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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 19:16

sligth_case_overbombion.jpg

5

 

 

La musique toujours avec un groupe plutôt mystérieux malgré le fort succès commercial qu’il rencontra à la fin des années 80, The sisters of mercy.

En seulement deux albums majeurs, Floodland et Vision thing, ce groupe de rock gothique anglais acquit un statut définitivement culte.

Sorti en 1993, «  A slight case of overbombing » est un copieux best of de la carrière du groupe mené d’une main de fer par le chanteur gourou Andrew Eldritch qui fit bien souvent un cavalier seul s’acoquinant brièvement avec quelques musiciens comme Craig Adams, Patricia Morrison, Tony James (basse) , Gary Marx, Wayne Hussey, Andreas Bruhn, Tim Bricheno (guitares) le temps d'un album.

La compilation débute en douceur avec « Under the gun » superbe duo mélancolique avec Terri Nunn du groupe Berlin avant de poursuivre avec « Temple of love » dont la version orientale de 1992 avec la chanteuse israélienne Ofra Haza, fut assurément le plus grand tube des sœurs.

S‘étirant sur plus de huit minutes très rythmées, « Temple of love » réussit un mélange divin des sonorités froides et puissantes des anglais avec la chaleur, la sensualité et la grâce aérienne de la musique orientale.

D’un approche plus traditionnelle mais néanmoins efficace, « Vision thing » déploie le coté rigide et mécanique des sisters of mercy avec cette infernale boite à rythme appelée Doktor Avalanche au son onmiprésent sur lequel se pose la voix rauque d’Eldritch.

On ne peut pas dire non plus que le répétitif et lisse « Detonation boulevard » marque franchement les esprits.

Rythme rapide, claviers très eighties et chœurs féminins viennent soutenir favorablement « Doctor jeep » avant que ne déboulent les immense tubes issus de « Floodland ».

Le premier d’entre eux, le solide « More » assène un tempo intense,  obsédant puis des refrains grandioses avec cette alliance entre la voix puissante et sensuelle de Eldritch et de superbes chœurs féminins.

Arrive ensuite « Lucretia my reflection » sombre, puissant et tourmenté avec ce beat de batterie robotique qui vous gifle le visage en permanence et ses gigantesques refrains qui vous emportent au bout du monde.

La formule est encore améliorée avec l‘hypnotique « Dominion/Russia » truffé de saxophone et de chœurs au souffle épique irrésistible.

Le clip tourné à Petra en Jordanie avec des cavaliers arabes et des temples sculptés dans la roche est également un must incontournable pour qui aime le dépaysement.

Le feu d’artifice ne faiblit pas sur le monstrueux « This corrosion » sans nul doute ma chanson préférée de ces corbeaux de bonheur car développant sur plus de dix minutes une ambiance surpuissante quasi religieuse extrêmement impressionnante.

Plus rock et moins grandiloquent, « No time to cry » est néanmoins prenant par son coté sombre et mélodique.

La puissance des Sisters of Mercy est toujours belle et bien présente sur « Walk away » doté de refrains incroyables dignes des meilleurs hits de dark new wave.

Le best of se termine avec « Body and soul » titre atmosphérique très éthéré plusieurs crans en dessous des perles le précédant.

En conclusion, «  A slight case of overbombing »  est un excellent best of mettant très bien en evidence le niveau ahurissant des compositions des Sisters of Mercy.

Si on veut résumer, dans la carriére du groupe, « Floodland » se détache nettement des autres disques et pourrait à lui seul constituer un best of.

L’interet de cette compilation est de donner la part belle à cet album phare mais également de ne pas oublier les autres fantastiques hits comme « Temple of love » ou « Walk away » .

En comparaison de ces immenses chef d‘œuvres, les titres de « Vision thing » paraissent presque plus quelconques.

«  A slight case of overbombing »  est donc pour moi incontournable pour tout amateur de rock gothique et de new wave sensible à cette incroyable combinaison de puissance et de mélodie réalisée par les Sisters of Mercy (pour la musique).

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 22:32

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2

 

 

Après le très grand succès de « Draconian times » , Paradise Lost se trouve un peu déstabilisé et décide de changer d’orientation musicale.

La mue débute avec « One second » sorti en 1997 et dont on notera la pochette dérangeante et donc forcément rock and roll ( !) nous renvoyant à notre propre vieillesse et au final à notre propre trépas.

