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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 12:54


Je me souviens quand j’étais enfant , il y avait dans un café prêt de chez moi un flipper à l’effigie des membres de Kiss.

Meme si j’étais trop jeune pour y jouer, j’étais fasciné par cet engin qui faisait des bruits étranges et qui illuminait de manière futuriste les visages de ces musiciens au look d’extra terrestres.

Et je crois donc que pour moi les quatre types de Kiss resteront sans doute toujours les super héros du flipper de mon enfance meme si ce n’est que bien plus tard que j’ai cherché à écouter leur musique.

En 1996, Mercury sortit une compilation de leurs meilleurs succès intitulée « Greatest Kiss ».

Pas facile au milieu de la multitude de disques, de périodes, de best of, pour le profane de découvrir la musique des quatre New-Yorkais mais à cette période, je commençais juste à m’intéresser au hard rock et « Greatest Kiss » m’est alors apparu comme un bon moyen de connaître un peu la musique de ce groupe.

Le best-of commence très fort avec « Detroit Rock City », avec ses riffs de guitare fantastiques et son refrain extrêmement accrocheur qui confèrent à ce titre musclé  un statut d’hymne hard rock festif absolument culte.

Dans un registre différent, « Black Diamond », s’avère aussi un tube imparable avec un savant dosage entre mélodie et punch.

« Hard luck woman » est une ballade acoustique très douce voir gnangnan mais dont les qualité mélodiques demeurent indéniables.

Chanté magistralement par Paul Stanley, « Sure know something » contient le coté magique, sensuel, enjôleur de bon nombre de titres de Kiss.

Rien à dire sur « Love gun » , tube d’une incroyable efficacité avec ses chœurs aériens en soutien.

« Deuce » dévoile la face plus classic rock du groupe tandis « Goin’ blind » refait le coup de la ballade languissante cette fois beaucoup plus poussive.

« Shock me » paraît terne et manquer de punch mais « Do you love me ? »  titre magnifique d’une intensité et d’un charme hors catégorie fait grimper le groupe sur les plus hautes marches de la gloire du rock’n’roll.

Rythme chaloupé et plaisant font de « She » un excellent titre rock, avant de lancer le très incongru et disco « I was made for loving you » qui fit en son temps toucher à Kiss un nouveau public.

Festivité toujours avec le live « Shout it loud » , morceau de rock-party qui m’est toujours apparu trop léger et fun.

La transition est brutale avec le terriblement sulfureux « God of thunder » derrière, l’un des meilleurs titres jamais chantés par Gene Simmons avec son mid tempo lourd agressif et son atmosphère sombre.

On se remet avec « Calling Dr Love » amusant et décalé avant de subir de plein fouet « Beth » sans doute l’une des plus belles ballades que j’ai jamais entendues de ma vie.

« Strutter » est un chef d’œuvre, peut être le morceau de Kiss que je préfère.

Couplets superbes légers et sexy, refrains hyper accrocheurs, riffs de guitares hors du commun émaillent ce morceau parfaitement balancé à la fois puissant et vivant.

Rien que pour avoir écrit un titre de cette trempe, Kiss a pour moi sa place au panthéon du rock.

« Rock and roll nite » appartient à la pléiade de titres accrocheurs et fun qu’a toujours composé le groupe pour faire la fête, et il faut reconnaître que celui fonctionne parfaitement.

La fin du best off voit une chute de niveau  car « Cold gin » avec son riff à la AC/DC patine un peu sur place,  « Plaster Caster » n’a pas le tranchant des grands titres et « God gave rock n roll to you » sorte de ballade à plusieurs fois ne dépasse pas le stade de l’amusement récréatif.

En conclusion, même si les fans purs et durs préféreront peut être le « Double Platinium » sorti en 1978, ce « Greatest Kiss » s’avère un best off plaisant et instructif, donnant la part belle aux tubes écrits par le groupe dans les années 70, la période la plus prolifique pour les quatre monstres de New York.

On retrouve donc quelques titres incroyables, véritables pépites du hard rock mais aussi beaucoup de titres plus festifs, doux, pop-rock et commerciaux, qui constituent la facette de Kiss que j’ai toujours beaucoup moins aimée.

Ce « Greatest Kiss » sera sans doute totalement inutile pour le fan qui possède déjà tous les albums, mais pourra fort bien servir de porte d’entrée pour le profane curieux tel que je l'étais à l’époque.

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 16:58


Le hard-rock serait il devenu une musique de revenants en 2009 ?

Après celui d’Alice in Chains, « Sonic boom » le nouvel album studio d’un groupe aussi populaire que Kiss a de quoi faire figure d’événement dans le milieu du rock.

