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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 21:00

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Quatre ans après avoir ouvert la voie et être devenus des superstars de la musique, les musiciensde Rage against the machine sortent en 1996 « Evil empire » et trouvent ainsi un successeur  à leur premier album considéré déjà comme culte par toute une génération en quete de modèles-rebelles.

Avec sa pochette énigmatique attaquant de manière détournée la symbolique américaine du kid bon sous tout rapport, « Evil empire » débute par « People of the sun » court morceau n’éveillant l’attention que par ses riffs répétitifs terriblement accrocheurs.

Pas de surprise, Zack de la Rocha ne s’est pas mu en ténor de l’opéra et officie toujours dans le registre du rappeur énervé.

RATM frappe ensuite très fort sur « Bulls on parade » avec un chant en fusion posé sur des riffs surpuissants et reste dans le même registre sur « Vietnow » qui va encore plus loin dans la lourdeur des riffs.

Changement d’ambiance avec « Revolver », qui commence de manière aussi lente et embrumée qu’une rêverie sous haschich avant un salvateur réveil.

Avec « Snakecharmer » et « Tire me », les californiens reprennent un style plus rapide et direct avec gros déploiement de riffs hautement énergétiques à la clé.

Semblant infatiguable, RATM poursuit sur sa lancée avec « Down rodeo » au risque de lasser un peu par une formule trop répétée.

Le déferlement baisse un peu de rythme avec « Without a face » toutefois bien massif.

Les structures chaotique et les tentatives de sonorités originales de « Wind below » et de « Roll right » ont plutôt comme effet de désorienter.

Cette tendance se poursuit sur  le final « Year of the boomerang » au son de guitare cradingue et aux variations de rythme aussi brutales qu’incompréhensibles.

En conclusion, avec « Evil empire » Rage against the machine durcit sa musique qui prend une sonorité beaucoup plus métallique avec des riffs de mammouth de Tom Morello.

Le principal défaut de « Evil empire » est de ne pas contenir de tubes du calibre de « Killing in the name » ou de « Know your ennemy » ce qui le place à un niveau en dessous en terme d'impact commercial.

Moins aérien, plus frontal, voir déstructuré sur la fin, « Evil empire » est un gros morceau aussi facile à encaisser qu’un jet d’enclume en pleine tête.

Bien entendu si la puissance et une certaine efficacité sont au rendez vous, si le coté métal du groupe franchement affirmé, la grande linéarité de la musique de RATM n’en ressort donc ici que davantage.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 19:57

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Voici un véritable retour vers le passé avec « Rage against the machine » de Rage against the machine, premier album du groupe sorti avec le succès retentissant que l’on sait en 1992.

Pionnier avec Body count d’un genre nouveau mélangeant hip hop et heavy metal, Rage against the machine fut assurément le groupe de Fusion le plus populaire du monde en raison notamment de son premier album qui sera chroniqué ici.

La composition de la formation californienne à l’époque ? Zack de la Rocha en rappeur chanteur (?), Tom Morello en machine à riffs et enfin Timmy C/Brad Wilk à la section basse-batterie.

Je tiens à dire que l’aspect engagé politiquement du groupe à l’extrême gauche avec des revendications concernant l’anti racisme, l’anti capitalisme et l’anti militarisme bien que contribuant pour beaucoup à l’image de rebelles de RATM ne m’intéresse pas du tout.

Avec sa célèbre pochette choc représentant un moine communiste Viet namien s’immolant par le feu pour protester contre l‘oppression de son gouvernement, « Rage against the machine » débute relativement calmement avec « Bombtrack » sur lequel les lyrics de Zack de la Rocha groovent gentiment.

L’impact de « Killing in the name » n’en est ensuite que plus violent réunissant la quintessence du style Fusion avec un mélange parfaitement contrôlé de phrasé offensif prêt à exploser tel une grenade dégoupillé sur un tapis de riffs hard rock puissants.

Diffusé sur de nombreux média (télévision et radio) dans un contexte assez favorable au rock pour l’époque, « Killing in the name » fit exploser RATM à la face du monde, devenant une sorte d’hymne à la rébellion.

On redevient à des choses plus calmes sur « Take the power back » savoureux mélange funk-rock agrémentés des jolis exercices de style de Morello.

Le calme de « Settle for nothing » n’est en revanche qu’apparent et cache une rage sourde grondant en sourdine.

Si « Bullet in the head » prend la même tournure, la dernière partie du titre produit une montée progressive d’intensité qui se termine en déferlement de puissance.