On attaque en douceur avec « One second » , superbe mid tempo atmosphérique baignant dans des mélodies enveloppantes ou la voix de Nick Holmes charme plus qu’elle ne secoue et ou les guitares se font moins offensives.

Le second titre , « Say just words » reflète sans doute pour la première fois une approche plus commerciale, avec un tempo dynamique, des refrains emballant soutenus par un gimmick de clavier des plus accrocheurs.

Le groupe reprend un mode plus tortueux et lent avec « Lydia » pour un résultat somme toute assez décousu.

Les bruitages électroniques envahissent l’espace sonore sur « Mercy » baignant pourtant dans les atmosphères de douceur mélancolique qu’affectionnent tant les anglais.

Plus dynamique bien qu’hybride électrique/électronique, « Soul courageous » parvient tout de même à réveiller fugacement l’auditoire.

Le registre de la power ballade est ensuite abordé avec bonheur sur« Another day »  avec une alternance de couplets légers et de refrains plus costauds.

On retourne ensuite aux ambiances électroniques, dark et cotonneuses avec « The sufferer » puis l’atone « This cold life » qui traînent lamentablement leur misère.

« Blood of another » tente faiblement de réintroduire une certaine dynamique de guitare mais le résultat est bien timide.

Une embellie se produit sur « Disappear » plus contrasté entre subtils passages planants et envolées plus puissantes avant que  « Sane » mélodique mais trop mou ne retourne dans le marasme.

L’album se termine par une magnifique ballade glacée « Take me down » plongeant dans un vertigineux abîme de désespoir.

En conclusion, deux ans après « Draconian times » le choc est rude au regard du brusque changement d’orientation effectué par Paradise Lost.

Les guitares lourdes n’ont ici qu’un rôle d’appoint par rapport aux expérimentations électroniques, le chant rageur et puissant de Holmes a disparu et cette perpétuelle oscillation entre force et mélodie qui faisait la grande force du groupe s'est bel et bien envolée.

A l’exception du trompeur « Say just words », « One second » est un album majoritairement calme et atmosphérique.

La noirceur et le désespoir du groupe sont toujours présents mais la forme a ici changé délaissant la force du metal pour une musique plus subtile, plus froide et plus lisse.

Trop aventureux pour moi, « One second » est à ranger dans la catégorie expérimentation.

Paradise Lost poussera la formule encore plus loin deux ans après sur le très controversé « Host » évoquant plus Depeche Mode que Metallica, ce qui le désolidarisera encore plus de ses fans et provoquera sa chute.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 22:28

October_rust.jpg

2

 

 

Si vous êtes curieux de nature et désirez jeter une oreille sur la musique de Type O Negative, « October rust » sorti en 1996 tout comme « Bloody kisses » est l’album de référence à écouter en priorité pour vous faire une idée du style pratiqué par cette légende du métal gothique.

Après avoir officié dans un style hardcore au début des années 90, les new yorkais prennent ensuite en 1993 un virage à 180° en se découvrant des penchants romantiques.

Suite à sa première percée, Type O Negative change de batteur, Sal Abruscato étant remplacé par Johnny Kelly qui deviendra le batteur officiel du groupe pour les années à venir.

Avec sa pochette noire et verte très sobre, le soi disant meilleur album de Type O  débute par « Bad ground » une piste vide de quelques secondes suivie d’une courte déclaration des quatre facétieux musiciens.

Le premier véritable titre s’incarne en « Love to death » et la ça ne rigole plus du tout, une voix d’outre tombe grave et sensuelle susurre de lancinante mélopées sur des riffs d’une lourdeur inouïe agrémentés de somptueux claviers.

Le tempo est d’une lenteur effarante et hypnotique, le temps se dilate sur plus de sept minutes et le groupe nous emmène dans un voyage dans son univers sombre et éthéré.

Le ton est donné et Type O enchaîne avec « Be my druidess » en forçant la dose dans le registre pesant et romantique.

L’auditeur se sent anesthésié, bercé par la guimauve collante de « Green man » mais sans réellement pouvoir s’arracher à son lent supplice.

L’enterrement se poursuit sur « Red water (Christmas mourning) », grandiose, sinistre et étirée à l’extrême sur ses presque sept minutes.

C’est à vrai dire magnifique mais on aimerait bien que certaines ruptures rythmiques surgissent de temps à autre pour nous surprendre et nous réveiller.