Cela faisait maintenant onze ans que le groupe maquillé le plus connu au monde n’avait plus rien produit d’original, se contenant de surfer sur sa renommée lors de mémorables tournées au gigantisme et au mercantilisme confinant parfois à l’obscène.

C’est donc poussé par un fort vent de curiosité que je voulais voir ce qu’avait encore dans le ventre le Kiss de 2009.

Rien de bien neuf dans le line up, si ce n’est que Thommy Thayer est ici le seul et unique guitariste officiel du groupe, le mythique Ace Frehley étant bel et bien évincé de la composition de ce disque.

Le boum sonique annoncé commence par un tranquille « Modern day delilah »,  mid tempo rock balancé au refrain efficace, rappelant les très vieux bons titres du groupe mais qui recèle comme un fort arrière goût de réchauffé.

Composé et chanté par Simmons, « Russian roulette » est  un poil plus original, avec ses courtes accélérations préludant des bons gros refrains calibrés pour être chantés dans des stades.

Particulièrement poussif et lourdaud, « Never enough » s’avère pénible à supporter.

S’inscrivant dans la lignée des titres commerciaux, « Yes I know (nobody’s perfect) » est sans doute destiné à devenir un single diffusé sur les media grand public, ce qui ne l’affranchit pas de son très grand niveau de médiocrité.

Les choses s’améliorent grandement heureusement avec « Stand » , morceau simple, direct, doté d’un irrésistible refrain larger than life, qu’on a envie de reprendre à tue tête même si au fond de soi on est sans doute pas tout à fait convaincu de sa portée philosophique.

Basique et manquant de punch, « Hot and cold » peine grandement sur la durée.

Autre refrain immense sur « All for the glory » qui contient tous les ingrédients du tube catégorie poids lourds.

« Danger us » paraît facile mais demeure néanmoins plaisant.

Gene Simmons tente de refaire son numéro de grand fauve instinctif sur « I’m an animal » mais cette fois ci ses efforts ne pèsent pas lourd tant le morceau manque de férocité.

Pas grand chose de notable sur « When lightning strikes » , rock standard bien exécuté mais sans relief particulier.

L’album se clôture sur une note favorable, le tubesque « Say yeah », sans doute le morceau rappelant le plus les heures les plus flamboyantes du grand Kiss.

En conclusion malgré quelques titres efficaces, qualifier « Sonic Boom » de grand album serait un mensonge éhonté dans lequel le respect que j’ai pour la carrière du groupe ne serait me faire verser.

A défaut de produire un grand choc sonique, Kiss donne l’impression de recycler ses vielles recettes pour alimenter une inspiration tournant en boucle fermée.

Mais attendre de véritables innovations de la part d’un groupe de presque sexagénaires est sans doute complètement illusoire, les membres de Kiss ont leur carrière derrière eux et de toute façon leur image est tellement forte que leur fans leur mangeront de toute façon dans la main même si ils sortent un album passable.

Toujours habile en packaging, Kiss a ajouté pour l’occasion 2 bonus : un best of (impeccable) de leurs plus grand classiques, et un petit DVD d’un de leur concert à Buenos Aires.

Un groupe de gros calibre ayant donc sorti une déflagration résonnant comme un pétard mouillé en 2009.

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 22:40



Sorti en 1979, « Dynasty » de Kiss fit beaucoup parler de lui par son virage plus disco et commercial dans la carrière des quatre affreux maquillés que sont Paul Stanley, Gene Simmons, Ace Frehey et Pete Criss.

Le scandale arriva par « I was made for loving you » , le plus grand tube de hard-disco jamais écrit dans toute l’histoire de la musique.

Le succès fut colossal et bien sur les fans purs et durs crièrent à la trahison mais en réalité je crois que beaucoup de groupes révent sans doute encore aujourd'hui en secret de trouver un jour la formule magique leur permettant un jour d'écrire un titre aussi irrésistible appartenant pour toujours au patrimoine de la musique.

Kiss rend ensuite hommage aux Rolling Stones, l’une de leurs influences majeures en reprenant « 2,000 man » en un impeccable rock rythmé et prenant.

Autre morceau plutôt soft et commercial, « Sure know something » met en valeur le charme sensuel de la voix de Stanley.

Avec ses chœurs évaporés en soutien, « Dirty livin » est un petit bijou de simplicité et de fluidité mais la grande gifle de ce disque reste « Charisma » chanté par un Gene Simmons s’intéressant fort modestement sur l’origine de son magnétisme sexuel de grand fauve.