Le ton se durcît sur « Know your ennemi » avec un tempo plus rapide et des riffs plus lourds.

Pas grand-chose à dire sur  le trop linéaire « Wake up » fort bien rattrapé par « Fistful of steel » illuminé par des refrains appuyés et les bruitages originaux de la guitare de Morello.

« Township rebellion » sonne encore plus hip hop avec son rythme très syncopé avant de se conclure par une fin un peu mollassonne.

Le dernier morceau de l’album, « Freedom » est lui aussi relativement plat malgré une fin plus colérique.

En conclusion, « Rage against the machine » est un solide album de Fusion qui a le mérite de créer pour l’époque un style complètement nouveau.

Mais malgré le ton hargneux et revendicatif de Zack de la Rocha, « Rage against the machine » n’est pas si violent musicalement parlant et reste globalement très accessible pour rassembler un public assez large.

Personnellement je n’aime pas trop le chant rapé que je trouve trop linéaire et répétitif pour être intéressant dans la durée mais cette monotonie est ici contre balancée par le travail de Morello qui sur des bases de hard des années 70 (Led Zeppelin, Black sabbath) déploie des trésors d’inventivité.

Bien entendu malgré cela, l’exercice des tours de passe passe trouve tout de même assez vite ses limites et une fois encaissé le choc des quelques bombes artisanales bien ficelées qu‘il contient, « Rage against the machine » finit inévitablement par me lasser.

Ce qui n’enlève rien bien entendu à ses qualités.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 21:38

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J’ai eu dans ma jeunesse un ami fan de Suicidal tendencies qui a longuement cherché à me convertir sans réel succès à la musique d’un groupe de thrash metal tendance fusion/punk que beaucoup considèrent comme culte.

Sorti en 1992, « The art of rebellion » est sans doute le dernier album des californiens à jouir d’une certaine aura avant un inéluctable déclin entamé par la suite, la mode des années 90 n’étant plus aux skaters affublé de pantalons flottants et de bandanas.

Avec sa pochette faussement provocante et franchement bidon, « The art of rebellion » débute avec « I can’t stop » long titre alambiqué symbolisant bien pour moi les forces et faiblesses de ce groupe : des riffs acérés et des solo flamboyant de la paire Rock George/Marck Clark, des refrains quelques fois prenant mais le tout sérieusement plombé par les parties en chant parlé d’un chanteur très médiocre à l’égo surdimensionné : Mike Muir.

Mou et sans punch, « Accept my sacrifice » peine à retenir l’attention, tandis que le groupe sombre dans le ridicule de la mièvrerie absolue sur « Nobody hears ».

L’infâme mixture se poursuit sur « Tap into the power » ou quelques riffs et solo classieux se perdent dans un océan de médiocrité et de miaulements pitoyables du chanteur.

Nouvelle plantade sur une tentative de ballade « Monopoly on sorrow ».

Suicidal tendencies semble souvenir qu’il est un groupe de metal sur le plus nerveux « We call this mutha revenge » doté d’un magnifique solo pour replonger dans une atroce mélasse sur le morceau d’après « I wasn’t meant to feel this asleep at the Wheel ».

Après tel choc, difficile de recoller les morceaux sur le pourtant véloce « Gotta kill captain stupid » surtout quand survient derrière le franchement médiocre « I’ll hate you better ».

Dans pareilles conditions on cherche vainement un peu d’air ou on hate d’abréger le supplice.

« Which way to free ? » et « It’s going down » sonnent de manière ridicule avec leur contraste entre les chœurs virils et les minauderies du chanteur.

Cet album pénible se termine enfin avec « Where’s the truth » tout aussi mauvais que les autres titres.

En conclusion, rarement un disque m‘aura autant irrité que cet « The art of rebellion » qui n’est ni une œuvre d’art ni une œuvre de rebellion et devrait se faire toute petit devant le tableau de la Joconde qu’il prétend mettre à mal.

Perdant ce qui faisait sa force et pouvait masquer le piètre niveau de son chanteur (?) , c’est-à-dire des tempos rapides, une grande puissance de feu, des riffs d’aciers et des solo de purs guitar-heroes, Suicidal se fourvoie dans un choix artistique consistant à ralentir la cadence et à vouloir mettre en avant de prétendues qualités mélodiques.

Le rideau se déchire donc et toutes les limites du groupe éclatent donc au grand jour.