Voici alors que surgit le coup de maître de ce disque, le très pop, sexy, et frétillant « My girlfriend’s girlfriend » vantant les mérites de l’amour à trois (deux femmes et un homme) .

Avec ses refrains entêtant, son gimmick de clavier ravageur, son format radio et son coté léger, « My girlfriend’s girlfriend » fut un tube particulièrement mérité.

Mais l’embellie est de courte durée puisque le groupe revient vite avec « Die with me » à son spleen romantique dans une version toutefois allégée.

Rien à signaler sur « Burn flowers fallen » ou « In praise of Bacchus » bien pénibles car englués dans leurs ténébreuses mélodies agonisantes.

La reprise de Lou Reed, « Cinnamon girl » se montre plus percutante avec son tempo un poil plus soutenu et ses refrains plus accrocheurs.

Après un interlude bizarroïde au nom imprononçable « The glorious liberation of people’s … » , on aborde la dernière longue ligne droite de ce disque douloureux avec « Wold moon (including zoanthropie paranoia) » plus intense malgré sa longueur et sa pensanteur sans limite, avant d’être achevé par « Haunted »  monstrueuse prière de plus de 10 minutes ou nos dépressifs gothique se surpassent véritablement dans le coté sépulcral.

En conclusion, comme ces plats trop copieux que vos grands parents vous obligeaient à honorer cinq fois dans un même repas, « October rust » ne constitue pas un met suffisamment assimilable pour mon organisme.

Avec ces titres lents, longs et interchangeables, certes aux mélodies souvent grandioses portées par la magnifique voix caverneuse du regretté Peter Steel, Type O Negative finit par assommer l’auditeur sur la durée shooté par une overdose de tranquillisants.

A l’exception notable de « My girlfriend’s girlfriend »,  « October rust » ne contient aucune variation, aucune rupture, aucune accélération et se transforme au final en un lent et morne enterrement ennuyeux comme un jour de pluie sans fin dans la campagne écossaise.

Une œuvre sans doute dans l’absolue tout à fait respectable artistiquement parlant mais à laquelle j’ai été plutôt hermétique.

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 21:46

In_requiem.jpg2

 

 

Après « Paradise Lost » sorti en 2005 qui marquait un fort retour à ses racines métal, Paradise Lost poursuit son come back version dur à cuir avec « In requiem »  sorti deux ans plus tard en 2007.

Le nouveau batteur Jeff Singer, déjà présent sur le précédent album est toujours en place pour épauler le line up original des années 90.

On notera la pochette cette fois extrêmement morbide à la limite du supportable et en parfaite adéquation avec la tentative de retrouvaille d’une image plus dure même si à vrai dire je ne suis pas convaincu de l’intérêt de la démarche.

Ce requiem débute avec « Never for the damned », qui malgré la lourdeur métallique de ses guitares, reste englué dans un groove visqueux et collant comme du goudron liquide.

Après ce début pâteux et léthargique comme un mauvais lendemain de fête, « Ash & Debris » redresse la barre avec son rythme plus rapide et incisif.

Premier single sorti à l’époque, « The ennemy » frappe fort par ses refrains appuyés de chœurs sépulcraux et de voix féminines aériennes, procédé certes toujours efficace mais trop mainte fois utilisé dans la musique gothique pour encore surprendre.

On préféra se souvenir du vidéo clip, très réussi, montrant le groupe fusillé par un peloton d’exécution dans une région montagneuse austère de l'europe de l'est.

Moins agressif, « Praise lamented shade » est sans doute le premier morceau intéressant de ce disque, car soutenu par une belle ligne mélodique et par des voix aériennes tournant au ralenti, exercice dans lequel le groupe anglais a toujours excellé.

Malgré les efforts de Holmes pour chanter dans un style rugueux similaire à celui de « Draconian Times » ,  « Requiem » patauge avec ses riffs patauds et peu inspirés.

Adouci de légères touches électro, « Unreacheable » s’avère en revanche un véritable chef d’œuvre de musicalité, de subtilité et de classe digne du meilleur de Paradise Lost.

Privés d’énergie brûlante ou de finesses mélodiques, « Prelude to descent » et « Fallen children » qui ressemble à du Metallica des mauvais jours, déçoivent dans la durée malgré quelques brefs passages intéressants.

