites » pour enrayer la multitudes de Xerxès.

C’est une mission suicide mais dans la mentalité Spartiate il est interdit de refuser le combat et une mort honorable pour sa patrie est la panacée.

La coutume étant que les femmes disent à leur mari avant de le voir aller livrer bataille « reviens sur ou avec ton bouclier ».

Les Grecs, fin stratèges, choisissent le défilé des Thermopyles passage montagneux entre la Thessalie et l’Attique extremment étroit pour combattre.

Pendant trois jours, Léonidas et ses 300 plus quelques contingents auxiliaires résistent à l’armée de Xerxès, ils sont finalement trahis par un Grec, se font prendre à revers et sont tous massacrés sur place par les Immortels troupes d’élite du Grand Roi.

La résistance héroïque et le sacrifice des Spartiates galvanisent les autres Grecs qui se disent que l’armée perse n’est peut être pas invincible.

Exaspéré par la résistance de Léonidas, Xerxès prend Athènes et l’incendie.

Heureusement Thémistocle avait anticipé et fait évacuer la ville pour que les habitants échappent au massacre.

Il ne reste alors plus que le Péloponnèse à conquérir pour que Xerxès atteigne son rêve.

Les Grecs savent que leur seule chance de victoire se joue sur les mers.

Ils massent alors leurs navires dans le golfe de Corinthe et leur armée terrestre à l’entrée du Péloponnèse.

Les Grecs se disputent quand  à la meilleur stratégie à suivre et le meilleur endroit ou livrer bataille, Eurybiade et Thémistocle qui sont rivaux se querellent sur la tactique navale.

Thémistocle est un esprit hors du commun, un génie militaire d’une clairvoyance exceptionnelle mais il est moins gradé qu’Eurybiade.

Finalement Thémistocle use de ruse pour arriver à ses fins.

Il choisit d’attirer le navires perses dans un bassin étroit entre la cote de l’Attique et l’île de Salamine.

Le ruse employée est géniale, il envoie un émissaire d’origine perse à Xerxès, cet émissaire fait semblant d’avoir été pris et il révèle au Grand Roi que les Grecs sont acculés à Salamine et morts de peur devant sa puissance.

Aveuglé par son orgueil et pressé d’en finir Xerxès lance la plupart de ses navires  à l’assaut en pleine nuit.

Les Grecs les attendent et les surprennent.

Commence alors l’une des plus formidables batailles navales de tous les temps.

Les trières Grecques sont de meilleurs navires que ceux des Perses.

Elles sont plus légères, plus maniables, capables de tourner sur elles-mêmes et plus résistantes.

Elles disposent de plus d’un éperon renforcé à l’airain pour éventrer plus facilement les bateaux perses.

A cette supériorité technique les Grecs ajoutent une stratégie plus efficace.

Thémistocle attend que la brise se lève pour lancer ses navires, il pratique la technique de la scie avec un mouvement de va et vient pour prendre son élan afin de rentrer avec plus de force dans l’ennemi.

C’est rapidement le chaos chez les Perses, leurs trières trop nombreuses et incapables de manœuvrer dans un espace aussi réduit se heurtent, percutent les autres navires perses arrivant en renfort.

Xerxès qui a installé un trône en marbre blanc sur une montagne pour jouir du spectacle est horrifié par ce désastre.

Les Perses ne sont pas un peuple de marin, les seuls contingents capables de résister aux Grecs sur mer sont les Phéniciens et les mercenaires grecs Ioniens.

A la fin de la journée, c’est la retraite.

En cumulant les intempéries et Salonique Xerxès à perdu 900 navires soit plus des trois quarts de sa flotte.

Sa flotte est à présent sensiblement égale à celle des Grecs.

Il renonce et bat en retraite.

Sa puissante armée terrestre le couvre.

Thémistocle, prudent, renonce à lui donner la chasse.

Mais la dynamique a changée de camps et l’armée terrestre de Xerxès encore menaçante, sera définitivement vaincue à Platée en –479.

Ceci marque donc la fin de la troisième et dernière guerre médique.

En –449, un traité sera définitivement signé entre les deux camps, la Perse s’engageant à ne plus rien tenter contre les Grecs.