« Charisma » possède un groove phénoménal qui couplé à la présence animale de Simmons produit d’irréversibles ravages dans le cortex de l’auditeur.

En comparaison « Magic touch » parait  bien gentillet mais demeure pourtant dans l’absolu plutôt bien troussé.

Plutôt ternes et quelconques « Hard times » et « X-ray eyes »  constituent pour moi les maillons faibles de cette « Dynasty ».

L’album termine sur « Save your love »  agrémenté de refrains intenses soutenus massivement par  la batterie de Criss.

En résumé, même si « Dynasty » est sans nul doute l’un des albums les plus commerciaux de Kiss, il n’en demeure pas moins plutôt bien exécuté et contient de grands moments de bravoure.

Le procès fait pour moi à ce disque est complétement erroné car malgré son imagerie impressionnante, le groupe a toujours pratiqué une musique en défintif plutot fun, festive ancrée dans de solides racines rock'n' roll.
Alors certes, nous ne sommes pas ici dans du hard rock velu et brutal, mais plutôt dans une hybridation réussie entre rock appuyé et rythmiques groovy terriblement accrocheuses.

L’album vaut surtout pour ces deux locomotives que sont le tube festif l’indispensable « I was made for loving you » et le plus formidablement compact « Charisma », le reste étant plutôt de bonne facture dans un style plus doux et coulé qu’à l’habitude.

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 17:04



En 2001, après sept années d’absence et en pleine période neo-métal, The Cult sort « Beyond good and evil » un pur et magistral album de hard rock complètement à contre courant des modes.

Sur cet album de grande classe on retrouve avec plaisir la voix charismatique de Ian Astbury , les guitares puissantes et racées de Billy Duffy, le double jeu de basse de Chris Wyse et de Martyn Lenoble ainsi  que la grosse présence rythmique de Matt Sorum ex batteur des Guns and Roses.

« War (the process) » entre tout de suite dans le vif du sujet :  le son de guitare est fantastique, à la fois puissant et fluide, le break central offre une respiration opportunément placée, les refrains rehaussés d’un  intense groove de batterie emportent tout sur leur passage.

On poursuit dans la même lignée avec « The Saint » et « Rise » , voix incandescente, riffs énergisants, refrains magnetiquement accrocheurs, tout glisse avec une fluidité hors norme.

Plus saccadé et scandé, « Take the power » s’en sort pourtant bien grâce à son énorme mur de son et à la qualité du jeu de guitare à l’ancienne de Duffy.

Rien à dire sur ce « Breathe » impeccable ou la voix d’Astbury fait la différence sur un refrain très mélodieux.

 « Nico » belle ballade poignante en forme d’encouragement à un ami, est vibrante d’émotion.

Retour au rouleau compresseur hard avec « American gothic » gonflé à bloc, sans doute l’un des titres phares de ce disque haut en couleur.

The Cult poursuit son sans faute et « Ashes and ghosts » composé avec Bob Rock, qui atteint des sommets proches de la perfection grâce à un refrain aérien magnifique.

Moins spectaculaire « Shape the sky » est toutefois d’un niveau hallucinant de classe.

Bob Rock encore pose sa patte sur  « Speed of light » , dégoulinant d’énergie et de mélodies ravageuses.

Deuxième ballade de l’album, « True believers » est une merveille relaxante qui fait judicieusement baisser la pression après tant une telle démonstration de puissance et de savoir faire heavy-rock.

Un « My bridges burn »  irrésistiblement incendiaire, achève brillamment cet album de tueurs.

En conclusion, « Beyond good and evil » aurait pu aussi bien pu s’appeler « Sonic temple » tant The Cult érige avec ce disque une vertigineuse  et massive cathédrale de sons.

« Beyond good and evil » est un disque de heavy-rock, de pur hard rock dans le sens de le plus noble du terme, produisant des morceaux d’une puissance inouïe tout en conservant assez de fluidité et de groove pour les rendre irrésistibles.

Ne pas se fier à sa pochette sans relief et passe partout, « Beyond good and evil » est une galette hautement énergétique, flamboyante, incandescente, scintillante de mille feux, comme seules le sont les œuvres d’artistes au sommet de leur art.

Dans un tel savoir faire, on ne peut vraisemblablement que s’incliner respectueusement.

Dommage qu’à l’époque, les jeunes n’écoutaient que Korn, Limp Bizkit et autre Slipknot passant à coté de splendides disques de hard rock à l’ancienne absolument renversants.