Sombre et puissant « Beneath black skies » passe plutôt mieux malgré un coté trop mécanique, tandis que  « Sédative god » en pilotage automatique se montre trop facile pour séduire.

Le très mollasson « Your own reality » clôt de manière soporifique ce disque bien terne.

En conclusion, il est évident que « In requiem » est un album 100% métal mais en voulant à tout prix retrouver une légitimité dans son style de prédilection, Paradise Lost appauvrit pour moi considérablement son style pourtant en évolution constante depuis ses débuts.

Ainsi les mélodies de guitares de Mackintosh jadis dotées de pouvoirs quasi hypnotiques s’évanouissent ici au profit d’un style plus pataud et surtout manquant cruellement d’ame.

Alors certes le retour des gros riffs de sortie pourra sans doute ravir les fans aux gouts les plus étroits mais l’émotion qui prenait jadis aux tripes est donc pour moi ici bel et bien partie en fumée.

Malgré une poignée de rares bon titres bien esseulés, « In requiem » ressemble pour moi à une mauvaise copie de « Draconian times » réalisée par un cancre du dernier rang.

Me laissant pétri de doute, « In requiem » estt donc à se demander si le groupe a eu raison de revenir à ses racines douze ans aprés son chef d'oeuvre.


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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 20:21

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5

 

 

Sentant qu’il est temps de redresser la barre, Paradise Lost sort moins d’un an après « Believe in nothing » un autre album en 2002 intitulé « Symbol of life ».

Avec sa pochette bizarroïde représentant une superposition d’un squelette de serpent incandescent et la trajectoire d’un colt sur fond noir,  « Symbol of life » s’entame avec « Isolate », morceau calibré hit single au groove fluide et accrocheur.

C’est propre, efficace et bien exécuté.

Le son de guitare n’est toujours pas aussi écrasant et métal qu’à ses débuts, l’électronique est toujours bel et bien présente mais le mélange fonctionne bien comme le prouve l’incroyable « Erased » dont l’efficacité mélodique est encore rehaussée par l’emploi d’une voix féminine sur les refrains.

Deux titres et autant de hits en puissance, Paradise Lost choisit alors de freiner quelque peu ses velléités commerciales avec « Two world s » morceau de transition lent, dépressif et torturé, si caractéristique de la veine artistique habituelle du groupe.

Le mariage entre sonorités électroniques et guitares rock est encore une fois célébré.

Plus réussi, « Pray nightfall » pousse le coté mélodique et éthéré encore plus loin avec un Nick Holmes en apesanteur vocale.

Dans une veine lancinante et torturée jusqu’à l’excès le groupe aligne l’étrange « Primal » sans doute idéal pour plomber l’ambiance dans une soirée.

Après cette plongée glaçante dans les affres du désespoir, l’auditeur est tiré du trépas par « Perfect mask » authentique hit single à l’irrésistible charme envoûtant.

Avec son timbre similaire à celui James Hetfield de Metallica, le chant de Holmes atteint la perfection sur ce titre fantastique aux sonorités légèrement orientales.

Puisant avec génie dans ses fantastiques qualités mélodiques, Paradise Lost côtoie alors l’excellence avec « Mystify » superbe morceau à la fois classe et mélancolique puis l’exceptionnel « No celebration » hanté par une tristesse, une élégance et une beauté spectrale inégalables.

Après de telles merveilles, « Self obsessed » un poil plus enlevé permet de reprendre ses esprits en douceur avant que le très planant « Symbol of life » vienne à nouveau nous replonger avec ravissement dans les affres de cette beauté aussi glacée, envoûtante et mystérieuse qu’une héroïne hitchcockienne.

Dernier titre de ce disque fort en thème, « Channel for the pain » termine par le morceau le plus nerveux et métal de ce disque tout en conservant un coté très accrocheur sur les refrains quasi divins.

Encore fois, malgré son coté relativement meestimé « Symbol of life »  peut être considéré comme un disque de très haut niveau.

Paradise Lost poursuit sa transition musicale en douceur, remettant progressivement les guitares en avant tout en laissant toujours une bonne place à l’électronique jadis omniprésente sur « Host ».

Le résultat est excellent tout simplement parce que les compositions sont de très grande qualité alternant morceaux plutôt rapide et accrocheurs avec d’immenses titres mélodieux et tristes qui ont fait la renommée du groupe.