Les conséquences pour le monde grec furent importantes, Athènes obtenant une position dominante sur ses grandes rivales en raison de la puissance de sa flotte.

 

Détail cocasse et cruel, Thémistocle le héros et sauveur de son pays fut victime de calomnie et contraint à l’exil ..

Il alla chez Artaxerxés, successeur de Xerxès fut plutôt bien accueilli et mourut en Perse de maladie ou de suicide.

Ses restes furent rapatriés en secret à Athènes.

Les guerres médiques furent donc finalement les premières guerres mondiales avant l’heure, avec le choc des deux nations les plus puissantes et les plus avancées de leur temps.

Le triomphe de la Grèce marque celui de l’intelligence contre la force et le nombre.

L’opposition entre les deux camps était également idéologique, la Grèce étant un pays démocratique ou la liberté était déjà solidement implantée dans les esprits, la Perse étant une monarchie de droit divin avec des provinces gouvernées par des tyrans.

Avec de telles forces en présence, il n’est pas étonnant que cet affrontement défiant l’imagination ait inspiré les plus grands écrivains et artistes.

Ainsi Eschyle, qui fut témoin soldat dans la bataille écrivit sa pièce « Les Perses » mais sa vision du conflit, trop littéraire fut moins utile aux historiens que celles d’Hérodote et de Plutarque.

Ces trois sources demeurent l’essentiel de ce que nous savons sur cet épisode décisif de l’histoire de l’Humanité.

Je recommande donc ce livre passionnant  et très bien documenté pour les gens curieux des grandes sagas de l’Antiquité.

Quand à moi je suis passé un jour à proximité de l’île de Salamine lors d’un voyage en Grèce.

J’ai été frappé par la beauté du lieu, le soleil brûlant haut dans le ciel, les flots aux reflets argentés ..j’ai eu du mal à imaginer ce paysage idyllique comme  cadre d’un des plus violent combat de l’Histoire.

Mais je me dis que peut être justement que les Grecs savaient ce qu’ils allaient   perdre et que la beauté de leur pays les a motivée pour lutter avec tout cet acharnement pour préserver leur culture et échapper à la servitude …

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 09:42

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Premier livre écrit par une femme que je chroniquerai en ces pages, et non des moindres puisqu’il s’agit des « Mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar.

« Mémoires d’Hadrien » sont les mémoires romancées de l’empereur romain qui régna de 117 à 138 après JC.

Marguerite Yourcenar a mis prêt de 25 ans à écrire ce livre terriblement ambitieux, s’y reprenant à plusieurs fois, trouvant la tache impossible, brûlant ses manuscrits, renonçant puis reprenant courage tant la difficulté de se mettre à la place d’un homme séparé de vous par 18 siècles semblait insurmontable.

L’écrivain s’est ainsi attelé à  un titanesque travail de recherches historiques à partir des sources antiques afin de rendre crédible le récit.

Le résultat est un livre qui n’est ni rigoureusement historique, ni proprement philosophique, ni même poétique bien qu’il navigue souvent aux confins de ces domaines.

Yourcenar se met à la place d’Hadrien à la fin de sa vie, malade, écrivant une lettre au jeune  Marc Aurèle qu’il pressent comme un des hommes les plus aptes à continuer son œuvre.

Cette lettre se transforme en bilan de son existence, en réflexions d’ordre générales sur la politique, la vie, la mort, l’amour, l’art , la philosophie.

L’ouvrage est extremment dense, profond, écrit dans une langue riche.

Au fur et à mesure du récit on découvre la vie et l’œuvre de l’empereur.

Hadrien est adopté par son oncle Trajan avec qui il partage une origine Ibérique.

Il le suivra dans ses conquêtes militaires.

Trajan fut sans doute l’un des empereurs les plus renommés.

Il étendit l’empire jusqu’à ses dimensions maximales, conquérant la Dacie.

Le butin de ses nombreuses conquêtes apporta la prospérité à Rome.

Soldat avant tout, c’était un homme simple et juste bien qu’un peu frustre.

Son régne fut profitable à la grandeur à Rome.

Aux coté de Trajan, Hadrien acquiert une expérience militaire importante.

Il avoue aimer la rudesse des conditions de vie des camps, la solidarité entre soldats et ne pas être incommodé par la vie en Germanie que beaucoup de Romains ne supportent pas en raison de la dureté des hivers.