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 10:38


L’album de Thin Lizzy intitulé sobrement « Life » regroupe sur deux disques l’enregistrement en mars 1983 d’un concert à l’Hammersmith Odéon (Grande Bretagne) lors de la  tournée d’adieu du groupe après la sortie de leur dernier album studio « Thunder and ligthning ».
Pourquoi adieu ? Parce que Phil Lynott ravagé par l'alcool et la drogue, au bout du rouleau n'en pouvait simplement plus.

« Thunder and ligthning » justement commence de manière tonitruante le concert.

L’ambiance est chaude, on entend assez bien le public, le son est assez cru, les voix et les guitares paraissent pourtant assez faiblardes et un peu en retrait.

S’ensuit « Waiting for an alibi » , sans nul doute l’un des morceaux les plus parfaits de Thin Lizzy avec ses savantes mélodies de guitares et ce refrain magnifique.

« Jailbreak », l’un des tubes les plus connus avec ses sirènes de police hurlantes est un incontournable des concerts qui fait toujours beaucoup réagir le public.

Plus dispensable selon moi « Baby please don’t go » et ses 5 minutes tirées du dernier album.

Le concert prend alors une dimension supérieure avec le très épique « Holy war » et son riff surnaturel.

« Renegade » joué avec Snowy White développe une ambiance plus intime et émouvante ou Lynott pose sa superbe voix calme à la manière d’un conteur des temps modernes.

Le riff d’« Hollywood » ressemblant curieusement à celui de « Jailbreak » en fait un morceau efficace mais peu original.

Sur « Got to give it up » , Lynott parle avec une sincérité touchante de ses addictions.

Toute la subtilité, le talent et la finesse mélodique de Thin Lizzy s’exprime sur ce morceau fantastique chanté de manière divine par un Lynott habité.

Sombre, menaçant, sans concession, « Angel of death », montre la face plus « metal » de Thin Lizzy.

Rapide, intense et festif avec son tempo d’enfer, « Are you ready » est le morceau parfait pour chauffer un stade ce que fait à la perfection un Phil Lynott impérial.

Sur le deuxième cd figure l’autre grand tube de Thin Lizzy « The boys are back in town » qu’il est toujours agréable d’entendre dans une ambiance de concert ou le public reprend le refrain à tue tête.

Tout comme « Waiting an alibi », « Cold sweat » contient la simplicité et l’évidence proprement irrésistibles des authentiques chefs d’œuvres du rock and roll.

Jouée sur scène dans une version ralentie et terriblement émouvante, « Dont believe a word » se transforme en une ballade déchirante.

Le contraste avec un « Killer on the loose » joué avec Snowy White, rapide et puissant est flagrant mais ce morceau diaboliquement efficace produit une impression extraordinaire sur scène.

« Sun goes down » est pour moi la plus belle ballade de Thin Lizzy, et son interprétation sur une scène avec un Lynott à fleur de peau ne lui enlève rien de sa beauté crépusculaire.

 « Emerald » joué avec Brian Robertson justifie sa qualification de morceau culte avec ses superbes assauts de guitares.

« Black rose » morceau de rock classieux plutôt en dessous des autres merveilles précédemment citées voit l’arrivée de Gary Moore sur scène pour rejoindre ses anciens partenaires.

Mais le groupe ne pouvait finir sans interpréter sa ballade la plus connue, la très « Gary Moorienne »   « Still in love with you »  et son feeling bluesy qui s’éternise sur prêt de 9 minutes.

« The rocker » morceau phare du répertoire de Thin Lizzy, est interprété avec tous les anciens guitaristes du groupe, Brian Roberston, Gary Moore, Snowy White ou même plus surprenant Eric Bell qui a quitté le groupe en 1973.

En conclusion, « Life » est indispensable, sans nul doute l’un des meilleurs live de hard rock jamais enregistrés, Thin Lizzy mettant les petits plats dans les grands pour sa tournée d’adieux.

Evidemment le son aurait pu être plus travaillé, plus gonflé, remasterisé mais ceci n’enlève à vrai dire pas grand chose à la formidable interprétation d’un répertoire incroyablement riche et varié.

En 1983, le son de Thin Lizzy tendait fortement vers le heavy metal, et ce punch se ressent très fortement à l’écoute de ce disque ou une nouvelle vois la voix de Lynott fait véritablement la différence entre ce qu’on appelle un bon chanteur et un chanteur légendaire.

Sentiment dominant une fois l’écoute de ce disque achevée : le regret de ne jamais avoir vu la bête de scène Lynott et sa bande en concert.

Mais tout n’est pas perdu pour autant, Thin Lizzy reformé tourne encore, John Sykes et Scott Gorham assurant les chants à la place du regretté chanteur, Brian Downey le batteur originel ayant quitté le navire.