Pas si métal, très mélodique et soigné, (Holmes a semble t il délaissé une fois pour toute le chant guttural de ses débuts) « Symbol of life » constitue pour moi une œuvre équilibrée, variée, d’une grande qualité et capable de séduire les mélomanes les plus avertis.


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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 23:27

Draconian_times.jpg5

 

 

L’album « Draconian times » marque sans doute l’apogée de Paradise Lost en 1995.

Ayant complètement achevé leur mue et s’étant à présent tout à fait débarrassé du doom/death de leurs débuts, les Anglais sont alors amènes de proposer la formule magique qui fera exploser leur carrière avec un gothic metal de grande classe.

La formation reste ici inchangée par rapport à ses débuts à l’exception du batteur Lee Morris qui remplace Matthew Archer.

Pour le reste c’est toujours Nick Holmes au chant, Gregor Mackintosh/Aaron Aedy aux guitares et Steve Edmondson à la basse.

La pochette tout d’abord véritable œuvre d’art signée Holly Warburton, évoquant une superbe peinture aux couleurs vives est sans nul doute l’une des plus classieuses de l’histoire du métal/rock.

« Draconian times » débute par le bien nommé « Enchantment », qui après une magnifique introduction aux claviers toute en finesse laisse la place à un morceau à la beauté sombre, farouche, au rythme lancinant et hypnotique.

Le son de guitare puissant et enveloppant est contre balancé par de splendides mélodies de claviers qui viennent aérer ces ambiances suffocantes.

La voix de Holmes est à la fois rauque, puissante et grondante tout en parvenant à restituer de surprenants passages aériens et subtils au calme enivrant.

Le chanteur réussira le tour de force de rééditer l’exploit de danser sur la corde raide pendant toute la durée du disque.

Les chœurs en soutien assurent à l’ensemble une dimension épique inouïe, quasi religieuse.

« Enchantment » en est un et démarre l’album par un chef d’œuvre grandiose.

On enchaîne avec « Hallowed hand » qui poursuit dans la même veine, mélodique, triste, pesante et parfois coléreuse avant  « The last time »  aux riffs plus offensifs et au rythme un poil plus énergique.

Autre gros moment avec « Forever failure » , longue agonie brumeuse zébrée d’éclairs orageux.

On a l’impression d’assister à l’enterrement d’un proche, on est chaviré d’émotions avec l’envie folle de serrer forts les survivants dans ses bras pour les réconforter.

Les mélodies sont superbes de fluidité et d’élégance.

Tempo plus soutenu sur « Once Solemn » inexorable rouleau compresseur métallique venant brièvement rappeler les influences jadis plus extrémistes du groupe.

Rythme toujours alerte avec « Shadowkings » qui fonctionne bien malgré des refrains distordus un peu déroutants.

Le spleen revient ensuite avec « Elusive Cure » avec ses grands refrains déchirants et ses guitares éthérées.

Plus emballant est « Yearning for change », véritable ode presque osons le mot optimiste ( !) avec ses refrains dynamiques et fédérateurs avant d’être plombée par un final glauquissime psalmodié jusqu’à l’enlisement.

Lenteur, mélodies, mélancolie et noirceur à fleur de peau jonchent le sol de « Shades of God ».

Holmes module à la perfection sa voix sur «  Hands of reason » idéale balance entre dépression anesthésiante et courtes explosions de rage sourde.

Plus répétitif « I see your face » est peut être le morceau le moins inspiré de ce disque avant que l’infernal machine à distiller le charme vénéneux de la rêverie mélancolique ne revienne nous titiller sur « Jaded ».

En bonus on trouvera « How soon is now » beau, calme et pur comme un lac éclairée à la pleine lune et « Fear » autre formidable vestige d’une ère dévouée à un metal plus musclé et violent.

En conclusion, avec « Draconian times » Paradise Lost enfante dans la douleur un monstre de noirceur et de beauté farouche ou survivent des atmosphères épaisses, vaporeuses et lourdes comme le plomb.

Par son spleen contagieux, ses variations, son élégance raffinée et désespérée, « Draconian times » a tout les attributs du disque culte de musique gothique pourtant il serait faux de ne le réduire qu’à cela.

La lourdeur mélodique et étouffante des riffs de Mackintosh alliée au chant de Holmes, majoritairement puissant et viril conservèrent de fortes réminiscences métal qui séduisirent un public plus large que les fans de musique gothique à tel point que Paradise Lost fut pressenti à l’époque comme le futur Metallica.