Mais la véritable passion d’Hadrien demeure la littérature.

Eduqué par des rhéteurs Grecs, il séjourne longuement à Athènes qui restera sa ville favorite.

Bien qu’ayant étudié les philosophes Grecs, Hadrien n’adhère pas à leurs doctrines.

Les Stoïciens sont méprisés , les Cyniques chassés seuls Epicure et Platon semblent bénéficier d’un timide crédit.

Il leur préfère un mode de vie basé sur la connaissance de soi d’après son expérience personnelle et l’étude des astres.

Ce  mysticisme se traduira par un pèlerinage à Eleusis ou il fut initié aux Mystères par les prêtresse mais également par une grande ouverture par rapport aux autres cultures et croyances.

Hadrien aime donc passionnément la littérature, le théâtre, la poésie, l’astrologie et l’art Grec.

Le roman insistera donc sur ce double aspect de l’empereur, amoureux des lettres mais également homme d’action plus enclin à la vie spartiate des camps qu’au faste et aux honneurs des cours impériales.

Nommé magistrat à Rome Hadrien y apprend l’exercice de la justice et le sens de la mesure.

Lorsque Trajan vieillissant se lance dans une expédition contre les Parthes avec le rêve fou d’égaler Alexandre le Grand en conquerrant l’Inde, Hadrien l’accompagne.

L’échec de cette expédition est un des passages qui m’a le plus touché.

Trajan qui n’a vécu que pour la guerre et la conquête, s’aperçoit brutalement que sa vie s’achève et que son corps ne peut suivre sa volonté.

Malade  cet homme dur et fier s’écroule brutalement et  pleure devant le Golfe Persique avant de mourir lors de son rapatriement à Rome.

Le régne militaire d’Hadrien sera présenté comme purement défensif.

Il réfléchit à pacifier son empire, consolide ses frontières notamment en créant le fameux mur au Nord de la Grande Bretagne, mur de 130 kms de long destiné à contenir les invasions des tribus Calédoniennes.

Hadrien  use de la diplomatie pour conclure des alliances avec les Germains, les Arabes ou les Parthes.

Il tente de contenir les troubles des communautés juives et grecques d’Alexandrie ou de Jérusalem.

La paix réinstallée, le commerce fleurit et le niveau de vie s’accroît.

Fasciné par l’art Grec il entreprend de grandes constructions.

Le Panthéon romain en est la plus célèbre.

Mais la villa d’Hadrien et son mausolée le seront aussi.

Il réhabilite également la ville d’Athènes avec pour but de lui faire retrouver sa position dominante d’antan.

Sur le plan administratif, il fait une réforme agricole, améliore la condition des femmes et des esclaves.

Contrairement aux livres de Max Gallo, il n’est pas fait mention de la tradition des massacres de Chrétiens qu’Hadrien entretiendra.

Marguerite Yourcenar nous présente donc un empereur humaniste et pacifique, détournant la tête à la vue du sang et se morfondant après avoir éborgné un serviteur dans un accès de colère.

Le portrait est un peu trop idyllique à mes yeux et certaines choses sonnent à mon sens quelques peu étranges ou anachroniques notamment quand il s’interroge sur la fin possible de l’esclavage.

Je pense qu’un homme de l’antiquité et encore plus un empereur romain ne pouvait avoir ce genre de sensibilités.

Meme fin lettré et humaniste, il devait être habitué à un niveau de violence inconcevable pour un homme ou une femme du XX i éme siècle.

La partie la plus romantique de l’œuvre concerne la passion amoureuse entre Hadrien et Antinoüs, jeune éphèbe de Bithynie.

Antinoüs sera l’unique amour de la vie d’Hadrien, il l’accompagnera dans ses chasses, dans ses voyages comme un lévrier fin et racé.

Son suicide par noyade en Egypte transpercera de douleur l’Empereur.

Hadrien décidera de le déifier, lui fera construire un tombeau dont l’emplacement tenu secret n’a jamais été retrouvé,  il créera une ville à son nom en Egypte et demandera à tous les sculpteurs de produire des statues à son effigie.