Nostalgie quand tu nous tiens …

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 10:54


Je viens d’écrire deux critiques peu élogieuses sur Thin Lizzy et je n’en suis pas heureux.

Fort heureusement, voici « Thunder and lightning » avec sa pochette un peu cliché mais sympathique pour redresser la barre et faire un peu plus justice à ce groupe aussi talentueux qu’ attachant.

Sorti en 1983 l’année ou Yannick Noah remportait Roland Garros, « Thunder and lightning » est le dernier album de la carrière des Irlandais.

Comme pour beaucoup de groupes de rock, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille pour Thin Lizzy qui a connu de multiples turbulences liées à l’alcoolisme et à la drogue, puis de nombreux changements de personnel, le départ de Brian Robertson, celui de Gary Moore, avant l’arrivée en 1982 d’un claviériste nommé Darren Wharton.

Sur cet album, c’est John Sykes qui prendra place aux cotés de Scott Gorham aux guitares, le reste du groupe étant constitué de l’inamovible paire Lynott-Downey.

On sait tout à présent ou presque de la vie tumultueuse de Phil Lynott, son statut d’hommes à femmes, de buveur cogneur de bars mais aussi son mal être, son addiction à l’heroine, qui le conduira à un décès prématuré par overdose en 1986.

Privé de son ame créatrice et de son charismatique chanteur, Thin Lizzy ne se remettra jamais de cette perte.

Pourtant cette déchéance ne se ressent pas de manière flagrante à l’écoute de ce disque.

« Thunder and lighting » débute l’album de manière conquérante par un déluge d’énergie électrique et de puissance dévastatrice.

La musique de Thin Lizzy a ici pris de l’épaisseur et flirte ici avec le heavy metal dans son approche.

Après cette démonstration de puissance brute, « This is the one » poursuit dans la même veine mais en ajoutant habilement un refrain plus accrocheur, irrésistible ou tout le charisme de Lynott peut s’exprimer.

Toute en subtilité et en classe infinie, « The sun goes down » est pour moi la plus belle ballade jamais écrite par Thin Lizzy.

On sent beaucoup de lassitude dans la voix de Phil sur cette ballade crépusculaire, prémonitoire, agrémentée de superbes effets de claviers et d’un solo à la beauté déchirante.

Difficile de ne pas être touché par la mélancolie de ce morceau quand on connaît la destiné tragique du chanteur.

« The holy war » (le morceau préféré d’Oussama Ben Laden ?) est également un titre magique, donnant des frissons dans l’épine dorsale avec son riff de guitare surnaturel et son souffle épique prodigieux.

Très intense avec son  riff typiquement heavy metal, « Cold sweat » renoue avec le coté instinctif, sauvage et bagarreur de rue des Irlandais.

Meme si moins réussi, « Someday she is going to hit you back » est néanmoins agréable avec son tempo rapide et ses énormes solo de guitares.

Alors qu’on pouvait s’attendre à une ballade plaintive, « Baby please don’t go » est en réalité véloce sans être absolument inoubliable.

Après cette légère perte de vitesse « Bad habits » renoue avec un hard rock plaisant, fluide avec son refrain très séduisant.

Brillant et enlevé, « Heart attack » parachève ce disque de haute volée.

De manière inquiétante et prémonitoire avec le recul, cette chanson parle de crise cardiaque, d’overdose et de mort, preuve que Lynott était lucide sur son état.

En conclusion, marquant une sorte de renouveau pour Thin Lizzy, « Thunder and litghning » porte fort bien son nom.

Ayant influencé la plupart des grands groupe de heavy metal des années 70/80 comme Judas Priest ou Iron Maiden par ses harmonies de guitare si particulières et novatrices, Thin Lizzy reprend ici à bon escient une partie de son héritage pour insuffler une coloration heavy metal à son hard rock mélodique.

Le résultat est faramineux, avec une première partie du disque écrasante de puissance et majesté.

Thin Lizzy perd donc ici son coté bluesy au profit d’un son plus puissant mais sans toutefois renier la classe habituelle de ses mélodies enchanteresses.

« Thunder and lighting » referme donc un peu tristement une des plus belles pages de l’histoire du rock avec le sentiment que le groupe avait encore beaucoup à donner artistiquement parlant.

Alors si pour beaucoup U2 est le plus grand groupe irlandais de tous les temps, pour ma part mon cœur battra toujours plus fort pour Thin Lizzy.

Un chanteur incroyablement charismatique à la voix chaude et émouvante, un son de guitare alliant puissance et beauté… tel était le hard rock de pur sang de Thin Lizzy.