Quand on place comme moi Rob Halford au pinacle des chanteurs de rock, on ne peut que trouver insupportable la voix de Mike Muir encore pire à mes oreilles que celle d’Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers.

Quand on sait que Robert Trujillo a tenu la basse sur disque, cela aide à relativiser la réputation du musiciens qui rejoindra Metallica plus tard.

Un album donc franchement détestable qui ne me fera pas changer encore d’avis sur ce groupe très largement surestimé à mes yeux.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 20:17

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Déjà ébranlé par la mort de son batteur, Body count touche le fond avec celle de son ancien bassiste Mooseman liquidé en 2001 par une balle perdue à South central et surtout D-Roc en 2004l’un des deux guitaristes fondateurs du groupe terrassé par un lymphome.

On ne donne donc pas cher de la peau d’un groupe complètement décimé par les circonstances et par un mode de vie toujours tendancieux d’autant plus que la carrière d’acteur d’Ice-T décolle franchement à la télévision avec un rôle dans la série à succès « New York unité spéciale » ou comble de l’ironie il interprète un policier !

Pourtant, contre toute attente, le cauchemar noir réapparait en 2006 après neuf longues années d’absence en renouvelant autour d’Ice-T et Ernie-C tout son personnel : William Bendrix à la deuxième guitare, Ot à la batterie et Vincent Price (ex Steel Prophet et Prong) à la basse.

Les nouveaux musiciens sont tous noirs avec des vrais look de gangsters made in LA, Bendrix poussant meme le mimétisme jusqu'à porter le masque de hockey de D-roc.

Le retour est scellé avec l’album « Murder 4 hire » à la pochette se voulant une charge contre le gouvernement américain usant de la guerre pour renflouer ses caisses.

On débute avec « Invicible gangsta » et « The end game » qui sonnent très (trop ?) hip hop et se trainent assez péniblement.

L’impression n’est pas meilleure avec « You don’t know me » englué dans une épaisse mixture fusion.

Les choses prennent meilleure tournure sur « The passion of christ » aux refrains répétitifs et hargneux puis sur « In my head » qui prend le temps de poser son tempo pour augmenter l’efficacité de la symbiose voix grave d’Ice-T et gros riffs d’Ernie-C.

Après un court instrumental assez médiocre en hommage à D-Roc, Body count tente de cracher une des meilleurs cartouche avec « Murder 4 hire » manquant de percussions malgré de louables intentions.

Les californiens se montrent enfin plus audacieux sur « Down in the bayou » aux fortes influences stoner harmonica en soutien.

Pas grand-chose à dire sur « Dirty bombs » et « Lies » basiques et peu inspiré malgré la voix caverneuse d’Ice-T sur ce dernier.

On se prend a souhaiter vivement la fin de ce disque pénible celle-ci vient après un « Relationships » au phrasé rap insupportable et « Mr C Theme » un honnête instrumental rappelant bien tardivement le joli toucher d’Ernie-C.

En conclusion, « Murder 4 hire » est un bien mauvais disque d’un groupe semblant lessivé.

Plus que la perte de Beatmaster-V ou même de Mooseman, celle du guitariste au masque de hockey D-Roc semble avoir été la touche final scellant le cercueil de Body count.

Tout en effet manque à « Murder 4 hire » , aucun riff percutant, aucun tempo enlevé, une inspiration éteinte et un Ice-T tentant vainement de sauver les meubles par sa présence vocale.

Il semblerait également que les neuf années d’inactivité aient pesé lourds dans la balance.

Un album qui fait tache dans la discographie jusqu’alors assez irréprochable d’un des meilleurs groupes de fusion qui soient.

Ice-T pourra donc à présent se concentrer sur ses prestations télévisuelles.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:26

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Après « Born dead » Body count traverse une passe difficile avec la mort de son batteur Beatmaster V (leucémie) en 1996 et le départ du bassiste Mooseman parti jouer avec Iggy pop qui sera du reste assassiné en 2001.

Le duo Ice-T/Ernie-C recrute un dénommé Griz à la basse et fait front en sortant « Violent demise, the last days » en 1997.

Reprenant avec succès les bonnes recettes du premier album, « Violent demise, the last days » débute par une savoureuse interview ou un journaliste d’un magazine de hard rock imaginaire tient des propos méprisants à l’égard du groupe avant de finir logiquement par se faire flinguer.

La suite est « My way » , rien à voir avec la chanson de Franck Sinatra mais plutôt un déferlement de rage de pure fusion revendicative.