Curieusement la mort prématurée de cet adolescent marquera les esprits et pendant des siècles le personnage d’ Antinoüs entrera au Panthéon des divinités de toutes les provinces de l’empires.

Yourcenar fait porter le terrible deuil à Hadrien jusqu’à la fin de ses jours.

Sans descendance, marié à une femme qu’il n’aimait pas, son dernier fait d’arme sera d’aller réprimer une révolte en Judée.

Cette guerre de 4 ans fera 90 000 morts Romains et 600 000 juifs.

En guise punition Hadrien chassera les Juifs de Jérusalem et renommera ce territoire Palestine.

Epuisé, malade, hanté par le souvenir de son amant disparu, Hadrien finira ses jours en méditant sur sa vie et se cherchant un successeur susceptible de continuer son œuvre.

Pourtant la fin du livre le présente comme se faisant peu d’illusions quand à la succession, le chaos et l’ordre semblant gouverner alternativement les hommes depuis la nuit des temps.

En résumé  « Mémoires d’Hadrien » est un livre de haut vol consacré à une des personnalités les plus fortes du monde antique.

Il est cependant quelques fois difficile à suivre du fait des multiplicités de lieux géographiques ou l’intrigue a lieu.

Sans plan datant de l’Antiquité et solides références sur les Calédoniens, Sarmates, Daces, Parthes il est quelques fois délicat de se situer dans l’espace.

Si le fait que l’auteur ait injecté certaines réflexions me paraissant anachroniques et décalées par rapport à son époque m’a quelques fois fait sursauter, si l’on pourra toujours objecter que Yourcenar n’a pu que fantasmer et déformer la pensée d’un homme et d’une époque qu’elle n’a jamais connus, il me paraît irréfutable de considérer ces mémoires comme un des plus beaux et aventureux chef d’œuvre littéraire jamais écrit.

Et puis au fond n’est ce pas l’essence même de l’écrivain que de travestir la réalité afin de nous faire rêver ou réfléchir ?

Enfin argument contre ceux qui penseraient que la vie d’un empereur romain n’intéresse personne aujourd’hui,  le succès actuel de l’ exposition  à Londres consacrée  à Hadrien au British Museum laisse à penser que ce personnage est encore amène de fasciner les foules modernes.

Une citation pour finir « 

La nature nous trahit, la fortune change, un dieu regarde d’en haut toutes ces choses …

Nos lettres s’épuisent, nos arts s’endorment, Pancratés n’est pas Homère, Arrien n’est pas Xénophon et quand j’ai essayé d’immortaliser dans la pierre la forme d’Antinoüs je n’ai pas trouvé de Praxitèle.

Nos sciences s’épuisent depuis Aristote et Archimède, nos progrès techniques ne résisteraient pas à l’usure d’une guerre longue, nos voluptueux eux même se dégoûtent du bonheur.

L’adoucissement des mœurs, l’avancement des idées au cours du dernier siècle sont l’œuvre d’une minorité de bon esprits, la masse demeure ignare, féroce quand elle le peut en tout cas égoïste et bornée et il y a fort à parier qu’elle restera toujours telle qu’elle.

Trop de procurateurs et de publicains avides, trop de sénateurs méfiants, trop de centurions brutaux ont compromis d’avance notre ouvrage ….

La nature préfère repartir à même l’argile, à même le chaos et ce gaspillage est ce qu’on nomme l’ordre des choses. » 
Prochain livre lu : "Mémoires de Steevie" par Loana, avec une préface de Benjamin Castaldi.

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 19:57


Voila série achevée avec la lecture du dernier tome de la suite romanesque de Max Gallo sur les Romains :
"Constantin le Grand, l'Empire du Christ".

Nous sommes avec ce dernier tome dans la conclusion d'une ère, avec l'émergence quasi définitive du Christianisme comme religion d'état adoptée par l'Empire Romain.

Constantin I er qui fut le premier empereur à se convertir au christianisme est donc sans nul doute l'un des empereurs les plus importants de l'Histoire.

Dans le livre Max Gallo réutilise le mode narratif avec le témoin des événements parlant à la première personne du singulier.

Il s'agit ici de Denys l'Ancien, chrétien proche de Constantin qui va intriguer pour le pousser vers la religion chrétienne.