Il paraît qu’une statue à la gloire de Phil Lynott a été érigée à Dublin.

Ceci n’est que justice pour tout ce qu’il a apporté à la musique.

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 18:54


« Bad reputation » succède à « Johnny the fox » en 1977, Thin Lizzy continuant à produire ses disques à la cadence impressionnante de un par an.

Pour ce disque, le line up reste le même que sur les trois disques précédents malgré quelques frictions entre Brian Robertson et le reste du quatuor irlandais.

« Soldier of fortune » calme, doté de superbes mélodie de guitares, commence l’album tout en douceur.

Certes la touche mélodique made in « Thin Lizzy » est la mais ce titre manque d’accroche selon moi ce qui n’est pas le cas de « Bad reputation » qui allie les habituelles harmonies des doubles guitares à un tempo plus enlevé.

Très tortueux, « Opium trail » n’a d’intérêt que par ses passages de guitare de haute volée tant le chant paraît terriblement effacé.

« Southbound » avec un refrain irrésistible égrené par la voix magique de Lynott est la ballade mémorable de l’album.

Plus surprenant avec son saxophone et son tempo groovy, « Dancing in the moonlight » montre une facette plus commerciale et grand public du groupe.

Alambiqué et tortueux « Killer without a cause » ne décolle jamais vraiment.

Suivent alors deux ballades lisses , la très mollassonne « Downtown sundown » et « That woman gonna break your heart » qui malgré des  solo de guitare de grande classe pour cette dernière ne convincquent guère.

« Dear lord » est à l’image de l’album tout entier : globalement poussif malgré quelques brefs passages intéressants notamment une intro et une outro réussies.

En conclusion, malgré sa bonne réputation, « Bad reputation » est pour moi plutôt conforme à son titre.

Contrairement à « Jailbreak » boosté par des tubes incontournables ou à un « Fighting » en équilibre dynamique permanent entre hard et mélodie, « Bad reputation » est un album bien calme, bien terne sans globalement de véritables chansons faisant figure d’incontournables.

Alors certes « Southbound » ou « Bad reputation » sont tout à fait respectables, certes le feeling prodigieux de la paire Gorham/Robertson est toujours présent pour titiller délicatement nos délicates oreilles et assurer un minimum d’agrément à l’écoute mais globalement on trouve le temps bien long.

Pour la première fois je trouve également le chant de Phil Lynott à l’image des morceaux plutôt effacé et en retrait.

Un album qui à mon avis ne peut plaire qu’aux adeptes de rock doucereux et de hard édulcoré qui berce plutôt qu’il ne secoue.

Comme un écho à mes propos, Brian Robertson quittera le groupe peu après ce disque d’ailleurs comme pour se venger de son départ, Thin Lizzy fera disparaître son visage sur la pochette.

Pas très fair play.

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 21:36


Profitant du fort succès de leur album « Jailbreak », les quatre mousquetaires de Thin Lizzy décident de battre le fer tant quand il est encore chaud et sortent « Johnny the fox » la même et donc divine année 1976.

Si j’avais été dithyrambique sur un« Fighting » inspiré, plus mesuré sur « Jailbreak » plus calibré , force est de constater que « Johnny the fox » est sans doute à placer entre les deux.

On notera tout d’abord la magnifique pochette mystérieuse et ésotérique, avec son inspiration tirée de légendes celtes.

Le morceau d’ouverture « Johnny » représente pour moi la plus parfaite expression du hard rock, tempo vif et enlevé, rythmique en acier, voix grondante mais maîtrisée, guitares effilées, menaçantes, tranchantes comme des lames de rasoirs viennent prouver que Thin Lizzy appartient à la race des Saigneurs du son.

Bien que moins intense que son cousin, « Rocky » est un titre au rock pugnace plombé de solo de grande envergure de la paire magique Gorham/Robertson.

Le groupe quitte son mode mauvais garçon pour accoucher de « Borderline », une langoureuse ballade aux forts accents de country-folk.

Que dire de « Dont believe a world » si ce n’est que ce morceau possède la séduction immédiate des chef d’œuvres, avec son rock racé, mélodique combiné à une fluidité dépassant l’entendement.

Bien que très doux et calme, « Fools good » est néanmoins rendu agréable par la voix toujours émouvante de Lynott.

« Johnny the fox meets Jimmy the weed » est un titre fantastique, d’une originalité incroyable, avec une rythmique très funky et un phrasé quasi parlé de ce diable de conteur irlandais.

Moins original « Old flamme » renoue avec les ballades un peu trop cotonneuses à mon goût.