Las, le groupe en pleine quête d’expérimentations musicales scia lui même consciemment le trône doré auquel il était promis.

Qu’on aime ou qu’on déteste le style, « Draconian times » est l’œuvre maîtresse d’artistes au fait de leur art.

On peut certes admirer les chercheurs, médecins, ou hommes politiques ayant changé le monde mais je pense aussi qu’on peut aussi mourir avec le sentiment du devoir accompli après avoir composé une œuvre aussi aboutie et complexe que « Draconian times ».

A écouter en se promenant dans la foret lors d'un bel automne déclinant.


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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 21:58

Life_kiling_me.jpg

3

 

 

Voici un article en forme d’hommage à Peter Steel, chanteur et bassiste du groupe de metal gothique Type O Negative et malheureusement décédé d’une crise cardiaque au mois d’avril dernier.

Je ne sais pourquoi mais la brusque nouvelle de sa mort m’a particulièrement affectée, peut être à cause de sa jeunesse (48 ans) , de sa stature colossale (dans les 2m pour plus de 100 kilos) qui lui donnait un air indestructible, je ne sais trop.

Comme je n’ai qu’un album de Type O Negative chez moi je vais le chroniquer en ces colonnes en attendant de faire mieux par la suite.

 

L’album en question est « Life is killing me », sorti en 2003.

Type O Negative a été un des pionniers du metal gothique et a connu son heure de gloire au milieu des années 90 avec « Bloody kisses » et « October rusts » considérés comme des références du genre.

Leur musique, sorte de croisement entre la lourdeur d’un Black Sabbath et l’efficacité mélodique des Beatles a surtout été formidablement mise en valeur par la belle voix grave et sensuelle de Peter.

Les années 2000 furent en revanche plus difficiles à négocier pour le groupe new yorkais.

Pourtant « Life is killing me » et sa pochette sobre agrémentée d’une belle citation d’Alexandre Dumas viennent grandement inverser la tendance par la qualité de l’ensemble tant la formation composée de Kenny Hickey à la guitare, Johnny Kelly à la batterie et de Josh Silver aux claviers livre une de ses meilleurs prestations.

L’instrumental « Thir13teen » courte introduction pachydermique lance le premier titre « I don’t wanna be me ».

Une fois n’est pas coutume, le tempo rapide et enlevé contraste avec le style habituel pesant et dépressif du groupe.

Ce « I don’t wanna be me » a tout d’un hit  impeccable avec ses refrains fédérateurs et son clip décalé de transformiste grassouillet franchement hilarant.

On retrouve le Type O sensuel et languissant sur « Less than zero » dont la lourdeur caractéristique est ici agrémentée d’une cithare et de superbes sonorités orientales.

L’ambiance zen se poursuit avec « Todd’s ship gods » , encore plus planant dont l’efficacité mélodique repose grandement sur la voix magnifique du grand Peter.

L’auditeur a ensuite droit à une récréation avec « I like goils » , titre rapide, redoutablement percutant aux paroles débiles foncièrement assumées (dénégation polie mais ferme des fans homosexuels du chanteur ).

Les new yorkais retournent à leur chères ambiances aux lourdeurs étouffantes sur « ..A dish best served coldly » interminable, sinistre et glacé comme un enterrement en plein hiver.

Des bruitages d’applaudissements étranges et une cithare reviennent hanter « How could she ?» à l’ambiance éthérée à souhait contre balancée par des passages plus appuyés presque punk, le tout formant une structure de plus de sept minutes assez déroutante à assimiler.

Arrivent pour moi les titres majeurs du disque, « Life is killing me » , à la magnifique complexité vibrant d’un irrésistible magnétisme,  puis « Nettie » sublime ballade ou la voix de Steel confine à la beauté absolue.

Après ce superbe effort tout s’effondre brutalement, « (We were) electrocute » paraît bien trop léger tandis que l’imprononçable «  IYDKMIGTHTKY (Gimme that) » s’enfonce dans des océans d’une noirceur incommensurable.

Heureusement le groupe aligne une nouvelle fusée éclairant ces sombres marais pestilentiels, le très musclé « Angry inch » reprise à la sauce punk d’une comédie musicale avant que le bien nommé « Anesthesia » ne vienne sublimer ce sombre pessimisme de quelques gracieuses envolées mélodiques.