Après la mort de Marc Aurèle et de Septime Sévère, est venu le règne de Dioclétien en 284 ap JC.

Cet empereur va instaurer un régime extrêmement complexe, nommant un autre empereur pour gouverner en Occident (Maximien) et tandis que lui régnerait sur l'Orient.

Ces deux empereurs auront deux césars pour les seconder, Galére en Orient et Constance Ier Chlore en Occident.

Ce système appelé la tétrarchie divise le pouvoir et est déjà pour moi un aveu de faiblesse.

Dioclétien instaure le culte d'un nouveau dieu Soleil (Sol Invictus ) appartenant à la mythologie romaine mais supplantant tous les autres dieux traditionnels.

Dioclétien sera connu comme le plus grand persécuteur des Chrétiens en organisant de terribles massacres pour endiguer la montée des conversions, cette période étant appelée la Grande Persécution.

Pourtant en Gaule, Constance Ier Chlore est le seul césar à ne pas martyriser les Chrétiens alors qu'aux quatre coins de l'Empire ceux ci sont mis au supplice.

Son fils Constantin Ier retenu en otage par Maximien en gage de sa fidélité montre quand à lui d'exceptionnelles qualités au combat, se taillant une réputation de brave en terrassant bêtes fauves et gladiateur que Dioclétien place vicieusement sur sa route.

Pourtant , fait rare dans l'Histoire Romaine, après 20 ans de règne Dioclétien abdique en 305 se retirant dans son palais.

Après lui les esprits s'échauffent et la guerre civile pour l'Empire éclate entre ses successeurs.

A la mort de son père en Bretagne, Constantin est proclamé César par ses troupes.

Il s'illustre lors de brillantes campagnes militaires contre les Barbares du Rhin.

Il reçoit  le surnom de « Vainqueur Perpétuel » .

Constantin à l'ame d'un chef mais il comprend également tout l'avantage qu'il peut tirer des Chrétiens.

En effet ceux ci sont déjà très nombreux dans l'Empire et il jouit de la bonne réputation de son père qui les avaient épargnés lors de la Grande Persécution.

Désirant rassemble un maximum de forces pour vaincre Constantin incorpore des Chrétiens dans son armée et se lance à l'assaut de Rome.

En octobre 312 sur le Pont de Milvius à la veille de livrer bataille à Maxence le fils de Maximilien, il voit le signe de la croix se dessiner dans le ciel et entend la voix de Dieu lui disant " Par ce signe tu vaincra".

Ayant conquis Rome, il se montre alors reconnaissant auprès des Chrétiens et prend tout une série de mesures visant à les réhabiliter : leurs biens leur sont rendus, la liberté de culte leur est accordé.

Mais si Constantin soutient les Chrétiens, prudent il n'en maintient pas moins sa croyance officielle à l'ancien dieu païen Sol Invictus.

Constantin est alors présenté comme un homme double, jouant sur deux tableaux.

Au moins aura t il eu l’intelligence politique qui a fait défaut à ses prédécesseurs.

Comme tous les grands empereurs, Constantin se lance dans des grands travaux.
Il renomme Byzance Constantinople et en fait la nouvelle Rome chrétienne.

Il fait bâtir de nombreuses églises dont la célèbre Sainte Sophie, sans doute le monument le plus connue d'Istanbul aujourd'hui.

Dans le roman Denys l'Ancien se demande quand Constantin basculera t il vraiment dans le Christianisme, il doute de ce nouvel empereur, se demandant si il est sincère dans sa foi ou purement opportuniste.

Jusqu'au bout l'ambiguïté demeurera.

Néanmoins sentant la mort approcher, Constantin se fera baptiser sur son lit de mort, devenant ainsi officiellement le premier empereur Chrétien.

Constantin a donc inauguré une nouvelle ère, l'Histoire est en marche ...Denys pense alors  naïvement que l'avènement du Christianisme apportera la paix dans l'Empire mais malheureusement les Chrétiens se divisent déjà sur la question de la Sainte Trinité entre partisans de l'Arianisme et Chrétiens Orthodoxes ...

Par la suite en 361 l'Empereur Julien tentera de rétablir le polythéisme mais échouera.

De manière forte habile Max Gallo ne prend pas parti pris sur la religion et termine par un plaisant statut quo sa série.