Sans avoir le temps de débander, on enchaine avec l’ultra viril « Strippers » louant les strip teaseuses et les actrices de porno.

Dans la peau d’un homme obsédé par les effeuilleuses sexy, Ice-T déroule son flow sur un morceau surpuissant agrémenté d’un break central aérien aussi surprenant que réussi.

Très à son aise, Body count s’impose aussi bien dans le registre lourd et syncopé de « Truth or death » au contenu quasi philosophique sur l’universalité du mensonge que dans sur une approche plus nerveuse avec « Violent demise » truffés d’excellents riffs de la paire Ernie-C/D-Roc.

Le groupe se fait à nouveau puissamment sexuel sur « Bring it to pain » titre sulfureux vantant les mérites du sadomasochisme sur fond de sensuels gémissements féminins.

Après une courte charge contre le music business, les musiciens gangsters font encore mouche avec « I used to love her » morceau assez mélodique s’appuyant sur des refrains solides puis « Roots of all evil » sombre et lancinant jusqu’au plaintif plaçant l’argent comme source de tous les vices du monde.

Body count déroule sur « Dead man walking » efficace sans être génial, trouve le temps de terminer le journaliste irrévérencieux, avant de réaffirmer sa position en pondant un nouvel hymne à sa propre gloire « You’re fucking with BC ».

Puis les rappeurs se muent en purs hard rockers sur « Dr K »si  rapide et dur qu’on jurerait écrit par Motorhead et envoient leur salve final, le long speech mélodique « Last days » aux parties de guitares particulièrement soignées.

En conclusion, « Violent demise, the last days » est un très bon album intelligent, varié, plaisant et impeccablement exécuté.

Le ton est moins sombre, dur et massif que sur « Born dead ».

Bien sur Body count véhicule une certaine dose de violence mais l’humour (certes noir) et le sexe réapparaissent.

La plupart des morceaux sont des mid tempo au feeling plutôt hard rock que métal/hardcore sur lesquels Ice-T montre que sa voix peut parfaitement s’adapter à ce registre plus posé et mélodique.

Bien que moins réputé que « Body count » en raison de son coté moins scandaleux, « Violent demise, the last days » est un très bon album de fusion qui comblera de plaisir ceux qui se hasarderont à sa découverte.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 22:52

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Deux ans après un premier album très remarqué et marqué du sceau de la censure, Body count récidive en 1994 avec « Born dead » à la pochette assez affreuse.

Fidèle à leur réputation, les californiens débutent avec un hymne musclé et revigorant, « Body count M/F count » qui scande le nom du groupe sur fond de sirènes hurlantes et de radio de police.

Beaucoup plus lent et sinistre, « Masters of revenge » s’englue un peu malgré les qualités des riffs d’Ernie C dans sa lourdeur pachydermique.

Les rappeurs-rockers corrigent rapidement le tir sur « Killin’ floor » et « Drive by » véritables concentrés de riffs et de rage purs entrecoupés de l’efficace « Necesssary evil »  à la structure plus posée.

Body count se fait alors plus sinueux mais tout aussi menaçant en exploitant l’atmosphère toute hitchcockienne de « Last breath » ou la mort rode à chaque pas.

Vient ensuite un hommage sympathique à Jimmy Hendrix avec la reprise de « Hey joe » seul véritable moment de douceur de ce disque froid et dur comme une lame plantée dans le ventre.

Ice-T surprend encore une fois en chantant de manière tout à fait convaincante dans un registre purement mélodique.

Retour ensuite à la force brutale sur « Shallow graves » irrésistible titre buldozer aux riffs en acier trempé évoquant un Metallica version ghetto hardcore sur fond de fusillades entre gangs.

On a les sangs glacés sur « Surviving the game » au rythme lancinant et sombre, suintant le désespoir des paumés de la rue.

Bien que brutal avec ses chœurs viril « Who are you » est trop frontal pour réellement séduire avant un cinglant « Street lobotomy » aux refrains particulièrement acérés.

Mais le véritable titre culte est sans nul doute le final « Born dead » long hymne alambiqué terriblement maquant ou les riffs métalliques et sinistres d’Ernie-C viennent supporter les lyrics Ice-T inspirés par l’issue révoltante du procès des policiers agresseurs de Rodney King.

De manière très fédératrice en alternant déchainements de violence et accalmies menaçantes, le groupe y parle de l’inégalité des chances, qu’elles soient raciales ou sociales.