Sur « Massacre » , le groupe retrouve son inspiration pour créer un morceau intense porté par un chant à la fois éthéré et mélancolique.

Thin Lizzy poursuit sa politique d’alternance avec une nouvelle ballade « Sweet Marie » encore une fois trop étirée et larmoyante pour moi.

Fort heureusement plus rythmé, « Boogie woogie dance » vient clôturer cet album de manière festive avec un Lynott au charisme quasi sexuel de grand fauve insatiable.

En conclusion « Johnny the fox » aurait pu être un chef d’œuvre tant il contient certaines de plus belles réussites du groupe, véritables merveilles du genre mais  Thin Lizzy cède à mon sens trop systématiquement à son péché mignon : le slow qui tue avec ces très longues ballades ici franchement moyennes qui viennent plomber un album souvent par ailleurs grandiose.

On oublie alors un peu trop vite à mon goût les délicieux frissons de la rue que savent si bien créer Lynott et sa bande pour trop sagement rentrer chez soi déguster de bonnes grosse tisanes au coin du feu.

Dommage donc pour un album tout de même globalement remarquable.

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 13:17


Nous venons de passer 1975, les années 70 très créatives sur le plan artistique se suivent et Thin Lizzy enchaîne les albums de qualité à une cadence impressionnante.

En 1976, le groupe irlandais explose en sortant « Jailbreak » sans doute son plus gros succès commercial.

On appréciera au passage la belle pochette, fortement inspirée par l’imagerie des comic books.

Le personnel est le même que sur l’album précédent, à savoir la rythmique infernale Phi Lynott/Brian Downey, et l’une des paires de guitaristes les plus influentes de l’histoire du rock, Scott Gorham/Brian Robertson.

« Jailbreak » ouvre l’album, il s’agit d’un véritable tube à grande compacité, doté d’un riff typiquement hard rock aussi célèbre que percutant, et d’un refrain faisant figure d’hymne ayant pour beaucoup contribué à sa renommée mondiale.

Le morceau est direct, impeccable, peut être trop du reste à mon modeste avis, Thin Lizzy mettant de coté ses mélodies racées pour gagner un temps en puissance et en efficacité.

« Angel from the coast » en comparaison fait presque figure de poids plume, manquant de punch sans parvenir à renouer avec la richesse mélodique des débuts.

Bien que plus réussi, « Running back » ne peut être considéré autrement que comme un titre anecdotique à peine moyen.

Le groupe continue dans une veine rock avec « Romeo and the lonely girl » dont les belles qualités mélodiques transcendées par la voix aérienne de Lynott font passer un agréable moment.

« Warriors » malgré un coté insatisfaisant, brille par son atmosphère épique et par ses solo lumineux.

« The boys are back in down » est le deuxième tube de ce disque et sans doute la chanson la plus connue du répertoire de Thin Lizzy.

Plus douce que « Jailbreak », cette chanson doit son coté « hymne » autant à  ses qualités mélodiques qu’ à son refrain irrésistible portée par la voix magique de Phil Lynott.

Ce morceau mythique prendra définitivement part à la culture américaine et sera souvent utilisé au cours de cérémonies militaires ou sportives ce qui en dit long sur son coté grand public.

« Fight for all » est malgré son titre accrocheur une très belle ballade gorgée de blues ou transparaît toute la classe du groupe.

« Cowboy song » en revanche prend pied dans un rock calme teinté de country ce qui n’est pas le style que je préfère.

L’album termine par « Emerald » l’un des morceaux de Thin Lizzy les plus inspirés en raison de son coté épique, de ses incessants et prodigieux duels de guitares aussi puissantes que mélodiques.

Au final, j’ai un avis quelque peu partagé sur « Jailbreak ».

Loin de considérer cet album comme un classique et le meilleur de Thin Lizzy, je lui trouve un coté inégal que ses gros tubes et ses moments forts ne parviennent pas à compenser.

Comme souvent, pour toucher un public plus large et en quelque sorte écrire son "Highway to hell" , le groupe a compacté ses morceaux, leur donnant plus d’efficacité mais leur enlevant un peu de leur charme d’antan.

Néanmoins « Jailbreak » contient deux énormes tubes, un morceau estampillé culte (« Emerald ») ,  ce qui suffit à lui assurer un intérêt respectueux de ma part.

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 11:38


Je tenais à rendre hommage à Thin Lizzy, légendaire groupe de hard rock des années 70 qui a été injustement oublié dans l’histoire de la musique comparativement à son énorme talent et influence.