Me voila donc arrivée au terme de la série.

On peut s'interroger en voyant le rythme des parutions de Max Gallo sur sa manière de travailler, comment en effet fournir un travail de fond en conservant une production aussi intense et sur des sujets aussi divers ?

Cependant si certains jugeront que ses œuvres sont quelques peu superficielles,  je dois avoir été complètement aspiré par les récits proposés.

Ceux ci constituent pour moi une formidable porte d'entrée vers l'Histoire Romaine, histoire passionnante peuplée d'être fascinants, d'empereurs plus grands que des hommes se prenant pour des Dieux, de violence ,de guerre mais aussi d'avancées administratives, techniques, architecturales, législatives.

Ainsi se termine cette série qui aura abordée l'utopie sociale avec Spartacus (tome 1) , la folie et la démesure avec Néron (tome 2 ), la révolte des Juifs avec Titus (tome 3), la montée du Christianisme avec Marc Aurèle (tome 4) et son avènement avec Constantin le Grand (tome 5).

Pour ma part j'ai particulièrement aimé Néron car rien n'est plus fascinant que la folie pure couplée au pouvoir absolu et Marc Aurèle en raison du questionnement entre Christianisme et Stoïcisme.

Mais en réalité tous ces livres valent le détour et je me dis que les réalisateurs Hollywoodiens tiendraient des  sujets en or si ils se donnaient un peu la peine d’ouvrir plus souvent quelques livres d’histoire pour étudier d’un peu plus prêt le destin des grands hommes.








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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 22:19


Hasard inouï, en cette période de venue historique du Pape en France, je viens d'achever le 4ieme volet de la série consacrée aux Romains par Max Gallo, "Marc Aurèle, le martyre des Chrétiens" qui est sans nul doute le plus spirituel de la série.

Après un 3iéme opus largement consacré à la révolte Juive, le thème du central du roman est essentiellement la montée du Christianisme dans l'Empire romain.

Gallo suit toujours le même procédé de la narration par le "je" d'un témoin de l'époque.

Le personnage principal est cette fois-ci Julius Priscus, chevalier et proche de Marc Aurèle.

Priscus fidèle de Marc Aurèle, est tiraillé entre la fidélité aux préceptes de son ancien maître, aux traditions polythéistes romaine et son attirance pour cette nouvelle religion qui se répand comme une traînée de poudre au sein de l'Empire.

L'Histoire débute à la mort de Marc Aurèle en 180.

On peut dire que depuis 86 ans et même depuis plus d'un siècle si on fait exception du règne de Domitien, l'Empire Romain n'a connu que des "bons empereurs", des hommes d'envergure, brillants, mesurés, apportant à Rome d’énormes avancées sur le plan architectural mais aussi social tout en consolidant la stabilité des frontières de l'Empire par leurs succès militaires.

Que ce soient Hadrien le Grand, Antonin Le Pieux ou Marc Aurèle le Sage, tous ont laissés des traces glorieuses.

Oui mais voila avec l'ascension du brutal et pervers Commode, l'Empereur renoue avec les cotés les plus sombres du pouvoir et de nouveau le doute traverse l'esprit de Priscus.

Ce doute s'infiltre par le biais de ses esclaves Chrétiens qui lui font rencontrer Eclectos un vieux prêtre tentant de le convertir à la nouvelle foi.

Les 200 premières pages du roman sont presque à sens unique en faveur d
u Christianisme.

La philosophie de Marc Aurèle semble dépassée et est présentée comme inapte à contre balancer les arguments Chrétiens plus en phase avec leur temps.

La raison en est simple : Priscus est un homme âgé sentant la mort arriver et il n'a pas le courage de suivre la froide résignation stoïcienne de Marc Aurèle, il se sent donc plus proche de personnes lui parlant de résurrection et d'espoir.

La lutte semble donc dans un premier temps décevante, puis alors qu'il est sur le point de céder, Priscus se rappelle des maximes de son ancien maître et s'aperçoit que la philosophie de Marc Aurèle et le discours Chrétien peuvent se rejoindre ....

Au final on ne sait ce qu'il choisit mais les deux systèmes sont largement exposés et mis en balance.