En conclusion, bien que moins fluide que son prédécesseur, « Born dead » est un album massif et sombre handicapé par un certain monolithisme.

Malgré ce manque de variété et une noirceur étouffante, « Born dead » recèle tout de même des titres forts, percutants effarants de simplicité mais surtout de puissance destructrice.

Solidement cuirassé et compact mais aussi relativement figé dans son style, l’album ne s’illumine réellement que sur son dernier titre qu’on peut qualifier de majeur.

A recommander néanmoins pour les amateurs du style de fusion mâtiné de hardcore.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 22:09

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Vous avez sans doute remarqué que le rap n’était pas très à l’honneur dans ce blog, je ferais donc une première (petite) entorse à la règle en vous proposant mes premières chroniques consacrées Body count, groupe californien mélangeant hip hop et heavy metal dans un mélange appelée Fusion qui émergea au début des années 90 avec entre autres Rage against the machine et Faith no more.

A l’origine de Body count on trouve le célèbre rappeur-acteur Ice-T et son ami le guitariste Ernie-C.

Le reste du gang est composé essentiellement de musiciens noirs recrutés dans le ghetto de South central à Los Angeles, comme le guitariste D-roc, le bassiste Mooseman et le batteur Beatmaster-V.

Nanti d’un visuel agressif empruntés aux gangs de LA avec tatouages, bandanas et armes à feu, le premier album intitulé « Cop killer »  sort en 1992 en pleine tourmente de l’affaire Rodney King (ce noir battu gratuitement à coups de barres de fer par des policiers de LA) et doit être sous la pression de la censure  rebaptisé plus sobrement « Body count ».

Après « Smoked pork » une courte mais virulente introduction ou Ice-T flingue un flic qui refuse de lui prêter assistance alors qu’il a une roue crevée, l’album débute franchement avec « Body count’s in the house » hymne répétitif mais bigrement efficace annonçant la venue du groupe sous fond de sirènes de polices hurlantes.

Raffolant des courts mais puissants interludes, Body count place « Now sports » relatant une transition glaçante entre les meurtres des fusillades et la page sport des journaux télévisés ou bien « A statistic » montrant qu’il y a plus de jeunes noirs américains en prison qu’à l’école.

Entre ces titres édifiants, le crew envoie du lourd, avec le terrible « Body count » premier titre fusion réellement abouti ou les lyrics enfiévrés d’Ice-T se combinent à merveille avec les riffs heavy d’Ernie-C.

Plus linéaire  « Bowels of the devil » sonne comme du punk troussé à la va vite avant le fantastique « KKK bitch » savoureux morceau  ou le rappeur narre une liaison  enfiévrée avec la fille d’un membre du Klux Klux Klan fan du groupe.

Titre majeur du répertoire de Body count, « KKK bitch » sonne au final de façon très rugueuse à la façon d’un Motorhead noir.

Après « C note » un court interlude mélodique d’Ernie-C à la guitare vient « Voodoo » typique des compositions à tempo moyen très massives du groupe.

Les rappeurs durs à cuir surprennent leur monde avec « The winners loses » honnête ballade ou Ice-T chante de manière tout à fait honorable avant de revenir à du très lourd sur « There goes the neighborhood » aux riffs défonceurs de buffets.

Les obsessions sexuelles du chanteur sont mises à nue sur « Evil dick » assez lent et poussif.


Court, simple mais efficace, « Body count anthem » remplit à merveille son rôle d’hymne pour lancer les deux dernières salves du combo, le très long et sombre « Momma’s gotta die tonight » ou le chanteur exprime en phrasé rap son désir de tuer sa mère après qu’elle lui ait inculqué la haine des blancs et enfin « Freedom of speech » pur morceau hip hop en duo avec Jello Biafra des Dead Kennedys.

En conclusion, « Body count » est une vraie bombe fusion, alliant le fond revendicatif, intelligent avec la forme inspirée et puissante.

Bien sur on est ici très loin du classicisme d’Iron maiden ou même de Judas priest mais Body count combat brillamment en mettant en valeur ses atouts, à savoir la voix et la présence magnétique d’Ice-T combinés aux riffs hard-punk d’un Ernie-C capable à l’occasion également de feeling rock plus mélodique.

Même en n'étant pas un noir grandi dans le ghetto de South central, on peut donc apprécier le talent du groupe et être touché par sa démarche foncièrement rock et irrévérencieuse.

« Body count » est un donc un album référence, un modèle absolu de réussite de fusion entre rap et hard rock.

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