Thin Lizzy est un groupe irlandais de Dublin qui à ses débuts pratiquait un rock matiné de blues et de country/folk avant de s’orienter vers le milieu des années 70 vers une musique plus musclée lorgnant vers un hard rock inspiré d’une prodigieuse richesse mélodique.

Après avoir commencé à faire parler de lui en reprenant « Whiskey in the jar » de Bob Seger en 1973, le groupe aspire à s’imposer par ses propres compositions et donne naissance à partir de leur album « Nightlife » à une succession de disques qui va le faire exploser au niveau international.

« Fighting » sorti en 1975 est donc le deuxième album issu de cette éclosion d’un talent brut dévoilé à la face du monde.

Le guitare héros Gary Moore ayant quitté le vaisseau après «Nightlife », le groupe stabilise son personnel avec Brian Downey à la batterie, le génial duo de guitares Scott Gorham/Brian Robertson et bien sur l’homme sans qui Thin Lizzy n’aurait jamais sans doute eu autant  d’ame, l’exceptionnel chanteur, bassiste, compositeur Phil Lynott.

« Fighting » débute (encore une fois ! ) par une reprise de Bob Seger, « Rosalie » qui n’a rien à voir avec le classique du regretté pachyderme Carlos, mais qui montre tout de suite le formidable potentiel du groupe.

Porté par une mélodie rock fraîche, fluide, agréable et presque « facile », « Rosalie » est le genre de morceau qu’on se surprendrait un jour à fredonner sans s’en rendre compte dix ans aprés l'avoir écouté tant il est au final prodigieux.

Il faut dire que la voix magique, chaude et sensuelle de Lynott y est pour beaucoup.

« For those who love to live » est typique de Thin Lizzy, guitares aériennes se chevauchant en un déluge de riffs de grande classe, basse-batterie insufflant un groove irrésistible, voix soul magnétique, l’ensemble formant un régal de subtilité ...

« Suicide » est le premier morceau véritablement hard rock du disque, les riffs sont puissants, les solo fantastiques d’intensité, le chant de Lynott plus dur avec un refrain d’une grande efficacité.

« Suicide » est un classique de Thin Lizzy qui étire ses griffes comme un gros félin puissant et gracieux sur plus de 5 minutes d’enchantement.

Tutoyant les anges, « Wild one » montre toute la finesse et l’émotion que pouvait générer ce groupe doté d’un chanteur au feeling prodigieux.

Autre morceau plus rugueux, « Fighting my way back » passe formidablement bien avec son refrain puissamment martelé.

Plus tranquille et doté d’une structure alambiquée hachant son rythme, « King’s vengeance » est peut être le premier morceau au dessous du lot de l’album.

Lui succédant, « Spirit slip away » est une ballade d’une classe et d’une beauté exceptionnelles, réussissant le tour de force de surpasser le pourtant excellent « Wild one ».

Classe folle toujours, car avec sa basse omniprésente et son rythme lent légèrement reggae, « Silver dollar » est rendu irrésistible par les divines envolées aériennes de la voix de Lynott.

« Freedom song » est un titre rock sympathique mais qui fait pale figure comparé aux merveilles garnissant cette précieuse galette.

Avec son rythme syncopée et puissant, ses guitares emphatiques et toute la verve de conteur de rue de son interprète, « Ballad of a hard man » conclut de manière terriblement convaincante ce disque fantastique.

« Fighting » appartient pour moi aux disques de grande classe, aux chefs d’œuvre du hard rock des années 70.

On y retrouve en effet tout le charme redoutable de Thin Lizzy, à savoir ce son de guitare si particulier (les connaisseurs parleront de ces accords à la tierce si caractéristiques ), ce coté à la fois direct et sophistiqué, gentleman séducteur et bagarreur de rue, ce mélange de puissance et de mélodie noyé dans un feeling sonnant irrésistiblement rock.

Pour moi le rock et son cousin le hard rock n’ont  jamais été aussi bon que lorsqu’ils se sont enrichis d’autres influences tout en parvenant à garder leurs fondamentaux.

C’est ce que Thin Lizzy est parvenu à faire dans les années 70 synthétisant une forme supérieurement novatrice de hard rock.

Ce groupe est pour moi à l’image de son regretté chanteur, métisse Afro-Brésilien et Irlandais capable d’intégrer aussi bien la culture noire que la culture celtique dans sa musique.

Comme sans doute son modèle Jimmy Hendrix, Phil Lynott synthétisait donc inconsciemment les cultures africaine et européenne ce qui donna à son hard rock ce son si particulier et envoûtant.

Il est pour moi toujours gênant de constater combien ce groupe est tombé dans l’oubli aujourd’hui.

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