Mis à part cette quête spirituelle passionnante et ce dilemme entre philosophie et polythéisme d’un coté et religion monothéiste de l’autre, le roman met en lumière le règne de Marc Aurèle et les persécutions dont furent victimes les Chrétiens.

Depuis Hadrien en effet,  les Chrétiens furent systématiquement martyrisés et suppliciés au motif qu'en ne respectant pas les Dieux romains, ils troublaient l'ordre public.

En réalité, inquiets par la progression alarmante des conversions les Empereurs cherchaient à endiguer le phénomène pour préserver la stabilité de l'Empire.

Malgré toutes leurs qualités tous les "bons" empereurs massacrèrent donc allégrement les disciples de Christos.

Marc Aurèle qui fut donc assurément l'Empereur le plus sage, le plus pacifique ne fit pas exception.

Cependant il assurait la vie sauve à celui qui abjurait sa foi, interdisait les dénonciations sans témoignage et fit passer une loi pour améliorer le traitement des esclaves en leur reconnaissant un statut d'être humain.

Bien que philosophe, Marc Aurèle avait un empire à gérer et même si tout laisse à supposer qu' il ne croyait probablement pas aux Dieux romains, il connaissait le pouvoir de la religion pour cimenter son peuple.

A la différence des Juifs qui se révoltèrent de nombreuses fois et défièrent militairement Rome (en payant le prix fort ), les Chrétiens se font pacifistes, ils vont au martyr en chantant, croyant à la résurrection.

Leur exemple impressionne les foules et les répressions ne parviennent pas à endiguer ce raz de marée.

En choisissant la voie de la conversion des ames au lieu de la lutte armée, les Chrétiens réussissent donc la ou les Juifs ont échoués.

Leur succès par rapport aux anciens Dieux romains tient aussi par le fait que leur Dieu promet la vie éternelle.

De ce livre, je retiendrais surtout les puissantes citations de Marc Aurèle, philosophe dont je me sens proche et dont je partage la froide lucidité.

Priscus semble reprocher à Marc Aurèle de ne pas avoir d'espoir, mais il oublie de préciser que en bon stoïcien Marc Aurèle n'avait pas de crainte non plus.

Pas d'espoir, pas de crainte, seul le présent compte, le passé et le futur ne nous appartenant pas ...

Ce tome 4 traitant de religion, de philosophie, de politique dans un cadre historique passionnant est donc à conseiller comme le plus cérébral de la série.

Je ne peux résister à livrer une citation de Marc Aurèle pour finir, citation qui reflète à mes yeux la réalité des choses, ce que toute sa vie l'être humain essaie de se cacher en se voilant la face  :

"  La durée de la vie humaine ? Un point.
Sa substance ? Fuyante.
La sensation ? Obscure.
Le composé corporel dans son ensemble ? Prompt à pourrir.
L'ame ? Un tourbillon.
Le sort ? Difficile à deviner.
La réputation ? Incertaine.
Pour résumer au total, les choses du corps s'écoulent comme un fleuve, les choses de l'ame ne sont que songe et fumée.
La vie est une guerre et un séjour à l'étranger, la renommée qu'on laisse, un oubli.
Qu'est ce qui peut la faire supporter ? Une seule chose la philosophie."

A titre personnel un Marc Aurèle m'apportera toujours plus que n'importe quelle religion car je n'ai pas besoin de croire à quelque chose pour vivre.

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 10:04


3iéme volet de la série consacrées aux Romains par Max Gallo : "Titus, le martyr des Juifs".

A mon sens il est préférable d'avoir lu avant le tome 2 consacré à Néron pour une meilleure compréhension.

On retrouve ainsi Sérènus, l'ancien disciple de Sénèque comme narrateur principal.

Sur le front de l'Orient, Vespasien est appelé pour réprimer la révolte du peuple Juif emmené par plusieurs courants de combattants : zélateurs, dévots, sicaires.

Son fils Titus le seconde en temps que légat.

En 68 la mort de Néron fait place à une grande période d'instabilité.

L'année 69 pas vraiment érotique donne lieu à de féroces luttes pour le pouvoir.

4 empereurs se succèdent en 1 an et une sanglante guerre civile fait 50 000 morts avant que n'émerge de cette mêlée furieuse Vitellius.