Le court et envoûtant interlude instrumental « Drunk in Paris » annonce la conclusion « The dream is dead » , typique du son Type O à la fois lente, lourde et truffée d’effets mélodiques jouant sur les claviers et la voix.

En conclusion, « Life is killing me » est un long album assez difficile à digérer dans la durée mais remarquablement riche lorsqu’on prend le temps de goûter au charme de ses structures massives, mélodiques et sensuelles.

Type O Negative produit juste assez de variété pour éviter l’étouffement fatal, introduisant quelques titres rapides et percutants en nombre cependant largement minoritaire.

« Life is killing me » présente un bon aperçu des multiples capacités et du son si caractéristique du groupe, de ses atmosphères sombres et pesantes sauvées par un sens prononcé de la mélodie suave susurrée par la superbe voix de basse de Peter Steel.

Une musique plutôt difficile d’accès donc mais ou transparaissait un indéniable talent de composition éclatant en quelques authentiques éclairs de génie.

Peter Steel et son cynisme, son humour noir, sa profondeur et sa trop grande sensibilité manqueront grandement au monde.

Puisse le Géant Vert avoir trouvé la paix qu’il recherchait.


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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 18:18


Zoom sur Paradise Lost, groupe anglais de métal gothique précurseur de ce style de musique.

Après des débuts orienté death métal, Paradise Lost n’a cessé de muter pour s’orienter vers un métal gothique sombre, mélancolique et élégant avant de basculer de manière surprenante dans la pop-rock électronique au début des années 2000.

Ce changement d’orientation vers une musique plus accessible leur a été sans doute fatal, car le groupe a perdu ses fans de la première heure tout en échouant à conquérir de nouveaux territoires musicaux.

Sorti en 2001, « Believe in nothing » marque un retour timide à une musique plus rock et organique.

On notera la pochette assez incongrue qui fit en son temps un véritable bzz dans le milieu de l’apiculture.

Aux guitares la paire Aaron Aedy-Greg Mackintosh (ce dernier étant le plus influent), à la basse Stephen Edmondson, à la batterie Lee Morris et au chant l’enivrant Nick Holmes.

L’album débute par « I am nothing », mid tempo superbe et inspiré, doté d’un refrain hyper mélodique teinté d’influences celtiques.

La voix grave de Holmes charrie des flots continus d’émotions à fleurs de peau sur « Mouth » plus pesant que son prédécesseur.

Tempo calme, aérien et mélodie de grande classe sur « Fader ».

Avec ses riffs puissants et sa rythmique appuyée, « Look at me now »  rappelle quelques peu les influences métallique lointaines du groupe.

Retour aux ambiances mélancoliques, superbement enivrantes que maîtrisent à la perfection ces dandies dépressifs sur « Illumination » et « Something real » au refrain brillant d’une fascinante lumière blafarde.

« Divided » agrémenté de cordes langoureuses se montre trop cotonneux et moins touchant que ses prédécesseurs.

Sombre et crépusculaire, « Sell it to the world » rappelle par sa lourdeur le passé métallique du groupe.

On touche à l’excellence sur « Never again » qui combine parfaitement lignes vocales à fleur de peau, puissance des guitares électriques, cordes et samples électroniques dans une ambiance tristounette seyant comme un gant au style de Paradise Lost.

Sans relief particulier, « Control » et « No reason » œuvrent dans la moyenne de ce disque homogène et cohérent.

L’album s’achève sur « World pretending » aussi fort que le titre d’ouverture avec son ambiance à la beauté planante et glacée.

En conclusion bien que considéré comme un album de convalescence et de transition « Believe in nothing » recèle de pures merveilles de pures émotions.

Les guitares refont leur apparition mais de manière progressive et discrète, les  machines sont encore présentes mais n’ont ici qu’un rôle d’adjuvant.

« Believe in nothing » n’a pas la puissance et la rage d’un « Draconian times » , ce n’est pas à proprement parler un disque de métal gothique mais plutôt de rock gothique.

Néanmoins malgré un manque évident de punch, les ambiances calmes, mélancoliques, superbement dépressives et incroyablement émouvantes de ces joyeux drilles anglais sont toujours bel et bien au rendez vous.

Un chef d’œuvre sans doute sous estimé, à écouter chez soi au calme pendant une longue après midi d’hiver ou lors d’une promenade dans une foret par une belle matinée d’automne.

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Published by Seth - dans Gothique
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