En Orient, Vespasien est presque désigné  d'office empereur pas ses troupes en raison de son immense popularité et de ses succès militaires.

Il se rend donc à Rome, écrase Vitellius et devient empereur en 69.

Homme mesuré et lettré, son règne sera celui de la clémence, de la culture ,de la stabilité et des grandes constructions comme l'édification du Colisée.

Son fils Titus prend le relais de la guerre de Judée.

Titus est présenté initialement comme un jeune homme peu fréquentable ayant côtoyé Néron dans ses sorties perverses mais rapidement ses nouvelles responsabilités lui conférent une nouvelle dimension.

L'ouvrage relate les batailles sanglante entre légions romaines et insurgés Juifs avec les siéges de Jotapa, Massana et culmine avec la prise de Jérusalem en 70 après une lutte acharnée.

Jérusalem sera incendiée, pillée, sa population massacrée et ce malgré les directives de Titus qui pour une fois ne parviendra pas à faire obéir ses légions ivres de haine après de féroces combats.

Le récit atteint un paroxysme de violence, supérieur pour moi à tous les autres livres de la série pourtant déja plutot bien dotées en la matiére.

Par moment s'en est même écœurant, on souhaiterait sortir un peu de cette ambiance de mort et de massacre, mais aprés tout c'est la guerre qu'on nous raconte par une partie de colin-maillard fripon.

On remarque l'acharnement des Juifs, leur fanatisme, leur refus de plier face à une armée supérieure militairement.

Certains Juifs (apostats) se rallient à la cause des Romains, proclamant que Yahvé les avait choisi.

Le livre pose donc une question de fond très intéressante : Vaut il mieux vivre en esclavage mais en restant vivant propager sa religion, sa culture au fil des ages ou au contraire lutter jusqu'à son dernier souffle en refusant l'assimilation au risque de courir à l'extinction ?

Plusieurs courants s'affrontent chez les Juifs.

Flavius Joseph juif rallié à la cause Romaine, protégé par Vespasien car il lui avait prédit qu'il serait empereur joue un rôle charnière dans le récit, créant un lien entre le point de vue Romain et Juif.

Titus apparaît comme un chef de guerre, certes dur et cruel quand il le faut, mais désirant éviter les bains de sang, le massacre des populations civile et proposant toujours aux insurgés de se rendre en leur garantissant le respect de leur culte.

Mais la résistance inflexible des citadelles juives le force à pratiquer le massacre, à crucifier des prisonniers afin de montrer que sa pitié n'est pas de la faiblesse.

Titus s'éprend même d'une reine juive Bérénice, ralliée à la cause des Romains.

Cette liaison lui vaudra quelques problèmes et le conduira à la chasser lors de son accession au titre d'Empereur tant la présence d'une juive à ses cotés déplaisait à Rome.

Comme quoi passer un certain niveau de pouvoir, politique et affaires de coeur semblent incompatibles.

Titus entretient donc une relative clémence instauré par son père Vespasien.

En 70 à  la mort de Vespasien, mort par maladie semble t il , Titus revient à Rome pour régner.

Son règne sera marqué encore une fois par la clémence, exil des délateurs professionnels, jeux sans mort d'homme, soutien aux victimes de la catastrophe de Pompéi, achèvement du Colisée.

Malheureusement il mourra 2 ans après, victime de la peste.

Son frère Domitien qui lui succédera sera surnommé le "Néron chauve" , titre somme toute plutôt évocateur.

Titus restera donc pour la postérité comme celui qui aura le premier pris Jérusalem et réduit la révolte de Judée.

Sur le roman en lui même,  comme je l'ai dit précédemment j'ai été effaré de la violence non stop des batailles et un peu saoulé par ce bain de sang quasi continu.

Sérènus, apparemment converti au Christianisme semble complètement délaisser la philosophie de son ancien maître Sénèque et basculer du coté des religions monothéistes.

Pour ma part étant athée, j'adopte presque toujours inconsciemment le point  de vue plus pragmatique des Romains perplexes devant tant d'acharnement et d'intransigeance.

En effet Chrétiens et Juifs s'insultaient même à quelques instants de leur crucifixiction, s'excluant mutuellement.

Un roman intéressant donc bien que plus éprouvant et difficile à digérer que les autres.

 

 

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